IMPACT ECONOMIQUE DE LADOPTION DES PRATIQUES DE LA GESTION INTEGREE DE LA FERTILITE DES SOLS (GIFS) AU SUD-BENIN : CAS DAHOHOUE (COMMUNE DE KLOUEKANME) ET DE BANIGBE (COMMUNE DIFANGNI)
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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (BENIN)
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FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES
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DEPARTEMENT D’ECONOMIE, SOCIO-ANTHROPOLOGIE ET
COMMUNICATION POUR LE DEVELOPPEMENT RURAL
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IMPACT ECONOMIQUE DE L’ADOPTION DES PRATIQUES

DE LA GESTION INTEGREE DE LA FERTILITE DES SOLS

(GIFS) AU SUD-BENIN : CAS D’AHOHOUE (COMMUNE DE


KLOUEKANME) ET DE BANIGBE (COMMUNE D’IFANGNI)




THESE
POUR L’OBTENTION DU DIPLOME D’INGENIEUR AGRONOME
OPTION : ECONOMIE, SOCIO-ANTHROPOLOGIE ET COMMUNICATION

Présentée et soutenue par :
Rosine Prudencia Elda A. AZONTONDE
Le 17 Décembre 2004

Superviseur: Dr. Ir. ADEGBIDI Anselme
Co-Superviseur: Dr. Ir. IGUE Mouinou


Composition du jury :
Président : Dr. AGBEKO Koffi
Rapporteur : Dr. Ir. ADEGBIDI Anselme
Examinateur : Dr. Ir. IGUE Mouinou
Examinateur : Dr. KWARTENG J. A.


UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (BENIN)
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FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES
~~~~~~~~~~~~~~~~~~
DEPARTEMENT D’ECONOMIE, SOCIO-ANTHROPOLOGIE ET
COMMUNICATION
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ECONOMIC IMPACT OF ADOPTION OF SUSTAINABLE

MANAGEMENT SOIL FERTILITY PRATICES IN

SOUTHERN BENIN : CASE OF AHOHOUE (TOWNSHIP OF

KLOUEKANME)

AND BANIGBE (TOWNSHIP OF IFANGNI)


THESIS
SUBMITTED TO THE ACQUIREMENT OF “INGÉNIEUR AGRONOME” DEGREE
OPTION : Economy Socio-Anthropology and Communication

Presented and attended by:
Rosine Prudencia Elda A. AZONTONDE
December, 17th 2004

Supervisor: Dr. Ir. ADEGBIDI Anselme
Co-supervisor: Dr. Ir. IGUE Mouinou

Composition of jury:
Chairman: Dr. AGBEKO Koffi
Telltale: Dr. Ir. ADEGBIDI Anselme
Examiner: Dr. Ir. IGUE Mouinou
Examiner: Dr. KWARTENG J. A.



CERTIFICATION

Nous certifions que ce travail a été réalisé par l’étudiant AZONTONDE Rosine Prudencia E.
A. sous notre supervision à la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université
d’Abomey-Calavi, option Economie, Socio-Anthropologie et Communication pour le
développement rural.





Le Superviseur.






Dr. Ir. Anselme ADEGBIDI
Maître assistant à la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi.
Chef département d’Economie, de Socio-Anthropologie et de Communication pour le
développement rural.

i

DEDICACES

Je bénis le seigneur Dieu Tout Puissant car il a fait pour moi des merveilles.

Je dédie ce travail à tous ceux qui, toute ma vie durant, ont fait de moi la femme que je
suis aujourd’hui. Particulièrement, je dédie cette œuvre:

A titre posthume à mon grand-père Kpatchavi François. Que ce document soit un
hommage particulier à ta mémoire.

A mes parents: Azontondé Anastase et Kpatchavi Pélagie. Vous qui avez mis en terre la
graine, avez arrosé et entretenu le plant qui en est issu avec tant d’amour, de tendresse, de
rigueur et de patience, recevez par ces lignes, le témoignage de ma filiale reconnaissance.
Puisse l’Eternel vous accorde de pouvoir jouir des fruits de ce travail jusqu’au bout.

A mémé Rosalie Téyi. toi qui a aidé ma maman et moi-même à bâtir ma vie, que ce
parchemin couronne tes efforts incessants.

A mon fiancé Aurélien Tambamou. Toi qui m’as soutenu affectivement et moralement
tout au long des périples, que ces écrits consacrent notre Amour.

A mes oncles, tantes, cousins, cousines et amis (es), vous qui m’avez moralement et
affectivement soutenu, veuillez accepter que la réalisation de ce travail soit un aperçu de ma
reconnaissance à votre honneur.

A mes frères, Euloge, Hugues et Bruno; à mes sœurs Marcelle et Audrey, ainsi qu’à mes
nièces et neveux, que ce travail soit pour vous un exemple et une incitation à aller encore et
encore plus loin.


ii

A toutes les familles TAMBAMOU, N’DA et TIETA pour l’ambiance cordiale que vous
aviez toujours installée autour de moi. Que ce travail soit le fruit de votre soutien et de votre
assistance.

iii

REMERCIEMENTS

L’accomplissement du présent travail n’a été possible que grâce à la participation active de
plusieurs personnes à qui nous exprimons notre profonde gratitude. Ainsi, nos
reconnaissances vont particulièrement à l’endroit de:
Dr. Ir. ADEGBIDI Anselme A. notre superviseur, qui a accepté volontairement de diriger
nos travaux malgré ses multiples occupations et de répondre chaque fois à nos
préoccupations. Qu’il trouve ici le symbole de notre profonde reconnaissance.
Dr. Ir. IGUE A. Mouinou, chercheur au LSSEE du CRA-Agonkanmey de l’INRAB qui en
dépit de ses lourdes tâches professionnelles et administratives a accepté de co-superviser ce
travail et a fait preuve d’une disponibilité sans limite dans la réalisation de ce travail.
Dr. Ir. MENSAH Guy A., Directeur du CRA-Agonkanmey de l’INRAB, qui malgré ses
occupations a toujours été présent pour répondre à nos inquiétudes. Sa rigueur scientifique,
son esprit de toujours mieux faire et ses remarques pertinentes ont contribué à l’achèvement
de notre travail. Nous vous remercions pour vos soutiens et dévouements afin que cette étude
puisse se dérouler dans de bonnes conditions.
Dr. AZONTONDE A., responsable du LSSEE/CRA-Agonkanmey de l’INRAB qui a été
un véritable parrain pour nous le long de ce périple.
Dr. Ir. COULIBALY Ousmane N., chercheur PHMD de IITA-Bénin pour son assistance
et ses conseils pour l’accomplissement de ce travail. Recevez notre profonde gratitude.
Ir. NOUHOHEFLIN Théodore et AITCHEDJI Casimir qui ont accepté de nous aider pour
l’analyse des données. Leurs précieux conseils nous ont également aidés dans la réalisation
de cette œuvre. Recevez notre profonde reconnaissance.
Nous remercions M. KPAGBIN Gustave, responsable du projet GIFS qui nous a autorisé à
effectuer notre stage de fin de formation.
Un merci particulier à Messieurs HOUNGNONVI Gbaï J. et SODEGNON DARE Basile,
techniciens du LSSEE sur les sites GIFS d’Ahohoué et de Banigbé pour nous avoir aidé à
effectuer nos travaux de terrain dans de bonnes conditions.
A tout le personnel du LSSEE/CRA-Agonkanmey/INRAB, nous vous adressons tous nos
remerciements.

iv

Au personnel administratif de la FSA/UAC, recevez nos profondes gratitudes.
A tous mes éducateurs du primaire, du secondaire et du supérieur en l’occurrence les
enseignants de la FSA, je vous remercie pour votre volonté manifeste de faire de moi la
femme que je suis aujourd’hui.
A tous les collègues de la 28ème promotion, je vous dis merci pour les bons moments
passés ensemble.
La liste est longue et nous en sommes conscients de ne l’avoir pas épuisée. Que toutes
celles et tous ceux qui n’ont pas été cités ici se reconnaissent à travers ces mots: mes sincères
reconnaissances.
























v

RESUME
La baisse de la fertilité des sols est un phénomène auquel sont confrontées toutes les
exploitations agricoles du Bénin en général et du Sud-Bénin en particulier. Il s’agit
notamment de l’épuisement progressif des éléments nutritifs dans le sol. La jachère naturelle
de longue durée, qui permettait par le passé de restaurer la fertilité des sols, n’est plus
observable à cause de la nécessité de mettre plus de superficie en valeur pour satisfaire les
besoins d’une population sans cesse croissante. Plusieurs stratégies ont été développées pour
réduire la baisse de la fertilité des sols et accroître le revenu des producteurs en vue d’un
investissement dans les améliorations foncières. Ces stratégies combinaient le travail du sol,
la jachère de courte durée, l’utilisation de la fumure organique et minérale, etc. Cependant,
les innovations proposées ont été peu adoptées par les producteurs car leur introduction
prenait peu en compte les conditions socio-économiques des producteurs.
Le projet Engrais et Développement de l’Agriculture Durable (E & DAD) essaie de
combler cette insuffisance depuis 1996 à Ahohoué (commune de Klouékanmè) et 1998 à
Banigbé (commune d’Ifangni), deux zones choisies dans l’écologie sud où la pression sur les
sols est très élevée. Ce projet met en place des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité
des Sols (GIFS) simples à la portée des producteurs pour la restauration et le maintien de la
fertilité des sols.
Dès lors, il est nécessaire de jeter un regard rétrospectif sur cette technologie pour savoir
si elle a contribué à l’amélioration des rendements et revenus des bénéficiaires. C’est dans
cette perspective que s’inscrit la présente étude. Elle évalue l’impact économique de ces
pratiques sur la culture du maïs au Sud-Bénin en général et à Ahohoué (commune de
Klouékanmè) et à Banigbé (commune d’Ifangni) en particulier.
Les données collectées ont concerné celles de la campagne agricole 2003-2004. Les
producteurs bénéficiaires appartiennent à trois (3) classes distinctes: classe 1, classe 2 et
classe 3. La collecte des données a été faite en trois phases. Une phase exploratoire qui a
permis de mieux cerner les effets réels des pratiques de la GIFS sur la culture du maïs et
d’affiner les hypothèses et le questionnaire. La deuxième s’est déroulée de juin à août 2004
et a consisté à la collecte des données primaires à l’aide d’un questionnaire structuré. La
dernière a consisté au dépouillement, au traitement des données et à la rédaction du mémoire.

vi

La méthode utilisée pour l’analyse des données est à dominance quantitative.
Toutefois, il nous a été essentiel d’assortir l’interprétation de nos résultats, d’études
qualitatives afin de mieux expliquer certains faits d’ordre institutionnel, sociologique ou
culturel. L’utilisation de cette méthodologie nous a permis d’avoir les résultats ci-après:
Au niveau du stock de capital, les résultats montrent que l’adoption des pratiques de la
GIFS a permis une augmentation du stock de capital des adoptants. En effet, les adoptants
utilisent plus d’engrais que les non-adoptants. Mieux, ils utilisent des ordures ménagères et
les légumineuses alors que les non-adoptants n’en utilisent pas. De plus, au sein des
adoptants, il a été remarqué que la classe a une influence notable sur le stock de capital. En
effet, ce stock augmente de la classe 3 à la classe 1. Ce constat s’explique par le fait que les
adoptants de la classe1, disposant d’assez de terre utilisent le Mucuna et beaucoup plus
d’engrais; ceux-ci possèdent une main-d’œuvre élevée, donc arrivent à fumer aussi leur
parcelle avec les ordures ménagères. Les adoptants de la classe 3 par contre, s’investissent
plus dans l’utilisation des ordures ménagères et utilisent peu d’engrais minéraux et pas du
tout le Mucuna.
En ce qui concerne la productivité des facteurs de production, les résultats révèlent que
l’adoption des pratiques de la GIFS peut induire des accroissements substantiels de
production chez les producteurs du Sud-Bénin. La main-d’œuvre et la quantité d’engrais sont
des facteurs susceptibles d’accroître le rendement du maïs. Bien qu’étant consommatrices de
ces facteurs, les pratiques de la GIFS ont une efficacité productive plus élevée par rapport
aux pratiques locales. En effet, les adoptants obtiennent une productivité de la main-d’œuvre
et de l’engrais beaucoup plus élevée (85,42 kg de maïs chez les adoptants contre 57,31 kg
chez les non-adoptants pour la productivité de la main-d’œuvre et 23,17 kg de maïs chez les
adoptants contre 13,01 kg de maïs chez les non-adoptants).
Par ailleurs, au niveau du revenu, il a été révélé que l’adoption des pratiques de la GIFS a
engendré un surplus de revenu du maïs au niveau des adoptants de la zone d’étude (107
306,67 F CFA à la récolte et 264 115,67 F CFA à la soudure). De même, au sein des
adoptants, nous avons constaté que les adoptants de la classe 1 ont un surplus de revenu plus
élevé que leurs homologues de la classe 2, qui à leur tour ont un surplus sur ceux de la classe
3. Les analyses au niveau des deux communes montrent que les pratiques de la GIFS ont

vii

entraîné un revenu supplémentaire chez les adoptants aussi bien dans l’ensemble de la
commune qu’en leur sein.
Les analyses au niveau du genre ont révélé que l’adoption des pratiques a induit un surplus
de revenu aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Cependant, les hommes génèrent
un surplus beaucoup plus élevé (121 601 F CFA chez les hommes contre 103 055 F CFA
chez les femmes à la récolte et 282 838 F CFA chez les hommes contre 261 954 F CFA chez
les femmes à la soudure).
S’agissant de la distribution des revenus, les résultats indiquent que les pratiques de la
GIFS ont tendance à augmenter les inégalités dans la distribution des revenus au niveau de la
zone d’étude. De plus, les résultats indiquent que l’adoption des pratiques de la GIFS a
conduit à creuser un écart plus grand de revenu à l’intérieur du groupe des femmes que celui
des hommes. Si les efforts ne sont pas faits pour susciter l’adoption de la technologie par les
femmes, on assisterait au renforcement de l’inégalité de revenus agricoles au sein des
ménages agricoles.
D’autre part, l’adoption des pratiques de la GIFS a généré des revenus additionnels plus ou
moins consistants qui permettent aux bénéficiaires non seulement d’investir dans
l’alimentation, mais également dans la scolarité des enfants, les soins de santé, le logement et
les facteurs de production.
L’analyse du genre au sein des adoptants par rapport à la structure des dépenses, montre
que les femmes ont tendance à investir plus dans le capital humain alors que les hommes ont
une préférence pour les biens matériels.
Enfin, quant à l’impact sur l’investissement dans d’autres activités, les résultats font
ressortir que les adoptants en plus d’avoir une diversité dans les spéculations cultivées, ont
comme autre avantage la pratique d’activités para agricoles dont notamment les
transformations et la commercialisation des produits agricoles ainsi que l’élevage. Par contre,
les non-adoptants se contentent du commerce des produits agricoles qui ne sont pas
diversifiés et de l’élevage de quelques têtes de petits ruminants.
Ainsi, ces différents résultats suggèrent la mise en place d’une politique d’élargissement
de la diffusion à grande échelle de ces pratiques.
Mots clés : GIFS, impact, fertilité, adoption, genre, stock de capital, productivité, engrais,
main-d’œuvre, ordures ménagères, légumineuses, revenu, inégalité, investissement, Sud-

viii

Bénin.

ix

ABSTRACT
The decrease in soil fertility is a current phenomenon. There is a deflection of the
nutritive elements of the soils. The long natural fallow which uses to restore the fertility of
the soils, it possible in the past to restore the fertility of the soils, is not observable any more
because of the population pressure on land. Several techniques were developed to reduce the
decreasing soil, hence to sustain farm incomes through improvement of lands. These
techniques include impressed the short fallow, the use of organic manure and fertilisers.
These innovations were adopted not highly because of socio-economic constraints.
The project Engrais et Développement Durable (E & DAD) has tries to fill this gap since
1996 in Ahohoué (township of Klouékanmè) and 1998 in Banigbé (township of Ifangni), two
zones chosen where the pressure on land is high. This project developed practices of
Integrated Soil Fertility Management (ISFM) for the restoration and increased fertility of the
soils. It is necessary to assess the technologies for their contribution to yield increase and
incomes of farmers.
This study evaluated the economic impact of these practices on maize in Southern Benin
in general, in Ahohoué (township of Klouékanmè) and in Banigbé (township of Ifangni) in
particular.
The data-collection have been made in three phases. An exploratory phase that have
allowed to ring better the real effects of the improved systems of the ISFM and to refine
better the questionnaire. The second phase have been realised by structured questionnaire.
The third phase has consisted to analysis data and writing the report.
This sample work have covered ten (10) villages dived in two townships of southern
Benin.
Several methods of the analysis mainly quantitative have been used. However, it was
essential to us to match the interpretation of our results of the qualitative studies in order to
explain certain acts of an institutional, sociological or cultural nature. It comes from the
analysis the follow results:
On the level of the stock of capital, the cropping results show that the adoption of the
practices of the ISFM has increase of the stock of capital. The reason is that adopters use
more manure than not adopters; use household refuse and leguminous plants. Moreover,
within adopters, it was noticed that the class has a notable influence on the stock of capital.

x

This difference can be explained by the quantity of manure used, the quantity of refuse used
and leguminous plants used. Indeed, this stock increases class 3 to the class1.
With regard to the productivity of the factors of production, the results show that the
adoption of the practices of the ISFM can increase production in Southern Benin. Moreover,
the labor and quantity of manure are factors likely to influence the corn yield. Although
being consuming of these factors, the practices of the ISFM have a productive effectiveness
more raised compared to the local practices. Indeed, adopters obtain productivity of the labor
and manure much higher.
In addition, on the level of income, the result show that adopters of the practices of the
ISFM have a surplus on income of corn. In the same way, within adopters, we noted that
adopters of the class1 have a surplus of income higher than their counterparts of the class 2,
which in their turn have a surplus on those of the class 3. The analyses on the level of the
township conclude that the practices of the ISFM involved an additional income to the
adopters as well in the whole of the township than in inside of it. This surplus is much more
remarkable in Ifangni than in Klouékanmè.
The analyses on the level of the gender showed that the adoption of the practices
involved a surplus of income for men and women. However, men generate a surplus much
higher.
Acting of the distribution of income, the results indicate that the practices of the ISFM
tend to increase the inequalities in the distribution of income on the level of the zone of
study. The tendencies observed on the level of the gender show that the adoption of the
practices of the ISFM increase the inequalities more in women group than in men group.
There is a relation between the adoption of the practices of the ISFM and the increase in
the expenditures on investment on the capital human, for the acquisition of the tangible
properties and on the factors of production (capital, labor, land).
Lastly, as for the impact on the investment in other activities, the results show that
adopters having a diversified cropping systems, are also making incomes out of non-farm
activities.
Thus, these various results suggest that a wide diffusion of these technologies needs
awareness and information of users.


xi

Key words: ISFM, impact, sustainable management, adoption, gender, stock of capital,
productivity, labor, soil fertility, income, inequalities, manure, increase, southern Benin.

xii

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

B/C : Ratio Bénéfice-Coût
CARDER : Centre d’Action Régional pour le Développement Rural
CIMMYT : Centro International de Mejorameiento de Maiz y Trigo (Centre International
d’Amélioration du maïs et du blé
CENAP : Centre National d’Agro-Pédologie
CeRPA : Centre Régional de la Promotion Agricole
CLCAM : Caisse Locale de Crédit Agricole et Mutuel
CRA-Agonkanmey: Centre de Recherches Agricoles d’Agonkanmey
CVEC : Caisse Villageoise d’Epargne et de Crédit
DAD : Distributive Analysis of Duclos
E & DAD: Engrais et Développement de l’Agriculture Durable
FAO : Food and Agriculture Organisation of the United Nations
FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine
FSA : Faculté des Sciences Agronomiques
GIFS : Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols
IFDC : International Center for soil Fertility and Agricultural Development
IITA : International Institut of Tropical Agriculture
INRAB : Institut National des Recherches Agricoles du Bénin
INSAE : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique
Kg : Kilogramme
LSSEE : Laboratoire des Sciences du Sol des Eaux et Environnement
MAEP : Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche
PAPA : Programme Analyse de la Politique Agricole
PIB : Produit Intérieur Brut
PNT : Phosphate Naturel du Togo
RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat
UAC : Université d’Abomey-Calavi
UP : Unité de Production
USPP : Union Sous Préfectorale des Producteurs
VAN : Valeur Actuelle Nette
TRI : Taux de Rentabilité Interne

xiii

LISTE DES TABLEAUX
Pages
Tableau 3.3a :
Population des différents arrondissements de Klouékanmè.…...…………… 34
Tableau 3.3b : Répartition de la population d’Ifangni……………………………...……..… 35
Tableau 3.4a : Caractéristiques des sous-populations……………………………………… 40
Tableau 3.4b : Répartition des enquêtés par commune …………….…………...……….. . 41
Tableau 3.7 : Unités locales et leur correspondance en kg des différentes spéculations…. 44
Tableau 4.1a : Répartition des producteurs suivants le genre et l’âge…………………...… 47
Tableau 4.1b : Taille et structure des unités de production………………………………... 48
Tableau 4.2a : Niveau d’instruction des chefs d’unité……………………………………... 49
Tableau 4.2b : Evolution du fonds de roulement GIFS/PAI (en FCFA)……..…………….. 43
Tableau 4.2c : Autres systèmes de crédit…………………………………………………… 44
Tableau 4.2d : Répartition des unités enquête suivant la forme de crédit………………….. 45
Tableau 4.3a : Répartition des producteurs suivant le mode d’accès à la terre…………… 46
Tableau 4.3b : Superficie moyenne disponible, emblavée suivant la zone d’étude………… 47
Tableau 4.3c : Coûts des différentes opérations culturales………………………………… 48
Tableau 4.3d : Rendements moyens de maïs (kg/ha) des Unités de Production……..….… 49
Tableau 5.1 : Analyse comparative des quantités de semences moyennes par hectare des
adoptants et des non-adoptants………………………………………………………………... 52
Tableau 5.2a : Quantités moyennes d’engrais utilisées entre adoptants et non-adoptants…… 61
Tableau 5.2b : Test de comparaison des quantités d’engrais utilisées entre adoptants
et non-adoptants........................................................................................................................ 63
Tableau 5.2c : Test de comparaison des quantités d’engrais utilisées entre adoptants et non-
adoptants au sein des zones…………………………………………………………………… 63
Tableau 5.2d : Analyse comparative des quantités d’engrais par hectare des
adoptants de Klouékanmè et d’Ifangni………………………………………………………. 64
Tableau 5.2e : Quantités d’engrais utilisées par classes……………………...………… . 65
Tableau 5.2f : Analyse comparative des quantités d’engrais utilisées par classe…………. 65
Tableau 5.2g : Quantités d’engrais utilisées par classe au sein de la zone de Klouékanmè.. 66
Tableau 5.2h : Analyse comparative des quantités d’engrais par classe à klouékanmè…… 67
Tableau 5.2i : Quantités d’engrais utilisées par classe au sein de la zone d’Ifangni….……. 68
Tableau 5.2j : Analyse comparative des quantités d’engrais par classe à Ifangni…….….… 68

xiv

Tableau 5.3a : Quantités d’ordure utilisées par les adoptants suivant les classes…………… 69
Tableau 5.3b : Analyse comparative des quantités d’ordure utilisées par classe…………… 70
Tableau 6.1a : Equivalents estimés en homme-jour de la main d’œuvre…………………… 72
Tableau 6.1b : Main d’œuvre, quantité d’engrais et rendement pondérés chez
les adoptants et les non-adoptants……………...……………………………………………… 73
Tableau 7.1a : Revenus des adoptants et des non-adoptants….…………………………….. 77
Tableau 7.1 : Analyse comparative des revenus moyens par hectare des adoptants
et des non-adoptants…………...…………………………………………………………….. 78
Tableau 7.1c : Analyse comparative des revenus des producteurs du maïs suivant
la classe à la récolte…………………………………………………………………………… 79
Tableau 7.1d : Analyse comparative des revenus des producteurs du maïs suivant la classe à la
soudure...................................................................................................................................... 79
Tableau 7.2a : Revenus des producteurs de Klouékanmè…...…….……………………….. 80
Tableau 7.2b : Revenus des producteurs d’Ifangni…...…………………………………….. 80
Tableau 7.2c : Analyse comparative des revenus des producteurs de Klouékanmè……..….. 81
Tableau 7.2d : Analyse comparative des revenus des producteurs d’Ifangni…………….…. 81
Tableau: 7.2e : Analyse comparative des adoptants de Klouékanmè suivant les classes à
la récolte………………………………………………………………………………………… 82
Tableau: 7.2f : Analyse comparative des adoptants de Klouékanmè suivant les classes à
la soudure……………………………………………………………………………………... 82
Tableau 7.2g : Analyse comparative des adoptants d’Ifangni suivant les classes
à la récolte………………………………………………………………………………..…..… 83
Tableau: 7.2h : Analyse comparative des adoptants d’Ifangni suivant les classes à
la soudure……………………………………………………………………………………… 83
Tableau 7.2i : Revenus moyens par hectare des adoptants suivant la zone……..… ………. 84
Tableau 7.2j : Analyse comparative des revenus des adoptants suivant la zone d’étude
à la récolte………………………………………………………………………………..…… 84
Tableau 7.2k : Analyse comparative des revenus des adoptants suivant la zone d’étude
à la soudure……………………………………………………………………………….…… 85
Tableau 7.3 : Revenus des producteurs suivant le genre………..… ..……………………… 86
Tableau 7.4 : Valeur de l’indice d’inégalité de Gini des unités de production…………….. 90
Tableau 8.1a : Investissements par ordre de priorité des hommes… ;..…………………….. 94
Tableau 8.1b : Investissements par ordre de priorité des femmes… ……..………………… 95
Tableau 8.1c : Investissements par ordre de priorité suivant le genre …..………………….... 95

xv

LISTES DES FIGURES
Pages
Figure 2.2 : Evolution de la production du maïs au Bénin…………………………………... 13
Figure 3.2a : Carte montrant les zones agro-écologiques........................................................ 29
Figure 3.2b : Carte de la commune de Klouékanmè................................................................ 32
Figure 3.2c : Carte de la commune d’Ifangni........................................................................... 36
Figure 5.2b : Distribution des quantités d’engrais utilisées par classe……………………... 65
Figure 5.2c : Distribution des quantités d’engrais utilisées par classe à

Klouékanmè……………………………………………………………………………………… 67
Figure 5.2d : Distribution des quantités d’engrais utilisées par classe à

Ifangni.............................................................................................................................................. 68
Figure 7.4a : Distribution des revenus entre les adoptants et les non-adoptants……………... 81
Figure 7.4b : Distribution des revenus entre les adoptants hommes et les adoptants femmes.. 82



LISTE DES ANNEXES
Annexe 1 : Guide d’entretien et questionnaire
Annexe 2 : Caractéristiques comparées des producteurs suivant la zone et la classe
Annexe 3 : Test de DUNNETT C

xvi



















INTRODUCTION GENERALE




























PREMIERE PARTIE :


CADRES THEORIQUE, CONCEPTUEL

ET METHODOLOGIQUE DE LA

RECHERCHE










































DEUXIEME PARTIE : RESULTATS


ET DISCUSSIONS




































TROISIEME PARTIE :




CONCLUSIONS GENERALES ET
RE

COMMANDATIONS































ANNEXES
































ANNEXES

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)

INTRODUCTION GENERALE
Le Bénin dispose d’immenses ressources naturelles. Ces ressources naturelles dont les
terres fertiles, les forêts, les terres de culture, les eaux poissonneuses sont en proie à une
mauvaise gestion. L’une des conséquences à ce gaspillage des ressources est la baisse de la
fertilité des sols et une chute considérable des rendements des cultures (Vissoh, 1994).
Des études récentes au Centre-Bénin ont montré que les ressources naturelles dans cette
zone sont rapidement dégradées, ce qui indique une faible durabilité et une augmentation des
risques de l’utilisation actuelle des terres (Igué, 2000). Le système de jachère était la
principale pratique de gestion utilisée pour restaurer la fertilité des sols, mais ces pratiques
ont changé à cause des rendements incertains et de l’augmentation de la pression de la
population sur les terres (Igué, 2000).
A cette forte augmentation de la population, se sont ajoutées des contraintes d’ordre
socio-économique. C’est le cas, en particulier des terres de barre du Sud-Bénin qui ne
représentent que 7% de la superficie totale du pays mais concentrent plus de 30% de la
population nationale avec des densités de l’ordre de 300 à 400 habitants/Km2 conte une
moyenne nationale de 45 habitants/Km2 (Azontondé 2000).
La baisse de fertilité de ces sols a fait l’objet de nombreux travaux de recherches
agricoles qui ont permis de mettre au point et de vulgariser un certain nombre de
technologies pour le maintien et la restauration de la fertilité des sols.
Cependant, les efforts consentis par le gouvernement, le niveau de productivité des sols
reste tout de même inquiétant car les méthodes utilisées n’associaient pas toujours les
producteurs à l’ensemble du processus d’innovation.
Développer des technologies «clef en main» s’est révélé impraticable, surtout pour des
innovations complexes entraînant des changements profonds dans les systèmes de culture et
de production destinées à des exploitations à faible revenu (Floquet, 1993).
Adégbidi, (1992) pense alors que la recherche gagnerait à être à l’écoute de ses clients.
Mieux, il croit que cette recherche devra notamment faire l’état des lieux en ce qui concerne


1

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
la technicité réelle du paysannat, les potentialités de son environnement et, enfin et surtout
les aspirations profondes des masses rurales.
C’est dans cette perspective que le projet E & DAD (Engrais et Développement de
l’Agriculture Durable), mis en œuvre par le Laboratoire des Sciences du Sol, des Eaux et
Environnement (LSSEE, ex- CENAP) s’emploie depuis 1996 à développer avec les
producteurs du Sud-Bénin des pratiques de la GIFS (Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols)
simples et efficaces à leur portée pour la restauration et le maintien de la fertilité des sols.
La présente étude qui s’intitule « Impact économique de l’adoption des pratiques de la
Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni) » se propose d’évaluer
l’impact économique de ces pratiques sur la culture du maïs.
Ce travail a été organisé en trois parties: la première, subdivisée en trois chapitres
présente les cadres théorique, conceptuel et méthodologique de la recherche; la deuxième,
subdivisée en cinq chapitres présente les résultats et analyses; enfin la dernière partie
présente les grandes conclusions ressorties des analyses et les recommandations qu’elles
impliquent.

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Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
PREMIERE PARTIE : CADRES
THEORIQUE, CONCEPTUEL ET METHODOLOGIQUE
DE LA RECHERCHE
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE
1.1- PROBLEMATIQUE ET JUSTIFICATION DE LA RECHERCHE

La dégradation de la fertilité des sols comme l’une des causes majeures de la crise de
l’agriculture béninoise est de plus en plus reconnue. En effet, plus de 70% des terres arabes
de l’Afrique au sud du Sahara seraient de fertilité faible ou très faibles (Pieri,1989). De plus,
selon certains auteurs, les frontières agricoles sont déjà atteintes dans plusieurs pays
d’Afrique (Eicher et Baker, 1982) et pire, les agriculteurs de l’Afrique de l’Ouest auraient
déjà de façon générale épuisé leurs sols (Campen, 1992; Kaboré D., 1988; Kaboré S., 1996).
Le problème de la baisse de fertilité des sols est donc très préoccupant pour les économies
africaines dont le caractère prépondérant de l’agriculture est connu. C’est le cas du Bénin
dont l’agriculture contribue pour près de 35% au PIB, emploie 70% de la population active
et participe pour plus de 60% aux recettes d’exportation (Honlonkou, 1999).
Malheureusement, la politique agricole béninoise a été trop sectorielle. Elle a longtemps
mis l’accent sur la production cotonnière avec un système d’incitations appropriées au
moyen de prix aux producteurs, des services d’encadrement et des subventions affectées aux
intrants. Cette option a entraîné des crises dont la disparition de la jachère alors que les
systèmes agricoles demeurent peu évolués, la dégradation de la fertilité des sols, et par
conséquent la baisse de la productivité agricole et la multiplicité des zones d’insécurité
alimentaire.
Des projets de développement agricole ont été mis à exécution avec un accent particulier
sur les pratiques d’une meilleure gestion des terres. Ainsi selon Floquet (1996), durant ces
dernières décennies, peu d’innovations exogènes ont été adoptées au Bas-Bénin, hormis dans
le domaine de la production cotonnière. Parmi les pratiques de maintien de la fertilité des
sols, seule une innovation avait commencé à être diffusée au Sud-Est du pays (Mucuna
pruriens, comme plante de couverture). Les autres ont fait l’objet de recherche à la ferme et

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
de démonstration mais leur adoption a été timide (jachère annuelle à Cajanus cajan, culture
en couloirs à Leucaena leucocephala et Gliricidia sepium). Malgré l’importance des
techniques de fertilisation des sols comme une solution aux problèmes de l’agriculture
béninoise, il semble que l’engouement des agriculteurs pour les technologies diffusées est
mitigé (Honlonkou, 1999). Les raisons de ces échecs s’inscrivent dans le cadre général de
celles des échecs des autres technologies améliorées importées en Afrique qui ne tiennent
pas compte des réalités socio-économiques et culturelles des bénéficiaires (Koudokpon,
1991 cité par Arouna, 2002).
Lorsque nous prenons particulièrement le cas du Sud-Bénin, la pression de l’homme est
prédominante dans la préservation du paysage végétal car le sud du Bénin est considéré
comme l’une des régions les plus peuplées de l’Afrique de l’Ouest. Dans ces conditions,
l’agriculture perd de plus en plus sa durabilité car la disparition des jachères comme moyen
de régénération naturelle des sols s’accompagne rarement des améliorations conséquentes du
système cultural. D’où le poids des facteurs démographiques dans la crise de l’agriculture
béninoise. L’amélioration de la fertilité des terres déjà cultivées par des restitutions
minérales et organiques adéquates et la diversification économique sont des voies de
solutions (Honlonkou, 1999). Parmi ces voies d’augmentation de la production agricole,
celle du progrès technologique pour améliorer la fertilité des terres est essentielle. En effet,
l’utilisation efficiente des autres facteurs de production n’est possible que sur des terres
ayant un minimum de fertilité. Ce problème de baisse de fertilité des terres au Sud-Bénin a
été mis en évidence par plusieurs études (Floquet, 1994; Quenum, 1995). Selon Pol et al.
(1993) les agriculteurs du Sud-Bénin extraient en moyenne 25 à 35% de leur revenu agricole
des pratiques minières d’exploitation des terres. Les conséquences sur la dégradation de la
fertilité des sols sont nombreuses. En effet, on estime en moyenne entre 3 et 4% la perte
annuelle des rendements directement imputables à la baisse de la fertilité des sols des
savanes africaines (Pieri, 1989). Cependant, on constate que face à des revenus agricoles de
plus en plus faibles, les agriculteurs optent souvent pour des stratégies agricoles de survie
qui privilégient les itinéraires techniques à réponse dominante et à rentabilité immédiate (les
associations et les rotations culturales, la jachère palmeraie, la modification des itinéraires
techniques et du calendrier agricole et l’utilisation de l’engrais chimique) aux dépens des
options de long terme. Ces agriculteurs utilisent simultanément diverses méthodes

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
d’amélioration de la fertilité des sols car selon eux chaque méthode a sa spécificité
(Adégbidi et al.,1999). . C’est ce qui fait de la notion de fertilité un problème difficile à
gérer tant par les paysans que par les chercheurs. Toutefois ils admettent que l’amélioration
de la fertilité des sols est nécessaire pour la durabilité des écosystèmes aménagés.
Ainsi, les implications de la baisse de la fertilité des terres sur la production agricole, la
sécurité alimentaire des ménages et la pauvreté rurale sont très importantes (Freeman, 1994).
D’où la nécessité de rechercher des solutions à ces problèmes.
Pour relever le défi de développement technologique, les chercheurs africains doivent
mettre au point des technologies qui augmentent la productivité en tenant compte des
possibilités qu’offre leur environnement physique et humain déjà fragilisé (Arouna, 2002).
C’est ainsi que les services de recherche et de vulgarisation des pays au sud du Sahara en
général et du Bénin en particulier, ont pour défi de réaliser une augmentation de la
production tout en maintenant ou améliorant le potentiel productif des ressources naturelles
disponibles.
La première stratégie de gestion de la fertilité des sols fut la jachère traditionnelle hélas
dépassée par le manque crucial de terres, dû à l’explosion démographique. Ensuite, il y eut
l’utilisation des engrais. Néanmoins, face à l’épuisement annuel du sol, l’investissement
annuel en engrais devra être remplacé par des technologies qui améliorent la fertilité du sol
et qui en même temps sont compatibles avec les conditions socio-économiques du paysan.
Selon Azontondé (2000) il faudrait des solutions surtout intégratives pour palier à ce
problème. Cet auteur pense que l’application de ces mesures réside dans la combinaison de
deux sources d’engrais (organique et minéral) afin de maintenir voire améliorer l’état de
fertilité des sols sous exploitation.
Par ailleurs, parmi les différentes techniques de fertilisation des sols au Sud-Bénin, on
peut citer le système de jachère à base de Mucuna. Selon Honlonkou (1999), l’adoption de la
jachère Mucuna peut induire des accroissements substantiels de production et de revenus des
systèmes maïsicoles au Sud-Bénin. Le même auteur pense que les bénéfices nets induits par
l’adoption de la jachère sont plus élevés que ceux liés à l’intensité actuelle d’utilisation de
l’engrais minéral au Sud-Bénin. La technologie de la jachère Mucuna est de plus en plus
adoptée par les agriculteurs.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Notons que l’amélioration substantielle de la productivité des systèmes agricoles s’avère
indispensable pour supporter l’accroissement des populations rurales et urbaines dans le
monde en voie de développement. En raison de la pression croissante sur les terres,
l’intensification agricole des systèmes de production existants est souvent le seul moyen
d’augmenter la production agricole. Cependant, il y a un souci concernant la durabilité des
systèmes de production dans beaucoup de pays en voie de développement. De plus, il existe
particulièrement en Afrique subsaharienne, une prise de conscience de l’épuisement des
éléments nutritifs du sol et de leur exploitation minière. Il devient alors nécessaire de
renverser cette tendance pour répondre aux besoins alimentaires de base tout en préservant
l ‘environnement pour les générations futures. Il ne fait aucun doute que les fertilisants
inorganiques ont un rôle à jouer dans cet effort. Cependant, comme les engrais inorganiques
se révèlent plus performants lorsqu’ils sont combinés avec les matières organiques, une
approche intégrée impliquant les résidus des cultures, les fumiers et les engrais inorganiques
est indispensable pour assurer une production agricole durable et la protection de
l‘environnement en Afrique de l’Ouest.
C’est dans cette optique que le gouvernement béninois a, à travers le Centre International
pour la Fertilité des Sols et le Développement Agricole (IFDC) Division Afrique, introduit
au Laboratoire des Sciences du Sol, des Eaux et Environnement (LSSEE) du Centre des
Recherches Agricoles d’Agonkanmey de l’Institut National des Recherches Agricoles du
Bénin, le projet E & DAD (Engrais et Développement de l’Agriculture Durable). Ce projet a
mis en place des pratiques GIFS (Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols) dans le Sud-Bénin
pour la restauration et le maintien de la fertilité des sols. La GIFS vise à:
- restaurer les stocks de nutriments du sol,
- Réduire les pertes de nutriments de l’environnement,
- intensifier le recyclage des nutriments au champ,
- améliorer l’efficacité des intrants externes.
Pour y parvenir, les principales options développées par le système GIFS sont:
- l’utilisation optimale du Phosphate Naturel du Togo (PNT),
- l’utilisation du fumier,

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
- l’utilisation des ordures ménagères,
- l’utilisation des légumineuses (Mucuna, Aeschynomene).
- L’utilisation des engrais NPK et Urée
Le projet est implanté dans deux zones au Sud-Bénin: Ahohoué (commune de
Klouékanmey, département du Couffo) depuis 1996 et Banigbé (commune d’Ifangni,
département du Plateau) à partir de 1998.
Cependant, les performances d’une technologie en expérimentation en milieu réel ne
suffisent pas pour préjuger de son impact sur les performances agricoles des adoptants. En
effet, les technologies ne manquent pas dans les pays en voie de développement, et méritent
une réflexion pour la saisie globale de ses composantes et la maîtrise de ses effets induits.
De même, l’on ne doit pas oublier que l’adoption de ces technologies comporte également
des coûts. Nous devons alors nous poser la question de savoir si ces technologies remplissent
réellement les objectifs multiples dont nous avons parlé plus haut et surtout si elles peuvent
permettre aux agriculteurs d’atteindre le double objectif d’accroissement du revenu agricole
et de restauration, de maintien ou d’amélioration de la fertilité des sols. Ainsi, Il s’avère
nécessaire d’évaluer l’impact économique de l’adoption du paquet technologique chez les
paysans adoptants. En effet, l’évaluation d’impact évalue pour les variables clés, la
différence entre les résultats (d’individus, d’entreprises, de ménages, de population, de
décideurs, etc.) qui ont bénéficié de l’intervention et les valeurs qui seraient obtenues s’il n’y
avait pas d’intervention. Ce qui permettrait de quantifier les gains potentiels liés à l’adoption
de ladite technologie.
La présente étude, qui se propose d’évaluer la contribution du système GIFS à
l’amélioration de la production s’inscrit bien dans le cadre général de recherche de solutions
à la crise des économies agraires en Afrique. Elle est donc une contribution importante à la
littérature sur l’impact des techniques de fertilisation des sols au Bénin mais aussi, permettra
d’expliquer le rythme de diffusion que connaît ladite technologie.
De façon spécifique, cette étude permettra de vérifier l’existence de variables socio-
économiques susceptibles d’induire un plus grand impact de la diffusion des options GIFS
sur les revenus agricoles; ce qui permettrait de formuler des recommandations de politique
économique pertinentes pour l’amélioration de l’efficacité des systèmes de génération et de

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
transfert de technologies. Outre une étude comparative intra zone, la présente étude nous
permettra de faire également une analyse comparative entre les deux zones.

1.2- OBJECTIFS DE LA RECHERCHE
L’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’impact économique des différentes
options GIFS sur les producteurs du Sud-Bénin. La dite étude a été conduite dans les
communes de Klouékanmè, département du Couffo et Ifangni, département du Plateau.
Pour atteindre cet objectif global, les trois objectifs spécifiques qui le sous-tendent
sont les suivants :
- déterminer l’impact des options GIFS sur l’augmentation du stock de
capital des exploitants agricoles;

- déterminer l’impact des options GIFS sur la productivité des exploitants
agricoles;

-
déterminer l’impact des options GIFS sur le revenu des exploitants
agricoles.


1.3- HYPOTHESES DE RECHERCHE
Pour atteindre ces objectifs, les hypothèses suivantes ont été formulées :
H1 : L’utilisation des options GIFS augmente le stock de capital des exploitants
agricoles.
H2 : Les adoptants des options GIFS ont un niveau de productivité agricole plus élevé
que celui des non-adoptants.
H3 : Le revenu du maïs issu des pratiques GIFS est supérieur à celui des pratiques
paysannes.

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CHAPITRE II: CADRE CONCEPTUEL
2.1-CONCEPTS CLES
2.1.1- Stock de capital
Le capital désigne tout ce qui est utilisé dans l’activité de production, qui n’est pas un don
de la nature et qui a été produit dans le passé (Anonyme, 2004). On y regroupe les stocks de
vivres, les semences, les engrais, les outils, les machines, les équipements et autres
matériels. Il comprend alors une multitude d’articles fort variés avec comme caractéristique
commune le fait qu’ils aient été produits dans le passé et contribuent à présent à la
production.
Selon la durée de vie productive, on peut classer le capital en:
- Capital de long terme qui concerne les éléments du capital qui ont une longue
durée de vie et on les considère souvent comme permanents. Il s’agit des bâtiments,
barrages, puits, améliorations de terres et cultures pérennes.
- Capital de durée moyenne (c'est-à-dire de quelques années de vie) qui
comprend le matériel de traction, des équipements et beaucoup d’autres outils…
- Capital de court terme qui est généralement consommé en une année et
comprend les sortes de vivres, les animaux, les produits phytosanitaires.
C’est de ce dernier type de capital qu’il sera question dans la présente étude. Plus
précisément le stock de capital à mesurer ici, comprend les quantités de semences,
d’engrais, d’ordures ménagères, les déchets d’animaux et les légumineuses utilisés dans
la restauration de la fertilité du sol.

2.1.2- Productivité
Dans le langage courant, et pendant longtemps, le mot productivité a simplement désigné
la faculté de produire. Il était alors peu employé. Toutefois, depuis la dernière guerre
mondiale, ce sens a beaucoup évolué. Pour tout esprit objectif, la productivité est avant tout
une constatation. Elle désigne le rapport entre une production et les facteurs de production
qui ont permis de l’obtenir ou bien entre une production et certains des facteurs qui ont
permis de l’obtenir. Cette définition générale semble bien recueillir une très large adhésion
et elle a l’avantage d’être orientée vers la mesure.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Notons que la productivité que l’on cherche à mesurer de nos jours est généralement une
productivité moyenne et concerne par exemple la production d’une année. Néanmoins, il
n’est pas interdit de mesurer la productivité marginale (se rapportant à la «dernière unité»
produit). Cependant, c’est avant tout, la productivité moyenne qui entrera dans le cadre de
cette étude.
Il importe encore de préciser que la production et les facteurs de production doivent en
principe s’entendre en nature. Ce qu’il faut saisir, c’est la quantité de produits obtenus d’une
part, la quantité de facteurs de production utilisés d’autre part.

2.1.3- Revenu agricole
Le revenu agricole est la différence entre la production et les charges liées à cette
production. On distingue deux types de revenu: le revenu net et le revenu brut. Le premier
type est la différence entre la valeur ajoutée et la rente foncière, les taxes, les impôts, les
intérêts, les salaires des travailleurs extérieurs.
Selon Adégbidi (1994), le Revenu Agricole Net (RAN)=Valeur Ajoutée (VA) -Rente
Foncière (RF) – taxes et impôts (T) – intérêts des emprunts (I) - Salaires des travailleurs
extérieurs (W).
Valeur Ajoutée (VA) = Produit Brut (PB) – (consommations intermédiaires (CI) +
Amortissements (Am).
Ce revenu prend donc en compte l’autoconsommation, l’accumulation en nature et le
revenu monétaire.
Le revenu agricole brut par contre est la différence entre la production brute et les charges
réelles payées pour cette production. Les charges comprennent les coûts des intrants
variables à savoir les semences, les différents engrais, les insecticides et le coût de la main
d’œuvre (défrichage, labour, semis, sarclages, fumure, pulvérisation, récolte et le transport).
Il est calculé pour une seule campagne agricole. C’est en réalité cette forme de revenu qui
sera utilisée dans la présente étude car son objectif est d’apprécier les comptes d’exploitation
à court terme et d’autre part pour éviter que certains paramètres ne nous échappent.




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2.2- REVUE DE LITTERATURE
Cette section définit et discute certains concepts très utilisés dans les développements qui
vont suivre. Elle est destinée à préciser les sens des concepts employés et à rendre la lecture
plus soutenue.

2.2.1- Généralités sur la production du maïs
Le maïs (Zea mays), est une culture céréalière très répandue dans les régions tropicales. Il
est très exigeant en eau dont l’apport peut atteindre 1600 mm pour les variétés à cycle long.
Sa production requiert une température totale de l’ordre de 400 °c pour les variétés précoces
contre 1500 °c pour les variétés tardives (Singbo, 2000). Il s’adapte très bien à des types et
des états de sol différents. Les sols profonds, finement structurés, bien aérés et drainés,
riches en matières organiques et ayant une capacité élevée au champ conviennent le mieux.
Cependant, de bonnes méthodes de culture et l’utilisation d’engrais permettent de bons
résultats sur presque tous les types de sol ayant un pH (H2O) situé entre 5,0 et 7,0
(Raemaekers, 2001).

Situation de la production du maïs dans le monde particulièrement en Afrique
Le maïs est l’une des céréales de base les plus importantes dans le monde. En effet, il est
cultivé dans le monde sur 137,5 millions d’hectares, soit 20,36 % de la superficie totale
consacrés aux céréales (FAO, 2000). De plus, il est considéré comme la céréale la plus
produite dans le monde en 2002 (602 millions de tonnes) suivi du riz (576 millions de
tonnes) et du blé (572 millions de tonnes)1.
La production totale du maïs a nettement évolué de 421 millions de tonnes en 1979-1981
à 602 millions de tonnes en 20021.
L’augmentation de cette production est essentiellement l’œuvre des pays développés. En
effet, pendant que les pays en développement consacrent davantage de superficies à la
culture du maïs, les pays développés augmentent leurs rendements atteignant aujourd’hui des
valeurs quatre fois plus importantes (FAO,1993). La production africaine de maïs a
augmenté de 19 millions de tonnes en 1970 à 42 millions de tonnes en 2002. Quant à la
superficie cultivée, elle s’est accrue de 8 millions d’hectares de 1970 à 2001. Ce résultat est

1 www.fao.org

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du d’une part au bas niveau d’adoption des variétés améliorées à hautes performances
agronomiques et d’autre part au fait que dans ces régions, de grandes quantités de maïs sont
cultivées à basse densité en association avec une ou plusieurs autres cultures, y compris le
manioc, le sorgho, le niébé, l’arachide, l’igname et la patate douce. Selon Raemaekers
(2001), les cultures mixtes diminuent le rendement du maïs, mais permettent aux fermiers
d’accroître la productivité globale des ressources investies dans l’agriculture et de réduire les
pertes en cas d’échec d’une des cultures. Notons que les variétés améliorées de maïs
présentent des contraintes de production et des qualités technologiques et organoleptiques
jugées fort éloignées de celles des écotypes locaux (Nago, 1997). Dans les pays développés
par contre, l’amélioration génétique, le perfectionnement des techniques culturales et le
développement des applications d’engrais ont permis de passer d’une production de 280
millions de tonnes en 1979 à 325 millions de tonnes en 2002 sur 49 millions d’hectares en
1979 et 46 millions d’hectares en 2002.
Dans les pays développés, la production maïsicole est essentiellement destinée à un usage
agro-alimentaire tandis qu’elle est principalement utilisée dans l’alimentation des pays en
voie de développement dont le Bénin.

Importance socio-économique du maïs au Bénin
Le maïs est l’élément de base des peuples du Bas-Bénin (Adandé, 1984). Sa culture tend
également et progressivement à se développer dans les régions septentrionales. Le Bénin est
considéré comme un pays à tradition maïsicole ancienne car la première céréale dans
l’alimentation de ces populations est le maïs. Bricas (1993) classe le Bénin parmi les pays à
forte consommation de céréales de base «maïs-sorgho». Cet état de chose se traduit d’une
part dans la production et les échanges commerciaux et d’autre part, par la diversité des
transformations alimentaires.
Notons qu’au Bénin, plus de 95% des agriculteurs continuent de cultiver les variétés
traditionnelles, à la fois parce que les types améliorés ne sont pas disponibles et parce que
les variétés traditionnelles souffrent moins pendant le stockage et qu’elles sont plus
appropriées aux plats régionaux (Raemaekers, 2001).

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Le maïs est utilisé soit au sein de l’exploitation agricole, soit à l’extérieur. Au sein de
l’exploitation, il sert à l’auto-approvisionnement de la famille, à l’extérieur comme moyen
d’échange. Dans ce cas, il joue plusieurs fonctions: par la vente, il est transformé en liquidité
et devient pour l’exploitation une source importante de revenus; à l’échelon du village il sert
à rémunérer certains travaux agricoles et sert de don aux parents et alliés.

Importance du maïs dans l’économie béninoise
La production béninoise du maïs a atteint environ 622.126 tonnes obtenues sur 704,672
hectares en 2002 (Madodé 2002). la figure ci-dessous montre l’évolution de la production du
maïs les dix dernières années.

Figure 2.2: Evolution de la production du maïs au Bénin
800000
700000
600000
500000
production 400000
300000
200000
100000
0 1993- 1995- 1997- 1999- 2001-
1994
1996
1998
2000
2002
campagnes

Source: MAEP
De l’analyse de ce tableau, il ressort que la production du maïs augmente de façon
générale durant les dix dernières campagnes agricoles. Cependant, on constate une chute de
production durant les campagnes 1995-1996; 1998-1999 et 2001-2002.

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Les superficies consacrées au maïs font 75% des superficies allouées aux céréales et 30%
de la superficie totale emblavée (Anonyme, 1994; FAO,1996; Nago,1997).
Le maïs rapporte chaque année près de quarante (40) milliards de F CFA à l’économie
béninoise (Nago,1997). Son importance dans l’alimentation et l’artisanat alimentaire urbain
explique l’ampleur des transactions commerciales dont il fait l’objet sur l’ensemble du
territoire national. «Au-delà de son rôle vivrier, il est devenu au fil des années, une
importante culture de rente. Plus de 40% de la production nationale est ainsi commercialisée
avec comme principaux clients, les ménages et l’artisanat alimentaire urbain» (Nago et al.,
(1993).
C’est au vu de toute son importance que le maïs a été choisi comme culture de base pour
les pratiques de la GIFS.

2.2.2- Notion de fertilité des sols
Par fertilité, on entend l’aptitude à produire d’un milieu (et non plus seulement d’un
terrain) dont on apprécie les diverses caractéristiques.
Selon Clément (1981), la fertilité d’un sol dans un climat donné représente son aptitude à
assurer de façon régulière et répètée la croissance des cultures et l’obtention des récoltes.
Elle est la résultante de ses trois composantes chimique, physique et biologique. Pour
Albrecht et al. (1998), la fertilité désigne très généralement un ensemble de propriétés du sol
relatives aux conditions d’exploitation et qui exprime à la fois dans la production: diversité
des espèces cultivées, quantité, qualité et régularité des récoltes, et dans les moyens
techniques à mettre en œuvre pour l’obtenir: façons culturales, temps de repos, fumure, etc.
Quant à Dioum cité par Kanté (2001), la notion de fertilité dépasse la disponibilité en
éléments nutritifs, elle englobe en particulier la teneur en matière organique du sol, sa
structure, sa capacité de rétention en eau et son activité biologique.
De même, pour Pieri (1989) et Djegui (1992), la fertilité d’un sol désigne sa capacité à
alimenter les plantes en éléments nutritifs, en eau, en oxygène et en chaleur afin d’assurer
l’abondance des récoltes quand on lui applique les techniques agricoles qui lui conviennent
le mieux.


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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Par contre, Boiffin et Sebillote cité par Glitho (2001) faisant remarquer la diversité des
aptitudes culturales d’un sol, arrivent à contester l’intérêt même du terme fertilité et la
considèrent comme une notion floue, peu opérante et préfèrent celle d’aptitudes culturales
qu’ils définissent comme le jugement global portée sur un milieu du triple point de vue des
potentialités, des risques qui seront estimés à travers l’analyse de la souplesse et de la
sécurité dans le choix de la mise en œuvre des systèmes de culture.
On reconnaît aujourd’hui que la fertilité des sols, longtemps considérée comme naturelle
peut être acquise au moyen d’actions d’aménagements et de mise en valeur de terres
réputées pauvres et des territoires conquis sur la mer. Clément ( 1981), estime que la fertilité
d’une terre agricole peut être appréciée quant les autres facteurs de production ont été
convenablement utilisés. C’est en fait ce mot «convenablement» qui pose le problème de
l’indétermination du potentiel de fertilité dans les pays sous-développés où l’utilisation du
capital productif est faible.
De même, Reboul (1989), écartait l’idée d’établir un critère synthétique d’appréciation de
la fertilité agronomique en raison même des diverses définitions. Selon ce dernier, les
critères de fertilité posent avant tout un problème de patience vis-à-vis de la situation étudiée
et dépendent des pratiques sociales. La fertilité agronomique est donc valorisable dans les
limites que lui confèrent notamment les moyens de travail et la qualification professionnelle
du producteur. On ne peut donc dire qu’un champ est plus fertile qu’un autre à moins de
connaître les degrés d’habileté et d’initiatives des producteurs et la somme de capital et de
travail dont ils disposent. Marshall (1989), cité par Gnangassi (2003), continue en disant que
le mot «fertilité» ne peut avoir de sens puisque sa mesure dépend du capital engagé et est à
cet instant confondue avec le mot «rentabilité».
Dans la présente étude, du fait qu’il n’existe pas de fertilité en soi, mais seulement en
rapport avec les modalités culturales d’utilisation de l’espace, la notion de fertilité des sols
sera utilisée de façon relative.

2.2.3- Gestion de la fertilité des sols
Selon Pieri (1989), gérer la fertilité, c’est agir pour maintenir, parfois améliorer, le statut
organique, minéral, physique et biologique des sols en vue d’atteindre un certain niveau de
production et de façon durable.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Le système cultural basé sur la rotation culture/ jachère de longue durée permettait
traditionnellement de gérer la fertilité de ces sols. Après la déforestation et le brûlis, le sol
était cultivé avec mise à feu des résidus de récolte pendant quelques années avant d’être
abandonné pour une période de jachère suffisamment longue (environ 10 ans ) pouvant
permettre la restauration de sa fertilité. Selon Azontondé (2000), cet agro-système pratiqué
par les paysans africains produisait assez pour satisfaire les besoins des populations sans
endommager l’environnement. Toutefois, le même auteur pense que ce système demandait
d’assez grandes étendues de terres pour répondre aux besoins d’une faible population.
Cependant, depuis les trois dernières décennies, ce système n’est plus à l’équilibre sous
l’effet d’une part, d’une forte poussée démographique et d’autre part, des contraintes d’ordre
climatiques et socio-économiques.
Le Bénin a entrepris des activités de conservation des sols dès les années 1964
(Honlonkou, 1999).
Dans le sud et le centre du pays, elles se résument en des techniques d’agro- foresterie.
Les cultures vivrières sont associées à des palmeraies-vignobles occupant peu à peu
l’espace et contribuant à protéger et à régénérer le sol jusqu’à son exploitation. Selon
Raymond et Beauval (1991), 11.000 ha officiels de coton dans le département du Mono
seraient cultivés de cette manière. Toutefois, au centre du pays et dans le Nord du
département du Zou (actuel département des Collines), un système analogue à celui des
palmeraies-vignobles est basé, là bas sur l’anacardier et concerne plusieurs milliers
d’hectares de cultures vivrières. Comme autre forme de gestion de la fertilité des sols, il y
eut l’usage de plantes légumineuses en cultures associées comme engrais verts. D’autres
formes d’engrais vert traditionnels consistent à enterrer de l’herbe et des résidus de récoltes
précédentes sous les billons ou les buttes de terres sur lesquelles sont plantées les cultures.
Cette technique est largement répandue dans le département du Zou au Bénin (CARDER.
Zou, cité par Quenum, 1995).
Au Bénin, le manioc est fréquemment employé comme culture intercalaire sur le plateau
Adja (Quenum, 1986). Au total, il y eut des méthodes de gestion de la fertilité des sols au
Bénin. Cependant, elles n’ont pas été accompagnées de fortes augmentations des
rendements (Azontondé 2000). D’où la nécessité de mettre en place d’autres modes de
gestion des sols. Ces solutions existent heureusement.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Au Bénin, les recherches sur les méthodes de conservation des sols sont encore très
récentes et assurées par les institutions telles que l’INRAB, la FSA, l’IITA, etc.
Par ailleurs, les expériences menées dans les stations de recherche montrant que les
techniques biologiques de conservation de sols peuvent augmenter substantiellement la
production (Quenum, 1995). C’est l’exemple de l’utilisation de l’acacia ( Acacia albida) qui
est une légumineuse capable de doubler les rendements partout où il est présent (IITA,
1992). On la rencontre à l’état sauvage dans les champs entre les cultures annuelles dans les
zones arides et semi-arides. Outre son aptitude à fixer l’azote, elle perd ses feuilles en saison
pluvieuse pour fournir de la matière organique au sol et éviter d’entrer en compétition pour
la lumière et l’eau avec les cultures semées sous l’arbre; en saison sèche, elle reverdit pour
protéger le sol contre l’insolation (Lahuec, 1980 ; cité par Quenum, 1995) et fournit du
fourrage pour les petits ruminants.
Suite à des essais agronomiques, les légumineuses annuelles ont révélé des effets positifs
à long terme sur la fertilité des sols et des rendements. C’est ainsi qu’Azontondé (1993 et
1998) propose pour une productivité durable du maïs et l’amélioration du stock organique et
azoté, un système d’association du maïs à une légumineuse de couverture, le Mucuna
pruriens. Cette technique de jachère courte (une saison de culture) à base de pois mascate
(Mucuna pruriens), introduite au Bénin en 1987, est l’une des techniques de fertilisation du
sol dont l’impact sur le rendement est le plus grand (Quenum, 1995). Cette technologie
permet une diversité d’utilisation. Elle contrôle les adventices comme Imperata. Elle sert de
plante de couverture et d’engrais vert, générant une biomasse très importante en 6 mois
seulement de jachère. Mieux, son adoption exige un faible décaissement de fonds initial
(Osei-Bonsu et Bukles, 1993; cités par Honlonkou, 1999). Notons enfin, que malgré toutes
ces méthodes de gestion de la fertilité des sols pratiquées au Bénin, les rendements sur ces
sols demeurent faibles. D’où la nécessité d’une combinaison de diverses techniques.

2.2.4- Gestion Intégrée de la fertilité des sols

L’amélioration substantielle de la productivité des systèmes agricoles s’avère
indispensable pour supporter l’accroissement sans cesse des populations rurales et urbaines
dans le monde en développement. En raison de la pression croissante sur les terres,
l’intensification agricole des systèmes de productions existants est souvent le seul moyen

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
d’augmenter la production agricole de ces pays. Cependant, il y a un souci concernant la
durabilité des systèmes de production dans beaucoup de pays en voie de développement. La
gestion durable des sols en agriculture selon la FAO ( 2002), consiste à utiliser les sols pour
la génération de produits agricoles dans le but de répondre aux modifications des besoins
humains tout en préservant la fonction socio-économique et écologique des sols à long
terme.

C’est ainsi que Honlonkou (1999), affirme que parmi la gamme des techniques de
fertilisation existantes, les chercheurs accordent de plus en plus d’attention aux techniques
agronomiques (à base de matières organiques). De plus, la validité sociale des technologies
agricoles est jugée de part leur impact sur la durabilité des systèmes agricoles. L’approche
basée sur les techniques agronomiques cherche à développer des technologies rentables,
mais également conservatrices, voire réparatrices de l’environnement (Mounier, 1992). Elles
sont alors destinées à assurer une agriculture durable aux générations futures.
Certes, l’abandon total de l’engrais minéral n’est pas à l’ordre du jour car il reste un bon
complément de l’engrais organique pour la fourniture d’oligo-éléments essentiels (Heerink
et Kuyvenhowen, 1992 cité par Gnangassi, 2003). Néanmoins, son utilisation exclusive
entraîne à terme un épuisement et une acidification des sols. Des rendements extrêmement
élevés peuvent être obtenus en combinant les techniques biologiques et l’usage des engrais
minéraux. Cette approche a été l’une des préoccupations de Greenland (1962) il y a une
quarantaine d’année. Dans le même ordre d’idée Scholes et al. (1994) pense qu’il y a cinq
principes de base pour conserver la fertilité des sols dans les écosystèmes agricoles durables
à savoir:
- Les éléments minéraux retirés du sol doivent être restitués;
- La condition physique du sol doit être maintenue, ce qui veut dire que le niveau
d’humus doit être maintenu constant ou augmenté.
- Il ne doit y avoir de développement d’adventices, de ravageurs et de
maladies;
- Il ne doit y avoir une augmentation de l’acidité du sol ou autres éléments
toxiques (produits chimiques par exemple);

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
- L’érosion du sol doit être contrôlée pour être égale ou inférieure à la vitesse de
formation du sol.
C’est dans le souci de répondre à ces exigences du sol que Djegui (1992) cité par
Gnangassi (2003) propose trois voies possibles pour l’amélioration de la fertilité des terres
de barre. Il s’agit de:
- l’apport de matières organiques pour reconstituer le stock humique du sol;
- le travail du sol
- la fumure et les amendements minéraux.
Par ces diverses explications, on constate que la solution aux problèmes d’amélioration de
la fertilité des sols est d’adopter des pratiques intégratives. C’est ainsi qu’Azontondé (2000)
exprime la nécessité de mettre en place d’autres modes de gestion intégrant à la fois la
conservation des sols et l’augmentation des rendements. C’est ce processus qui aboutit à
l’incorporation dans le système de production des produits autrefois appelés déchets fumiers
animaux (Wolmer, 1999) et d’ordures ménagères (La Verdière, 2002). Cependant, ces
quantités restent faibles pour satisfaire les besoins alimentaires sans cesse croissants de la
population mondiale (Sasakawa global 2002). C’est pour tenter d’apporter une solution aux
problèmes de baisse de rendements, de dégradation de la fertilité des sols au Bénin que le
Centre Internationale pour la Fertilité des Sols et le développement (IFDC) et le Laboratoire
des Sciences du Sols, des Eaux et Environnement (LSSEE) mettent en place des pratiques de
gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFC). La GIFC vise notamment à:
- restaurer les stocks de nutriments du sol;
- réduire les pertes de nutriments de l’environnement;
- intensifier le recyclage des nutriments au champ;
- Améliorer l’efficacité des intrants externes.

Dans le but d’atteindre les objectifs ci-dessus, le projet a mis en place un paquet
technologique dont pour la culture du maïs on a:
- le semis d’une variété précoce de maïs à savoir le DMR-SRW;
- l’utilisation optimale du Phosphate Naturel du Togo (300kg/ha) comme fumier
de fond en début de culture;
- l’utilisation des engrais 200kg/ha NPKSB (14-23-14-5-1) + 200kg d’Urée.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
- le recyclage des résidus de récolte et apport d’ordures ménagères;
- semis en ligne à bonne date et à bonne densité (0,8m * 0,4m);
- l’utilisation des engrais NPK et Urée.
- semis du Mucuna ou Aeschynomene en association avec le maïs,
- épandage d’engrais par enfouissement;
- 2 à 3 sarclages pendant le cycle du maïs:
- la rotation Maïs-Niébé (niébé en deuxième saison).
Ces pratiques introduites au départ à Ahohoué (commune de Klouékanmè) en 1996 ont
été étendues à Banigbé (commune d’Ifangni) avec certaines particularités dont l’association
maïs-manioc et le semis du maïs sur billon à la densité 0,8m * 0,4m.

2.2.5- Déterminants de l’adoption des innovations
Selon INRAB (1996) l’adoption d’une technologie est tributaire de nombreux facteurs
parmi lesquels on cite généralement:
- la complexité de la technologie,
- la mise en place de fond initial indispensable,
- le bénéfice net escompté et
- les possibilités d’intégration de la technologie dans le schéma socioculturel de
l’exploitant agricole.

Selon Houndékon et Gogan (1996) cités par Honlonkou (1999), on peut regrouper les
facteurs susceptibles d’influencer l’adoption d’une technologie en quatre catégories à savoir:
les facteurs propres au producteur, les facteurs liés à la technologie, les facteurs
institutionnels liés au marché et ceux liés aux caractéristiques de la parcelle devant recevoir
l’innovation.
Ainsi dans la catégorie des facteurs liés au producteur, on peut citer l’éducation et
l’expérience comme des facteurs indicateurs du capital humain, l’âge, le genre, le niveau de
richesse, la taille de l’exploitation, la disponibilité en main-d’œuvre, le degré d’aversion au
risque. Parmi les facteurs liés à la technologie, on cite les fonctions économiques et
alimentaires du produit, la complexité de la technologie, le coût relatif de l’innovation par
rapport aux innovations substituts, le délai de récupération de l’investissement et la

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susceptibilité de la technologie aux maladies. On classe parmi les facteurs institutionnels,
l’accès aux organismes d’octroi de crédit, la tenure foncière, la disponibilité et l’accessibilité
des marchés des produits et des facteurs, la disponibilité et la qualité de l’information sur les
technologies et le développement des activités para et extra-agricoles. Quant aux facteurs
biophysiques, ils sont liés à la parcelle et à l’environnement naturel et comprennent les
caractéristiques des parcelles de culture (type de sol, pente, degré de fertilité initial), les
types d’adventices et le climat.

2.2.6- Méthodes d’évaluation d’impact
Une évaluation n’est autre qu’une analyse systématique. Les évaluations d’impact
économique examinent les impacts socio-économiques et financiers d’une activité, d’un
ensemble d’activités ou d’un ensemble de changements dans une situation donnée.
Une évaluation des impacts économiques probables de projets potentiels ou proposés est
appelée évaluation préalable (ou ex- ante), tandis qu’une évaluation faite après l’exécution
d’un projet, considérant ce qui s’y est passé, est désignée sous le terme d’évaluation a
posteriori (ou ex-post). Les méthodologies utilisées pour ces deux types d’évaluation sont
similaires. Les principales différences entre les deux résident dans le but de l‘évaluation, les
types d’informations utilisées dans l’évaluation et les moyens par lesquels ces informations
sont obtenues (Gregersen et Contreras, 1994).

Evaluation ex-ante et évaluation ex-post
En règle générale, une évaluation d’impact ex-ante est conduite lors de la phase
d’identification et de préparation du projet et fait appel à des présomptions d’évènements et
de conditions futures. Son but est de fournir aux organes de décisions une information qui
leur permette de faire des choix entre diverses formules possibles pour le projet considéré.
Elle traite d’évènements qui peuvent se produire- ou ne pas se produire- dans l’avenir. Elle
doit reposer sur des estimations incertaines de ces évènements futures, et s’accommoder
d’un manque d’informations applicables aux circonstances particulières considérées. Du fait
que cette évaluation traite d’un avenir incertain, les stratégies de prise en compte de
l’incertitude y joue un rôle essentiel.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Quant à l’évaluation d’impact ex-post, elles sont effectuées après achèvement d’un projet,
ou de certaines portions d’un projet. Ce sera par exemple, une action de suivi et évaluation
durant l’exécution d’un projet. Leur but est de fournir aux responsables une information qui
leur permette de juger de l’efficacité des projets achevés, d’améliorer l’exécution de projet
en cours et d’améliorer les évaluations préalables de projets futurs, c’est-à-dire accroître
l’expérience de l’institution concernée. Ces évaluations traitent d’évènements qui ont eu lieu
dans le passé. Pour recueillir des informations sur ces évènements, les analystes doivent faire
appel aux comptes rendus qui ont été enregistrés ou à des études spéciales destinées à
évaluer les résultats d’activités passées si les fonds, le temps et les compétences disponibles
et autres facteurs le permettent. Malheureusement, pour de nombreux projets de
développement, on ne dispose pas d’archives relatant leurs activités, soit que celles-ci n’ont
jamais été enregistrés, soit que les archives soient manquantes, incomplètes, difficiles à
assembler et à utiliser, peu fiables ou impropres à l’usage que l’on veut en faire. Dans la
présente étude, il s’agit d’une évaluation ex-post car les pratiques GIFS sur le maïs sont déjà
vulgarisées en milieu rural.

Principes « avant/après » et « avec/sans »
Ces approches ont été développées dans le but de pallier les difficultés liées à la
comparaison entre deux sous-populations; l’une recevant la technologie et l’autre pas.
L’approche avant/après introduction de la technologie, ne permet pas du tout d’isoler les
effets liés aux facteurs exogènes à la technologie. Ainsi, cette approche peut conduire à des
erreurs d’appréciation étant donné que la différence entre les situations avant et après
introduction de la technologie peut être liée uniquement ou principalement aux facteurs
exogènes. Quant à l’approche avec/sans, elle permet de pallier cet inconvénient et plus
encore cette approche est plus conceptuellement claire (Scherr et Muller, op.cit.). Selon
Gregersen et Contreras (1994), en appliquant le concept avec et sans aux coûts économiques
(ou coûts d’opportunité), il faut être particulièrement attentif à bien identifier la meilleure
possibilité réelle abandonnée, c’est-à-dire la meilleure utilisation possible d’une ressource
qui aurait effectivement été faite sans le projet, en tenant compte des diverses contraintes
institutionnelles.


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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Quelques outils d’évaluation d’impact
Une évaluation d’impact des technologies peut se baser aussi bien sur l’analyse financière
que sur l’analyse économique. Gregersen et Contreras (1994) pensent que l’analyse
financière désigne le type d’analyse qui ne s’intéresse qu’aux flux monétaires réels de sortie
(coûts) et d’entrée (recettes) concernant les individus ou groupes d’individus déterminés à
l’intérieur de la société – agriculteurs – firmes privées, organismes publics et autres. Dans ce
sens, l’analyse financière ne traite que des biens et services pour lesquelles un payement
intervient (des payements réels en argent effectués par exemple pour la main-d’œuvre, le
capital, la terre).

Ainsi, l’analyse financière s’arrête seulement au niveau de l’individu et utilise les prix
directement payés ou reçus par le producteur qui comportent des distorsions introduites dans
l’économie par les politiques gouvernementales (de taux de change, de crédit, de taxe, de
subvention, etc.) et le mauvais fonctionnement des marchés (Honlonkou, 1999).
L’analyse d’impact économique en revanche s’intéresse aux coûts et bénéfices pour
l’ensemble de la société, sans se préoccuper de savoir qui paye et qui gagne. Elle traite de
bénéfices en fonction de ce que la société est réellement disposée à payer pour les biens et
services, et de coûts mesurés par le coût d’opportunité (Gregersen et Contreras, 1994).
Comme l’analyse financière, l’analyse économique s’intéresse à la rentabilité, mais il s’agit
ici de rentabilité du point de vue de la société dans son ensemble. Dans cette forme
d’analyse, les prix de marché sont souvent ajustés de manière à refléter plus fidèlement les
valeurs sociales ou économiques. Des analyses partielles sont généralement utilisées dans
l’évaluation de l’impact économique. Il s’agit de l’analyse de l’investissement, l’analyse de
la rentabilité et l’analyse des cash-flow. Ces analyses sont effectuées en estimant: la Valeur
Actuelle Nette ( VAN ), le Taux de Rentabilité Interne ( TRI ) et le Ratio Bénéfice-
Coût ( B/C ) (Nwjiuba, 1995; Masters, 1996; Coulibaly et al., 2001).
La VAN permet de comparer deux possibilités s’excluant mutuellement. Si la valeur
actualisée des bénéfices du projet excède la valeur actualisée des coûts, le projet aura une
valeur actualisée positive. Si, dans ce cas, on utilise un taux d’actualisation social approprié
pour calculer les valeurs actualisées, le projet aura aussi un taux de rentabilité économique
qui excèdera le taux d’actualisation social. Par conséquent, l’une ou l’autre mesure peut être

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
utilisée pour répondre à la question de l’efficacité économique, tant pour l’ensemble du
projet que pour ses éléments dissociables (Gregersen et Contreras, 1994). Mais la VAN entre
plusieurs alternatives est moins utilisable car dépend de l’envergure du projet. Ainsi, il est
possible qu’un petit projet hautement rentable ait une VAN inférieure à celle d’un grand
projet au rendement marginalement acceptable (Theeteen, 1994). C’est ainsi que le recours à
l’indice de rentabilité permet de corriger cet inconvénient, car ce dernier s’exprime comme
le rapport entre la VAN et la valeur initiale de l’investissement lié à l’adoption de la
technologie.

Le TRI mesure le taux d’intérêt auquel la valeur actuelle des coûts égalise la valeur
actuelle des bénéfices. Il peut être mis en relation avec tout autre taux d’intérêt, notamment
le taux pratiqué par les banques commerciales ou le taux de rémunération des
investissements payés. Selon Gregersen et Contreras 1994, il permet de classer des projets
dans le cas où un budget limité doit être alloué à différents projets possibles ne s’excluant
pas mutuellement (budget d’investissement). Dans la mesure où ce TRI est supérieur à ces
autres taux mentionnés, il est adéquat de conclure que la technologie fut un bon
investissement. De plus, le TRI donne une indication sur le taux maximal d’intérêt que peut
supporter un projet, si la totalité des financements est couverte par les emprunts.

Le ratio B/C mesure la valeur relative du bénéfice obtenu par unité de capital utilisé. Ce
ratio tient compte des contraintes financières au niveau de l’investissement et au niveau des
dépenses du fonctionnement.
Notons que les technologies techniquement efficaces seront adoptées par les paysans non
seulement si les bénéfices excèdent les coûts additionnels, mais aussi si l’adoption de ces
technologies n’est pas en contradiction avec les autres objectifs des paysans (Nwajiuba,
1995). Alors les analyses partielles sont souvent inadaptées dans plusieurs cas. Une
évaluation de l’impact économique doit être alors faite dans le contexte du système
d’exploitation pris comme un ensemble. C’est ainsi que Nwajiuba (op. cit.) propose pour
évaluer l’impact des technologies d’utiliser un modèle qui prend en compte les autres
objectifs des paysans tels que la subsistance, la liquidité, la minimisation du risque et les
inputs. La construction d’un modèle de programmation mathématique permet de prendre en

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
compte toutes ces préoccupations. Avec cette approche, les chercheurs essaient d’identifier
la ou les meilleures technologies parmi une série d’alternatives (Kariuki, 1990; Nwajiuba,
1995; Masters, 1996).
Mais ces modèles de programmation mathématique nécessitent cependant plusieurs
données et une recherche intensive, ce qui les rendent relativement difficiles.
D’autres auteurs par contre proposent comme moyen de corriger les insuffisances de
l’analyse partielle, le modèle de surplus économique pour évaluer l’impact économique. En
effet, par rapport à l’analyse partielle, le modèle de surplus économique permet de répartir
l’impact de la technologie entre le groupe des consommateurs et celui des producteurs
(Masters, 1996; Coulibaly et al., 2001). Ce modèle estime l’effet net des gains et des pertes
survenus sur le surplus des producteurs et des consommateurs et qui sont induits par les
innovations technologiques. Mais ce modèle ne tient compte que de la relation entre le
producteur et la technologie alors que cette dernière n’est qu’un input parmi plusieurs. C’est
la raison pour laquelle certains chercheurs préfèrent les approches économétriques pour
établir la relation statistique entre les produits et les différents types d’intrants parmi lesquels
on peut inclure la technologie (Masters, 1995).
Par ailleurs, pour analyser l’impact des technologies sur la distribution des revenus, nous
rencontrons dans la littérature l’utilisation du coefficient de Gini et la courbe de Lorenz.
La présente étude étant essentiellement comparative (comparaison des pratiques de la
GIFS à une technologie alternative), la grande difficulté réside dans le choix d’outils pour
comparer les résultats avant et après ou les résultats sans et avec. La méthode utilisée ici est
principalement basée sur une comparaison à l’aide de l’analyse de variance (stock de capital
et revenu). Elle sera suivie de l’utilisation du coefficient de Gini et de la courbe de Lorenz
pour analyser l’impact de ces pratiques sur la distribution des revenus.








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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
CHAPITRE III : CADRE METHODOLOGIQUE
3.1- PHASES DE L’ETUDE
La présente étude s’est réalisée en trois phases dont la première dite phase exploratoire a
consisté à la recherche documentaire. Elle nous a permis de mieux cerner les grandes lignes
de la recherche. Pendant cette phase, les services de documentation ont été contactés. Il
s’agit notamment de la BIDOC-FSA, du LSSEE, de l’IITA, du PAPA. C’est durant cette
phase que la littérature disponible sur le sujet à été en grande partie revue, les hypothèses de
recherche précises et les villages enquêtés sélectionnés. Cette phase a débouché
principalement sur la rédaction d’une proposition de recherche. La deuxième phase à été
consacrée à la collecte des données primaires. C’est pendant cette phase que les enquêteurs
ont été sélectionnés, le questionnaire confectionné, pré- testé et mieux affiné. Cette phase qui
s’est déroulée pendant les mois de juin et août 2004 a permis en outre de vérifier les donnés
collectées dans les villages échantillonnés. La troisième phase de la recherche a consisté au
traitement des données collectées et à leur analyse. Elle s’est terminée par la rédaction du
rapport provisoire de thèse.


3.2- CHOIX DE LA ZONE D’ETUDE
Le Sud-Bénin à été choisi par le projet à cause de la forte pression démographique sur ces
sols qui a conduit à leur appauvrissement. De même, le projet est mis en œuvre dans la zone
sud où les contraintes au développement durable sont: faible taux de la matière organique
dans les sols ferralitiques et la carence en certains éléments minéraux (potassium, phosphore
et azote). Plus spécifiquement, la présente recherche s’est déroulée dans une zone agro-
écologique parmi les huit existants au Bénin. Il s’agit de la zone n°6 (figure 3.2a) selon le
découpage effectué par les services de statistique du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage
et de la Pêche dans le cadre de la collecte des statistiques agricoles et de la mise en phase de
l’observatoire sur les ménages ruraux.
En effet, cette zone n°6 est caractérisée par des terres de barres sur continental terminal,
profondes et faciles à travailler, mais sont pour la plupart actuellement dégradées. On note
aussi une absence des restitutions minérales et organique (PVC) = 240j ). Ces
caractéristiques font partie des raisons du choix de cette zone par le projet GIFS.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Dans cette zone, les communes de Klouékanmè et d’Ifangni ont été choisies car les sites
dudit projet y sont localisés.

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Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
0°20'
0°40'
1°00'
1°20'
1°40'
2°00'
2°20'
2°40'
3°00'
3°20'
3°40'
4°00'
4°20'
1
2
3
4
12
°
20'
2
°
20'
1
12
0
'
NIGER
0
12
°
00'
12
12°
%
BURKINA FASO
Malanville
'
11
40
°
4
0
11°
'
11
°
2
1
°
20'
0
1
'
% Kandi
11
11
°
°
00'
00'
11
11
1
0
°
40'
0
°
40'
1
10
0'
Natitingou
°
°
2
20'
%
10
'
10
00
10
°
0
10
0
10°
'
0
'
9
°
4
40'

Parakou
%
'
9
°
20
20'

'
9
°
00
00'
9
9


40'
4
0

'

2
°
20'
0
8
'
I
A
0
'
8
°
0
8
R
8
00'
%
%
Agglomération

OGO
GE
Découpage communal
T
NI
Zone 1
Zone extrème nord-Bénin
0
'
7
°
4
40'
Zone 2

Zone cotonnière du nord-Bénin
Zone 3
'
Zone vivrière du sud-Borgou
7
°
20
Abomey
20'
Zone 4

%
Zone Ouest-Atacora
Zone 5
Zone cotonnière du centre-Bénin

00'
0
7
7
0
Zone 6

'
0
20
40
60
80 Kilomètres
Zone de la terre de barre
Zone 7
% Lokossa
Zone de la dépression

4
°
40'
0
Zone 8
6
'
Zone des pêcheurs
%
Source: PNUD/ECVR, 1995
6
0
'
LEA/FSA-UAC, Adi MAMA, fév 2004
Cotonou
°
2
20'

OCEAN ATLANTIQUE
1
2
3
4
0°20'
0°40'
1°00'
1°20'
1°40'
2°00'
2°20'
2°40'
3°00'
3°20'
3°40'
4°00'
4°20'



Figure 3.2a : Carte des Zones Agro-écologiques du Bénin

28

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
3.3- PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE
3.3.1- Commune de Klouékanmè
Avec une superficie d’environ 394 km2 Klouékanmè est l’une des six communes du
département du Couffo. Elle est située entre les parallèles 6°50 et 7° de latitude Nord et les
méridiens 1°40 et 1°55 de longitude Est sur le globe (mairie de Klouékanmè). Elle est
limitée au nord par le département du Zou (Abomey, Agbangnizoun), au sud par les
communes de Djakotomey, de Toviklin et de Lalo, à l’ouest par la commune d’Aplahoué et
à l’est par les communes d’Agbangnizoun et de Lalo (figure 3.2b).
Cette commune comprend huit (8) arrondissements sans personnalité juridique- il s’agit
des arrondissements d’Adjahonmè, d’Ayahohoué , d’Ahagbéya, de Djotto, de Hondjin,
klouékanmè, de Lanta et de Tchikpé. L’ensemble des arrondissement comple cinquante et un
51 (villages) et dix (10) quartiers de ville. La commune de Klouékanmè est dans son
ensemble sur un relief à topographie basse. Sa partie Nord est dominée par les collines de
Lanta ( 137 m et 221 m ) et disséquée par les affluents du fleuve Couffo tels que Lanhoun,
Sawa, Tovi, Togan Zochi, Ganhaya et Hounto. L’érosion des sols, due aux eaux de
ruissellements, est plus accentuée au Nord , ce qui constitue un danger pour ces sols et les
cultures.
A l’instar du département du Couffo, cette commune est caractérisée par un climat de type
sub-équatorial avec une succession annuelle de quatre saisons: deux saisons sèches et deux
saisons pluvieuses en alternance. La pluviométrie annuelle varie entre 850 mm et 1160 mm
avec une mauvaise répartition.
C’est une région de plateau où les sols ne sont pas diversifiés sur l’ensemble de la zone.
En effet, ces sols sont essentiellement cultivés et formés sur grès de crétacé. Ce sont des sols
ferralitiques.
Dans la commune de Klouékanmè, on distingue cinq types de sol (Agossou et al., 1994):
- les sols ferralitiques subdivisés en trois sous-unités suivant leur morphologie: les
ferralitiques sur matériau argilo-sableux friable, filtrant, sablonneux en surface; les
ferralitiques sur matériaux argileux, compacts à drainage modéré en profondeur et
limono-argilo-sableux en surface et les ferralitiques à graviers;
- Les sols ferrugineux très concrétionnés à matrice limono-sableuse;
- Les sols bruns eutrophes argileux;

29

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
- Les sols ferrugineux à éléménts détritiques de geanitoïdes à drainage plus ou moins
hydromorphes des petites vallées et;
- Les sols alluviaux plus ou moins hydromorphes des petites vallées ou des talwegs.








30


Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)












































Figure 3.2b : Carte de la commune de Klouékanmè

31

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
De façon plus précise, à Ahohoué, on distingue trois (3) types de sol selon la
nomenclature locale «adja» (Kpagbin, 2003):
- Kégnigban, sol concrétionné en surface, induré en profondeur; se dégrade rapidement
difficile à travailler et représente 5% des sols du site;
- Gnigbandjou (sol rouge) représente 40% des sols du site. C’est un sol ferralitique
modal sur grès, argilo-sableux, facile à travailler;
- Kpangnigban représente 55% des sols du site; est un sol ferralitique hydromorphe,
gris en surface, difficile à travailler.
La pression démographique est très forte: plus de 320 habitants au km2 et la durée de la
jachère se trouve de plus en plus réduite voire nulle; cette situation expose les sols cultivées
à un processus de dégradation assez accélérée d’où leur faible niveau de fertilité.

Sur l’ensemble de la végétation, l’homme est intervenu. Cela justifie le caractère
essentiellement agricole de la commune. L’action humaine forcée a fait que les espèces
comme Adansonia digitation (baobab), Antiaris africana (Iroko) et Parkia biglabosa (neré)
sont devenus rares. On y rencontre beaucoup de palmiers à huile et de fruitiers comme les
orangers et les manguiers. La partie septentrionale est le domaine de la savane aujourd’hui
soumis à l’action anthropique avec les bois de feux pendant la saison sèche. On y rencontre
aussi la forêt galerie le long du fleuve Couffo.

Le réseau hydrographique quant à lui est constitué notamment des fleuves Mono et
Couffo, de cinq (5) rivières et de huit cent quarante deux (842) pompes (mairie de
klouékanmè).

La population de la commune est estimée d’après le troisième recensement de la
population général de la population (RGPH3) à 93137 habitants soit 237 habits / km² avec
80532 habitants comme population rurale et 12605 habitants comme population urbaine et
50.530 femmes et 42794 hommes. La répartition par arrondissement est présentée dans le
tableau suivant:



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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)

Tableau 3.3a : Population des différents arrondissements de Klouékanmè
Arrondissement
Population
Adjahonmè 15
575
Ahogbéya 10
528
Ayahohoué 5
409
Djotto 18
056
Hondjin 7
242
Klouékanmè 16
901
Lanta 81
112
Tchikpé 11
314
Source: Mairie de Klouékanmè, 2004

Le nombre de ménages s’élève à 10 256 et la population agricole à 63 685 habitants soit
plus de 90% de la population totale de la commune. La taille moyenne des ménages est de
sept (7) personnes. Cette commune est en majorité peuplée d’Adja (88,8%). Comme
activités productives, on y distingue d’après la commune de Klouékanmè:
- l’agriculture, occupant 91,7% de la population active, repose sur la production
des cultures vivrières comme le maïs, l’arachide, la tomate, le niébé, le pois d’angole, le
gombo, le piment et diverses autres légumineuses pour la consommation et la
commercialisation. Le manioc est la principale racine cultivée pour la production du gari
dans la zone. Les cultures de rente sont le coton et le palmier à huile.
- le commerce se développe de façon native. Dans le centre de la ville au niveau
du marché principal, des boutiques de divers produits manufacturés se multiplient. Une
communauté de Ibo venue du Nigeria développe le commerce de pièces détachées d’engin et
de véhicules de toutes maques. Le marché de Klouékanmè s’anime tous les cinq jours et fait
partie des plus grands marchés de produits vivriers du Bénin
- l’élevage des bovins et d’ovins, de caprins, de porcins et de la volaille se
pratique sur l’ensemble du territoire de la commune.
- l’artisanat est aux mains des menuisiers, des maçons, des mécaniciens
d’engins, des soudeurs, des plombiers, des électriciens, des couturières, des coiffeurs, etc..

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)

3.3.2- Commune d’Ifangni
S’étalant sur 242 km2 représentant ainsi 0,21% du territoire national, la commune
d’Ifangni est l’une des communes du département du Plateau. Elle est située au Sud-Est du
Bénin et subdivisée en six (6) arrondissements: Banigbé, Daagbé, Ifangni, Kokoumolou,
Lagbé et Tchaada (commune d’Ifangni). Elle comprend trente trois (33) villages et huit (8)
quartiers de ville. Elle est limitée au Nord et au Nord-Est par la commune de Sakété, au Sud
par celle d’Adjarra, à l’Ouest par celle d’Avrankou et à l’Est par la République Fédérale du
Nigeria (figure 3.2c). Selon les données du recensement de 2002, la population d’Ifangni est
de 71.606 habitants dont 38.174 femmes et 33.432 hommes (mairie d’Ifangni). La répartition
par arrondissement est consignée dans le tableau 3.3b:

Tableau 3.3b: Répartition de la population d’Ifangni
Arrondissement
Hommes
Femmes
Total
Banigbé
7 494
8 586
16 080
Daagbé
4 410
5 088
9 498
Ifangni
9 653
10 871
20 524
Ko-kamola
4 267
5 088
9 030
Lagbé
4 273
4 865
9 138
Tchaada
3 335
4 001
7 336
Total
33 432
38 174
7 1606
Source: Mairie d’Ifangni, 2004
Cette population est composée d’une multitude d’ethnies : Torri, Nagot, Yoruba, Goun,
Séto, Ouemè, Adja, Mina, Fon, Holli etc.
Le climat est du type soudano-guinéen à deux saisons sèches qui s’alternent au cours de
l’année. La pluviométrie annuelle est de l’ordre de 1 200mm.
Contrairement à la commune de Klouékanmè, le morcellement des parcelles de cultures
n’a pas atteint ici un niveau critique. La superficie moyenne par actif agricole se situe
aujourd’hui entre un (1) et deux (2) h



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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)











Figure 3.2c : Carte de la commune d’Ifangni

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
A Ifangni, on distingue principalement deux (02) types de sol selon la nomenclature locale
« goun »:
- Ayigbavèvè :ce sont des sols rouges, profonds, dégradés avec un faible taux de matière
organique et une faible capacité de rétention en eau
- Tanmè yigba : ce sont des sols noirâtres, profonds avec une bonne capacité de rétention en
eau, un peu plus riche que les sols rouges

Les activités économiques sont entre autres d’après la mairie d’Ifangni:
- Les activités agricoles dont plus de 75% de la population active de la
commune s’y adonnent. Les principales cultures vivrières sont: le maïs, le manioc,
l’arachide, le niébé, la patate douce, la tomate, le piment, les légumes, le taro, le gombo.
Cette population tire aussi ses revenus de l’exploitation des palmeraies traditionnelles et
sélectionnées, des arbres fruitiers, de l’ananas, de la banane, de l’élevage, de la chasse et un
peu de la pêche. Toutefois, à cause des moyens rudimentaires de production et de faible
utilisation de l’engrais, le rendement est bas et les productions ne couvrent pas souvent les
besoins de la population toute l’année malgré les deux saisons agricoles. C'est-à-dire que la
commune de Ifangni a besoin d’une agriculture intensifiée et modernisée pour son
développement.
- les activités commerciales sont en majorité menées par les femmes. Elles
mènent des activités informelles à travers la vente de détail sur les étalages au marché. Cette
commune dispose de cinq (5) marchés périodiques et d’un marché quotidien. Tous ces
marchés sont à réfectionner. Par ailleurs, il faut noter que certains restaurants et buvettes
installés par des particuliers participant à l’animation de la vie commerciale de la commune.
- l’artisanat est exercé par la jeunesse, ainsi que la mécanique auto, la réparation
de moulin, le dépannage de radio et de télévision, la menuiserie, la plomberie, la coiffure, la
couture, la maçonnerie, etc.







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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
3.4CHOIX DES VILLAGES ET ECHANTILLONNAGE DES UNITES DE RECHERCHE
Cette étape a été précédée par une phase exploratoire au cours de laquelle les activités
administratives ainsi que les personnes-ressources ont été contactées dans chacune des deux
communes.
Le choix des villages d’enquête a été guidé sur la base des considérations relatives aux
villages d’intervention du Projet GIFS. Sur la base des informations telles que le nombre de
producteurs qui s’adonnent aux pratiques GIFS, la situation géographique des villages
(facilité d’accès, proximité des marchés) et des informations déjà disponibles à savoir, le
nombre de producteurs utilisant les nouvelles technologies, dix (10) villages ont été
sélectionnés au total à raison de cinq (5) par commune. Il s’agit des villages d’Ahohoué, de
Fidégnonhoué, de Dékandji, de kanvihoué et de Nigbogan dans la commune de
Klouékanmey; de Banigbé- gare, d’Agonkinsa, de Sédo, de Doké, et de Daagbé dans la
commune d’Ifangni. Ces villages ont été retenus à cause du temps imparti pour ladite
recherche et le nombre de village couvert au total par le projet. En effet, le projet couvre
vingt huit (28) villages au total et la présente étude couvre 35,71% de ce nombre.
Dans tous les villages sélectionnés, nous avons procédé à un recensement exhaustif de
tous les producteurs de maïs utilisant au mois deux (2) options des pratiques GIFS.
La base de sondage est constituée par les producteurs qui ont appliqué le paquet
technologique durant la campagne agricole 2003–2004.
Selon le rapport de l’approche participative niveau village de 1999, les populations des
villages ont été réparties en quatre (4) sous-populations. Ce classement a été fait en fonction
du niveau d’application des pratiques de gestion. La capacité fait allusion au niveau de
réalisation des facteurs explicatifs. Ces facteurs explicatifs sont notamment:
- la disponibilité financière,
- la disponibilité en terre,
- la disponibilité en main-d’œuvre et,
- l’encadrement

Sur la base de ces critères, les quatre (4) sous-populations sont:


37

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Sp1 ou classe 1 – les exploitants agricoles appliquant (ou ayant la capacité d’appliquer)
suffisamment les pratiques de la GIFS: ce sont ceux qui ont un atout pour les quatre
facteurs pré-cités à savoir de grandes superficies de terres disponibles, de la main-d’œuvre,
une disponibilité financière et sont plus en contact avec l’encadreur.

Sp2 ou classe 2 – les exploitants agricoles appliquant peu suffisamment (ou ayant la
capacité moyenne d’appliquer suffisamment) les pratiques de la GIFS: ils se différencient
de la précédente par la disponibilité en terre et le contact avec l’encadreur.

Sp3 ou classe 3 – les exploitants agricoles appliquant insuffisamment (en n’ayant pas
la capacité d’appliquer) les pratiques de la GIFS: l’ensemble des facteurs les différencient
de la première sous-population. En effet, les exploitants de cette sous-population
apparaissent défavorisés en moyens de production par rapport aux autres.

Sp4 ou les non adoptants – les exploitants agricoles n’appliquant aucune des
pratiques de la GIFS: ces exploitants regroupent les producteurs qui utilisent uniquement la
variété locale de maïs et parfois ou pas de l’engrais minéral.

De plus, l’apport d’engrais minéral et la culture du mucuna constituent les principales
différences entre les sous-populations Sp1 et SP2. En effet, les adoptants de la classe 2 ne
possédant pas assez de terre, préfèrent ne pas cultiver le Mucuna; et utilisent une quantité
d’engrais plus faible que ceux de la classe 1. Le mucuna est utilisé comme engrais vert, mais
ses graines ne sont pas comestibles, ce qui constitue un manque à gagner pour eux, pensent-
ils.
De même, l’apport d’engrais différencie les sous-populations Sp1 et Sp3, ce qui
s’explique par la différence en disponibilité d’argent entre ces deux sous-populations. Les
producteurs de Sp3 s’investissent plus dans l’utilisation des ordures ménagères pour la
fertilisation des parcelles au détriment de l’application des engrais chimiques.

Le tableau suivant présente les sous-populations:


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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)

Tableau 3.4a: Caractéristiques des sous-populations
Sous-populations
Caractéristiques

Superficies varient de 1,12 à 6,22 ha à

Klouékanmè et de 3 à 25 ha à Ifangni; le
Sous-population 1 ou Classe1
nombre d’actifs agricoles dans les 2 zones est
en moyenne de 6 personnes.


Superficies varient de 1 à 3 ha à Klouékanmè

et de 1,5 à 18 ha à Ifangni; le nombre d’actifs
Sous-population 2 ou Classe 2
agricoles est en moyenne de 4 personnes.


Superficies varient de 0,28 à 2,2 ha à

Klouékanmè et de 1,5 à 6 ha à Ifangni ; le
Sous-population 3 ou Classe 3
nombre d’actifs agricoles est en moyenne de
3 personnes.


Superficies varient de 0,2 à 3 ha à
Sous-population 4 ou non adoptants
klouékanmè et de 0,25 à 6 ha à Ifangni; le
nombre d’actifs agricoles est en moyenne de
4 personnes.
Source: Enquêtes Juin - Août 2004
Au total 120 producteurs de maïs ont été enquêtés.
Le tableau 3.4a présente la répartition des paysans enquêtés par commune et par village








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Tableau 3.4b: Répartition des enquêtés par commune

Nombre d’enquêté
Communes
Sp1
Sp2
Sp3
Sp4





Klouékanmè
14
28
13
25






3
8
9
20
Ifangni
Total
17 36 22 45
Source: Enquêtes Juin - Août 2004

3.5- NATURE DES DONNEES COLLECTEES
Les données collectées sont à la fois qualitatives et quantitatives. Elles proviennent
essentiellement des sources primaires. Cependant, les données relatives aux environnements
biophysiques et institutionnels sont secondaires et collectées auprès des structures telles que
le LSSEE, la BIDOC - FSA, l’INSAE, le MAEP, les CeRPA ex CARDER etc.
Les données primaires recueillies sont celles de la campagne agricole 2003-2004 afin de
tenir compte des deux saisons culturales. Les données ont porté sur :
- la taille des exploitations et les spéculations pratiquées par le paysan lors de la
campagne 2003-2004;
- la quantité des intrants utilisés (semences, engrais, insecticides, ordures
ménagers,) durant cette campagne;
- la main-d’œuvre payée au cours de la campagne;
- la production totale obtenue pour les différentes spéculations pratiquées;
- Le prix des produits agricoles;
- Les activités para-agricoles et non agricoles génératrices de revenus.
Par ailleurs, certaines données relatives à la perception des producteurs sur le paquet
technologique en question ont été collectées dans le but de recenser les différentes
contraintes auxquelles ils sont confrontés dans l’adoption dudit paquet technologique.



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3.6- METHODES ET OUTILS D’ANALYSE DES DONNEES
Dans le but d’atteindre les objectifs fixés pour la présente étude et de tester les hypothèses
posées, plusieurs méthodes d’analyse des données sont utilisées. En effet, cette étude a été
en grande partie quantitative. Toutefois il nous a été essentiel de compléter l’interprétation
des études quantitatives afin de pouvoir expliquer certains faits d’ordre sociologique,
culturel, institutionnel.
Pour décrire les caractéristiques des unités de production, nous avons utilisé la statistique
descriptive telle que l’utilisation des fréquences et les paramètres de position (moyenne
arithmétique) et de dispersion (écart-type) pour l’analyse des tableaux et des figures;
- Pour l’analyse de l’impact de la technologie sur le stock de capital et sur le revenu,
l’analyse de variance et le test statistique t de Student ont été utilisés pour la comparaison
des stocks entre les producteurs;
- Pour l’analyse de l’impact sur la productivité, nous avons calculé les différentes
productivités et nous les avons comparée entre les différentes catégories de producteur;
Pour l’analyse sur la distribution du revenu, il a été utilisé le coefficient de Gini et la
courbe de Lorenz.
Quant à la méthode qualitative, elle nous a permis de mieux comprendre les constats
observés au niveau des analyses.
Les données ont été saisies avec le logiciel EXCEL 2000. L’analyse a été faite à l’aide du
logiciel SPSS version 11. Le calcul du coefficient de Gini et le tracé de la courbe de Lorenz
ont été obtenus à l’aide du logiciel DAD (Distributive Analyse/Analyse Distributive) de
Duclos, version 4.2. Le traitement du test est réalisé avec le logiciel Word 2000.

3.7- METHODE D’EVALUATION DES PRODUITS D’EXPLOITATION, DES COUTS DE
PRODUCTION ET DES PRIX
Pour la détermination du revenu relatif à chacune des spéculations et du maïs en
particulier, il nous a fallu évaluer les charges et les recettes du point de vue monétaire.



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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
3.7.1- Evaluation des inputs
- Terre : les modes de faire-valoir sont l’héritage et la location respectivement à
Ifangni et à Klouékanmè. Dans cette dernière zone, la rente annuelle payée pour les
terres louées est considérée comme une charge opérationnelle de production; laquelle
est prise en compte dans la détermination du revenu agricole.
- Main-d’œuvre: c’est une charge réelle payée et dont les différents coûts
afférents sont proportionnels aux tâches. Ces coûts sont pris en compte dans le calcul
des charges d’exploitation. La main-d’œuvre familiale a été estimée par opération
culturale et par culture en homme-jour. L’homme-jour est rémunéré à 600 F CFA
dans la zone d’étude après estimation. Il s’agit d’une moyenne calculée à partir des
principales opérations culturales (défrichement, sarclage et récolte).
- Semences: elles proviennent de trois sources dont notamment l’achat, le stock
ou le crédit octroyé par le projet GIFS. Les quantités achetées ainsi que les prix sont
obtenus directement auprès des enquêtés.
- Engrais: il s’agit surtout du PNT, du NPK et de l’UREE dont les prix sont
fixés par les structures de distribution du projet GIFS.
- Les ordures ménagères: elles proviennent des déchets d’animaux ou végétaux
et de toutes sortes d’ordures venant de la concession. elles ne sont pas achetés
directement mais entrent en compte dans le calcul des charges par leurs coûts de
transport du lieu d’habitation jusqu’au champ.

3.7.2- Mesure des outputs
Pour l’évaluation des produits d’exploitation, les quantités obtenues au niveau de chaque
spéculation sont évaluées en unités locales de mesure et ensuite converties en kilogramme.
Les unités des mesures ainsi que leur correspondance en kg sont présentées dans le tableau
suivant.






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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Tableau 3.7: Unités locales et leur correspondance en kg des différentes spéculations
Unités de


Arachide en
Arachide
mesure locale
Maïs
Niébé
gousse
décortiquée





Togolo ou
0.93
1
0,40
0,83
petit bol de
bouillie
Sogo ou 2,8 3 1,3 2,5
grand bol de
bouillie
Tchaga ou



grande bassine 39,31
42,12
16,85
35,10
Tchongelet ou




bassine
33,6
36
14,4
30
moyenne
Petite
22,4 24 9,6 20
bassine
Source: Enquête juin- août 2004
NB: ces mesures ont été obtenues après séchage ; et les produits ont été pesés à un
taux d’humidité compris entre 13 et 14%.

3.7.3- Méthode d’évaluation des prix des produits agricoles
Les prix des produits agricoles sont ceux du marché pendant la période de vente. Le prix
du kg considéré pour le calcul du revenu est le prix moyen pondéré car les périodes de vente
(récolte et soudure) sont pratiquement les mêmes pour tous les paysans à l’intérieur d’une
même zone. Ce prix a été calculé en considérant les prix de vente enregistrés au niveau de
chaque unité de production. Ainsi, le produit d’exploitation est calculé en multipliant la
production obtenue par le prix moyen pondéré calculé.




43

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
3.8- LIMITES DE LA RECHERCHE
Cette étude présente des limites qu’il convient d’évoquer et de reconnaître humblement.
Au niveau des données collectées, la contrainte majeure est celle liée à la nature de ces
données. Elles sont quantitatives et font appel à la mémoire des enquêtés. A titre d’exemple
on peut citer les données relatives à la production des campagnes passées, le niveau
d’intrants utilisés.

La difficulté qui existe au niveau de l’estimation de la production est que les paysans
consomment déjà les produits bien avant les récoltes. Pour réduire ces marges d’erreurs, les
interviews ont été reprises au niveau de certains paysans chez qui les données semblaient
erronées.

44

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
DEUXIEME PARTIE : RESULTATS ET DISCUSSIONS
CHAPITRE IV: CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES ET
SOCIO-ECONOMIQUES DES UNITES ENQUETEES
Cette partie est consacrée à la présentation de quelques caractéristiques des exploitations
étudiées. Elle passe également en revue le système de production de la zone d’étude.

4.1- CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES
Elles regroupent la taille de l’unité de production, sa structure, l’âge, le genre du chef de
l’unité de production, de même que sa situation familiale.

4.1.1– Sexe et âge des producteurs
Les unités enquêtées au cours de notre étude sont constituées aussi bien d’hommes que de
femmes. Les chefs d’unités sont exclusivement les hommes dans les deux zones d’études
(95%) sauf des cas rares où la femme représente le chef du ménage (5%) par suite du décès
de son époux ou d’un divorce. Les femmes rencontrées dans ces unités sont au nombre de 42
dont 41 à Klouékanmè et une (1) à Ifangni.
L’âge des chefs d’unité enquêtés se situe en moyenne entre 26 et 50 ans pour l’ensemble
de la zone d’étude aussi bien chez les hommes que les femmes.
Le tableau 4.1a et la figure 4.a ci-après nous indiquent la répartition des enquêtés suivant
le genre et l’âge au niveau de chaque zone d’étude.
Tableau 4.1a : Répartition des producteurs suivants le sexe et l’âge
Caractéristique
Effectif
Age moyen (ans)

Zone

Hommes
Femmes
Hommes
Femmes





Klouékanmè
39 (32,5%)
41
38,4
35,6
( 34,17%)





Ifangni
39 (32,5%)
1 ( 0,83%)
39,2
32





TOTAL
78 ( 65 %)
42 ( 35%)
38,9
33,9
Source: Enquête juin. août 2004

45

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
De l’analyse de ce tableau il ressort que les hommes de l’échantillon sont plus âgés que
les femmes que l’on se trouve à Klouékanmè qu’à Ifangni.
38,4
39,2
38,9
40
35,6
33,9
35
32
30
25
A
ge mo
20
y
Hommes
e
n

Femmes
15
10
5
0
Klouékanmè
Ifangni
Zone d'étude
Zones

Figure 4.1: Age moyen en années des producteurs suivant le sexe

4. 1.2. Taille et structure de l’unité de production
La taille de l’unité de production varie selon la zone et au sein d’une même zone d’une
exploitation à une autre. Elle est en moyenne de 8,125 personnes pour l’ensemble de la zone
d’étude dont 7,950 personnes à Klouékanmè et 8,475 personnes à Ifangni.
La structure de l’Unité de Production est vue à travers le nombre d’actifs et le nombre
d’inactifs. Les actifs de l’unité regroupent toute personne en âge de travailler, c'est-à-dire
dont l’âge est compris entre 10 et 60 ans. Les inactifs regroupent les enfants ayant un âge
inférieur à 10 ans et les vielles personnes dont l’âge est supérieur à 60 ans. L’utilité de cet
indicateur est qu’il nous permet d’apprécier le taux de dépendance au niveau de chaque unité
de production.
Le taux de dépendance est le rapport entre le nombre d’inactifs sur le nombre d’actifs. Il
représente la charge qui pèse sur les actifs. Cela nous permet de connaître le nombre de
bouches qu’un actif agricole doit nourrir. Notons que plus ce taux est élevé plus la charge
qui pèse sur les actifs est importante. Ceci affecte le revenu par tête au niveau de l’unité de
production.

46

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Dans la zone d’étude, le nombre moyen d’inactifs est de 3,45 personnes (σ = 2,44) pour
4,65 (σ=2,70) actifs, donc un actif doit théoriquement nourrir 0,74 personne, soit un taux de
dépendance de 74%. Au niveau de Klouékanmè, le nombre moyen d’inactifs est de 3,3
personnes (σ=2,58) pour 4,61(σ=2,72) actifs, ce qui signifie qu’un actif a en moyenne à sa
charge 0,71 personne soit un taux dépendance de 71%. Quant à Ifangni, le nombre d’Inactifs
est en moyenne de 3,75 (σ=2,13) personnes pour 4,72 (σ=2,68) actifs soit qu’un actif nourrit
0,79 personne, donc un taux de dépendance de79%.
Le tableau 4.1b présente la structure des unités suivant la zone.
Tableau 4.1b: Taille et structure des unités de productions




Taux de
Zone
Taille
Actifs
Inactifs
dépendance
Klouékanmè
7,95 ± 4,22
4,61 ± 2,72
3,3 ± 2,58
71%
Ifangni
8,475 ± 3,77
4,725 ± 2,68
3,75 ± 2,13
79%
Ensemble de




la zone
8,125 ± 4,02
4,65 ± 2,70
3,75 ± 2,44
74%
Il se dégage de ce tableau que le taux de dépendance est relativement plus élevé à Ifangni.
Par conséquent, les revenus de ces ménages subissent une forte pression à cause du nombre
élevé de bouches à nourrir.

4.2- CARACTERISTIQUES SOCIO–ECONOMIQUES DES UNITES DE PRODUCTION
Ces caractéristiques concernent l’éducation, la structure des dépenses, le crédit et les
activités menées au sein de l’unité.

4.2.1- Niveau d’Instruction des chefs d’unités de production.
L’éducation est un facteur affectant l’adoption et l’application des innovations technologiques en
milieu rural.
Les niveaux d’éducation des chefs des ménages de notre échantillon sont résumés dans le
tableau 4.2a. Il ressort de l’analyse de ce tableau que la proportion des chefs d’unités n’ayant
jamais reçu une éducation formelle est élevée (83,33%). Toutefois, on retrouve dans cet
ensemble des chefs d’unités ayant reçu une éducation non formelle notamment l’artisanat
(3,33%).

47

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Quant à ceux ayant été à l’école, ils représentent 18,33% pour l’ensemble des deux zones
dont 10% du niveau primaire et 8,33% du secondaire. Notons qu’aucun chef d’unité n’a reçu
une éducation supérieure. Au niveau des zones, le nombre de chefs d’unités n’ayant jamais
été à l’école est beaucoup plus important à Klouékanmè (58,33%) qu’à Ifangni (20%)
(Confère tableau 4.2a)
Tableau 4.2a: Niveau d’instruction des chefs d’unité
Caractéristiques





Aucun
Primaire
Secondaire
Education
Zones
non formelle
Klouékanmè
70 (58,33%)
5 (4,16% )
5 (4,16% )
0 (0%)
Ifangni
24 (20%)
7 (5,83%
5 (4,16% )
4 (3,33%
Total
94 (78,33%)
12 (10% )
10 (8,33%)
4 (3,33%)
Source: Enquête juin – août 2004
Il ressort de l’analyse de ce tableau que la majorité des producteurs (94%) n’a reçu aucune
éducation, ce qui pourrait influer sur la bonne compréhension et l’application du paquet
technologique.

4.2.2. Structure des dépenses dans les unités de production
De nos enquêtes, il ressort qu’un peu moins des 2/3 (62%) des revenus des unités de
production est destiné à la satisfaction des besoins alimentaires et à l’acquisition de capital
pour une prochaine production.
Notons qu’actuellement l’éducation occupe une place non négligeable dans les dépenses de
l’unité de production (12%). Quant aux soins sanitaires et cérémonies, ils occupent
respectueusement 9% et 17 % des dépenses de l’unité. Ces résultas obtenus illustrent effectivement
les réalités des zones rurales du Bénin et nous permettent de comprendre la manière dont les paysans
allouent leurs ressources dans ces zones.

4.2.3 Activités menées au sein des unités de production
Les résultats de nos enquêtes nous ont révélé que notre échantillon est constitué des
producteurs agricoles pour lesquels l’activité principale est l’agriculture (92%). De plus, le
maïs non seulement représente l’aliment de base mais également constitue une source
importante de revenus pour ces producteurs qui en font leur culture principale. En effet, une

48

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
grande superficie est également consacrée à la culture du maïs car chaque chef d’unité de
production consacre près des 2/3 de la superficie totale emblavée au maïs soit 63,28% de la
superficie disponible.
Notons ici que la part occupée par l’agriculture présente quelques spécificités suivant la
zone d’étude. Ainsi à Klouékanmè, l’agriculture est considérée comme activité principale
dans 97,5% des unités de production alors qu’a Ifangni, elle ne représente la principale
activité qu’au niveau de 85% de l’échantillon car dans cette zone les paysans s’intéressent
aussi au commerce (15%).
Par ailleurs, les résultats ont montré que les producteurs de notre échantillon mènent
d’autres activités en dehors de l’agriculture. Ces activités peuvent être regroupées en deux
grandes catégories à savoir: les activités para-agricole et non agricoles.
La première catégorie regroupe les activités de transformation agroalimentaire dont
notamment la transformation du manioc en gari, des noix de palme en huile de palme et de
palmiste, du maïs en akassa, de l’arachide en beignets ; ces activités mobilisent en
l’occurrence la plupart des femmes (40% Klouékanmè et 86% à Ifangni). En ce qui concerne
la transformation du vin de palme en sodabi, elle reste une activité masculine.
Quant aux activités non agricoles en l’occurrence le petit commerce, elles sont beaucoup
plus développées à Ifangni qu’à Klouékanmè malgré l’existence des marchés. A Ifangni,
15% des unités enquêtées exercent le petit commerce comme principale activité alors que
32% l’exercent comme activité secondaire. Cette situation est due au fait que cette commune
fait frontière avec le Nigéria. Dans l’ensemble de la zone d’étude, les activités non agricoles
occupent plus 55% des unités de production. En effet, les revenus des activités non agricoles
permettent aux agriculteurs non seulement d’accroître directement leurs revenus globaux,
mais également d’établir des relations dynamiques entre activités agricoles et non agricoles,
vu que celles-ci se soutiennent mutuellement dans la gestion du risque et l’adoption des
innovations. Même dans certains cas, on espère que l’exercice d’activités non agricoles serve
de garantie à l’accès au crédit agricole (de Janvry, 1994)

4.2.4. Système de crédit au sein des unités de production
Le crédit agricole joue un rôle non moins important dans les activités en milieu rural. En
effet, ces dernières exigent d’énormes investissements surtout en début de campagne

49

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
agricole pour payer la main-d’œuvre agricole. L’importance du crédit agricole se justifie
aussi parce qu’il permet de remédier au risque de manque de liquidités pour satisfaire tous
les besoins d’investissement.
Dans notre zone d’étude, on rencontre un système de crédit GIFS/PAI et d’autres
systèmes de crédit. Dans le premier type de système, on regroupe:
- un fonds de roulement qui est un crédit pour l’achat des intrants (engrais,
semences, PNT, produit de conservation des récoltes- Sofa grain);
- un fonds de crédit pour les petits équipements agricoles (pousse-pousse,
appareil de traitement de niébé) et pour l’achat de petits ruminants et porcins. Le
tableau ci-après nous montre l’évolution de ces fonds.

Tableau 4.2b: Evolution du fonds de roulement GIFS/PAI (en F CFA)











Cumul des

Mesures prises
Sites
Années
Montants Remboursements
impayés
Epargnes pour le
des prêts
renforcement
du fonds


1996*
817 500
817 500
0
0
2500 F CFA

1997*
1 145 000
1 145 000
0
0
de droit

1998*
1 842 500
1 789 305
63 195
0
d’adhésion par

1999*
3 006 250
3 006 250
63 195
0
membre
Ahohoué
2000*
3 817 900
3 191 140
709 955 135 000
fondateur et
(Klouékanmè)
5000F CFA de
2001*
3 662 100
3 287 100
1 055 055
147 500
part sociale par
**
429 800
35 750
394 050
membre.
***
607 500
0
607 500


1998*
1 020 000
845 500
174 500
0
Taux d’intérêt

1999*
3 949 500
3 413 400
710 600
271 204
de 6% sur les

2000*
5 376 000
4 640 195
1 381 405
647 560
prêts. Part

2001*
5 376 000
4 877 625
1 729 780
305 000
sociale de 20000
Banigbé
**
293 000
7 500
285 500
F CFA par
(Ifangni)
***
607 500
178 000
429 500
membre
****
340 000
0
340 000
fondateur et
5000F CFA par
adhérant.

Source: Kézié, 2002.

* Fonds de roulement, crédit intrants (engrais, semences améliorées et produits de
conservation des récoltes: le Sofagrain).

50

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
* * Fonds de crédit pour les petits équipements agricoles gérés par le groupement sous
forme de location ; les recettes servent d’amortissement des équipements.
*** Fonds de crédit pour l’achat du PNT: stock acquis pour le compte du groupement et
vendu aux membres.
**** Fonds de crédit pour l’achat de petits ruminants.
De l’analyse de ce tableau, il ressort que le montant des prêts augmente de 1996 à 2001 à
Klouékanmè et de 1998 à 2001 à Ifangni. Cependant, on note dans le même temps une
augmentation des impayés. De plus, ce sont les fonds des intrants qui sont les plus
remboursés, par contre, les autres formes connaissent des difficultés de recouvrement. Ce
qui signifie que les pratiques de la GIFS génèrent des bénéfices assez importants qui
permettent aux paysans de couvrir les crédits des intrants.
Les autres formes de crédit sont résumées dans le tableau suivant:
Tableau 4.2c: Autres systèmes de crédit


Sites
Noms des systèmes



CREP de Gbohouimè (Lanta)

CLEC de Nigbogan

CLCAM Klouékanmè
Ahohoué (Klouékanmè)
Tontine (assemblée)
Tontine (confessions religieuses)
Prêteurs d’argent
Gardiens d’argents




CREP d’Igolo

CREP féminine de Banigbé

CREP d’Akadja

2CM

CLCAM d’Ifangni
Banigbé (Ifangni)
USPP d’Ifangni
CODEV
Tontine (assemblée)
Tontine (confessions religieuses)
Prêteurs d’argent
Gardiens d’argent

Source: Enquête juin- août 2004


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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
De tableau ci-dessus on pourrait craindre que la multiplicité des sources de crédit entraîne
des impayés graves au niveau des producteurs. En effet, lorsque plusieurs institutions de
crédit ont les mêmes objectifs et le même groupe cible, les producteurs ont tendance à
solliciter des prêts de la part de plusieurs institutions à la fois, mais n’arrivent pas à
rembourser le montant de ces prêts.
A Ifangni, 12 unités sur les 40 enquêtées reconnaissent avoir au moins une fois bénéficié
de crédit dans l’une de ces structures soit un taux de 30% dont 14% de femmes. Par contre à
Klouékanmè, la proportion de bénéficiaires du crédit est de 7,5% ( 6 unités sur 80 enquêtés)
Notons que les structures informelles de crédit regroupent des acteurs qui ne respectent
aucune réglementation en rigueur et sont de ce fait non reconnus officiellement par l’autorité
publique. Les acteurs de ce type de crédit sont souvent des amis, des parents, des usuriers et
des tontiniers. Les taux d’intérêt appliqués aux emprunteurs dépassent parfois 100% voire du
capital initial. A klouékanmè, ces canaux informels sont très fréquents aussi bien chez les
hommes que chez les femmes. Ici plus des 2/3 des enquêtés se livrent à cette transaction. Par
contre à Ifangni, la proportion est plus faible (environ 30%).
Le tableau suivant fait une synthèse au niveau de l’échantillon étudié en vue de voir
l’importance de chaque type de crédit dans les différentes zones.

Tableau 4.2d: Répartition des unités enquêtées suivant la forme de crédit

Crédit de type
Crédit de type

Zone
formel
Informel
Aucune
Klouékanmè
6 ( 5%)
58 ( 48,33% )
16 ( 13,33% )
Ifangni
12 (10%)
12 ( 10% )
16 ( 13,33% )
TOTAL
18 ( 15% )
70 ( 58,33% )
32 ( 26,66 )
Source: Enquête juin août 2004


4.3- SYSTEME DE PRODUCTION DE LA ZONE D’ETUDE
Selon Dufumier (1985), un système de production est une combinaison cohérente, dans
l’espace et le temps de la force de travail (familiale, salariée, etc.) et de divers moyens de
production (terres, bâtiments, machines, cheptels, semences, etc.) en vue d’obtenir

52

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
différentes productions agricoles végétales ou animales. Mieux, Jouve et al. (1994 ) le
définit comme un ensemble structuré de moyens de production (force de travail, équipement,
etc.) combinés ente eux pour assurer une production végétale et/ou animal en vue de
satisfaire les objectifs et besoins de l’exploitant (ou chef de l’unité de production) et de sa
famille. De ces définitions, il se déduit qu’un système de production met en exergue deux
éléments à savoir: les facteurs de production et la production.
Dans l’ensemble de la zone d’étude, le système d’exploitation est de type agropastoral
(marqué par l’intégration de l’agriculture et de l’élevage).

4.3.1- Facteurs de production
Les facteurs de production regroupent la terre, le travail et le capital.

4.3.1.1- La terre
Premier facteur de production dans les exploitations agricoles, elle est dans la plupart des
cas gérée par les chefs d’unité de production. L’accès à la terre est soumis à des contraintes
qui varient suivant les zones d’étude. Les deux modes de faire-valoir c'est-à-dire direct et
indirect ont été observés dans la zone d’étude.
Les modes de faire-valoir direct sont des modes dans lesquels l’exploitant agricole est
propriétaire du patrimoine foncier exploité. Les principaux rencontrés dans notre zone
d’étude sont l’héritage, le don et l’achat.
Quant aux modes de faire-valoir indirect, ce sont des modes dans lesquels l’exploitant
agricole n’est pas propriétaire du patrimoine foncier exploité. On a aussi observé dans notre
zone d’étude la location et très faiblement l’emprunt. Le tableau ci- après résume les
différents modes de faire- valoir dans notre zone d’étude.








53

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Tableau 4.3a: Répartition des producteurs suivant le mode d’accès à la terre
Modes de





faire- valoir
Héritage
Don
Achat
Location
Emprunt
Zones






Klouékanmè
24
8
4
43
1
(20%)
(6,66%)
(3,33%)
(35,83%)
(0,83%)






Ifangni
20
1
17
2
0
(16,66%)
(0,83%)
(14,16%)
(1,66%)
(0%)
Ensemble





de la zone
44
9
21
45
1
(36,66%)
(7,5%)
(17,5%)
(37,5%)
(0,83%)
Source: Enquête juin- août 2004
Il ressort de l’analyse de ce tableau que le mode de faire-valoir dominant est la location
(35,83%) à Klouékanmè; mais à Ifangni, l’héritage (16,66%) et l’achat (14,16%) sont les
plus rencontrés.

Dans la zone de Klouékanmè, le fort taux de location (35,83%) est dû à la mauvaise
répartition des terres dans cette région. De plus, cela est dû au fait que les femmes sont
importantes dans cet échantillon et ces dernières n’ont pas droit à l’héritage des terres. Les
frais de location évalués par «ha» sont fonctions du niveau de fertilité des terres. Le montant
varie de 3 000 FCFA à 5 000 FCFA le demi-hectare au cours de l’année. Le don et
l’emprunt sont négligeables (7,5%) et (0,83%) de l’échantillon, sont observés chez certaines
femmes qui les reçoivent de leur mari. Les femmes sont ainsi défavorisées dans la mise en
place des pratiques de la GIFS dans son intégralité car ce dernier nécessite de temps en
temps la culture du Mucuna sur les parcelles. Ce qui est un peu difficile pour ces femmes à
cause de la faible proportion de terres dont elles disposent.
Quant à la gestion de la terre, elle n’est pas soumise à une règle particulière. Selon les
objectifs de production et ses moyens, chaque ménage détermine les superficies culturales.
Dans la zone d’étude, la superficie moyenne disponible est de 2,56 ha dont 1,65 ha à

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Klouékanmè et 4,34 ha à Ifangni. Sur ces 2,56 ha, la superficie moyenne emblavée qui est de
1,62ha (dont 1,28 ha à klouékanmè et 2,3 ha à Ifangni), représente 63,28% de celle
disponible.
Notons que ces différences de superficies observées au niveau des deux zones d’étude
sont liées aux modes de faire-valoir dans ces zones. Ces phénomènes ne sont pas sans
conséquence sur l’adoption du paquet technologique eu égard au risque lié à la perte de
production suite à la non maîtrise dudit paquet. Ceci justifie dès lors, la faible proportion des
parcelles ayant bénéficié des options de la GIFS. En effet, la superficie moyenne bénéficiant
de ces options est de 0,56 ha dont 0,34 ha à Klouékanmè et 1,18 ha à Ifangni (tableau 4.3b).
Tableau 4.3b: Superficie moyenne disponible, emblavée suivant la zone d’étude
Caractéristiques


Superficie

Superficie
Superficie
bénéficiant du
Zones
disponible
emblavée
paquet
(ha)
(ha)
technologique (ha)
Klouékanmè
1,65 ± 1,99
1,28 ± 0,97
0,34 ± 0,13
Ifangni
4,34 ± 7,6
2,3 ± 3,24
1,18 ± 2,32
Ensemble zone
2,55 ± 4,81
1,62 ± 2,08
0,56 ± 1,24
Source: Enquête juin- août 2004

4.3.1.2- La main-d’œuvre agricole
Dans notre zone d’étude, trois types de main-d’œuvre ont été observés dont notamment la
main-d’œuvre familiale, l’entraide et la main-d’œuvre salariée. La première constituant la
première force de travail des unités de production en général, représente le travail effectué
par les membres même du ménage et intervient surtout pour les activités comme le semis,
l’épandage, le traitement phytosanitaire et la récolte. Notons que cette main-d’œuvre est
souvent associée à l’entraide dans certaines unités de production. Cette entraide consiste à
travailler à tour de rôle dans les champs des différents membres du groupe social fondé entre
autre par affinité et s’observe surtout pour les opérations de semis et de récolte. Ici ces
membres sont nourris par le propriétaire du champ et parfois ces derniers leur donnent une
partie de la récolte en récompense.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Quant à la main-d’œuvre salariée, elle est saisonnière et vient renforcer la main-d’œuvre
familiale en période de pic des activités en particulier pour les activités pénibles comme le
labour et le sarclage.
En ce qui concerne les coûts des différentes opérations culturales, ils sont résumés dans le
tableau ci-après

Tableau 4.3c: Coûts des différentes opérations culturales
Opérations culturales
Klouékanmè
Ifangni (F CFA/ha)
(F CFA/ha)
Défrichement
12 000
35 000
Labour
18 750
18 000
Semis
7 500
37 500
Sarclages (sarclo – buttage)
8 750
15 000
Fertilisation
6 250
10 000
Traitements Phytosanitaires
2 000
-
Récolte
6 250
10 000
Source: Enquête juin-août 2004
Ces résultats (Klouékanmè) confirment ceux de Nouhoheflin, (2001) et ceux de Kézié,
(2002) à Ifangni.
Les différences observées se justifient par le fait qu’à Ifangni peu de jeunes s’intéressent aux
travaux champêtres, mais préfèrent s’investir dans le commerce à la frontière du Nigeria

4.3.1.3- Le capital
Il est constitué du capital fixe et du capital variable.
La première forme est l’ensemble des outils agricoles utilisés pour la production dont la
houe, la machette et autres équipements qui sont considérés comme des charges fixes. Leur
renouvellement s’insère dans un programme de moyen et de long termes car ils sont amortis
sur plusieurs années.
Le capital variable par contre, concerne les investissements effectués par le paysan durant
une campagne agricole. Il correspond aux coûts des semences, des engrais, des produits
phytosanitaires et des coûts de la main d’œuvre.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
A ces deux types de capital, il faut ajouter les plantations (anacarderaie, teckeraie, etc.) et
le cheptel vif (petit bétail).

4.3.2- Système de culture des Unités de Production
Dans la zone d’étude les principales cultures rencontrées sont notamment le maïs (2/3 de
la superficie cultivable), le manioc, suivi du niébé (surtout à Klouékanmè), de l’arachide et
des cultures maraîchères. Les principales associations rencontrées sont:
- Maïs + manioc
- Maïs + arachide + manioc
- Niébé + manioc
- Arachide + manioc
Etant donné l’importance du maïs dans la zone d’étude, nous présentons dans le tableau suivant
les rendements moyens de cette spéculation suivant la zone d’étude.

Tableau 4.3d: Rendements moyens de maïs (kg/ha) des Unités de Production
Zones
Klouékanmè
Ifangni


Non-

Non
Variété de
Adoptants
adoptants
Adoptants
Adoptants
maïs
GIFS
GIFS
GIFS
GIFS
Améliorée
3054 ± 989
-
3043 ± 989
-
Locale
1559 ± 537
1241 ± 643
1837 ± 720
1361 ± 851
Source: Enquête juin- août 2004
L’analyse du tableau ci-dessus nous révèle que les rendements ne sont pas pour autant
faibles dans la zone d’étude en général mais que ceux de la variété améliorée sont plus
élevés que ceux de la variété locale. En effet, quel que soit le statut de l’unité de production,
l’utilisation des engrais minéraux pour la fertilisation des terres est une réalité dans tous les
villages enquêtés.
Notons qu’à Ifangni, les rendements sont plus élevés qu’à Klouékanmè bien que dans
cette commune toutes les parcelles soient fumées. Cela pourrait être dû au faible niveau de
fertilité des terres et à la pluviométrie dans cette zone.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
En ce qui concerne l’élevage, il est pratiqué dans toutes les exploitations. Les principales
espèces animales rencontrées sont: les ovins, les caprins, les porcins et les bovins en nombre
réduit. Tous ces élevages sont conduits avec des apports de produits alimentaires faits de
foins, de résidus de récoltes et de cuisines, de sous-produits de transformation des produits
agricoles (épluchures de manioc et de patate, son de maïs etc.). Remarquons que
l’agriculture bénéficie des déjections et du fumier issus de ces élevages. Ces produits entrent
dans une large mesure dans la fertilisation des sols.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
CHAPITRE V: ANALYSE DE L’IMPACT DES PRATIQUES GIFS SUR
LE STOCK DE CAPITAL
Le but de cette analyse est de montrer dans quelle mesure l’adoption des pratiques de la
GIFS influence le niveau d’utilisation des facteurs qui entrent dans la production du maïs.
En effet, ces pratiques préconisent l’utilisation de diverses méthodes de fertilisation en vue
de la fertilisation des sols. Il s’agit ici de déterminer l’impact de ces pratiques sur les
quantités de semence, d’engrais, d’ordures ménagères et de légumineuses utilisées; tout cela
constituant le stock de capital.


5.1- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LA QUANTITE DE SEMENCE
Ici, tous les adoptants utilisent la variété de maïs améliorée et les non-adoptants les
variétés locales. Les quantités de semences utilisées sont exprimées à l’unité de surface (ha)
afin de ramener les unités de production sur une même base de comparaison. Les résultats de
l’analyse sur l’ensemble de la zone d’étude sont présentés dans le tableau 5.1.a.

Tableau 5.1: Analyse comparative des quantités de semences moyennes par hectare des
adoptants et des non-adoptants.

Valeur Test = 23.25 (quantité de semence utilisée par les adoptants)

t
ddl
Différence
Seuil de
moyenne
signification
Non-
3,148* 44 3,0190
0,003
adoptants-
adoptants
Source: Enquête Juin-Août 2004
* significatif à 1%

L’analyse des résultats de ce tableau nous révèle que les adoptants des pratiques GIFS
utilisent moins de semences à l’hectare que les non-adoptants (23,25 kg/ha contre 26,27
kg/ha) et que cette différence de 3,019 est hautement significative.
Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer ces résultats. On peut penser que
les non-adoptants ignorent les doses agronomiques recommandées. Ce qui s’expliquerait par
le fait que les adoptants constituent la cible privilégiée des services de vulgarisation. On peut
penser également qu’étant détentrices de terres appauvries, de semences locales de faible

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
qualité et face à un climat erratique, ils pensent qu’une forte densité de semis leur permettrait
d’éviter les reprises de semis et de réaliser une meilleure couverture du sol. Ce qui accroîtrait
les rendements.
Kelly et al., (1997) ont remarqué que les agriculteurs du bassin arachidier du Sénégal ont
réagi à la hausse des prix des intrants agricoles en pratiquant de fortes doses de semis
d’arachide. Ils ont montré à travers les résultats d’un modèle de programmation linéaire que
cette pratique est rationnelle puisqu’elle est soutenue par les plans optimaux qui rejettent les
recommandations de la recherche-vulgarisation. En effet, ces plans ont choisi régulièrement
les modules de fortes densités de semis d’arachide et ont soutenu que les agriculteurs ont
adopté les itinéraires techniques disponibles les plus rentables dans l’état des prix et des
politiques du moment.
Cependant, Kelly et al. ont également soutenu que les augmentations de rendement
obtenues avec les fortes densités de semis ne peuvent être économiquement durables sans
application de l’engrais chimique et de la matière organique pour le maintien de la qualité
des sols.
Remarquons qu’une analyse à l’intérieur des zones d’étude nous révèle qu’au sein des
adoptants, il n’existe pas de différence entre les quantités de semences utilisées car quelque
soit leur classe, ces derniers utilisent la même quantité, c’est-à-dire 23,25 kg/ha.

5.2- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LA QUANTITE D’ENGRAIS CHIMIQUE
Il s’agit ici de faire une analyse d’abord au niveau de l’ensemble de la zone d’étude,
ensuite au sein des zones et enfin par classe. Tout comme précédemment, les quantités
d’engrais utilisées sont exprimes à l’unité de superficie (ha).

5.2.1- Analyse sur l’ensemble de la zone d’étude
Les résultats obtenus sont présentés dans les tableaux qui suivent:
Tableau 5.2a: Quantités moyennes d’engrais utilisés entre adoptants et non-adoptants

Moyenne
N
Ecart- Erreur-type
type
Adoptants
136,0867 75 40,8872 4,7212
Non-
95,0235 75 25,0121 2,8881
adoptants
Source: Enquête Juin-Août 2004

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)

Tableau 5.2b: Test de comparaison des quantités d’engrais utilisées entre adoptants et non-
adoptants

Différence appariée



Paires



Seuil de

Moyenne
Ecart-
t
ddl signification
type









Adoptants-non-
41,0632
42,0338
8,460*
74
0,000
adoptants
Source: Enquête Juin-Août 2004
* signification à 1%
L’analyse des résultats issus du tableau 5.2b nous montre que les adoptants des pratiques de
la GIFS utilisent plus d’engrais à l’hectare que les non-adoptants pour l’ensemble de la zone
(136±41 kg/ha contre 95±32 kg/ha). Notons que cette différence de 41,06 kg/ha est
hautement significative. Cette différence peut s’expliquer par le fait que les engrais
chimiques exigent un décaissement de fonds importants; ce que les non-adoptants trouvent
trop pénible. Par ailleurs, il faut retenir que les quantités importantes utilisées par les
adoptants viennent du fait que ces derniers bénéficient d’un fond de roulement, qui constitue
un crédit pour l’achat de ces engrais.
Entre adoptants et non-adoptant les mêmes résultats sont obtenus; que l’on se
trouve à Klouékanmè ou à Ifangni (confère tableaux 5.2c)

Tableau 5.2c:Test de comparaison des quantités d’engrais utilisées entre adoptants et non-
adoptants au sein des zones.

Différences



Paires
appariées
t
ddl
Seuil de
Moyenne
Ecart-
signification
type
Adoptants-





non-adoptants
57,9500
54,1435
4,787*
19
0,000
(Klouékanmè)
Adoptants-





non-adoptants
51,7870
43,3790
5,339*
19
0,000
(Ifangni)
Source: Enquête Juin-Août 2004
* significative à 1%

61

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
En effet, le tableau 5.2c nous révèle que les différences de 57,95 kg/ha à Klouékanmè et
51,79 kg/ha à Ifangni sont hautement significatives. Nous concluons alors que l’adoption des
pratiques de la GIFS améliore le niveau d’utilisation d’engrais des producteurs de maïs.
Par ailleurs, notons que les adoptants d’Ifangni utilisent plus d’engrais que les adoptants
de Klouékanmè. Ce constat peut se justifier par le fait que d’une part, la commune d’Ifangni
se trouve frontalière à la République Fédérale du Nigéria où elle bénéficie de l’engrais
presqu’en permanence, ce qui n’est pas le cas de Klouékanmè où l’on observe parfois une
rupture de la quantité d’engrais.
D’autre part, le commerce étant pour une majorité l’activité secondaire, les producteurs
d’Ifangni ont souvent assez de moyens pour se procurer de l’engrais en grandes quantitées.
Cependant, l’analyse du tableau 5.2d nous révèle que ces résultats ne sont pas significatifs.

Tableau 5.2d: Analyse comparative des quantités d’engrais par hectare des adoptants de
Klouékanmè et d’Ifangni
Somme
des
ddl
Carré moyen F
Seuil de

carrés
signification
Entre Groupes 2 817,091 1 2817,091
1,701ns
0,196

A l'intérieur 120893,095 73 1656,070



des groupes






Total 123710,187 74
Source: Enquête juin-août 2004 ns : non significative

5.2.2- Analyse de l’impact suivant les classes
le graphique ci-dessous et le tableau 5.2e nous montrent les quantités d’engrais utilisées
par classe.









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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Figure 5.2b: Distribution des quantités d’engrais utilisées par classe
180
160
140
120
Mean of QENGR 100
1.00
2.00
3.00
CLASSE

Source: Enquête juin-août 2004
Tableau 5.2e:Quantités d’engrais utilisées par classes


Moyenne
Ecart-

N
type
Minimum Maximum
Classe 1
17
176,0294
45,2205
100
300
Classe 2
36
131,9306
36,4794
50
250
Classe 3
22
112,0227
13,6839
75
125
Total 75
136,0867
40,8872
50 300
Source: Enquête Juin-Août 2004
Tableau 5.2f: Analyse comparative des quantités d’engrais utilisées par classe
Somme

des
ddl
Carré moyen
Seuil de
carrés
signification
Entre Groupes 40483,636
2
20241,818
0,000







A l'intérieur
83226,550
72
1155,924
des groupes






Total
123710,187
74
Source: Enquête juin-août 2004
L’analyse du graphique et du tableau 5.2f nous révèle que les quantités d’engrais utilisées
diffèrent selon les classes et que ces différences sont significatives. Il s’avère alors
nécessaire de savoir les classes entre lesquelles les différences sont significatives, d’où
l’utilisation du test de Dunnett. Les résultats de ce test sont résumés en annexe 3. De

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
l’analyse de ce tableau il ressort que les différences d’engrais sont significatives entre les
trois classe. En effet, la classe 1 (176±45 kg/ha) utilise plus d’engrais que la classe 2
(132±36 kg) qui utilise plus que la classe 3 (112±14 kg). Ces différences peuvent s’expliquer
par le fait que plus les producteurs disposent de moyens de production, plus ils se procurent
de l’engrais. Ce qui est le cas des producteurs de la classe 1.
Lorsque l’on se trouve au niveau communal, il faut noter que les quantités d’engrais
utilisées diffèrent aussi au sein des communes.
A Klouékanmè comme à Ifangni, les quantités d’engrais utilisées augmentent de la classe
3 à la classe1.
Les tableaux 5.2g; 5.2h; 5.2i et 5.2j nous montrent ces observations.
Tableau 5.2g:Quantités d’engrais utilisés par classe au sein de la zone de klouékanmè


N
Moyenne
Ecart-
Minimum
Maximum
type
Classe1 14 170,8929 48,5363 100
300
Classe2 28 126,7679 40,0082 50
250
Classe3 13 103,0385 10,6741 75
125
Total 55
132,3909
44,7316 50
300
Source: Enquête juin-août 2004

Figure 5.2c
: Distribution des quantités d’engrais utilisées par classe à Klouékanmè
180
160
140
120
100
Mean of QENGRK
80
1.00
2.00
3.00
CLASSEK

Source: Enquête juin-août 2004

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)

Tableau 5.2h:
Analyse comparative des quantités d’engrais par classe à Klouékanmè

Somme des carrés ddl Carré moyen
F
Seuil de
signification
Entre Groupes
32839,284
2
16419,642
11,352*
0 ,000

A l'intérieur des
75210,061
52
1446,347


groupes

Total
108049,345
54



Source: Enquête juin-août 2004
* significatif à 1%

Ici, l’analyse du tableau 5.2h nous révèle que la différence obsevée entre classe à
Klouékanmè est hautement significative. De plus les résultats du test de dunett (annexe 3)
nous montre que les différences entre les trois classes sont significatives au seuil de 5%.

Quant à Ifangni, la tendance est la suivante:


Tableau 5.2i:
Quantités d’engrais utilisées par classe au sein de la zone d’Ifangni






Moyenne
Ecart-
N
Minimum Maximum
type
Classe1 3 200
0
200
200
Classe2 8 150
0
150
150
Classe3 9 125
0
125
125
Total 20 146,25 25,9997 125 200
Source: Enquête juin-août 2004










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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)

Figure 5.2d: Distribution des quantités d’engrais utilisées par classe à Ifangni
220
200
180
160
140
Mean of QENGRI 120
1.00
2.00
3.00
CLASSEI


Tableau 5.2j: Analyse comparative des quantités d’engrais par classe à Ifangni

Somme des carrés
ddl
Carré moyen F
Seuil de
signification
Entre Groupes
12843,750
2
6421,875
-
-






A l'intérieur des
0,000
17
groupes

Total
12843,750
19



Source: Enquête juin-août 2004
Notons qu’ici, une analyse de variance ne peut se faire à l’intérieur des groupes à cause de
la même quantité d’engrais utilisée par les producteurs au sein des classes, donc l’erreur
moyenne est nulle. Cependant, entre les classes, la même tendance observée au niveau de
l’ensemble de la zone et à Klouékanmè est vérifiée car les différences sont hautement
significatives. On peut conclure que quel que soit la zone d’étude, les quantités d’engrais
utilisées augmentent de la classe 3 à la classe 1.




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5.3- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LES QUANTITES D’ORDURE ET DE
LEGUMINEUSE UTILISEES
Les pratiques de la GIFS préconisent l’utilisation des ordures ménagères et du fumier.
Ainsi, les adoptants de ces pratiques au lieu de constituer des tas d’ordures aux abords des
cases afin de les brûler ensuite, choisissent de les transporter et de les épandre au champ afin
que les plantes puissent profiter de l’humus et des minéraux qui résulteront de ces ordures.
Une analyse sur l’ensemble de la zone d’étude nous permet de constater que ce sont seuls
les adoptants des pratiques de la GIFS qui s’adonnent à de tels travaux. En effet, étant donné
la quantité de travail exigé par cette pratique de fertilisation, sa mise en pratique par
l’agriculteur dénote d’un haut degré de conscience et de recherche de solution destinée à
résoudre le problème de la dégradation de la fertilité des sols.
Cependant au sein des adoptants, on note une différence dans les quantités d’ordure
utilisées entre les différentes classes (confère tableau 5.3a).

Tableau 5.3a:Quantités d’ordure utilisées par les adoptants suivant les classes

N
Moyenne
Ecart-
Minimum
Maximum
type
Classe1 17 503,3529 224,0452
136
933
Classe2 36 503,4167 230,2425
180
1125
Classe3 22 512,8636 290,6256
180
1250
Total
75 544,5733 247,6265
136
1250
Source: Enquête Juin-Août 2004


Tableau 5.3b: analyse comparative des quantités d’ordure utilisées par classe
Somme
des
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
carrés
signification
105323,123 2 52661,562
0,855ns 0,429
Entre Groupes






A l'intérieur
4432275,223
72
61559,378
des groupes






Total
4537598.347
74

Source: Enquêt juin-août 2004
ns: non significative


67

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
L’analyse de ces tableaux nous révèle que la classe 3 (312 kg/ha) utilise plus d’ordure que
les classes 1 et 2 (503 kg/ha). Cependant, cette différence observée entre la classe 3 et les
autres classes est dûe au fait que les producteurs de la classe3, confrontés à des problèmes
d’accès à la terre, louent des terres sur des contrats de courte durée. Ainsi, cette situation
découragent les producteurs de cette classe à investir dans la fertilisation des terres par achat
d’engrais; ce qui leur laisse comme seul solution de fertilisation des sols, l’application de ces
ordures sur leurs champs. Mais ces différences ne sont pas significatives.

Lorsque nous prenons l’utilisation des légumineuses, il s’agit surtout du Mucuna et de
l’Aeschynomene, la première étant la plus utilisée. Comme la précédente, cette pratique n’est
observée que parmi les adoptants et consiste à utiliser cette légumineuse pour constituer une
jachère destinée à durer six (6) mois. En général, elle est semée vers la fin de la première
saison de culture (à raison de 25 kg en moyenne par hectare) et la parcelle est ensuite laissée
pendant la petite saison de culture où elle est en principe complètement envahie par le
Mucuna dont la biomasse est particulièrement abondante. Vue sous cet angle, cette pratique
nécessite une disponibilité de terres; ce qui est difficile aussi bien pour les adoptants de la
classe 3 que pour les non-adoptants.


5.4- CONCLUSION PARTIELLE
Ce chapitre nous permet d’affirmer que les adoptants disposent d’un stock de capital
important pour la production du maïs. Ainsi, l’adoption des pratiques de la GIFS améliore le
niveau du stock de capital des exploitants agricoles; et cette amélioration croît lorsque l’on
évolue de la classe 3 à la classe 1.
Une chose est de posséder le capital nécessaire, une autre est d’en faire bon usage, c’est-à-
dire d’obtenir une productivité de ce capital qui évolue dans le même sens. Telles seront les
préoccupations auxquelles le chapitre suivant essaiera de répondre.



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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
CHAPITRE VI: ANALYSE DE L’IMPACT DES PRATIQUES GIFS SUR
LA PRODUCTIVITE

6.1- EXPOSE DE LA METHODOLOGIE UTILISEE
Le but de ce chapitre est de tester l’efficacité du système de la Gestion Intégrée de la
Fertilité des Sols (GIFS). Pour cela, nous avons évalué les productivités moyennes de
certains facteurs de production susceptibles d’influer sur le rendement du maïs. Parmi ces
facteurs nous avons:
- la main-d’œuvre agricole: il s’agit du nombre de personnes engagées dans la
production ou du nombre d’heures de travail fourni. Pour quantifier la main –d’œuvre
utilisée par les ménages enquêtés, nous nous sommes servis de la méthode de
standardisation de Norman (1973) présenté dans le tableau suivant, en connaissant le
nombre de personnes et le nombre de jours de travail réellement effectué.
Tableau 6.1a: Equivalents estimés en homme-jour de la main-d’œuvre
Classes
Ages
Equivalent homme-Jour
Petit enfant
Moins de 7 ans
0
Grand enfant
7 – 14 ans
0,50
Femme adulte
15 – 64 ans
0,75
Homme adulte
15 - 64 ans
1
Vieille personne (tout
65 ans et plus
0,50
sexe)
Source: Norman (1973) d’après Tahirou Soulé (1998)

-
le capital concret dont notamment le stock d’engrais utilisé pour la production car la
quantité d’engrais diffère selon que l’on soit adoptant ou non-adoptant.
Pour quantifier cette productivité nous avons pondéré le nombre d’homme-jour et la
quantité d’engrais utilisée par rapport à la superficie emblavée.
Si on désigne par:
Si la superficie de maïs (bénéficiant des pratiques de la GIFS) par le producteur i;
Xi le nombre d’homme-jour utilisé par le producteur i au total pour la production du maïs;

69

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Zi la quantité d’engrais utilisée par le producteur i pour la production du maïs
Xi’
le nombre d’homme-jour pondéré par rapport à la superficie;
Zi’ la quantité d’engrais pondérée par rapport à la superficie;
Yi le rendement de maïs obtenu par le producteur i;
Yi’ le rendement pondéré.

On a:


∑ Si*Xi

Xi’ = ---------------

Si


Si* Zi

Zi’ = ----------------

Si


∑ Si* Yi

Yi’ = ------------------

Si
Le tableau ci-après présente les résultats pondérés

Tableau 6.1b: Main-d’œuvre, quantités d’engrais et rendement pondérés chez les
adoptants et les non-adoptants à l’hectare

Adoptants
Non-
adoptants
Nombre


41,94
21,40
d’homme-jour


Quantité


154,63
94,28
d’engrais


rendement


3582,82

1226,58

Source: Enquête juin-août 2004

70

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
De l’analyse de ce tableau, il ressort que les adoptants nécessitent plus de personnes pour
leur production et utilisent dans le même temps plus d’engrais que les non-adoptants.
Cependant, ces adoptants obtiennent un rendement trois fois plus élevé que les non-
adoptants. D’où la nécessité de comparer la productivité de ces facteurs chez les adoptants et
les non-adoptants.

6.2- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LA PRODUCTIVITE DE LA MAIN-D’ŒUVRE

Soit PmX la productivité moyenne de la main-d’œuvre, on a:


Yi’
PmX = ----------

Xi’
Ainsi, nous avons calculé ces productivités chez les adoptants et chez les non-adoptants.

- chez les adoptants
3582,82
PmX = -------------

41,94
= 85,42
De ce résultat il ressort qu’un homme qui travaille seul dans son exploitation peut
produire 85,42 kg de maïs amélioré, toute chose égale par ailleurs.

- chez les non-adoptants
1226,58
PmX = -------------

21,40
= 57,31
Donc un homme qui travaille seul dans son exploitation peut produire 57,31 kg de maïs
local.


71

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
De l’analyse comparative de ces résultats, il ressort que les adoptants des pratiques de la
GIFS tout en utilisant une quantité de main-d’œuvre plus élevée parviennent à obtenir une
productivité de cette main-d’œuvre plus grande. Nous pouvons alors conclure que les
pratiques de la GIFS sont plus productives en ce qui concerne le facteur travail.

6.3- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LA PRODUCTIVITE DE L’ENGRAIS

Dans le même ordre que la main-d’œuvre, la productivité de l’engrais se présente de la
manière suivante:


Yi’
PmZ = --------------

Zi’

- Pour les adoptants, on a:

3582,82
PmZ = --------------

154,63
= 23,17
Donc 1kg d’engrais utilisé par les adoptants produit 23,17 kg de maïs amélioré, toute
chose égale par ailleurs.


- les non-adoptants

1226,58
PmZ = --------------
94,28
= 13,01
Ainsi 1kg d’engrais utilisé par les non-adoptants produit 13,01 kg de maïs local.

72

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
De l’analyse de ces résultats, nous pouvons alors conclure qu’en consommant beaucoup
plus d’engrais, les pratiques de la GIFS permettent d’obtenir des rendements plus élevés.

6.4- CONCLUSION PARTIELLE
La main-d’œuvre et la quantité d’engrais sont les facteurs les plus importants dans la
variation du rendement mis à part la nature de la semence utilisée. Le calcul des
productivités moyennes a donné des valeurs plus élevées aussi bien pour la main-d’œuvre
que pour la quantité d’engrais chez les adoptants. Ceci dénote d’une utilisation importante
mais efficace de la main-d’œuvre et des quantités d’engrais dans le système de la GIFS. La
mise en application des pratiques de la GIFS a donc induit une augmentation de la
productivité agricole. Ces résultats confirment ceux de Floquet, (1993) qui pense que le
changement technique par transfert de technologies est vu comme un moyen
particulièrement efficace pour augmenter la productivité agricole. Le même auteur continue
en affirmant que les technologies issues de la recherche agricole ont eu un impact très
important sur la productivité des agriculteurs latino- américains, asiatiques et en Afrique au
sud du Sahara avec la sélection et l’adoption massive de variétés de riz.










73

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
CHAPITRE VII: ANALYSE DE L’IMPACT DES PRATIQUES GIFS SUR
LE REVENU AGRICOLE

Une technologie ne mérite d’être encouragée que si elle permet à ceux qui l’adoptent
d’avoir un gain supplémentaire de revenus. Le but de cette analyse est d’identifier les
facteurs susceptibles d’affecter le niveau de revenu des adoptants des pratiques de la GIFS.
De plus, cette étude nous permettra de vérifier si, en plus d’avoir une grande productivité,
les adoptants des pratiques de la GIFS ont un revenu plus élevé.
Notons comme précédemment, que les revenus sont exprimés à l’unité de superficie (ha).
Cette analyse se fera au niveau de la zone d’étude dans son ensemble, ensuite par commune
et enfin au niveau du genre. Elle sera faite d’abord en considérant que les producteurs ont pu
vendre tout le maïs à la période de récolte et ensuite à la période de soudure.

7.1- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LES REVENUS DE L’ENSEMBLE DES
PRODUCTEURS
Ce paragraphe nous permettra d’affirmer ou non si les pratiques de la GIFS ont permis un
accroissement de revenu chez les adoptants. Les tableaux 7.1a et 7.1b présentent les résultats
obtenus.

Tableau 7.1a: Revenu des adoptants et des non-adoptants

Moyenne
Ecart-type Erreur-type
revenu des



adoptants à la
188 676,83
83 024,54
9 586,85
récolte (FCFA)
revenu des non-



adoptants à la
81 370,16
50 422,41
5 822,28
récolte (FCFA)
revenu des



adoptants à la
461 072,75
168 629,01
19 471,60
soudure (FCFA)
revenu des non-



adoptants à la
196 957,08
101 006,14
11 663,18
soudure (FCFA)
Source: Enquête juin-août 2004


74

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Tableau 7.1b- Analyse comparative des revenus moyens par hectare des adoptants et des
non-adoptants

Différence appariée







Seuil de
Paires
Moyenne
Ecart-type
t
ddl signification




Revenu des





adoptants à la





récolte - revenu
107 306,67
101 543,87
9,152*
74
0,000
des non-adoptants
à la récolte
revenu des





adoptants à la





soudure - revenu
26 4115,67
203 704,36
11,229
74
0,000
des non-adoptants
*
à la soudure
Source: Enquête juin-août 2004
* significative à 1%

Les présents tableaux révèlent qu’il y a une différence entre les revenus des adoptants et
ceux des non-adoptants quelque soit la période de vente du maïs (à la récolte ou à la
soudure). De plus, les différences de 107 305 FCFA (à la récolte) et de 26 4115 FCFA (à la
soudure) sont hautement significatives.
Les résultats par classe, obtenus pour les différents revenus sont présentés dans le tableau
7.1c.

Tableau 7.1c: Analyse comparative des revenus des producteurs du maïs suivant la classe
à la récolte

Somme des carrés
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
signification

Entre
120 914 011 523,721
2
60 457 005 761,860 11,185*
0,000
Groupes






A l'intérieur 389 173 539 459,026
72 5 405 188 048,042
des groupes






Total
510 087 550 982,747
74
Source: Enquête juin-août 2004
* significative à %

75

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)

Tableau 7.1d: Analyse comparative des revenus des producteurs du maïs suivant la classe
à la soudure

Somme des carrés
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
signification

Entre
570 782 290 378,996
2
2 853 911 45 189,498
13,400*
0,000
Groupes






A l'intérieur 1 533 462 627 809,191
72
21 298 092 052,905
des groupes






Total
2 104 244 918 188,187
74
Source: Enquête juin-août 2004
* significative à 1%

Dans l’ensemble de la zone, le revenu moyen par producteur diffère selon les classes. Ce
revenu est en moyenne de 259 625 FCA à l’hectare chez les adoptants de la classe 1, de 178
280 FCFA à l’hectare chez ceux de la classe 2 et de 150 867 FCFA à l’hectare chez ceux de
la classe 3 à la récolte; de 612 675 FCFA à l’hectare chez la classe 1, de 442 925 FCFA à
l’hectare chez ceux de la classe 2 et de 373 630 FCFA à l’hectare chez ceux de la classe 3.
Donc, les adoptants de la classe 1 ont un bénéfice plus élevé que ceux de la classe 2, lesquels
aussi réalisent un surplus sur ceux de la classe 3 quel que soit la période de vente du maïs.
De l’analyse des tableaux ci-dessus, il ressort que les différences observées au niveau de
ces revenus sont toutes hautement significatives. Les résultats du test de Dunnett (annexe 3)
nous révèlent que les différences entre les classes sont significatives au seuil de 5%, sauf
celles entre les classes 2 et 3.
Nous en déduisons que la classe d’appartenance des producteurs du maïs a une influence
sur leur revenu, et que plus un producteur applique bien le paquet technologique, plus grand
est son revenu.

7.2- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LES REVENUS SUIVANT LA ZONE D’ETUDE
L’objectif de cette analyse est de voir si l’application des pratiques de la GIFS a permis un
accroissement des revenus chez les adoptants suivant la zone d’étude. Les tableaux 7.2a et 7.2b
présentent les revenus moyens en FCFA des producteurs des zones d’étude.


76

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Tableau 7.2a: Revenu en F CFA des producteurs de Klouékanmè

Moyenne
Ecart-type Erreur-type
revenu des



adoptants à la
184 326,60
86 840,32
11 709,55
récolte
revenu des



non-adoptants à la
75 778,95
38 177,11
5 147,80
récolte
revenu des



adoptants à la
456 968,80
174 850,09
23 576,78
soudure
revenu des



non-adoptants à la
186 587,11
76 309,00
10 289,50
soudure
Source: Enquête juin-août 2004

Tableau 7.2b: Revenu des producteurs d’Ifangni

Moyenne
Ecart-type Erreur-type
revenu des



adoptants à la
200 639,95
72 168,44
16 137,35
récolte
revenu des



non-adoptants à la
88 359,50
75 280,48
16 833,23
récolte
revenu des



adoptants à la
472 358,60
153 871,64
34 406,75
soudure
revenu des



non-adoptants à la
209 919,50
151 218,13
33 813,40
soudure
Source: Enquête juin-août 2004

Les présents tableaux indiquent qu’il y a des différences entre les revenus entre adoptants
et non-adoptants quelle que soit la zone d’étude et la période de vente du maïs. Les
adoptants semblent être les plus avantagés du point de vue du revenu. A la question de
savoir si les différences observées entre les revenus des adoptants et ceux des non-adoptants
sont hautement significatives, des tests de comparaison des revenus dont les résultats sont
présentés dans les tableaux 7.2c et 7.2d ont été faite.
De l’analyse de ces tableaux, il ressort que les différences de revenu entre adoptants et
non-adoptants dans les diverses zones (108 547,65 F CFA à la récolte et 270 381,69 F CFA

77

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
chez les producteurs de Klouékanmè; 112 280,45 F CFA à la récolte et 262 439,1 F CFA à la
soudure chez ceux d’Ifangni) sont hautement significatives.

Tableau 7.2c
: Analyse comparative des revenus des producteurs de Klouékanmè

Différence appariée







Seuil de
Paires
Moyenne
Ecart-type
t
ddl
signification



Revenu des





adoptants à la





récolte - revenu des
108 547,65
98 857,85
8,143*
54
0,000
non-adoptants à la
récolte
Revenu des





adoptants à la





soudure - revenu
270 381,69
197 634,35
10,146*
54
0,000
des non-adoptants à
la soudure
Source: Enquête juin-août 2004
* significative à 1%

Tableau 7.2d: Analyse comparative des revenus des producteurs d’Ifangni

Différence appariée






Seuil de
Moyenne
Ecart-type
t
ddl signification



Revenu es





adoptants à la





récolte - revenu des
112 280,45
109 364,37
4,591*
19
0,000
non-adoptants à la
récolte
Revenu des





adoptants à la





soudure - revenu
262 439,10
225 919,20
5,195*
19
0,000
des non-adoptants à
la soudure
Source: Enquête juin-août 2004
* significative à 1%

Lorsqu’il s’agit de comparer les revenus moyens par hectare des adoptants suivant la zone
et suivant les classes, les résultats sont présentés dans les tableaux ci-dessous. Dans la
commune de Klouékanmè comme à l’instar de l’ensemble de la zone d’étude, les revenus
moyens du maïs diffèrent d’une classe à une autre.

78

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
A Klouékanmè, les revenus moyens par hectare en FCFA de la classe 1 à la classe 3 sont
respectivement de 246 130, 170 850, 146 795 à la récolte et de 586 820, 429 040 et 377 290
à la soudure. De l’analyse du tableau 7.2e et 7.2f, il ressort que les différences de revenu
entre ces classes sont hautement significatives. Le test de Dunnett (annexe 3) nous révèlent
que les différences observées entre les classes à Klouékanmè suivent les mêmes conclusions
que sur l’ensemble de la zone. A Ifangni par contre, les différences entre les classes sont
significatives seulement entre les classes 1 et 3.

Tableau: 7.2e: Analyse comparative des revenus des adoptants de Klouékanmè suivant
les classes à la récolte

Somme des carrés
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
signification

Entre
76 871 184 045,266
2
38 435 592 022,633
6,050*
0,004
Groupes






A l'intérieur 330 355 816 927,934
52
6 352 996 479,383
des groupes






Total
407 227 000 973,200
54
Source: Enquête juin-août 2004
* significative à 1%

Tableau: 7.2f: Analyse comparative des revenus des adoptants de Klouékanmè suivant
les classes à la soudure

Somme des carrés
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
signification

Entre
3 404 268 24 125,105
2
170 213 412 062,552
6,754*
0,002
Groupes






A l'intérieur 1 310 491 179 275,695
52
25 201 753 447,610
des groupes






Total
1 650 918 003 400,800
54
Source: Enquête juin-août 2004
* significative à 1%

A Ifangni, l’analyse des tableaux 7.2g et 7.2h nous révèle les mêmes résultas que ceux de
Klouékanmè.


79

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Tableau 7.2g: Analyse comparative des revenus des adoptants d’Ifangni suivant les
classes à la récolte

Somme des carrés
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
signification

Entre
62 068 896 955,228
2
31 034 448 477,614
14,302*
0,000
Groupes






A l'intérieur 36 888 480 693,722
17
2 169 910 629,042
des groupes






Total
98 957 377 648,950
19

Source: Enquête juin-août 2004
* significative à 1%

Tableau 7.2h: Analyse comparative des revenus des adoptants d’Ifangni suivant les
classes à la soudure

Somme des carrés
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
signification

Entre
304 629 953 483,911
2
152 314 976 741,956
17,830*
0,000
Groupes






A l'intérieur 145 223 220 790,889
17
8 542 542 399,464
des groupes






Total
449 853 174 274,800
19
Source: Enquête juin-août 2004
* significative à 1%

A partir des résultats ci-dessus, on peut alors déduire que l’appartenance à une classe
influence le niveau de revenu des producteurs du maïs. Les producteurs de la première classe
sont plus avantagés. Ces résultats peuvent s’expliquer par le fait que ces derniers semblent
posséder assez de moyens pour s’offrir les facteurs de production comme la terre, la main-
d’œuvre et le capital financier et d’autre part, ils mettent correctement en application les
pratiques de la GIFS. La classe 3 par contre est désavantagée dans le revenu obtenu, et ceci
est dû au fait que ces derniers ne possédant pas d’assez de terres, louent la plupart de leurs
terres. Selon eux, l’investissement dans ces terres louées n’est pas rentable.

80

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
Par ailleurs, une comparaison des revenus des deux communes montre que les adoptants
d’Ifangni ont un revenu plus élevé que ceux de Klouékanmè quel que soit la période de
vente du maïs (tableau 7.2g).
Tableau 7.2i: Revenu moyen en F CFA par hectare des adoptants suivant la zone


N
Moyenne
Ecart-type
Minimum
Maximum
revenu à
Klouékanmè 55
184 326,60
86 840,32
29 962
500 628
la récolte

Ifangni 20
200
639,95
72
168,44
119 106
377 457

Total 75
188
676,83
83
024,54
29 962
500 628
revenu à
Klouékanmè 55
456
968,80
174 850,09
142 909
1 063 128
la soudure
Ifangni 20
472
358,60
153
871,64
295 106
841 742


Total
75
461 072,75
168 629,01
142 909
10 63 128
Source: Enquête juin-août 2004

Tableau 7.2j
: Analyse comparative des revenus des adoptants suivant la zone d’étude à la
récolte

Somme des carrés
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
signification

Entre
3 903 172 360,597
1
3 903 172 360,597
0,563ns
0,456
Groupes






A l'intérieur 506 184 378 622,150
73
6 934 032 583,865
des groupes






Total
510 087 550 982,747
74
Source: Enquête juin-août 2004
ns: non significative
Tableau 7.2k: Analyse comparative des revenus des adoptants suivant la zone d’étude à
la soudure

Somme des carrés
ddl
Carré moyen
F
Seuil de
signification

Entre
3 473 740 512,587
1
3 473 740 512,587
0,121ns
0,729
Groupes






A l'intérieur 2 100 771 177 675,600
73
28 777 687 365,419
des groupes






Total
2 104 244 918 188,187
74
Source: Enquête juin-août 2004
ns: non significative

81

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
De l’analyse des tableaux ci-dessus, il ressort que les adoptants d’Ifangni génèrent un
revenu plus élevé que ceux de Klouékanmè. Cette situation pourrait être due au fait que les
producteurs d’Ifangni utilisent une quantité d’engrais beaucoup plus élevée. Cependant, les
différences ne sont pas significatives.


7.3- ANALYSE DE L’IMPACT SUIVANT LE GENRE
Dans le sud du Bénin, l’autonomie croissante des femmes se manifeste également par leur
intérêt croissant pour l’agriculture. Plus des trois quarts des femmes cultivent au moins une
parcelle pour leur compte propre (Albert, 1991). L’agriculture est la seule activité qui génère
un revenu suffisant pour servir de capital de départ aux activités de transformation et de
commerce.
Dans cette partie il s’agira de faire ressortir les tendances observées au niveau du genre
suite à l’adoption des pratiques de la GIFS.
Les résultats sont présentés dans le tableau suivant:

Tableau 7.3: Revenu des producteurs suivant le genre

Revenu (en FCFA)à la récolte
Revenu (en FCFA)à la soudure
Hommes
Femmes
Hommes
Femmes
Adoptants





183 134
481 120
455 269



203441
Non-




adoptants
81 840
80 079
198 282
193 315




Surplus




généré
121 601
103 055
282 838
261 954
Source: Enquête juin-août 2004
Ces résultats nous montrent que pour l’ensemble de la zone, les hommes enregistrent un
surplus plus élevé que les femmes. En effet, d’une part il a été constaté que pour une même
superficie de parcelle de maïs, les femmes utilisent moins de main-d’œuvre pour la
réalisation de leurs travaux champêtres, ce qui fait que les rendements sont nettement moins
élevés par absence de suivi régulier.

82

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
D’autre part cette différence peut s’expliquer par le fait que chez la majorité des femmes
enquêtées (à Klouékanmè), la production est réservée presque entièrement pour la
consommation du ménage, et compte tenu des moyens financiers limités dont elles
disposent, n’investissent pas trop dans la production du maïs mais surtout dans d’autres
cultures comme les légumineuses et les cultures maraîchères.
Par ailleurs, parallèlement à un certain désengagement des hommes dans la prise en
charge de la famille, les femmes développent de nombreuses activités économiques
autonomes, soit en se libérant de certaines obligations vis-à-vis de l’unité de production du
chef de ménage, soit en profitant de la réduction des tâches domestiques permises par le
développement des moulins, points d’eau, bicyclettes, petits marchés et vente locale de
produits cuisinés.

7.4- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LA DISTRIBUTION DU REVENU
Cette analyse permet de mesurer l’impact de l’adoption des pratiques de la GIFS sur la
distribution des revenus aussi bien au sein des adoptants que des non-adoptants.
Nous utiliserons ici les revenus du maïs à la récolte car dans la réalité, les producteurs
vendent la plupart de leur production à la récolte.

7.4.1- Présentation des outils de base
Pour cette analyse, nous avons utilisé le coefficient d’inégalité de Gini et la courbe de
Lorenz.

* Expression du coefficient de Gini
Le coefficient de Gini est l’indicateur le plus utilisé pour l’analyse de la distribution de
revenu. Mais il présente un inconvénient en ce sens qu’il n’est pas additif. En effet, le
coefficient de Gini d’un groupe n’est pas égal à la somme des coefficients de Gini des
différents sous-groupes de ce groupe. Ce coefficient varie de 0 à 1, il prend la valeur 0
lorsque la distribution est parfaitement égalitaire. Dans ce sens, une proportion donnée de
revenu est détenue par la même proportion des personnes concernées par cette distribution.
Ce coefficient prend la valeur 1 lorsque la distribution est totalement inégale. Ici, une seule
personne détient le revenu et les autres en sont complètement dépourvues.

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
D’après Atkinson (1970) cité par Adégbidi (1999), l’indice de Gini généralisé noté Ip
peut s’écrire sous la forme suivante:


µ - ξp
Ip = ---------------

µ

avec

(Vh)p – (Vh+1)p
h
et Vh = Σ Wh
h=1

Où µ indique la moyenne des revenus de consommation, Wh le poids du ménage et Yh le
niveau de revenu ou de consommation du ménage. Dans le cadre de cette étude, µ représente
la moyenne des revenus du maïs et Yh le revenu de chaque unité de production. Le
paramètre p indique le niveau d’aversion de la société à l’inégalité et prend les valeurs de 0 à
l’infini, reflétant aussi l’importance de la préférence sociale pour l’inégalité.

En tant que paramètre, p exprime l’élasticité de la valeur sociale marginale du niveau de
développement et indique la rapidité à laquelle la valeur marginale diminue lorsque ce
niveau augmente (c’est-à-dire dans quelle mesure les rendements marginaux sociaux sont
décroissants). Lorsque p = 0, il n’y a pas une diminution des valeurs marginales. A l’autre
extrême, lorsque p est égale à l’infini, la sensibilité est extrêmement grande. Ainsi, plus ce
paramètre est élevé, plus le niveau d’aversion à l’inégalité est élevé (PNUD, 2000).

Wh représente ici le poids de l’unité de production en équivalent-adulte (Eq.adt). En effet,
puisque les résultats trouvés au niveau de l’échantillon seront par la suite généralisés pour
l’ensemble de la population de la zone d’étude, il est nécessaire de considérer le poids
statistique ou poids échantillonal. Ceci n’est possible que si les différents types de ménages
ou unités de production de même que les individus qui les constituent sont
proportionnellement représentés suivant leur poids dans l’échantillon. Tel n’est pas le cas ici.
Pour remédier à cette situation, nous avons pris comme poids échantillonal le poids exprimé

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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
en équivalent-adulte et ce dans le but de corriger les problèmes liés à la surévaluation ou à la
sous-évaluation de l’indice de Gini. Ainsi, au niveau de chaque unité de production ces
revenus sont ramenés à l’équivalent-adulte.
La conversion des individus vivant au sein des unités de production en équivalent-adulte a
été faite en utilisant la grille d’évaluation utilisée par FAO/OMS. Selon cette grille, un
homme vaut 1 Eq.adt; une femme 0,8 Eq.adt; un enfant de moins de 15 ans et les personnes
âgées (>65 ans) valent 0,5 Eq.adt. L’utilisation de cette grille permet de ramener les unités
sur des bases comparables. De plus, elle permet de tenir compte du nombre réel de
personnes dans l’unité de production.

* Courbe de Lorenz
La comparaison de l’inégalité de la distribution de revenu peut être également analysée
avec la courbe de Lorenz. L’utilisation des courbes de Lorenz pour comparer l’inégalité
entre les deux distributions est plus robuste du point de vue normatif que l’utilisation des
indices d’inégalité.
Selon Atkinson (1970) cité par Adégbidi et al. (1999),l’expression analytique de cette
courbe est donnée par la formule suivante:



h

Σ Wh YhI (Yh < Q(p))
h=1
Lp = ---------------------------
h

Σ Wh Yh
h=1
tel que I (Yh < Q(p)) = 1 si Yh < Q(p) et 0 si non
Où Q(p) indique le quantile à la proportion p.

La valeur de la courbe de Lorenz au percentile P indique la proportion des revenus totaux
détenue par les ménages dont le revenu est égal à Q(p) au moins.
Graphiquement, le coefficient de Gini peut être représenté par les différentes aires de la
courbe de Lorenz. Cette courbe est représentée dans un repère unitaire où l’axe vertical
présente le pourcentage cumulé des revenus et l’axe des abscisses, la proportion cumulée de

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la population ou de l’échantillon considéré. Si chaque individu possède le même revenu
(égalité totale) la courbe de Lorenz sera représentée par la première bissectrice. Dans le cas
contraire, le coefficient de Gini est calculé en divisant l’aire délimitée par la première
bissectrice et la courbe de Lorenz par l’aire du triangle rectangle ayant pour hypoténuse cette
première bissectrice et pour côtés les axes unitaires.

7.4.2- Analyse de la distribution de revenu de la zone d’étude
Nous obtenons les résultats du tableau suivant.
Tableau 7.4: Valeur de l’indice d’inégalité de Gini des unités de production
Niveaux
Indice de Gini


Adoptants
Non-adoptants
Ensemble de la zone
0,3911 (0,O292)
0,22420303 (0,02298)
d’étude
Hommes
0,32150053 (0,O302)
-
Femmes
0,36717439 (0,0364)
-
Source: Enquête juin-août 2004
NB: les chiffres entre parenthèses indiquent les écarts-types
Les résultats de ce tableau nous indiquent que l’indice de Gini pour l’ensemble de la zone
d’étude est de 0,39 chez les adoptants et de 0,22 chez les non-adoptants. Comme constaté,
cet indice est plus élevé chez les adoptants que chez les non-adoptants. Il s’ensuit donc que
l’inégalité est beaucoup plus prononcée chez les producteurs adoptants. En conséquence, les
pratiques de la GIFS ont tendance à augmenter les inégalités dans la distribution des revenus
provenant du maïs au niveau de notre zone d’étude. Ces résultats confirment ceux de
Honlonkou (1999) qui ont prouvé que l’adoption d’une technologie nouvelle loin de
contribuer à une répartition plus équitable des ressources ne fait qu’accentuer l’inégalité
préalablement existante.
Par contre, Nouhoheflin (2001) a montré que l’adoption des nouvelles technologies de
niébé tend plutôt à réduire les inégalités dans la distribution des revenus du niébé. De même,
Arouna (2002) conclut que les systèmes améliorés de stockage/conservation du maïs ont
tendance à réduire les inégalités de la distribution des revenus provenant du maïs au Sud du
Bénin.

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Face à ces résultats contradictoires, d’autres études devraient être faites dans ce sens en
vue d’une conclusion sur l’impact de l’introduction d’une technologie sur la distribution des
revenus.

Les résultats du tableau ci-dessus sont confirmés par la courbe de Loren:z ci-après:

Figure 7.4a: Distribution des revenus entre les adoptants et les non-adoptants
Source: Enquête juin-août 2004
L’observation de la figure 7.4a nous montre que les courbes se croisent. Or lorsque les
courbes se croisent, on ne peut juger de la dominance en inégalité entre elles. Donc de
l’analyse de cette courbe, on peut conclure que la courbe de distribution des revenus des
adoptants est dominée en inégalité par celle des non-adoptants. L’analyse de la courbe des
non-adoptants montre que 30% (deux premiers quintiles) des non-adoptants disposent en
leur sein 10% du revenu du maïs. Par contre chez les adoptants, 10% du revenu du maïs est
détenu par environ 20% de la population. En ce qui concerne le dernier décile, les adoptants
de cette catégorie disposent de 55% du revenu du maïs alors que cette proportion est de 75%
chez les non-adoptants. Les courbes permettent de conclure que l’adoption des pratiques de
la GIFS ont tendance à augmenter l’inégalité dans la distribution des revenus.


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7.4.3- Analyse de la distribution de revenu suivant le genre
Au niveau du genre, le tableau 7.4 montre que l’indice de Gini des adoptants hommes est
de 0,32 alors qu’il est de 0,36 chez les femmes. On en déduit que l’inégalité est beaucoup
plus amoindrie chez les hommes que chez les femmes. De ce fait, l’adoption des pratiques
de la GIFS a conduit à creuser un fossé beaucoup plus grand entre les revenus des femmes
qu’au sein des hommes pour l’ensemble de la zone.
Ces résultats sont confirmés en comparant les différentes courbes de Lorenz de la figure
7.4b.

Figure 7.4b: Distribution des revenus entre les adoptants hommes et les adoptants
femmes
Source: Enquête juin-août 2004
L’observation de cette figure montre que la courbe de distribution des revenus des
femmes adoptants est dominée par celle des hommes adoptants. Mais cette dominance n’est
pas très nette pour le premier quartile car on constate à ces niveaux que les courbes se
confondent. Donc la différence dans la distribution des revenus n’est pas grande, mais existe
quand même.
En sommes, nous retenons qu’au niveau de notre zone d’étude l’inégalité observée dans la
distribution de revenu a augmenté après l’adoption des pratiques de la GIFS. Par ailleurs au

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niveau du genre, l’inégalité est beaucoup plus remarquable chez les femmes que chez les
hommes. L’accès à la terre étant difficile dans le Sud-Bénin, les propriétaires terriens sont
ceux qui ont un pouvoir financier élevé, même la location des terres est onéreuse. Etant
donné qu’il s’agit des technologies agricoles, seuls ces propriétaires terriens pourront
d’avantages en profiter. En effet, le paysan qui détient un droit bien définit exclusif et stable
sur la terre, sait que l’intensification de ses efforts ou de son savoir-faire va générer une
production accrue et par conséquent augmenter son niveau de revenus. Ce résultat ne
survient pas automatiquement quand le sol appartient à quelqu’un d’autre et que les droits du
fermier ne sont pas clairement définis et sûrs. Ainsi les paysans qui exploitent les terres
sous-location ont du mal à adopter immédiatement une technologie en raison du risque qu’ils
courent; c’est le cas de ceux qui ont un pouvoir financier faible et ne sont pas, par
conséquent, en mesure d’acheter des parcelles.
On comprend alors pourquoi l’adoption des nouvelles technologies a globalement
contribué au renforcement des inégalités dans la distribution des revenus aussi bien chez les
hommes que chez les femmes.

7.5- CONCLUSION PARTIELLE
De l’analyse des résultats, il ressort que les adoptants des pratiques de la GIFS, en plus
d’avoir une plus grande productivité des facteurs, ont des revenus plus élevés que les non-
adoptants. De plus, les adoptants de la classe1 obtiennent les meilleurs revenus.
Par ailleurs, les adoptants de la commune d’Ifangni ont un revenu plus élevé que ceux de
Klouékanmè.
En ce qui concerne la distribution, il faut noter que l’inégalité est plus prononcée au
niveau des adoptants que chez les non-adoptants. Ce qui signifie que la technologie a
contribué à renforcer les inégalités au sein des adoptants. De même, cette inégalité est plus
prononcée au niveau des femmes que chez les hommes. Ces contrastes observés relevés au
niveau du genre en matière de revenu dénotent une asymétrie importante en défaveur des
femmes dans les deux zones d’étude.

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CHAPITRE VIII: AUTRES IMPACTS
8.1- ANALYSE DE L’IMPACT SUR LA STRUCTURE DES DEPENSES
Dans le chapitre précédent, nous avons montré l’impact des pratiques de la GIFS sur le
revenu agricole des producteurs. Les résultats obtenus à ce niveau ont révélé qu’il y a eu
augmentation du revenu chez les adoptants. Dans le présent chapitre, il s’agira de vérifier si
une fois le revenu augmenté, les adoptants arrivent à satisfaire d’autres besoins
supplémentaires.
L’investissement par ordre de priorité des producteurs est résumé dans les tableaux 8.1a;
8.1b et 8.1c.
Tableau 8.1a: Investissement du revenu par ordre de priorité des hommes









Alimentation Scolarisation Facteurs de
Santé
Cérémonies Construction
Achat de vélo
Rangs
production
de maison







0
1er
6 (13,33%)
15 (33,33%) 11 (24,44)
0
13 (28,88%)
0







0
2ème
0
20 (44,44%) 1 (2,22%)
0
24 (53,33%)
0







0
3ème
0
10 (22,22%) 33 (73,33%)
0
1 (2,22%)
1 (2,22%)







0
4ème
11 (24,44%)
1 (2,22%)
0
6 (13,33%)
0
27 (60%)







6 (13,33%)
5ème
28 (62,22%)
0
0
0
0
11(24,44%)







1 (2,22%)
6ème
0
0
0
37 (82,22%) 3 (6,66%)
0
Source: Enquête juin-août 2004








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Tableau 8.1b: Investissement du revenu par ordre de priorité des femmes




Facteurs





Alimentation Scolarisation
de
Santé
Cérémonies Construction Achat de
Rangs
production
de maison vélo








1er
17 (56,66%) 13 (43,33%)
0
0
0
0
0








2ème
9 (30%)
7 (13,33%)
14 (46,66%)
0
0
0
0








3ème
4 (13,33%) 10 (33,33%) 7 (23,33%)
9 (30%)
0
0
0








4ème
0
0
9 (30%) 21 (70%)
0
0
0








5ème
0
0
0
0
19 (63,33%) 10 (33,33%) 1 (3,33%)








6ème
0
0
0
0
11 (36,66) 13 (43,33%) 6 (20%)
Source: Enquête juin-août 2004
Les résultats de ces tableaux nous permettent d’obtenir le tableau ci-après :

Tableau 8.1c: Investissement du revenu par ordre de priorité suivant le sexe

Alimentation Scolarisation
Facteur de
Cérémonies Construction
production Santé
de maison
Ordre de






priorité des
5ème
1er
3ème
6ème
2ème
4ème
hommes
Ordre de






priorité des
1er
3ème
2ème
4ème
5ème
6ème
femmes
Source: Enquête juin-août 2004


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L’analyse de ces tableaux révèle qu’il y a une variation de l’ordre de priorité suivant le
sexe. Les hommes préfèrent investir respectivement dans la scolarisation de leurs enfants,
dans les cérémonies (mariages, enterrements) et dans les facteurs de production avant de
penser aux autres dépenses.
Les femmes par contre privilégient l’alimentation, les facteurs de production et la
scolarisation aux dépenses de logement et de cérémonies alors que c’est le contraire au
niveau des hommes. L’investissement dans la santé occupe la dernière place chez les
hommes alors qu’il occupe la quatrième place chez les femmes. On constate alors que les
femmes s’occupent plus du bien-être de leurs enfants par rapport aux hommes.
Ainsi, les femmes investissent plus que les hommes dans le capital humain (scolarisation
des enfants, les soins de santé, l’alimentation) alors que les hommes investissent plus que les
femmes dans les biens matériels (facteurs de production, logement, moyens de transport,
construction de maisons). Ainsi, l’analyse de ces tableaux semble nous révéler que les
adoptants arrivent non seulement à investir dans l’alimentation, les cérémonies, mais
également dans les facteurs de production, la scolarisation de leurs enfants, les soins de santé
et la construction de leurs maisons.
Contrairement aux adoptants, les non-adoptants n’investissent que dans l’alimentation et
les cérémonies. Ils n’arrivent pas à investir dans la scolarisation de leurs enfants, les soins de
santé, le logement, les moyens de transport et les facteurs de production.
Au vu de ces résultats, on est tenté de dire que l’adoption des pratiques de la GIFS a
amélioré la structure des dépenses des unités de production.

8.2- ANALYSE DE L’IMPACT SUR L’INVESTISSEMENT DANS D’AUTRES
ACTIVITES
Dans cette partie, nous voulons apprécier l’impact du revenu issu des pratiques de la GIFS
sur l’investissement dans d’autres activités para-agricoles.
Les résultats de nos enquêtes nous permettent de dire que les adoptants des pratiques de la
GIFS exercent pour la plupart (93,33%), en plus de l’agriculture, des activités para-agricoles
comme l’élevage, la transformation des produits agricoles et le commerce de ces produits.
En effet, ce système met à la disposition des adoptants un fond de crédit pour l’achat de
petits ruminants et de porcins (remboursement en nature replacé auprès d’autres paysans).

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Par contre les non-adoptants ne disposent pas d’un revenu suffisant pour investir dans ces
activités et préfèrent donc se contenter de petits commerces de produits agricoles.

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TROISIEME PARTIE : CONCLUSIONS ET
RECOMMANDATIONS
1- SYNTHESE DES ANALYSES
L’objectif général de cette étude était d’analyser l’impact économique des pratiques de la
GIFS au Sud du Bénin. Nos investigations ont porté sur l’impact sur le stock de capital et la
productivité d’une part et enfin le revenu agricole d’autre part. Au terme de nos
investigations il ressort les conclusions suivantes:

1) L’adoption des pratiques de la GIFS a permis une augmentation du stock de capital des
adoptants. Cette différence peut s’expliquer par la quantité d’engrais utilisée, la quantité
d’ordure utilisée et les légumineuses utilisées. En effet, les adoptants utilisent plus d’engrais
que les non-adoptants; ils utilisent des ordures ménagères et les légumineuses alors que les
non-adoptants n’en utilisent pas. De plus, au sein des adoptants, il a été remarqué que la
classe a une influence notable sur le stock de capital.

2) L’adoption des pratiques de la GIFS peut induire des accroissements substantiels de
production chez les producteurs du Sud-Bénin. De plus, la main-d’œuvre et la quantité
d’engrais sont des facteurs susceptibles d’influer sur le rendement du maïs. Bien qu’étant
consommatrice de ces facteurs, les pratiques de la GIFS ont une efficacité productive plus
élevée par rapport à l’alternative des non-adoptants. En effet, les adoptants obtiennent une
productivité de la main-d’œuvre et de l’engrais beaucoup plus élevée.

3) l’étude de l’impact sur le revenu indique que les pratiques de la GIFS ont induit un
revenu supplémentaire sensible chez les adoptants. De plus, au sein des adoptants, les
producteurs de la classe 1 ont un revenu plus élevé que ceux des classes 2 et 3. ce qui montre
que l’impact de ces pratiques sur les revenus ne sera perceptible que si le paquet
technologique est adopté dans son intégralité. Dans les communes les analyses révèlent que
les pratiques de la GIFS ont généré un revenu supplémentaire aux adoptants. Ce surplus est
beaucoup plus important à Ifangni qu’à Klouékanmè.


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(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
4) Les analyses effectuées au niveau du genre ont montré que le paquet technologique a
induit des marges de revenus plus élevées chez les hommes que chez les femmes. La raison
est que les femmes sont soumises à des contraintes de main-d’œuvre. En effet, elles n’ont
pas toujours les moyens nécessaires pour payer la main-d’œuvre en vue d’exécuter les
opérations culturales aux moments propices. Ces contraintes font que malgré l’adoption des
pratiques de la GIFS, l’augmentation des rendements n’est pas sensible.

5) Les résultats sur la distribution des revenus du maïs, indiquent que les pratiques de la
GIFS ont tendance à augmenter les inégalités dans la distribution des revenus au niveau de la
zone d’étude. La raison est qu’au sein des adoptants, il existe plusieurs classes qui ont des
revenus différents.
L’analyse à l’intérieur du genre conclut que l’adoption des pratiques de la GIFS a conduit
à un creusement de l’écart de revenu beaucoup plus élevé chez les femmes que chez les
hommes. Si des efforts ne sont pas faits pour susciter l’adoption de la technologie par les
femmes, on assisterait au creusement de l’inégalité de revenus agricoles au sein des ménages
agricoles.

6) L’analyse de l’impact du revenu du maïs sur la structure des dépenses permet de savoir
que par rapport aux non-adoptants qui n’investissent que dans l’alimentation et les
cérémonies, les adoptants des pratiques de la GIFS investissent en plus de l’alimentation et
des cérémonies, dans la scolarité de leurs enfants, dans la construction de maisons et dans les
soins de santé.

Au niveau du genre, les résultats montrent que les femmes ont tendance à investir dans le
social (scolarité, soins de santé, cérémonies et alimentation). Quant aux hommes, ils ont
tendance à investir plus dans les biens d’équipements (logement, facteurs de production,
moyens de transport).

7) Quant à l’impact sur l’investissement dans d’autres activités, les résultats montrent que
les adoptants en plus d’avoir une diversité dans les spéculations cultivées, ont comme autre
avantage la pratique d’activités para-agricoles dont notamment les transformations de

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produits agricoles, l’élevage et la commercialisation des produits agricoles. Par contre, les
non-adoptants se contentent du commerce des produits agricoles qui ne sont pas diversifiés
et de l’élevage de quelques têtes de ruminants.
Les pratiques de la GIFS constituent alors des technologies faisables (mise à disponibilité
d’intrants aux producteurs), productives et économiques.

2- STRATEGIES POUR UNE MEILLEURE DIFFUSION DES PRATIQUES DE LA GIFS
En vue d’une grande adoption du système de la GIFS sur la culture du maïs pour faire
profiter tous les avantages à beaucoup de producteurs et productrices du maïs et aussi à
d’autres acteurs de cette filière, les recommandations sont formulées aussi bien sur
l’encadrement, sur le foncier rural, sur le développement des marchés des facteurs et des
produits de récolte que des recherches futures.

Encadrement agricole
L’adoption du paquet technologique de la GIFS étant importante dans son ensemble,
l’information occupe une place de choix dans cette adoption surtout pour les technologies de
fertilisation où le risque perçu par l’agriculteur peut être très élevé. Un manque
d’information ou une sous-information pourrait amener le producteur à sous-évaluer les
gains attendus et déclasser une technologie potentiellement rentable.
C’est pour cela que les organismes publics et privés qui interviennent dans la
vulgarisation de la technologie doivent être encouragés. Ceci peut se faire à travers
l’intensification des campagnes d’information des agriculteurs, la motivation des agents de
vulgarisation, la généralisation des parcelles de démonstration et l’organisation des échanges
entre les adoptants et les non-adoptants. Les structures doivent veiller à ce que les contacts
avec les agricultrices soient intensifiés et leurs coûts d’option réduits. Ceci pourrait, par
exemple, consister en la fourniture des semences de maïs amélioré et l’achat en retour des
récoltes produites pendant au moins les première et deuxième utilisations de la technologie.

Foncier rural
Le paquet technologique comprenant l’utilisation de légumineuses, et que cette adoption
est fortement influencée par les droits relatifs à la propriété et à l’exploitation des terres, le

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foncier peut alors constituer un obstacle supplémentaire à l’adoption de la technologie par
les producteurs en général et les femmes en particulier. Nous recommandons que lors de la
formulation de toute loi foncière, il soit institué que toutes parties aux contrats fonciers non
définitifs et pour des fins agricoles doivent introduire des obligations techniques relatives à
la conservation des sols et aux itinéraires techniques. Ces obligations techniques seraient
relatives aux types de rotations culturales, aux années de jachère, etc.

Marchés d’écoulement des produits
Il a été reconnu que le prix du maïs qui a tendance à baisser peut décourager l’agriculteur
à adopter des technologies agronomiques dont les effets bénéfiques sont attendus dans le
long terme. Or, on constate que le prix du maïs est très bas pendant les périodes de récolte et
s’élève graduellement jusqu’aux récoltes suivantes. Notre recommandation concerne
l’amélioration générale des conditions de commercialisation de stockage et de conservation
des produits et l’amélioration des conditions de fonctionnement du marché de capital.
En outre, pour une meilleure diffusion des pratiques de la GIFS, il est nécessaire:
- d’encourager les paysans à cultiver les variétés améliorées de maïs et les autres
options du paquet technologique afin d’améliorer leur production et leur revenu;
- de diversifier les sources de revenus des femmes car les technologies ne leur
sont pas correctement profitables;
- d’envisager les mêmes études dans d’autres zones agro-écologiques.

3- IMPLICATIONS FUTURES POUR LA RECHERCHE
La plus grande limite de cette étude est que la collecte des données a essentiellement fait
recours à la mémoire des producteurs. Nous recommandons que les recherches futures
intègrent dans leur agenda l’étude d’impact et la collecte des données sur une périodicité
plus pertinente. Des aspects non exploités par la présente étude offrent des pistes importantes
pour des recherches ultérieures par les économistes et les agronomes. Par exemple, il
conviendrait de faire lumière sur:
- les implications de la flexibilité dans la gestion des pics de demande des
facteurs de production (engrais, semences de maïs amélioré, les grains de Mucuna, le
travail et la disponibilité de terres) offerte par l’adoption des pratiques de la GIFS;

97

Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
- le concept de durabilité de la pratique de ce système ;
- les conséquences de l’intégration de la jachère Mucuna dans la rotation des
cultures. Cette intégration est susceptible de rompre le cycle des insectes et des
adventices et de réduire l’utilisation des pesticides. Cette hypothèse est-elle fondée?
Dans l’affirmative, dans quelle mesure cela va augmenter la rentabilité de
l’exploitation agricole tout en réduisant l’impact nuisible des pesticides sur
l’environnement;
- une étude plus approfondie des bénéfices sociaux induits par les pratiques de la
GIFS.

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Impact économique de l’adoption des pratiques de la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au Sud-Bénin: cas d’Ahohoué
(commune de Klouékanmè) et de Banigbé (commune d’Ifangni)
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106

ANNEXES
ANNEXE 1: GUIDE D’ENTRETIEN ET QUESTIONNAIRE

ETUDE SUR L’IMPACT ECONOMIQUE DE L’INTRODUCTION DU SYSTEME
GESTION INTEGREE DE LA FERTILITE DES SOLS DU SUD- BENIN : CAS
D’AHOHOUE (COMMUNE DE KLOUEKANMEY) ET DE BANIGBE (COMMUNE
D’IFANGNI)

GUIDE D’ENTRETIEN
(Phase exploratoire)

1- Année d’introduction du système (GIFS) dans l’exploitation
2- Superficie cultivée et cultures bénéficiant du système
3- Effet de l’introduction du système GIFS :
3-1- Au niveau de l’individu
Sur le revenu
Sur la technicité (savoir- faire)
Sur le bien- être
Sur l’investissement
3-2- Au niveau du ménage
Sur le revenu
Sur le bien- être
Sur l’investissement (matériel, consommation, production…)
3-3- Au niveau de l’exploitation
Sur la superficie cultivée
Sur le stock de capital (humain, matériel, financier)
Sur les autres facteurs de production (allocation de la main d’œuvre)
Sur le revenu
Sur les pratiques culturales
Sur les autres activités
3-4- Autres types d’effets

4- Problèmes rencontrés et perspectives à l’égard du système


QUESTIONNAIRE

1- IDENTIFICATION DE LA FICHE
1-1- Fiche numéro (NUM) _____________________________________
1-2- Date de l’enquête (DATE) _________________________________
1-3- Nom de l’enquêteur : ______________________________________


2- CARACTERISTIQUES DU VILLAGE


Code Réponse
Département (DEP)
1= Couffo ; 2=

Plateau
Commune (COM)
1= Klouékanmey ; 2=

Ifangni
Village (VILL)
1= Ahohoué ; 2=

Banigbé


3- CARACTERISTIQUES DU MENAGE

Caractéristiques Codes
Réponses
Nom de l’enquêté (NOM)

2- Sexe (SEX)
1= Masculin 2= Féminin

3- Age (AGE)
1= 15-25ans ; 2= 26-50ans ;

3= >50ans
4- Situation familiale (SFAM)
1= Marié(e) ; 2=Divorcé(e)

3=Veuf(ve); 4= Célibataire

5- Niveau d’étude (EDUC)
0= Aucun ; 1= Primaire ;

3=Secondaire ;4=Supérieur ;
5- Autre (à préciser)
6- Nombre de femmes (NFEM)


7- Nombre d’actifs (NAC)
Homme =

Femme = Total =
8- Nombre d’inactifs (NINAC)
Homme = Femme =
Total =
9- Activité principale (ACPRIN)
1= Agriculture ; 2= Commerce ;
3= Autre (à préciser)
10- Culture principale (CUPRIN)
1= Maïs ; 2= Niébé ; 3= Manioc ;

4- Arachide ; 5= Autre (à préciser)
11- Expérience dans GIFS (EXPGIFS)
1= <2ans ; 2= 2-5ans ; 3= >5ans

12- Option pratiquée comme technique de 1=Engrais minéral+fumier+ordures
fertilisation (OPPTF)
ménagers+légumineuse ; 2=Engrais
minéral+fumier+ordures ménagers ;
3=Engrais minéral+fumier ;
4=Autre (à préciser)
13- Classe d’appartenance (CLASS)
1= Applique bien les pratiques ;

2= Applique moyennement la
pratique ; 3=Appliquent peu la
pratique
14- Superficie disponible ( SDISP) en


unité locale
15- Superficie cultivée (SCULT) en unité

locale
16- Superficie bénéficiant des options


GIFS (SBGIFS)
17- Mode de faire valoir dominant
1= Héritage ; 2= Achat ;

(MFVD)
3= Location ; 4- Emprunt ;

5= Don ; 6- Autre (à préciser)
18- Appartenance à un groupement
1= GV ; 2= Tontine ;

(APGROU)
3= Groupement de femmes ;
4= Groupe de gestion des engrais ;
5= Autre à préciser
19- Système de crédit (SC)
1= GIFS ; 2= CLCAM ;

3=CVEC ; 4=Autre (à préciser)

20- Importance sur 10 de l’effet des


pratiques GIFS sur le revenu agricole
(IEGIFS)


4- ESTIMATION DU STOCK DE CAPITAL

Type de capital
Maïs
Niébé (NI) Manioc Arachide
Autre (à
(MAI)
(MA)
(AR)
préciser)
(AUT)
1- Quantité de





semences utilisée
pour la production à
l’unité de surface
avant l’adoption des
pratiques GIFS
(QSUAGIFS)
2- Quantité de





semences utilisée à
présent (QSUP)
3- Nombre de sacs




d’engrais chimiques
utilisés à l’unité de
surface avant
l’adoption

(NSEUAA)
4- Nombre de sacs





d’engrais utilisés à
l’adoption
(NSEUA)
5- Nombre de sacs





de déchets
d’animaux utilisé à
l’unité de surface
(NSDAUS)
5- Nombre de sacs





d’ordures ménagères
utilisé à l’unité de
surface (QOMUS)
6- Quantité de





légumineuses (en
unité locale) utilisée
à l’unité de surface
(QLUS)









5- ESTIMATION DE LA PRODUCTION ET DU REVENU
5-1- Estimation des recettes issues de la production végétale


Maïs (MAI) Niébé
(NI) Manioc Arachide
Autre à
(MA)
(AR)
préciser
(AUT)
GS PS GS PS GS PS GS PS GS PS
Superficie en









unité locale
(SUP)
Quantité en










unité locale
obtenue à la
récolte
(QOB)
Rendement










en Kg/ha
(RD)
Part sur 10










vendue (PV)
Part sur 10










consommée
(PC)
Part sur 10










donnée aux
autres (PD)
Prix de vente









(en FCFA) de
l’unité locale
(PRIV)
GS : grande saison ; PS : petite saison



5-2- Estimation des coûts de la production
Opérations
Maïs Niébé Manioc Arachide
Coût
Coût Coût
Coût Coût
Coût
Coût d’un Coût
d’un
total d’un
total d’un sac total
sac
total
sac
sac
Achat de








semences
Achat








d’engrais
minéral
(NPK+Urée)
Achat de








déchets
d’animaux
Achat








d’ordures
ménagers


Types
Maïs Niébé
Manioc
d’opération
Frq Nbre Coût à Coût Frq Nbre Coût à Coût Frq Nbre Coût à Coût
de
l’unit
tot
de
l’unit
tot
de
l’unit
tot
pers de surf
pers de surf
pers de surf
Défrichemt












Semis












Sarclage












Epandage












d’engrais
Applicatio de












pesticide
Récolte












Transport du











champs à la
maison
Transport de











la maison au
marché
TOTAL




5-3- Estimation du revenu des autres activités


Elevage
Commerce
Transformation
Autre (à préciser)
Activité Tps
Prod Prix Rvn Tps Prod Prix Rvn Tps prod Prix Rvn Tps Prod Prix Rvn
(ACT)
Rang



Tps : temps consacré à l’activité dans l’année ; Prod : production obtenue dans l’année ;
Rvn : revenu issue de la production



6- IMPACT SUR LE SYSTEME DE PRODUCTION
6-1- Le revenu issu de la production avec les pratiques GIFS vous a-t-il permis
d’embaucher plus de mains d’œuvre salariée ? (AUGMOS)

1= Oui 2= Non








6-2- Raisons pour la prise de la main d’œuvre au cours de la campagne 2003-2004

Types d’opération
Types de culture
Nombre de
Salaire total (SAT)
(OPE)
(CULT)
personnes (NPERS)












Total



6-3- Combien dépensiez-vous par an pour la main d’œuvre avant l’adoption des pratiques
GIFS ? (SMOAGIFS)


6-4- Le revenu issu de la production avec les pratiques GIFS vous a-t-il permis
d’augmenter la superficie de votre exploitation agricole ?


Superficie en unité locale (SUPER)
Mode d’obtention du surplus de terre
Achat (ACHAT)
Location (LOC)
Autres (à préciser)

(AUTRE)……………………………



6-5- Achetez-vous plus d’engrais qu’auparavant avec le revenu issu de la production avec
la GIFS ?
1= Oui 2= Non






6-6- Si oui quelle est la quantité supplémentaire au cours de la campagne 2003-2004?

Types d’engrais
Quantité achetée (CA)
Coût total (CT)
(TENG)











6-7- Impact sur l’investissement dans d’autres activités
Activités Codes Réponses
Cultures pratiquées avant
1= Maïs ; 2= Niébé ;

l’adoption du système GIFS 3= Manioc ; 4= Arachide ;
(CPAV)
5= Autre ( à préciser)
Cultures pratiquées
1= Maïs ; 2= Niébé ;

actuellement (CPAC)
3= Manioc ; 4= Arachide ;
5= Autre ( à préciser)
Activités para agricoles
1= Elevage ; 2= Commerce ;
avant GIFS (APAV)
3= Transformation ;
4= Autres (à préciser)
Activités para agricoles
1= Elevage ; 2= Commerce ;
actuellement (APAC)
3= Transformation ;
4= Autres (à préciser)
Activités non agricoles avant 1= Artisanat ; 2= Couture ;
GIFS (ANAV)
3= Coiffure ; 4= Transport ;
5= Autre (à préciser)
Activités non agricoles
1= Artisanat ; 2= Couture ;
actuellement (ANAC)
3= Coiffure ; 4= Transport ;
5= Autre (à préciser)



ANNEXE 2: CARACTERISTIQUES COMPAREES DES
PRODUCTEURS SUIVANT LA ZONE ET LA CLASSE
Quantité moyenne de semences utilisée (kg/ha)

Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
N= 55
N= 20
N=75
23 (0)
23 (0)
23 (0)
Non adoptants
N= 25
N= 20
N=45
34 (16)
18 (10)
27 (16)
Note : La valeur entre parenthèses indiquent les écarts types
N = Nombre d’observation



Classe1 Classe2 Classe3
Klouékanmè
23 (0)
23 (0)
23 (0)
Ifangni
23 (0)
23 (0)
23 (0)
Ensemble zone
23 (0)
23 (0)
23 (0)



Quantité d’engrais utilisée
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
156 (80)
268 (107)
136 (41)
Non adoptants
96 (36)
94 (28)
95 (32)



Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
171 (49)
127 (40)
103 (11)
Ifangni
200 (0)
150 (0)
125 (0)
Ensemble zone
176 (45)
132 (36)
112 (14)


Quantité d’ordure utilisée (kg/ha)
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
597 (248)
399 (184)
545 (248)
Non
adoptants
0 0 0




Rendement du maïs

Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
3818 (519)
2892 (855)
2582 (1221)
Ifangni
4600 (520)
3217 (615)
2370 (409)
Ensemble zone
3954 (589)
2964 (855)
2495 (963)


Coût de la main d’œuvre
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
44335 (16232)
33673 (35785)
39870 (11014)
Non adoptants
25787 (3705)
21970 (432)
24090 (4388)



Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
43364 (4814)
44710 (7327)
44535 (7798)
Ifangni
37167 (1756)
35663 (7490)
17276 (5361)
Ensemble zone
42271 (5015)
42700 (8196)
33384 (15293)


Coût des semences
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
7556 (0)
7556 (0)
7556 (0)
Non adoptants
3546 (736)
2956 (781)
3284 (804)


Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
7556 (0)
7556 (0)
7556 (0)
Ifangni
7556 (0)
7556 (0)
7556 (0)
Ensemble zone
7556 (0)
7556 (0)
7556 (0)


Coût des engrais
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
36570 (15905)
29407 (20216)
27217 (8177)
Non adoptants
15280 (5799)
15114 (4459)
15206 (5190)

Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
34179 (9707)
25354 (8002)
20608 (2135)
Ifangni
40000 (0)
30000 (0)
25000 (0)
Ensemble zone
35206 (9044)
26386 (7296)
22405 (2737)




Coût des ordures
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
10486 (10770)
3539 (4123)
9076 (4127)
Non adoptants
0
0
0


Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
9461 (3154)
9715 (4264)
11004 (4856)
Ifangni
3386 (1114)
9750 (1880)
5000 (1500)
Ensemble zone
8389 (3733)
9723 (3838)
8548 (4844)

Coût total
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
100219 (29251)
71380 (51711)
83719 (14647)
Non adoptants
35029 (6540)
33201 (4891)
34217 (5874)

Recettes à la récolte
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
272642 (88347)
271719 (82233)
272396 (86210)
Non adoptants
110808 (57384)
121560 (76015)
115587 (65731)


Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
340689 (46324)
258186 (76319)
230497 (108992)
Ifangni
410714 (46429)
287248 (54891)
211583 (36479)
Ensemble zone
353046 (52632)
264644 (72429)
222759 (85940)


Recettes à la soudure
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
545284 (176694)
543438 (164466)
544792 (172419)
Non adoptants
221617 (114769)
243120 (152030)
231174 (131461)


Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
681378 (92648)
516373 (152638)
460994 (217984)
Ifangni
821429 (92857)
574496 (109783)
423167 (72959)
Ensemble zone
706092 (105265)
529289 (144858)
445519 (171880)


Revenu à la récolte
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
172424 (87639)
200339 (74853)
188677 (83025)
Non adoptants
75779 (57266)
88359 (75280)
81370 (65390)


Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
246129 (47816)
170851 (72293)
146794(115298)
Ifangni
322605 (47507)
204278 (54760)
156751 (37723)
Ensemble zone
259625 (55162)
178280 (69499)
150867 (90352)
Revenu à la soudure
Klouékanmè
Ifangni
Ensemble
zone
Adoptants
445066 (173539)
472058 (148570)
461073 (168629)
Non adoptants
186587 (114463)
209919 (151218)
196957 (130990)

Classe1
Classe2
Classe3
Klouékanmè
586818 (93531)
429038 (148315)
377290 (224136)
Ifangni
733319 (46974)
491526 (109391)
368334 (74006)
Ensemble zone
612671 (107353)
442924 (141622)
373626 (175538)

ANNEXE 3 : TEST DE DUNNETT C


Variable dépendante: quantité d'engrais

(I) classe des
(J) classe des
Différence des

adoptants
adoptants
moyennes (I-J)
Dunnett C

classe 2
44,09886(*)

classe 1
classe 3


64,00668(*)


classe 1
-44,09886(*)

classe 2
classe 3
19,90783(*)



classe 1
-64,00668(*)
Classe 3
classe 2
-19,90783(*)

* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.




Variable dépendante: quantité d'engrais des adoptants de Klouékanmè

(I) classe des
(J) classe des
adoptants de
adoptants de
Différence des

Klouékanmè
Klouékanmè
moyennes (I-J)
Dunnett C

classe 2
44,12500(*)

classe 1
classe 3


67,85440(*)

classe 2
classe 1
-44,12500(*)




classe 3
23,72940(*)

classe 1
-67,85440(*)
classe 3
classe 2

-23,72940(*)
* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.














Revenu

Différence des
revenu à la récolte
(I) classe des adoptants
(J) classe des adoptants
moyennes (I-J)


classe 2
81345,19870(*)

classe 1
classe 3


108757,78476(*)

classe 2
classe 1
-81345,19870(*)


classe 3

27412,58606


classe 3
classe 1
-108757,78476(*)



classe 2
-27412,58606
revenu à la
classe 1
classe 2
169746,99755(*)
soudure


classe 3
239044,54708(*)


classe 2
classe 1
-169746,99755(*)



classe 3
69297,54953


classe 3
classe 1
-239044,54708(*)



classe 2

-69297,54953
* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.






Comparaisons multiples

(J) classe des
Variable dépendante
(I) classe des adoptants de
adoptants de
Différence des

Klouékanmè
Klouékanmè
moyennes (I-J)
revenu à la récolte des

classe 2
75277,55197(*)
adoptants de Klouékanmè
classe 1


classe 3
99335,29993(*)


classe 2
classe 1
-75277,55197(*)



classe 3
24057,74796


classe 3
classe 1
-99335,29993(*)



classe 2
-24057,74796


revenu à la soudure des
classe 1
classe 2
157780,00732(*)
adoptants de Klouékanmè
classe 3

209527,30346(*)

classe 2
classe 1

-157780,00732(*)

classe 3

51747,29614

classe 3
classe 1

-209527,30346(*)


classe 2

-51747,29614
* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.




Comparaisons multiples

(J) classe des
Variable dépendante
(I) classe des adoptants
adoptants
Différence des

d'Ifangni
d'Ifangni
moyennes (I-J)
revenu à la récolte des
classe 1
classe 2
118327,05519
adoptants d'Ifangni


classe 3
165854,48773(*)


classe 2
classe 1
-118327,05519



classe 3
47527,43254


classe 3
classe 1
-


165854,48773(*)

classe 2
-47527,43254

revenu à la soudure des
classe 1
classe 2
241793,57305
adoptants d'Ifangni

classe 3

364985,44012(*)

classe 2
classe 1

-241793,57305


classe 3

123191,86706

classe 3
classe 1
-


364985,44012(*)


classe 2
-123191,86706

* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.




ANNEXE 3 : Test de DUNNETT C


Variable dépendante: quantité d'engrais

(I) classe des
(J) classe des
Différence des

adoptants
adoptants
moyennes (I-J)
Dunnett C

classe 2
44,09886(*)

classe 1
classe 3


64,00668(*)


classe 1
-44,09886(*)

classe 2
classe 3
19,90783(*)



classe 1
-64,00668(*)
Classe 3
classe 2
-19,90783(*)

* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.




Variable dépendante: quantité d'engrais des adoptants de Klouékanmè

(I) classe des
(J) classe des
adoptants de
adoptants de
Différence des

Klouékanmè
Klouékanmè
moyennes (I-J)
Dunnett C

classe 2
44,12500(*)

classe 1
classe 3


67,85440(*)

classe 2
classe 1
-44,12500(*)




classe 3
23,72940(*)

classe 1
-67,85440(*)
classe 3
classe 2

-23,72940(*)
* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.













Revenu

Différence des
revenu à la récolte
(I) classe des adoptants
(J) classe des adoptants
moyennes (I-J)


classe 2
81345,19870(*)

classe 1
classe 3


108757,78476(*)

classe 2
classe 1
-81345,19870(*)


classe 3

27412,58606


classe 3
classe 1
-108757,78476(*)



classe 2
-27412,58606
revenu à la
classe 1
classe 2
169746,99755(*)
soudure


classe 3
239044,54708(*)


classe 2
classe 1
-169746,99755(*)



classe 3
69297,54953


classe 3
classe 1
-239044,54708(*)



classe 2

-69297,54953
* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.





















Comparaisons multiples

(J) classe des
Variable dépendante
(I) classe des adoptants de
adoptants de
Différence des

Klouékanmè
Klouékanmè
moyennes (I-J)
revenu à la récolte des

classe 2
75277,55197(*)
adoptants de Klouékanmè
classe 1


classe 3
99335,29993(*)


classe 2
classe 1
-75277,55197(*)



classe 3
24057,74796


classe 3
classe 1
-99335,29993(*)



classe 2
-24057,74796

revenu à la soudure des
classe 1
classe 2
157780,00732(*)
adoptants de Klouékanmè
classe 3

209527,30346(*)

classe 2
classe 1

-157780,00732(*)

classe 3

51747,29614

classe 3
classe 1

-209527,30346(*)


classe 2

-51747,29614
* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.


















Comparaisons multiples

(J) classe des
Variable dépendante
(I) classe des adoptants
adoptants
Différence des

d'Ifangni
d'Ifangni
moyennes (I-J)
revenu à la récolte des
classe 1
classe 2
118327,05519
adoptants d'Ifangni


classe 3
165854,48773(*)


classe 2
classe 1
-118327,05519



classe 3
47527,43254


classe 3
classe 1
-


165854,48773(*)

classe 2
-47527,43254

revenu à la soudure des
classe 1
classe 2
241793,57305
adoptants d'Ifangni

classe 3

364985,44012(*)

classe 2
classe 1

-241793,57305


classe 3

123191,86706

classe 3
classe 1
-


364985,44012(*)


classe 2
-123191,86706

* La Différence des moyennes est significative au seuil de 5%.



TABLE DES MATIERES
Pages
CERTIFICATION………………………………………………………… i
DEDICACES……………………………………………………………… ii
REMERCIEMENTS……………………………………………………… iv
RESUME………………………………………………………………….. vi
ABSTRACT………………………………………………………………. x
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS……………………………… xiii
LISTE DES TABLEAUX………………………………………………… xiv
LISTE DES FIGURES…………….……………………………….……… xvi
LISTE DES ANNEXES…………………………………………………… xvi

INTRODUCTION GENERALE…………………………………………… 1

PREMIERE PARTIE: CADRES THEORIQUE, CONCEPTUEL ET
METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE
CHAPITRE 1: CADRE THEORIQUE…………………………….………. 3
1.1- Problématique et justification de recherche …………………… 3
1.2- Objectifs de la recherche……………………………………… 8
1.3- Hypothèses de recherche ..……………………………………. 8

CHAPITRE 2: CADRE CONCEPTUEL………………………………….. 9
2.1- Concepts clés…………………………………………………. 9
2.1.1- Stock de capital……………………………………………….. 9
2.1.2- Productivité…………………………………………………… 9
2.13- Revenu agricole……………………………………………….. 10
2.2- Revue de littérature…………………………………………… 11
2.2.1- Généralités sur le maïs………………………………………. 11
2.2.2- Notion de fertilité des sols…………………………………… 14
2.2.3- Gestion de la fertilité des sols………………………………… 15
2.2.4- Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols…………………….… 17
2.2.5- Déterminants de l’adoption des innovations…………………. 20
2.2.6- Quelques outils d’évaluation d’impact………………………. 21

CHAPITRE 3: CADRE METHODOLOGIQUE…………………………… 26

3.1- Phases de l’étude……………………………………………….. 26

3.2- Choix de la zone d’étude……………………………………….. 26

3.3- Présentation de la zone d’étude………………………………… 29
3.3.1- Commune de Klouékanmè…………………………………… 29
3.3.2- Commune d’Ifangni………………………………………….. 34

3.4- Choix des villages et échantillonnage des unités de recherche….. 37

3.5- Nature des données collectées et instruments de mesure……… 40


3.6- Méthodes et outils d’analyse des données…………………….. 41

3.7- Méthodes d’évaluation des produits d’exploitation, des coûts de
production et des prix……………………………………………………… 41
3.7.1- Evaluation des inputs………………………………………… 42
3.7.2- Mesure des outputs…………………………………………... 42
3.7.3- Méthode d’évaluation des prix des produits agricoles………. 43

3.8- Limites de la recherche………………………………………… 44



DEUXIEME PARTIE: RESULTATS ET DISCUSSIONS………………. 45

CHAPITRE 4: CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES ET
DEMOGRAPHIQUES DES UNITES ENQUETEES……………………. 45
4.1-
Caractéristiques
démographiques……………………………… 45

4.1.1- Genre, âge et situation familiale des producteurs…………… 45

4.1.2- Taille et structure de l’unité de production………………….. 46
4.2-
Caractéristiques
socio-économiques…………………………... 47

4.2.1- Niveau d’instruction des chefs d’unités de production………. 47

4.2.2- Structure des dépenses dans les unités de production……….. 48

4.2.3- Activités menées au sein des unités de production………….. 48

4.2.4- Système de crédits a sein des unités de production…………. . 49

4.3- Système de production de la zone d’étude……………………... 52

4.3.1- Facteurs de production………………………………………. 53
4.4.1.1- La terre……………………………………………………… 53
4.4.1.2- La main-d’œuvre……………………………………………. 55
4.4.1.3- Le capital……………………………………………………. 56

4.3.2- Système de culture…………………………………………… 57



CHAPITRE 5: ANALYSE DE L’IMPACT DES PRATIQUES GIFS
SUR LE STOCK DECAPITAL………………………………………….. 59

5.1- Analyse de l’impact sur la quantité de semence……………… 59

5.2- Analyse de l’impact sur la quantité d’engrais chimique……… 60
5.2.1- Analyse sur l’ensemble de la zone…………………………. 60
5.2.2- Analyse suivant les classes…………………..……………… 62
5.3- Analyse sur les quantités d’ordure et de légumineuse utilisées.. 67
5.4- Conclusion partielle…………………………………………… 68

CHAPITRE 6: ANALYSE DE L’IMPACT DES PRATIQUES GIFS
SUR LA PRODUCTIVITE…………………………………………….. 69

6.1- Exposé de la méthodologie utilisée………………………….. 69

6.2- Analyse de l’impact sur la productivité de la main-d’œuvre…. 71


6.3- Analyse de l’impact sur la productivité de l’engrais…………. 72

6.4- Conclusion partielle…………………………………………… 73


CHAPITRE 7 : ANALYSE DE L’IMPACT DES PRATIQUES GIFS
SUR LE REVENU……………………………………………………… 74

7.1- Analyse de l’impact sur le revenu de l’ensemble des
producteurs…………………………………………………………….… 74

7.2- Analyse de l’impact sur les revenus suivant la zone d’étude… 76

7.3- Analyse de l’impact suivant le genre………………………… 82

7.4- Analyse de l’impact sur la distribution des revenus…………. 83
7.4.1- Présentation des outils de base……………………………. 83
7.4.2- Analyse de la distribution de revenu de la zone d’étude….. 86
7.4.3- Analyse de la distribution de revenu suivant le genre…….. 88
7.5- Conclusion partielle…………………………………………. 89



CHAPITRE 8:AUTRES IMPACTS…………………………………… 90

8.1- Analyse de l’impact sur la structure des dépenses…………. 90

8.2- Analyse de l’impact sur l’investissement dans d’autres activités
agricoles………………………………………………………………… 92


TROISIEME PARTIE: CONCLUSIONS GENERALES ET
RECOMMANDATIONS…………………………………………….… 94


1- Synthèse des analyses………………………………………… 94
2- Stratégies pour une meilleure diffusion des pratiques GIFS…. 96
3- Implications futures pour la recherche……………………….. 97

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES………………………….…… 99
ANNEXES