RESSOURCES ALIMENTAIRES VEGETALES DE LA FORET
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UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI



FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES
FSA - UAC

Département de Nutrition et de Sciences Alimentaires

THEME

RESSOURCES ALIMENTAIR ES VEGETALES DE LA FORET
CLASSEE DE NIAOULI (SUD-B ENIN) : CARACTERISATION ET
MODE DE VALORIS
ATION DES PRODUITS


THESE
Pour l’obtention du Diplôme d’Ingénieur Agronome

Option : Nutrition et de Sciences Alimentaires

Présentée et soutenue par:

AMOUSSOU Aubin G. Oscar

Le 11 Décembre 2005


MEMBRES DU JURY

Superviseurs
Président :
Prof. Coffi Mathurin NAGO
Prof. Coffi. Mathurin NAGO
Rapporteur :
Dr. Ir. Jean Cossi GANGLO
Dr. Ir. Jean Cossi GANGLO
Examinateur : Dr. Ir. Noel AKISSOE

Année académique: 2005- 2006
1






UNIVERSITY OF ABOMEY- CALAVI (BENIN)

FSA - UAC
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FACULTY AGRONOMIC OF SCIENCES
♣♣♣♣♣♣♣♣♣♣♣♣♣♣♣

Department of Nutrition and Food Sciences




VEGETALE FOREST FOODS RESOURCES OF NIAOULI

FOREST RESERVE (SOUTH-BENIN) : CHARACTERIZATION
THESIS
AND VALORISATION OF DIRIVED PRODUCT
Submitted for the acquirement of Ingénieur Agronome degree
THESIS
Submitted in Partial Fulfilment of Requirements for the degree of
“Ingénieur Agronome”


OPTION: Nutrition and Food Sciences

By:
AMOUSSOU Aubin G. Oscar

Presented on December 11th, 2006

Supervisor: Prof. NAGO C. Mathurin
Co-Supervisor: Dr. Ir. Jean Cossi GANGLO


















MEMBERS OF JURY

President :
Professeur Coffi Mathurin NAGO
Reporter :
Dr. Ir. Jean Cossi GANGLO
Examiner :
Dr. Ir. Noel AKISSOE

Academic year : 2005- 2006
ii




CERTIFICATION

Nous certifions que ce travail a été réalisé par AMOUSSOU Aubin G. Oscar sous notre
supervision à la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l’Université d’Abomey-Calavi
(UAC).

Option : Nutrition et des Sciences Alimentaires (NSA)







Le superviseur





Coffi Mathurion NAGO
Ingénieur Agro-technologue
Docteur d’Etat es science
Professeur Titulaire de Biochimie et technologie Alimentaire





Le co-superviseur




Jean Cossi GANGLO
Ingénieur Agronome
Docteur en Science Forestière
Maître Assistant à la Faculté des Sciences Agronomiques







ii






DEDICACE



Gloire et louanges à toi Seigneur, tes merveilles sont immenses

Je dédie ce travail à :


- Pélagie AMOUSSOU et Bienvenu ADJAOKE, recevez ce travail, fruit de votre
assistance dont j’ai bénéficié durant tout mon cursus universitaire.

- Paul AMOUSSOU et Thérèse KPATOUKPA, chers parents, je n’ai pas oublié tous les
sacrifices que vous avez faits pour moi. Cette œuvre en est un témoignage, je vous la
donne en signe de gratitude pour toutes ces peines que je vous ai imposées.

- Olive Kuavi TCHODO, reçois ce travail en témoignage de notre profond amour et de
ton soutien indéfectible.


















iii




REMERCIEMENTS

La réalisation de ce travail n’a été possible que grâce à la participation de certaines
personnes physiques et morales que nous tenons à remercier. Ainsi, nos remerciements
s’adressent particulièrement:
- Au Professeur Coffi Mathurin NAGO, pour avoir accepté de sacrifier son temps en
vue de la supervision de ce travail. Votre expérience et votre rigueur scientifique nous
ont été d’une grande utilité.
- Au Docteur Jean Cossi GANGLO, pour avoir accepté de co-superviser cette thèse.
Votre rigueur et dévouement resteront longtemps dans mon cœur. Toute l’attention
que vous avez accordée à ce travail à travers les nombreuses visites sur le terrain et
vos multitudes suggestions constituent les preuves très éloquentes de votre
dévouement.
- Aux bailleurs des Fonds Compétitifs à travers l’Institut National des Recherches
agricoles du Bénin (INRAB) pour avoir soutenu financièrement et matériellement
cette recherche.
- A toute la population riveraine de la forêt de Niaouli, pour avoir fournir les
informations nécessaires à la réalisations de ce travail.
- Aux Docteurs Paulin AZOKPOTA et Noël AKISSOE pour vos précieux apports
scientifiques.
- A ma tante Agnès KPATOUKPA et ma sœur Clarisse AMOUSSOU pour vos soutiens
- A tous mes camarades de la 30ème promotion, en particulier LAWIN Gabriel,
GOUWAKINNOU Gérard, AFFEDJOU Guy, HODONOU Conrad et DEDEGBE
Dominique.







iv




RESUME

Les formations végétales existantes au Bénin constituent un réservoir potentiel de
produits alimentaires non ligneux pour les populations locales (Codjia et al., 2003).
Cependant les propositions d’aménagement de ces formations, en vue de freiner leur
dégradation, ne sont axées que sur la mise en place des espèces exotiques aux détriments de
des ressources alimentaires végétales. Ces ressources alimentaires qui sont ainsi menacées
dans leurs habitats se révèlent d’une importance capitale dans les nouveaux concepts de "
gestion participative des ressources naturelles" et de " sécurité alimentaire". Le présent travail
qui a pour cadre la forêt classée de Niaouli s’est alors fixé comme objectif principal de fournir
une base de données relatives aux ressources alimentaires forestières végétales de ladite forêt
et d’évaluer leurs caractéristiques nutritionnelles.
La méthode utilisée pour atteindre cet objectif a consisté à des enquêtes de
consommation suivies de l’inventaire de ces ressources dans la forêt et de l’analyse
nutritionnelle des divers organes exploités par les populations locales.
Au total, trente huit (38) espèces végétales ont été identifiées comme recherchées par
les populations riveraines à des fins alimentaires. Dix neuf (19) de ces espèces (50 %) espèces
sont utilisées pour leurs fruits, 13 (34 %) pour leurs feuilles, 3 (8 %) pour simultanément leurs
fruits et leurs feuilles, 2 (5 %) pour leurs tubercules et 1 (3 %) pour leurs graines. Les espèces
telles que Cola millenii (27 pieds à l’hectare), Dialium guineense (23 pieds à l’hectare),
Sterculia tragacantha (18 pieds à l’hectare), Spondias mombin (13 pieds à l’hectare) et
Triplochiton scleroroxylon (10 pieds à l’hectare) sont, parmi les ligneux à produits
comestibles, les plus représentatives au niveau de la forêt et disponibles sur toute l’année. La
fréquence moyenne de consommation est de 4 fois par semaine aussi bien pour les tubercules,
pour les fruits que pour les légumes-feuilles ; la plupart des fruits sont consommés crus. Ces
ressources, pour la plupart, sont conservées in situ dans les champs.
Les concentrations les plus élevées en nutriments sont en général enregistrées au
niveau des légumes-feuilles. Les teneurs en protéines varient de 0,7 à 23 %, les plus fortes
teneurs ayant été obtenues au niveau des feuilles de Sparganophorus sparganophora (23 %)
et des fruits de Annona senegalensis (13 %). Les teneurs en lipides, élevées dans les fruits de
Blighia sapida (35 %) et de Annona senegalensis (14 %), varient entre 0,3 et 35 % pour
l’ensemble des produits analysés. Quant aux teneurs en fibres, elles varient entre 2 et 40 % au
niveau des fruits, entre 6 et 25 % au niveau des légumes-feuilles et entre 1et 5 % dans les
tubercules
v




Les concentrations maximales en fer et en phosphore sont respectivement de 205 mg
et de 113 mg et sont enregistrées au niveau des feuilles de Sparganophorus sparganophora
tandis que les feuilles de Grewia mollis sont les plus riches en calcium (1076 mg). Ces
valeurs nutritionnelles sont, pour la plupart, comparables voire supérieures à celles des
produits conventionnels analogues.




























vi




ABSTRACT

This work aims at providing a data base relating to the vegetable forest food resources
in Niaouli forest as well as the nutritional characteristics of the products. The method used to
achieve this goal consisted in doing some investigations on consumption followed by the
inventory of these resources in the forest and the nutritional analysis of the various products
used by the local populations.

Forty vegetable species were identified and consumed by the local populations like
food resources. Nearly 50 % of these species were used for their fruits, 34 % for their sheets,
8% for simultaneously their fruits and their sheets, 5 % for their tubers and 3 % for their
seeds. The species such as Cola millenii (27 individuals per hectare), Dialium guineense (23
individuals per hectare), Sterculia tragacantha (18 individuals per hectare), Spondias mombin
(13 individuals per hectare) and Triplochiton scleroroxylon (10 individuals per hectare) were
the most representative and available over all the year. The average frequency of consumption
was 4 times per week as well for the fruits as for the vegetable-sheets, the majority of the
fruits being directly consumed.

The highest concentrations of nutrients were recorded in general for the vegetable
sheets. The proteins contents varied from 0, 7 to 23 %, the highest value were obtained by the
leaves of Sparganophorus sparganophora. The lipids, concentrated in the fruits of Blighia
sapida (35 %) and Annona senegalensis (14 %), ranged from 0, 3 to 35 %. The fibres contents
varied between 2 and 40 % for the fruits, between 6 and 25 % for the sheets and 1 and 5 % for
tubers.
Sparganophorus sparganophora and Grewia mollis gave the highest level of iron (242
mg/ 100 g dw) and calcium (1076 mg / 100 dw), respectively.












vii




TABBLE DES MATIERES

Pages

CERTIFICATION................................................................................................................ ii
DEDICACE ......................................................................................................................... iii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................iv
RESUME...............................................................................................................................v
ABSTRACT .........................................................................................................................vii
TABBLE DES MATIERES............................................................................................... viii
LISTE DES ABREVIATIONS ..............................................................................................x
LISTE DES TABLEAUX ......................................................................................................x
LISTE DES FIGURES........................................................................................................ xi

INTRODUCTION ................................................................................................................1
1. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE ................................................................................3
1.1. Principaux produits forestiers non ligneux: Evolution et définition des concepts ......3
1.1.1. Produits Forestiers non Ligneux....................................................................................3
1.1.2. Ressources alimentaires forestières végétales ................................................................3
1.2. Description du milieu d’étude .....................................................................................10
1.2.1. Situation géographique et administrative.....................................................................10
1.2.2. Facteurs climatiques ...................................................................................................10
1.2.4. Végétation ..................................................................................................................17
1.2.5. Faune sauvage. ..........................................................................................................18
1.2.6. Facteur humain ...........................................................................................................19
2. MATERIEL ET METHODES.......................................................................................20
2.1. Matériel ........................................................................................................................20
2.1.1. Matériel de terrain.......................................................................................................20
2.1.2. Matériel d’étude..........................................................................................................20
2.1.3. Matériel et équipements de laboratoire........................................................................20
2.2. Méthodes ......................................................................................................................22
2.2.1. Phase d’enquête ..........................................................................................................22
2.2.2. Phase d’inventaire......................................................................................................24
2.2.3. Travaux de laboratoire ................................................................................................24
2.2.4. Analyses statistiques des résultats ...............................................................................29
3. RESULTATS ET DISCUSSION....................................................................................31
3.1. Biodiversité des ressources alimentaires forestières végétales ...................................31
viii




3.2. Importance des ressources alimentaires végétales au niveau de la forêt ...................35
3.2.1. Densité des arbres .......................................................................................................37
3.2.2. Fréquence spécifique des arbustes, des lianes et des herbes ........................................38
3. 3. Valorisation des ressources alimentaires forestières végétales .................................39
3.3.1. Modes de consommation des ressources .....................................................................39
3.3.2. Technologie de transformation....................................................................................40
3.3.3. Conservation des ressources alimentaires forestières végétales....................................42
3.3.4. Autres utilisations des ressources alimentaires forestières végétales ............................43
3.4. Caractéristiques nutritionnelles des ressources alimentaires forestières végétales...45
3.4.1. Macro et micronutriments des fruits ...........................................................................45
3.4.2. Macro et micronutriments des légumes-feuilles..........................................................48
3.4.3. Macro et micronutriments des tubercules sauvages .....................................................50
3.5. Impact des ressources alimentaires forestières végétales dans la sécurité alimentaire
des ménages. .......................................................................................................................50
3.5.1. Disponibilité saisonnière des ressources alimentaires forestières végétales..................51
3.5.1. Disponibilité saisonnière des ressources alimentaires forestières végétales..................51
3.5.2. Fréquence de consommation des ressources alimentaires forestières ...........................55
3.5.3. Contribution des ressources alimentaires forestières végétales au revenu monétaire des
ménages.......................................................................................................................57
CONCLUSION ET SUGGESTIONS ................................................................................59
















ix




LISTE DES ABREVIATIONS


AACC
: American Association of Cereal Chemists
FAO
: Food and Agricultural Organisation
IPGRI : Institut International de Ressources Phytogénétiques
OMM
: Organisation Météorologique Mondiale
OMS
: Organisation Mondiale de la Santé
PAM
: Programme Alimentaire Mondiale
PFNLs : Produits Forestiers non Ligneux
RAFVs : Ressources Alimentaires Forestières végétales



LISTE DES TABLEAUX

Pages
Tableau 1 : Espèces et parties analysées ...............................................................................21
Tableau 2 : Répartition des ménages enquêtés par villages et par hameaux ...........................22
Tableau 3 : Liste des ressources alimentaires forestières végétales consommées par les
populations riveraines de la forêt de Niaouli .................................................................32
Tableau 4 : Densité ou fréquence spécifique des espèces exploitées au niveau de la forêt de
Niaouli..........................................................................................................................36
Tableau 5. Ressources alimentaires à usage médicinal ..........................................................44
Tableau 6 : Composition en macronutriments des fruits sauvages ........................................45
Tableau 7 : Composition en micronutriments des fruits sauvages (% MS/100 g, mg /100g. bs)
.....................................................................................................................................47
Tableau 8 : Composition en macronutriments des légumes-feuilles sauvages........................48
Tableau 9 : Composition en micronutriments des légumes-feuilles sauvages .......................49
Tableau 10 : Composition en macronutriments des tubercules .............................................50
Tableau 11 : Composition en micronutriments des fruits sauvages .......................................50
Tableau 12 : Prix moyen de quelques produits issus des RAFVS ..........................................58



x




LISTE DES FIGURES

Pages

Figure 1 : Localisation de la zone d'étude .............................................................................11
Figure 2 : Localisation des bandes ........................................................................................12
Figure 3 : Evolution des hauteurs pluviométriques moyennes mensuelles ............................13
Figure 4 : Diagramme climatique de Niaouli .......................................................................14
Figure 5 : Evolution des minima, maxima et moyennes thermiques à la station de Bohicon . 15
Figure 6 : Evolution de la durée moyenne mensuelle de l’insolation ....................................16
Figure 7 : Evolution interannuelle de l’humidité relative à la station de Bohicon..................16
Figure 8 : Densité des essences alimentaires au niveau de la forêt de Niaouli.......................37
Figure 9 : Fréquence spécifique des arbustes, des lianes et des herbes..................................38
Figure 10 : Diagramme d’obtention de pâte à base des arilles de blighia sapida. ...................40
Figure 11 : Diagramme de production des amandes grillées à base des fruits de Pterocarpus
Santalinoides ................................................................................................................42
Figure 12: Fréquence de consommation des fruits.................................................................56
Figure 13 : Fréquence de consommation des légumes-feuilles ..............................................57





xi

INTRODUCTION

Dans les pays du Tiers-monde, particulièrement en Afrique sub-saharienne, les
populations sont menacées par la faim. Dans ces pays, l’agriculture ne parvient pas encore à
couvrir totalement les besoins alimentaires des populations malgré les efforts dont elle
bénéficie de la part des gouvernants et des partenaires au développement. Le nombre de
groupes vulnérables ne cesse d’accroître dans ces pays où l’accès aux denrées alimentaires est
limité par de nombreux facteurs tels que le prix et le revenu (Biaou, 1998). Dans cette
situation d’insécurité alimentaire et de pauvreté, les populations rurales exploitent les forêts
pour satisfaire leurs besoins vitaux, notamment les besoins alimentaires (FAO, 1999). Ainsi,
les forêts jouent un rôle fondamental en offrant aux groupes sociaux les plus vulnérables, des
produits forestiers non ligneux (PFNLs) pour garantir leur sécurité alimentaire (Ouédraogo et
Boffa, 1999). Face à cette situation, la prise en compte des produits forestiers non ligneux
(PFNLs), particulièrement les ressources alimentaires forestières végétales (RAFVs),
autrefois reléguées au second rang dans les programmes d’aménagement des forêts devient de
plus en plus une nécessité.
En effet, les forêts constituent un immense réservoir de ressources alimentaires dont
les populations locales dépendent, non seulement pour satisfaire les besoins en aliments et en
médicaments, mais aussi en matériaux de construction (FAO, 2002). Ces ressources
alimentaires tiennent une place importante dans les régimes alimentaires et pourraient aider à
résoudre ou atténuer les problèmes d’insécurité alimentaire (Codjia et al., 2003). Elles
procurent aux habitants de la forêt et aux populations des villes et campagnes, des protéines,
des glucides, des vitamines et des minéraux essentiels dans leurs régimes alimentaires surtout
dans les périodes où les approvisionnements en produits vivriers font défaut (FAO, 1996).
Les RAFVs ont fait l’objet de plusieurs études dans le monde, notamment en
Amérique latine (Holmes, 1996 ; Grenaud, 1996), en Asie (Lizot, 1996), en Afrique centrale (
Dhechuvi et Lejoly, 1996 ; Malaisse, 1979, Mosango ; Szafranski, 1985) et en Afrique
australe et occidentale (Kokwarro, 1990 ; Falconer, 1992 ; Popoola, 1996). Ces travaux, pour
la plupart, n’ont fait que l'inventaire de ces ressources forestières
Au Bénin, les travaux effectués dans ce domaine ont été également consacrés à
l’inventaire et à la description des ressources forestières alimentaires pourvoyeuses de fruits,
des tubercules, des fleurs etc (Houngnon, 1981 ; Sokpon et Lejoly, 1996). Elles ont été
1




complétées par des travaux réalisés dans la forêt de la Lama (Assogbadjo, 2000), de Pobè
(Vihotogbé, 2001) et des Trois Rivières (Lokonhoundé, 2002). Ces études ont également,
dans une certaine mesure, montré l’importance socio-économique, alimentaire et culturelle
desdites ressources.
Cependant, les aspects portant sur les modes de valorisation, notamment l’évaluation
de la valeur nutritionnelle de ces ressources n’ont pas pu être abordés. La connaissance des
caractéristiques physico-chimiques ou nutritionnelles de ces RAFVs favoriserait une
meilleure valorisation de ces dernières dans l'alimentation humaine. La présente étude a pour
objectif principal de concevoir une banque de données relatives aux RAFVs de la forêt de
Niaouli et à leurs caractéristiques nutritionnelles pour un aménagement participatif et durable.
De façon spécifique, l’étude permettra :
- de recenser tous les produits forestiers non ligneux d’origine végétale, consommés
par les populations locales;
- de déterminer leur mode de valorisation;
- d'identifier les périodes de disponibilité saisonnière de ces ressources en forêt;
- de caractériser ces ressources aux plans physico-chimique et nutritionnel et
- d'apprécier leur impact sur la sécurité alimentaire des ménages.













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1. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE

1.1. Principaux produits forestiers non ligneux: Evolution et définition des

concepts

1.1.1. Produits Forestiers non Ligneux

Les termes utilisés pour désigner les produits forestiers non ligneux (PFNLs) ont évolué
dans le temps. En effet, au début des années 80, les PFNLs étaient désignés sous les vocables
de " produits forestiers mineurs" (Shiembo, 1986) ou " produits accessoires" ou encore "
Produits secondaires", employés notamment par les agents des Eaux et Forêts. Ces termes
sous entendaient que le bois d’œuvre était un produit « majeur ». En effet, depuis plusieurs
années, la mise en valeur des reliques forestières s’était basée sur l’exploitation du bois
considéré comme seul produit que l’on peut tirer des forêts. Mais pour les populations
riveraines, les ressources forestières, autres que le bois, sont très importantes et accessibles à
tous, par opposition au bois d’œuvre (Plouvier, 1997). Avec les travaux réalisés au début des
années 90 (Amadi, 1993 ; Chege, 1994 ; Kempkes, 1995), ces termes seront de moins en
moins utilisés au profit des termes " Produits Forestiers Autres que le Bois d’œuvre", et "
Produits Forestiers Non Ligneux" qui sont employés pour traduire respectivement les termes
anglais "Non Timber Forest Products" et " Non Wood Forest Products". L’une des
caractéristiques de ces ressources réside dans leur accessibilité surtout aux individus à faible
revenu ou ne disposant pas de terre (Falconer, 1990).

1.1.2. Ressources alimentaires forestières végétales

Au Bénin, les PFNLs ont été désignés sous le terme " Ressources Alimentaires Non
Conventionnelles" (RANC) (Mensah et al., 1998). Ce terme désigne tout aliment d’origine
végétale ou animale pouvant entrer dans l’alimentation des êtres vivants mais non connu du
grand public.
Le sens attribué aux " PFNLs " a évolué du fait de leur méconnaissance ou du manque
d’informations complètes. Les PFNLs étaient le plus souvent restreints aux produits
alimentaires sauvages (Herzog, 1992). Avec les études de Aubé (1996) et de Peters (1997), le
champ de cette définition va s’élargir davantage. Ainsi, ces auteurs considèrent comme
PFNLs toutes les ressources forestières alimentaires autres que le bois d’œuvre dont
l’exploitation ne nécessite pas d’investissement particulier et dont l’usage ou la
3




commercialisation profite directement aux riverains. Ils rejoignent ainsi Falconer (1990) qui
estime que les PFNLs sont des produits comestibles ou non, récoltés dans les forêts par les
populations riveraines et quelques populations urbaines pour leur subsistance ou pour le
commerce. Toutes ces définitions ne reflètent par la biodiversité, les valeurs sociales et
culturelles et mêmes physiques, tirées des forêts par les riverains, à savoir la cueillette de
fruits et légumes, les prières et sacrifices en forêt, les promenades etc (Saastomonien, 1992).
Ces considérations qui rejoignent celles de Wickens (1991) ont été prises en compte dans la
définition adoptée par la FAO (1991) selon laquelle les PFNLs désignent « l’ensemble des
ressources et produits (autres que le bois d’œuvre et d’industrie ainsi que leurs dérivés) qui
sont extraits d’écosystèmes forestiers et qui sont utilisés à des fins domestiques ou de
commercialisation ou dotés d’une signification sociale, culturelle ou religieuse. ». Il apparaît
clair que les ressources alimentaires forestières végétales (RAFVs) sont une composante des
PFNLs et regroupent selon Okigbo (1977) des espèces végétales qui entrent dans l’une des
trois catégories suivantes, à savoir :
- plantes vraiment sauvages qui poussent spontanément et sans aucune influence ;
- plantes poussant à l’état naturel et qui sont bien entretenues ;
- plantes pouvant pousser spontanément ou que l’on peut planter ou semer.

Ces RAFVs fournissent à la population divers produits, à savoir : les feuilles, les
fruits, les graines, les tubercules, les écorces, etc.

1.1.2.1. Biodiversité
Selon la convention de Rio en Mai 1992, la biodiversité est définie comme la
variabilité des organismes vivants, de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes
terrestres, marines et autres écosystèmes aquatiques et le complexe biologique dont ils font
partie. Il apparaît sans doute que le concept de biodiversité relatif aux ressources alimentaires
forestières végétales est la pluralité de ces ressources alimentaires au niveau des formations
naturelles. Cette pluralité des RAFVs est plus grande que celle des ligneux (Popoola et
Oluwalana, 2001), particulièrement dans les forêts africaines qui constituent un immense
réservoir des RAFVs (Ouédraogo et Boffa, 1999) où sont récoltés des fruits, des légumes-
feuilles, des plantes médécinales (Sopkon et Lejoly, 1996).
Plus de 20 000 ressources végétales alimentaires existent aujourd’hui dans le monde et
sont quotidiennement utilisées par la majorité des populations (Grevetti, 1976). Malaisse
4




(1997) a dénombré 1780 taxons de plantes comestibles de l’Afrique sub-saharienne, tandis
que 350 espèces végétales alimentaires ont été recensées et décrites par Baumer (1995) en
Afrique occidentale. De nombreuses études d’inventaire sont faites pour ressortir les
potentialités de diverses formations végétales naturelles en ces ressources. Ainsi, Becker
(1986) a révélé la présence de 800 espèces végétales dans les ceintures sahéliennes arides et
semi-arides d’Afrique. Malaisse et Parent (1985) ont dénombré 241 plants forestiers
comestibles dans les forêts claires zambésiennes. Au Nigéria, les études de Mohamed (1995)
ont mentionné une grande diversité de RAFVs dans la zone semi-aride du pays, tandis qu’au
Ghana, Irvine (1952) a inventorié 100 espèces végétales à feuilles comestibles et 200 à fruits
comestibles.
Au Bénin, les travaux de Sokpon et Lejoly (1996) ont permis d’inventorier 63 espèces à
fruits comestibles dans la forêt dense semi-décidue de Pobè. Des travaux similaires de
Vihotogbé (2001) dans la même zone ont révélé 76 espèces végétales alimentaires réparties
dans les forêts, jachères, champs et maisons. Dans la forêt classée de la Lama, Assogbadjo
(2000) a dénombré 47 espèces végétales consommées par les populations Holli et Fon sur les
80 espèces comestibles que renferme cette forêt. Au nord du Bénin, les études de Lokohoundé
(2002) ont révélé 57 espèces alimentaires végétales forestières des forêts classées des Trois
Rivières contre plus de 160 espèces alimentaires végétales consommées dans tout le Bénin
(Codjia et al, 2003).
Toutes ces données d’inventaire montrent la grande diversité des écosystèmes forestiers
en ressources alimentaires végétales.

1.1.2.2. Importance alimentaire et nutritionnelle
Par le passé, les populations proches des forêts et particulièrement celles de l’Afrique
noire ont toujours exploité les ressources forestières végétales pour se nourrir et se soigner
(Grivetti et al., 2000). Ces espèces végétales forestières contribuent énormément à assurer
surtout aux groupes sociaux les plus vulnérables une couverture des besoins nutritionnels dans
une certaine mesure (Falconer, 1996). En effet, plus de 80 % de la population des pays en
développement utilisent ces ressources pour se nourrir et pour se soigner (Spore, 1999). C’est
le cas des populations lacustres d’Amazonie qui dépendent des forêts riveraines pour leur
alimentation et le maintien de leur environnement. Ces ressources sont différemment utilisées
selon leur catégorie. Les tubercules et les champignons sont particulièrement appréciés par les
enfants (Malhorta et al., 1993) qui utilisent les fruits de la forêt comme casse croûte et
5




aliments de collation (Olson, 1991). Ces fruits sont d’excellentes sources de substances
minérales et de vitamines et apportent parfois à ces enfants une ration énergétique non
négligeable (FAO, 1996). Les feuilles, par contre, sont la base de soupes au ragoût et
condiments qui accompagnent la pâte de maïs. Les études de Fleuret (1979) sur les plantes
sauvages feuillues au Lushoto révèlent que dans trois régions, les feuilles sauvages entrent
dans la composition de 32 % des repas. Les sauces à base de ces feuilles sauvages sont
utilisées dans 31 % des cas, contre 17 % pour les légumes cultivées (Fleuret op.cit). Au sud
du Bénin, ces feuilles sauvages accompagnent, dans plus de 90 % des cas, les repas
principaux durant les saisons pluvieuses dans la Lama (Assogbadjo, 2000), tandis que 78 %
des ménages préparent des sauces à base de ces légumes dans la forêt de Pobè. Cette
utilisation des produits forestiers dans l’alimentation humaine permet de réduire la
dépendance vis-à-vis des produits alimentaires exotiques (Poulsen, 1982). C’est le cas, par
exemple, du cœur du palmier sauvage (Veitcha spp) qui est particulièrement recherché et servi
dans les restaurants au sud du pacifique sous le terme "salade du millionnaire"(Olson, 1991).
Sur le plan nutritionnel, les RAFVs contribuent largement à la qualité des repas
(Packham, 1993). En effet, selon la FAO (1996), les RAFVs procurent aux habitants de la
forêt et aux populations des villes et campagnes des protéines, des glucides, des vitamines et
des minéraux essentiels, surtout dans les périodes où les approvisionnements en produits
viviers font défaut. Ainsi, les quantités de vitamines C et A ingérées à partir des produits de
cueillette couvrent, à elles seules, les apports recommandés pour ces deux nutriments
(Herzog, 1992). Bergeret et Ribot (1990) ont quantifié l’apport en énergie et en nutriments
des produits de cueillette chez les Wolof, Peulh et Socé au Sénégal et ont remarqué que 72 à
95 % des vitamines C, 65 à 92 % de la vitamine A, 14 à 40 % de riboflavine et 30 à 52 % de
calcium proviennent de produits de cueillette. Tous ces résultats amènent certains auteurs à
affirmer que la qualité nutritionnelle des RAFVs est comparable, voire supérieure à celle des
variétés domestiques. En effet, Bergeret et Ribot (1990) ont montré que les fruits sauvages
africains comme les légumes-feuilles sont plus riches en éléments nutritifs (N, P, C, Fe,
vitamines A, C, PP, B, ..) que ceux issues des régions européennes. Selon Moranz et al.,
(2004), les teneurs de potassium dans les pulpes du karité (Vitellaria paradoxa) sont plus
élevées que celles de la banane (542 mg contre 357 mg pour 100 g), reconnue comme une
bonne source du potassium. Il en est de même du fruit de baobab (Adansonia digitata) dont la
teneur en vitamine C dépasse celle de l’orange (360 contre 75 mg / 100g) (Codjia et al.,
2001). Des travaux de Cadwell et Enock (1972), il ressort que les légumes forestiers ont une
teneur en riboflavine (0,4 - 12 mg / 100g de parties comestibles) sensiblement plus élevée que
6




celle des variétés cultivées (0,3 – 1 mg / 100 g de parties comestibles). Leurs teneurs en sels et
en vitamines sont aussi variables ; elles peuvent être d’excellentes sources de vitamines A et
C, de calcium, de niacine et de fer (FAO, 1996). Toutes ces données nutritionnelles ne portent
pas sur les ressources alimentaires végétales exploitées par les populations béninoises.

1.1.2.3. Importance économique
Le rôle des RAFVs dans l’économie des populations rurales est aujourd’hui démontré
(Popoola et Oluwalana, 2001). En effet, ces ressources alimentaires revêtent de plus en plus
une importance économique tant au niveau local, régional qu’international (Spore, 1999) et
constituent ainsi un créneau non négligeable, source de revenus pour les populations rurales
(FAO, 1999).
La commercialisation des RAFVs est très florissante (Ros-Tonen, 1999) et permet de
compléter le revenu des ménages. Mieux, elle procure un profit hebdomadaire moyen
supérieur au salaire minimal du travailleur urbain (Ndoye et al., 1999). Des travaux de May
(1985), il ressort que le revenu issu de la vente des amendes et de l’huile de palmier babassou
(Orbignya martiana) représente près de 35 % du revenu total des ménages.
En Afrique, les travaux de Ndoye et al (op.cit) au Cameroun dans la zone forestière
humide sur 25 marchés ont fourni des résultats impressionnants. Ces marchés brassent
approximativement 3, 8 millions de dollars US sur les périodes consécutives entre 1995 et
1996. Au Gabon, Chabot (1997) estime à 754 000 francs CFA la valeur commerciale des
RAFVs vendus chaque jour au marché de Mont Bouêt à Libreville. Au Bénin, les études de
Vihotogbé (2001) dans la forêt de Pobè rapportent que la vente du crincrin sauvage
(Corchorus tridens), de l’amarante sauvage (Celosia argentea) et celle du prunier noir (Vitex
doniania) ont généré une masse monétaire globale de près de 10 000 000 de francs CFA sur
sept marchés locaux en 2001. De même, Lokohoundé (2002) a révélé que sur sept marchés
riverains de la forêt classée des trois rivières, le commerce de RAFVs génère une masse
monétaire de 7 072 020 FCFA par an.
Sur les marchés régionaux et internationaux, les RAFVs font aussi l’objet d’échange et
permettent ainsi d’acquérir des devises étrangères. Ainsi, DeBeer et McDermott (1996)
estiment à plus de 1,6 millions de dollars US les recettes malaisiennes relatives à ces produits.
Pour Freez et al (1998), les exportations indiennes et indonésiennes s’élèvent respectivement
7




à 134 et 1000 millions de dollars US. Nkwatoh (2000) a montré que les PFNLs apportent un
revenu annuel moyen de 788 128,4 dollars US à l’économie nationale camerounaise.
Ces chiffres amènent certains auteurs à procéder à une évaluation comparée des recettes
issues des deux types d’exploitation de la forêt. Ainsi, selon Moussa (1997), même s’il est
vrai que les RAFVs pris individuellement ont une importance économique faible par rapport
aux ligneux, elles peuvent ensemble contribuer aux économies des ménages et de la nation,
mieux que les ligneux. Ceci est confirmé par Olmos (1999) qui estime que les revenus d’un
hectare de buissons et d’un hectare de forêt pour la production des RAFVs et celle du bois,
sont similaires.

1.1.2.4. Aspects religieux et socioculturels
Les relations entre les populations rurales et les RAFVs ne se limitent pas seulement à
la récolte des organes ; elles revêtissent aussi d’une signification socioculturelle et religieuse.
Grenauld (1996) souligne que la croyance et les traditions des populations font partie
intégrante de leurs relations avec l’environnement. C’est ainsi que plusieurs communautés
rurales maintiennent des aires sacrées où aucune exploitation n’est permise ou alors
rigoureusement contrôlée (Arnold, 1995). De nombreux produits de ramassage sont dotés
d’une signification culturelle. C’est le cas des noix de cola (Cola nitida) qui occupent une
place importante dans les offrandes culturelles substantielles (Haxaire, 1996) ; elles sont
offertes pour souhaiter la bienvenue aux invités dans le Parc National de Korup et sont
utilisées dans le Nord-Bénin pour les baptêmes.
Pour certains auteurs, l’exploitation des ressources alimentaires forestières végétales par
les populations locales constitue en elle-même une mesure endogène de gestion desdites
ressources. Elle est un facteur de rehaussement de la valeur de la forêt, un stimulant pour sa
protection par les populations locales averties (Ros-Tonen, 1999). En Côte d’Ivoire par
exemple, l’égrappage obligatoire (selon les normes sociales) du régime de palme au pied de
l’arbre permet une meilleure dissémination de l’espèce (Haxaire, 1996). La consommation des
fruits sur les lieux de cueillette concourt au même objectif.
1.1.2.6. Contraintes de valorisation
Les ressources alimentaires forestières végétales bien que jouant un rôle considérable
dans la vie quotidienne des populations, se trouvent confronter à certains obstacles qui
entravent leur valorisation. Du point de vue écologique, ces espèces sont menacées dans leurs
habitats. Plus de 15,4 millions d’hectares de forêts tropicales sont détruites chaque année.
8




(CGIAR, 1994) En Afrique de l’Ouest, 4 % de la forêt dense sont défrichées chaque année
(Harrison, 1991). Ainsi, si les espèces les plus connues et les plus couramment utilisées font
déjà l’objet de protection sous diverses formes (maintien dans les cultures, en jardin de case,
haies vives, parcs, etc.), les taxons les moins connus sont fréquemment abattus pour faire
place aux cultures industrielles, financièrement plus rentables (Ambé, 2001). Les causes de
cette dégradation des forêts sont diverses. Pour Herzog (1992), elles résultent de
l’industrialisation et de l’urbanisation qui, en entraînant le peuplement des villes, ont
provoqué une forte demande en bois, en produits alimentaires et autres matières premières
surtout pour les industries. C’est ainsi que des écosystèmes naturels sont remplacés par des
champs de cultures vivrières et de rente ou par des plantations pures d’espèces exogènes.
Par ailleurs, la méconnaissance des RAFVs, occasionnée par l’introduction des cultures
exogènes mais surtout par la rupture entre les jeunes et les végétations naturelles, constitue un
grand frein pour la promotion de ces ressources. Elles sont, en effet, sous-utilisées, le plus
souvent, dans les milieux où elles sont présentes. Ainsi, Saastomoinen et al (1999) ont
remarqué qu’en Finlande, 5 à 10 % seulement des baies sauvages forestières végétales et 1 à 3
% des champignons comestibles sont ramassés. Par ailleurs, seulement 47 espèces forestières
végétales sont consommées sur les 80 espèces végétales comestibles que renferme la forêt de
la Lama (Assogbadjo, 2000).
En outre, les préjugés « d’espèces sauvages » portés sur les RAFVs font que ces
dernières sont soit, inacceptables sur le plan social, soit négligées parce qu’utilisées par des
populations analphabètes. Les aléas climatiques constituent également des contraintes pour
leur régénération génétique (IPGRI, 1999), de même que l’utilisation des techniques de
récolte qui leur sont à 95 % destructrices (Nkwatoh, 2000).









9




1.2. Description du milieu d’étude

1.2.1. Situation géographique et administrative

La forêt de Niaouli, cadre d’étude de la recherche est incluse dans la zone de transition
régionale guinéo-congolo- soudanienne. Elle est située dans l’arrondissement d’Attogon, à 75
km de Cotonou (Figure 1) et se trouve géographiquement entre 2°12’ de longitude Est et 6°12
de latitude Nord.
La forêt de Niaouli est intégrée au domaine du Centre de Recherche Agricole sur les
cultures du Sud-Bénin. Elle est répartie en deux écosystèmes forestiers, à savoir : la forêt de
bas-fond et la forêt de plateau (Figure 2).

1.2.2. Facteurs climatiques
Le climat, selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) est la synthèse des
conditions météorologiques dans une région donnée, caractérisées par des statistiques à long
terme des variations de l’état de l’atmosphère. Le climat joue un rôle essentiel dans la
répartition des végétaux et des animaux.
Les principaux facteurs climatiques abordés ici sont la pluviométrie, la température,
l’insolation, le vent et l’humidité relative.
La pluviométrie
La pluie est un facteur écologique très important. L’alimentation minérale de la plante
est essentiellement conditionnée par son alimentation hydrique (Duchauffour, 1995). La
pluviométrie du milieu d’étude est caractérisée par d’importantes variations mensuelles. La
figure 3 présente le diagramme de l’évolution des hauteurs moyennes mensuelles de pluie sur
une période de 15 ans.
Cette figure fait apparaître une distribution bimodale dont les pics se situent
respectivement aux mois de Juin (217,25 mm en moyenne) et d’Octobre (198,11 mm en
moyenne). Ainsi, on peut y définir un climat subéquatorial à quatre saisons, à savoir:
- une grande saison de pluie de mars à juillet ;
- une petite saison sèche correspondant au mois d’août ;
- une petite saison de pluie de septembre à octobre ;
- une grande saison sèche de novembre à février.
10






Figure 1 : Localisation de la zone d'étude
11






Figure 2 : Localisation des bandes
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250
200
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m

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150
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M
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Juin
Mois
Janvier F
Juillet
A
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O
ovem
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Septem
N
D

Figure 3 : Evolution des hauteurs pluviométriques moyennes mensuelles enregistrées à
Niaouli sur 15 années (1991 à 2005).
Source : ASECNA (2006), Station de Niaouli.


L’intérêt de l’étude de la répartition des pluies dans l’année réside dans la
connaissance de la période humide favorable à la végétation mais surtout de la période sèche
au cours de laquelle les plantes sont soumises à des conditions de vie difficile (Akoegninou,
1984). Cependant, selon Adjanohoun (1964), les facteurs climatiques quels qu’ils soient, pris
isolément, ne suffisent pas souvent pour caractériser les divers climats locaux et ne permettent
pas non plus de comprendre les changements de la végétation. Ainsi, la prise en compte de
deux ou trois facteurs climatiques telles que la pluie et la température et / ou
l’évapotranspiration potentiel (ETP) paraît nécessaire. La combinaison de la pluie et de l’ETP
apparaît la mieux intéressante dans la mesure où elle se présente sous forme de diagramme
agro-climatique ou de bilan des apports et des pertes d’eau (Franquin, 1969).



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250
200
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Jan
Fév
Mars
Avril
Mai
Juin
Juil
Août
Sept
Oct
Nov
Déc
Mois
ETP Bohicon
ETP/2 Bohicon
P(mm) Niaouli

Figure 4 : Diagramme climatique de Niaouli (période de 1991 à 2005)
Source : ASECNA (2006), Station de Niaouli


Ce diagramme climatique montre que la période allant de mi novembre à fin février
constitue la période sèche (correspondant à la grande saison sèche). Cette période correspond
à celle où mûrissent la plupart des fruits. La saison humide couvre environ 8 mois (mars à
mi octobre). C’est la période de temps qui va de l’instant où le déficit maximal du sol (au
point de flétrissement) commence en principe à décroître sous l’effet des premières pluies,
jusqu’au moment où ce déficit est de nouveau atteint dans la tranche d’exploitation racinaire.
Pendant cette période, la pluie est supérieure à la moitié de l’ETP.
La période où la pluie est supérieure à l’ETP va de mai à mi juillet et de septembre à
novembre. C’est la période favorable au développement végétatif des plantes.


La température
La température est importante pour la végétation puisqu’elle agit sur la respiration et
la photosynthèse de la plante. La figure 5 montre l’évolution des températures moyennes
mensuelles à la Station de Bohicon, de 1941 à 2005. Pour ce paramètre, la Station de Bohicon
a été prise en compte en raison de l’insuffisance des données à la Station de Niaouli. La
14




température moyenne annuelle dans cette station est de 28° C. Les périodes les plus chaudes
se situent en fin de saison sèche entre février et mars avec une température maximale de 35°
C. Le mois d’août se révèle le plus frais avec une température moyenne de 24°C.
40
35
30
25
)
20
°

(
C

T
15
10
5
0
J
F
M
A
M
J
J
A
S
O
N
D
Mois
T max
T min
T moy

Figure 5 : Evolution des minima, maxima et moyennes thermiques à la station de Bohicon
(Période de 1941 à 2000).
Source : ASECNA (2006), Station de Bohicon


3.2.3. Insolation

La lumière est le facteur essentiel de la photosynthèse et son action la plus importante
concerne l’assimilation chlorophyllienne qui dépend de la quantité de lumière reçue. La figure
6 présente l’évolution des moyennes mensuelles de l’insolation dans la zone d’étude sur une
période de 20 ans. La durée de l’insolation moyenne annuelle est de 1823 heures avec des
moyennes mensuelles variant entre 83,9 et 193,6 heures. Ces valeurs relativement élevées ne
constituent pas un facteur limitant pour la végétation bien qu’elles déterminent une partie du
bilan hydrique (Sokpon, 1995). Les mois les plus ensoleillés vont de novembre à janvier
tandis que les moins ensoleillés vont de juillet à septembre.

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200
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J
J
A
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O
N
D
Mois

Figure 6 : Evolution de la durée moyenne mensuelle de l’insolation (Période de 1985 à 2001)
Source :
ASECNA (2006), Station de Niaouli


L’humidité relative
L’humidité relative provient de l’évaporation de l’eau tellurique, des nappes d’eau et
des vents humides. Elle joue ainsi un rôle atténuateur remarquable du déficit hydrique, et
trouve donc son importance dans la production des écosystèmes. La figure 7 montre son
évolution sur une période de 64 ans. Cette figure montre que l’humidité relative varie de 41,4
à 97,56% et reste assez élevée même en saison sèche.

120

100
)
%
80
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lat
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20

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Dec
Jan
Fev
Mars
Avril
Mai
Juin
Juil
Août
Sept
Oct
Nov
Mois

Hr max
Hr min
Hr moy


Figure 7 : Evolution interannuelle de l’humidité relative à la station de Bohicon (Période de
1941 à 2005)
Source : ASCENA (2006), Station de Bohicon
16




1.2.3. Facteurs édaphiques

1.2.3. Facteurs édaphiques
La géomorphologie
La zone d’étude se trouve sur le plateau d’Allada qui, du point de vue géologique,
repose sur un sédiment meuble argilo-sableux appelé « terre de barre » du continental
terminal (ORSTOM, 1968). Ce plateau appartient à la série méridionale des plateaux de terre
de barre qui regroupe les plateaux de Pobè-Sakété, de Porto-Novo, d’Allada, et d’Abomey-
Calavi. Le modélé de la Station de Niaouli est conditionné par l’existence d’un ruisseau
("Ava") à écoulement permanent orienté vers l’Ouest. La partie sud de la station présente une
topographie assez bouleversée, liée à la présence de grès ferrugineux plus ou moins
démantelés.

Les types de sols
On distingue deux grands groupes de sols sur le site d’étude, à savoir :
- Les sols faiblement ferralitiques qui regroupent les sols bien drainés (terre de barre),
recouvrant environ trois quart de la station et les sols à engorgement profond (drainage
déficient en profondeur), localisés dans la partie sud –ouest de la station ;
- Les sols hydromorphes qui se concentrent dans la dépression septentrionale de la
station où ils forment une bande s’étirant le long du ruisseau. Ces sols conservent une
bonne humidité en toute saison en raison de la présence d’une nappe peu profonde et
présentent un profil comportant une succession d’horizons à texture sableuse ou sablo-
argileuse.

1.2.4. Végétation

Les formations végétales de la station de Niaouli comme l’ensemble de celles du sud-
Benin sont fortement influencées par l’action anthropique. Ces formation sont caractérisées
par trois types d’occupation : une zone de forêt naturelle, une zone de forêt artificielle et une
zone de champs d’expérimentation.



17




La forêt naturelle
La forêt naturelle de Niaouli se trouve sensiblement au centre du plateau d’Allada. Elle
couvrait un domaine de plus de 220 hectares. Avec la Création de Centre de Recherches sur
les Cultures Vivrières du Sud-Bénin en 1904, une partie de cette forêt a été détruite pour
l’implantation des infrastructures administratives et des champs d’expérimentation. Il n’a
subsisté de cette forêt qu’un petit îlot de 65,5 ha réparties en deux écosystèmes, à savoir:
- la forêt de bas-fond d’une superficie de 24,2 ha. Elle se trouve dans la dépression
septentrionale de la limite nord de la station et est alimentée par un bras du fleuve
Couffo (le ruisseau "Ava"). On y rencontre des espèces hygrophiles de terre ferme
telles que Pentaclethra macrophylla, Cola gigantea, Pycnanthus angolensis et des
sols hydromorphes comme Cleistopholis patens, Macaranga heudelotti ;
- la forêt du plateau qui couvre une superficie de 41, 3 ha environ se situe sur la crête du
plateau à une dénivelée de 35 m par rapport à la forêt de bas-fond (ORSTOM, 1968).
Cette forêt est caractérisée par une formation dense semi-décidue dont le noyau
floristique central est composé des espèces telles que Tryplochiton scleroxylon,
Sterculia tragacantha, Ceiba pentandra, Antiaris toxicaria, Celtis mildbraedii.

La forêt artificielle et les champs d’expérimentation
La forêt artificielle couvre une superficie de 30 ha et se situe sur le plateau. Elle est
essentiellement constituée d’espèces de reboisement (Cassia siamea). Elle s’inscrit dans le
cadre de la reconstitution de la forêt naturelle.
Les champs d’expérimentation se retrouvent aussi bien sur le plateau que dans la forêt.
Ces champs abritent les cultures telles que le cacao (Therbroma cacao), le maïs (Zea maize),
le riz (Orizea sativa) de bas-fond, le manioc (Manihot exculenta) et le café (Coffae robusta).

1.2.5. Faune sauvage.
L’avifaune et la faune non aviaire
La forêt de Niaouli constitue un refuge pour une population impressionnante d’oiseaux.
Plus de 114 espèces d’oiseaux dont 31 espèces rares y ont été identifiées. Cette population
subit des fluctuations liées aux variations saisonnières. On note dans cette forêt le passage
fréquent, pendant la période de novembre à avril, des espèces des zones tempérées telles que :
Hippolais polyglotta, Hippolais pallida, Muscicapa spp.
18




La faune non aviaire est totalement dépourvue de la grande faune. Seule, la petite
faune est présente et se constitue des reptiles (le caméléon, le python, la vipère), des rongeurs
(le por-épic, le rat de Gambie, l’aulacode, le lièvre), des mammifères (la mangouste, le chat
sauvage, le pangolin).

L’entomofaune
L’entomofaune est largement dominée par des espèces appartenant à la famille des
Nymphaelidea qui comporte diverses espèces de papillons (Chraxes spp, Euphedra spp). Les
Papilionidae, et les Hesperidae sont également présentes. Des espèces xylophages de la
famille de Bostrychidae sont aussi présentes dans cette forêt.


1.2.6. Facteur humain

La population
La commune d’Allada dans laquelle se trouve la zone d’étude compte une population
de 91778 habitants (INSAE, 2002). Sa densité est de 241 habitants / Km2. Les ethnies
représentées sont : les Aïzo (83 %), les Fon (10 %), les Yoruba (6,5 %), les Dendi et Bariba
(0,2 %)
La religion traditionnelle animiste est la plus pratiquée avec une proportion de 63,9 %
de la population

Les activités économiques
L’agriculture est la principale activité économique du milieu avec plus de 44 % d’actifs.
Elle repose essentiellement sur les cultures d’ananas, de maïs, de manioc, d’arachide et de
niébé. Les terres cultivées couvrent une superficie de 32500 ha soit 78 % de la superficie
totale de la Commune. Outre l’agriculture, une partie de la population s’adonne au commerce
qui occupe 18 % des personnes actives.
L’élevage reste une activité très secondaire dans la zone d’étude. Il est réduit à un
élevage de case prenant en compte la volaille, les caprins, les porcins et quelques bovins. La
pêche et l’artisanat pratiqués essentiellement par les adultes et les enfants sont très peu
développés

19




2. MATERIEL ET METHODES

2.1. Matériel
2.1.1. Matériel de terrain
Le matériel de terrain comporte :
- la carte de la forêt étudiée ;
- un pentadécamètre, utilisé pour les mesures de distance ;
- un sécateur de jardinier pour la récolte des échantillons à herboriser et à analyser ;
- une machette ;
- des papiers journaux et chemises-dossiers respectivement pour le séchage et la
conservation des échantillons ;
- une balance à affichage numérique pour les différentes pesées.

2.1.2. Matériel d’étude
Les différents échantillons analysés sont présentés dans le tableau 1

2.1.3. Matériel et équipements de laboratoire
Ils sont constitués de :

- matériels et équipements de laboratoire (verrerie, appareils) ;
- réactifs pour les analyses physico-chimiques ou nutritionnelles











20




Tableau 1 : Espèces et parties analysées


Organes
Parties
Parties analysées
Nom scientifique
exploités
consommées
Dialium guineense

Pulpe
Pulpe
Vitex doniana
Pulpe
Pulpe

Oxyanthus speciosus
Pulpe
Pulpe

Bridelia ferruginea
Pulpe
Pulpe
Annona senegalensis
Fruits
Pulpe
Pulpe
Artocarpus communis

Pulpe
Pulpe
Chrysophyllum albidum
Pulpe
Pulpe
Irvingia gabonense

Pulpe et amande
Pulpe
Blighia sapida

Arilles
Arilles
Psidium gujava

Fruit entier
Fruit entier
Talinum triangulare

Feuilles
Feuilles
Altermanthera sessilis
Feuilles
Feuilles
Blactura taraxacifolia
Feuilles
Feuilles
Sparganophorus sparganophora
Feuilles
Feuilles
Bidens pilosa

Feuilles
Feuilles
Tylophora sylvatica

Feuilles
Feuilles
Vitex doniana

Feuilles de l’apex Feuilles de l’apex
Sterculia tragacantha
Feuilles
Jeunes feuilles
Jeunes feuilles
Macrosphyra longistyla
Jeunes feuilles
Jeunes feuilles
Hoslundia opposita

Jeunes feuilles
Jeunes feuilles
Triplochiton scleroxylon

Jeunes feuilles
Jeunes feuilles
Cola millenii
Jeunes feuilles
Jeunes feuilles
Combretum racemosum

Jeunes feuilles
Jeunes feuilles
Grewia mollis

Jeunes feuilles
Jeunes feuilles
Dioscorea praehensilis
tubercules
Tubercules
Tubercules
Dioscorea cayenensis
Tubercules
Tubercules
Tubercules

21




2.2. Méthodes
2.2.1. Phase d’enquête
2.2.1.1 Enquête de consommation

a- Choix des ménages

Les villages ont été choisis en fonction de leur proximité de la forêt. En effet, plus les
villages sont proches de la forêt, plus grand est leur tentative d’y recourir pour y tirer divers
produits dont les ressources alimentaires forestières. Ainsi, tous les villages avoisinants la
forêt sont systématiquement retenus. Il s’agit des villages de Niaouli I, de Niaouli II et
d’Ayou des arrondissements d’Attogon et d’Ayou.
Au niveau de l’ensemble de ces villages, 120 ménages ont été sélectionnés de manière
aléatoire (Tableau 2).


Tableau 2 : Répartition des ménages enquêtés par villages et par hameaux

Villages
Hameaux
Nombre de ménages
enquêtés

Kponou
10
Hounsa
20
Niaouli I
Cité
05


Dawékpa
10
Niaouli II
Sangan
20


Tanmè
30
Ayou
Zoungoudo
25

Total
120







22




b- Méthode d’enquête

Les enquêtes ont été essentiellement basées sur la méthode de « rappel de mémoire »
des individus sur les ressources forestières végétales consommées.
Au sein de chaque ménage, des entretiens individuels et de groupe ont été menés
auprès des individus des deux sexes appartenant à toutes les catégories d’âge proposées par la
FAO et l’OMS (1974), et utilisées par Herzog (1992). Quatre ménages ont été enquêtés par
jour, pendant 30 jours. Un guide d’entretien (Annexe 1) a été utilisé au cours de ces enquêtes
et a permis de faire ressortir :
- les ressources forestières végétales consommées par les populations ;
- les parties (organes) des espèces végétales consommées ;
- les différentes utilisations de ces espèces végétales ;
- les disponibilités suivant les périodes de l’année ;
- les fréquences de consommation ;
- les différentes modes de transformation ;
- les modes de conservations des produits.

2.2.1.2. Enquête économique sommaire sur les marchés riverains
L’enquête économique sommaire a été effectuée sur les marchés de Sê, d’Allada et de
Ouégbo qui sont les marchés qui répondent aux critères suivants utilisés par Odoye et Eyebe
(1999) :
- marché à caractère significatif c'est-à-dire connaissant un échange effectif de
ressources alimentaires forestières végétales ;
- marché à couverture général c’est-à-dire représentant différents arrondissements
dans la zone d’étude ;
- Marché accessible.
Sur chaque marché, les informations suivantes ont été collectées, à savoir :
- les ressources dont les organes font objet d’échange ;
- les prix auxquels sont vendus les organes exploités au niveau de trois vendeurs pris
au hasard;
- pesée des organes vendus.


23




2.2.2. Phase d’inventaire
2.2.2.1. Inventaire en forêt
La méthode utilisée est celle relative à l’inventaire par transect. Elle a consisté à ouvrir
des layons de 50 cm de largeur et distants de 100 m. Les espèces dont les fruits, les feuilles,
les graines, les tubercules ou autres parties sont consommées et qui se trouvent dans une
bande de 20 m (soit 10 m de part et d’autre de l’axe central du layons) sont identifiées et
enregistrées lors des transects.
L’équipe d’inventaire est composée de cinq (05) personnes dont deux (02) enfants,
deux (02) femmes et un (01) homme (forestier). Ces personnes ont été choisies suivant leur
capacité à reconnaître les espèces végétales recensées lors des enquêtes de consommation. Au
total, neuf (09) transects ont été effectués dans les deux écosystèmes dont quatre (04) dans la
forêt du plateau et cinq (05) dans celle du bas-fond.
Au cours de ces transects, des prélèvements d’échantillons ont été effectués et des
herbiers de référence ont été réalisés et déposés à l’herbier national pour la confirmation des
noms scientifiques. Une fiche d’enregistrement, présentée en annexe 2 a servi au cours de
cette phase à recueillir les données suivantes :
- noms local et scientifique de l’espèce ;
- nombre de pieds ;
- Organes exploités ;
- type biologique.

2.2.2.2. Inventaire dans les agrosystèmes.
L’objectif de cet inventaire est d’appréhender l’implication des populations dans la
conservation des RAFVs. Certains champs des ménages échantillonnés ont été visités afin :
- d’identifier les espèces conservées dans les champs ;
- constater le niveau d’entretiens dont bénéficient ces espèces.

2.2.3. Travaux de laboratoire
2.2.3.1. Collecte et prétraitement des échantillons
Les différents organes des RAFVs (échantillon d’analyse) exploités par les
populations ont été collectés suivant leurs périodes disponibilité dans la forêt. Deux types
d’espèces ont été choisis pour les analyses à savoir :
24




- les espèces mentionnées par plus de 5 % des ménages enquêtées (Herzog, 1996) ;
- les espèces faisant l’objet de transactions financière sur les marchés locaux.
Les espèces qui répondent à l’un au moins des deux critères sont retenues. Au total, 26
parties d’organes appartenant à 25 espèces végétales ont été choisies pour les analyses
(Tableau 1).
Les parties consommées de ces organes ont été extraites et soumises aux diverses
analyses. Ces portions ont été séchées au four à 60 °C pendant une semaine, puis moulues.
Les farines obtenues ont été ensachées et codifiées.

2.3.3.2 Analyses physico-chimiques
Elles concernent la composition nutritionnelle des principales portions des organes
(fruits, légumes-feuilles, tubercules) consommées par les populations. Il s’agit des dosages
des macronutriments (lipides, sucres totaux, protéines) et de micronutriments (Fer, calcium et
phosphore).


a- Teneur en matière sèche.

La teneur en matière sèche (TMS) a été déterminée selon la méthode AACC 44 – 15A
(AACC, 1984). Cette méthode consiste à sécher, refroidir et peser un creuset vide muni de
couvercle. On y introduit 5 g de l’échantillon préalablement moulu. L’ensemble est introduit
(creuset ouvert) dans une étuve Heraeus thermostatée à 105 0 C. Après 48 heures de séjour à
l’étuve, le creuset contenant l’échantillon est refroidi au dessiccateur puis pesé à nouveau
avec le couvercle. La teneur en matière sèche (TMS) est obtenue par la formule suivante:

P P
TMS ( 0
=
x

0)
1
0
100
P e
avec :

Po = Poids du creuset vide (g) ;
P1 = Poids du creuset+ échantllon après séchage (g) ;
Pe = Poids de l’échantillon (g).

On en déduit le taux d’humidité (TH) :

TH (0

0 ) = 100 − TMS



25




b- Dosage des lipides

La méthode utilisée est celle de Soxlhet (AACC, 1984). Elle consiste à extraire les
lipides libres de l’échantillon avec de l’éther de pétrole, qui est évaporé par la suite.
Les ballons contenant 2 à 3 granules de pierre ponce sont séchés, refroidis et pesés. On
y verse 200 ml d’éther de pétrole. On introduit ensuite 5 g de l’échantillon moulu dans une
cartouche refermée avec du coton dégraissé. L’ensemble (cartouche et ballon) est monté dans
un extracteur de type Soxlhet. L’extraction prend fin au bout de 4 heures environ. Les ballons
sont ensuite retirés et évaporés. Après séchage pendant une heure à l’étuve (105 0 C), les
ballons sont refroidis au dessiccateur puis pesés.
La teneur en lipides (TL) de l’échantillon est déterminée par la formule ci-après :

P
P
f
i
TL 0
( ) =

0
P
x TMS
0
avec

Pi = masse du ballon avec les pierres ponces avant l’extraction (g) ;
Pf = masse de l’ensemble ballon, pierres ponces et lipides après extraction (g) ;
P0 = masse de l’échantillon (g) ;
TMS = taux de matière sèche de l’échantillon.


c-. Dosage des protéines brutes
La méthode de Kjeldahl a été utilisée pour le dosage des protéines. Cette méthode a
permis de déterminer le taux de protéines brutes à partir de la teneur en azote, après
minéralisation, distillation et titration.
Un gramme (1 g ) d’échantillon (en farine) pesé dans un matras (plus quelques pierres
ponces et 1 à 2 pastilles de Kjeldahl) est minéralisé par voie d’acide sulfurique concentré. La
distillation permet de séparer et de piéger l’ammoniac dans une solution d’acide borique. Les
ions ammonium contenus dans le distillat sont dosés par l’acide chlorhydrique (0,1 N). La
teneur en protéines (TP) est calculée de la manière suivante :

,
1 401 x ,
6 25 V
(
V ) xT
TP
e
b
(%) =

P x TMS
e

avec :

T = titre de la solution de HCl ;
Ve = volume d’HCl ayant servi à la tritration de l’échantillon (ml) ;
Vb = volume d’HCl ayant servi à la titration du témoins (ml) ;
6,25 = facteur de conversion de l’azote en protéines (Dagrahar et Subblulakshm, 2005)
26




Pe = poids de l’échantillon ;
TMS = taux de matière sèche (%) ;
1, 401 = constante.


d- Dosage des fibres brutes
La méthode utilisée est décrite par Osborne et Voogt (1978). Elle a consisté à chauffer
lentement pendant 30 min dans un erlenmeyer 1 g d’échantillon (mis en farine) auquel on a
ajouté 200 ml d’acide sulfurique à 1,25 % chauffé. Ce mélange est filtré et le papier filtre est
rincé avec 200 ml de NaOH à 1,25 %.
Le nouveau mélange est chauffé à son tour pendant 30 min. La matière insoluble est
transférée dans les crucibles et rincée successivement avec de l’eau bouillante, une solution
d’HCl à 1 %, une deuxième fois avec de l’eau bouillante, puis avec de l’alcool et de l’acétone.
Le crucible est séché à l’étuve à 100 °C pendant une heure et pesé. Son contenu est ensuite
incinéré au four à 550 °C pendant une heure. Après refroidissement au dessiccateur, le
crucible est à nouveau pesé. La teneur en fibres brutes (TFB) est calculée par
l’expression suivante:


W W
TFB (% MS
2
3
) =

W x TMS
1
avec:

W 1= poids de l’échantillon (g);
W2= poids de la matière insoluble (g) ;
W3 = poids des cendres (g);
TMS = teneur en matière sèche.


e- Dosage des sucres totaux

Le dosage des sucres totaux est fait par la méthode de Luff-Schoorl (Lee, 1968).
A 10 g de farine (de l’échantillon) dans un erlenmeyer on y ajoute recpectivement 100
ml d’éthanol à 40 %, 10 ml de carrez 1 et 10 ml de carrez 2. La préparation du carrez 1
consiste à dissoudre 21,9 g d’acétate de zinc et 3 g d’acide acétique glacial dans 100 ml d’eau
distillée. Quant au carrez 2, on a dissout 10,6 g de ferrocyanure de potassium dans 100 ml
d’eau distillée. Le mélange (farine, éthanol, carrez 1 et 2) initialement préparé est filtré et
évaporé. Le résidu d’évaporation est alors transvasé dans une fiole de 250 ml et on complète
par de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge. A 50 ml de cette solution (solution déféquée)
prélevée dans une fiole de 100 ml on y ajoute successivement :
27




- 4 gouttes de méthyle orange ;
- un volume de HCl (4N) jusqu’au virage au rouge ;
- et 15 ml d’HCl (0,1 N).
L’ensemble est bouilli au bain Marie pendant 30 min. Après refroidissement, on ajoute
15 ml d’une solution de NaOH (0,1 N) et de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge. A 25 ml de
ce mélange, on ajoute 25 ml de réactif de Luff-Schoorl et quelques granules de pierres ponces.
L’erlenmeyer à rodage normalisé est placé sous réfrigérant à flux et chauffé pendant 10 min
avant d’être refroidi à l’eau glacée. On lui a ajouté 120 ml d’une solution de KI (30%) et 25
ml de H2SO4 (6 N). A ce mélange, on ajoute un indicateur d’amidon et l’ensemble est titré
avec du thiosulfate de sodium (0,1 N). On obtient un volume N1.
Un mélange de 25 ml de réactif de Luff-Schoorl et de 25 ml d’eau distillée auquel on a
ajouté 10 ml de KI (30 %) et 25 ml de H2SO4 (6 N) a servi de témoin et est également titré de
la même manière. Soit N le volume de thiosulfate de sodium ayant servi pour cette titration.
Le taux de sucre est déterminé à partir de la quantité de glucose (en mg) contenu dans
l’échantillon. A chaque valeur de la différence (N – N1) correspond une quantité de glucose
donnée. Le taux de sucre (TS) s’obtient par l’expression :

(M
x10 x 2)
TS
g
(%) =

M x TMS
e

avec :

Mg = masse de glucose (mg) ;
Me = masse de l’échantillon (mg) ;
TMS = teneur en matière sèche


f- Dosage des cendres brutes

Les cendres brutes ont été déterminées par la méthode AACC 08-01 (1984). Des
creusets en porcelaine sont séchés à l’étuve à 105°C pendant une heure, refroidis au
dessiccateur et pesés. On introduit dans chaque creuset environ 5 g d’échantillon. Après
carbonisation, ils ont été incinérés à 550° C pendant 24 heures. L’ensemble est à nouveau
pesé après refroidissement dans un dessiccateur (en verre). Le taux de cendres (TC) est donné
par la formule ci-après :

P P
TC (% MS)
2
1
=
x 100
P x TMS
0
28




avec :

P0= masse de l’échantillon (mg);
P1 = masse du creuset vide (mg);
P2 = masse du creuset contenant l’échantillon incinéré (mg);
TMS= teneur en matière sèche.


g- Dosage des minéraux

La méthode utilisée est celle proposée par Pauwels et al., (1992). Pour l’extraction, 1
g d’échantillon est calciné jusqu’à minéralisation complète à 525° C. Toute la cendre est
transférée au moyen de 10 ml de HNO3 (1 N) dans un bécher de 100 ml. Le mélange est
digéré à l’ébullition douce sur plaque chauffante pendant 30 min (l’évaporation n’excédent
pas 5 min). Le mélange est ensuite filtré dans une fiole de 50 ml et après refroidissement, il
est complété avec l’eau distillée jusqu’au trait de jauge. Cet extrait est utilisé pour doser les
différents minéraux en utilisant un spectrophotomètre à absorption ionique (UNICAM 929
AA spectrometer) suivant les longueurs d’onde ci-après : 248,3 nm (Fe) et 422,7 nm (Ca).
Pour la détermination du phosphore total, on a additionné à 5 ml de l’extrait précédent
4 ml d’acide ascorbique (1%) et 1 ml de solution sulfomolybdique. Une heure après,
l’intensité de la couleur bleue est déterminée au moyen d’un colorimètre (Spectronic 20D
MILTON ROY).

2.2.4. Analyses statistiques des résultats

Traitement des données collectées au niveau de la forêt
Les paramètres d’analyse calculés au niveau de la forêt sont la densité, l’indice de
Shannon et la fréquence spécifique.
La densité (D) à été calculée à l’aide du logiciel Minitab suivant la formule ci-après :

n
D
i
=

S

avec :
D = densité ;
n = nombre d’individus de l’espèce i par transect ;
i
29




S = surface totale balayée (ha).
La diversité de ces ligneux au niveau de la forêt été appréciée par de l’indice de
Shannon (1949) (ISH) calculé de la façon suivante :

ISH = − ∑ n / N.log n / N
i
i

avec :

ISH = indice de Shannon (bit) ;
ni = effectif de l’espèce i ;
N = effectif de toutes les espèces ;
Si 1 < ISH < 2 bits : diversité spécifique est très faible ;
Si 2 < ISH < 4 bits : diversité est moyenne ;
Si ISH > 2 bits : diversité spécifique est élevée.

La fréquence spécifique (F) a été calculée pour les arbustes, lianes et herbes afin
d’apprécier leur importance au niveau de la forêt. La méthode de calcul utilisée est celle de
Sokpon et Lejoly (1996) :
F = f N ×100
avec :
F = fréquence spécifique ;
N = nombre total de transepts ;
f = nombre de transects contenant l’espèce.

Traitement des données portant sur la consommation alimentaires des RAFVs
La fréquence de consommation est le paramètre calculé à ce niveau. Elle est obtenue
par la formule suivante:
m ×n
F
i
i
=

i
m
avec :
Fi = fréquence de consommation de la ressource i ;
mi = nombre de ménage consommant la ressource i ni fois dans la semaine ;
ni = nombre de fois que la ressource i est consommée dans la semaine ;
m = nombre de ménage consommant la ressource i.




30





3. RESULTATS ET DISCUSSION

3.1. Biodiversité des ressources alimentaires forestières végétales

Trente huit (38) espèces végétales sont exploitées à des fins alimentaires par les
populations locales. Pour chaque espèce végétale, les informations relatives à la famille
botanique, aux noms scientifiques (par ordre alphabétique) et locaux et aux organes
consommés, sont notées dans le tableau 3.
Ce tableau montre que 19 espèces (50%) sont utilisées pour leurs fruits ; 13 espèces
(environ 34%) pour leurs feuilles ; 03 espèces (8 % environ) pour simultanément leurs fruits
et leurs feuilles ; 02 espèces (environ 5 %) pour leurs tubercules et une espèce (3 %) ses
graines. Ces espèces végétales se répartissent dans 26 familles et se retrouvent dans divers
habitats (forêt, jachères, champs, maisons). Les familles les plus représentées sont celles des
Rubiaceae avec 05 espèces et des Sterculiaceae représentée par 03 espèces. Les familles des
Asteraceae, Dioscoreaceae, Sapindaceae, Annonaceae et Tiliaceae n’ont que deux
représentants chacune tandis que les familles les moins représentées (avec une seule espèce)
atteignent en nombre près de la moitié de toutes les familles présentes.
La diversité des espèces fruitières (50 % de l’effectif des espèces végétales exploitées)
est plus importante que celle des autres espèces alimentaires et témoigne de l’importance
desdites espèces comme l’ont souligné Sokpon et Lejoly (1996) et Codjia et al (2003) dans la
forêt dense semi-décidue de Pobè et de la Lama respectivement.
Par ailleurs, l’effectif de 38 espèces végétales alimentaires exploitées par les
populations étudiées est nettement inférieur à celui observé dans la même zone géographique
(Sud-Bénin) sur des aires beaucoup plus grandes. C’est ainsi que les travaux de Vihotogbé
(2001) dans la forêt de Pobè ont révélé 76 espèces végétales alimentaires exploitées par les
populations. Cette disproportion pourrait s’expliquer d’une part par la richesse spécifique de
la forêt de Pobè située dans une zone caractérisée par des conditions climatiques beaucoup
plus meilleures que celles de la zone d’étude, et d’autre part, par la diversité ethnique qui
sous-tend l’alimentation et qui est avant tout culturelle (Malaisse, 1997). Ce résultat est
toutefois comparable à celui obtenu par Codjia et al (2003) dans la Lama, rapportant 45
espèces végétales consommées par les populations Holli et Fon.
31




Tableau 3 : Liste des ressources alimentaires forestières végétales consommées par les populations riveraines de la forêt de Niaouli




Types

Parties
Mode de
Noms scientifiques
Noms locaux
Familles
morphologiques
Habitats
consommées
consom-
(Aïzo)
mation
01 Altermanthera sessilis
Houngbégbéton
Amaranthaceae
Herbe
Forêt, champs
Feuilles
Préparé
02 Annona senegalensis
Tignémidémin
Annonaceae
Arbuste
Forêt
Fruits
Cru (pulpe)
03 Asystasia gangetica
Dangbla
Acanthaceae
Herbe
Jachères,
Feuilles
Préparé
maisons
04 Artocarpus communis
Akoutagbanou
Moraceae
Arbre
Champs
Fruits
Bouilli, Fris
05 Baphia nitida
Avouninkoui
Papilionnaceae
Arbre
Forêt
Fruits
Préparé
06 Bidens pilosa
Adja
Asteraceae
Herbe
Champs,
Feuilles
Préparé
jachères
07 Blactura taraxacifolia
Gbéwonto
Composeae
Herbe
Forêt, champs
Feuilles
Préparé
08 Blighia sapida
Ahissé
Sapindaceae
Arbre
Forêt, maisons Fruits
Cru (arilles)
09 Bridelia ferruginea
Gbégnagloué
Euphorbiaceae
Arbuste
Forêt
Fruits
Cru (pulpe)
10 Carpolobia lutea
Avian
Polygalaceae
Arbuste
Forêt
Fruits
Cru
11 Chrysophyllum albidum
Azonvévé
Sapotaceae
Arbre
Forêt
Fruits
Cru
12 Cola millenii
Aloviaton
Sterculiaceae
Arbre
Forêt
Feuilles
Préparé
13 Combretum racemosum
Djocan
Combretaceae
Liane
Forêt,
Feuilles
Préparé
maisons,
14 Corchorus tridens
Azagadalouga
Tiliaceae
Herbe
Maisons
Feuilles
Préparé
15 Dialium guineense
Assiwétin
Cesalpiniaceae
Arbre
Forêt champs
Fruits
Cru (pulpe)
32




16 Dichaptalum guineense
Gbaglo
Dichapetalaceae
Arbuste
Forêt, jachères Fruits
Cru
17 Dioscorea cayenensis
Yété
Dioscoreaceae
Liane
Forêt
Tubercules
Bouilli
18 Dioscorea praehensilis
Zounté
Dioscoreaceae
Liane
Forêt
Tubercules
Bouilli
19 Euclinia longiflora
Aho
Rubiaceae
Arbuste
Champs,
Fruits
Cru
maisons
20 Grewia mollis
Dénou
Tiliaceae
Arbuste
Forêt
Feuilles/Fruits Préparé/ Cru
21 Hoslundia opposita
Ratchayo
Lamiaceae
Herbe
Forêt, champs
Feuilles/Fruits Préparé/ Cru
(pulpe)
22 Irvingia gabonensis
Assrortin
Irvingiaceae
Arbre
Forêt, champs
Fruits ;
Cru (pulpe) /
amendes
Préparé
23 Macrosphyra longistyla
Ziguidigokoui
Rubiaceae
Arbuste
Forêt
Feuilles/Fruits Préparé/ Cru
24 Musaenda elegans
Avougninmitrui
Rubiaceae
Liane
Forêt
Fruits
Cru
25 Oxyanthus speciosus
Azitangloué
Rubiaceae
Arbuste
Forêt
Fruits
Cru
26 Paullinia pinnata
Ganganlissé
Sapindaceae
Liane
Forêt, jachères Fruits
Cru (arilles)
27 Psidium gujava
Kinkou
Myrtaceae
Arbuste
Forêt, champs, Fruits
Cru
maisons
28 Pterocarpus
_
Fabaceae
Arbre
Maisons
Fruits
Grillé
santalinoides
(graine)
29 Rothmannia longiflora
Ofin
Rubiaceae
Arbuste
Forêt
Fruits
Cru
30 Sparganophorus
Toloman
Asteraceae
Herbe
Forêt
Feuilles
Préparé
sparganophora
31 Spondias mombin
Kpatin Acrikon
Anacardiaceae
Arbre
Forêt, maisons Fruits
Cru
32 Sterculia tragacantha
Hongbédé
Sterculiaceae
Arbre
Forêt
Feuilles
Préparé
33




33 Talinum triangulare
Glasoué
Portulacaceae
Herbe
Champs,
Feuilles
Préparé
jachères
34 Triplochiton scleroxylon
Awagué
Sterculiaceae
Arbre
Forêt
Feuilles
Préparé
35 Tylophora sylvatica
Aya
Asclepediaceae
Herbe
Forêt, champs
Feuilles
Préparé
maisons
36 Uvaria chamae
Gbannan
Annonaceae
Arbuste
Forêt
Fruits
Cru
37 Vitex doniana
Afontin
Verbenaceae
Arbre
Forêt
Fruits
Cru (pulpe)
38 -
Sofan
Bignoniaceae
Herbe
Forêt, maisons Feuilles
Préparé




34




3.2. Importance des ressources alimentaires végétales au niveau de la forêt
Sur les 38 espèces recensées au cours de enquêtes, seulement 06 espèces (Talinum
triangulare, Euclinia longiflora, Corchorus tridens, Pterocarpus santalinoides, Bidens pilosa et
Artocarpus communis), n’ont pas été retrouvées dans la forêt lors des inventaires. Ceci peut
s’expliquer soit par la non existence de ces espèces au niveau de la forêt comme les cas de
Pterocarpus santalinoides et Artocarpus communis qui selon les populations ont été introduites dans
les champs et maisons ; soit ces espèces ont une importance relativement faible (le cas de Euclinia
longiflora qui se retrouve au niveau de la forêt selon les populations) ; soit encore ces espèces sont
absentes pendant la période de l’inventaire.
Les espèces végétales inventoriées au niveau de la forêt ainsi que leur densité sont consignées
dans le tableau 4. Ces espèces sont essentiellement constituées d’arbustes (11 espèces), d’arbres (10
espèces), d’herbes (06 espèces) et de lianes (04 espèces). L’indice de Shannon (1949) calculé pour les
arbres à produits comestibles est de 2, 89 bits, ce qui traduit une diversité moyenne de ces ligneux à
produits comestibles au niveau de la forêt.
La diversité des ressources alimentaires forestières végétales au niveau de la forêt de Niaouli
s’inscrit dans le cadre général des forêts tropicales qualifiées de réservoir de produits forestiers non
ligneux (Ouédraogo et al, 1999). Ce résultat confirmé par les travaux de Codjia et al (2003), est une
base importante d’aménagement dans la mesure où les habitats préférés de chaque ressource sont
connus (Vihotogbé, 2001). Ainsi, les techniques d’aménagement et de vulgarisation devraient
s’atteler à pérenniser et à mieux valoriser ces ressources constituées aussi bien des herbes, des lianes,
des arbustes que des arbres.









35




Tableau 4 : Densité ou fréquence spécifique des espèces exploitées au niveau de la forêt de
Niaouli


Types
Densité (Nombre de
Noms scientifiques
morphologiques
pieds/ha) ou fréquence
spécifique (%)
Irvingia gabonensis
Arbre
8
Sparganophorus parganophora
Herbe
11 %
Blighia sapida
Arbre
2
Psidium gujava
Arbuste
33 %
Triplochiton scleroxylon
Arbre
10
Rothmannia longiflora
Arbuste
78 %
Dioscorea cayenensis
Liane
11 %
Cola millenii
Arbre
27
Blactura taraxacifoli
Herbe
11 %
Carpolobia lutea
Arbuste
67 %
Chrysophyllum albidum
Arbre
1
Paullinia pinnata
Herbe
22 %
Altermanthera sessilis
Herbe
11%
Sterculia tragacantha
Arbre
18
Macrosphyra longistyla
Arbuste
22 %
Musaenda elegans
Liane
22 %
Dichaptalum guineense
Arbuste
67 %
Spondias mombin
Arbre
13
Uvaria chamae
Arbre
33 %
"Sofan"
Arbuste
22 %
Dioscorea praehensilis
Liane
11 %
Vitex doniana
Arbre
6
Tylophora sylvatica
Herbe
44 %
Bridelia ferruginea
Arbuste
22 %
Dialium guineense
Arbre
23
Oxyanthus speciosus
Arbuste
78 %
Combretum racemosum
Liane
100 %
Annona senegalensis
Arbuste
22 %
Baphia nitida
Arbre
4
Hoslundia opposita
Herbe
44 %
Grewia mollis
89 %
Arbuste
Asystasia gangetica
herbe
11 %
36




3.2.1. Densité des arbres

Dans la forêt de Niaouli, 10 ligneux sont exploités à des fins alimentaires par les populations
locales. Parmi ceux-ci, 07 espèces sont recherchées pour leurs fruits contre seulement 03 espèces
pour leurs feuilles. Ce nombre d’arbres fruitiers s’inscrit dans le même ordre que celui obtenu (10
espèces) par Sokpon et Lejoly (1996), et est de loin inférieur à celui révélé par Okafor (1980) au
Nigeria. L’envergure de la superficie explorée et le choix des aliments (fonction les habitudes
alimentaires) pourraient expliquer cet écart.
Par ailleurs, la densité des ligneux au niveau de la forêt (Figure 8) montre l’abondance
(nombre d’individu par hectare très élevé) de certaines espèces telles que Cola millenii (27), Dialium
guineense (23), Sterculia tragacantha (18), Spondias mombin (13) et Triplochiton scleroxylon (10).
D’autres espèces comme Chrysophyllum albidum et Blighia sapida sont faiblement représentées
(moins de 4 pieds à l’hectare)

Espèces
Cola millenii
Dialium guineense
Sterculia tragacantha
Spondias mombin
Triplochiton scleroxylon
Vitex doniana
Blighia sapida
Baphia nitida
Irvingia gabonensis
Chrysophyllum albidum
0
5
10
15
20
25
30
Nom bre de pieds par hectare

Figure 8 : Densité des essences alimentaires au niveau de la forêt de Niaouli
37




3.2.2. Fréquence spécifique des arbustes, des lianes et des herbes
Parmi les arbustes, les lianes et les herbes à produits comestibles, certaines espèces présentent
des fréquences spécifiques (Figure 9) très élevées, notamment le Combretum racemosum (100 %) et
le Grewia mollis (89 %).
Ces ressources non ligneuses apparaissent les plus utilisées par les populations (68 % de
l’ensemble des espèces exploitées) alors qu’elles occupent une place moins importante, par rapport
aux ligneux dans les plans d’aménagement des forêts. Elles sont souvent abattues pour laisser place à
des essences exotiques économiquement plus rentables malgré leur rôle dans la suivie des
populations (Ambé, 2001).
Toutes ces espèces exploitées à des fins alimentaires sont utilisées de diverses manières par
les populations locales.
Espèces
Asystasia gangetica
Hoslundia opposita
Annona senegalensis
Combretum racemosum
Oxyanthus speciosus
Bridelia ferruginea
Blactura taraxacifoli
Tylophora sylvatica
Dioscorea cayenensis
Dioscorea praehensilis
"Sofan"
Sparganophorus parganophora
Psidium guajava
Uvaria chamae
Dichaptalum guineense
Grewia mollis
Musaenda elegans
Macrosphyra longistyla
Rothmannia longiflora
Altermanthera sessilis
Paullinia pinnata
Carpolobia lutea
0
20
40
60
80
100
120
Fréquence spécifique (% du total des relevées)

Figure 9 : Fréquence spécifique des arbustes, des lianes et des herbes
38




3. 3. Valorisation des ressources alimentaires forestières végétales

3.3.1. Modes de consommation des ressources

Les modes de consommation varient suivant les organes exploités et les parties consommées.
Les parties consommées des fruits sont, soit la pulpe, soit les graines ou les arilles ou encore
le mésocarpe avec des modes de préparation qui diffèrent selon les espèces (Tableau 3). Dans la
plupart des cas, les fruits sont consommés crus (76 %) tandis que les graines sont grillées ou
bouillies. La consommation des pulpes représente 23 % du total des plantes à fruits comestibles.
Ces modes de consommation des fruits des populations étudiées sont proches de ceux
observés dans la forêt dense de Pobè (Sokpon et Lejoly, 1996). C’est aussi le cas au Sud du Pacifique
où Olson (1991) a constaté que les fruits étaient couramment consommés crus comme crasse croûte
ou aliment de collation comme c’est également le cas dans les régions de la Lama (Codjia et al,
2003). Ces fruits ont l’avantage d’être consommés directement, pour la plupart, contrairement aux
légumes-feuilles.
Les espèces à feuilles comestibles couvrent environ 37 %. Les légumes-feuilles sauvages sont
utilisées sous la forme fraîche ou séchée. Ce sont surtout les jeunes feuilles qui sont récoltées. Elles
entrent dans la préparation des sauces qui accompagnent les aliments de base. L’espèce
Sparganophorus sparganophora est la plus exploitée (consommée par 98 % des ménages enquêtés) ;
elle est suivie de "sofan" (Bignoniaceae), de Corchorus tridens et de Sterculia tragacantha.
Cette implication des légumes sauvage corrobore les observations de Ogle et Grivetti (1985)
qui rapportent que dans trois zones écologiques du Swaziland, les feuilles de plus de 48 plantes
sauvages sont couramment utilisées et accompagnent l’aliment de base dans 39 % des repas analysés.
En ce qui concerne tubercules recherchés, ils proviennent de deux principales espèces du
genre Dioscorea. L’espèce D. praehensilis est consommée par 90 % des ménages étudiés, notamment
sous la forme bouillie; la consommation sous la forme frite n’étant observée que dans 15 % des
ménages enquêtés.
Ces aliments sauvages sont reconnus par 35 % des ménages comme substitut de la pâte
(aliment de base) et sont souvent utilisés pour amoindrir le flux de consommation des cultures
vivrières. Ils sont très importants dans l’alimentation des populations en comblant le déficit
alimentaire observé pendant les périodes de fin de la saison sèche (Lokohoundé, 2002).
39





3.3.2. Technologie de transformation

Certains organes extraits des ressources alimentaires forestières végétales subissent des
transformations avant leur consommation exceptés les fruits qui sont, pour la plupart, consommés
crus.

3.3.2.1. Transformation des arilles de Blighia sapida
La transformation des arilles de Blighia sapida conduit à deux produits (la pâte d’arilles et
arilles séchés et découpés) (Figure 10) qui sont utilisés dans la préparation des sauces.


Fruits de Blighia sapida


Dévalvage / Enlèvement de la graine
Valves et
graines


Arilles


Séchage ou Grillage



Mouture Découpage en forme de dés


Arilles séchés
Pâte

découpés

Figure 10 : Diagramme d’obtention de pâte à base des arilles de blighia sapida.

Les opérations de dévalvage, de mouture et de découpage des arilles sont manuelles. Le
séchage des arilles est fait au soleil à l’aide d’un van. La pâte et les arilles découpés obtenus sont
40




utilisés dans la préparation des sauces à base de légume. Ils sont le plus souvent incorporés aux
sauces au légume de Sparganophorus sparganophora. La pâte obtenue après mouture des arilles et
incorporée aux sauces joue le rôle d’épaississant un peu comme l’arachide.
Par ailleurs, les arilles sont aussi consommés sous la forme crue. Cette forme de
consommation est, selon les consommateurs délicate en ce sens qu’elle peut conduire à une
intoxication alimentaires. Cette perception des consommateurs est bien justifiée. En effet, les études
de Chase et al (1990) ont révélé la présence à un taux élevé de phytotoxines (hypoglycines A et B)
dans les arilles issus de fruits non mûrs non encore ouverts et des graines, responsables des troubles
neurologiques et gastro-intestinaux. Ces phytotoxines sont aussi présentes dans les arilles des fruits
mûrs mais à faible taux (1,2 mg / 100 g d’arilles contre 939,711 mg / 100 g d’arilles contenues dans
les arilles des fruits non mûrs) (Chase et al op cit). Le fruit mûr est inoffensif pour l’homme selon
Morton (1987) qui souligne que dès l’ouverture des valves, la toxicité induite par l’hypoglycine est
inhibée sous l’exposition des arilles à la lumière et à la chaleur. Ceci justifie l’innocuité des arilles
issus de fruits mûrs et ouverts. Cependant, selon Baumer, (1995), le raphé, fibreux et amer qui
s’adhère à la graine est toxique.
3.3.2.2. Transformation des fruits de Pterocarpus Santalinoides
Les fruits de Pterocarpus Santalinoides sont exploités pour leurs amendes, consommées
comme de l’arachide grillée. La figure 11 présente le diagramme d’obtention des amendes grillées.
La torréfaction, opération antérieure au concassage, rend ce dernier moins difficile. Tout
comme le dépelliculage, le concassage est manuel. Ce type de transformation est surtout effectué par
les enfants. Mais le produit de la transformation est consommé aussi bien par les enfants que par les
adultes. Il accompagne surtout le gari ou consommé seul comme amuse-gueule.









41






Tor
F rréufiatc
s tio
m n
ûr s

Torréfaction

Concassage

Coques

Amandes
Grillage

Grillage


Amandes grillées

Pellicules
Dépelliculage


Amandes grillées et dépelliculées


Figure 11 : Diagramme de production des amandes grillées à base des fruits de Pterocarpus
Santalinoides


3.3.3. Conservation des ressources alimentaires forestières végétales
Les populations riveraines ont développé des méthodes de conservation des fruits, des
tubercules et de certains légumes-feuilles. Les légumes-feuilles tels que les feuilles de Tylophora
sylvatica et de Corchorus tridens sont séchés pendant la période d’abondance (en saison pluvieuse le
plus souvent) pour être utilisés en période de pénurie (saison sèche).
Les fruits de Vitex doniana, et d’Artocarpus communis, sont récoltés immatures et conservés
enfouis dans la cendre (cas du Vitex doniana) ou alors couverts de feuilles de Annona senegalensis.
Quant aux tubercules, ils sont conservés dans le sol (enterrés). Cette forme de conservation peut les
42




maintenir en bon état pendant une à deux semaines. Les tubercules ainsi conservés ont selon les
populations les mêmes caractéristiques organoleptiques que le produit frais.

3.3.4. Autres utilisations des ressources alimentaires forestières végétales
Les ressources alimentaires forestières végétales inventoriées sont aussi utilisées pour
soigner certaines maladies. Les espèces alimentaires ayant un caractère thérapeutique représentent 21
% des espèces alimentaires végétales recensées. Les informations relatives aux parties utilisées ainsi
que les maux traités sont consignées dans le tableau 5. Ces espèces sont utilisées, dans 50 % des cas
pour leurs feuilles et 37 % pour leurs racines, pour soigner le paludisme ou l’ictère.
Ces observations rejoignent Okafor (1991) qui souligne que la distinction entre aliments et
médicaments n’est pas toujours nette. Ainsi, les feuilles très appréciées comme légumes telles que
celles de Vernonia amygdalina, de Pterocarpus spp et de Vitex doniana ont de nombreuses
applications médicinales (Okafor, op cit). Près de 80 % des populations des pays en voie de
développement utilisent ces RAFVs pour se nourrir ou se soigner (Spore, 1999).



















43




Tableau 5. Ressources alimentaires à usage médicinal






Nom
Parties
Maladies
Mode de traitement ou
Nom local
scientifique
utilisées
traitées
d’application





Cola millenii
Aloviaton
Feuilles
Paludisme
Boire la décoction







feuilles
Fièvre
Boire l’infusion des feuilles
Blighia
sapida

Ahissè


Ecorce pilée avec les racines



de Strychos spinosa est utilisée

Ecorce
Ictère
pour la préparation de sauce
que consomme le malade





Dialium
Fièvre des
Assiwétin
Feuilles
Boire la décoction
guineense
enfants


Psidium



L’infusion des feuilles est
gujava
kinkou
feuilles
Plaies
utilisée pour nettoyer la plaie




La racine est bouillie et l’eau
Uvaria

Racines
Fortifie le
est utilisée pour laver le
chamae
Gbannan


nouveau-né
nouveau-né



Racines
Maux de
Racines + potasse est bouillie
Bridelia

ventre
et le bouillon est bu
ferruginea
Gbégnagloué


Pétiole utilisé comme cure
Pétioles
Dysenterie
dent



Facilite la
L’écorce est trempée dans



délivrance
l’eau pendant deux jours puis

Grewia mollis

Dénou
Ecorces
chez la femme
cette eau est utilisée pour

enceinte
préparer la pâte à la femme


Racines
Morsure de
Racines sont pilées et


serpent
consommées
Annona
senegalensis

Tigninmidémin Feuilles +

Le bouillon est utilisé pour le
racines
Rhume
bain de bouche
44




3.4. Caractéristiques nutritionnelles des ressources alimentaires forestières
végétales
Les résultats issus des analyses sont exprimés en pourcentage de matière pour 100 g de parties
comestibles comme l’ont recommandé Greenfield et Southgate (1992).
3.4.1. Macro et micronutriments des fruits
On observe une variation relativement élevée au niveau des composantes nutritionnelles des
fruits analysés (Tableaux 6 et 7).
Tableau 6 : Composition en macronutriments des fruits sauvages (% MS pour 100 g )


Matières
Protéines
Lipides
Sucres
Fibres
fruits
sèches

totaux

Dialium
guineense

87, 1 ± 0, 8
1, 0 ± 0,6
0, 3 ± 0, 1
80, 2 ± 2, 0
2, 0 ± 1, 0
Psidium
gujava

89, 2 ± 0, 9
6, 7 ± 0, 5
6, 2 ± 2, 0
61, 8 ± 2, 0
11, 0 ± 0, 8
Vitex doniana
64, 9 ± 0, 2
1, 4 ± 0, 8
0, 7 ± 0, 5
76, 5 ± 2, 4
16, 0 ± 0, 7
Irvingia
gabonense

89, 8 ± 0, 3
4, 7 ± 0, 1
1, 4 ± 0, 4
69, 8 ± 4, 2
9, 9 ± 1, 0
Blighia sapida
87, 4 ± 1, 0
2, 8 ± 1, 0
35, 0 ± 2, 1
13, 0 ± 3, 0
31, 0 ± 0, 5
Oxyanthus
speciosus

91, 1 ± 0, 5
0, 7 ± 0,1
1, 0 ± 0, 7
80, 3 ± 2, 4
6, 0 ± 0, 9
Bridelia
ferruginea

92, 3 ± 0, 1
7, 3 ± 1, 2
8, 9 ± 0, 3
44, 8 ± 1, 9
28, 2 ± 2, 5
Artocarpus
communis

87, 1 ± 0, 2
1, 0 ± 0, 2
3, 3 ± 1, 0
64, 9 ± 2, 0
12, 9 ± 2, 0
Chrysophyllum
albidum

88, 9 ± 0, 9
6, 7 ± 1, 0
8, 2 ± 0, 3
30, 9 ± 3, 2
38, 0 ± 3, 0
Annona
95, 0 ± 0,4
13, 5 ± 1, 4
14, 3 ± 2, 0
50, 4 ± 0, 4
12, 3 ± 2, 0
senegalensis
Les teneurs en protéines pour l’ensemble des fruits sauvages sont en général faibles. Elles
varient de 0, 7 à 13 %, la plus forte teneur a été obtenue au niveau des fruits de Annona senegalensis.
Cette variation des teneurs en protéines traduit l’hétérogénéité des parties analysées comme c’est le
cas des fruits sauvages identifiés au nord du Nigeria (Grivetti et Ogle, 2000). Ces teneurs
45




relativement faibles, sont comparables à celles des fruits conventionnels dont la plus forte teneur est
de l’ordre de 4 % (Agrahar-murugkar et Subbulakshmi, 2005). La teneur la plus élevée obtenue dans
fruits de Annona senegalensis est similaire à la valeur moyenne observée (12 %) chez les espèces des
forêts claires africaines (Malaisse, 1997). Elle est par contre légèrement inférieure à celle obtenue
(15, 1%) chez les espèces de Malawi (Saka et Msonthi, 1994). Les fruits de Annona senegalensis
pourraient être utilisés pour la supplémentation en protéines.
Les teneurs en fibres varient entre 2 et 40 %, avec la plupart des valeurs comprises entre 10 et
20 %. Les fruits de Chrysophyllum albidum ont la teneur la plus élevée (38, %).
Les arilles de Blighia sapida ont la plus forte concentration en lipides (35 %). Mais la plupart
des valeurs observées sont relativement faibles, variant entre 1 et 6 % ; ces valeurs sont légèrement
au dessus de celles des fruits conventionnels (Sundriyal et Sundriyal, 2004). Le cas particulier des
arilles de Blighia sapida comme une bonne source de lipides est conforme à ce qui a été observé par
Guédégbé (2002). Ces arilles concurrencent l’arachide qui contient, suivant les variétés, 40 à 50 % de
lipides (Asiédu, 1991). Mais les techniques d’extraction de ces lipides des arilles contrairement à
celles de production de l’huile d’arachide ne sont pas connues des populations locales. Cette teneur
élevée en lipides des arilles peut être mise à profit selon OMS (1971) pour atténuer les carences
énergétiques qui affectent les populations des pays sous développés.
Les teneurs en sucres totaux des fruits analysés sont en général élevées; elles varient entre 40
et 80 % / 100 g. bs. Les fruits de Oxyanthus peciosus sont caractérisés par la teneur la plus élevée (80,
3 %). En effet, comparés aux teneurs des fruits conventionnels, ces fruits peuvent être considérés
comme une bonne source énergétique.
Au total, la composition en macronutriments des fruits sauvages est comparable à celle des
fruits conventionnels. Les teneurs en protéines (0,10 et 1, 3 %) et en fibres (0, 3 et 4, 8 %) (Sundriyal
et Sundriyal, 2004) des ces fruits conventionnels sont faibles par rapport à celles de fruits sauvages
analysés. Ces résultats corroborent les observations de Rawat et al. (1994), d’Achinewu et al. (1995)
et de Kuhnlein et al. (1994) qui ont montré la similitude entre les compositions nutritionnelles des
fruits sauvages et des fruits conventionnels.
Par ailleurs, les cendres totales, le fer, le phosphore et le calcium ont été également dosés
(Tableau 7).
46




Tableau 7 : Composition en micronutriments des fruits sauvages (% MS/100 g, mg /100g. bs)

Cendres
Fer
Phosphore
Calcium
Fruits
(%)
(mg)
(mg)
(mg)

Dialium
guineense

3, 5 ± 0, 4
25, 8 ± 0, 1
15, 0 ± 0, 1
540, 0 ± 0, 5
Psidium gujava
3, 5 ± 0, 1
0, 2 ± 0, 1
43, 0 ± 0, 2
662, 0 ± 0, 6
Vitex doniana
5, 0 ± 0, 4
30, 1 ± 0, 3
14, 0 ± 0, 4
557, 0 ± 0, 7
Irvingia
gabonense

3, 9 ± 0, 7
30, 2 ± 0, 5
26, 0 ± 0, 4
791, 0 ± 1, 0
Blighia sapida
5, 5 ± 0, 5
39, 5 ± 0, 4
53, 0 ± 0, 3
691, 0 ± 0, 9
Oxyanthus
speciosus

3, 0 ± 0, 5
89, 2 ± 0, 8
60, 0 ± 0, 7
727, 0 ± 1, 3
Bridelia
ferruginea

3, 1 ± 0, 3
7, 0 ± 0, 4
156, 0 ± 0, 9
343, 0 ± 0, 4
Artocarpus
communis

5, 0 ± 0, 6
6, 9 ± 0, 3
89, 1 ± 0, 1
113, 7 ± 0, 1
Chrysophyllum
albidum

5, 0 ± 0, 2
4, 0 ± 0, 7
150, 0 ± 0, 5
160, 0 ± 0, 2
Annona
senegalensis

4, 4 ± 0, 2
24, 2 ± 0, 9
60, 0 ± , 3
150, 7 ± 0, 1

Le calcium est l’élément en plus forte concentration, suivi du phosphore et du fer. Les
concentrations en calcium de l’ordre de 791 mg et de 727 mg / 100 g. bs obtenues respectivement
dans les fruits de Irvingia gabonensis et de Oxyanthus speciosus sont pour la plupart, supérieures aux
doses journalières recommandées pour les enfants et les adultes (FAO, 2001). Les teneurs en
phosphore sont supérieures à 90 mg / 100g (base sèche) pour l’ensemble des fruits analysés. Les
valeurs extrêmes (14 mg et 156 mg) obtenues au niveau des fruits de Vitex doniana et de Bridelia
ferruginea sont en accord avec celles rapportées par FAO (1983) et Ishola (1990) pour de ces fruits.
Les teneurs en fer varient entre 0, 2 mg / 100g et 89 mg /100 g avec la plupart des valeurs en
dessous de 40 mg /100 g. Elles sont proches de celles observées par d’autres auteurs au niveau de
certains fruits: Annona senegalensis, 25 mg / 100g (Grivetti et al., 2000) ; Bridelia ferruginea, 6 mg
/ 100 g (Saka et Msonthi, 1994).
Tous ces minéraux qui interviennent dans diverses réactions métaboliques, et autres fonctions
vitales, sont en plus forte concentration dans les fruits sauvages que dans les fruits conventionnels
(Murray et al., 2000 ; Sundriyal et Sundriyal, 2004 et Agrahar-Murugkar, D. et G. Subbulakshmi,
2005).
47





3.4.2. Macro et micronutriments des légumes-feuilles
Les teneurs en macronutriments sont présentées au tableau 8. Les teneurs en protéines des
légumes-feuilles varient de 10 % dans les feuilles de Cola millenii faible teneur (10 %) à 23 % dans
les feuilles de Sparganophorus sparganophora. Les teneurs en lipides sont faibles et varient entre 1
et 2 % tandis que les concentrations en fibres sont relativement élevées avec une moyenne de 18 %.
Quant aux concentrations en sucres totaux, elles sont importantes et se situent entre 24 et 59 % / 100
g. bs.
Tableau 8 : Composition en macronutriments des légumes-feuilles sauvages (% MS /100 g de parties
comestibles).


Matières
Protéines
Lipides
Sucres
Fibres
Espèces
sèches
totaux
Combretum
racemosum

92, 0 ± 0, 4
18, 3 ± 0, 1
1, 0 ± 0, 1
51, 2 ± 2, 4
17, 1 ± 1, 0
Talinum
triangulare

89, 8 ± 0, 6
18, 0 ± 0, 2
1, 0 ± 0, 2
56, 0 ± 1, 0
15, 7 ± 0, 9
Vitex
doniana

89, 6 ± 0, 8
11, 5 ± 0, 9
0, 9 ± 0, 1
59, 1 ± 3, 1
13, 0 ± 0, 7
Triplochiton
scleroxylon

92, 6 ± 0, 7
12, 0 ± 1, 2
1, 0 ± 0, 1
24, 0 ± 4, 0
19, 0 ± 2, 4
Cola millenii
93, 6 ± 0, 7
10, 1 ± 1, 0
0, 1 ± 0, 1
54, 7 ± 2, 0
18, 4 ± 3, 5
Altermanthera
sessilis

88, 1 ± 0, 1
14, 1 ± 0, 1
2, 0 ± 0, 1
52, 1 ± 1, 8
9, 2 ± 1, 9
Sterculia
tragacantha

92, 1 ± 1, 0
11, 6 ± 0, 8
0, 9 ± 0, 2
42, 5 ± 1, 3
27, 4 ± 4, 1
Macrosphyra
longistyla

92, 4 ± 0, 7
13, 9 ± 0, 6
0, 8 ± 0, 3
50, 3 ± 2, 0
19, 0 ± 2, 4
Blactura
taraxacifolia

92, 4 ± 0, 8
19, 4 ± 0, 5
2, 3 ± 0, 5
43, 6 ± 2, 0
20, 0 ± 1, 9
Sparganophorus
sparganophora

90, 4 ± 1, 4
23, 4 ± 0, 1
1, 9 ± 0, 1
33, 3 ± 1, 0
13, 1 ± 0, 4
Hoslundia
opposita

83, 7 ± 0, 6
16, 4 ± 0, 5
2, 0 ± 0, 9
49, 7 ± 0, 9
6, 0 ± 1, 2
Tylophora
sylvatica

80, 3 ± 0, 7
15, 0 ± 0, 7
1, 0 ± 0, 2
47, 5 ± 3, 0
10, 7 ± 2, 1
Bidens pilosa
90, 8 ± 0, 3
13, 1 ± 0, 8
1, 0 ± 0, 4
51, 5 ± 4, 1
18, 1 ± 1, 5
Grewia mollis
95, 2 ± 0, 7
16, 0 ± 0, 7
1, 1 ± 0, 1
45, 2 ± 2, 1
24, 5 ± 2,4

48




Les teneurs observées pour l’ensemble des éléments minéraux étudiés sont indiquées dans le
tableau 9. Les teneurs en cendres enregistrées varient de 4 à 18 %. Les fortes les teneurs en fer et en
phosphore sont enregistrées au niveau des feuilles de Sparganophorus sparganophora, tandis que les
feuilles de Grewia mollis et de Bidens pilosa constituent les meilleures sources en calcium avec des
concentrations de l’ordre de 1076 mg et de 1495 mg / 100 g. bs respectivement.
Tableau 9 : Composition en micronutriments des légumes-feuilles sauvages (% MS / 100g, mg /
100g)


Cendres
Fer
Phosphore (mg)
Calcium
Légumes-feuilles
(%)
(mg)
(mg)

Combretum
racemosum

4, 4 ± 0, 7
13, 8 ± 0, 1
83, 0 ± 0, 2
789, 0 ± 0, 4
Talinum
triangulare

9, 0 ± 1, 0
68, 3 ± 0, 3
107, 0 ± 0, 7
734, 0 ± 0, 4
Vitex
doniana

5, 1 ± 1, 4
0, 2 ± 0, 4
54, 0 ± 0, 7
762, 0 ± 0, 7
Triplochiton
scleroxylon

6, 0 ± 2, 0
0, 2 ± 0, 1
77, 0 ± 0, 4
789, 0 ± 0, 1
Cola
millenii

10, 2 ± 2, 0
19, 0 ± 0, 1
83, 0 ± 0, 7
791, 0 ± 0, 7
Altermanthera
sessilis

10, 7 ± 2, 1
111, 7 ± 0, 7
50, 0 ± 0, 8
877, 0 ± 0, 5
Sterculia
tragacantha

4, 5 ± 0, 9
13, 8 ± 0, 8
99, 0 ± 0, 3
847, 0 ± 0, 7
Macrosphyra
longistyla

8, 3 ± 1, 0
16, 5 ± 0, 9
71, 0 ± 0, 1
847, 0 ± 0, 7
Blactura
taraxacifolia

7, 0 ± 0, 5
46, 5 ± 0, 5
111, 0 ± 0, 9
850, 0 ± 1, 4
Parganophorus
sparganophora

18, 7 ± 3, 2
242, 2 ± 1, 0
205, 0 ± 0, 6
905, 0 ± 4, 1
Tylophora sylvatica
9, 6 ± 2, 4
24, 6 ± 0, 6
66, 0 ± 0, 5
902, 0 ± 0, 2
Bidens pilasa
6, 1 ± 1, 4
10, 2 ± 0, 4
139, 0 ± 2, 1
1495, 0 ± 2, 0
Grewia mollis
7, 1 ± 1, 0
56, 8 ± 0, 1
156, 0 ± 0, 2
1076, 0 ± 0, 1


49




3.4.3. Macro et micronutriments des tubercules sauvages
Les tubercules constituent une bonne source de glucides (Tableau 10). Ils sont par contre
pauvres en protéines et en lipides avec des teneurs en dessous de 1 %. La teneur en glucides dans le
Dioscorea cayenensis est comparable à celle obtenue par Margaret et al,. (2001) au niveau des
espèces tanzaniennes. Les concentrations en minéraux sont relativement faibles (2, 3 % en moyenne)
(Tableau 11). Le Dioscorea cayenensis est riche en calcium (817 mg), tandis que la concentration la
plus élevée en fer est retrouvée au niveau les tubercules de Dioscrea praehensilis.


Tableau 10 : Composition en macronutriments des tubercules (% base sèche)


Matières
Protéines
Lipides
Sucres
Fibres
Espèces
sèches
totaux

Dioscorea
cayenensis

89, 4 ± 2, 5
1, 0 ± 0, 7
0, 8 ± 0, 1
84, 9 ± 3, 5
1, 0 ± 1, 0
Dioscorea
praehensilis

87, 6 ± 3, 0
0, 6 ± 0, 1
0, 6 ± 0, 4
80, 2 ± 4, 0
4, 0 ± 0, 9


Tableau 11 : Composition en micronutriments des fruits sauvages (%MS / 100g, mg / 100g)

Cendres
Fer
Phosphore
Calcium
Espèces
(%)
(mg)
(mg)
(mg)

Dioscorea
cayenensis

2, 0 ± 0, 9
76, 1 ± 0, 1
42, 0 ± 0, 7
817, 0 ± 0, 8
Dioscorea
praehensilis

2, 8 ± 0, 7
97, 9 ± 0, 6
28, 0 ± 0, 7
633, 0 ± 2, 3


3.5. Impact des ressources alimentaires forestières végétales dans la sécurité alimentaire
des ménages.
Chez les populations riveraines de la forêt étudiée, il a été révélé que les ressources
alimentaires forestières végétales complètent les cultures vivrières qui arrivent rarement à couvrir les
besoins alimentaires sur toute l’année. En effet, le maïs qui constitue la principale culture vivrière
pour ces populations est vendu dès la récolte pour subvenir à d’autres besoins. Ainsi, pendant toute la
50




période allant de la fin de la saison sèche et le début de la saison pluvieuse, les réserves alimentaires
sont pratiquement épuisés. Pendant cette période qualifiée de période de soudure (Chamers et
Longhurst, 1986), les ressources alimentaires sauvages sont plus recherchées. Plus des 90 % des
ménages enquêtés reconnaissent l’utilité de ces ressources forestières pendant cette période de
soudure où ces dernières sont disponibles, notamment les fruits et tubercules. En effet, Ces espèces
constituent en cas de disettes les seules sources de nourritures pour les populations (Guinard et
Lemessa, 2000 ; Leborgne et al., 2002). C’est d’ailleurs ce qui leur confère l’appellation de "
Nourriture de famine" (Rahmato, 1988; PAM, 1996 et Chopak, 2000).

3.5.1. Disponibilité saisonnière des ressources alimentaires forestières végétales

Les périodes de disponibilité des ressources varient suivant les catégories d’organes. Pour les
fruits, la disponibilité s’étalent sur plusieurs saisons (Tableau 12). Toutefois, on observe des
variabilités d’une saison à une autre. En effet, les fruits sauvages sont plus disponibles pendant les
saisons sèches dans une proportion de 47 % en grande saison sèche et de 42 % en petite saison sèche.
Seulement 11 % des fruits sont disponibles pendant les saisons pluvieuses. Ces résultats sont
similaires à ceux obtenus par Vihotogbé (2001) dans la forêt de Pobè, contrairement à ce qu’ont
observé Codjia et al. (2003).dans la forêt de la Lama où les fruits consommés par les Holli et Fon
sont disponibles à 75 % sur presque toutes les périodes de l’année. Ceci pourrait s’expliquer par les
variations dans le choix des fruits conditionnées par les habitudes alimentaires des populations.

3.5.1. Disponibilité saisonnière des ressources alimentaires forestières végétales

Les périodes de disponibilité des ressources varient suivant les catégories d’organes. Pour les
fruits, la disponibilité s’étalent sur plusieurs saisons (Tableau 12). Toutefois, on observe des
variabilités d’une saison à une autre. En effet, les fruits sauvages sont plus disponibles pendant les
saisons sèches dans une proportion de 47 % en grande saison sèche et de 42 % en petite saison sèche.
Seulement 11 % des fruits sont disponibles pendant les saisons pluvieuses. Ces résultats sont
similaires à ceux obtenus par Vihotogbé (2001) dans la forêt de Pobè, contrairement à ce qu’ont
observé Codjia et al. (2003).dans la forêt de la Lama où les fruits consommés par les Holli et Fon
sont disponibles à 75 % sur presque toutes les périodes de l’année. Ceci pourrait s’expliquer par les
variations dans le choix des fruits conditionnées par les habitudes alimentaires des populations.
51

Tableau 12: Disponibilité saisonnière des fruirs



Mois et saisons Jan Fév
Mars Av
Mai
Juin
Juil
Août Se
Oct
Nov
Déc

GSSi GSPii PSSiii PSPiv
Fruits
Annona












senegalensis
Artocarpus












communis
Baphia












nitida
Blighia












sapida
Bridelia













ferruginea
Carpolobia












lutea
Chrysophyllum












albidum
Dialium












guineense
Dichaptalum












guineense
Euclinia












longiflora
Psidium












gujava
Spondias













mombin
Paullina













pinnata
Uvaria













chamae
Vitex













doniana
Irvingia













gabonensis
Macrosphyra













longistyla
Oxyanthus













speciosus
Holundia













opposita
Grewia













mollis
Musaenda













elegans
i: Grande saison sèche ii : Grande saison pluvieuse iii: Petite saison sèche iv : Petite saison pluvieuse

52




La plupart des légumes sauvages identifiées sont disponibles durant les saisons pluvieuses
(Tableau 13) contre 40 % des légumes qui sont disponibles seulement en saison sèche. Près de 50 %
de ces légumes sauvages sont présents durant toute l’année. Ces résultats, contraires à ceux de Codjia
et al (2003), pourraient s’expliquer par la présence d’une zone de bas-fonds dans la forêt qui regorge
la plupart des herbacées les plus recherchés par les populations.
Les tubercules sauvages recherchés (Dioscorea praehensilis et Dioscorea cayenensis) sont
disponibles presque toute l’année. Ces aliments de sécheresse (FAO, 1996) sont consommés pendant
toutes les saisons contrairement à l’espèce Dioscorea bulbifera qui n’est consommée par les
populations de la Lama, que pendant les périodes de disettes (Codjia et al., 2003).
La disponibilité des ressources alimentaires forestières végétales est directement liée à leur
fréquence de consommation qui est un critère important d’appréciation de leur importance dans
l’alimentation des populations riveraines de la forêt étudiée.






















53




Tableau 13: Disponibilité saisonnière des légumes-feuilles
Mois et saisons Jan Fév
Mars Av
Mai
Juin
Juil
Août Se
Oct
Nov
Déc

GSS1 GSP2 PSS3 PSP4
Légumes
Combretum












racemosum
Talinum













triangulare
Vitex













doniana
Triplochiton













scleroxylon
Cola













millenii
Altermanthera













sessilis
Sterculia













tragacantha
Macrosphyra













longistyla
Blactura













taraxacifolia
Sparganophorus













sparganophora
Hoslundia













opposita
Tylophora













sylvatica
Bidens













pilosa
Grewia













mollis
Asystasia













gangetica
Corchorus












tridens
"Sofan"

















1 Grande saison sèche
2 Grande saison pluvieuse
3 Petite saison sèche
4 Petite saison pluvieuse
54




La plupart des légumes sauvages identifiées sont disponibles durant les saisons pluvieuses
(Tableau 13) contre 40 % des légumes qui sont disponibles seulement en saison sèche. Près de 50 %
de ces légumes sauvages sont présents durant toute l’année. Ces résultats, contraires à ceux de Codjia
et al (2003), pourraient s’expliquer par la présence d’une zone de bas-fonds dans la forêt qui regorge
la plupart des herbacées les plus recherchés par les populations.
Les tubercules sauvages recherchés (Dioscorea praehensilis et Dioscorea cayenensis) sont
disponibles presque toute l’année. Ces aliments de sécheresse (FAO, 1996) sont consommés pendant
toutes les saisons contrairement à l’espèce Dioscorea bulbifera qui n’est consommée par les
populations de la Lama, que pendant les périodes de disettes (Codjia et al., 2003).
La disponibilité des ressources alimentaires forestières végétales est directement liée à leur
fréquence de consommation qui est un critère important d’appréciation de leur importance dans
l’alimentation des populations riveraines de la forêt étudiée.

3.5.2. Fréquence de consommation des ressources alimentaires forestières

La fréquence de consommation des fruits est présentée à la figure 12 dont l’analyse montre
que près de 58 % des fruits sont consommés en dessous de quatre fois par semaine. Les fruits de
Psidium gujava sont les plus consommés dans les ménages (soit quotidiennement lorsqu’ils sont
disponibles). Ils sont suivis des fruits de Blighia sapida, de Chrysophyllum albidum, de Dialium
guineense, de Vitex doniana et d’Irvingia gabonensis qui sont consommés en moyenne six fois dans
la semaine. Ce résultat est similaire à celui de Codjia et al. (2003) dans la Lama. La forte utilisation
de ces espèces justifie leur présence dans les agrosystèmes et leur importance dans l’alimentation des
populations locales. En effet, 64 % des ménages enquêtés ont conservé ces espèces, soit dans les
champs (60 %) soit dans les maisons. Cette attitude des paysans participe à la conservation de la
biodiversité des ressources végétales naturelles. Les photos de quelques fruits consommés par les
populations riveraines de la forêt de Niaouli sont présentées à l’annexe 3.

55




8
7
6
e
i
n
a
m
e

5
r

s
a

p
i
s

4

f
o
e

d
r
e

3
b
m
o
N

2
1
0
ae
unis
bin
ol is
m
om
albidum
gujava
ia m
aphia nitida
guineense
guineense
rew
B
lighia sapida
varia cham
B
arpolobia lutea
Vitex doniana
ridelia ferruginea
C
Paul ina pinnata
U
olundia opposita
G
usaenda elegans
Espèces
B
ialium
Euclinia longiflora
Psidium
Spondias m
M
nnona senegalensis
D
Irvingia gabonensis
xyanthus speciosus
H
A
rtocarpus com
A
hrysophyl umichaptalum
acrosphyra longistyla
O
C
D
M


Figure 12: Fréquence de consommation des fruits


Parmi les légumes-feuilles recherchés par les populations, les feuilles de Sparganophorus
spagarganophora sont les plus consommées (environ 6 fois par semaine) (Figure 13). Cette forte
consommation des feuilles de cette espèce est probablement liée à leur valeur nutritionnelle. En effet,
elles sont de bonnes sources de protéines (23 % pour 100 g), de phosphore (242 mg / 100g) et de
calcium (905 mg /100 g). Cependant, cette espèce n’a pas encore intégré la catégorie des plantes
protégées au sens de Okigbo (1977). Contrairement aux fruits, près de 70 % des légumes-feuilles sont
consommés au moins 4 fois par semaine.
56




8
7
e
i
n
a
m

6
e
r

s
a

5

p
i
s


f
o

4
e

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r
e
b

3
m
o
N

2
1
0
osum
ollis
illenii
la m
ia m
racem triangulare
tex doniana
idens pilosa
Vi
rew
anthera sessilis
G
rchorus tridens Sofan
oslundia opposita
ystasia gangetica
systasia gangetica
Espèces
bretum alinum
Co
term
ylophora sylvatica
B
As
A
m
T
lactura taraxacifolia
Al
Sterculia tragacantha
acrosphyra longistyla
B
T
Co
riplochiton scleroxylon
Co
T
M
Sparganophorus sparganophora
H

Figure 13 : Fréquence de consommation des légumes-feuilles

Quant aux tubercules, ils sont consommés en moyenne trois fois par semaine pendant les
périodes de disponibilité des produits de récoles et cinq fois par semaines pendant la saison sèche.
Ces ressources font aussi l’objet de transactions commerciales et contribuent ainsi à
l’amélioration du revenu des ménages

3.5.3. Contribution des ressources alimentaires forestières végétales au revenu monétaire des
ménages

Certains produits issus des ressources alimentaires forestières végétales recherchées
font l’objet de petit commerce et permettent ainsi d’améliorer le revenu des ménages. Il s’agit
des fruits de Dialium guineense, d’Irvingia gabonensis, de vitex doniana, de Chrysophyllum
albidum, de Psidum gujava, d’Artocarpus communis; des feuilles de Sparganophorus
sparganophora et des tubercules de Dioscorea praehensils. En période de disponibilité, ces
produits font l’objet de commerce sur les marchés riverains (Sê, Ouégbo et Allada). Trente cinq
pourcent (35 %) des ménages enquêtés s’adonnent à ce commerce. Les feuilles de Sparganophorus
57




sparganophora font particulièrement l’objet d’une forte demande sur les marchés et concurrencent
même les légumes conventionnels telles la grande morelle (Solanum macrocarpum) et le celosie
(Celosia argentea), à l’exemple de Corchorus tridens (Vihotogbé, 2001). Le tableau 14 indique le
prix moyen de quelques produits commercialisés. Pour les ménages commercialisant les RAFVs,
l’importance économique de celles-ci est plus remarquable pendant les saisons sèches. En effet,
pendant cette période, la vente de ces ressources permet de subvenir aux besoins alimentaires et à
d’autres obligations telles que cotisations pour les tontines. Cette contribution des RAFVs au revenu
des ménages a été quantifiée par plusieurs auteurs. En effet, May (1985) a évalué a 35 % du revenu
total du ménage, le revenu issu de la vente des amendes et de l’huile de palmier babassou (Orbignya
martiana), au nord-est du Brésil. Mais ce revenu dépend du niveau économique du ménage et est
d’autant plus important que les ménages sont plus pauvres (Siebert et Belsky, 1985).

Tableau 12 : Prix moyen de quelques produits issus des RAFVS
Espèces
Produits exploités
Prix (CFA /Kg)
Psidium gujava
Fruits
500
Artocarpus communis
fruits
200
Sparganophorus sparganophora
feuilles
130
Dialium guineense
Fruits
150
Irvingia gabonensis
Fruits
130
Vitex doniana
fruits
275











58




CONCLUSION ET SUGGESTIONS
La présente étude a permis d’identifier une multitude de ressources alimentaires forestières
végétales consommées par les populations locales. Ces ressources sont exploitées aussi bien pour
leurs fruits, leurs feuilles, leurs graines que pour leurs tubercules. Malgré leur caractère saisonnier,
elles sont disponibles toute l’année et offrent ainsi une chance de survie aux populations pendant les
périodes de soudure. Certaines ressources sont conservées dans les champs ou dans les maisons. Il
s’agit des espèces telles Blighia sapida, Chrysophyllum albidum, Psidium gujava, Dialium guineense,
Vitex doniana et Irvingia gabonensis dont les organes, pendant la période de disponibilité, sont
consommés en moyenne six fois par semaine. Ces ressources font aussi l’objet de transformation et
de petit commerce et permettent ainsi l’amélioration du revenu des ménages.
De par leurs fortes teneurs en protéines, en lipides, en glucides et en substances minérales (Ca,
Fe et P), une grande partie des organes analysés (fruits, légumes-feuilles et tubercules) présente un
intérêt particulier du point de vue nutritionnel. Par ailleurs, certaines ressources comme les feuilles de
Sparganophorus sparganophora, de Grewia mollis, les fruits d’Oxyanthus speciosus, de Bridelai
ferruginea de Annona senegalensis se sont révélés comme de bonnes sources de protéines, de fer et
de phosphore et peuvent être utilisées dans les programmes de diversification alimentaires.
Au total, la présente étude révèle l’importance des RAFVs dans la vie quotidienne des
populations locales et la richesse nutritionnelle de ces ressources. Ainsi tout en contribuant à une
meilleure connaissance des ressources alimentaires forestières végétales, elle permettra à terme une
introduction de ces ressources locales disponibles dans l'alimentation humaine.
Pour des recherches à venir, il est souhaitable de prendre en compte les suggestions suivantes,
à savoir :
-
l’aménagement de la forêt d’étude tenant compte des ressources alimentaires recherchées
par les populations locales en vue de leur conservation ;
-
l’approfondissement de la recherche sur la culture et l’écologie des RAFVs pour une
meilleure introduction de ces dernières dans le système agroforestier ;
-
la caractérisation au plan physico-chimique et nutritionnel des produits forestiers
alimentaires non couverts par la présente étude ;
-
la détermination des vitamines et l’évaluation de la biodisponibilité des nutriments contenus
dans les RAFVs.

59




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67




Annexe 1 : Questionnaire pour la collecte des données d’enquête


Date de l’enquête : Nom du Village : N° de fiche :

1- Renseignement d’identification de l’enquêté
- Nom et prénom :
- Sexe :
- Age / classe d’âge :
- Ethnie :
2- Questions :
2. 1- Quelles sont les espèces végétales sauvages que vous consommées dans le village ? Donner
par rapport à chacune d’elles les informations complémentaires suivantes :
- Tous les noms locaux que vous lui reconnaissez ;
- Les types de milieux dans lesquels on la retrouve : provenance (forêt, jachères, champs,
maisons, plantations) ;
- Les différents modes d’acquisition (cueillette gratuite, achat) ;
- Toutes les parties que vous consommez ;
- Sa disponibilité saisonnière : la période pendant laquelle elle est disponible (Grande
saison des pluies, petite saison sèche, petite saison des pluies, grande saison sèche) ;
- Votre fréquence de consommation de par semaine (zéro fois, 1 à 2 fois, 2 à 3 fois, 3 à 4
fois, 4 à 5 fois ou plus de 5 fois par semaine) ;
- Les formes sous lesquelles vous les consommez (état cru, bouilli, grillé, braisé ou
transformé);
- Le mode de transformation (opérations) ou de préparation (pour les produits transformés
ou préparés) ;
- Les produits de transformation obtenus ;
- Les espèces que vous préférez.
NB : Pour chacune de ces questions, se référer au tableau suivant.


2.2- Quelles sont les produits issus des espèces végétales de la forêt qui sont vendus sur le marché ?
A quel prix sont-ils vendus ? (produit / prix)…………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
2.3- Quelles sont les produits que vous conservez ? Pour chaque produit, décrivez le mode de
conservation et la durée…………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………...
2.4- Pourquoi utilisez-vous les produits de la forêt ?................................................................................
68




…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
2.5- Ces ressources alimentaires peuvent-elles remplacer celles issues de culture ?................................
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
2.5- Quelles sont parmi tous ces aliments cités, ceux qui ont des vertus thérapeutiques que vous
connaissez. Donner les maux traités……………………………………………………….....................
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………



69




Enquête de consommation des ressources alimentaires forestières végétales


Tableau d’enregistrement n°
N° Espèces
Noms
Organes
Période de
Mode
Parties
Mode de
Fréquence de
Transformation
locaux exploités
disponibilité d’acquisition
consommées
consommation
consommation
suibie




































70





Annexe 2 :
Inventaire en forêt des ressources forestières alimentaires végétales

Date : Type d’écosystème :

Bande n° Fiche n°

N° d’ordre
Espèce
Noms locaux
Nom
Organes
Type
Nombre de
Etat de la
Scientifique
consommés
biologique
pied
ressource
(exploitable
ou non)





































71













Annexe 3 Photos de quelques fruits sauvages consommés par les riverains de la forêt de Niaouli





Photo1 : Fruit d’Annona senegalensis Photo2 : Fruit d’Uvaria chamae


Photo4 : Fruit de Chrysophyllum albidum
Photo3: Fruit de Pterocarpus santalonoides





Photo5 : Fruits d’oxyanthus speciosus
Photo 6 : Fruits de Grewia mollis


72






















Photo 7 : Fruit de Piodium gujava

Photo 8 : Fruit de Artocarpus communis








Photo 9: Fruit de Macrosphyra longistyla


Source : Clichés AMOUSSOU, Août-Septembre, 2006
73

























Annexe4 Photos de quelques légumes-feuilles et de tubercules sauvages consommés par
les populations de Niaouli











Figure 15

Figure 16









Photo 10 : Feuilles de Talinum triangulare
Photo11 Feuilles de Sparganophorus

sparganophora














Photo 12 : Feuilles de Corchorus tridens

Figure 13: Feuilles de Blactura taraxacifolia



Photo14 Feuilles de Cola millenii
Figure 15 Tubercule de Dioscorea praehensilis


Source :Clichés AMOUSSOU, Août-Septembre, 2006
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