Analyse socio-économique de la commercialisation du riz local au Centre-Bénin
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REPUBLIQUE DU BENIN

UNIVERSITE D'ABOMEY-CALAVI
(UAC)
FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES
(FSA)
DEPARTEMENT D'ECONOMIE DE SOCIO-ANTHROPOLOGIE
ET DE COMMUNICATION
(DESAC)
THEME


Analyse socio-économique de la


commercialisation du riz local au Centre-Bénin



Par
GOUNSE Yao Maxime

Thèse
Pour l'obtention du diplôme d'Ingénieur Agronome

Option : Economie, Socio-Anthropologie et Communication

Superviseur : Dr. Ir. Maximin KODJO

Thèse soutenue le 17 Décembre 2004

Composition du Jury



Président : Pr. Egnonto KOFFI TESSIO



Rapporteur : Dr. Ir. Maximin KODJO



Examinateur : Dr. Ir. Michel AHOHOUNKPANZO



Examinateur : Dr. Ir. Jean ADANGUIDI


REPUBLIQUE DU BENIN

UNIVERSITE D'ABOMEY-CALAVI
(UAC)
FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES
(FSA)
DEPARTEMENT D'ECONOMIE DE SOCIO-ANTHROPOLOGIE
ET DE COMMUNICATION
(DESAC)

TOPIC



Socio-economic analysis of local rice


marketing in Center o Benin
f


By
GOUNSE Yao Maxime
Thesis
Submitted in partial fulfilment of the requirement for the award of the degree of
Engineer Agronomist
Option : Economy, Socio-Anthropology and Communication
Supervisor: Dr. Ir. Maximin KODJO

Members of Jury



President : Pr. Egnonto KOFFI TESSIO



Reporter : Dr. Ir. Maximin KODJO



Examinator : Dr. Ir. Michel AHOHOUNKPANZO



Examinator : Dr. Ir. Jean ADANGUIDI


CERTIFICATION

Je certifie que ce travail a été conduit et réalisé par
GOUNSE Yao Maxime au Département d'Economie, de
Socio-Anthropologie et de Communication (D/ESAC) de la
Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l'Université
d'Abomey-Calavi (UAC).













Le Superviseur
Dr. Ir. Maximin KODJO,
Maître Assistant à l'UAC,
Professeur d'Economie rurale à la FSA.



i

DÉDICACES

Je dédie cette œuvre :
A Dieu, pour les nombreuses grâces qu’il a accomplies dans ma vie.
A ma mère, une brave et affectueuse mère, recevez ici votre espoir.
A mon père, pour les soutiens de toutes sortes et les multiples conseils de bonne
conduite en société dont vous m'avez fait jouir. Ceci en récompense pour vous.
A mon amie Catherine, pour ses multiples assistances.
A mes belles-mères, mes assistantes de tous les temps. Trouvez à travers cette œuvre,
le fruit de vos efforts.
A tous mes frères, Recevez ici le signe d'une cohésion fraternelle.


ii

REMERCIEMENTS

Un certain nombre de personnes morales et physiques ont apporté leur concourt à la
réalisation de cette œuvre. C'est ici, l'occasion de leur adresser nos sincères reconnaissances.
Nous tenons donc à remercier en prélude le Dr. Maximin KODJO, superviseur du
présent travail, dont la permanente disponibilité et les fonds de recherches qu'il a mis à notre
disposition ont permis de conduire à bien cette étude.
Nous exprimons également nos reconnaissances à l’endroit de :
Messieurs Michel AHOHOUNKPANZON
, O. Valérien PEDE et Alexandre
HOUEDJOKLOUNON pour les commentaires et critiques utiles qu'ils ont apporté à ce
travail.
Monsieur Pierre OZA-SEWANOU, pour les conseils d'orientation et de conduite dont il m'a
fait bénéficier.
Messieurs Alphonse et Olivier GBEKE, pour leur soutien permanent dont ils m’ont fait jouir.
Monsieur Christophe KENOUVI-GBEKE, pour sa participation à la collecte des
informations.
A tous les enseignants de la FSA qui ont apporté chacun leur contribution à notre formation.
A tous les éducateurs des cours primaire et secondaire qui ont contribué de près ou de loin à
ma personnalité actuelle.
A mes frères, sœurs et cousins, dans l'espoir qu'à votre tour, vous ferez mieux.
A tous, famille maternelle, famille paternelle, oncles, cousins, neveux et amis nombreux pour
être cité ici de peur d'en oublier.
A tous les producteurs et commerçants du riz local avec qui nous avions passé d'agréables
moments d'entretien.
Aux agents des différents services, institutions et organismes notamment VeCo, CeRPA,
UNIRIZ, INRAB, ONASA, PPAB, qui ont apporté des éléments techniques et
complémentaires à cette recherche.


iii

RÉSUME
Le riz a été traditionnellement la denrée alimentaire de base et la source principale de
revenus pour de millions de personnes, et il restera un élément primordial dans la vie des
générations futures. Dans bien des pays, comme le Bénin, les efforts de développement sont
centrés essentiellement sur le riz afin de couvrir les besoins alimentaires sur le plan intérieur.
Néanmoins les différentes politiques mises en œuvre n'ont pas tenu compte ou n'ont
pas mis en priorité l'enjeu de l'écoulement du produit de récolte de cette spéculation.
Ainsi pour contribuer à la dynamisation de la filière riz au Bénin, la présente étude se
propose de réfléchir sur la commercialisation du riz local qui, de tous les autres produits
agricoles, est sujet à une impressionnante concurrence étrangère.
S'inscrivant dans cette logique, l'étude s'est fixée comme objectif de comprendre et
d'analyser le fonctionnement socio-économique de la commercialisation du riz local pour une
dynamisation de la filière riz au Bénin.
Pour y parvenir, deux objectifs spécifiques ont été retenus à savoir :
-
analyser la structure des marchés du riz local et la conduite des divers
acteurs impliqués dans le processus de la commercialisation;
-
étudier la performance du système de commercialisation du riz local.
Nous nous sommes alors inspirés d'une combinaison de théories et paradigmes dont la
base est l'approche « Structure - Conduite – Performance » mise au point par Bain pour
l'évaluation du fonctionnement des marchés.
Cette recherche, conduite de juin à septembre 2004, a couvert les grandes zones de
production des départements du Zou et des Collines (Covè, Dassa, Savalou et Glazoué).
Il ressort des investigations, que les commerçants assurent une part importante des
différentes fonctions du système de commercialisation du riz local. Dans l'ensemble du
système, les fonctions de courtage, de commission, de magasinage sont très peu développées
et sont accomplies par les commerçants eux-mêmes, contrairement au système de
commercialisation des autres produits agricoles, notamment l'igname (Adanguidi, 2001;
Houédjokloun, 2001), le maïs (Pédé, 2001; Salami, 1992 ; Lutz, 1994; Ahokounkpanzon,
1992) où ses fonctions sont exécutées par des acteurs spécifiques.
Le grand nombre des intermédiaires est originaire des zones de production et est de
sexe féminin pour la plupart. Les détaillants sont les acteurs prépondérants de tout le système.
Entre régions, on note que le circuit de commercialisation des Collines est plus long
que celui du Zou. Pendant que le décorticage est assuré dans le sous-système du Zou par les
producteurs, il est effectué par les femmes transformatrices dans le sous-système des Collines.

iv

Dans ce dernier sous-système, le riz subit une série de traitements technologiques
(étuvage) avant de parvenir au consommateur final.
Les unités de mesures, comme pour les autres produits agricoles, sont assez variables
et de contenus imprécis sauf à Covè où les coopérants se servent de bascule pour la mesure de
leur produit.
L'intervention de l'état dans l'organisation de la commercialisation est très limitée et se
réduit seulement au prélèvement des taxes diverses sur les marchandises. Mais depuis deux
ans, VeCo, une ONG belge, intervient dans les Collines et en pilote à Savalou. Son objectif
n’est pas de garantir un meilleur prix aux producteurs, mais d’instaurer progressivement la
vente en gros1 du riz aux organisations paysannes. Les producteurs, face à leurs diverses
contraintes financières, prennent l’habitude de vendre en herbe, une partie de leur production.
Ce phénomène est de grande ampleur dans le Zou où les coopérants sacrifient près de 27% de
leur production, à des prix très bas, ce qui ne garantit pas de meilleur profit net d'exploitation.
Rappelons aussi que les producteurs, faute d'un circuit de vente en gros de la
production, vendent à petits coups, de petites quantités de leur produit jusqu'à l'épuisement du
stock. Cette situation prive les paysans d'une planification sérieuse, capable de leur
sauvegarder leur capital de production et de leur favoriser un éventuel investissement futur.
Dans tout le système, ce sont les productrices seules qui résistent à toutes formes de
vente du produit de récolte à des prix dérisoires et préfèrent, dans bien des cas, vendre leur riz
en période de rareté et si possible, étuver et décortiquer elles-mêmes leur production afin
d’obtenir de revenus maxima de production.
Il a été aussi révélé à travers nos enquêtes, que le riz local, malheureusement, est
reconditionné dans des sacs des marques de riz importées, une stratégie commerciale dont le
but est d'écouler aisément, sans aucune réticence des consommateurs, à de meilleurs prix, le
riz local.
Dans l'ensemble, le prix est fixé par les conditions du marché : confrontation entre
l'offre et la demande. Quelques fois les producteurs s'entendent pour régulariser le niveau des
prix. Cette pratique, est surtout l'apanage des producteurs du périmètre rizicole de Covè qui,
sont naturellement unis par leur coopérative.
Les relations de parenté et d'amitié influencent aussi le système. A Covè, les
détaillantes sont pour la plupart les femmes, sœurs et amies aux producteurs. Mais à Glazoué,
c'est plutôt entre les commerçants que les relations socio-culturelles (ethniques) jouent un rôle
important.

1 Problème essentiel du système

v

En effet, il existe une certaine solidarité entre les commerçants de même ethnie ou des
groupes d’ethnies de même région (le centre Bénin ou le Nord Bénin). Aussi les
détaillantes/transformatrices des Collines et originaires du centre Bénin, sont-elles pour la
plupart des héritiers du métier de transformation et historiquement, ont emprunté la
technologie d'étuvage des femmes du Nord du Bénin qui, se réclament d'ailleurs cette
paternité.
Le riz local, dans toutes les régions est accepté, mais les consommateurs espèrent que
ce produit soit disponible en tout temps et en tout lieu. Les consommateurs désirent également
que les caractéristiques physiques et technologiques du riz à savoir le taux de brisure, le
pouvoir gonflant et le caractère collant soient améliorées.
En ce qui concerne la performance du système : les marges de commercialisation
varient d'une catégorie d'acteurs à une autre et d'un commerçant à l'autre et cette variation
s'explique par les différents prix d'acquisition du produit et du prix reçu à la vente. Elle
s’explique aussi par l'habileté de chaque acteur à la manipulation des unités de mesures tant à
l'achat qu'à la revente du produit.
Par ailleurs, la comparaison des différences de prix de vente et d'achat aux charges de
commercialisation révèle que le système de commercialisation de riz est globalement
inefficace.
Enfin, l'analyse des prix montre que le prix varie d'une période à une autre et d'une
région à l'autre et que les différents marchés du riz des Collines sont intégrés.
















vi

ABSTRACT
Rice has traditionally been the alimentary staple food and the main source of income
for a lot of people, and it will remain a primordial element in the life of future generation. In
many countries, as in Benin, development efforts are essentially made on rice, in order to
satisfy the food needs at the national level. Notwithstanding, the different policies used have
not considered the question of crop distribution of this speculation, as a priority.
Therefore, in odder to help inject some dynamism in rice production in Benin as
suggested by the producers whose main concern is to produce for sale rather than for their
own subsistence, the present study has been undertaken to think about local rice marketing
which, among all the other agricultural produces is facing an impressive forging competition.
By doing so, the study aims to understanding and to analyse the socio-economic
functioning of local rice marketing in odder to inject some dynamism in rice production in
Benin.
To reach this main goal, the following two specific purposes have been selected:
- to analyse the local rice market structure and the behaviour of different actors
concerned with the marketing process.
- to study local rice marketing system performance.
We then based our study on a combination of theories and paradigms whose basis is
the structure-conduct-performance approach.
This research led from Jun to September 2004, took into account the great areas where
rice is produced in Zou and Collines department that are Covè, Dassa, Savalou and Glazoué.
This investigation reveals that, the traders assure most of different functions of the
local rice marketing system.
In the whole system, the function of brokerage, commission and warehousing are not
well developed and are done by the traders themselves, contrary to the marketing system of
the other agricultural produces mainly yam (Adanguidi, 2001; Houedjoklounon, 2001) ;
maize (Péde, 2001; Salami, 1992; Lutz, 1994; Ahohounkpanzon, 1992) .
Most of the intermediaries are Women and from the production areas. The retailers
are therefore the major actors of the whole system.
Between regions, the marketing chain of Collines department is longer than Zou
department marketing. While the hulling is assured by producers in Zou, it is done by the
working women in Collines. In this latter sub-system, rice is subjected a serie of set of
technologic treatments before reaching the final consumers.

vii

A part from Covè, where scales are used for the distribution of the products, the other
regions use various units of measurement of imprecise continence for rice distribution as well
as the distribution of other agricultural produces.
The government intervention in the organisation of the marketing is very limited and
is represented by collecting tax in each market. But in region of Collines and mainly at
Savalou, a Belgian NGO VeCo has been intervening for two years now. Their interventions
aims are not to guarantee the producers, a better price, but institute progressively rice whole
sale for the organisation of farmers. In odder to cop with their financial constraints, the
producers prefer to sell before harvest, part of their production. This phenomenon is great
extent in Zou department, where the person sacrify more than twenty-seven percent of their
production at very low prices then guaranteeing no net profit of their exploitation.
Let’s also recall that, the producers, for lack of way for the whole sale of their
production, sell their products in small quantities until the exhaustion of their stock. This
situation deprives the farmers of a good planning that could safeguard their productive capital
and further a future investment.
In all the system, the female producers are the only ones who stand up to all forms of
selling their harvest at low prices, and who prefer, in most cases, to sell their rice in period of
rareness, and possibly steam and husk their production in order to get the best incomes.
It is has also been revealed during our survey that, the local rice is, unfortunately,
repackaged in imported rice bags, a strategy which aims is to sell easily the local rice, without
any reservation of the consumers, at better prices.
On the whole, the price is fixed according to the market conditions: confrontation
between supply and demand. Some time, the producers agree to fix the price.
This practice is especially used by the producers of Covè, who are naturally united by
their cooperative.
Friendly and family relationships also have an influence on this system, particularly in
Covè, the female retailers are most of the time the producers wives, sisters or friends. But in
Glazoué, it’s rather between the trade people that the socio-cultural relations play an
important role.
There is a sort of solidarity between traders of the same ethny or ethnies of the same
region. More over, the retailers/ transformers of Collines who are native to Centre-Bénin,
have, for the most part inheritaled the rice transformation work, and historically, copied the
drying technology from the women of north Bénin who, by the way, claim this paternity.
The local rice is accepted in all the regions, but the consumers hope that this product
will be available anytime and anywhere, they hope again that rice’s physical and

viii

technological characteristics will be improved, namely the break rate, the bouffant power and
the sticky character.
As far as the system’s performance is concerned, the gross profit margin varies from
one participant category to the other and from one trader to the other. This is explained by the
different purchases prices of the product and the selling prices. It is also explained by the
measurement’s manipulation at the buying as well as at the reselling of the product.
Moreover, the comparison of prices differences of the selling and the buying to
marketing cost reveals that the local rice’s marketing system is globally ineffective.
At last, the prices analyse show that the price varies from one period to the other and
from on region to the other, and that the different rice market of Colline are integrated.
























ix

Table des matières


Pages
CERTIFICATION……………………………………………………………………………..………………..
i
DEDICACES…………………………………………………………………………………..…………………. ii
REMERCIEMENTS……………………………………………………………………...……………………… iii
RESUME…………………………………………………………………….………..………………………… iv
ABSTRACT…………………………………………………………………….…………….…………………
vi
Table des matières…………………………………………………………….…..…………….………………. x
Liste des sigles……………………………………………………………….………………………………….
xiv
Liste des tableaux…………………………………………………………….………….………………………
xvi
Liste des figures et cartes………..…………………………………………….………………………………… xvii
Liste des annexes………………………………………………………………………………………………..
xviii
Chapitre 1 : Introduction……………………………………………………………….……………………….
1
1.1 Introduction…………………………………………………………………………………………..
2
1.2 Problématique………………………………………………………..…….………………………….
3
1.3 Justification et Pertinence……………….…………………………….….…………………………
4
1.4 Objectifs et Hypothèses…………………………………………….…………………………………
6
1.4.1 Objectif principal………………………………………………………………………………...
6
1.4.2 Objectifs spécifique……………………………………………………………………………...
6
1.4.3 Hypothèses de recherches………………………………………………………………………..
6
Chapitre 2: Revue des études antérieures et sur la commercialisation du riz……………………………….……
7
2.1. Revue des études socio- économiques ……….………………………………..……………………
8
2.1.1. Etudes socio- économiques sur le riz………………………………………………………….
8
2.1.2. Etude sur la commercialisation des produits agricoles………………………………………
9
2.1.2.1. Acteurs de commercialisation ……………………….…..…………...…………………
9
2.1.2.2. Marges commerciales…………………………………….……………….……………
9
2.1.2.3-Prix et intégration des marchés………………………………………..….……………..
10
2.1.2.4-Problèmes des systèmes de commercialisation…………………….…………………..
11
2.2. Marché béninois de riz……………………...……………………….…………………………………
12
2.2.1. Demande de riz au Bénin ……………………………………..………………………………
12
2.2.2. Offre de riz au Bénin riz………………………………………….…………………………….
13
2.2.2.1. Production nationale………………………………………………………………………
13
2.2.2.2. Importation de riz au Bénin……………..……………………….……….……………..
14
2.2.2.3. Don Japonais……………………………………………………………………………
17
Chapitre 3 : Cadre Théorique……………………………………………………..……………………………..
19
3.1. Commercialisation et ses fonctions…………………………………………………………………..
20
3.1.1. Notion de commercialisation…………………………………………………………………
20

x

3.1.2. Fonctions et services de la commercialisation………………………………………………..
21
3.1.3. Acteurs de la commercialisation……………………………………………………………….
21
3.2. Marché et typologie……………………………………………………..……………………………
22
3.2.1. Notion de marché……………………………………………………..……………………….
22
3.2.2. Typologie de marché……………………………………………………..……………….……
22
3.2.2.1. Marchés informels……………………………………………………..…………….…..
22
3.2.2.2. Marchés formels……………………………………………………..………. …………
22
3.3. Théorie d’analyse du système de commercialisation du riz local…………………………………….
24
3.3.1. Théorie néoclassique……………………………………………………..…….………………
24
3.3.2. Théorie du marché contestable…………………………………………………………………
25
3.3.3. Théorie de la nouvelle économie institutionnelle……………………………… …………….
25
3.3.4.Approche filière ………………………………………………………………………………..
26
3.3.5. Paradigme : Structure- Conduite- Performance…………………………………………….…
27
Chapitre 4 : Cadre Méthodologique……………………………………………………..…….…………….…..
29
4.1. Les phases de recherches……………………………………………………..………………………
30
4.1.1. Phase exploratoire……………………………………………………..……….…………..….
30
4.1.2. Phase approfondie……………………………………………………..………………….…….
30
4.1.3. Phase de dépouillement et d’analyse des données collectées……………………………..……
30
4.1.4. Approches méthodologiques…………………………………………………………………..
30
4.2-Commercialisation du riz local dans les différents départements explorés…………………………..
31
4.2.1. Département du Littoral……………………………………………………..………………….
31
4.2.2. Département du Couffo……………………………………………………..………………….
32
4.2.3. Département du Zou…………………………………………………………………………….
33
4.2.4. Département des Collines………………………………………………………………………
34
4.2.5. Département de l’Ouémé………………………………………………………………………
34
4.3. Choix et présentation des zones d’étude……………………………………………… …………….
35
4.3.1. Choix des zones……………………………………………………..…………………………
35
4.3.2. Présentation des zones d’étude…………………………………………………………..……
37
4.3.2.1. Présentation de la Commune de Covè…………….…..………………………………..
37
4.3.2.2. Présentation de la Commune de Glazoué………………………………………………
38
4.3.2.3. Présentation de la Commune de Dassa- Zoumè…………..…………………………….
38
4.3.2.4. Présentation de la Commune de Savalou………………………………………………
39
4.3.2.5. Economie des départements du Zou et des collines…………………………………….
39
4.4. Echantillonnage et collecte des données……………………………………………………..………
40
4.4.1. Echantillonnage……………………………………………………..…………………………
40
4.4.2. Collecte des données……………………………………………………..…………………….
41
4.5. Méthodes de traitement et d’analyse des données……………………………………………………
42
4.5.1. Analyse des marges ……………………………………………………..…………………..
42

xi

4.5.2. Analyse des prix……………………………………………………..…………………………
43
4.6. Insuffisance de l’étude……………………………………………………..………………….…….
44
Chapitre 5 : Structure du système de commercialisation………………………………………………….…….
45
5.1. Circuits de commercialisation……………………………………………………..………………….
46
5.1.1. Cas du département du Zou : Covè…………………………………………………………….
46
5.1.1.1. Producteurs……………………………………………………..……………………….
46
5.1.1.2. Grossistes……………………………………………………..………………………….
46
5.1.1.3. Détaillantes……………………………………………………..……………………….
47
5.1.2. Cas du département des Collines………………………………………………………………
48
5.1.2.1. Producteurs……………………………………………………..……………………….
49
5.1.2.2. Grossistes……………………………………………………..………………………….
49
5.1.2.3. Détaillantes / transformatrices……………………………………………………..…….
49
5.1.3. Flux du riz local……………………………………………………..………………….………
50
5.2. Unités de mesures……………………………………………………..……………………………….
52
5.2.1. Ventes en gros………………………………………………………………………………….
52
5.2.2. Vente en détail…………………………………………………………………………………. 52
5.3. Fonctions et services…………………………………………..………………………………….….
53
5.3.1. Transformation…………………………………………..………………… …………….…..
53
5. 3.2. Stockage……………………………………………………..………..………………………
56
5.3.3. Transport……………………………………………………..………………………………..
56
5.3.4. Taxes……………………………………………………..…………………………….……..
57
5.3.5. Financement……………………………………………………..……………………………
57
5.4. Caractéristiques, Institution et réglementation des marchés ……………………………………
57
5.4.1. Caractéristiques……………………………………………………..……………….………..
57
5.4.2. Institutions……………………………………………………..…………………….………..
58
5.4.3. Réglementations des marchés…………………………………………….……………………
58
Chapitre 6 : Attitudes et conduite des acteurs…………………………………………………………………..
61
6.1. Situation du département du Zou : Covè…………………………………………………………..…
62
6.1.1. Producteurs…………………………………………………….………………………………
62
6.1.2. Commerçants……………………………………………………..……………………………
64
6.2. Situation du département des Collines………………………………………………………………
65
6.2.1. Relation entre les divers acteurs……………………………………..……………..…………
65
6.2.2. Politique de vente……….……………………………………..…………….…………………
66
6.2.2.1. Producteurs……………………………..………………..………………………………
66
6.2.2.2. Grossistes……………………………………………………..……….……………….
67
6.2.2.3. Détaillants……………………………………………………..…………………………
67
6.2.3. Information et sa circulation………………………………………………..……….…………
68
6.2.4. Techniques de mesures………………………………………..………………… …………..
68

xii

6.2.5. Contrôle de la qualité du riz Paddy……………………………………….……………………
70
6.2.6. Préférence des consommateurs…………………………………………………………...……
71
Chapitre 7 : Performance des marchés…………………………………………………….……………………
74
7.1. Analyse des marges de commercialisation……………………………………………. …………….
75
7.1.1. Analyse des marges des détaillantes de Covè ..……………………………………………….
75
7.1.1. Analyse des marges des grossistes de Covè ………………………………………………….
75
7.1.1. Analyse des marges des semi-détaillantes des Collines……………………………………….
76
7.1.1. Analyse des marges des détaillantes/transformatrices des Collines …………………………….
77
7.1.1. Analyse des marges des grossistes des Collines ……………………………………………….
78
7.2. Test t de Student……………………………………………………………………………………..
79
7.3. Analyse des prix………………………………………………………………………………………
80
7.3.1. Analyse graphique des prix……………………………………………………………………
81
7.3.2. Analyse des variations saisonnières…………………………………………………………….
83
Chapitre 8 : Conclusion et Recommandations……………………………………………………….…………
84
8.1. Conclusion…………………………………………………………………………….………………
85
8.2. Recommandations……………………………………………………………………... …………….
86
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES……………………………………………………………………….
90
Annexes
















xiii

Liste des sigles


ADRAO : Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l’Ouest
APM- Bénin : Agriculture Paysannes et Modernisation au Bénin.
ASF:
Association de Services Financiers.
BIDOC :
Bibliothèque de Documentation FSA.
CAF :
Coût Assurance Fret.
CAPE :
Cellule d’Analyse Politique et Economique.
CARDER : Centre d’Action Régional pour le Développement rural.
CASTOR: Castor appui conseil
CBIG : Centre de Biostatistique et d’Information Générale.
CeRPA :
Centre Régional pour la Promotion Agricole.
CLCAM :
Caisse Locale de Crédit Agricole Mutuel.
CNUCEP :
Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le Développement.
DESAC :
Département d’ Economie Sociologie Anthropologie et Communication.
DPP :
Direction de la Programmation et de la Prospective.
F CFA :
Franc de Communauté Financière d’Afrique.
FAO :
Fonds des Nations-Unis pour l’Agriculture et l’Alimentation.
FOB:
Free on Board.
FSA :
Faculté des Sciences Agronomiques.
GTZ :
Gesellschaft fiir Technische Zusammennanbweit.
INRAB :
Institut de Recherches Agricoles du Bénin.
INSAE :
Institut National de Statistiques et d’Analyses Economique.
IRRI :
International Rice Research Institue.
LARES :
Laboratoire d’Analyse Régionale et d’Expertise Sociale.
LDLD :
Levier pour le Développement Local Durable
MAEP :
Ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche.
MARP :
Méthode Accélérée de Recherches Participatives.
OMC : Organisation Mondiale du Commerce.
ONASA :
Office National pour la Sécurité Alimentaire.
ONG : Organisation Non Gouvernementale.
OP : Organisation Paysanne.
PADME :
programme d’Appui au Développement de la Micro-Entreprise.
PAPME : Projet d’Appui aux Petites et Moyennes Entreprises

xiv

PPAB :
Programme de Professionnalisation de l’Agriculture au Bénin.
PSSA : Programme Spécial pour la Sécurité Alimentaire.

PVD :
Pays en Voie de Développement.
RABEMAR: Recherche Action pour le Bien-Etre de la Masse Rurale
SCP :
Structure Conduite et Performance.
SOBEMAP : Société Béninoise de la Manutention Portuaire.
SOGEMA : Société de Gestion des Marchés.
UAC : Université d’Abomey-Calavi.
UDP :
Union Départemental de Producteurs.
UEMOA :
Union Economique et Monétaire Ouest- Africaine.
UN Monde : Centre de recherche et d’initiative pour l’autopromotion et le développement
communautaire
UNACOB:
Union Nationale des Conducteurs du Bénin.
UNB : Université National du Bénin.
UNIRIZ :
Union des Riziculteurs du Zou.
UNRIZ : Union des Riziculteurs du Zou et des Collines
USA :
Etats-Unis d’Amérique.
VeCo : VREDESELANDEN COOPBO.

xv

Liste des tableaux

Pages
Tableau n°1: Evolution de la production rizicole au Bénin, par région (2002 à2004)…………..…….…..
14
Tableau n°2 : Production de principales céréales au Bénin (2002 à 2004)………………………………..
14
Tableau n°3 : Structure résumée des importations (%) de riz au Bénin de 1996 à2001 …….……………
16
Tableau n°4 : Estimation du prix de vente d'un riz blanc, non parfumé, 35% de brisure à Cotonou.…….
17
Tableau n°5: Quantité de riz don japonais importés au Bénin de 1998 à 2003…………………………..
18
Tableau n°6 : Différents éléments de la structure, de la conduite et de la performance des marchés……..
28
Tableau n°7 : Calendriers du déroulement de la phase exploratoire……………………………………… 31
Tableau n°8 : Echantillonnage par catégorie d'acteur et par région……………………………………….
42
Tableau n° 9 : Les différentes unité de mesures utilisées dans les collines………………….…………..
52
53
Tableau n°10 : Les poids moyens des différentes unités de mesures………………………….…………
Tableau n°11 : Variation des marges brutes et commerciales des détaillants de Covè…………………..
75
Tableau n°12 : Variation des marges brutes et commerciales des grossistes de Covè……………………
75
Tableau n°13 : Variation des marges brutes et commerciales des semi-détaillantes des Collines………...
76
Tableau n°14 : Variation des marges brutes et commerciales des détaillantes/transformatrices des

Collines……………………………………………………………………………………………………
77
Tableau n°15 : Variation des marges brutes et commerciales des grossistes des Collines………………..
78
Tableau n°16 : Distribution des catégories d’acteurs suivant la marge commerciale (MC) réalisée (en
79
pourcentage de l’effectif de chaque catégorie)……………………………………. ……………………
Tableau n°17 : Les résultats du test t de Student ……………………………………………………….
79
Tableau n° 18 : Variabilité saisonnière des prix………………………………………………………….. 83
Tableau n°19: Recommandations relatives à la qualité du produit…………………….……………... …
87
Tableau n°20 : Recommandations relatives à l'offre, au prix et au conditionnement du
88
produit…………………………………………………………………………………………….………





xvi

Liste des figures et Cartess

Pages
Figure n° 1 : Marques et qualités de riz importés au Bénin…………………………………………………
16
Figure n° 2 : Circuit de commercialisation du riz de Cové…………………………………….…………….
47
Figure n° 3 : Circuit de commercialisation du riz local des collines………………………………………..
48
Figure n° 4 : Processus de transformation du riz paddy en riz cargo consommable par les 55
détaillantes/transformatrices des collines……………………………………………………………………
Figure n° 5: Part des producteurs ayant vendu en herbe ou non une partie de leur
62
production……………………………………………………………………………………..……………..
Figure n° 6 : Proportion des femmes productrices qui réservent ou non leur production pour la période de
63
rareté………………………………………………………………………………………….……………..
Figure n° 7 : Part de l'échantillon des consommateurs des zones de production pour les différents critères
71
de préférence de riz………………………………………………………………………………………….
Figure n° 8 : Part de l'échantillon des consommateurs des zones de non production pour les différents
72
critères de non préférence du riz local………………………………………………………………………..
Figure n° 9 : Courbes d’évolution du prix du riz local……………………………………………………….
80


Carte n° 1 : Carte de situation des zones d’étude ……………………………………………………………
36
Carte n° 2 : Flux du riz local…………………………………………………….…………………………..
51





xvii

Liste des annexes

Annexe1 : Quelques institutions internationales travaillant sur le riz et leur rôle …….
1
1Annexe2 : Les institutions nationales de recherche, encadrement et/ou développement

intervenant dans la promotion de la riziculture au Bénin………………………………..
2
Annexe3 : Cartes illustrant les principaux importateurs et exportateurs mondiaux de
riz…………………………………………………………………………………………… 6
Annexe4 :Usinage et qualités du riz…………………………………………..…………..
7
Annexe5 : Questionnaire A destiné aux Producteurs du riz…………………….………..
8
Annexe6 : Questionnaire B destiné aux commerçants du riz local…………...………….
12
Annexe7 :Questionnaire destiné aux consommateurs du riz local………………………
17
Annexe8 : Résultat d'Exercice de VeCo dans la commune de Savalou pour les campagnes
2002-2003 et 2003-2004………………………………….………………….
18
Annexe9 : Calcul des marges et charge de commercialisation des diveses catégories

d’acteurs……………………………………………………………………………………. 19



xviii













CHAPITRE 1 : In r
t oduc i
t on


























CHAPITRE 3 : Cadre théo i
r que


























CHAPITRE 4 : Cadre Mé h
t odologique


























CHAPITRE 2 : Revue des études
antérieures

























CHAPITRE 5 : Structure du sys è
t me
de commercialisation

























CHAPITRE 6 : At i
t tudes et Conduite
des ac e
t urs

























CHAPITRE 7 : Performance des
marchés


























CHAPITRE 8 : Conclusion et
Recommandations

























ANNEXES

CHAPITRE1 : Introduction
1.1-Introduction
Depuis la période des indépendances, tous les gouvernements béninois qui se sont
succédés, ont reconnu l'importance du secteur agricole dans l'économie nationale. Avec 70%
de sa population dans le secteur agricole qui fournit les 40% du PIB, le Bénin est
essentiellement un pays agricole (Adégbidi et Biaou, 1994). Ainsi les différents
gouvernements s’emploient à définir des projets et programmes de développement au profit
de la promotion et de l’émergence des différentes spéculations agricoles notamment la culture
du riz.
C'est alors à travers le plan quinquennal de développement économique et social 1966-
1970 que s’est exprimée la volonté de l'Etat du Danhomey (aujourd'hui Bénin), de
promouvoir la riziculture sur son sol pour satisfaire non seulement les besoins de sa
consommation en riz, mais encore une partie des besoins de ses voisins (Présidence de la
République du Danhomey, 1966 cité par Houndékon, 1996).
Ainsi, les premiers aménagements de périmètres rizicoles ont été entrepris entre 1960
et 1971 avec l'assistance technique et financière internationale, en particulier chinoise (FAO,
1997).
Par la suite, plusieurs autres interventions de l'état dans la filière ont suivi dans la
période de 1972 à 1982 à travers la mise en place des sociétés de gestion et d'organisation de
la filière. Mais ces sociétés ont connu très tôt leur limite. Selon Midingoyi (1993), cité par
Adégbola et Sodjinou (2003 a), ces sociétés ont été créées sans tenir compte des conditions
sociales, culturelles et économiques des régions concernées. Les charges des projets étaient
devenues très lourdes et les paysans étaient quasi désintéressés.
Néanmoins l'Etat n'a point cessé d'intervenir dans la filière. Ainsi en 1997, compte
tenu des potentialités, notamment hydroagricole du pays, le gouvernement béninois a fait de
la relance de la production de riz, une de ses priorités. Une politique de la relance de la filière
a été alors envisagée et déjà en 1999, des unités de démonstration sont installées par le
Programme Spéciale pour la Sécurité Alimentaire (PSSA) dans trois régions (Kandi, Dangbo
et Glazoué) (Adégbola et Sodjinou, 2003 a).

Sous l'impulsion de toutes ces interventions, il est enregistré au cours des dernières
années, un accroissement de la production rizicole. Cette production de 10.940 tonnes en
1990, est passée à 52.449 tonnes en 2000 (Adégbola et Sodjinou, 2003 b).

Il est sans doute aujourd’hui, que le riz local joue un double rôle dans le
développement du Bénin. En effet, cette culture génère des revenus agricoles considérables
aux producteurs ; aussi le riz est-il devenu de nos jours une denrée de choix dans les ménages,
tant urbains que ruraux. De ce fait une politique sérieuse de relance de la filière riz est

2

CHAPITRE1 : Introduction
opportune et mérite de mettre en priorité l’organisation de l’écoulement de la production des
diverses exploitations agricoles.
La présente étude s'inscrit dans le cadre des travaux de fin d'étude, requis pour
l’obtention du diplôme d’Ingénieur Agronome de l’Université d’ Abomey-Calavi. Elle vise à
fournir aux différents acteurs du secteur "promotion du riz local", des éléments d'appréciation
pour des prises de décisions adéquates.
Dans la suite, après avoir présenté en 1.2 la problématique, 1.3 la justification et en 1.4
les objectifs et hypothèses, nous aborderons en chapitre 2 la revue documentaire, chapitre 3 le
cadre théorique, chapitre 4 le cadre méthodologique, chapitres 5, 6, 7 Structure, Conduite et
Performance puis en chapitre 8 la conclusion et les recommandations.

1.2-Problématique
La production vivrière, une composante de l’agriculture, est une des options les plus
essentielles pour assurer la sécurité alimentaire dont les trois aspects sont
: un
approvisionnement adéquat, une stabilité dans l’offre et un accès adéquat au consommateur.
La production et la commercialisation sont de ce fait deux activités qui ne peuvent prospérer
l'une sans l'autre. Ainsi une commercialisation efficace permet au producteur de renouveler
les facteurs de production et de réaliser un revenu substantiel. Aussi, le manque de débouchés
réguliers et rentables des cultures vivrières est-il souvent un des freins, si non le principal, à
l'augmentation de la production (Marathée, 1994).
Par conséquent un système de commercialisation efficace qui instaure des prix
suffisamment rémunérateurs aux paysans favorisera l'adoption des paquets technologiques
performants par les paysans, ce qui, à moyen terme, pourrait donner lieu à une forte
augmentation de la production, si toutefois la pluviométrie s'avère satisfaisante
(Ahohounkpanzon, 1992). Lutz (1987) cité par Lohulzen et Warner (1988), évoque que
lorsqu'on parle de l'efficacité d'un marché de produits agricoles, surtout dans un pays en voie
de développement, on doit penser à un fonctionnement où d'une part, le paysan reçoit un prix
raisonnable pour son produit et d'autre part le consommateur paie également un prix
raisonnable.
Une commercialisation efficace et performante des produits agricoles jouera alors un
rôle important dans le processus général de développement du Bénin. Cependant, force est de
constater qu'en dehors du coton qui, bénéficie d'un système de commercialisation
suffisamment organisé avec un prix garanti, abstraction faite de la nécessité d'une
dynamisation du secteur, les produits agricoles, notamment les produits vivriers céréaliers

3

CHAPITRE1 : Introduction
souffrent de l'absence d'une attention relative à la performance de leur système de
commercialisation.
Compte tenu du fait que la commercialisation est perçue comme un outil de
développement, la préoccupation actuelle est de comprendre sa performance du point de vue
du riz local.
En effet, il se révèle nécessaire de répondre, à travers cette recherche aux questions
essentielles suivantes : Quels sont les différents circuits de distribution de la production
rizicole? Quels sont les divers acteurs stratégiques qui animent le système de
commercialisation du riz local et comment? Aussi, nul n'est sans savoir que le marché
béninois est approvisionné par une gamme très variée de riz importé allant de basses qualités
aux qualités supérieures et à des prix les plus bas aux prix les plus élevés. Dans cet
environnement, quelles sont les mesures qui sont entreprises par les divers acteurs de la
promotion de la filière riz local pour garantir l'écoulement d'une production nationale en plein
essor ?
Par rapport à ces différentes questions, la préoccupation de cette étude revient-elle à
comprendre l'organisation et les éléments de performance du système de commercialisation
du riz local.
La présente recherche se propose donc de faire l'Analyse socio-économique de la
commercialisation du riz local au Centre-Bénin. Elle procèdera à l’identification des
différents acteurs stratégiques de la filière, leur politique et leur mécanisme de résistance face
à l'envahissement des marchés béninois par le riz importé.

1.3-Justification et Pertinence
La production des produits vivriers est l'une des activités primordiales de l'homme.
L'utilisation des facteurs de production et leur combinaison par les agriculteurs aboutissent à
la production d'une certaine quantité de denrées alimentaires et de matières premières.
Confrontées avec des besoins et des demandes, ces disponibilités agricoles engendrent des
transactions et créent des marchés. "Par son fonctionnement, le marché doit orienter la
production agricole tant dans son volume que dans sa composition" (Badouin, 1971). La
commercialisation des produits agricoles se révèle aussi importante que leur production non
seulement à cause de la division du travail, mais aussi du fait que pour s'assurer que des
quantités suffisantes de denrées vivrières parviennent au moment opportun, sous la forme
voulue, au lieu désiré et à un prix raisonnable aux consommateurs éloignés de la région de
production, il faut un système de commercialisation très efficace (Biaou F., 1992).

4

CHAPITRE1 : Introduction
Les marchés ruraux jouent un rôle important dans la collecte et la distribution des
produits agricoles sur de vastes régions.
La structure des marchés, la performance des fonctions de commercialisation
combinées aux méthodes de commercialisation ont des effets significatifs sur la production
d'un bien, sur l'adoption des innovations par les paysans, sur le prix aux consommateurs, en
fait sur le développement économique d'une nation.
La commercialisation a un rôle dual dans le processus de développement d'un pays.
Elle permet d'une part aux paysans d'allouer efficacement leurs facteurs de production en
tenant compte des contraintes et des avantages que cette activité leur procure et, d'autre part,
elle permet le transfert des ressources productives du secteur agricole aux autres secteurs non
agricoles. La commercialisation est particulièrement importante dans les pays dont l'économie
repose essentiellement sur l'agriculture par les devises que procure la vente des matières
premières, devises qui permettent d'acquérir les équipements modernes pour la promotion de
l'agriculture. La commercialisation se révèle donc comme une composante du système de
production sans laquelle le développement économique est sans issue.
Cette étude permettra aux divers acteurs de la filière riz (gouvernement, élus locaux,
organisations paysannes, institutions et organismes d'appui….) de prendre connaissance des
circuits d'approvisionnement et de distribution du riz local, de même que la répartition
spatiale des divers acteurs de sa commercialisation.
Elle pourra aussi fournir des éléments d'analyse sur la performance des diverses
fonctions et sur les déterminants (prix, qualités) du choix de riz par les consommateurs.

Il est aussi opportun de signaler que le Bénin regorge d’un potentiel de bas-fond et
d’espaces propices à la production rizicole qui demeurent encore largement peu exploités.
Lorsque le problème de débouché parviendra à trouver totalement une solution durable, les
producteurs, dans un soulagement euphorique, vont rendre disponible dans le temps et dans
l’espace, du riz aux divers consommateurs béninois. Cette option s’impose d’ailleurs au pays
pour d’une part, faire obstacle à l’insécurité alimentaire dans ses différentes entités
géographiques notamment les zones vulnérables et pour régler le problème de diversification
en agriculture tant souhaitée pour les pays du monde en développement dont le Bénin, d’autre
part.





5

CHAPITRE1 : Introduction
1.4-Objectifs et Hypothèses
1.4.1-Objectif principal
L'objectif général de cette étude est de comprendre et d'analyser le fonctionnement
socio-économique de la commercialisation du riz local pour une dynamisation de la filière riz
au Bénin.
1.4.2-Objectifs spécifiques
Objectif 1 : Analyser la structure des marchés du riz local et la conduite des divers
acteurs impliqués dans le processus de la commercialisation.
Objectif 2 : Etudier les performances du système de commercialisation du riz local.
1.4.3-Hypothèses de recherches
Hypothèse1 : Les commerçants assurent efficacement les différentes fonctions du
système de commercialisation du riz local.
Hypothèse2: La commercialisation du riz est efficace.
Hypothèse3: Les marchés de riz identifiés sont intégrés.


6

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
2.1-Revues des études socio-économiques et sur la commercialisation du riz
2.1.1-Etudes socio-économiques sur le riz.
Les différentes études relatives à l'analyse socio-économique de la production du riz
au Bénin, révèlent que la culture du riz est bel et bien possible. Cette culture ne souffre
d'aucune contrainte climatique au Bénin. Bien au contraire, dans les différents systèmes
identifiés les terres sont propices et disponibles, l'eau nécessaire, existe et est relativement
abondante (pluie, bas-fond, cours d'eau et fleuves) (Ahoyo, 1996).
Sadou (1996) et Kpobli (2000), dans leur approche d'analyse budgétaire, ont constaté
que la production du riz est rentable dans tous les systèmes d’exploitation rizicoles. Toutefois
à travers des simulations et scénarios basés sur les modèles de programmation linéaire, Ahoyo
(1996) reconnaît que les facteurs influençant la superficie dans les systèmes de production
intégrant la culture du riz sont la disponibilité limitée du travail au sein des familles rurales,
les faibles rendements et les prix bas obtenus à la vente. Ces contraintes sont renforcées par
une commercialisation rendue difficile par l'importation massive de riz de meilleures qualités
(moins de brisure) et bon marché. L'auteur ajoute que la production du riz a des possibilités
réelles de développement, surtout après la dévaluation du franc CFA qui renforce sa
compétitivité.
En effet, les nouveaux prix et coûts induits par cette dévaluation auraient permis de
constater que la rentabilité du riz, que ce soit pour les exploitations ou pour l'économie
nationale se serait améliorée. Les paysans pourraient obtenir une meilleure rémunération de
leur journée de travail agricole en cultivant le riz, surtout en comparaison avec les autres
produits vivriers cultivés dans ces villages. Il recommande donc une diversification des
spéculations et une promotion des cultures pour lesquelles le pays semble avoir un avantage
comparatif notamment la culture du riz.
Pour Houndékon (1996) aussi, la dévaluation a globalement amélioré la rentabilité
financière des systèmes de production de riz qu'il a étudiés dans le Nord-Bénin. Pour lui, c'est
le riz qui a bénéficié de la plus grande augmentation du profit financier net à l'hectare (plus de
100%).
Par ailleurs, plusieurs auteurs notamment Ahoyo (1996), Houndékon (1996), Sadou
(1996), Adégbola et Sodjinou (2003b) ont constaté que de tous les systèmes de culture, c’est
le système irrigué (maîtrise de l'eau) qui procure les meilleurs résultats aux producteurs.
Houndekon (1996) ajoute qu’aucun système de production n'a de l'avantage comparatif à
produire le riz pour la consommation à Cotonou à cause des coûts de transaction élevés.



8

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
2.1.2- Etude sur la commercialisation des produits agricoles
2.1.2.1-Acteurs de commercialisation.
Les acteurs de la commercialisation constituent les éléments essentiels de la chaîne de
commercialisation sans lesquels le produit ne peut pas transiter du producteur au
consommateur. Oladapo (1993) cité par Houédjoklounon (2001) mentionne que, si pour les
produits manufacturés, un grossiste et quelques détaillants suffissent; pour les produits
agricoles il y a nécessité d'avoir une panoplie de ces catégories. Car le nombre de petits
paysans ou gros producteurs est largement supérieur à celui des industries. Il soutient que le
rôle de ces acteurs soit nécessaire à chaque étape de la commercialisation, depuis
l'acheminement des produits, des zones de production jusqu'aux marchés de consommation.
Adégbidi (1996) constate un nombre d'intermédiaires faible entre la production et la
consommation. Néanmoins, la présence des commerçants-courtiers perturbe le
fonctionnement du système de commercialisation, puisqu'ils contrôlent la circulation de
l’information avec pour implication l'encaissement d'une part importante du produit.
Pédé (2001) a remarqué qu'il y a un accroissement numérique au niveau des
commerçants après la libéralisation de la commercialisation des produits agricoles.

2.1.2.2-Marges commerciales
La marge est l'instrument de mesure de la performance des activités des acteurs
commerciaux permettant de voir la répartition des bénéfices depuis le producteur jusqu'au
détaillant.
Thyamiou (1985), sur les marchés de gari et de maïs du département de l'Ouémé note
une irrégularité de l'offre et une répartition géographique des marges faibles en milieu rural et
élevées en zone urbaine. Il montre également que la marge nette est beaucoup plus importante
chez la détaillante que chez les collectrices et les grossistes. Alors qu'en 1988, Honagbodé a
eu à remarquer que, seuls les grossistes locaux réalisent les marges brutes les plus élevées. Il
en est de même pour Houédjoklounon (2001) qui a constaté une répartition judicieuse des
marges commerciale dans le temps et suivant les postes de la filière le plus souvent à la faveur
des grossistes qui assurent la plupart des fonctions.
Adékanyé (1988), cité par Houédjoklounon (2001), a montré que les types de
fonctions nécessitées par un produit, déterminent une large part dans les coûts commerciaux
et donc sur la marge nette au niveau des acteurs. Ainsi, plus le nombre de fonction est élevé,
plus l'influence sur la marge sera importante.
Fanou (1994) sur le plateau Adja constate que la comparaison de la marge brute au
coût de commercialisation permet de constater l'efficacité du commerce du gari et du maïs.

9

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
Lohulzen et Warner (1988), dans leur étude de commercialisation du maïs et du gari
dans les marchés de Kétou et de Bohicon, constatent que les grossistes n'obtiennent pas
toujours la marge désirée et leurs marges fluctuent beaucoup, et qu'à long terme, on peut
obtenir un revenu raisonnable parce que, très peu de grossistes abandonnent le commerce.
Pour Shepherd (1994), le prix payé par le consommateur représente donc le prix payé
au producteur pour sa marchandise, auquel s’ajoutent tous les coût de transfert de celle-ci
jusqu’au consommateur, sous la forme où il l’achètera, plus un bénéfice raisonnable pour
ceux qui se chargent de la commercialisation, de la transformation, en dédommagement de
leur contribution.

2.1.2.3-Prix et Intégration des marchés
Le prix est au fait la valeur monétaire d'une unité de mesure du produit. Les différentes
opérations d'échange sont alors effectuées au moyen d'un certain niveau de prix. Le prix varie
pour chaque produit agricole dans temps et dans l'espace. Les différents mécanismes de
fixation et de variation de prix constituent la dynamique des marchés.
Ainsi, de manière générale Tomck et Robinson (1970) cité par Houédjoklounon
(2001), constatent que la moyenne des prix de vente dépend des conditions de l'offre et de la
demande pour l'année avec des variations saisonnières.
Pour Biaou (1987), l'épuisement des stocks de la petite saison, l'importation des maïs
hybride du Nigéria, le manque de pluie pour déterrer le manioc sont les facteurs essentiels qui
expliquent la variation du prix sur les marchés. Il pense aussi que les frais de transaction
influencent le niveau des prix. Pour d'autres auteurs : Dichl et Wirch (1988) cité par
Houédjoklounon (2001), les principaux facteurs de variation des prix sont la distance entre les
marchés et la capacité de stockage des villages; Adédjokunnu (1974) toujours cité par Houé-
djoklounon (2001) indique que la hausse des prix est due à la croissance démographique, à la
transformation inefficace due à l'absence de moyens efficaces et la connaissance imparfaite du
marché. Pour Honagbodé (1988), l'existence de nombreux intermédiaires et de différents
types, alourdissent le système de commercialisation et influencent donc le prix des produits.
Dandjinou (1986) indique que les variations des prix entre différents marchés sont
fréquentes et considérables. Ce qui indique des influences faibles entre aux. Ces variations
peuvent persister plusieurs mois surtout pour les produits qui connaissent une période de
soudure indiquant le faible fonctionnement de ces marchés. L'auteur affirme aussi que les
variations des prix s'expliquent par la variation des unités de mesure, les saisons de vente, les
régions de vente, la qualité des produits, les heures de vente et les types d'intermédiaires. Les
mesures sont flexibles et leurs variations sont plus élevées pour les produits qui connaissent
une période de soudure. Il en est de même du prix de ces produits.

10

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
Ahohounkpanzon (1992) a distingué dans la chaîne de commercialisation du maïs,
trois sortes de prix à savoir le prix du marché rural ou prix au producteur, le prix de gros au
marché urbain central et le prix de détail dans tous les marchés urbains. Il remarque aussi que
la vente de la récolte sur pied à des prix trop bas aussitôt après la récolte existe et se justifie
par la pression de besoins financiers urgents de santé, de dépense pour funérailles et la
scolarisation des enfants.
Pédé (2001), à travers son étude basée sur l'analyse des changements intervenus dans
le fonctionnement des marchés des produits vivriers (dont le maïs) après la libéralisation,
remarque que les marchés étudiés sont intégrés dans le long terme et ceci, sur les périodes pré
et post-libéralisation et que la libéralisation n'a pas eu un effet significatif sur les relations
entre les prix des marchés. Il justifie ces résultats par le fait que le système de
commercialisation n'a pas connu de grands changements au niveau des stratégies d'achat et de
vente après la libéralisation et que le système privé, même avant la libéralisation, était déjà
très organisé.
Salami en 1992, a noté une intégration nette entre les marchés d'une même localité et
une bonne intégration des marchés du Nord et ceux du Sud.
Fanou (1994); de part l'analyse de coefficients de corrélation des prix de détail du maïs
et du gari, a révélé que les marchés régionaux du plateau Adja sont plus intégrés pour le maïs
que pour le gari.

2.1.2.4-Problèmes des systèmes de commercialisation
Les différents auteurs qui ont eu à s'intéresser aux études de commercialisation, ont
remarqué que les divers systèmes de commercialisation des produits agricoles comportent un
certain nombre d'insuffisances pour leur meilleur fonctionnement.
En effet, Eicher et Baker (1984) cité par Fanou (1994) notifient que l'accroissement
des frais commerciaux est dû :
- aux acteurs qui profitent des variations saisonnières pour exploiter les
consommateurs, entraînant des interventions de l'Etat le plus souvent inefficaces;
- le trop grand nombre d'intermédiaires entre la production et la consommation;
- l'absence d'infrastructures adéquates et les barrières à l'entrée des marchés;
- la manipulation des poids et des mesures;
- manque d'information engendrant des frais de transaction élevés;
- frais de manutention élevés en raison d'infrastructures déficientes;
- la non-homogeneité des produits et l'instabilité de l'offre en raison des variations
des conditions climatiques et phytosanitaires.

11

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
Badiane et al (1997) cité par Pédé (2001) ont émis l'inquiétude que la caractéristique
locale du système commercial pourrait constituer un obstacle au processus de transition. En
effet, même si un système efficace de crédit, de transport, de stockage et d'information était
installé, la segmentation du marché et la petitesse des transactions pourraient constituer des
contraintes à l'expansion du système commercial. Ainsi, la FAO (1995) a estimé que les
gouvernements peuvent améliorer les services de commercialisation de diverses manières :
améliorer l'infrastructure commerciale en milieu rural, entretenir les routes, renforcer les
capacités de commercialisation des services de vulgarisation, assurer l'information sur les
marchés. Le plus important est de mettre un environnement stable dans lequel le secteur privé
puisse œuvrer de manière rentable.


2.2- Marché béninois de riz
2.2.1- Demande de riz au Bénin
Au Bénin, en raison de la facilité et de la rapidité de sa préparation et de sa cuisson,
comparativement aux autres céréales, le riz est devenu un aliment très apprécié et a réussi à
conquérir sa place au sein des ménages et dans les restaurations collectives. En milieu urbain,
outre cette prédisposition du riz à entrer facilement dans les habitudes alimentaires, plusieurs
facteurs expliquent le développement de la consommation. Le premier est lié à la facilité pour
les urbains de disposer tout au long de l'année, le riz à un prix relativement faible et constant,
phénomène expliqué par l'importance des importations. Le second facteur ayant joué un rôle
appréciable dans le développement de la consommation du riz dans les centres urbains, en
particulier dans les villes comme : Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey et Bohicon est le
développement de la restauration collective, en particulier la prise de repas à l'extérieur des
domiciles. Ce phénomène qui prend une ampleur particulière à Cotonou, s'explique par
l'éloignement de plus en plus grand des lieux de travail des domiciles et le développement du
travail féminin (FAO, 1997).
Par ailleurs, dans les zones productrices, le riz est maintenant intégré dans les
habitudes alimentaires des ménages (Adégbola et Sodjinou, 2003a). Toutefois, il est difficile,
d'affirmer que la part auto-consommée va au delà de 25% de la production (FAO, 1997) dans
ces zones de production. En effet, le riz ayant une grande valeur commerciale, n'est pas
véritablement considéré comme un produit vivrier mais comme une spéculation de rente.
En 1997, sur la base des effectifs des populations rurale et urbaine dans les différents
départements et des normes estimées de consommation, les besoins globaux en riz seraient de
70.000 tonnes. Le seul département de l'Atlantique consomme 31.000 tonnes (47%) et ne

12

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
couvre rien de ses besoins. Le département de l'Ouémé consomme 11.900 tonnes (18%) et ne
couvre quasiment rien de ses besoins. La situation est identique dans le Mono.
Seuls les département de l'Atacora (78%) et du Borgou (36%) couvrent une partie plus ou
moins grande de leurs besoins. Le département du Zou consomme 8.100 tonnes (12%) et
couvre 10% de ses besoins. La consommation de riz par an, se situerait entre 10 et 20 kg en
zones rurales et entre 10 et 30 kg en zones urbaines, alors que la moyenne nationale est de 12
kg par tête (FAO, 1997). On pourra donc estimer1 le besoin national en riz en 2002 à 81239
tonnes et qui est couvert à environ à 46% par la production nationale.

2.2.2- Offre de riz au Bénin
Le marché béninois de riz est alimenté en faite par deux sources principales que sont
la production nationale et l'importation de riz. A ces deux sources, s’ajoute une troisième qui
est l’approvisionnement périodique en riz dit « Don japonais ».
2.2.2.1- Production nationale du riz
De 1960 à1990, la production rizicole a évolué de la manière suivante (FAO,1997) :
-
1960-1974, elle passe à 3.650 tonnes,
- 1975-1979, elle atteint 7.730 tonnes,
- 1984-1987, elle retombe à 4.000 tonnes, et stagnera jusqu'en 1990.
De 1990 à 2000, Adégbola et Sodjinou, (2003a) ont remarqué que la production a
connu un accroissement. En effet, elle est passée de 10.940 tonnes en 1990 à 52.449 tonnes en
2000, soit une augmentation de 379%.2 Le rendement, quant à lui, est passé de 1396 kg/ha en
1990 à 2198 kg/ha en 2000, soit une augmentation de 102,52%. Ces auteurs affirment que
l'augmentation de la production est beaucoup plus due à l'accroissement des superficies.
Par rapport aux différentes zones de production (voir tableau n°1), on peut signaler
que la production rizicole au Bénin, pour le moment, est concentrée dans la zone Nord
notamment la région Borgou/Alibori (avec 54,51% de la production nationale en 2004) et la
région Atacora/Donga (27,95%).
Dans le centre-Bénin (Zou/Colline), la production est aussi importance (15,6% de la
production nationale en 2004) et reste largement supérieure à celle des autres régions du pays.






1 Estimation à partir de l'effectif de la population du Bénin en 2002
2 Cette production est estimée aujourd'hui à 64151 tonnes (DPP/MAEP 2004)

13

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
Tableau n°1: Evolution de la production rizicole au Bénin, par région (2002 à2004)
2002
2003
2004
Régions
Production
Proportion
Production
Proportion Production Proportion
(tonne)
(%)
(tonne)
(%)
(tonne)
(%)
Atacora et Donga
15298
24,20
16110
29,73
17929
27,95
Atlantique et Littoral
1
0,00
46
0,08
55
0,09
Borgou et Alibori
25974
41,09
29364
54,19
34967
54,51
Mono et Couffo
335
0,53
706
1,30
848
1,32
Ouémé et Plateau
499
0,79
214
0,39
343
0,53
Zou et Colline
21112
33,39
7743
14,29
10.009
15,60
Total
63219
100
54183
100
64151
100
Source : Conçu à partir des données de l'Annuaire Statistique DPP/MAEP 2004.

Le tableau n°2 présente la confrontation des productions des principales céréales
produites au Bénin. L'examen du tableau montre que la production de riz paddy est
relativement faible par rapport aux autres céréales. Cette situation justifierait en partie
l'importance des importations du riz par rapport aux autres céréales.
Tableau n°2 : Production de principales céréales au Bénin (2002 à 2004)
2002
2003
2004
Spéculations Production Répartition Production Répartition Productio Proportion
(tonne)
(%)
(tonne)
(%)
n (tonne)
(%)
Maïs
797.496
73,56
788.320
75,71
937740
76,25
Mil et Sorgho
223.390
20,61
198.733
19,09
227908
18,53
Riz paddy
63219
5,83
54183
5,250
64151
5,22
Total
1.084 105
100
1.041.236
100
1.229.799
100
Source : Conçu à partir des données de l'Annuaire Statistique DPP/MAEP 2004.
2.2.2.2- Importation de riz au Bénin
Les différents types de riz importés sont le riz non décortiqué (paddy), le riz
décortiqué (cargo ou brun), le riz semi-blanchi et le riz en brisures. L'analyse de ces
importations permet de repérer trois principales périodes (ONASA, 1999) à savoir :
- la première va de 1983 à1985 et affiche des quantités de riz importé relativement faibles
(60.000 tonnes en moyenne par an) qui permettent d'alimenter principalement les flux
nationaux et dans une moindre mesure les échanges frontaliers de proximité entre le Bénin
et le Nigéria ;

14

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
- la deuxième s'étale de 1986 à 1993 et se caractérise par une évolution erratique des
importations en rapport avec la dynamique de la politique commerciale et de la
conjoncture économique du Bénin et du Nigéria. En 1987, les importations culminent à
389.291 tonnes avant de décroître à 100.000 tonnes en 1990 sous l'effet de facteurs
multiples et de remonter à 318.262 tonnes en 1993 ;
- l'année 1994 marque le début d'une autre période caractérisée par une baisse graduelle des
importations sous l'effet conjugué de plusieurs facteurs. Il s'agit d'une part, de la
libéralisation progressive au Nigéria des importations de riz. Cette libéralisation est
marquée dès 1994 par la délivrance de quelques licences assorties d'un droit de douane de
150%. La liberté totale d'importer serait de mise en février 1995, avec toutefois un droit
de douane fixé à 100%. Ce droit de douane passera à 35% à partir de 1996. Et d’ autre
part, la dévaluation du franc CFA intervenue dans les pays de la zone franc CFA qui
renchérie le prix du riz importé. La mis en application du tarif extérieur réduira à une
portion congrue les importations de ce produit.
On note une baisse des importations de riz entre 1996 et 2000. En effet, dans cette
période, l'importation de riz est passée de 129.011 tonnes à 47670. Elle est remontée à
72.065,65 tonnes en 2001.
Le tableau n°3 présente la structure résumée des importations de riz au Bénin de 1996
à 2001. Le riz importé au Bénin provient des pays asiatiques (Inde, Chine, Pakistan, Japon,
Thaïlande, Vietnam, Hongkong, etc.), des pays européens (Espagne, France, Danemark,
Italie, Royaumes Unis, Belgique etc.), des Etats-Unis d'Amérique et de certains pays africains
(Côte-d’Ivoire, Togo, Egypte, etc.). La majeure partie de ces importations provient des pays
asiatiques avec la Thaïlande en tête. L'importation de riz de la Thaïlande représente
respectivement 63% et 45% des importations totales de riz en 2000 et 2001. La Thaïlande est
suivie de loin par la Chine avec respectivement 20% et 27% en 2000 et 2001. Les
importations de riz de ce dernier pays (c'est-à-dire de la Chine) ont connu une croissance non
négligeable entre 1996 et 2001, passant de 1.275 tonnes à 19.528 tonnes. Par contre, les
importations du riz thaïlandais ont connu une chute de plus de 66%. (Adégbola et Sodjinou,
2003a).
En somme la tendance observée pour les importations du riz au Bénin n'est pas loin de
celle observée pour les exportations au niveau international. De manière précise, le premier
exportateur de riz (la Thaïlande) sur le plan mondial est aussi le premier fournisseur du Bénin.
De même, l'augmentation des exportations de riz (en 2001) sur le plan mondial s’est traduit
par une augmentation des importations au niveau du Bénin.



15

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
Tableau n°3 : Structure résumée des importations (%) de riz au Bénin de 1996 à2001
Pays fournisseurs
1996
1997
1998
1999
2000
2001
Chine
0,00
1,29
5,90
0,82
20,04
27,10
Inde
8,21
5,95
40,65
14,19
0,00
14,28
Indonésie
0,10
0,00
0,00
0,72
0,00
0,00
Japon
0,00
18,65
6,75
7,31
0,08
8,49
Pakistan
3,79
0,00
16,32
3,34
9,84
1,00
Thaïlande
73,28
37,27
15,38
52,02
62,64
44,55
Vietnam
13,18
21,45
7,99
16,01
2,10
0,00
Etat-Unis
0,09
0,04
2,28
0,01
4,81
0,00
Pays africains
0,00
2,52
2,11
1,68
0,42
2,79
Pays européens
0,00
0,33
2,03
3,87
0,08
1,24
Autres
1,36
12,51
0,60
0,03
0,00
0,56
Total
100,00
100,00
100,00
100,00
100,00
100,00
Source : Adégbola et Sodjinou : 2003.

LARES et UDP Mono/Couffo (2003), à partir des critères suivants :
- la couleur, riz blanc ou riz jaune (riz étuvé);
- le parfum;
- les taux de brisures (5%, 15% etc…) ; ont identifié 55 marques/qualités de riz
importés comme représentées par la figure n°1

Figure n°1: Marques et qualités de riz importés au Bénin.

Non cassé (16)

AA (1)

A1 (1)

B (1)

Non parfumé
Cassé (2)
(26)

25%(2)

15% (1)
Riz blanc (41)

? (1)
? (1)

Non cassé (13)
Marques de riz
importés au Bénin
Parfumé (14)
55
Cassé 100% (1)


Riz jaune (14)
Non cassé (13)
Non parfumé (14)

10% (1)
Source : LARES et UDP Mono/Couffo 2003.


16

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
L'analyse de la figure indique que les 75% des marques importées sont formées par du
riz blanc. Parmi les marques de riz blanc importées, deux tiers sont non parfumées et quasi-
uniquement non cassées. Les riz jaunes (25% des marques importées) sont quant à eux non
parfumés et pour la quasi-totalité non cassés. Le tableau n°4 illustre le principe de fixation
du prix du riz importé sur le marché de Cotonou.
Tableau n°4: Estimation du prix de vente d'un riz blanc, non parfumé, 35% de brisure à Cotonou.
Prix CAF du riz blanc 35% brisures sur le marché international
110.500
Frais portuaires et douaniers liés à l'importation
41.408
41.408
Redevance portuaire
180
180
Redevance SOBEMAP
2.000
2.000
Frais de dédouanement (35,5%)
39.227,5
39.227,5
Frais de transport et marges des commerçants béninois
25.500
43.500
Transport Cotonou
2.500
2.500
Marge importateur
6.000
12.000
Transport Cotonou
2.500
2.500
Marge grossiste
6.000
12.000
Transport Cotonou
2.500
2.500
Marge semi-grossiste
6.000
12.000
TOTAL 177.408
195.408
Prix de vente (sac de 50 kg)
8.870
9.770
Source: LARES et UDP Mono/Couffo 2003.

Ce prix pratiqué par les semi-grossistes est légèrement inférieur à celui pratiqué (en
moyenne 10.000f CFA/Sac) par les producteurs du riz local. Cela pose alors le problème de
compétitivité du riz local.
Notons qu’une partie du riz importé dans le compte du Bénin est utilisée par la
réexportation pour alimenter un certain nombre de pays de la sous région. Le Bénin en tant
que pays côtier, bénéficie d'un rôle de distributeur dans la sous région. En effet, en moyenne
on remarque que de 1995 à 2000, 73% du riz importé était destiné au Bénin, 23% au Niger, le
reste étant officiellement en transit vers le Nigéria, le Tchad, le Burkina-Faso et le Togo
(LARES et UDP Mono/Couffo 2003). L'autre gamme de riz importé au Bénin est le don
japonais.
2.2.2.3- Don japonais
Dans le partenariat inter-état bénino-japonais, le gouvernement japonais finance en
nature (don de riz) un certain nombre de projets de développement au profit de l'Etat béninois.
Ces dons de riz sont vendus courant les mois de mai et juin à un prix légèrement en
dessous des prix de marché (4.500 F le sac de 30 kg en 2004). La distribution sur le marché

17

CHAPITRE 2 : Revue des études antérieures
national de ce don est assurée par l'ONASA en collaboration avec la Centrale Coop. Les
volumes de riz "don japonais" de 1998 à 2003 sont consignés dans le tableau n°5.

Tableau n°5: Quantité de riz don japonais importés au Bénin de 1998 à 2003.
Années
1998
1999
2000
2001
2002
2003
Quantité (tonnes)
5547 5105 3612 4413 7742 4366
Source: ONASA, Centrale Coop. Cité par Verlinden et Soulé B. 2003.

L’objectif de cette rubrique sur le marché international/national était de donner une
idée sur la situation de riz dans le monde et en Afrique, et de mettre en exergue la position du
Bénin par rapport à la production de riz dans le monde. Les résultats ont montré que la
production de riz dans le monde a connu une chute en 2001 alors que les importations de riz
en Afrique ont augmenté. La production béninoise de riz est insignifiante sur le plan mondial
voire régional. Sa propre production est largement en dessous de ses besoins.


18

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
3.1-Commercialisation et ses fonctions
3.1.1-Notion de commercialisation
La signification du terme commercialisation varie en fonction des différentes
catégories sociales. Pour le fermier ce terme se rapporte à la vente de ses produits agricoles,
pour la ménagère c'est l'achat des vivres au marché (Biaou F., 1987).
Selon Barker (1981), on définit la commercialisation comme l'activité qui a lieu au
marché, le terme global utilisé pour décrire les échanges entre acheteurs et vendeurs qui
tentent de maximiser leur profit ou utilité subjective. Pour ne pas limiter la commercialisation
au seul lieu d'échange, c'est-à-dire lieu de rencontre entre l'offre et la demande, Fanou (1996)
définit la commercialisation comme étant toute activité économique associée aux flux des
biens et des services, dès la production primaire jusqu’à la consommation finale. L'auteur
ajoute qu'un produit agricole, pour devenir produit alimentaire doit subir quatre
transformations principales: une transformation physique, une transformation de taille de lot,
une transformation dans le temps et une transformation dans l'espace. Cette définition prouve
d'une part que le producteur et le consommateur ne résident pas nécessairement au même
endroit et d'autre part que le produit tel qu'il sort des champs n'est pas souvent désiré sous
cette forme par le consommateur.
La commercialisation des produits agricoles débute aux champs dès que le fermier a
l'intention de vendre son produit.
La commercialisation comprend aussi l'acquisition des intrants et équipements
agricoles nécessaires à la conduite de l'exploitation agricole. Seule la commercialisation des
outputs fera l'objet d'analyse au cours de la présente recherche. Ainsi dans la pratique, la
commercialisation est perçue de différentes manières par les divers acteurs stratégiques. Le
consommateur est intéressé par l'achat de ses besoins au plus bas prix possible alors que le
producteur cherche des revenus maxima dans la vente de son produit. Selon Biaou F.(1987),
de cette situation, naissent des conflits d'intérêts dont l'existence permanente et leur solution
donnent à la commercialisation son caractère essentiellement dynamique. L'auteur poursuit et
affirme que le besoin de la commercialisation est né et s'est accru lorsque les peuples sont
passés de l'économie de l'agriculture d'auto-suffisance à l'économie basée sur la division du
travail, l'industrie et l'urbanisation. En effet, dans les sociétés primitives caractérisées par un
haut degré d'auto-suffisance, les diverses familles et régions produisent la quasi-totalité des
biens et services dont elles ont besoin et dépendent très peu des échanges avec d'autres
régions et familles. Il n'y a donc pas de commerce car il n'y a pas d'échanges. Avec le temps,
le concept de division de travail est né et les peuples consacrent leurs efforts sur les tâches les
plus faciles et les plus rémunératrices. Ce qui oblige à produire plus qu'ils en ont besoin pour

20

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
certains biens et services et moins pour d'autres qui leur sont indispensables. Cette pratique a
fait naître le fondement du commerce qui, est l'essence même de la commercialisation.
Dans le cas des produits agricoles, un système de commercialisation permet de
contribuer à une croissance économique stable, d'améliorer la distribution équitable des
revenus, de garantir un bien-être nutritionnel des citoyens et une sécurité alimentaire aux
populations d’une nation (Fanou, 1996).
La commercialisation est donc un outil puissant de développement. En tant que tel la
commercialisation des produits vivriers permet au producteur de sortir de la subsistance et de
produire pour vendre. Elle stimule également le paysan à produire pour l'exportation. Dans ce
cas, elle rapporte beaucoup de revenus aux paysans si bien que ceux-ci constituent une
demande de plus en plus importante pour l'industrie domestique. C'est aussi le moyen par
lequel les pays peuvent gagner des devises pour payer les importations.
La commercialisation selon Fanou (1996), sera dite efficace lorsque les services
désirés par les producteurs et consommateurs seront fournis au coût le plus bas possible.

3.1.2-Fonctions et services de la commercialisation
Les fonctions commerciales sont les différentes opérations qui permettent de fournir
en des lieux et en temps opportuns aux consommateurs, les produits dont ils ont besoin. Elles
sont exécutées par les différents agents intermédiaires qui agissent individuellement ou
collectivement et se spécialisent dans les divers services impliqués dans l'achat et la vente des
produits dans leur transfert du producteur au consommateur final.
Pour Biaou F. (1987), ces fonctions sont de trois natures à savoir :
- les fonctions d'échanges (collecte et distribution);
- les fonctions physiques (transformation, stockage et transport) et
- services rendant possible l'accomplissement des deux premières catégories de
fonctions (financement, prise de risque, emballage…)

3.1.3- Acteurs de la commercialisation
Ce sont les personnes physiques ou les organisations qui remplissent les fonctions
commerciales. Il s'agit d'une gamme très variable d'un produit à un autre. On relie les acteurs
aux rôles qu'ils jouent dans le système de commercialisation. Quelques fois le même agent
joue plusieurs rôles.
On y distingue essentiellement deux catégories selon l'importance du rôle joué dans le
système de commercialisation, à savoir les acteurs principaux (collecteurs, grossistes et
détaillants) et les acteurs secondaires (magasinier, courtier…)

21

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
Les premiers sont actifs dans l'activité et sont les intermédiaires directs entre
producteurs et consommateurs et selon leur fonction ou statut, on a principalement les
collecteurs, les grossistes et les détaillants.

3.2- Marché et Typologie
3.2.1- Notion de marché
Le terme marché est utilisé pour désigner plusieurs choses. D'abord, sur le plan
commercial, le terme marché évoque le lieu où s'effectue un échange.
Cette définition rejoint celle de Stanton (1987) cité par Biaou F (1987), qui stipule que le
marché est le lieu où acheteurs et vendeurs se rencontrent, où les biens et services sont offerts
pour la vente et où les transferts de propriété ont lieu. C'est donc tout lieu où se réalisent les
transactions commerciales. Dans le cadre de ce travail nous convenons d'appeler marché le
lieu de rencontre, souvent périodique, entre acheteurs et vendeurs pour négocier l'achat ou la
vente des biens ou services offerts en relation avec le riz.
Entre autres, le marché désigne également l'ensemble des opérations d'échange (vente,
achat) se rapportant à un produit déterminé. Il existe plusieurs types de marchés.

3.2.2- Typologie de marché
Le marché suppose la présence de trois éléments: le vendeur, l'acheteur qui sont les
acteurs et le produit qui est l’objet d’échange. Pour les produits agricoles, on distingue deux
grandes catégories de marchés à savoir les marchés informels et les marchés formels.

3.2.2.1- Marchés informels
Ces marchés n'ont aucune organisation; ils n'ont ni date fixe, ni lieu fixe. Les ventes et
les achats se font par téléphone, par contrat, à domicile, au lieu de production, et ont lieu sous
l'initiative des acteurs. Dans l'étude des marchés formels des produits vivriers, il est
impossible de se passer des marchés informels. Ces marchés permettent de comprendre le
fonctionnement des marchés formels et assez de produits commercialisés transitent par ces
marchés avant d'arriver dans les marchés formels.

3.2.2.2- Marchés formels
Ces marchés ont une structure organisée, possèdent des lieux fixes de vente:
établissement, magasins ou places publiques et une périodicité établie par les normes sociales
de la région de son site.
Anthonie (1968) cité par Biaou F. (1987) a distingué à partir des critères suivants:
-
la localisation purement physique du marché,

22

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
-
la structure du marché du point de vue des vendeurs, c'est-à-dire si la majorité
des participants sont des producteurs, des détaillants ou des grossistes,
-
la nature des acheteurs prédominants : les consommateurs finaux ou les
intermédiaires ; trois principaux types de marchés à savoir les marchés primaires, les
marchés régionaux et les marchés urbains.
Ces marchés exhibent une certaine hiérarchie qui assure un degré d'intégration plus complexe
des fonctions de commercialisation, avec une prolifération des intermédiaires en passant des
marchés primaires aux autres marchés.
Marchés primaires
Ce sont des lieux précis des transactions commerciales sis dans les zones de
production. Ils constituent des lieux de rencontre entre les producteurs et les résidents du
même village et des villages environnants.
Marchés régionaux

Ces marchés sont plus grands et plus complexes que les précédents et sont en général
situés dans les villes, agglomérations relativement importantes de la zone de production,
d'habitude chefs lieux des divisions administratives. Ils constituent des lieux
d'approvisionnement des produits manufacturés pour les populations rurales et en produits
agricoles pour les populations citadines. Ils jouent le rôle charnier entre les populations
rurales et les populations urbaines. Ces marchés, comme les précédents exhibent une
périodicité établie par les normes sociales de la région. Ils connaissent une proportion
beaucoup plus importante d'intermédiaires, mais les producteurs y sont aussi présents. Ces
acteurs y commercialisent les denrées locales et étrangères et assurent les échanges et les
autres fonctions de commercialisation. Cette catégorie de marchés sera la base de notre étude.
Marchés centraux ou marchés urbains
Ce sont des marchés des grands centres urbains, généralement distants des centres de
production, et sont de ce fait mieux pourvus en voies et moyens de transport et des services de
parking. Leur périodicité est journalière bien qu’ils aient parfois une périodicité unanimement
reconnue. Ils sont caractérisés d'une part, par la présence dans une proportion mixte de divers
types d'intermédiaires, des magasins de stockage et d'autres services comme le téléphone puis
par la complexité de commercialisation en gros et en détail et un degré relativement élevé des
services financiers d'autre part.





23

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
3.3- Théories d'Analyse du système de commercialisation du riz local.
3.3.1- Théorie néoclassique
La théorie néoclassique est la théorie fondamentale ayant abordé le problème de
l'efficacité des marchés. Elle est basée sur la notion de concurrence parfaite qui n'est satisfaite
que lorsque les conditions suivantes sont remplies.
- le vendeur cherche le maximum de profit et l'acheteur cherche le maximum
d'utilité (acteurs rationnels);
- produit homogène et interchangeable (divisibilité);
- libre entrée sur le marché et la mobilité des facteurs de production (mobilité);
- existence de beaucoup d'offreurs et de demandeurs pour éviter l'influence
individuelle des prix (atomicité de l'offre et de la demande);
- une connaissance parfaite du marché par les acteurs (transparence).
Dans une situation de concurrence pure et parfaite, les acteurs subissent les prix. Les
vendeurs d'un produit peuvent vendre au prix courant la qualité qu'ils souhaitent mais il ne
peuvent pas influencer le prix. Mais dans la réalité lorsqu'il y a des rendements croissants, les
grandes entreprises ont normalement un avantage sur les petites. Les entreprises les moins
performantes seront progressivement remplacées par les plus compétitives entraînant ainsi un
fonctionnement efficace du système de commercialisation sous la seule action des forces du
marché.
Des critiques ont été alors faites, par plusieurs auteurs en défaveur de la validité et de
la fiabilité de cette théorie. Ainsi, Harris (1979) pense que la notion de concurrence parfaite
est irréaliste ou du moins inadaptée à l'analyse des marchés vivriers d'Afrique et que les
données de prix sur lesquelles reposent les analyses sont sujettes à de nombreuses
controverses car elles donnent lieu à diverses interprétations et qu'il y a non-intégration des
phénomènes socio-historiques et politico-institutionnnels dans l'analyse.
Selon Lutz (1994), toutes les conditions stipulées par ce modèle ne peuvent être
atteintes simultanément, et donc l'application de la dite théorie serait difficile. Pour aller plus
loin, Jone O. W. (1974) cité par Pédé (2001) révèle que le concept et les conditions de la
compétition parfaite ne servent qu'à déterminer comment un marché est inefficace, mais ils ne
permettent pas de savoir le degré d'inefficacité du marché et estime qu'on a besoin des critères
opérationnels pour se prononcer sur la mesure dans laquelle un marché est inefficace. On
pourra donc utiliser la théorie du marché contestable.




24

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
3.3.2- Théorie du marché contestable
Cette théorie mentionne qu’un marché est contestable s’il n’existe de barrières ni à
l’entrée, ni à la sortie (Lutz, 1994). Les marchés parfaitement contestables sont donc des
marchés où les nouveaux offreurs ne supportent pas de frais d'entrée (par exemple des
investissements nécessaires pour débuter dans le marché) et où les entrepreneurs qui quittent
le marché ne supportent pas de frais de sortie (comme des amortissements). Un marché
parfaitement contestable est celui dans lequel l'entrée et la sortie n'entraînent aucun coût. Dans
ces conditions les acteurs sont flexibles et la compétition permanente les oblige à respecter les
prix et un taux normal de profit. Puisqu’au Bénin, comme dans plusieurs autres pays africains,
les marchés sont caractérisés par l’absence d’interdictions formelles d’entrée et de sortie puis
du nombre élevé des acteurs avec des produits plus ou moins homogènes ; on peut supposer
que les marchés sont naturellement compétitif ( Houedjoklounon, 2001)
Dans le contexte actuel de la commercialisation du riz local, l'applicabilité de cette
théorie est donc d'une importante utilité pour l’appréciation du mouvement des divers acteurs
du système.

3.3.3-Théorie de la nouvelle économie institutionnelle.
Cette théorie met un accent particulier sur le fonctionnement du marché et sur les
coûts de transaction.
Elle postule que ce sont les institutions qui coordonnent les transactions dans un
système de commercialisation. Ces institutions ayant pour mission de réduire l'incertitude en
établissant un environnement stable, mais pas nécessairement efficace, facilitent les
interactions humaines. C'est ainsi que certaines règles et lois, tant formelles et informelles,
existent dans les systèmes de commercialisation pour assurer une plus ou moins bonne
conduite des différents acteurs intervenant, et dans le but de minimiser les différents coûts de
transaction notamment ceux liés au transport, à l'entreposage et aux autres frais
commerciaux.
L'environnement institutionnel doit pouvoir favoriser le développement économique,
faciliter les processus d'échange et permette un meilleur arrangement des principes de
transactions.
Au fait, cette théorie a écoulé et revêt à nos jours deux pensées. On distingue
l'ancienne économie institutionnelle et la nouvelle économie institutionnelle.
Pour Williamson (2000) et Hodgson (1998) cités par Pédé (2001) l'ancienne économie
institutionnelle se fonde essentiellement sur la notion du comportement, tandis que le néo-
institutionnalisme va au-delà de cette idée et s'intéresse à la manière dont les changements

25

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
institutionnels peuvent conduire à l'efficience économique et à la minimisation des coûts, de
même au calcul des coûts de transaction.
Williamson (2000) cité par Pédé (2001) a distingué de ce fait, quatre niveaux d'analyse
sociale dans la nouvelle économie institutionnelle. On a donc:
- le premier niveau qui regroupe les normes, les traditions, les coutumes, les mœurs,
les tabous etc. La religion joue un grand rôle dans ce premier niveau. Ces formes
d'institutions changent à un rythme très lent, pouvant aller de 100 à 1000 ans;
- le deuxième niveau se réfère à l'environnement institutionnel. Il s'agit à ce niveau,
des règles formelles qui s'imposent à tous les individus de la société. Parmi celles-
ci, il y a la constitution, les lois juridiques, les droits de propriété etc.;
- le troisième niveau comprend les institutions de gouvernance. Ce sont des règles
informelles qui ont été instaurées par les individus eux-mêmes pour réguler les
échanges et renforcer les contrats. Ces types d'institutions changent à une
fréquence faible, allant de 1 à 10 ans;
- le quatrième niveau a trait à l'allocation des ressources dans une entreprise. C'est à
ce niveau que les analyses néo-classiques fonctionnent véritablement. Ces formes
d'institutions peuvent changer continuellement.
Les divers éléments de cette théorie nous édifieront, à travers la présente étude, à
cerner les différents facteurs socio-institutionnels, culturels et économiques qui déterminent le
profit réalisé par chaque acteur dans le système de commercialisation du riz local.
3.3.4-Approche filière

L’approche filière est par nature une approche par produit et ayant l’avantage de
prendre en compte pour un produit donné, les trois niveaux d’analyse que sont : la production,
la commercialisation et la consommation.

En fait, le concept filière est couramment utilisé dans la littérature francophone
relative à l’économie agricole et agroalimentaire. La perception qu’en ont les différents
utilisateurs varie quelque peu.

Certains auteurs considèrent la filière comme un objet linéaire s’étendant de la
production, à la commercialisation et enfin la consommation. Elle est vue de ce fait comme :
« un chemin orienté reliant plusieurs branches depuis l’amont (la production de la matière
premières et biens d’équipement) jusqu’à l’aval (la distribution et les services liés à son
utilisation) les rassemblant selon les étapes successives rencontrées pour la mise en marché du
produit » (Hugon, 1992 cité par Adanguidi, 2000).

Fanou (1996), parlant aussi de l’approche filière, développe presque les mêmes idées
que Hugon et définit le système alimentaire comme l’ensemble regroupant les divers

26

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
opérations de production, de transformation, de distribution et de commercialisation puis a
distingué trois agrégats fondamentaux que sont :

1-l’ensmble des opérations qui approvisionnent l’agriculture en facteurs de production

2-l’ensemble des opérations réalisées au niveau des exploitations agricoles

3-l’ensemble des activités de transformation et de distribution des produits

Pour Tano (1981) cité par Adanguidi (2000), l’approche filière prend en compte, pour
un produit donné, les fournisseurs de l’agriculture, les agriculteurs, les entreprises réalisant le
stockage, les transformateurs , les grossistes, les détaillants, les institutions gouvernementales
affectent et coordonnent les niveaux successifs par lesquels transite le produit.

Cette approche a ainsi l’avantage de placer le produit dans un réseau permettant de
prendre en compte les effets rétroactifs de l’appareil commercial sur la production et
d’envisager les conséquences d’une modification de la structure de commercialisation sur
l’appareil productif (Palleshi, 1985 cité par Fanou, 1994).

La définition de l’approche filière qui sera utilisée dans ce travail est fournie par P.
Hugon (1989) et utilisée par Adanguidi (2000). La filière est considérée comme « un mode de
découpage et de représentation de l’appareil productif supposé partiellement décomposable.
Elle permet de repérer des relations de linéarité, de complémentarité et de cheminement entre
différents stades de transformation au sein des systèmes agricoles ou agroalimentaires. Plus
fondamentalement, elle met en évidence des synergies, des effets externes, des relations de
coopération et d’influence et de nœuds stratégiques dont la maîtrise assure la domination de
certains agents : elle constitue un espace de déploiement des stratégies des acteurs. »
Néanmoins, l’accent sera mis sur les différentes opérations de transformation, de distribution
du produit et de consommation.

3.3.5-Paradigme : Structure - Conduite - Performance
C'est une approche d'analyse mise au point par Bain en 1959 et qui a fait ses preuves
dans l'analyse de la performance des industries et du fonctionnement des marchés des produits
agricoles. Cette approche s'est révélée par son efficacité, comme un outil standard d'analyse
des systèmes de commercialisation des marchés agricoles.
Elle est applicable dans les conditions de libre entreprise, de concurrence entre les
firmes opérant sur le marché et de la maximisation du profit ; lesquels critères sont
parfaitement en vigueur et en plein usage dans les marchés béninois. Ce modèle se reposant
sur trois éléments indissociables que sont la structure du marché, la conduite des acteurs et la
performance du marché.

27

CHAPITRE 3 : Cadre théorique
La structure du marché représente des caractéristiques physiques et
organisationnelles du marché qui influent et possèdent des impacts sur la nature des
transactions, sur le comportement des acteurs et sur la politique des prix à l'intérieur dudit
marché.
La conduite est la stratégie, le comportement qu'adoptent individuellement ou
collectivement les différentes catégories d'acteurs pour s'adapter aux vicissitudes des marchés
et pour atteindre leurs objectifs qui sont l’obtention des profits.
La performance est l'évaluation économique de la structure et de la conduite du
marché. L'analyse des prix, le degré d'intégration des marchés et les marges des divers types
de participants en sont les principales composantes. Elle permet ainsi d'apprécier l'efficience
et l’efficacité du système de commercialisation.

Les éléments ou paramètre inhérents à chacun de ces termes, comme nous le
concevons dans cette étude, se trouve dans le tableau n° 6
Tableau n°6 :Différents éléments de la Structure de la Conduite et de la Performance des marchés
STRUCTURE
CONDUITE
PERFORMANCE
-Instruments de mesure (poids, -Relation entre les divers -Analyse des prix dans le
différents types)
acteurs
temps et dans l’espace
-Divers acteurs
-Politique de vente et d’achat -Analyse des marges par
-Circuit et flux de
des produits
catégories et par zones
commercialisation des produits -Formation des prix
-Services et fonction de la -Techniques de mesure
commercialisation
-Information et sa circulation


Le paradigme Structure-Conduct-Performance postule qu’il existe une relation
entre les trois niveaux ci-dessus énumérés. Bain (1968) cité par Lutz(1994) l’explique de la
façon suivante : « la structure détermine la conduite et ces deux éléments ensemble
déterminent la performance ».
Cette dernière approche sera le socle fondamental de notre inspiration à travers cette
recherche. Néanmoins, pour mieux appréhender ses différentes composantes, nous nous
servirons également des éléments d’analyse des théories du marché contestable et de la
nouvelle économie institutionnelle énoncées préalablement.

28

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
4.1- Les phases de recherches
La recherche s'est déroulée essentiellement en trois grandes phases à savoir : la phase
exploratoire, la phase approfondie et la phase de dépouillement et d’analyse des données.

4.1.1- Phase exploratoire
Cette phase a consisté en des déplacements sur le terrain et à sillonner les différents
départements de production du riz au Sud et au Centre du Bénin à savoir : le Couffo, le Zou,
les Collines et l'Ouémé. Il s'agissait d'aller constater l'effectivité de l'échange du riz local entre
les différents acteurs du système de commercialisation et d’identifier des marchés de
regroupement des acteurs.
Ainsi à l'aide d'un guide d'enquête, nous avons pu caractériser chaque zone, de même que les
divers acteurs. Cette phase qui a duré de Juin à Juillet 2004 a été également consacrée aux
différents contacts de facilitation de la phase approfondie et surtout à l'échantillonnage et au
pré-test des outils de collecte des données, principalement le questionnaire d'étude. Compte
tenu de l’importance de cette phase pour le choix de la zone d’étude, nous présentons un
rapport sur cette partie à la section 4.2.

4.1.2-Phase approfondie
Elle s'est déroulée du 15 juillet au 12 septembre 2004. Elle a consisté en la collecte des
données auprès des paysans et des commerçants.

4.1.3- Phase de dépouillement, de traitement et d'analyse des données collectées
Elle a eu lieu du 12 septembre au 22 novembre 2004.
Au cours de cette phase, il a été question de regrouper les données collectées sur des
fiches de dépouillement et de les faire traiter au Centre de Biostatistique et d'Informatique
Générale (CBIG) de la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l'Université d'Abomey-
Calavi (UAC) et ont suivi les analyses et les interprétations.

4.1.4- Approches méthodologiques
Pour mieux cerner efficacement les contours du problème à étudier, nous avons adopté
une combinaison d’approches comme suggérées par Pretty et Vodouhè (1997). Il était
question d'utiliser les approches qualitatives et quantitatives.
La première, souple et holistique, a été utilisée aussi bien pour la collecte des données
que pour leur analyse. Elle a consisté en l'utilisation des outils, techniques et principes de la
Méthode Accélérée de Recherches Participatives (MARP) telles que : les entretiens semi-
structurés, l'observation participante, l'exploitation des données existantes, des citations
révélatrices et la triangulation.

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CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
L'approche quantitative quant à elle, a aussi été mise à contribution pour la collecte et
l'analyse des données à travers l'enquête par questionnaire, les calculs mathématiques et les
estimations à l'aide de modèle d'analyse.

4.2-Commercialisation du riz local dans les différents départements explorés
Le calendrier exécuté au cours de la phase est représenté par le tableau n°7.
Tableau n°7 : Calendrier du déroulement de la phase exploratoire

Périodes
Départements
Fermes et Marchés visités
Du 20 au 21
Marché de Dantokpa
juin 2004
Littoral


Fermes : Périmètre rizicole de Dévé
Du 24 au 29
Marchés : Dogbo (Dogbo)
juin 2004
Couffo
Lokossa (Lokossa)
Azovè (Azovè)


Ferme : Périmètre rizicole de koussin-lélé.
Du 29 juin
Marchés : Covè (Covè)
au 01 juillet Zou
Bohicon (Bohicon)
2004
Abomey (Abomey)


Fermes : Hondji, Hêtin , key (Dangbo)
Du 10 au 14
Houèda (Adjohoun)
Juillet 2004 Ouémé
Marché : Ouando (Porto-Novo)
Dangbo (Dangbo)
Azonwlissè (Adjohoun)
( )= Commune.
Nous présentons dans la suite, les résultats de diagnostic exploratoire par
Départements visités.

4.2.1-Département du Littoral
A Dantokpa, il a été surprenant de constater que le riz local n’était pas sur le marché1,
même à « Djougou sodji », un coin du marché Dantokpa, supposé abriter les vendeuses du riz
local.
Les différents agents commerciaux du marché, diversement, énoncent les raisons qui
justifient l’absence du riz local sur le marché.
Ainsi, pour les grossistes du riz importé de Gbogbanou (banlieue des grossistes de
Dantokpa), le riz local ne se vend plus à Cotonou, mais plutôt dans les marchés des zones de

31

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
production (Glazoué, Bohicon, Parakou, Djougou, Malanville etc.…). Ils ajoutent que le
commerce du riz local à Cotonou, remonte aux années 80. Ils ont cependant exprimé leur
disponibilité à acheter le riz local si ce dernier est disponible et en de bonne qualité.
Du côté des détaillantes de Dantokpa à « Djougou sodji », elles avancent que le
commerce du riz local a cessé à Cotonou depuis 3 à 4 ans. Ces détaillantes affirment que, ce
sont les commerçants du septentrion qui approvisionnent périodiquement le marché de
Dantokpa en riz local. Et que l’importation au Bénin, d’une marque de riz taillandais à un
prix très bas (9.000f le sac de 50 kg en concurrence au riz local dont le prix était 11.500f les
50 kg) aurait découragé l’approvisionneur à Cotonou du riz local. Pour d’autres détaillantes
encore l’écoulement du riz local à Cotonou est difficile à cause de sa mauvaise qualité,
(couleur non attrayante, existence de grains de sables et poussières, parfum désagréable, fort
taux de brisures).

4.2.2-Département du Couffo
Sur le périmètre de Dévé, la commercialisation du riz est collective.
En effet, les différentes charges à savoir le coût de fauchage des parcelles, le coût
d’irrigation, les charges liées à l’acquisition des intrants agricoles, engagées par le conseil
d’Administration de la Coopérative de Dévé pour chaque campagne, sont défalquées en
nature (riz paddy) au niveau de la production de tous les coopérants. Ces prélèvements,
constituant la plus grande proportion de la production totale, après décorticage, sont mis en
vente par le conseil d’Administration elle-même et le reste est mis en marché par les
producteurs eux-mêmes. A part quelques commerçants qui viennent de Lokossa, de Dogbo et
de Azovè et peu fréquemment les commerçants de Cotonou et de Porto-Novo, le riz de ce
périmètre, est essentiellement vendu aux fonctionnaires de la région à travers le circuit
CARDER.
Le CARDER, distribue le riz à crédit aux fonctionnaires et rembourse les producteurs
au recouvrement des dettes.
Pour la campagne 2002-2003, l’écoulement du riz de Dévé a été très difficile.
A notre passage sur le périmètre, une quantité importante de riz est restée non
commercialisée pour les raisons ci après :
Dans un premier temps les producteurs estiment que l’importation du riz au Bénin,
ces trois dernières années est effroyablement importante.
Aussi des sacs de 50 kg de riz importé de meilleures qualités sont vendus dans les
boutiques et magasins à 10.300f et 10.500f pendant que les sacs du riz local sont

1 Peut –être sous une forme déguisée

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CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
généralement vendus à 10.000f, ont-ils dit. Ils ajoutent que la mévente du riz local est aussi
due aux dons de riz du gouvernement Japonais au gouvernement Béninois. Le sac de 30 kg du
don Japonais est au prix de 4000-4500f sur le marché, soit 7.000-7.500 f les 50kg. Dans cette
condition, le riz local est sans doute, non compétitif.
Entre autres raisons, les producteurs reconnaissent que leur riz, à la cuisson, fait la
patte. Mais ils estiment que les consommateurs hors de leur zone de production ne maîtrisent
pas la technologie culinaire de leur riz. Car selon les producteurs, le riz local ne nécessite pas
une grande quantité d’eau pour sa cuisson ; sinon, il devient pâteux. Toutefois, ce riz est très
apprécié par les populations environnantes, particulièrement les fonctionnaires qui en achètent
à cause de ses qualités organoleptiques notamment son goût sucré qui le rend délicieux et son
aspect blanchi à la cuisson. Pour les restauratrices, le commerce du riz local n’est pas rentable
à cause de son faible pouvoir gonflant.
Par ailleurs, le calendrier cultural du périmètre révèle que les producteurs font une
seule saison et que le riz est sur les marchés dans la période du mois de Novembre à Février
de chaque année. Le riz local n’était donc pas commercialisé dans les marchés de Lokossa,
Dogbo et de Zovè pendant notre séjour sur le terrain en juin.
Les producteurs ont aussi exprimé un certain nombre de problèmes. Ils estiment qu’ils
manquent de financement pour la conduite efficiente de leur exploitation et que la plupart des
coopérants, prenne des avances chez les commerçants pendant l’installation des cultures et
rembourse presque doublement, en nature à la récolte. Pour eux le prix du riz serait revu à la
baisse (pour le rendre compétitif) si le problème de financement trouvait de solution.

4.2.3-Département du Zou
Sur le périmètre de Koussin-léle, contrairement au précédent, il est possible de faire
deux saisons de cultures. Le riz local de Koussin-léle est alors disponible à tout moment de
l’année. Le principal marché d’échange est le marché de Covè .
Ici, la commercialisation du riz local est individuelle et le riz est aussi vendu sous sa
forme décortiquée par les producteurs. Selon la période, le prix du riz varie de 8.000f à
12.000f le sac de 50kg.
Comme à Dévè, le prix du riz importé ou du don japonais, influence fortement
l’écoulement du riz de Koussin-Lélé surtout vers les zones hors de Covè, nous ont notifié les
producteurs.
Les producteurs de Covè pensent aussi que le manque de financement, est un
véritable facteur limitant à leur activité.
Les divers commerçants rencontrés sont les grossistes et les détaillants. Les derniers
sont les plus importants.

33

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique

4.2.4-Département des Collines
Les systèmes de production dans les collines sont les cultures de bas-fond et de plateau
(riz pluvial). La commercialisation est aussi individuelle. Mais, contrairement aux autres
départements visités, le riz est commercialisé par les producteurs sous la forme paddy (riz non
décortiqué). En plus des producteurs qui assurent la commercialisation primaire, une gamme
variée d’agents commerciaux, à savoir les grossistes, les transformateurs et les semi-
détaillants, assurent le transfert de la production du paysan aux consommateurs. Ces acteurs
animent les marchés de Glazoué, de Dassa et de Savalou.
Le problème le plus crucial dans les collines, est le manque de décortiqueuses.
Signalons que dans les Collines, une forme de vente regroupée de riz local est initiée par
VeCo, une ONG belge. Cette initiative, pour le moment est en phase pilote dans la commune
de Savalou.

4.2.5-Département de l’Ouémé
Les entretiens avec les producteurs de l’Ouémé ont permis d’identifier trois principaux
circuits d’écoulement du riz local à savoir :
(1) Circuit des grossistes du riz importé.
Ici, les grossistes de riz de marques étrangères s’entendent avec les producteurs,
achètent leur produit à un prix négocié (8.000f à 9.500f le sac de 50kg), qu’ils reconditionnent
dans des sac de riz de marques étrangères.
Les grossistes exposent ensuite le produit bien emballé, dans les magasins et boutiques
puis les revendent aux prix de 12.000f-13.500f le sac de 50kg aux détaillants2 des marchés
environnants (qui le revendent à 275-325f le kilo, soit 13.750f-16.250f le sac ), aux
restauratrices et aux ménages .
(2) Circuit des détaillants, restauratrices et ménages ruraux des zones de production.
Dans ce circuit, le riz produit localement est apprécié par la population et s’achète sans aucun
complexe ou discrimination.
(3) Circuit des fonctionnaires :
Les fonctionnaires, informés et convaincus de la bonne qualité du riz local, le
raffolent et l’achètent au prix producteur. Les autorités locales et de développement rural,
jouent dans ce circuit un rôle de facilitateur comme à Dévè.
Quelques fois, les UCP aident les producteurs à trouver l’une ou l’autre catégorie des
clients.

2 Ces détaillants ignorent l’origine du produit. En tout cas, pour elles c’est un riz importé.

34

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
Malgré tous ces circuits, le problème d’écoulement du riz local, en tout cas en bloc,
existe et demeure crucial dans l’Ouémé, comme ailleurs.
Les observations dans les marchés de l’Ouémé ont révélé que le riz local se vend dans
les marchés par les détaillants. Habituellement, ils s’approvisionnent dans les boutiques et
magasins du riz importé et ignorent de ce fait, l’origine réelle du produit.
En fait, selon les producteurs, cette forme déguisée de vendre le riz local, est à la mode
à cause du comportement et préférence des consommateurs. Les consommateurs béninois, en
cas de concurrence entre un produit local et un produit substituable étranger, préfèrent le
produit étranger, sous prétextes que ce dernier est de meilleure qualité, ont-ils ajouté. Ils
suggèrent que des mesures soient entreprises par les autorités compétentes pour décourager
cette pratique et viabiliser le secteur ‘‘commerce du riz local’’. Ils ont aussi souhaité que des
actions soient mises en ouvre pour assurer l’octroie des décortiqueuses performantes et des
crédits agricoles aux producteurs.
En conclusion, nous pouvons affirmer que le riz se produit au Bénin et se vend sous la
forme paddy par les producteurs des Collines et sous sa forme décortiquée, par les mêmes
acteurs dans les autres zones explorées.
Remarquons aussi que, c’est seulement dans les marchés formels des départements du
Zou et des Collines que la transaction du riz est effective pendant notre tournée. Ailleurs, soit
la période de notre visite n’est pas favorable pour retrouver le riz sur le marché (cas du
Couffo) ou mieux le riz se vend à travers un circuit informel où, seuls les vendeurs et
acheteurs savent le lieu ou les moments où ils tiennent leurs affaires. De cette manière, le riz
local est très peu connu dans les zones de non production et se vend néanmoins, sous une
forme déguisée, très peu maîtrisée par les acteurs du bout de la chaîne de commercialisation.

4.3- Choix et présentation des zones d'étude
4.3.1- Choix des zones
Les zones d'étude retenues sont : la commune de Covè (département du Zou), les
communes de Glazoué, Dassa et Savalou (département des Collines). Ces zones sont
représentées par la carte n°1.
Les marchés des chefs lieux correspondant à chaque commune ont été les sites retenus
pour cette recherche.
Les critères ayant présidé au choix de ces communes et marchés sont:
- l'effectivité de l'échange du produit dans un marché formel;
- l'ampleur des transactions et de la production du riz au niveau de chaque zone;
- le type (paddy ou décortiqué) de riz vendu par les producteurs

35


CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique



36

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
Mis à part les marchés, les études ont été aussi conduites sur un certain nombre de
villages et fermes afin de mieux nous familiariser aux acteurs et essentiellement de
comprendre le fonctionnement de la commercialisation primaire. Pour ce, le périmètre rizicole
de Kousin-Lélé dans le Zou puis les villages Orokoko, Magoumi, Yawa et Wèdèmè
(Commune de Glazoué); Lèma (Commune de Dassa); Zadohouin et Zounzankanmè
(commune de Savalou) dans les collines, ont servi de cadres d'étude. Ce sont les villages et
fermes qui approvisionnent mieux les marchés étudiés.

4.3.2- Présentation des zones d'étude
4.3.2.1 Présentation de la commune de Covè
Covè est situé au Sud-Est du département du Zou entre 2°58' de longitude Est et 7°25'
de latitude Nord et à l'Est par la commune de Zagnanado, à l'ouest par la commune de Za-
kpota et au Sud par la commune de Zogbodomey.
Selon le dernier recensement (INSAE, 2002), 37170 habitants vivent sur les 525 km²
que couvre la commune, soit une densité de 65,09 habitants/km². Le taux d'accroissement
annuel est de 0,84%. La commune dispose d'une superficie cultivable de 305 km² dont 7 km²
de bas-fonds. Les ethnies dominantes sont les Fon et Mahi, toutefois on y rencontre quelques
Dendi, Haoussa et Ibo. L'animisme est la principale religion pratiquée à Covè avec par
endroits, quelques musulmans et une croissance, ces dernières années du nombre de chrétiens.
La commune de Covè connaît un climat de transition entre le climat subéquatorial et le
climat soudanien, caractérisé par deux saisons pluvieuses et deux saisons sèches. La
pluviométrie annuelle moyenne est de 981 mm d'eau avec les maxima en juillet.
Le relief, d'une altitude moyenne de 100m, est peu accidenté et connaît quelques
dépressions. Les sols sont très diversifiés et dominés par les sols ferrugineux tropicaux.
On note aux abords des bas-fonds des sols hydromorphes argilo-limoneux très fertiles et
quelques sols gravionnaires.
L'hydrographie de la commune, très riche, est caractérisée au Nord par les rivières
Logbo, Koussin, Lélé, Loto et Lama, et à l'Ouest par les rivières Fionzoun et Houétchénou.
La végétation de Covè est caractérisée par une savane boisée ayant subi une forte pression
anthropique. Toutefois, quelques forêts sacrées persistent. Il s'agit de Kponzoun, Afiozoun et
Lozoun.

37

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
4.3.2.2-Présentation de la commune de Glazoué
La commune de Glazoué est située au sud par la commune de Dassa, à l'Est par les
communes de Savè et Dassa, au Nord par celles de Savè, Ouèssè, Bassila et Bantè et à l'Ouest
par la commune de savalou.
Elle s'étend sur 1.350 km² et a une population de 90.504 habitants avec une densité
moyenne de 67,04 habitants/km². Les deux ethnies dominantes dans cette commune sont :
Datcha et Mahi.
Le climat est du type soudano-guinéen caractérisé par deux saisons de pluies et deux
saisons sèches. Ce climat évolue vers le type soudanien caractérisé par une saison des pluies
et une saison sèche car la petite saison sèche tend à disparaître. Il s'en suit donc un
chevauchement des deux cycles culturaux.
Le relief est caractérisé par un plateau dominé par les collines de Sokponta,
Madengbé, Thio, Wèdèmè et Aklampa. Les collines représentent 1%, les plateaux 85% et les
bas-fonds 14% (PEPAIZ ,1990a)
On y distingue deux catégories de sols: les sols ferrugineux tropicaux sur socle
cristallin qui couvrent la majeure partie du territoire de la commune et les sols hydromorphes
des bas-fonds.
La commune est baignée par de petits cours d'eau saisonniers qui sont : Riffo,
Agbonlin, Djetto, Kotobo, Ahokan, Trantran, Klan, Agbagbavi, Djolo, Femanou et Donga. Il
y a également le fleuve Ouémé qui sert de frontière naturelle entre Glazoué et les communes
de Ouèssè au Nord-est et de Savè à l'Est.
La végétation naturelle est la savane arborée plus ou moins cultivée avec quelques
galeries forestières le long de Riffo. Il n'y a pas de forêt classée.

4.3.2.3- Présentation de la commune de Dassa-Zoumè
Située dans la partie Nord du Département du Zou, la commune de Dassa-Zoumè est
limitée au Nord par la commune de Glazoué, à l'Est par les communes de Savè et Kétou, à
l'Ouest par la commune de Savalou et au Sud par les communes de Djidja et Zagnanado.
Elle couvre une superficie totale de 1.760 km² avec une population de 93.122 habitants
et de 52,91 habitants/km² de densité. Le taux d'accroissement est environ de 2,2% par an.
La commune de Dassa-Zoumè est formée principalement de 3 ethnies: Fon, Datcha et
Nagot. On rencontre à Dassa-Zoumè, beaucoup de tendances religieuses : l’animisme, l'islam
et la religion chrétienne.
Le climat est un climat de transition entre celui subéquatorial de la côte et celui
soudano-guinéen du Nord-Bénin comme à Glazoué.

38

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
Le Rélief dans la commune de Dassa-Zoumè est très accidenté.. Il est formé de
plateaux sur socle granitique de 200 à 300 mètres d'altitudes en moyenne. Ces plateaux sont
surmontés de collines culminantes autour de 400 mètres d'altitudes (Zodéhoungan, 1996).
Les sols sont ferrugineux tropicaux. Dans les régions de bas-fonds, on rencontre des
sols hydromorphes de faible profondeur.
La végétation est caractérisée par une savane boisée parsemée de quelques gros arbres.
On y rencontre une forêt classée: la forêt classée de la cité des collines de Dassa.

4.3.2.4-Présentation de la commune de Savalou
La commune de savalou est située au Nord par la commune de Bantè, au Sud par celle
de Djidja, à l'Est par les communes de Dassa-Zoumè et Glazoué et à l'Ouest par le Togo.
Sa superficie est de 2674 km2 avec une population totale de 104749 habitants. Soit une
densité de 39 habitants/km2.Les ethnies présentes sont les Mahi (70% à l'Est) et Ifê (30% à
l'Ouest) (PEPAIZ ,1990b)
Le climat se rapproche du type soudano-guinéen du Nord-Bénin. Les deux saisons de
pluies, tendent à fusionner avec un démarrage de plus en plus tardif. On a également une
mauvaise répartition des pluies.
Le relief est caractérisé par quelques affleurements de collines avec un axe central
orienté Nord-Sud.
Les types de sols rencontrés dans la commune de Savalou sont:
- les sols ferrugineux tropicaux à concrétion, associés à des sols hydromorphes;
- quelques étendues de vertisols et de sols ferrallitiques.
La commune de Savalou bénéficie des eaux du Zou qui traversent le centre, de
l'Agbado et du Klou au Sud-Est.
La végétation est caractérisée par la savane boisée parsemée de nérés, karités et
baobabs.

4.3.2.5-Economie des départements du Zou et des Collines1
Agriculture
Des superficies de terres cultivées chaque année, 59% sont exploitées pour les cultures
vivrières et 41% pour les cultures industrielles dont le coton et l'arachide comptent pour 30%
environ.
L'exploitation moyenne couvre une superficie de 1,8ha dans le sud et 2,7ha dans le
Nord. La structure d'exploitation dominante est de type industriel. A peine 8% des actifs

1 Obtenu dans le plan de développement Zou/Collines

39

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
agricoles sont en structures pré-coopératives et coopératives. Le mode d'exploitation des
terres pour la majorité des exploitations reste traditionnel (culture itinérante sur brûlis).
Les systèmes de culture varient suivant les zones agro-écologiques et basés sur le
maïs, l'arachide, le manioc, l'igname, le coton, le riz etc…
En matière de matériels agricoles, la région ne dispose que de 423 attelages, 56
motoculteurs et de quelques équipements de transformation de manioc et d'arachide.

Elevage
Le cheptel est diversifié et comprend ovins, bovins, caprins, volailles et lapins. La
productivité et la couverture sanitaire de ce cheptel restent faibles. En outre, l'élevage n'est pas
encore tout à fait intégré à la production agricole. La région est également marquée par des
mouvements de transhumance de troupeaux en provenance du Niger et du Nigéria.

Pêche
Les activités de pêche se mènent autour des cours et des plans d'eau existants dans les
communes de Ouinhi, Zagnanado, Covè, Agbangnizoun, Zogbodomè, Savè et Dassa-Zoumè.
La pratique de la pisciculture est encore limitée.

Commerce
De par sa situation géographique, la région du Zou et des Collines est particulièrement
promue au développement des échanges de toutes sortes.
Le secteur structuré ou formel compte environ 600 établissements à caractère
industriel, sociétaire ou familial. Le secteur non structuré ou informel regroupe la plupart des
marchands et des commerçants ambulants.

4.4-Echantillonnage et collecte des données
4.4.1-Echantillonnage
Les producteurs, les commerçants (détaillants, grossistes) et les consommateurs
constituent les unités de recherches sur lesquelles ont porté nos investigations.
L'échantillon a été essentiellement raisonné et spécifique par catégorie d'acteurs. Les
effectifs de ces catégories d'acteurs enquêtés sont consignés dans le tableau n°8. Nous avons
retenu de manière aléatoire, 15 producteurs par département et 20 consommateurs par zone de
production ou non du riz local.
Les grossistes enquêtés sont ceux rencontrés dans les marchés pendant notre étude.
Pour les détaillantes, nous avons pris un effectif de 15 dans le marché de Covè et dans
les Collines, les 25% des moyennes des effectifs des détaillantes/transformatrices ont fait
l'objet de collecte des informations.

40

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
Quant aux semi-détaillants, nous nous sommes intéressés aux agents les plus
accessibles dans les marchés.

Tableau n°8 : Echantillonnage par catégories d'acteurs et par région.




Semi-


Zones
Producteurs Grossistes Détaillantes détaillantes Consommateurs Total

Covè
15 3 15 -
5 38
Zou Bohicon-Abomey
- - - - 20 20

Glazoué
5 6
10 7 5 33
Collines Dassa-Zoumé
5 4 6 4 5 24
Savalou
5 0 3 4 5 17
Total
30 13 34 15 40 132

4.4.2- Collecte des données
Deux sources d'informations ont été utilisées : Les données primaires et celles
secondaires.
Les données primaires, sont celles obtenues sur le terrain par notre propre enquête.
Elles sont essentiellement d'une part, les données quantitatives (les prix, les quantités vendues
et achetées, les coûts des services et fonctions essentielles) relatives au calcul des marges et
d'autre part des informations qualitatives susceptibles de cerner au mieux les différentes
formes d'organisation des acteurs, leurs stratégies et les diverses conditions de transaction des
produits.
La méthodologie de collecte des données sur le terrain a toutefois varié d'un
département à l'autre et d'un agent commercial à l'autre.
En effet, à Covè où les spéculations à la manipulation des unités de mesures et poids
sont presque absentes (le tongolo étant supposé équivalent au kilo) nous avons utilisé pour
l'analyse des marges, les prix collectés sur le marché. Nous nous sommes servi aussi des
quantités du riz local et du riz importé vendues le jour du marché pour l’estimation des
charges liées aux taxes et affectant la vente du riz local (les détaillants du riz local de Covè
vendent aussi le riz importé).
Dans les Collines, les prix unitaires des produits n'étant pas sur des mesures standards,
nous avons dû procéder aux pesés des produits au niveau des acteurs notamment les
détaillantes/transformatrices (agents stratégiques et centraux du système de
commercialisation) afin d'obtenir de manière approximative les prix réels de l'unité de
mesures tongolo, chose essentielle pour le calcul des marges de commercialisation de ces
détaillantes.

41

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
Ainsi, à partir d'un peson, nous avons relevé les poids du produit après décorticage au
niveau de chaque collecteuse, le coût d'acquisition du produit étant connu, le prix réel s'en
déduit. De manière opérationnelle, il était question d'assister la détaillante pendant la
transformation du riz paddy afin de pouvoir obtenir ces mesures.
Après le marché, nous nous rapprochons de nouveau de chaque détaillante pour nous
renseigner sur le nombre de mesures qu'elle a vendu, le prix de vente par mesure, le bénéfice
monétaire réalisé.
Au niveau des semi-détaillants, les prix d'achat du kilogramme sont obtenus par le
rapport du prix d'achat du "tongolo" et du poids moyen (au kilogramme) d'une unité de
"tongolo" du marché d'approvisionnement.
Le prix de vente utilisé pour l'analyse est le prix de vente du "tongolo", la vente étant
sans manipulation: une mesure de tongolo étant sensiblement égale à un kilogramme du riz.
Du côté des grossistes des deux départements, les données de prix utilisées sont celles
collectées.
Les données secondaires quant à elles, sont d'abord des données bibliographiques
collectées dans les centres documentaires et institutions tels que la BIDOC, la CAPE,
l'INSAE, FAO, CeRPA, INRAB, APM-Bénin, ONASA. De même les séries de prix du riz
local des différents marchés ont été obtenues auprès de l'ONASA.

4.5- Méthodes de traitement et d'analyse des données
Ces méthodes concernent essentiellement les données quantitatives et varient par
analyse (analyse des marges et analyse des prix).

4.5.1- Analyse des marges
Ici, nous allons utiliser deux outils d’analyses. Dans un premier temps, nous
procéderons à une analyse des marges à partir des moyennes et coefficients de variation. En
second lieu, nous allons faire une comparaison des moyennes avec le test t de Student pour
apprécier l’efficacité du système de commercialisation du riz local.
Le principe est de calculer les différentes marges des acteurs, de même que les charges
des fonctions. On y distingue les marges brutes, les marges de commercialisation ou marges
commerciales, et les marges nettes.
Les marges brutes (MB) sont obtenues en déduisant du prix de vente (PV), le prix
d'achat (PA) du produit. Soit :

MB = PV PA


42

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
Les marges commerciales (MC) sont obtenues en retranchant des marges brutes, les
coûts variables des fonctions accomplies par les intermédiaires. Soit

MC = MB Coûts Variables totaux

Les marges nettes (MN) sont obtenues en soustrayant des marges de
commercialisation, les coûts fixes. On a :

MN = MC Coûts fixes

Dans cette analyse, les coûts fixes (coût des instruments de mesure, des bassines) ne
sont pas pris en compte. L'analyse se limitera aux marges commerciales. Les valeurs des coûts
fixes étant faibles, on peut assimiler la marge commerciale à la marge nette.
Les coûts liés aux charges de commercialisation par unité de mesure sont calculés par
le rapport des dépenses liées à chaque fonction ou service à la quantité du produit vendue ou
couverte par la/le dit (e) fonction ou service.
L'analyse des marges se fera en pourcentage du prix consommateur et les résultats se
présenteront sous forme graphique. Les coûts des fonctions sont déterminés au kg.

Test t de Student : comparaison des moyennes

On dira d’un marché qu’il est efficace si les marges brutes c’est-à-dire les différences
des prix de vente et des prix d’achat sont significativement égales aux différentes charges
supportées par les divers acteurs du système de commercialisation. Au cas contraire le
système est inefficace ( Sodjinou, 2000). Nous nous servirons alors du test t de Student pour
apprécier ces différentes alternatives. Les estimations ont été faites à partir du logiciel Stat
Box.

4.5.2- Analyses des prix
L'analyse des prix se fera à deux niveaux à savoir l'analyse des courbes de série de
prix et l’analyse des variations saisonnières et concerne les données secondaires d'enquête
obtenues à l’ONASA. Les séries de prix utilisées couvrent la période de mai 2003 au
septembre 2004. En effet, les opérations de collecte de prix sur les marchés par l’ONASA ont
couvert les marchés de Dassa et de Savalou qu’en mai 2003. Aussi les prix utilisés sont des
prix mensuels c’est-à-dire des moyennes arithmétiques d’un certain nombre de relevés dans
chaque mois.

Ici, on aura à examiner les graphiques des séries de prix sur une année et à suivre
l’évolution des courbes à partir de la première récolte de l’année : c’est le cycle annuel du riz
local. On aura donc à identifier les différentes saisons du cycle.

43

CHAPITRE 4 : Cadre Méthodologique
Par la suite, une analyse de la variation saisonnière des prix sera faite. L’outil qui
sera mise en œuvre est le coefficient de variation. Le coefficient de variation est au fait le
rapport de l’ecart-type à la moyenne arithmétique de la variable considérée. Dans notre cas,
la variable est le prix. L’analyse sera faite par saison.

4.6- Insuffisances de l’étude
La méfiance des agents de commercialisation, à cause des taxes fiscales auxquelles, ils
ont été pendant longtemps sujets, est un handicap sérieux pour l'accès aux données
qualitatives et à d'autres données quantitatives comme les prix d'achat du produit, des
quantités achetée et vendue. Malgré les explications inlassables qui leur sont données, certains
commerçants s'abstiennent à respecter les rendez-vous. Aussi, quelques fois, l'emprise des
époux sur les femmes a limité nos contacts avec certaines commerçantes.
Par ailleurs, les agents commerciaux oublient souvent le nombre de mesures vendues.
Dans ces conditions, on fait recourt aux bénéfices monétaires réalisés par la vendeuse et leur
recette totale pour juguler à ces contraintes.
Enfin, la taille de l’échantillon utilisé pour l’analyse des prix est petite et n’a pas
permis, par conséquent de faire une analyse d’intégration des marchés.

44

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
5.1-Circuits de commercialisation
Le circuit de commercialisation d'un produit donné, est l'ensemble des étapes qu'il
franchit pour passer du producteur au consommateur (Bourret, 1984) cité par Biaou. F (1987).
C'est donc, le trajet qu'il suit pour passer du producteur au consommateur final. Il est
représenté ici par les différents intermédiaires et les diverses zones d'approvisionnement en riz
local.
Le riz local est commercialisé sous deux formes: le paddy brut et le riz cargo
directement consommable. On distingue deux aires de commercialisation correspondant non
seulement au niveau d'organisation des producteurs (en coopérative ou en production
individuelle), mais aussi à leur capacité de pénétration des circuits de distribution.
En effet, dans le département du Zou, les producteurs en coopérative, commercialisent
le riz décortiqué, localement aux collectrices au niveau des décortiqueuses de la coopérative
du périmètre. Par contre dans les collines, le riz est commercialisé par les producteurs sous sa
forme paddy, les transactions de riz décortiqué étant assurées par les détaillantes des marchés.
Dans la suite, des détails seront présentés par département et par les divers acteurs
commerciaux.

5.1.1-Cas du département du Zou: Cové
5.1.1.1-Producteurs
Les producteurs de Koussin-Léle, en dehors de la production autoconsommée, vendent
pour la plus part leur riz aux femmes détaillantes de Cové et environ (Djidja, Za-Kpota,
Zangnanado…). A part l'achat du riz par les détaillantes, les grossistes de diverses régions
s'approvisionnent en riz décortiqué du périmètre. Ces grossistes viennent de Cové, Kétou,
Bohicon, Cotonou, et Porto-Novo.
Dans la plus part des cas, les producteurs, après décorticage de leur riz, ramènent leur
produit à la maison pour son écoulement. Néanmoins, selon le besoin, certains commerçants
vont directement sur la ferme pour faire leur achat.

5.1.1.2-Grossistes
Ces agents achètent le riz auprès des producteurs dans des sacs de 50 kilogrammes et
assurent la revente aux détaillantes dans leurs zones respectives d'intervention. Ils vendent
leur produit soit à domicile ou dans les magasins ou boutiques.

46

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
5.1.1.3-Détaillan
5.1.1.3-Déta
t
illan es
Les détailla
Les déta
ntes du riz
illa
loca
ntes du riz
l, sont les a
loca
c
l, sont les a teur
teu s qui assu
s
re
qui assu nt le
re
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ita
rav illem
ita
ent des
illem

ent des
consomma
consomm teurs. Ce sont les interm
urs. Ce sont les inte é
rm diaires qui sont présents dans le m
iaires qui sont présents da
a
ns le m rché de Cové. C'est
rché de Cové. C'
d'ailleurs les
d'
acteurs, les
ailleurs les
plus prépondérant du
acteurs, les
systèm
sy
e comm
stèm
ercial du riz produit d
e comm
a
ercial du riz produit d ns cette
zone. Le circuit de commercialisati
zone. Le circuit de comm
on se présente ainsi par la figure no
ercialisation se présente ainsi par la figure n 2.
o

Figure no2 : Circuit de commercialisation du riz de Cové




Producteurs



Collecteurs


Grossistes
Détaillants





Restaurateurs, Consommateurs,



Acteurs de la commercialisation



Niveau où le riz paddy est transformé en riz cargo



Transfert du riz cargo
Source : Résultat de terrain, 2004


47

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
5.1.2-C
5.1.
a
2-C s du départem
s du dé
e
partem nt des Col
e
lines
nt des Col
Le circuit de
Le circu
commercialisation de c
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e
commercialisation de c tte région, est représenté par la figure no
tte région, est représenté par la figure n 3
o

Figure no3: Circuit de commercialisation du riz local des collines

Producteurs




Collecteurs




Grossistes

Détaillants




Semi-détaillants


Restaurateurs, Consommateurs



Acteurs de la commercialisation



Niveau où le riz paddy est transformé en riz cargo



Transfert du riz paddy



Transfert du riz cargo
Source : Résultat de terrain, 2004









48

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
Suivant chaque acteur on a :
5.1.2.1-Producteurs
Les producteurs des différentes communes des Collines, procèdent à la vente du riz
paddy soit à domicile, soit au marché régional de leur commune (Dassa, Gbazoué, Savalou).
Ces producteurs, comme dans le Zou, vendent leurs produits à la fois aux grossistes et
aux détaillantes par le biais ou non des collecteurs.

5.1.2.2-Grossistes
Les grossistes des collines, à l'instar des producteurs, revendent le riz non décortiqué
aux différentes détaillantes /transformatrices. Dans ce cas les échanges ont souvent lieu dans
les divers marchés de la région ou aux résidences des acteurs.

5.1.2.3-Détaillantes/ transformatrices
Les détaillantes, une fois le riz paddy acheté, procèdent à sa transformation (étuvage,
séchage et décorticage) et obtiennent le riz cargo consommable. Le riz obtenu, est ensuite
transporté au marché pour la revente. Ces détaillantes/transformatrices ont comme clients, les
consommateurs (ménages), les restaurateurs et les semi-détaillantes.
Les semi-détaillantes sont au fait, les agents commerciaux qui bouclent la chaîne de
commercialisation. Ce sont les femmes qui viennent des villages et zones caractérisés par des
ruptures fréquentes et précoces de stock, de production faible ou de non-production du riz
local. C'est souvent le cas des semi-détaillantes venant de Savè, Ouèssè, Savalou, Bantè et
quelques fois de Parakou et de Bohicon et qui s’approvisionnent dans les marchés de Dassa et
de Glazoué .
En dehors des semi-détaillantes externes, nous avons aussi des semi-détaillantes
locales qui achètent le riz cargo pour le revendre dans les boutiques ou sur les étalages dans
les domiciles. C'est la pratique courante observée dans la commune de Savalou.
Mis à part ce circuit constitué de plusieurs intermédiaires, des formes de ventes
regroupées du riz paddy sont initiées et mises en pratique par l'ONG belge Veco par
l'intermédiaire des ONG locales RABEMAR, CASTOR, UN MONDE et LDLD dans la
commune de Savalou. De manière opérationnelle, ces ONGs locales collectent le riz auprès
des groupements de producteurs, le stockent. Aux collectes, un crédit de 5.000F CFA est
donné aux producteurs, pour ceux qui le désirent, par sac de 80 kg de riz paddy et le reste est
retourné aux producteurs après la vente du stock par les animateurs et les responsables de
producteurs.

49

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
Les animateurs des ONGs, font alors des prospections dans les communes du Nord-
Bénin, notamment les communes de Parakou, Kandi, Gogounou, Malanville pour prendre
connaissance des demandes éventuelles exprimées dans ces régions.
Une fois les marchés identifiés, les dispositions nécessaires sont prises pour assurer le
transport du stock. Après la vente du produit, les charges (taxes, coût de transport) par sac,
sont défalquées du prix de vente du sac de 80 kg et le reste est considéré comme le prix
auquel le producteur vend son riz. Notons que les charges de fonctionnement des ONGs
locales et de l’ONG VeCo ne sont pas prises en compte dans ces coûts de commercialisation.

5.1.3- Flux du riz local
Eu égard à cette description faite sur le circuit de commercialisation de riz local, au
niveau de toute la zone couverte par cette recherche, le flux de commercialisation est
matérialisé par la carte n°2.
L’analyse de cette figure montre que la grande proportion de la production est
commercialisée sur place, ou dans un rayon relativement court.
Seule une petite quantité de la production, alimente les autres régions du pays,
notamment Kétou, Porto-Novo, Cotonou, Bohicon Abomey, Parakou, Kandi, Malanvile.
Remarquons néanmoins que, contrairement aux centres villes du sud/centre Bénin, où
le riz local est consommé sur place, l’offre de notre zone d’étude dans le nord Bénin, est
rachetée par les commerçants du Niger et du Nigéria pour l’approvisionnement de leur pays
respectif .
















50



CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation


51

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
5.2-Unités de mesures
Pour les différentes transactions, les acteurs utilisent divers instruments et unités de
mesures. Ces instruments et unités varient suivant le lieu géographique et selon que la vente
est en gros ou en détail.

5.2.1-Vente en gros
Sur le périmètre de Cové, le riz est vendu dans des sacs de jute remplis et cousus sur
place. Les producteurs remplissent ces sacs d’une quantité de 50 kg de riz cargo et la mesure
est faite à l'aide d'une bascule.
Dans le département des Collines (voir tableau n°9), les unités de mesures utilisées
pour la vente et l'achat en gros du riz paddy sont: "Bassia" (la grande bassine), "Tchaga" ou
"Tchongele", blévi et Sogo.
Dans la commune de Dassa, les producteurs et les commerçants utilisent les unités
Tchaga et Sogo, alors qu'à Glazoué en plus de ces deux unités, les acteurs utilisent également
la grande bassine.
Mais à Savalou, les producteurs ont adopté l'utilisation de"blévi".
Pour la vente regroupée une quantité de 80 kg de riz paddy est ensachée dans des sacs
de jute.
Tableau n°9 : Les différentes unités de mesures utilisées dans les Collines.
Communes
Unités de mesures
Glazoué
Bassia (grande bassine), Thaga, Blèvi, Sogo
Dassa Thaga,
Sogo
Savalou Blèvi,
Sogo
Source : Résultats de terrain, 2004.

5.2.2-Vente en détail
Dans toutes les zones étudiées, l'unité standard de mesure utilisée pour la vente et
l’achat du riz décortiqué en détail est le "Tongolo" dont le contenu est sensiblement
équivalent à un kilogramme de riz décortiqué.
Il faut signaler que les poids des différentes unités de mesure varient suivant la
méthode utilisée pour la mesure. Les poids moyens enregistrés pendant la période de notre
enquête sur le terrain sont présentés dans le tableau n° 10.





52

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
Tableau n°10 : Les poids moyens des différentes unités de mesures
Unités de mesures
Poids moyens (kg) Zones
1.03 Cové
Tongolo
1.29 Glazoué

1.21 Dassa
1.14 Savalou
Sogo 2.1
Blèvi 25
Colines
Tchaga 26
Bassia 37
Source : Résultats de terrain, 2004

5.3-Fonctions et Services
Sous cette rubrique, nous parlerons essentiellement des fonctions physiques et
quelques services de commercialisation.

5.3.1-Transformation
Il s'agira au fait de la transformation du riz paddy au riz cargo consommable. Un grain
de riz paddy est composé de l'endosperme blanc, enfermé dans une pellicule de son,
enveloppé d'une coque. Le riz est généralement consommé sous sa forme de riz cargo,
débarrassé de sa pellicule de son. Ce procédé correspond au décorticage. Par ailleurs, avant le
décorticage le riz paddy peut être étuvé ou non. C'est ainsi que dans le Zou le riz n'est pas
étuvé avant d'être décortiqué par les producteurs alors que dans les collines les détaillantes
étuvent le riz avant le décorticage. Dans la suite nous allons mettre l'accent sur ces deux
principales opérations de transformation pratiquées par les transformatrices du département
des Collines.

Etuvage
C'est une technique utilisée d'avant décorticage, pour avoir du riz paddy dont les
enveloppes ne sont plus trop collées au grain. Ce qui permet de réduire le taux de brisure lors
du décorticage. C'est un traitement qui permet aussi, de conserver les éléments minéraux
(vitamines, protéine) de la graine, ce qui lui confère une qualité organoleptique très appréciée
par les consommateurs.
Sur le terrain, l'étuvage se fait par trempage dans de l'eau tiède pendant 12 à 24 heures
ou dans l'eau froide pendant 48 heures suivis du chauffage au feu ( cuisson à vapeur) puis du
séchage au soleil.

53

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
C'est une activité qui est très exigeante en main d'œuvre et mobilise de ce fait
suffisamment de temps et de l'énergie aux femmes transformatrices. Mis à part l'exigence en
main d'œuvre, l'étuvage nécessite suffisamment d'eau et de fagot de bois.
L'approvisionnement en eau est souvent fait des puits et surtout par les
transformatrices installées dans les villages. Mais pour les transformatrices des centres villes,
l'eau est souvent acquise contre numéraire.
S'agissant du bois de feu, il est pour la majorité des cas, obtenus à l'achat sauf
quelques fois où il est collecté par les femmes dans les forêts et savanes proches des
résidences et champs.

Décorticage
On distingue le décorticage traditionnel ou manuel et le décorticage mécanique ou au
moulin.

Décorticage traditionnel
Ce décorticage se fait au moyen de pilon et du mortier et comporte deux étapes:
-
le décorticage proprement dit, au cours duquel, le riz paddy est mis dans le mortier et
pilé jusqu'à l’obtention du riz cargo ;
-
le polissage, au cours duquel, le riz cargo est transformé en des grains plus lisses. Il
s'agit du pillage d'un mélange du riz cargo avec des sables fins, des glumes de riz ou des
pailles jusqu'à l'obtention du riz poli. C'est une activité pénible et produisant un riz cargo à
fort taux de brisures. Depuis quelques années, ce procédé disparaît au profit du décorticage
mécanique à cause de l'implantation ça et là des machines décortiqueuses. Ce type de
décorticage est souvent pratiqué pour l’autoconsommation.

Décorticage mécanique
Le décorticage mécanique se fait au moyen d'une machine appelée décortiqueuse qui
permet d'obtenir une grande quantité de riz décortiqué, de meilleures qualités, en peu de
temps. Le décorticage de 1 kilogramme de riz paddy coûte 10 à 20F CFA dans les zones
étudiées. Le diagramme de la figure n°4 présente le processus de transformation du riz paddy.



54

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
Figure n°4 : Processus de transformation du riz paddy en riz cargo consommable par les
détaillantes/transformatrices des Collines.

Riz paddy


Eau

1ère Précuisson
Chauffage à l'eau tiède
:

Trempage :
Pendant 24 heures

Etuvage
(dans l'eau tiède)

Eau de trempage
Eau de 2ème précuisson

2ème Précuisson
: Cuisson sous vapeur à 120°c

Légende

Vapeur d'eau

Produit
Riz étuvé hydraté


:
Opération



Passage d'un produit à



une opération ou vis vers
Déshydratation
: Séchage au soleil pendant
ça ou d'une opération à
6 à 12 heures

l'autre

Vapeur d'eau

Riz étuvé


Input de transformation


Déchets



Décorticage

Balles, son, brisures


Riz décortiqué et les sous-
produits



Vannage

Déchet de décorticage

Source : Résultats de terrain 2004
Riz cargo

55

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
5.3.2-Stockage
Le stockage permet de limiter des niveaux trop bas du prix et de rendre le produit
disponible dans le temps.
Le riz étant un produit agricole peu périssable, son stockage n'est pas exigent en
pesticides de conservation. Le stockage n'engendre presque pas de coût. Le principe de
stockage est presque le même dans les diverses zones étudiées, mais à quelques différences
près.
Sur le périmètre de Koussin-Lélé, les producteurs après séchage, stockent leur produit
dans les magasins de la coopérative. C'est souvent le cas du riz non décortiqué. Après
décorticage, le riz mis en sacs, est entreposé dans des habitations par les divers producteurs.
II en est de même, pour les commerçants qui achètent précocement le riz décortiqué.
Dans les Collines, c'est essentiellement le riz paddy qui est concerné par l'entreposage.
Ainsi, les producteurs vendent leur produit en petites quantités suivant leurs besoins d'argent
et conservent à cet effet, le produit dans des greniers ou en sacs sur le planché des habitations
ou encore sur les toits. Les commerçants conservent eux aussi leur riz en sacs dans des
magasins en domicile.

5.3.3-Transport
La consommation du riz local étant fortement localisée aux zones de production, le
transport dans le système de commercialisation du riz local est très peu développé. Il concerne
essentiellement les stocks de petites quantités et sur de faibles distances (4 à 30km).
Les moyens les plus utilisés sont les engins à deux roues communément
appelés"Zem". Quelques-uns des producteurs se servent de leurs propres moyens de
transport. En dehors des engins à deux roues, les remorques, les charrettes sont aussi utilisées
pour ramener les produits des fermes aux domiciles et sur les plus petites distances.
Pour les déplacements sur de longues distances et pour de grands stocks, les véhicules
à quatre roues et plus, sont utilisés. Les camions sont ainsi exploités pour évacuer les stocks
de riz sur Parakou, Malanville etc… dans le système de vente regroupé initiée par VeCo.
Quant à la nature des routes, elle n'est pas la même pour tous les transports. A
l'exception des chefs lieux des communes, qui sont desservis par des routes bitumées, les
autres voies et pistes sont non bitumées, et quelques fois très difficiles à pratiquer en période
des pluies.


56

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
5.3.4-Taxes
Dans les différents marchés, les commerçants des produits agricoles font face à trois
types de taxes. On a la taxe du conditionnement perçue par les agents du développement rural,
la taxe de la Mairie et la taxe de gestion du marché.
Les vendeurs du riz local sont généralement soumis aux deux dernières taxes. Le
montant de la taxe de la mairie va de 50 à 125F CFA selon les besoins des municipalités et de
la quantité des marchandises exposées aux marchés alors que la taxe de gestion du marché
varie de 50F à 100F CFA.

5.3.5-Financement
Le financement constitue un élément très important dans les activités commerciales.
Au démarrage et pendant son exercice, cet élément est indispensable pour le commerçant. Il
peut constituer une barrière à l'entrée de la profession en cas d'absence de possibilités
d'obtention de crédits ou d'autres débouchés possibles. C'est donc évident que pour financer
leurs activités les commerçants aient besoin de capitaux.
De nos enquêtes, il ressort que le financement est un facteur limitant et les principales
sources sont : les fonds propres, les prêts sans intérêts des amis et parents. Quelques-uns
seulement des commerçants bénéficient de crédits formels de montants allant de 30.000 à
150.000F CFA au niveau des ASF et CLCAM.
Pour les agents de microfinance, ce ne sont pas les ressources financières qui
manquent pour couvrir les différents besoins exprimés par les divers clients, mais c'est les
forts taux d'impayé et du non respect des échéances de remboursement des crédits, facteurs
essentiels de viabilité et de durabilité des institutions de microfinance, qui font que plusieurs
stratégies ont été développées par les institutions, notamment l'expression d'une garantie
existante et suffisante et des cautions de solidarité pour assurer un meilleur arbitrage des
opérations d'octroie des crédits.

5.4-Caractéristiques, Institutions et réglementations des marchés.
5.4.1-Caractéristiques
• Le marché de Covè s'anime tous les quatre jours et entre 11 et 17 heures. Les
détaillantes, commerçantes exclusives du riz dans le marché, sont disposées l'une après l'autre
en ligne et sous cinq hangars conçus en paille. Chacune des détaillantes est assise derrière
deux bassines : une contenant le riz local, l'autre le riz importé. Leur effectif moyen avoisine
les 25.
• Le marché de Glazoué s'anime tous les mercredis. Ce marché est nettement plus
grand que les autres marchés étudiés. Cela se remarque à travers le niveau plus élevé de

57

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
l'effectif des acteurs. Le marché commence le mardi soir, puisque les premiers paysans et
grossistes y arrivent déjà. Très tôt le mercredi matin le marché est animé et, vers 13 heures les
premiers visiteurs sortent du marché. Ici, les détaillantes/transformatrices sont les plus
prépondérantes et occupent trois hangars au milieu central du marché dont deux, côte à côte et
le troisième à environ 10m. L'effectif de ces détaillantes est compris entre 39 et 42 agents. Les
grossistes et producteurs restent dispersés dans le marché et quelques uns opèrent à côté des
détaillantes.
• Le marché de Dassa a lieu tous les quatre jours. Ce marché s'anime entre 11 et 16
heures. Ici aussi, les détaillantes sont les plus nombreuses et leur effectif varie entre 23 et 25.
• Ces vendeuses exposent leur produit à l'air libre et quelques fois sous l'ombre des
toits des boutiques et magasins du marché. Elles sont juste à l'entrée du marché et leur
disposition fait apparaître un cercle à une allée diamétrale de passage. Les grossistes et les
producteurs s'organisent comme dans le marché de Glazoué.
• Le marché de Savalou a lieu la veille du jour de celui de Dassa. Il s'anime de 13 à
16 heures. Les détaillantes du riz sont regroupées, exposent aussi leur produit à l'air libre et
sont situées en arrière du bâtiment de la CLCAM de Savalou pendant que les semi-
détaillantes sont dispersées dans le marché.

5.4.2-Institutions
Les institutions, les plus importantes pour ces marchés sont: le CARDER, aujourd’hui
Centre Régional pour la Promotion Agricole ( CeRPA), comme collecteur de quelques taxes
et contrôleur de la qualité des produits agricoles à travers ces agents de conditionnement;
l'ONASA pour le relevé des prix ; la Mairie pour le prélèvement des taxes de municipalité;
l'UNACOB comme union des conducteurs des camions et taxis; Comité de gestion du
marché qui intervient en cas de bagarres, organise des réunions d'usage pour le
fonctionnement du marché et prélèvent la taxe d'occupation de place dans le marché.
Aussi des institutions de microfinances telles que la CLCAM, PADME, PAPME, ASF
y interviennent pour le financement des diverses activités des agents commerciaux.

5.4.3-Réglementations des marchés
Ces réglementations peuvent se situer à deux niveaux à savoir la réglementation
officielle du commerce des produits agricoles au Bénin et les organisations internes au sein
des communautés des acteurs commerciaux.
En effet, comme beaucoup d'autres pays, la commercialisation des produits agricoles
au Bénin est réglementée par un certain nombre de dispositions juridiques. Elles définissent
les conditions d'entrée dans la profession et les modalités liées à l'exercice de l'activité.

58

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
Nous avons la loi N° 87 - 351 du 23 octobre 1987 qui stipule en son article 1 que, les
opérations de commercialisation des produits agricoles ne peuvent être effectuées que sur les
marchés officiels conformément aux textes définissant les conditions de déroulement des
campagnes de commercialisation des produits agricoles. Les articles 3 et 9 renseignent eux,
sur le profil des divers acteurs commerciaux. Sera donc "considérée comme acheteur de
produits agricoles, toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant et qui
procède habituellement à la collecte primaire des produits agricoles auprès des producteurs
pour son propre compte ou celui d'un négociant". "Est considéré comme négociant de produits
agricoles, toute personne physique ou moral ayant la qualité de commerçant et qui, pour les
besoins de ses activités, procède habituellement au commerce de gros des produits agricoles
dans le but de les rétrocéder ou de les exporter en l'état ou après transformation". Pour avoir la
qualité d'un commerçant, il faut se faire enregistrer au registre de commerce moyennant une
somme de 25.000 f CFA et se fait établir une carte d'acheteur ou de négociant de produit
agricole contre un montant de 4.800 f.
C'est seulement à ces conditions que, selon la réglementation officielle, les acheteurs
et les négociants, peuvent avoir la liberté d'acheter directement auprès des paysans. Ils sont
néanmoins tenus, de déclarer tout leur stock aux agents des services de contrôle, de qualité et
des prix des produits.
Dans la pratique, en tout cas au niveau des commerçants du riz local, il était
surprenant de ne rencontrer aucun agent qui ait rempli ces conditions. Un résultat pareil a été
obtenu par Salami (1992) et Pédé (2001) qui, estiment que ces réglementations officielles sont
réduites à la perception des diverses taxes et les divers textes régissant les activités
commerciales au Bénin, sont inconnus des divers acteurs.
Aussi de manière spécifique Salami (1992) pense que ce décret pose légalement des
bases des restrictions pour l'entrée dans le commerce des vivriers et, il faudra également
craindre les tracasseries régulières et le champ de corruption que cela pouvait constituer. Et
pour Pédé (2001), si les conditions d'adhésion pouvaient être repensées ou réétudiées afin de
favoriser l'accès des commerçants, même les plus démunis, cela pourrait susciter leur intérêt
puisque, la plupart d'entre eux connaissent aujourd'hui son importance encore que les
dispositions de ce décret semblent être liées à la politique commerciale de la période avant la
libéralisation officielle du commerce des produits vivriers.
Quant aux organisations internes, elles opèrent sans statut formel. En effet, au niveau
des commerçants du riz local, il n'existe par un regroupement associatif régit par des
dispositions statutaires. C'est une simple pratique de vie en communauté, l'enjeu commun
étant de payer quelques quantités de riz et d'assurer sa revente. Les formes d'organisations

59

CHAPITRE5 : Structure du système de commercialisation
réglementaires sont essentiellement basées sur des liens ethnique et familial entre catégories
d'acteurs commerciaux (détaillant ou grossiste). Il s'agit essentiellement des pratiques comme
l'entraide et l'assistance sociale aux collègues en cas d'événement heureux (baptême,
mariage…) ou malheureux (décès, maladies …).
Autre formes d'organisation rencontrées, sont les différents types de groupes de tontine
constitués essentiellement par des commerçants appartenant au même village, campagne et
ferme et ayant pour but d’épargner pour célébrer des réjouissances populaires en fin
d'exercice ou de se faire garantir un capital pour d'éventuelles entreprises futures de groupe ou
individuelle.

60

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
6.1-Situation du département du Zou : Cové
Sous cette rubrique, les analyses se feront par acteurs.
6.1.1-Producteurs
Au niveau des producteurs, l'écoulement de la production n'est pas en bloc. Il s'observe
donc une vente échelonnée. C'est clair qu'en période de récolte collective, l'offre du riz se
trouve largement supérieure à la demande exprimée par les divers commerçants et par
ricochet les consommateurs. Dans cette situation le riz se vend à un prix bas de l'ordre de
8000F à 9000F CFA le sac de 50 kg. L'ensemble des producteurs de la coopérative, s’entend
à ne pas vendre leur riz à un prix inférieur aux prix précédents. Mieux ; certains producteurs,
pour contourner ces prix dérisoires, préfèrent envoyer leur stock dans d'autres villes du pays,
notamment Kétou, Bohicon, Cotonou, Porto-Novo; afin de recevoir de meilleurs prix, allant
de 10.000 à 11.000F CFA le sac. Les producteurs, 89,5% des enquêtés (voir figure n°5),
vendent aussi leur production en herbe, c’est–à-dire dans le système de prise d’avance chez
les commerçants. Les prix sont alors à leur plus bas niveau: 5000 à 7000F CFA le sac de 50
kg, ne laissant aucune marge de profit aux producteurs.
Figure n°5 Part des producteurs ayant vendu en herbe ou non une
partie de leur production.
10,50%
Vente en herbe
Pas de vente en herbe
89,50%

Source : Résultats de terrain 2004
Selon les coopérants, cette pratique ne relève pas de leur volonté mais est plutôt, un
problème de coût d'opportunité.
En effet, vers la maturité des cultures, les producteurs, le plus souvent, manquent de
ressources financières nécessaires pour couvrir les diverses charges de fin de campagne. Au
nombre de ces charges, nous avons le coût d’acquisition de l’engrais pour le dernier épandage
des cultures, les frais relatifs à la chasse anti-aviaire et le coût du décorticage.
Alors pour le producteur, on gagnerait mieux en bradant quelques quantités de riz, à
ces étapes de la production que d'obtenir à la fin de l'exercice, un résultat médiocre où les
rendements des cultures sont catastrophiques.

62

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
Cette forme d'échange où le client (grossiste ou détaillant), paie à l'avance la
marchandise qui sera transmise un (01) à deux (02) mois plus tard après séchage et
décorticage du riz ; engendre un certain nombre de problèmes entre les acteurs. Les
producteurs, essoufflés, ont tendance à violer les règles du contrat, et préfèrent rembourser
une partie seulement du produit payé par le commerçant. Et parfois, à défaut d'une entente,
l'affaire est portée auprès des autorités locales qui à leur tour, essayent d'assurer la médiation.
Ainsi donc, méfiants de cette situation, les commerçants préfèrent souvent donner seulement
des avances aux producteurs fidèles et honnêtes.
Le commerçant se rend aussi sur le périmètre, le jour où son fournisseur fait le
décorticage de sa production afin de s'assurer d'être remboursé par ce dernier. Nos
investigations révèlent que la proportion de la production par paysan, consacrée au système de
prise d'avance est en moyenne de 26,95% (14)
Par ailleurs, pour les producteurs dont la trésorerie le permet, le riz est conservé pour
être vendu en période de rareté à un bon prix (11.000 à 12.000F CFA). C'est globalement la
stratégie des femmes productrices, plus de 79,7% de ces femmes ne vendent jamais leur
produit en période d'abondance (voire figure n° 6)
Figure n°6: Proportion des femmes productrices qui
reservent ou non leure production pour la période de rareté.
20,30%
Réserve
Pas de
réserve

79,70%
.
Source : Résultat de terrain 2004








63

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
6.1.2-Commerçants
Du coté des commerçants, comme dit précédemment, il y en a qui sont des spécialistes
de remise d'avance aux producteurs. Pour ces commerçants, c'est une stratégie qui leur permet
de réaliser de fortes marges commerciales.
Ces commerçants sont soit locaux où viennent de l'extérieur, soit des grossistes ou des
détaillants.
Les agents à l'extérieur de Cové, utilisent souvent des collecteurs locaux auxquels ils
donnent des rémunérations forfaitaires ou contractuelles selon le cas. Que le produit soit payé
dans le système d'avance ou au prix de la période d'abondance, le commerçant (surtout les
grossistes) préfère conserver le produit afin de le vendre en période de rareté où les prix sont
autour de 10.500 à 12.000F CFA le sac de 50kg. Les prix sont au plus haut niveau vers la
veille de nouvel an où la demande du riz pour les réjouissances, est forte. Il faut dire que dans
la région, il existe certaines pratiques d'épargne solidaire où des groupements mixtes ou de
femmes ont l'habitude de cotiser de l'argent au cour de chaque année pour célébrer des
réjouissances populaires pendant le nouvel an.
Pour les commerçants extérieurs à Cové, la pratique courante est le conditionnement
du riz local dans des sacs du riz importé pour le revendre un peu plus cher dans les boutiques
et magasins sous la forme du riz importé.
S'agissant des détaillants du riz local qui sont au bout de la chaîne, il en existe qui
préfèrent vendre leur riz en période de soudure où le riz, à l'unité de mesure "Tongolo"est à
250 - 275F CFA. Il ressort de nos enquêtes que les femmes détaillantes de riz local vendent
aussi le riz importé et que les femmes et parentés aux producteurs représentent plus de 60%
des détaillants enquêtés.
Parlant de l'échange à crédit entre acteurs, il n'est pas trop développé dans cette zone.
Toutefois entre les producteurs et les détaillants, il en existe sous quelques formes. Les
producteurs vendent seulement aux clients fidèles et /ou parentés, question d'éviter les conflits
liés au non-remboursement. Le mode opératoire le plus utilisé est le suivant : le client achète
un sac de 50 kilogrammes de riz à crédit. Après la vente, il le rembourse et prend un autre sac
et ainsi de suite.
Dans le but de satisfaire toutes les catégories des consommateurs, notamment ceux
n'ayant pas la capacité de payer une mesure entière du riz, les détaillantes partagent en
différents tas la mesure de "Tongolo". Cette stratégie a fait créer d'autres unités de mesures
que sont le "demi" et le "biolevi" contenant respectivement la moitié et le dixième du contenu
d'un "Tongolo" et valant des montants proportionnels au prix du "Tongolo".


64

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
6.2-Situation du département des Collines
6.2.1-Relation entre les divers acteurs
Dans le système de commercialisation, il n'existe pas de relations intimes entre le
détenteur du produit et l'acheteur. Tous les acteurs ont la liberté d'acheter ou de vendre le
produit à n'importe qui sur le marché. Les producteurs livrent les produits aux intermédiaires
qui les vendent à toute personne intéressée. Néanmoins on note une certaine entente entre les
détaillantes de même ethnie, notamment au sein des détaillantes Cotocoli à Savalou et Sola à
Glazoué. Ces détaillantes, en cas de difficulté de l'une de leurs collègues viennent à son
assistance.
Lorsqu'une femme Sola ou Cotocoli est malade par exemple, et a eu à dépenser tout
son chiffre d'affaire pour cette cause, ces collègues lui reconstituent le capital à travers une
cotisation organisée circonstantiellement. Sur le marché de Glazoué, s’observe une certaine
discrimination dans la disposition des commerçants sous les hangars. En effet, Les
commerçants d'ethnies locales sont ensemble et les autres ethnies, ceux du Nord (Sola,
lokpa …) sont d'un autre coté. Dans cette disposition, il n'est pas souvent permis de se passer
des unités de mesure entre ethnies du Centre et du Nord mais à l'intérieur de la même ethnie.
Les uns soupçonnent les autres comme étant les auteurs des disparitions fréquentes des unités
de mesures. Il faut aussi noter que les ethnies du Nord considèrent qu'elles sont les "mères" de
la transformation du riz local c'est - à - dire ayant assuré l'introduction de cette technologie
dans le milieu, alors que les ethnies du Centre ; se considèrent être sur leur territoire.
Les prix unitaires du riz cargo ne varient pas en fonction des connaissances, seul un
petit complément, de taille variable, est accordé à l'acheteur en fonction des quantités
achetées et des liens sociaux existant entre les deux partenaires : acheteur et vendeur.
Les détaillantes de Savalou et de Dassa semblent toutefois, être mieux organisées que
celles de Glazoué où il existe un mélange ethnique. A Glazoué, les ethnies du Nord
contrairement à leur homologue du Centre parfois cassent leur prix afin de vite écouler leur
produit. Signalons que le plus souvent, les produits des femmes du septentrion sont de
meilleures qualités (riz cargo jaunâtre de couleur nette et homogène alors que chez certaines
femmes Mahi et Idatcha, on retrouve dans les tas de riz quelques tâches noires sur les grains
de riz ou que le riz n'est pas aussi propre).
Par ailleurs à la question «comment êtes vous devenus transformatrices détaillantes ? »,
les femmes détaillantes, pour la plupart répondent, qu'elles ont été initiées par leur parent et
par conséquent sont des héritières. Elles déclarent donc qu'elles ont appris la technique
d'étuvage-décorticage, auprès de leur mère, pour les unes et grand - sœur ou tante pour
d'autres. Elles ont été élevées par ces parents où elles les aidaient à faire la transformation et

65

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
à vendre au marché. Ce qui leur a permis d'acquérir des astuces et expériences d'une
commerçante dynamique et maîtrisant les tactiques d'accumulation de profit. Certaines
détaillantes Mahi et Idatcha ont néanmoins, avoué qu'elles ont appris à transformer le riz
auprès des femmes du Nord.

6.2.2-Politiques de vente
Il s'agit essentiellement dans cette partie, des tactiques que chaque acteur adopte pour
livrer son produit. En plus de prêts, des ventes à crédit et des avances, on parlera de la
propreté des produits et des astuces employées.

6.2.2.1-Producteurs
A la récolte les producteurs prennent l'habitude de vendre leur riz paddy aux
détaillantes et grossistes qui résident dans leur village ou campagne de même que les
collecteurs / grossistes des villes proches des fermes (Dassa, Glazoué, Savalou…) ou si
possible envoient le reste au marché (le plus souvent les marchés régionaux étudiés) pour son
écoulement.
D'autant plus que ces marchés régionaux ne sont pas souvent loin des zones de
production (3 à 30 km) les producteurs prennent soin de se renseigner sur le prix du riz sur le
marché afin de définir leur prix. Le plus souvent le producteur va ou envoie ses fils sur le
marché pour les informations ou encore se renseigne auprès des femmes régulières au marché
et de préférence, les femmes auxquelles il a confiance.
Dans les cas où les prix proposés par les commerçants locaux ne sont pas favorables
aux producteurs, il déplace son produit pour le vendre au marché. Il y en a de ces producteurs
qui ne cherchent jamais à vendre leur produit dans les campagnes ; estimant que les prix des
campagnes sont les plus bas.
C'est l'exemple de Monsieur M. à Ouédémé Kpota (9 km de Glazoué) qui nous parle
de ces pratiques : "Moi je ne vends jamais mon riz au village ici, les femmes de notre village
aiment payer moins cher. Je transporte mon riz avec mon engin pour aller le vendre sur le
marché de Glazoué aux meilleurs prix. Si je n'arrive pas tout vendre je dépose mes colis
auprès des magasiniers dans le marché pour son écoulement au prochain jour d'animation du
marché". Ces comportements s'observent aussi lorsque les stratégies de mesure des
campagnes et fermes ne plaisent pas aux producteurs.
Il est remarqué que les femmes productrices, comme à Covè, n'aiment pas vendre leur
riz en période d'abondance. Elles le conservent pour la période de soudure soit pour une vente
en gros ou soit assurent sa transformation afin de se procurer une valeur ajoutée. C'est souvent
l'apanage des groupements des productrices. A la question pourquoi ne vendez- vous pas

66

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
votre riz sous sa forme paddy ? Une femme productrice transformatrice nous répond : "au fait
ce que les hommes producteurs font, c'est mauvais. Ils sont les perdants. La vente du riz
paddy ne permet pas au producteur de bénéficier de ces efforts, cette vente ne permet pas de
consentir les charges liées à la production, de même que les peines endurées. Ce sont les
commerçants qui profitent plus de notre production". Elle ajoute " qu'il faut que l'Etat
garantisse le financement adéquat au producteur, puisque sans cette condition le producteur
ne serait vraiment pas en mesure de conserver et de transformer son riz."
Il existe très peu de cas où le producteur vend son riz à crédit, néanmoins il peut aussi
prendre des avances chez le commerçant comme le cas des producteurs de Covè.
Cette pratique n'est pas trop développée dans cette zone. Pour les quelques-uns qui s'y
adonnent, le principe est que le producteur vend son riz en herbe lorsqu'il se trouve dans des
conditions financières très défavorables. Par exemple, si la mesure Sogo du riz coûte 400F,
lors de la récolte, le commerçant ayant octroyé l'argent, l'achète à 250F et utilise la plus
grande mesure de Sogo. Dans le cas où le producteur n'arriverait pas à respecter ses
engagements, le remboursement peut être reporté à la campagne suivante, mais cette fois ci
une mesure due, devient deux.

6.2.2.2-Grossistes
Les grossistes, une fois le ravitaillement fait auprès des producteurs, stockent le riz
dans des sacs pour le revendre plus cher en période de rareté. Pour vite récupérer leur chiffre
d'affaire, ils vendent souvent à crédit mais à des clients fidèles ou ayant des relations sociales
quelconques avec eux, et qui pouvant servir de garantir.
De telles ventes à crédit ne demeurent pas sans inconvénients. Elles suscitent quelques
fois des conflits. Certaines détaillantes, faisant face aux divers problèmes quotidiens dans leur
ménage, n'arrivent pas à s'acquitter de leurs dettes à temps, obligeant ainsi des grossistes à
faire des saisies, ou à refuser de continuer de leur vendre encore à crédit.
Ces problèmes récurrents ont amené certains grossistes à s'abstenir à toute vente à
crédit et à préférer une vente progressive de leur produit.

6.2.2.3-Détaillants
Le prix de détail, bien qu'uniforme souvent sur le marché, ne fait pas l'objet d'une
concertation préalable entre les détaillants mais des conditions du marché. Néanmoins, le prix,
au démarrage du marché, est souvent proposé par les premières vendeuses installées.
Il faut signaler qu'il existe plusieurs qualités de riz, selon que l'étuvage est fait avec de
meilleurs soins ou que la transformatrice est expérimentée dans le domaine ou non. Ainsi, on

67

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
observe du riz jaunâtre brillant sans tâche et très attrayant et du riz jaunâtre sale ou contenant
des grains de riz tachetés de noir. Ce dernier type est souvent désigné de qualité inférieure.
L'écart de prix entre ces deux qualités est de 10 à 25F selon le degré de saleté.
De manière globale, toutes les détaillantes accourent pour accueillir tout individu qui
arrive sur la place du marché. Cela est souvent, source de discussion et même de disputes
entre ces acteurs. Chaque détaillante cherche à imposer son produit par sa propreté, ses
qualités et son prix qu'elle accompagne souvent du terme "gbandjo" pour signaler que c'est
moins cher. D'autres ajoutent qu’elles vont bien mesurer leur riz et promettent qu'elles vont
même faire de meilleurs compléments.
Parfois, ces commerçants prélèvent une petite quantité du riz dans leur unité de mesure
qu’ils montrent aux clients qui cherchent à inspecter le riz.

6.2.3-Information et sa circulation
Les informations portent essentiellement sur la disponibilité du produit et de son prix.
Les transactions ayant lieu essentiellement dans les zones de production, la circulation
de l'information ne pose pas grand problème pour les divers acteurs.
Dans un premier temps, les périodes de récoltes sont plus ou moins connues par les
différents agents commerciaux. Ainsi à l'approche, selon la disponibilité, le commerçant va
dans les fermes pour prendre les informations ou se renseigne auprès des ressortissants de ces
fermes et fréquentant les chefs lieu des communes. L'autre stratégie est d'aller dans les
marchés, vivre les réels évènements ou de se consulter entre acteurs.
Dans les cas les plus urgents, et selon que cela est possible, les acteurs se servent des
moyens téléphoniques de communication.

6.2.4-Technique de mesure
Généralement, c'est l'acquéreur qui fait la mesure et le fournisseur joue le rôle de
surveillant, que le riz soit sous sa forme paddy ou cargo.
Au lieu que la discussion porte sur le prix du produit, c'est plutôt souvent sur la
technique de mesure.
La technique de mesure est au fait une méthode de manipulation des unités de mesure,
basée sur le principe d'accumulation du produit, pratiquée par les divers intermédiaires.
L'acheteur, mesurant le produit, emploie toutes les techniques qui lui permettent de prélever le
maximum de produit.
La technique de mesure varie toutefois, selon la catégorie d'unités de mesures utilisée.
Pour les unités de mesure de grande contenance (généralement les bassines), utilisées pour

68

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
l'achat du riz paddy, on assiste souvent à une pratique hautement artistique où le client prend
tout son temps pour faire une seule mesure.
En effet, les acheteurs se servent d'un bol et prélèvent le riz du sac du fournisseur pour
le remplissage de la bassine "unité de mesure".
Au début de l'opération de remplissage, au renversement du contenu de riz paddy de 2
à 3 bols, l'acheteur remue la bassine pour annuler les vides éventuels qui existeraient entre les
grains de riz contenu dans la bassine, de sorte que les grains se superposent et que la bassine
puisse contenir le maximum de riz.
Lorsque la bassine commence par être remplie, la pratique de superposition des grains
est répétée, mais cette fois-ci, après le renversement d'un seul bol . Mieux, l'acquéreur se sert
de sa paume de main droite pour entasser minutieusement le produit et réalise chaque fois une
surface perpendiculaire à la verticale axiale. Alors le cône supérieur de l'unité de mesure se
constitue progressivement sous une forme étagée et sa surface latérale est confortablement
bombée de grain de riz paddy.
A la fin de la mesure, l'acheteur renverse le riz dans son sac et l’opération est reprise
s'il en voulait plus. Selon l'unité utilisée (blèvi, tchaga, grande bassine), le nombre d'acheteur
en attente et le mesureur, une mesure peut durer 3 à 8 minutes. Le fournisseur, selon sa
possibilité essaye aussi d'accélérer l'opération en versant régulièrement des tas de riz dans la
bassine "unité de mesure".
S'agissant des unités de mesure de petites contenances (Sogo ou Tongolo), la
technique de mesure prend une autre forme. Ici le produit est tassé et la mesure est toujours
remplie, débordant largement sa partie supérieure sans oublier que les mains l'accostant, sont
de même pleines.
Les termes de discussion sont souvent autour du nombre de main à utiliser pour
embrasser l'unité de mesure. Soit c'est la méthode à deux mains ou celle à une seule main.
Cette fois-ci, la mesure se réalise le plus rapidement possible et c’est dans cette rapidité, que
l'acheteur parvient à bien réussir son forfait. Il évite souvent de trop soulever la mesure pleine
avant de déverser le contenu dans sa bassine et la bassine de l'acheteur est souvent collée à
celle du vendeur pour bénéficier des rechutes de la mesure qui, éventuellement seront versées
dans la bassine du vendeur. Quelquefois, certains acheteurs peuvent tromper la vigilance du
vendeur, l'embrouillant du chiffre exact du nombre de mesures déjà fait et ceci à son profit.
Le fournisseur ne reste pas néanmoins, inactif face à toutes ces pratiques. Non
seulement il reste éveillé, il diminue régulièrement le contenu de la mesure et ramène les
rechutes et quelque fois le contenu de la paume des mains dans sa bassine. Il essaie aussi
d'éloigner au maximum sa bassine de celle de l'acheteur pour priver ce dernier des rechutes.

69

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
Ces rechutes tombent alors sur un sac de jute, étalé par terre sous les bassines pour la
circonstance.
Si le fournisseur n'est pas satisfait d'une mesure, il prélève quelques poignés de grains
de la bassine de l'acheteur, en compensation. En cas de non entente entre les deux parties,
l'acheteur ou le vendeur renverse le produit mesuré dans la bassine de la vendeuse et
l'opération reprend de nouveau. Pire encore, lorsque la technique de l'un ou de l'autre ne
convient pas au second, la transaction n'a plus lieu et la recherche de client ou de fournisseur
se poursuit.
Que ce soit les unités de mesure de grandes ou de petites contenances, les acheteurs
(commerçants) utilisent souvent des unités de mesure déformées, bombées (les unités de vieil
âge), pour faciliter une meilleure prise de mesure. Notons que le degré de manipulation des
mesures varie suivant l'offre du produit. Il est plus accentué en période d'abondance des
produits qu'en période de rareté.
Du côté des semi-détaillantes, pour la vente du produit, la mesure est faite sans aucune
spéculation autour de la technique de mesure. Elle est faite sans une prise supplémentaire ; car
d'après ces acteurs, ce sont les prélèvements supplémentaires obtenus à l'approvisionnement,
qui constituent leur marge, le prix d'achat étant égal au prix de vente. Toutefois dans la
pratique, certaines semi-détaillantes revoient à la hausse leur prix de vente.

6.2.5-Contrôle de la qualité du riz Paddy
Pour vérifier si le stock de riz paddy contient une grande quantité de pannicules vides,
l'acheteur triture une petite quantité de riz entre les paumes des mains.
De même, les commerçants inspectent l'odeur du produit afin de se rendre compte que
le riz a été bien séché avant son stockage ou est stocké dans de bonnes conditions. Un riz qui
pue n'a pas été bien séché avant le stockage et n’est donc pas de bonne qualité.


70

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
6.2.6-Préférence des consommateurs
Le riz local est diversement apprécié selon que le consommateur se situe dans une
zone de production ou non.
En effet, les 90% des consommateurs interrogés dans les zones de production (Covè,
Dassa, Glazoué, Savalou), préfèrent le riz local au riz importé. 77,78% de ceux-ci pensent que
le riz local est délicieux ; 61,11% le préfèrent à cause de son caractère sain et estiment que ce
riz, est riche en substances minérales nutritives et en acides aminés ; 16,68% pensent que le
riz local se vend à un prix relativement bas (voir figure n°7)
Figure n°7: Part de l'échantillon des consommateurs des zones de
production pour les différents critères de préférencede riz vlocal
100,00%
90,00%
77,78%
80,00%
70,00%
61,11%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
16,68%
20,00%
10,00%
0,00%
riz délicieux
riz sain
prix bas
Critères de préférence

Source : Résultats de terrain 2004
Dans la conurbation d'Abomey-Bohicon (zone de non production), 85% des enquêtés
ne consomment pas le riz local parce qu'ils estiment que le riz local:
- comporte beaucoup d'impuretés ; 17,65% des consommateurs;
- a un fort taux de brisure ; 64,71% des consommateurs;
- se vend à un prix élevé ; 11,76% des consommateurs;
- n'est pas disponible à tout moment et partout; 94,12% des consommateurs;
- a un faible pouvoir gonflant ; 41,18% des consommateurs;
- a un caractère collant à la cuisson ; 41,18% des consommateurs.
Ces résultats sont aussi représentés par la figure n°8.



71

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
Figure n°8: Part de L'échantillon des consommateurs des eones de
non production pour les différents critères de non préférence
100,00%
94,12%
90,00%
80,00%
64,71%
70,00%
60,00%
50,00%
41,18%
41,18%
40,00%
30,00%
17,65%
20,00%
11,76%
10,00%
0,00%

t
es
e
nt
lan
lla
pure
sur
élevé
nibl
im
bri
ix
pr
spo
gonf
re co
x d'
x de
s di
voir
pa
ractè
rt tau
ca
fo
fort tau
faible pou
Critères de non préférence

Source : Résultats de terrain 2004
Il ressort de ces statistiques que le riz local, bien qu'étant apprécié par certains
consommateurs doit avoir un certain nombre de caractéristiques à savoir sa disponibilité dans
toutes les zones et à tout moment, un faible taux de brisure, ses caractères non collant et
gonflant, pour être apprécié davantage et accepté par tous.
Des observations et entretiens sur le terrain, nous pouvons affirmer que les caractères
collant et faible pouvoir gonflant (caractéristique au fait du riz blanc non étuvé de covè,
comme à Dévé), reprochés au riz local, sont au fait dus à la précocité de la consommation du
produit. Lorsque le riz local non étuvé est bien séché et est conservé pendant un temps
relativement long,, ces mauvais caractères sont corrigés et dans ces conditions, du point de
vue qualité-équivalent, le riz local est fortement compétitif vis à vis du riz importé. C’est
d’ailleurs, ce qui justifie la pratique du reconditionnement du riz local en riz importé par
certains commerçants.
L’autre chose est le fort taux de brisures qui caractérise le riz béninois1 . Dans ce cas,
les producteurs expérimentés, notamment les maintenanciers des décortiqueuses, estiment que
la non homogénéité des variétés de riz cultivé, l’état des décortiqueuses, le degré d’humidité

1 C’est le taux de brisure qui différencie principalement, sur le marché mondial, le riz de qualité supérieure
(moins de 10% de brisures) du riz de basses qualités (10 à 100% de brisures)

72

CHAPITRE6 : Attitudes et Conduite des acteurs
du produit prêt à être décortiqué et la non maîtrise du réglage des décortiqueuses ; constituent
les causes fondamentales de ce taux élevé.

73

CHAPITRE 7 : Performance des marchés
7.1-Analyse des marges de commercialisation
Les marges de commercialisation représentent une des composantes de la performance
des marchés. Elles comprennent les coûts fixes et variables des diverses fonctions accomplies
par les intermédiaires ainsi que les profits qu'ils obtiennent. On y distingue les marges brutes,
les marges de commercialisation et les marges nettes. L'analyse des marges sera faite par
catégorie d’acteurs.

7.1.1- Analyse des marges des détaillantes du marché de Covè.

Le tableau n° 11 fournit les éléments d’analyse de ces marges
Tableau n°11 : Variation des marges brute et commerciale des détaillantes de Covè.
Paramètres
Marge brute
Marge de commercialisation
Moyenne (kg/Fcfa)
52.67
45.89
Coefficient de variation
48.79 51.54
(%)
Minimum (kg/Fcfa)
25
21.71
Maximum (kg/Fcfa)
105
95.33
Source : Résultat d’enquête, 2004.
La variabilité observée au niveau des différentes marges est essentiellement induite
par la diversité des prix d’achat du sac du riz cargo par les différentes commerçantes, le prix
de vente étant le même pour les divers agents pendant notre enquête. Ces prix d’acquisition
du produit varient de 6.000 F à 10.000F cfa le sac de 50 kg, selon le moment où
l’approvisionnement du produit est fait, ainsi que de la stratégie d’achat adoptée par les divers
agents.
Certains s’approvisionnent par octroie d’avance aux producteurs alors que les autres
achètent le riz aux prix normaux après la récolte et l’emballage du produit.
La faible valeur des marges brutes par rapport aux marges de commercialisation
s’explique par les déductions évidentes des charges de commercialisation (coût de transport et
taxes).
7.1.2-Analyse des marges des grossistes de Covè.
Tableau n°12: Variation des marges brute et commerciale des grossistes de Covè.
Paramètres
Marge brute
Marge de commercialisation
Moyenne (kg/Fcfa)
50
48
Coefficient de variation (%)
40 38.58
Minimum (kg/Fcfa)
30
30
Maximum (kg/Fcfa)
70
67
Source : Résultat d’enquête, 2004.

75

CHAPITRE 7 : Performance des marchés
Les variations observées au niveau des marges des grossistes s’expliquent essentiellement
par les différences entre les prix pratiqués tant à l’achat qu’à la vente du produit par
chaque acteur.
7.1.3- Analyse des marges des semi–détaillantes des Collines
Tableau n°13 : Variation des marges brute et commerciale des semi–détaillantes des Collines.
Paramètres
Marge brute
Marge de commercialisation
Moyenne (kg/Fcfa)
79.91
73.88
Coefficient de variation
17.04 17.79
(%)
Minimum (kg/Fcfa)
56.63
56.63
Maximum (kg/Fcfa)
97.91
97.91
Source : Résultat d’enquête, 2004.
Les coûts de transport au kg du produit étant relativement faibles, les différences entre
les marges de commercialisations et les marges brutes ne sont pas significatives. Mieux
encore, pour la plus part des enquêtés, les marges de commercialisations sont égales aux
marges brutes à cause des valeurs nulles des coûts de transport. C’est le cas où les lieux
d’approvisionnement et d’écoulement du produit se confondent.
Les différences observées dans les prix d’achat par kg traduisent le dynamisme
variable de chaque collecteur au sein de chaque marché. Les techniques de mesure à l’achat
étant différentes d’un acteur à un autre et d’un marché à un l’autre, les poids par l’unité de
mesure de "Tongolo" sont variables et en conséquence le prix d’un kilogramme du produit
acheté.
Quant aux prix de vente du riz local, les variabilités observées sont induites par les
diverses spéculations sur les prix par chaque semi-détaillante et sont relatives au moment de
l’écoulement du produit, au marché d’approvisionnement et au lieu de vente.
Ces différentes stratégies développées par chaque acteur, tant à l’achat qu’à la vente
du produit, se répercutent sans doute sur les différentes marges brutes. Les marges brutes les
plus faibles, sont ainsi obtenues par les acteurs qui ont soit spéculé très peu sur les prix à la
vente, soit n’ont pas exagéré à la manipulation des mesures au cours de l’achat du produit ou
bien les deux.








76

CHAPITRE 7 : Performance des marchés
7.1.4-Analyse des marges des détaillantes/transformatrices des collines
Tableau n°14 : Variation des marges brute et commerciale des détaillantes/transformatrices des
collines.
Paramètres
Marge brute
Marge de commercialisation
Moyenne (kg/Fcfa)
56.23
28.43
Coefficient de variation
67.44 121.48
(%)
Minimum (kg/Fcfa)
21.05
-14.58
Maximum (kg/Fcfa)
119.39
86.61
Source : Résultat d’enquête, 2004.
Les différentes marges sont assez variables, tant au niveau des divers acteurs qu'au
niveau de chaque commune. Les variations des marges des détaillantes/transformatrices
dépendent de l'habileté de chaque agent à la collecte et à la revente du produit. Les différences
de poids lors des transactions sont très importantes et influencent considérablement le résultat
de l'entreprise engagée au niveau de chaque agent. Les faibles différences de poids donnent
des marges brutes faibles.
Par ailleurs, ces marges sont aussi influencées par l'écart de temps entre le moment de
l'achat et le moment de la vente. C'est à dire entre la période d'abondance des produits et la
période de rareté d'une part et du moment ou l'affaire a eu lieu, autrement dit, achat et vente
en période d'abondance ou achat et vente en période de soudure (influences des conditions de
l'offre et de la demande de chaque périodes sur les différents prix) d’autre part.
En effet, les collecteuses qui ont acquis leur produit en période d'abondance ou par le
biais de la stratégie d'octroie d'avance aux producteurs et qui revendent le produit à un
moment ou les prix connaissent une plus ou moins légère amélioration à la hausse, obtiennent
les meilleurs bénéfices. Il en est de même pour les affaires conduites en période d'abondance
qu'en période de rareté, les exagérations à la manipulation des unités de mesure étant
davantage, prononcées en période de forte disponibilité des produits.
Les légères différences de marges entre les divers marchés trouvent aussi leur raison
dans ces précédentes analyses. Ainsi les fortes marges brutes de Savalou s'expliquent par les
écarts importants de temps entre les moments des opérations d'achat et de vente, et aussi des
prix producteurs faibles dans cette zone alors qu'a Glazoué les fortes marges trouvent leur
origine non seulement dans la stratégie d'écart de temps, mais aussi de la stratégie de
manipulation des poids.
Remarquons aussi que les marges brutes positives ne garantissent pas toujours des
marges de commercialisations positives. Ici, ce sont essentiellement les faibles marges de

77

CHAPITRE 7 : Performance des marchés
commercialisation, qui constituent les sources potentielles des marges commerciales
négatives. Les chutes de prix, observées souvent en soirée sur les marchés sont des pratiques
qui contraignent certaines commerçantes à vendre leur produit à des prix dérisoires, nuisibles
à l'obtention d'un bon résultat d'exercice. C'est souvent le cas des transformatrices qui
amènent sur les marchés, les produits de basses qualités; faute de maîtrise et de meilleure
appropriation de la technologie d'étuvage ou du type de variété de riz local utilisé pour la
transformation. Dans ce cas, la marge commerciale négative est très importante et la
détaillante se trouve en faillite. Aussi, cette collecteuse ne peut pas s'assurer d'une certaine
marge nette fixe dans le temps. Quelques fois les marges commerciales négatives peuvent être
engendrées par les différentes charges liées aux multiples services et fonctions de
commercialisation inhérents à l’étuvage et au décorticage du riz paddy.
7.1.5-Analyse des marges des grossistes des collines
Tableau n°15 : Variation des marges brute et commerciale des grossistes des collines.
Paramètres
Marge brute
Marge de commercialisation
Moyenne (kg/Fcfa)
33.08
28.35
Coefficient de variation
26.04 30.70
(%)
Minimum (kg/Fcfa)
21.63
15.82
Maximum (kg/Fcfa)
45.67
42.07
Source : Résultat d’enquête, 2004.

Ici, la variabilité au niveau des marges trouve sa source dans les différents prix
pratiqués par les divers agents tant à l'achat qu'à la revente des marchandises, le principe étant
le même : acheter en période d'abondance et vendre en période de rareté. Les écarts sont dus
soit à la précocité de l'approvisionnement (ou le prix est le plus bas), soit à la précocité de
l'écoulement du produit soit encore des deux. Aussi l'aptitude de chaque grossiste au
marchandage à l'achat et à la vente, est un facteur important dans les divers prix pratiqués. Les
charges de commercialisations ne sont pas aussi importantes pour influencer de manière
considérable les marges commerciales.
Par ailleurs, le tableau n°16 fournit les informations sur la distribution des différentes
catégories d’acteurs en fonction des marges commerciales réalisées.





78

CHAPITRE 7 : Performance des marchés
Tableau n°16 : Distribution des catégories d’acteurs suivant la marge commerciale (MC)
réalisée (en pourcentage de l’effectif de chaque catégorie).

MC ≤
0 < MC ≤
50 < MC
75 < MC ≤
MC > 100
Catégories d’acteurs
0
50
≤ 75
100
Détaillantes de Covè
0 80 0
20
0
Semi-détaillantes des Collines
0 0 60 40
0
Détaillantes/transformation
26,31 47,37 10,53
15,19
0
Grossistes de Collines
0 10 40 30
20
Source : Résultat d’enquête, 2004.
Avec
MC ≤0 : vente à perte
0 < MC ≤ 50 : marge faible
50 < MC ≤ 75 : marge moyenne
75 < MC ≤ 100 : marge forte
MC > 100 : marge forte
On constate nettement que dans le système ce sont les détaillantes/transformatrices
seules qui réalisent de profit négatif pendant que les grossistes des Collines ont la possibilité
d’obtenir des marges très forte.
Aussi, pendant que le plus grand effectif des détaillants de Covè et les
détaillantes/transformatrices des Collines réalise les marges faibles, le plus grand effectif des
semi-détaillants et des grossistes de Collines mobilise les marges moyennes.
7.2-Test t de Student
Les résultats du test sont consignés dans le tableau n° 17
Tableau n°17 : Les résultats du test t de Student
Cotégories d’acteurs
X
S
D
t
t

x
Cha
N
ll
c
0 ,05
Détaillantes de covè
52,67 25,7 1,4 15 14 8,15 2,145
Grossiste de covè
50 20 2 3 2 4,49
4,303
Semi-détaillantes de collines
79,91 12,94 2,03 15 14 21,77 2,145
Détaillantes-transformatrices de collines
56,23 37,96 27,80 19 18 3,59 2,101
Grossistes de collines
33,08 8,61 4,46 10 9 10,31 2,262
Source : Résultats d'enquête, 2004.
t : t de Student calculé
c
t
: t de Student au seuil de 5%
0 ,05
N : Taille de l'échantillon
D : Degré de liberté
ll

79

CHAPITRE 7 : Performance des marchés
Cha Moyenne des charges de commercialisation chez les acteurs.
S Ecart-type des X
x
a
On constate, à la lecture de ce tableau que pour les différents acteurs du système
t ( t calculé) est supérieur à t
. L'hypothèse : Les différences des prix sont égales aux coûts
c
0 05
,
de commercialisation du riz local est rejeté, donc le système de commercialisation est
globalement inefficace.
De plus il est remarqué que les marges sont supérieures aux charges de
commercialisation pour chaque acteur.
Dans ces conditions, les paysans, les premiers fournisseurs du riz du système à travers
la commercialisation primaire, se trouvent en situation de perte de proportion énorme de leur
revenu qui est ici, reparti au niveau de chaque post ou maillon de la chaîne de
commercialisation. Cette situation compromet non seulement l'engouement des producteurs à
emblaver davantage de superficies dans le but d'accroître leur production mais aussi la
compétitivité de riz produit localement.

7.3-Analyse des prix
Les courbes de la figure n°9 Représentent les variations de prix des différents marchés
étudiés.
Figure n°9: Courbe d'évolution du prix du riz local
Prix en
fCFA/kg
400
350
300
250
200
Glazoué
Dassa
150
savalou
100
Covè
50
0
4
4
4
t
0
3

v03
t
0
3

0
4

0
4

0
4

n
l
0
4

i-
l0
t
0
4

t0
mois
oc
o
r
s
0
4

n

ja
fév
juin0

ma
avri
ma
juie
sep

Source : Conçue à partir des données d’ONASA.
A cause du caractère biologique et saisonnier de la production, les prix des produits
agricoles sont variables et instables (Tomek de Robinson, 1981, cité par Ahohounkpanzon,
1992). Le riz n'a certainement pas fait exception à ce principe Ainsi d'un mois à l'autre, d'une
saison à l'autre, le prix du riz varie toute l'année.

80

CHAPITRE 7 : Performance des marchés

7.3.1-Analyse graphique des prix
Situation du Zou
La courbe de variation des prix de Covè se caractérise par un double palier. Ainsi du
mois de mai au mois de juillet, on a un palier correspondant au prix de 225F le kg et le second
palier, couvrant tout le reste de la période de l'année, correspond au prix de 250F le kg.
En réalité, sur le périmètre de Koussin-Lélé, la récolte et le décorticage du riz débutent
courant les mois de mars et d'avril et du coup, la quantité du produit mise sur le marché est
abondante. En plus du niveau élevé de l'offre du riz qui justifie le prix bas pratiqué dans la
période de mai à juillet, deux autres facteurs paraissent aussi non moins négligeables pour
expliquer ce phénomène. Dans cette période, la plus part des producteurs a des besoins
financiers urgents et est de ce fait prête à vite écouler le riz à un prix relativement dérisoire.
L'autre facteur est que le riz, tel qu'il est mis sur le marché au lendemain des récoltes, a une
forte teneur en eau. De cette manière, le produit est disqualifié car la forte teneur en eau du
riz, réduit son pouvoir gonflant, augmente son caractère collant et favorise de forts taux de
brisures.
Le prix est alors à la hausse, lorsque le stock des producteurs s'amenuisent et par
conséquent l'offre globale de riz locale faible.
Rappelons que les producteurs à Covè se retrouvent au sein d'une coopérative, laquelle
se réunie circonstantiellement pour fixer le prix de vente du sac de riz du périmètre. C'est cela
qui explique le caractère constant des prix. Cette politique connaît tout son sens et sa
puissance dans les mois de Novembre-Décembre. En effet, sur le périmètre, il y a la
possibilité d'une deuxième saison, mais cette fois, le nombre de participants est faible et la
récolte est d'une moindre importance que celle de la grande saison. On devrait s'attendre en
réalité, à une baisse des prix en Décembre où cette dernière récolte est mise sur le marché.
C'est plutôt une autre réalité. Soit le riz est vendu au prix ordinaire de la période d'abondance
soit à un prix un peu plus amélioré. Ces spéculations sont aussi rendues possibles à cause de
la proximité des fêtes de nouvel an où la demande de riz devient très forte.
Situation des Collines
Dans les Collines, l'instabilité des prix est beaucoup plus accentuée. L'examen des
graphiques des différents marchés, montre que du mois d'octobre d'une année au mois de
Septembre de l'autre, l’évolution des prix du riz dans les Collines présente trois phases ou
saisons. On a alors :
Phase 1 : Les prix sont à leurs niveaux les plus bas courant Octobre à Janvier.

81

CHAPITRE 7 : Performance des marchés
Phase 2 : De Janvier à Mai, les prix enregistrent une croissance continue. Les prix sont
à leurs valeurs moyennes.
Phase 3 : De Mai à Septembre, les prix, bien qu'étant aussi en croissance continue
prennent leurs valeurs les plus élevées.
Les différentes variations enregistrées au niveau de chaque phase s'expliquent par :
(1) à la récolte, le produit est abondant sur les marchés. En effet, les producteurs,
ayant le désir de vendre leur production juste à la récolte afin de surmonter les diverses
difficultés financières de fin de campagne, injectent dans le système de commercialisation,
une grande partie de leur production. Au même moment, les agents commerciaux sont à leur
effectif le plus important sur les marchés. Ainsi, comme l'a su bien remarquer
Ahohounkpanzon (1992), les intermédiaires d'occasion s'ajoutent aux professionnels et
gonflent par conséquent le nombre des offreurs sur les marchés.
En fin, l'autre facteur très important est le fait que cette période, est par excellence la
période d'abondance de la plus part des produits agricoles (igname, maïs, arachide, sodja,
voandzou…). Dans ces conditions la demande en riz des consommateurs chute. Le prix du riz
local est donc bas partout dans cette période notamment au cour des mois de Novembre à
Décembre.
(2) Quelque temps après les récoltes, l'offre du riz s'aménuse dans le système. Ici, les
producteurs, une fois qu'ils ont parvenu à surmonter leurs besoins urgents, s'abstiennent à
toute forme de bradage du produit et vendent le riz à un prix qu'ils estiment minimum pour
couvrir les dépenses d'exploitation.
A cette phase, les commerçants occasionnels commencent par sortir progressivement
du système.
(3) A cette phase, les prix sont élevés et ceci s'explique par les facteurs suivants :
- dans un premier temps la quantité de riz dans le système est faible.
- les producteurs, préoccupés par la préparation des parcelles et l'installation des
cultures mettent de moins en moins de produit dans le système
- les commerçants notamment les grossistes approvisionnent progressivement les
marchés de leurs marchandises et ceci à des prix très élevés
- du côté de la demande, les producteurs qui, dès le début du cycle, étaient les
potentiels fournisseurs du riz rejoignent aussi le camp des demandeurs du riz, leur stock étant
épuisé. Aussi, lorsque les autres produits agricoles prennent de valeur les consommateurs les
substituent au riz. Toutes ces conditions réunies, pousse la demande à la hausse ce qui
engendre du coup une certaines formes de spéculation sur le niveau des prix.


82

CHAPITRE 7 : Performance des marchés
7.3.2-Analyse des variations saisonnières
Les résultats de cette analyse sont consignés dans le tableau n°18
Tableau n° 18 : Variabilité saisonnière des prix
Marchés
Saisons
Moyennes
Ecart-types
Variations (%)
Glazoué
SA1
258,75 17,5 6,76
SA2
239,75 21,36 7,27
SA3
345 18,71
5,42
Tout le cycle 299,17
40,89
13,67
Dassa-Zoumé SA1
240 10 4,17
SA2
264,5 40,38 15,25
SA3
328,75 16,01 4,87
Tout le cycle 177,75
45,49
16,38
Savalou
SA1
238,75 10,31 4,22
SA2
262,5 8,66 3,30
SA3
290 21,21
7,31
Tout le cycle 263,75
25,51
9,67
Source : Calcul de l’auteur à partir des données de l’ONASA.
On remarque dans l'ensemble que les variations sont faibles (variation inférieur à
10%). Cette faible variation des prix pourrait être due au fait que l'offre et la demande du riz
local sur les marchés sont peu fluctuantes que dans le cas des autres produits agricoles où la
variation du prix est relativement forte, notamment en milieu rural. Cette tendance
s'expliquerait également par la concurrence à laquelle est soumise le riz local vis à vis du riz
importé.
Pour les divers acteurs du système, cette faible variabilité traduit l'existence de risques
très mineurs. Autrement dit, dans le système de commercialisation, pour chaque saison, les
différents acteurs ne s'exposent presque à aucun risque lié aux spéculations sur les prix par les
agents commerciaux. Ce qui dénote de l'existence d'un meilleur arbitrage entre les
intermédiaires (bonne circulation de l'information), avec pour forte probabilité, de gagner les
profits escomptés. De même chaque producteur et chaque consommateur respectivement vend
et achète le riz sur les marchés, bien sûr au cour de chaque saison, au prix relativement proche
de la moyenne.



83

CHAPITRE8 : Conclusion et Recommandations
8.1-Conclusion
Le riz local est un produit agricole fortement apprécié et accepté dans la
consommation des ménages dans presque toutes les régions du monde. Des efforts sont alors
mobilisés et continuent d'être mis en œuvre pour sa promotion afin de sécuriser sa
disponibilité partout et en tout temps en vue de faire obstacle, par conséquent, à la misère
grandissante dans le monde.
La présente étude dont le but est de comprendre l'organisation et le fonctionnement de
la commercialisation du riz au centre-Bénin révèle :

Au niveau de la structure et de la conduite
Le marché de Covè constitue un lieu potentiel d'écoulement en détail du riz du
périmètre rizicole de Koussin-Lélé. Le riz mis en marché par les producteurs de ce périmètre
est le riz décortiqué non étuvé. Une partie de la production du périmètre est acheminée sur les
autres centres-villes du pays (Kétou, Porto-Novo, Cotonou, Bohicon, Abomey).
Les détaillants du riz local vendent aussi le riz importé pour la plus part et ont,
quelques relations d'affinité avec les coopérants du périmètre.
Dans les Collines, le marché de Glazoué (le plus important des trois marchés de cette
zone) et le marché de Dassa, jouent un rôle stratégique dans le groupage et la distribution de
la production rizicole (forme paddy ou forme décortiquée étuvé en majorité) non seulement
pour la population environnante mais également pour les habitants des autres communes du
département et quelques fois des communes du septentrion-Bénin.
Ces marchés sont fréquentés par des producteurs, des grossistes, des semi-détaillantes
et les détaillantes. Les semi-détaillantes les plus nombreuses du système et entièrement des
femmes, sont les acteurs qui assurent la transformation du riz paddy en riz cargo étuvé.
L'accessibilité des différents marchés étudiés, leur donne un caractère de structure
ouverte. En effet, à l'exception des taxes prélevées sur certains produits agricoles, tous les
participants peuvent acheter ou vendre sans contraintes sociales, ni religieuses, ni ethniques.
Les instruments de mesures varient en fonction du type d'intermédiaire, de la nature du
produit et d'un marché d'échange à l'autre. Les prix du kilogramme des produits varient
considérablement suivant les acteurs et en fonction de leur habileté à l'embrassade des unités
de mesures.
Les différences de poids dans les techniques de manipulation des mesures constituent
les principes fondamentaux de l'échange du riz local dans les Collines, surtout pour les semi-
détaillants qui sont les plus grands profiteurs du système, au détriment des autres acteurs, en

85

CHAPITRE8 : Conclusion et Recommandations
particulier les producteurs. Cette situation rend imparfait la transparence du marché et ne
garanti ni meilleur prix aux producteurs, ni un prix raisonnable aux consommateurs.
Dans tout le système, les commerçants se plaignent du manque de financement pour
leur commerce. Néanmoins, les avances accordées aux producteurs par certains agents
commerciaux sont des combines utilisées pour surmonter les difficultés de défaut de capital.
Pour finir, signalons que les riziculteurs souffrent globalement de l'absence de la vente
en gros du produit jusqu'après la récolte.

Au niveau de la performance
Les prix d'achat et de vente du riz local varient suivant chaque agent commercial. Cela
induit une certaine variabilité au niveau des différentes marges de commercialisation obtenues
par chaque catégorie d'acteur et par chacun des agents du système.
De tout le système, ce sont les transformatrices du riz paddy qui supportent les charges
de commercialisation les plus importantes, une situation qui fait que leur profit relatif est
globalement plus faible que celui des autres acteurs. Aussi, les différences des prix de vente et
de prix d'achat sont globalement supérieures aux charges de commercialisation dénotant
d’une inefficacité du système commercial du riz local.
L'analyse temporelle et spatiale des prix montre que les prix varient d'une région à
l'autre et d'une période à l'autre. Les marchés de Dassa et de Savalou sont intégrés au marché
de Glazoué, marché pivot du sous-système de commercialisation des Collines. Pendant qu’à
Savalou la dynamique externe explique le mouvement des prix, à Dassa, c’est plutôt la
dynamique interne qui prime dans une certaine mesure sur la dynamique externe.

8.2-Recommandations
Face à cette concurrence impressionnante à laquelle est soumise le riz local, un
réaménagement du système de commercialisation du riz local s'avère donc nécessaire.
La vision serait alors d'instaurer un système de vente en gros aux producteurs et de
leur garantir un meilleur prix producteur tout en améliorant la compétitivité du riz local.
Préalablement, il faudrait opérer une certaine amélioration au niveau des
caractéristiques du produit sur les aspects qualités, conditionnement, offre et le prix. Les
recommandations à cet effet sont consignées dans les tableaux n°19 et n°20. Ces tableaux
renseignent sur les caractéristiques attendues au riz local pour être compétitif. Les
implications conséquentes y sont aussi formulées.

86

CHAPITRE8 : Conclusion et Recommandations
Tableau n°19 : Recommandations relatives à la qualité du produit.
Caractéristiques
Conditions

attendues
à remplir
Implications
-Il faut que la recherche mette au point des variétés améliorées,
adéquates et homogènes.
-Obtenir des variétés -Il faut que l'Etat et les ONGs administrent des formations aux
homogènes à la
producteurs sur la manipulation des produits afin d'éviter le
récolte.
mélange des variétés.
-Il faux que les producteurs évitent de mélanger les semences.
-Il faut que la recherche définisse de meilleures techniques de
-Sécher
séchage et parvienne à identifier la teneur d'eau du riz
convenablement le
admissible pour le décorticage.
produit avant son
-Il faut que l'Etat et les ONGs administrent des formations aux
Un riz local à d
écorticage.
producteurs sur le degré hygroscopique admissible au produit
faible taux de
pour son décorticage et des procédés pour y parvenir.
brisures
- Avoir des
- Il faut que l’état approvisionne les organisations paysannes
décortiqueuses
(OP) des décortiqueuses requises, de propriétés simples et
adaptées aux
susceptibles d'être aisément, maîtrisables par celles-ci.
variétés existantes,
performantes et
facilement
maniables par les
producteurs.
- Assurer un
- former les producteurs sur la manipulation et l'entretien des
meilleur réglage des machines décortiqueuses.
décortiqueuses.

-Il faut que la recherche (technologie alimentaire) identifie la
- Un riz local à
teneur en eau minimale du riz pour qu'il remplisse ces
- Obtenir un riz local
meilleur pouvoir
conditions, de même que les meilleures conditions de
bien séché avant sa
gonflant et dont la
températures et de temps, qu'il faut en milieu paysan, pour
mise en marché ou
viscosité répond
remplir cette condition.
Etuver toute la
aux conditions du
-Il faut qu'une restitution des recherches soit faites aux paysans.
production.
marché.
-Si possible les producteurs peuvent étuver leur riz avant le
marché.


87

CHAPITRE8 : Conclusion et Recommandations
Tableau n°20: Recommandations relatives à l'offre, au prix et au conditionnement du produit.

Caractéristiques


Paramètres
attendues
Conditions à remplir
Implications
- Il faut que la recherche mette à la
disposition des producteurs des semences à
hauts rendements pour l’accroissement de
la productivité.
Un riz local
- Il faut que les producteurs soient
- accroître la
Offre du
disponible en
sensibilisés de l’enjeu de la dynamisation
production du riz
produit
tout temps et en
de la filière afin d’accroître les superficies
local
tout lieu.
rizicoles tout en respectant les meilleures
conditions de culture.
- Il faut que l'Etat mette en place avec les OP
un système efficace d'approvisionnement
d'intrant et de crédit aux producteurs.
- Définir un cadre juridique et institutionnel
Un riz local à un - Régler le problème
susceptible d'assurer la collecte du riz auprès
prix constant
de saisonnalité du
des producteurs dès la récolte et de mettre sur le
toute l'année.
produit
marché à tout moment un produit à prix unique.
Prix du produit
- Vendre le riz local
- il faut que l'Etat subventionne la production
tel qu'à qualité
du riz.
Un riz local a un équivalente, le prix du
prix compétitif
riz local soit
légèrement en deçà de
celui du riz importé.
Conditionne-
Un label du riz
Normalisation,
- Standardiser les unités de mesures
ment du
béninois
ensachage et
- Produire des sacs étiquetés de riz où mettre
produit
Etiquetage du riz local
en place un système d'approvisionnement
des sacs d'emballage.
- Créer des unités départementales
d'emballage du riz local.
Une fois ces conditions réunies, il faut organiser des opérations de commercialisation
collective et ceci, à partir des organisations paysannes des riziculteurs. Pour ce, il faut
redynamiser les organisations paysannes existences ou promouvoir des organisations de
producteurs dans les départements où elles n'y existent pas encore, de manière à avoir des
structures faîtières départementales et par ricochet des structures décentralisées jusqu'au

88

CHAPITRE8 : Conclusion et Recommandations
niveau arrondissement. Il faudrait aussi faire la promotion des groupements de producteurs
emblavant des espaces communes.
Ceci dit la mission des structures faîtières départementales sera de :
(1) Mettre à la disposition des groupements de producteurs, des intrants agricoles
(semence, engrais minéral). Les organisations paysannes doivent identifier à ce effet des
fournisseurs d'intrants ; définir avec ces fournisseurs un arrangement contractuel qui est tel
que les producteurs prennent l'engrais minéral à crédit en début de campagne et remboursent à
la récolte.
(2) Collecter et centraliser les productions au niveau de chaque commune voire
arrondissement. Assurer sur place la transformation et le conditionnement de la
production.
Dans ces conditions, il s'agira de collecter auprès des membres, leur production en
leur payant à la récolte des avances et de faire obligation à tous les producteurs de vendre leur
produit à travers les organisations paysannes.
La politique de l'Etat serai d'aider les structures faîtières à créer des unités de
transformation et de conditionnement du riz et dont la gestion sera entièrement assurée par les
organisations paysannes.
(3) Assurer l'écoulement du produit, une fois que toutes les conditions de qualité de
produit et d'emballage sont réglées.
Un plan stratégique de marketing sera alors mis en place par l'ensemble : producteurs,
autorités locales, Etat et ONGs, pour mieux faire connaître le riz local à la population
béninoise. Comme proposition de stratégies, nous estimons qu'il faut faire des publicités à
travers les médias et l'organisation des foires régionales et nationales de riz local. Mis à part le
marché national, il y a aussi des possibilités d'écoulement du riz local sur les marchés
étrangers notamment, le Nigéria, le Burkina, le Togo et le Niger, qu'il faudrait conquérir.
(4) Etudier avec les institutions de micro-crédit, des possibilités de warrantage des
premières quantités collectées en vue d'obtenir davantage de fonds de roulement pour
acheter toute la production disponible. Une telle opération est conditionnée par un
renforcement des infrastructures de stockage.
(5) Régler des conflits éventuels au sein des groupements de producteurs.
Mis à part les appuis financiers et techniques que l'Etat doit faire bénéficier les
structures faîtières, il doit aussi intervenir pour contrôler le bon fonctionnement du système.
L'Etat veillera aussi à l'intercoopérations entre les différentes structures faîtières.


89

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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91

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36- Projet de Promotion de l'Elevage et Préparation d'Actions Intégrées dans le Zou,
1990b- Monographie de la Sous-Préfecture de Savalou : Département du Zou RB et RF.
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conservation des ressources forestières : Description, Atous et Faiblesses : Cas de la
Sous-préfecture de Dassa-Zoumé (Département du Zou). Thèse d'Ingénieur Agronome.
FSA/UNB.

92

Annexe1 : Quelques institutions internationales travaillant sur le riz et leur rôle
Nous présentons dans ce paragraphe deux grandes institutions intervenant sur le riz sur le
plan international et en Afrique de l'Ouest. Il s'agit de la Commission internationale du riz et de
l’Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO).
La Commission internationale du riz1
La Commission internationale du riz (CIR), qui opère dans le cadre de la FAO, a été
créée le 4 janvier 1949 afin de promouvoir des actions nationales et internationales en matière de
production, de conservation, de distribution et de consommation du riz. Les questions de
commerce ne sont pas de son ressort. La Commission est ouverte à tous les Etats Membres et
Membres associés de la FAO qui acceptent son acte constitutif. Elle compte actuellement 60
membres représentant toutes les régions rizicoles du monde. La Commission traite des
problèmes scientifiques, techniques et économiques relatifs au riz; elle encourage et coordonne
les recherches, organise le cas échéant des projets coopératifs et fait rapport aux Etats Membres
ainsi qu'au Directeur général de la FAO sur les mesures à prendre pour réaliser ses objetctifs.
L'Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO)
L'Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO)
est créée en 1971 par 11 pays sous le parrainage du programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), de l'Oganisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
(FAO) et de la Commission économique pour l'Afrique (CEA). Elle regroupe aujourd'hui 17
pays membres : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée,
Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Serra Léone, Tchad, et Togo.
L'ADRAO est membre du groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI),
un réseau de seize centres internationaux de recherche agricole soutenu par plus de 50 donateurs
du secteur public et privé.
L'ADRAO est une association de recherche intergouvernementale autonome ayant pour
mandat de “contribuer à la sécurité alimentaire et à l'éradication de la pauvreté des populations
rurales et urbaines démunies, particulièement en Afrique de l'Ouest et Centrale, grâce à la
recherche, au partenariat, au renforcement de la capacité et à l'appui aux politiques en faveur des
systèmes à base riz et ceci de manière à pomouvoir un développement agricole durable fondé sur
une gestion des ressources naturelles respectueuses de l'environnement”.
En collaboration avec les systèmes nationaux de recherche agricole des Etats membres,
des institutions académiques, des donateurs internationaux et divers organismes, les travaux de
l'ADRAO profitent finalement aux agriculteurs africains, en particulier aux petits exploitants qui
cultivent du riz et également aux millions de familles africaines dont le riz est la nourriture de
base.

1

Annexe2
: Les institutions nationales de recherche, encardrement et/ou
développement intervenant dans la promotion de la riziculture au Bénin.
Les CARDER (aujourd’hui CeRPA entendu Centre Régional pour la Promotion Agricole)
Les Centres d'Action Régionaux pour le développement Rural (CARDER) sont des
structures décentralisées du Ministère de l'Agriculture, le l'Elevage et de la Pêche (MAEP). Ils
existent au total 6 CARDER sur toute l'étendue du territoire, à raison d'un pour deux
départements (Ouémé/Plateau, Zou/Collines, Atacora/Donga, Mono/Couffo, Borgou/Alibori). Ils
jouent un rôle non négligeable dans l'encardrement des producteurs et interviennent à travers
deux grandes directions à savoir la DVAOP qui s'occupent de la vulgarisation et le DPSE qui
s'occupent des statistiques agricoles. Ils font essentiellement la vulgarisation et les tests de pré-
vulgarisation. Les différents CARDER des régions d'étude abritent une Direction de
l'Aménagement et de l'Equipement rural. Cette denière intervient essentiellement au niveau des
aménagements de bas-fond.

L'INRAB
L'Institut National de Recherches Agricoles du Bénin (INRAB) intervient surtout à
travers les équipes de Recherche-Développement et le Programme Recherche Rizicole (PRR)
basé à Cana dans le Zou avec une antenne à Ina au Nord-Est. A travers ces structures, des essais
de fumure et des essais variétaux sont effctués. Il est à noter que L'INRAB intervient aussi à
travers le PTAA pour les tests sur les équipements de transformation et particulièrement les
procédés d'étuvage de riz.

L'ONASA
L'Office National d'Appui à la Sécurité Alimentaire (ONASA) à pour mission le suivre
l'évolution de la production vivrière dont le riz et de la situation alimentaire. Il fournit des
informations sur les marchés. Les prix et les flux de produits vivriers et participe à la gestion de
l'aide alimentaire notamment le riz.

La DAGRI
La direction de l'Agriculture (DAGRI) est responsable de l'élaboration des conditions de
mise en œuvre technique et économique de la production végétale, de la transformation des
produits et de la protection phytoosanitaire. Elle appuie les riziculteurs par la mise en place de
filet de capture des oiseaux granivores et dans le cadre de la lutte contre la pyriculariose. Cette
action a été notée dans le Mono.
La DGR

2

La Direction du Génie Rural (DGR) est chargée de la mise en œuvre de la politique de
l'Etat dans les domaines de l'Aménagement et de l'équipement. Elle abrite le projet FAO
d'aménagement des Bas-fonds. Dans le cadre de l'éxécution du projet Bas-fonds (BEN/84/012 et
BEN/91/002) une Cellule Bas-fonds (CBF) a été installée avec autonomie de gestion. La CBF
intervient particulièrtement dans l'aménagement sommaire des Bas-fonds.

La DPLR
La Direction de la promotion et de la législation Rurale (DPLR) est responsable du suivi
de la législation foncière et de son adaptation. Tout comme la DAGRI et la DGR, la DPLR fait
partie des neuf directions techniques du MAEP.

La DANA
La Direction de l'Alimentation et de la Nutrition Appliquée est aussi une des neuf
directions techniques du MAEP. Ces attributions sont la planification et la programmation
alimentaire et nutritionnelle, l'identification et le suivi des zones et populations à risque. Elle a
sous sa tutelle le Centre Horticole et Nutritionnel de Ouando qui utilise le riz dans la fabrication
de farines infantiles notamment la farine dénommée RIMALAIT.

La DPQC
Une des neuf directions techniques de MAEP, la Direction de la Promotion de la Qualité
et du Conditionnement des produits a pour mission le contrôle de la qualité des produits, des
semences et plants et du respect de la réglementation en matière de transaction des produits.
Assistance technique chinoise et vietnamienne
Les Chinois appuient les producteurs dans l'aménagement et la maîtrise de l'eau
particulièrement sur les périmètres irigués de Dévé dont le bassin rizicole couvre 150 ha. En ce
qui concerne l'assistance technique vietnamienne, elle s'observe à travers le programme spécial
pour la sécurité Alimentaire (PSSA).

Le PSSA
Le programme Spéciel pour l a Sécurité Alimentaire (PSSA) est un programme initié par
la FAO en 1994. Il est mis en œuvre au Bénin depuis 1999 avec l'arrivée des experts et
techniciens vietnamiens. Dans le cadre de l'intensification des cultures, les techniciens
vietnamiens et leurs homologues béninois apportent leur appui technique à la production de riz
dans trois zones (sur les quatre) d'intervention du PSSA à savoir Dangbo (dans les villages

3

deYokon, Mitro et Zounguè), Kandi (village de Kassakou, Saah et Bensékou) et Glazoué
(Yagbo, Ouèdèmé, Houin et Kpakpaza).

Les ONG
Certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) interviennent dans la production
de riz. Parmi celles-ci, l'action de Sasakawa Global 2000 est à noter. En effet, cette ONG a
apporté une assistance aux producteurs en matières de semences, d'engrais et de crédits en
intrants, surtout dans les départements du Mono-Couffo et Borgou-Alibori. Dans certaines
régions, cette assistance a pris fin par suite des difficultés liées au recouvrement des crédits mis
en place.
L'ONG Songhaï intervient à Savalou, dans le Mono (Tchi-Ahomadégbé) et dans le
Borgou. Elle est principalement basée à Porto-Novo où elle dispose de décortiqueuses. Cette
ONG a réhabilité le prémètre de Tchi-Ahomadégbé (Dachraoui, 1997). Le périmètre serait
exploité par 8 groupements de producteurs qui consacreraient 20 ha à la riziculture et 5 ha restant
à l'élevage et à la pisciculture.
Les OP
Les Organisations de producteurs de riz existent dans certaines régions de production de
riz. C'est le cas par exemple de l'Union des Riziculteurs du Zou ou encore de l'Union des
producteurs de Riz dans l'Ouémé/Plateau. Les actions menées par l'Union des riziculteurs du Zou
est la création d'un Centre d'Appui en machinisme agricole aux riziculteurs, la contribution à
l'aménagement sommaire de bas-fonds, la formation de producteurs et l'augmentation du nombre
des décortiqueuses. Elle a aussi eu à organiser des visites d'échanges vers d'autres zones rizicoles
tels que Kandi, Gogounou. Par ailleur, d’autres organisations de producteurs de riz existent
notamment sur les périmètres de Dévé, Koussin-Lélé et Malanville.

Les institutions de financement
Au nombre des institutions de financement avec les quels les producteurs sont en relation,
on retrouve la Fédération des Caisses Locales de Crédit Agricole Mutuel (FECECAM), les
caisses Rurales d'Epargne et de prêt (CREP).
Crée en 1993, la FECECAM est un réseau comptant plusieurs caisses locales de crédit
Agricole Mituel (CLCAM) et des Unions Régionales (URCLCAM). Elle a mis en place en 1997,
les caisses villageoises d'Epagne et de crédit (CVEC). Les CVEC permettent la collecte de
l'épagne rurale et l'assurance de la distribution des crédits dans les localités les plus reculées. Au
début de l'année 2002, le réseau comptait 55 CVEC, 101 CLCAM, et 7 URCLCAM. En matière
de crédit, les montants oscillent entre 10.000 FCFA pour une durée de 3 à 36 mois et ceci en

4

fonction des ressources de la CLCAM. Le taux d'intérêt sur crédit est de 2% le mois (soit 24%
l'an) alors que le taux d'intérêt sur l'épargne est de 3% l'an.
Quant à la CREP, elle a été introdute par l'ONG Sassakawa Global 2000 en complément
au maillage du Réseau de la FECECAM. Elle intervient uniquement au niveau village. Au 31
décembre 1995, il y avait au total 40 CREP sur toute l'étendue du territoire avec un effectif total
de 6.233 sociétaires pour une épargne globale de 423.501.442 FCFA (FAO, 1997).
Pour finir, il est à noter que les transporteurs interviennent dans la filière en jouant
beaucoup plus un rôle de service.




























5

Annexe3 : Carte illustrant les principaux importateurs et exportateurs de riz

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture


Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques de l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture



6

Annexe4 : Usinage et qualités du riz
Il existe plusieurs qualités de riz selon le traitement d'usinage pratiqué. On distingue :
- Le riz paddy : riz récolté, il conserve donc l’aspect et les caractéristiques du grain
en état naturel avec des impuretés diverses.
- Le riz cargo ou riz complet : riz paddy décortiqué, préalablement trié et débarrassé
des débris divers. Le décorticage est l'opération qui permet d'enlever la balle qui couvre les
grains de riz paddy. Il conserve la totalité d'éléments minéraux, vitaminés et protéiques, mais
aussi quelquefois des résidus des pesticides.
- Le riz blanchi : riz cargo ou complet débarrassé de ses enveloppes (péricarpe et
téguments) ne conservant que l’albumen. le blanchiment se fait par abrasion sur des râpes
coniques. Ce riz n'est composé pratiquement que d'amidon.
- Le riz étuvé ou pré-traité : riz cargo ou complet humidifié, puis desséché sous
vapeur à 120°C et décortiqué. Ce procédé permet de conserver les éléments minéraux de la
graine. Il a donc une meilleure valeur nutritionnelle que le riz blanchi.
- Le riz précuit : riz blanchi qui a subi une précuisson qui l'humidifie et permet de
réduire le temps de cuisson au moment de l'utilisation. Il a une faible valeur nutritionnelle et
perd de sa valeur.
- Le riz poli : riz blanchi dépoussiéré dans des cylindres tournants garnis de peaux.
Il a un aspect amélioré, mais à tendance à s'effriter à la cuisson.
- Le riz glacé : riz poli enrobé de talc et glucose parfait pour la cuisson mais pas
d'apport nutritionnel.
- Brisures de riz : sous produit de l'usinage du riz blanchi. Son amidon est
facilement libéré, ce qui le rend très collant à la cuisson.













7

Annexes5 : Questionnaire A destiné aux Producteurs du riz


Fiche d'Enquête N°
Date de l'Enquête

Nom
de
l'enquêteur
……………..
I-/ Caractéristiques Générales
1- Nom de l'Enquêté ………………………………………………………………….….…
2- Département ……………………3- Commune……………………………………………
4- Arrondissement ………………….5- Nom du village ……………………………………..
6- Age ………………………………7- Sexe (M/F)………………………….……………....
8- Niveau d'instruction (marquez une croix devant)
Aucun…….…………. Primaire
………………..
Secondaire
…...
Supérieur …….……..

Alphabétisé ………………..……………
9- Activité principale ……………………………………………………………….
10- Quand avez-vous commencez la production du riz ? ...........................................................
11- Quelle est la place de la production du riz dans vos activités (marquez une croix devant)
1ère place ……………….

2ème place …………………
3ème place ….…
12- Faites-vous partir d'une association de producteurs (oui/non)……… Si oui laquelle ?……
13- Votre association intervient-elle dans le marché ? (oui/non) ……………….. Si oui,
Comment ? …………………………………………………………………………
14- Pourquoi avez-vous choisi produire du riz ? …………………………………….…….
……………………………………………………………………………………..………..
15- Pensez-vous continuer la culture du riz ? (oui/non) ………………………………………
Pourquoi ?……………..….…………………………………………………………………..
16- Situation matrimoniale (Marquez une croix devant)
Célibataire ………… Marié ……………Divorcé ……………Veuf………….
17- Quelle variété du riz produisez-vous ? ……………………………. Pourquoi ?
…………………………………………………………………………………………
18- Quel type de riz vendez-vous ? (marquez une croix devant)
Décortiqué ……………………….
Non Décortiqué ………………………………...

8

19- Quels sont les prix auxquels vous vendez les produits ?

Période de rareté
Période d’abondance
Riz décortiqué


Riz non décortiqué



20- Comment le prix est-il fixé ?
Marchandage ………………… Prix standard …………….. Autre (à préciser) ……….
21- Quels sont les facteurs qui influencent le prix du riz ? (marquer une croix devant)
Achat en gros …. Aptitude de marchandage …………, besoin urgent d'argent
Le prix du maïs ……………………., Le prix du riz importé …………………………
22- Comment êtes-vous informés de la situation des Prix ?
Visite des marchés ……………….……, Auprès d'autres producteurs……………………,
Par les médias……………, Autres (préciser) ……………………………………………
II-/ Relation avec les clients
1- Où avez-vous l'habitude de vendre votre riz ?
Au champ…………, Au marché…………, A la maison ……………
Autres (à préciser)…………………….
2- Si c'est au marché, quels sont alors les marchés que vous fréquentez ? ……………………
3- Qui sont vos clients ?

Collecteurs.…

Grossistes…… Détaillants….. Autre à préciser…
Prix Payés (en espèces



ou en natures)

4-D'où viennent vos clients? (Village ou ville/commune) …………………………………
5-Quelle est la distance par rapport à votre localité ? …………………………………………
6- Quels types de mesure avez-vous l'habitude d'utiliser pour vendre à vos clients ?

Collecteurs Grossistes Détaillants Tout acheteur
Autre
Type de mesure (Unité)





7- Etablissez-vous des contrats avec vos clients ? (oui/non) …….…. Si oui, lesquels ? ………
8- Cela ne pose- t- il pas de problèmes ? ……………………………………………………
9- Variez-vous les clients ? (oui/non) …………………….

9

Pourquoi ? …………………………………………………………………………….……….
10- Avez-vous de relation quelconque avec vos clients ?
Parenté …….…………., Même religion…………….….., Même association……………….,
Même ethnie……………………, Amis…………………, Autres (à préciser)

………………. …………………………………………..
11- Comment êtes-vous payé ?
comptant……………., à crédit……………., (tranche de payement à préciser), ……
Avant la récolte…………………….., autres (à préciser).……………………….
12- Comment le capital de Production a été mobilisé ?
• Fond propre (Proportion à préciser) ………………………………………..
• crédit (Proportion à préciser) ………………………………………………
• autre (Proportion à préciser) ………………………………………………
13- S'il y a crédit. Qui le fournit ?
Les clients ……………………., Usuriers………………………., Institution de
Microfinance …….., Autres (à préciser)………………………………………………..

III-/ Autres Informations
1- Que fait l'état pour vous ? ……………………………………………………
2- Quels sont les problèmes auxquels vous êtes confrontés ? ………………………
3- Pensez-vous que la production du riz au Bénin peut-être pérenne ? (oui/non) ………
4- Comment êtes-vous devenus producteur du riz ? ……………….………………
5- Que pensent les autres (non producteurs) du riz local ? ……………………………
6- Selon vous qui sont les plus grands consommateurs du riz local ?
Les ménages………………………., les restaurants………………………………….
Autres (à préciser) ……………………………………………………


10

IV-/ Ecoulement de la production
1- Quelle est la superficie du riz emblavée la saison passée ? ………..………………
2- Quelle en était la production ? ……………………………………………………
3- Quelle était la quantité destinée à l'autoconsommation ? …………………………
4- Si vous avez reçu des avances chez les commerçants, quelle est la quantité vendue dans ce
circuit ? ………………………….
5- Quel a été alors le prix par unité de mesure ? ………………...
6- Juste après la récolte (période abondance), quelle a été la quantité que vous avez mise sur le
marché ?




























11

Annexe6 : Questionnaire B destiné aux commerçants du riz local


Fiche d'Enquête N°
Date de l'Enquête

Nom
de
l'enquêteur
……………..
I-/ Généralité et identification du marché
Caractéristiques Code

Réponse
1. Département (DEPART)
1= Collines, 2= Zou

2. Commune (COMMUN)
Inscrivez le nom

3. Arrondissement (ARRON)
Inscrivez le nom

4. Village (VILLAGE)
Inscrivez le nom

5. Marché (MARCHE)
Inscrivez le nom

6. Périodicité du marché (PERIOD) 1= tous les 4 jours, 2= chaque semaine (précisez le
jour),
7. Accessibilité du marché (ACCES) 1= Voie bitumée, 2= Route carrossable, 3= Route non
carrossable, 4= Pistes, 5= autres (précisez).
8. Etat de la voie d'accès (ETATV)
1= bon état, 2= bon état mais non praticable par temps
de pluies, 3= mauvais état, 4= autres (précisez).
9. Nombre de commerçants de riz Inscrivez le nombre

dans le marché (COMRIZ)
10. Position des commerçants du riz 1= regroupés (indiquez l'emplacement par rapport à un
dans le marché (POSIRIZ)
repère à préciser), 2= dispersés, 3= Autres (précisez).
11. Existe-t-il une place réservée aux 0= non, 1= oui (si oui passez à la question 15)

commerçants du riz (PLACORIZ)
12. Existe-t-il un responsable de la 0= non, 1= oui (si oui décrivez son rôle au verso de
place (RESPLA)
cette feuille et indiquez ce qu'il perçoit par unité de
mesure (à préciser).)

II-/ Identification du commerçant

Caractéristiques Code

Réponse
1. Nom du commerçant (NOM)
Inscrivez le nom

2. Sexe (SEXE)
0= féminin, 1= masculin

3. Age (AGE)
Inscrivez l'âge en année

4. Niveau d'instruction (NISNT) 0= pas fréquenté ni alphabétisé 1= alphabétisé en langue
nationale, 2= primaire, 3= secondaire, 4= supérieur
5. Situation matrimoniale
1= marié, 2= célibataire, 3= veuf (ve), 4= divorcé (e) 5=
(SMETRI)
autres (précisez).
6. Religion (RELIGION)
1= chrétienne, 2= musulmane, 3= animiste, 4= autres
(précisez).
7. Ethnie (ETHNIE)
1= Fon, 2= Idatcha, 3= Mahi, 4= autre (précisez).

8. Nature du commerce
1= collecteur, 2= grossiste, 3= négociant, 4= détaillant,
(NATCOM)
5= autres (précisez).
9. Nombre d'années d'expérience

dans le commerce du riz
Inscrivez le nombre d'année
(EXPRIZ)
10. Le commerce du riz est-il 0= non, 1= oui

votre principale activité ?

12

(RIZPRIN)
11. Faites-vous aussi le
0= non, 1= oui

commerce du riz importé ?
(IMPCOM)
12. Autres produits

commercialisés en dehors du riz
(AUTRPRO)
13. Principale activité en dehors 1= Agriculture, 2= élevage, 3= transformation, 4= Autres
du commerce (DEHOCOM)
(précisez).
14. Comment êtes-vous arrivés 1= héritage, 2= conseil d'un ami, 3= initiative
au commerce du riz ?
personnelle, 4= autres (précisez)
(ARRIVRIZ)
15. Avec combien aviez-vous Inscrivez le montant

débuté votre activité ?
(MEDBUT)
16. Donnez la liste des marchés Inscrivez les noms

sur lesquels vous vendez le riz

III-/ Equipement

Donnez-nous la liste des équipements que vous utilisez dans la vente du riz de même pour le
décorticage.

Equipements
Nbre directement utilisé Nature (1) Prix unitaire Durée de Part sur 10
dans le commerce du riz
(fcfa)
vie (an) consacrée au riz
1. Basine





2. Sac





3. Paniers





4. Pousse-pousse




5.





6.




7.




8.




9.




10.





(1) nature: 1= propriété personnelle, 2= location, 3= autres (précisez).

IV-/ Approvisionnement
1. Sur quels marchés achetez-vous habituellement votre riz ? (hiérarchisez)1
Au domicile du producteur
Sur le marché local (précisez)………………………..
Sur un marché plus étendu2 (précisez)………………. Autres (précisez)………………...
2- Quel type de riz achetez-vous ?
Riz Paddy


,

Riz cargo

1 Insérez les rangs dans les cases
2 Le marché plus étendu désigne les marchés communal, départemental ou national.

13

3. Quel est le niveau de prix (à l'achat en 2003-2004) par unité de mesure ?


Période de rareté
Période d'abondance
Type de riz
Prix Unité
de Equi
Prix Unité
de Equi en
mesure
en kg
mesure
kg
Paddy






Cargo







Pour l'unité de mesure: 1= sac, 2= bassine (préciser la capacité), 3= panier (préciser la capacité),
4= autre (préciser).

4. Comment fixez-vous les prix à 1= après discussion (marchandage), 2= aucune

l'achat ? (FIXEPRIX)
discussion, 3= autre (préciser)
5. Est-ce que vous vous informez 0= non (si non pourquoi), 1= oui (si oui passez à la
sur les prix avant d'aller faire vos question suivante)
achats ? (INFACHA)
6. Comment vous-informez vous du 1= auprès d'autres vendeurs, 2= à la radio,

niveau des prix? (COMINFO)
3= vient s'informer le jour du marché, 4= autres (préciser)
7. Comment êtes-vous informé de 1= visite dans les lieux de production,

la disponibilité des produits
?
2= information auprès d'autres commerçants,
(INFO)
3= visite au marché de collecte, 4= autre (préciser)
8. Qui fait le décorticage du riz ? 0= vous-même, 1= le producteur, 2= Association de
(QUIDECOR)
producteur, 3= autre (préciser)
9. Si c'est vous-même, quel est le
coût ? (COUDECOR)
10. Pour les achats, comment 1= je fais mes achats moi-même, 2= j'utilise des
procédez-vous ? (PROSACHA)
intermédiaires, 3= autres (préciser)
11. Pour le décorticage utilisez- 0= non, 1= oui (si oui quelle est la rémunération par unité
vous des aides ?
de mesure ?)

Combien sont-ils (COMAGEN) ?……….


Sont-ils permanents (PERAGE) ? 0= non, 1= oui

12. Au cas où vous utilisez des
intermédiaires-agents
Comment sont-ils rémunérés (REMAGE) ? 1= en espèce
(préciser le montant), 2= en nature (préciser la qualité),
3= autres (préciser)
13. Achetez-vous à crédit chez vos 0= non, 1= oui, 2= autre (préciser)

fournisseurs ? (ACHACRED)

14. Coût de transport

Transport
Propriété
Qua
Coût de ntité achetée (5)
Source (1) Moyen (2) Distance
Coût (3) (4)
manutention Paddy Cargo
(km)










14

V-/ Stockage et vente
1. Stockez-vous le riz ? (STOCRIZ)
0= non, 1= oui



Prix initial
Durée de vie
2. Si oui, dans quoi ?
Nombre coût/jour
Sac



Bassine



Au sol



………


………


3. Durée de stockage (en mois)

4. Quantité stockée (précisez l'unité)

5. part sur 10 de la quantité du stock qui est
perdue ?
6. Utilisez-vous des agents pour le séchage 0= non, 1=oui
du riz ?
7. Si oui, précisez le coût lié au séchage
par unité de mesure
8. Autres dépenses pour le stockage.

9. Payez-vous des taxes sur le marché à la 0= non, 1= oui
vente ?
(si oui préciser
les montants et
les quantités
vendues).

10. Qui sont vos principaux clients ? (Hiérarchisez).
Consommateurs grossistes

détaillants
restaurateurs

11. Quels sont vos lieux d'écoulement habituels, pour le riz ? (Hiérarchisez)
A la maison
Au bord de la route Sur le marché local
(précisez)……………………...
Dans les villages environnants

Sur un marché plus étendu3
(précisez)
………..
Autres
(précisez).………………………………………………………….

12. Quel est le niveau de prix (à la vente en 2003-2004) par unité de mesure à la vente ?

Période de rareté
Période d'abondance
Type de riz
Prix Unité
de Equi en
Prix Unité
de Equi en
mesure
kg
mesure
kg
Paddy






Cargo








13. Comment fixez-vous les 1= après discussion (marchandage),
prix à la vente ? (FIXEPRIV)
2= aucune discussion, 3= autre
(préciser)


3 Le marché plus étendu désigne les marchés sous préfectoral, départemental ou national.

15

14. Estimation des quantités et fréquences de vente

Quantité vendue
Fréquence vente (1)



(1) précisez si la fréquence d'achat est par semaine ou par mois, autre (à préciser)


Code
Réponses
15. Vendez-vous à crédit ? (CREVE)
0= non, 1= oui

16. Si oui, à quel type de client 1= ami, 2= parent, 3= client régulier,
accordez-vous le crédit ? (CRECLI)
4= autres (précisez)
17. Si non pourquoi ? (PCREDIT)

18. Comment fixez-vous le prix auquel 1= après discussion (marchandage), 2=
vous vendez le riz ? (FVENTE)
aucune discussion, 3= autre (préciser)
19. Appartenez-vous à une association

de commerçants ? (ASSOC)
20. Pensez-vous que le commerce du riz 1= pas du tous, 2= moyennement,
est rentable ? (RENTACOM)
3= beaucoup
21. Quels sont les autres marchés
potentiels sur lesquels vous pouvez
intervenir ?


VI-/ Financement de la commercialisation

Rubriques
Code
Réponses
Source de financement
1= Fonds propre, 2=Crédit CLCAM,
3= Crédit auprès des commerçants, 4=
Crédit auprès des usuriers, 5= Autres
(préciser)
Montant emprunté
Inscrivez le montant en fcfa

Usage fait du crédit
1= Commerce unique du riz, 2=
commerce des produits vivriers, 3=
Cérémonies, 4= Autres (préciser)
Proportion du crédit allouée au riz
Inscrivez le pourcentage

Taux d'intérêt
Inscrivez le pourcentage et la durée du
crédit
Délai de remboursement
Inscrivez le nombre de mois mis pour
rembourser le crédit
Mode de remboursement
1= En espèce numéraire, 2= En nature
après achat, 3= Autres (préciser)
Montant remboursé



VII/ Association et Organismes intervenant dans les marchés

1-Existe-t-il dans le marché des 0=non

associations de commerçants ? 1=oui
(ASSOCOM)
2-Existe-t-il dans le marché des 0=non


16

organismes d’intervention,
1=oui
étatiques ou non ? (ORGAINT)

3-Quel est le rôle de chaque association ou organisme ?
Associations ou
Etatique ou non
Rôles Observations
Organismes
étatique
personnelles par
rapport aux rôles
1-
2-
3-
4-
5-
6-

VIII-/ Contraintes et Suggestions

1. Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées ?
2. Suggérez trois mesures concrètes de politiques pour stimuler, améliorer la commercialisation
du riz
a

…………………………………………………….
b

…………………………………………………….
c

……………………………………………………


Annexe7 : Questionnaire C destiné aux consommateurs du riz local

Fiche d'Enquête N°
Date de l'Enquête

Nom de l'enquêteur ……
I-/ Caractéristiques Générales
3- Nom de l'Enquêté ………………………………………………….….…
4- Département …………………3- Commune……………………………………………
4- Arrondissement ………………………….5- Nom du village …………………………..
6- Age ………………………………7- Sexe (M/F)………………………….……………....
8- Niveau d'instruction (marquez une croix devant)
Aucun…….…………. Primaire
………………..
Secondaire
………
Supérieur ………………………..
Alphabétisé ………………..……………
9- Profession ………………………………………………………………………………….
1- Préférez-vous le riz local ? oui = 1, non = o…………

17

2- Si oui pourquoi ?………………..
- son prix bas = 1
- riz local délicieux = 2
- riz local sain et riche en substance nutritive = 3
3- Si oui. Que reprochez-vous au riz local ?………………….
Le riz local :
- comporte beaucoup d’impureté = 1
- a un fort taux de brisures = 2
- se vent à un prix élevé = 3
- n’est pas disponible à tout moment et partout = 4
- a un faible pouvoir gonflant = 5
- a un caractère collant à la cuisson = 6


Annexe8 : Résultat d'Exercice de VeCo dans la commune de Savalou pour les campagnes
2002-2003 et 2003-2004

Campagne


Paramètre
2002-2003
2003-2004
Quantité Commercialisée (tonnes)
51
102
Prix reçu à la vente (F CFA/sac)
10.000
10450
Charges liées à la vente (F CFA/sac)
1620
1555
Prix net reçu par producteur (F CFA/sac)
8380
8895
Prix du sac sur le marché local (F CFA/sac)
8500
8500





18

Annexe9 : Calcul des marges et charges de commercialisation des diverses catégories d’acteurs
Marges et Charges de commercialisation des détaillantes de Covè
Prix de vente
Marge brute
Coût de Transport
Taxes
Marge de commercialisation
Prix d'achat
Détaillantes
F CFA / kg
F CFA / kg
F CFA / kg
% PV
F CFA / kg
% PV
F CFA / kg
% PV
F CFA / kg
% PV
1 225
120
105
46,67
6
2,67
3,81
1,69
95,19
42,31
2 225
200
25
11,11
0
0
3,29
1,46
21,71
9,65
3 225
170
55
24,44
0
0
5,23
2,32
49,77
22,12
4 225
120
105
46,67
3
1,33
6,67
2,96
95,33
42,37
5 225
180
45
20
0
0
5,96
2,65
39,04
17,35
6 225
180
45
20
3
1,33
9,34
4,15
32,66
14,52
7 225
140
85
37,78
6
2,67
3,78
1,68
72,22
32,1
8 225
170
55
24,44
3
1,33
3,91
1,74
48,09
21,37
9 225
175
50
22,22
0
0
5,3
2,35
44,7
19,87
10 225
180
45
20
0
0
7,42
3,3
37,58
16,7
11 225
190
35
15,55
0
0
4,55
2,02
30,45
13,53
12 225
200
25
11,11
0
0
2,32
1,03
22,68
10,08
13 225
190
35
15,55
0
0
6,48
2,88
28,52
12,68
14 225
190
35
15,55
0
0
5,3
2,35
29,7
13,2
15 225
180
45
20
0
0
4,29
1,91
40,71
18,09

19


Marges et Charges de commercialisation des Grossistes de Covè


Prix de vente
Prix d’achat
Marges brutes
Coût de commercialisation
Marges commerciales
Grossistes
F CFA/50
F CFA/50
F CFA/50Kg
%PV
F CFA/50Kg
%PV
F CFA/50Kg
%PV









1
9500
7000
2500
22,22
150
1,33
2350
20,88









2
9500
6000
3500
31,11
150
1,33
3350
29,78









3
10000
8500
1500
13,33
0
0
1500
13,33









20


Marges et Charges des Semi-détaillants des Collines
Semi -
Prix de vente
Prix d’achat
Marge Brute
Coût de transport
Marge de
Marché
Lieu de
détaillants
commercialisation d’approvisi
vente
onnement
F CFA / kg
F CFA / kg
F CFA / kg
% PV
F CFA / kg
F CFA / kg % PV
% PV
1 350
270,06
79,94
22,84
4
1,14
75,94
21,7
Glazoué


Savè
2 300
231,48
68,52
22,84
0
0
68,52
22,84
Glazoué


Savè
3 325
231,48
93,52
28,78
3,33
1,03
90,19
27,75
Glazoué


Savè
4 300
231,48
68,52
22,84
6,67
2,22
61,85
20,62
Glazoué


Savalou
5 300
212,19
87,81
29,27
4,44
1,48
83,37
27,79
Glazoué


Savalou
6 325
250,77
74,23
22,84
0
0
74,23
22,84
Glazoué


Glazoué
7 300
212,19
87,81
29,27
0
0
87,81
29,27
Glazoué


Glazoué
8 300
212,19
87,81
29,27
0
0
87,81
29,27
Glazoué


Glazoué
9 325
227,09
97,91
30,13
0
0
97,91
30,13
Dassa


Savalou
10 325
247,09
77,91
23,97
5,71
1,76
72,2
22,22
Dassa


Savalou
11 300
227,09
72,91
24,3
0
0
72,91
24,3
Dassa


Dassa
12 325
268,37
56,63
17,42
0
0
56,63
17,42
Dassa


Dassa
13 350
289,02
60,98
17,42
0
0
60,98
17,42
Dassa


Dassa
14 300
239,55
60,45
20,15
0
0
60,45
20,15
Savalou



Savalou
15 325
261,32
63,68
19,59
6,25
1,92
57,43
17,67
Savalou


Savalou




21

Marges et Charges de commercialisation des détaillantes/transformatrices de Glazoué
Coût de
Prix de
Prix
Coût de
transport
Coût de bois de Coût de l'eau de
Coût de
vente
d'achat Marge brute transport achat
décorticage
feu
cuisine
décorticage
Taxes
Marge commerciale

Détaillantes
transforma
F CFA F CFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
trices
F cfa / kg / kg
kg % PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV F CFA / kg
% PV
G1
258,8 222,22 36,58 11,55 0
0 4,44 1,4 0
0
0
0 16,67 5,26 0,74 0,23
14,73
4,65
G2
257,89
236,84 21,05
6,65 6,58 2,08 6,58 2,08 0
0 0 0 13,16 4,15 2,63 0,83
-7,9
-2,49
G3
235,51 196,26 39,25
12,39 0
0 2,34 0,74 7,01 2,21 0
0 16,82 5,31 1,87 0,59
11,21
3,54
G4
252,78 208,33 44,45 14,04 0
0
0
0 9,26 2,92 2,31 0,73 16,67 5,26 3,7
1,17
12,51
3,95
G5
217,71 169,27 40,44 12,77 0
0
0
0 4,17 1,32 1,82 0,57 15,63 4,94 2,08 0,66
16,74
5,29
G6
250,71 228,57 22,14 7
2,86 0,9 2,86 0,9
0
0
0
0 14,29 4,51 5,71
1,8
-3,58
-1,13
G7
232,58 210,67 21,91 6,92 5,62 1,77 5,62 1,77 0
0
0
0 12,36 3,9 2,25 0,71
-3,94
-1,24
G8
261,27 143,66 117,61 37,14 0
0
0
0 14,09 4,45 0
0 14,09 4,45 2,82 0,89
86,61
27,35
G9
242,09 140,31 101,78 32,14 0
0
0
0 6,12 1,93 0
0 14,03 4,43 2,04 0,64
79,59
25,13
G10
278,57 159,18 119,39 37,7
0
0 15,31 4,83 0
0
0
0 15,31 4,83 4,08 1,29
84,69
26,74


22

Marges et Charges de commercialisation des détaillantes/transformatrices de Dassa et de Savalou
Coût de transport Coût de transport Coût de bois de Coût de l'eau de
Marge
Prix de
Marge brute
achat
décorticage
feu
cuisine
Coût décorticage
Taxe
commerciale
Détaillantes vente F
Prix
transforma CFA / d'achat FCFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
F CFA /
trices
kg F CFA / kg
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
% PV
kg
%PV
D1
244,25
185,84 58,41 18,45 5,17 1,63
0
0 4,42 1,4 0
0 13,27 4,19 1,55 0,49 33,86 10,69
D2
292,79
253,85
38,94
12,3 0 0 5,76
1,82 0 0 0 0 14,42
4,55
3,36
1,06
15,4
4,86
D3
288,75
281,25
7,5
2,37 0 0 0 0 0 0 0 0
15,63
4,94
4,38
1,38
-12,51
-3,95
D4
227,33
186,67 40,66 12,84 5,33 1,68
0
0 4,44 1,4 2,22 0,7 13,32 4,21 0,78 0,25 14,57 4,6
D5
225,3
178,92 46,38 14,65 0
0 5,42 1,71 4,22 1,33 0 0 13,55
4,28
1,05 0,33 22,14 7
D6
291,67
281,25 10,42 3,29
0
0
0
0 6,94 2,19 0
0 15,63 4,94 2,42 0,76 -14,58 -4,6
S1
260,53
151,32
109,21
34,49
3,29
1,04 0 0 0 0 0 0
32,89
10,39
1,32
0,
42
71,71
22,64
S2
240,63
156,25
84,36
26,64
3,13
0,99 0 0 0 0 0 0
31,25
9,87
2,08
0,66
47,5
15
S3
250,4
141,94
108,46
34,25
3,23
1,02 0 0 0 0 0 0
32,26
10,19
1,61
0,57
71,36
22,53


23

Marges et Charges de commercialisation des Grossistes des Collines
Marge brute
Coût de transport
Taxes
Marge commerciale
Prix de vente Prix d'achat F F CFA /
Grossistes F CFA / Tch
CFA / Tch
Tch
% PV F CFA / Tch
% PV
F CFA / Tch
% PV
F CFA / Tch
% PV
Marchés
1 3500 2500
1000
7,59
150
1,14 0 0 850 6,45 Glazoué

2 4200 2550
1650
12,53
66,67
0,51
150 1,14
1433,33
10,88 Glazoué

3 4300 2800
1500
11,39
126,32
0,96
150 1,14
1223,68
9,29 Glazoué

4 3750 2600 1150
8,73 100 0,76 150 1,14 900 6,83 Glazoué

5 4500 2600
1900
14,42
150
1,14 0 0 1750 13,28 Glazoué

6 3500 2500
1000
7,59
45,45
0,35 0 0 954,55 7,25 Glazoué

7 3750 2500
1250
9,49
150
1,14 0 0 1100 8,35 Dassa

8 4000 2500 1500
11,39 100 0,76 175 1,33 1225 9,3
Dassa

9 3500 2600 900
6,83
116,67
0,89
125 0,95 658,33 5
Dassa

10 4500 2700 1800
13,66
100 0,76 0
0 1700 12,9 Dassa




24