« PRODUCTION DAGRUMES ET PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DE LA COMMUNE DE ZA-KPOTA / DEPARTEMENT DU ZOU »
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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
*-*-*-*-*-*-*-*

FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES
*-*-*-*-*-*-*-*

DEPARTEMENT D’ECONOMIE, DE SOCIO-ANTHROPOLOGIE
ET DE COMMUNICATION POUR LE DEVELOPPEMENT RURAL
*-*-*-*-*-*-*-*



« PRODUCTION D’AGRUMES ET PERSPECTIVES DE


DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DE LA

COMMUNE DE ZA-KPOTA / DEPARTEMENT DU

ZOU »



THESE
Pour l’obtention du diplôme d’Ingénieur Agronome

Option : Economie, Socio-Anthropologie et Communication

Présentée et soutenue par

AGUEMON Vignon Fabrice
Le 16 Décembre 2004

Superviseur
Dr. Ir. TOSSOU C. Rigobert

Composition du Jury :


Président
: Ir. D’ALMEIDA Joachim
Rapporteur
: Dr. Ir. TOSOU C. Rigobert
Examinateur : Dr. FLOQUET Anne
Examinateur : Dr. KWARTENG J. A.



UNIVERSITY OF ABOMEY-CALAVI
*-*-*-*-*-*-*-*

FACULTY OF AGRONOMICS SCIENCES
*-*-*-*-*-*-*-*

DEPARTMENT OF ECONOMIC, OF SOCIO-ANTHROPOLOGY AND
OF COMMUNICATION FOR RURAL DEVELOPMENT
*-*-*-*-*-*-*-*



« CITRUS FRUITS PRODUCTION AND SOCIO-


ECONOMIC’S DEVELOPMENT PERSPECTIVES OF ZA-

KPOTA DISTRICT/ ZOU DEPARTMENT»




Topic
Submitted partial fulfilment of the requirement of the
degree of "Ingénieur Agronome"

Option: Economic, Socio-Anthropology and Communication

Presented and submitted by:

AGUEMON Vignon Fabrice
The 16th of December, 2004

Supervisor
Dr. Ir. TOSSOU C. Rigobert
Composition of the Jury:
President : Ir. D’ALMEIDA Joachim
Reporter : Dr. Ir. TOSOU C. Rigobert
Examinator : Dr. FLOQUET Anne
Examinator : Dr. KWARTENG J. A.


Certification

Nous certifions que ce travail a été réalisé par l’étudiant AGUEMON Vignon Fabrice
sous notre supervision à la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université
d’Abomey-Calavi dans l’option Economie, Socio-Anthropologie et Communication pour
le développement rural.






Le superviseur

DR. Ir. TOSSOU C. Rigobert
Agro Sociologue
Maître Assistant à la Faculté des Sciences
Agronomiques des Université d’Abomey-Calavi et de Parakou












i

DEDICACE

Je dédie ce travail
A toi Dieu Tout Puissant, mon Créateur pour l’Amour et la Protection dont tu
m’as entouré tout au long de mon cursus scolaire et universitaire. Reçois ici
l’expression de ma profonde gratitude.

A tout ceux qui ont quitté ce monde particulièrement AKPOE Delphine,
AGUEMON Houssou et KIKI G. Akuavi rappelés à l’Eternel alors que nous
étions en début de floraison. Recevez cette œuvre comme la fructification de
votre semence germé.
A tous ceux ou celles qui sont soucieux du développement local pour réaliser
l’idéal sublime d’une communauté de bonheur partagé.




















ii

REMERCIEMENTS

Nos sincères remerciements à l’endroit de :

Docteur Ingénieur TOSSOU Rigobert, notre Maître de thèse qui, malgré ses
multiples occupations n’a ménagé aucun effort pour consacrer son précieux
temps à nous orienter et nous guider tout au long de la réalisation du présent
travail. Qu’il reçoive ici notre profonde gratitude.

Vous, mes frères, sœurs, tantes et oncles pour tous les efforts consentis pour un
heureux aboutissement de ce travail. Recevez cette œuvre si modeste soit elle
comme le fruit de tant d’année de sacrifice.

DAVO François, ADJAÏTODE Jean, DJEDOHOUN Pamphile de Za-Kpota et
tous les producteurs sans qui la réalisation de ce travail se heurterait à de maintes
difficultés. Que toutes ces personnes reçoivent ici nos sincères reconnaissances.

Ir. ASSOGBA Claude-Gervais et Ir. KOUEVI Augustin pour leurs conseils et
franche collaboration.










iii

RESUME

La décentralisation est devenue une réalité dans notre pays depuis l’installation en
décembre 2002 des conseils communaux. Dès lors, il se pose la question de la
mobilisation de ressources pour les collectivités décentralisées. De quelle manière ceci
peut-être une réalité ? Nous ne saurions répondre à cette question sans que des
investigations ne soient faites. Toutefois nous pouvons affirmer qu’à l’exception des
communes à statut particulier, la plupart des communes du Bénin a une économie basée
sur l’agriculture. La majorité d’entre elles fonde leur espoir d’autofinancement sur ce
secteur qui mobilise la majorité des actifs. La question qu’on pourrait dès lors se poser est
de savoir si les performances actuelles du secteur permettent de placer tant d’espoir en
elle ? Toutefois, nous pouvons affirmer qu’au vu des recettes exceptionnelles du coton
observées par endroit, certaines communes auront moins de difficultés que d’autres. La
commune de Za-Kpota qui a fait objet de notre étude ne jouit pas de ce privilège pas
moins précaire. Il importe dès lors d’identifier dans cette commune des filières
localement porteuses ou perçues comme telles par les acteurs locaux tel le cas de la
production agrumicole dans ladite commune.

L’étude à travers ce terme vise à apprécier le niveau de performance actuel des
exploitations productrices d’agrumes dans Za-kpota et d’analyser les perspectives de leur
potentiel de contribution au développement socio-économique de la commune.

Les considérations théoriques qui ont servi de fil conducteur pour la conduite des travaux
sont relatives à l’approche d’analyse systémique d’un système agroforestier (Kotshi,
1991 ; Sissoko, 1998), l’approche classique de conduite de plantation agrumicole
(Loussert, 1989 ; Aubert et Vullin, 1997 ; Raemaekers, 2001), l’approche économique
d’analyse des farming systems (Boserup E., 1965/1970/1981 ; Boussard J-M, 1987/1992)
et l’approche de développement local (Joyal, 1999 ; Husson et al, 2001). Ces
considérations théoriques ainsi que les objectifs et les hypothèses d’étude nous ont amené
à faire l’option d’une combinaison de méthodes quantitative et qualitative. Les outils de
collecte utilisés sont principalement les interviews structurées, semi-structurées et non
structurées, les observations simples et participantes, la triangulation.


iv

La culture des agrumes dans Za-Kpota ne bénéficie ni d’appui technique, ni financier.
Conséquences, les paysans qui s’y consacrent développent diverses stratégies pour
assurer la production pour leurs survie et reproduction. Leur connaissance est
essentiellement basée sur des notions élémentaires de conduite de verger d’agrumes et
liée à l’histoire de Projet de production d’agrumes dans la commune avec les
coopérations bénino-israélienne et bénono-française.

Les facteurs de production investis par les producteurs sont la terre, le matériel végétal
(plants), le travail sous forme de main-d’œuvre de labour et un faible niveau d’allocation
de capital. Les performances des plantations sont fortement influencées par leur condition
d’installation et d’exploitation. Les densités de plantations varient de 160 plants à 360
plants / ha avec une moyenne de 221 plants / ha. Pour l’ensemble des enquêtés, 49 % des
exploitations sont installées sans respect des normes de trouaison soit 45% des
emblavures totales d’agrumes en production de notre échantillon depuis 1985 à 2003.

A quelques exceptions près, l’emploi des engrais et de pesticides en agrumiculture dans
Za-Kpota est pratiquement nul. Durant la campagne agricole 2003-2004, seulement 5%
des exploitations productrices d’agrumes ont accès à l’engrais et 1% aux pesticides. Les
engrais et pesticides sont ceux du coton. Ces engrais du fait de leur non spécificité ont
des arrières effets négatifs. Ce sont la chute des fleurs et des fruits dès la nouaison et la
déshydratation précoce sur pieds dès la mi-maturité des productions futures.

De part ses caractéristiques, l’agrumiculture dans Za-Kpota demeure un système de
production de type traditionnel. D’importantes fluctuations sont observées durant tout le
cycle de production dont la durée maximale ne dépasse guère quinze (15) ans sauf si
l’exploitant a recours à la fumure. Les rendements obtenus sont en dessous du seuil
supposé économiquement rentable atteint en conditions moyennes d’exploitations dans
la tranche d’âge 6 à 11 ans (Praloran, 1981 et Raemaekers, op.cit ; Bonnefond et al, 1984
et Napporn, 1991 cités par Aho et Kossou, 1997 ; Anonyme, 1999).

Les facteurs explicatifs des bas niveaux de rendement des plantations sont l’épuisement
du potentiel de production, la vieillesse précoce des plants du fait de la non utilisation de
l’engrais, les attaques parasitaires et le développement de diverses maladies qui

v

affaiblissent les plants. A ces facteurs il faut ajouter la non qualification de la main-
d’œuvre et la non disponibilité de l’information agricole.

Quant au facteur superficie, le rendement moyen en agrumes diminue avec la taille de la
plantation. Ceci est contraire à la théorie des rendements d’échelle mais confirme la thèse
de Boserup (1970 / 1981) selon laquelle plus grande est la superficie plus dispersée est la
main-d’œuvre et le rendement faible. Et plus faible est la superficie, plus soigné est le
travail et le rendement plus élevé.

Enfin, le facteur travail essentiellement investi pour le labour, forme d’entretien des
plantations, deux catégories de plantations sont à distinguer. Ce sont:

Les plantations sur lesquelles il est pratiqué un seul labour par année. Leur
rendement moyen annuel varie de 3563 à 16625 kg / ha avec une moyenne de
(10342,35 ± 3575,8) kg / ha pour la phase de pleine production (6 à 11 ans) et de
5533 kg / ha durant la phase de vieillissement.
Les plantations sur lesquelles, il est pratiqué deux labours par saisons : elles
réalisent moins de la moitié de la performance de la première catégorie. Leur
rendement annuelle varie de 14 18 à 14725 kg / ha. La moyenne annuelle de cette
catégorie est de 6943 kg / ha pour la tranche d’âge 6 à 11 ans et de 3514 kg / ha
pour la tranche 12 ans à 16 ans.

Au regard de ces performances par catégorie différencié par la fréquence de labour, la
stratégie de deux labours ne permet pas de décupler le rendement. Ces résultats montrent
que pour les spéculations exigeant de la technologie, la main-d’œuvre même si elle est
abondante, elle ne permet pas d’augmenter le rendement si elle n’est pas qualifiée. Les
écarts observés sont en partis dûs au fait que plus de 50% des plantations sur lesquelles il
est pratiqué deux labours sont installées sans respect des normes de trouaison.

Le rendement moyen des plantations exploitées avec engrais est trois fois supérieur au
rendement moyen en agrumes des exploitations exploitées sans engrais pour la phase de
vieillissement et deux fois supérieur pour la phase de pleine production. Si les plantations
sont réhabilités, les rendements d’échelle sont donc possibles.


vi

En ce qui concerne les pratiques culturales, il existe une corrélation positive entre le
respect des pratiques et la performance de l’exploitation agrumicole.

Dans les exploitations productrices d’agrumes de Za-Kpota, les facteurs dont la main-
d’œuvre et la terre sont peu productifs et le matériel végétal est sous-exploité. Aussi la
non qualification de la main-d’œuvre, la non utilisation de l’engrais et de pesticides
expliquent la faiblesse des rendements.

Dans les conditions actuelles de production, la production annuelle commercialisée à
l’échelle communale est de 26.713 tonnes. Les pertes sont évaluées à 25% de la
production commercialisée.
Les recettes issues de la vente des agrumes servent à l’installation de nouvelles
plantations, les immobilisations (achat de moto, habitat). Les formes de redistribution
demeurent les salaires payés à la main-d’œuvre par les exploitants qui y ont recours.
Ainsi, 2% du revenu est réinvesti dans l’agriculture, 5% dans la scolarisation des enfants,
16% dans les immobilisations et plus de 76 % affectée à l’alimentation et aux
cérémonies.

Avec le niveau actuel de production commercialisée à l’échelle de la commune, les
perspectives de contribution des agrumes aux finances communales s’élèvent à 5.609.822
F CFA/ an. La réduction des pertes permet d’accroître la contribution des agrumes à la
fiscalité communale de 25%. La contribution totale des agrumes aux finances
communales sera alors de 7.012.277,6 F CFA.

.Au regard des perspectives de contribution malgré les conditions "artisanales" de
production, l’agrumiculture dans Za-Kpota si elle est érigée en une filière commerciale
permettra de contribuer de façon substantielle aux recettes locales tout en améliorant les
revenus des acteurs de la filière. La commune gagnerait plus si d’une part des débouchés
sûrs sont trouvés aux producteurs. D’autre part des appuis techniques et financiers sont
indispensables pour assurer une production soutenue dans le temps. Si rien n’est fait, les
perspectives de contribution actuelles de la spéculation seront plus faibles les années à
venir.

Enfin, au nombre des actifs opérants dans la filière, les femmes demeurent marginales.
Le développement de la transformation des agrumes, un maillon jusque-là absent pourrait

vii

renforcer le rôle des femmes au niveau de cette filière tout en contribuant à l’amélioration
du revenu des producteurs et améliorer l’assiette fiscale de la Mairie.

viii

ABSTRACT

Since December of 2002, decentralization becomes a reality in Benin. As then, it appears
a problematic of resources mobilization to decentralized collectivises. How can this be
possible? We could know without investigations answers to this question? Nethertheless
we recognize that, except districts of particular statut, most of Benin’s districts have their
economic dependent of agricultural sector outputs. The majority of them put their hope
on this sector to face their self financing. But, do the performances of agricultural sector
allow putting so much hope on it? Such, we recognize that certainness districts would
have less difficulties than others because of exceptionalness’ takings providing from
cotton production.
Za-Kpota district which is the scall of our research leading does not benefit of this
advantages. It appears then important to identify potentials opportunities or fought as
then by locals collectivises such as citrus fruits’ production in Za-Kpota.

The study through this topic obviews to appreciate performance of citrus fruits’ farming
system in Za-Kpota and analyze their potential contribution to socio-economic
development of Za-Kpota district.

The theoricals frameworks used to lead this research work are relatives to systemic
analyzing approach of agroforestry system (Kotshi, 1991; Sissoko, 1998), classic
approach of citrus fruits’ farming system leading (Loussert, 1989, Aubert and Vullin,
1997; Raemaekers, 2001), economic’s approach of farming system analyzing (Boserup,
E. 1965/1970/1981; Boussard, J-M, 1987/1992) and local development analyzing
approach (Joyal, 1999; Husson and al, 2001). Taking in count this theorical framework
and our research’s objectives and hypotheses, we used a combination of qualitative and
quantitative methods.

Data collecting tools used are mainly structured, semi-structured and non structured
interviews, simples and participants observations, and triangulation.

At Za-Kpota, citrus’ production not receives accompaniment measure as technical, as
financial. Consequently, farmers who deal with that, develop many strategies to maintain
a sustained production in those days. Their (knowledge) experience is essentially based
on elementary notions of management of citrus fruit orchard, and is linked to the history

ix

of the project of the production of citrus fruit in the aforementioned locality in the
seventies, with the benino-israeli and benino-french cooperation.

As the whole as interviewers are concerned, 49% of the exploitations are installed
without "trouaison" either 45% of total" emblavure" of citrus fruit in production of our
sample since 1985 to 2003. The medium densities of plantations is (221 ± 25) trees per
hectare. The production factors invested by the producers are the ground and the work as
labour.
With some experiences, the use of fertilizer and pesticide in Za-Kpota is practically
worthless.

Then, 5% of growing exploitations of citrus fruit have access to fertilizer and 1% to
pesticide. The fertilizer and pesticides used are used for cotton production. These
fertilizers, because of their non specificity have negatives effects. That phenomenon leads
to breakdown of production.
The consequences of the non intensification of growing are the weaked levels of
plantations yields. The young plant reach then the economic period of productivity ((10 –
11 years) not able to product. With its characteristics, the growing of citrus fruit in Za-
Kpota remains an extensive type of farming system. Many fluctuations are observed
during all the cycle of production which maximal period of overtake fifteen years except
if the producer have returned to fertilization.

The annual medium yields of plantations vary between 713 kg / ha to 16.625 kg / ha. The
yields obtained are under the economic level reached in medium conditions of
exploitations in the age bracket from 6 to 11 years which is 22.100 kg per hectare
(Praloran, 1971; Bonefond and al, 1984 and Napporn, 1991 quoted by Aho and Kossou,
1997, Raemaekers, 2001).

The explanatory factors of these weaknesses of the yields at farming level are the
exhaustion of the young plants because of the precocious of the none use of fertilizer, of
parasitical attack and the development of many others sickness due to the absence.
To these factors, we must add the non qualification of the labour and the non availability
of farming information. As the size factor of the exploitation is concerned, one of the
principal factors invested by the farmers, the medium yield in citrus fruit reduced with

x

the size of the plantation. This is contrary to the theory of scale yields. Indeed, the
plantations of high scale are not regularly maintained because of the human and financial
resources. This confirmed the thesis of Boserup (1970/19881) according to which the
most is the area of farm less efficient is the allocation of labour and weaked is the yield.
And small is the area cultivated, more efficient is the labour and high is the yield.

The work factor essentially invested for the ploughing; from of care of plantation, two
kinds of exploitation are distinguished. There is the farm on which, it is practiced only
one ploughing by year and those on which it is practised two ploughings by seasons. The
medium yield of the first system is higher than two ploughing medium yield.
These results show for the speculations requiring technology, the labour even if it is
plentiful, not permit to increase the yield if it is not qualified.
From the analyses of the yield levels, there is a positive correlation between the respect of

In the condition of production, the total product commercialised is 26.713 tonnes. 25% of
this product is losted. The redistribution of the incomes is affected to agriculture, 5% for
scolarisation, 16% in immobilisation and more than 76% affected to alimentation and
ceremonies.

With this level of production, perspective annual contributions of citrus to Za-Kpota
district fiscality is estimated at 5.609.822 F CFA. If losted level of the production is
reduced, it leaded, to increase the last contribution of 25%. Then total contribution of
citrus production estimated would be 7.012.277, 6 F CFA.
Regard to all perspective contribution of citrus production, it is important to reorganise
citrus production. If not, the level of production on the year in coming will get lower and
lower and lower. The consequence is that the contribution of citrus will get more and
more wreaked.

Today, examining of citrus sectors show that, number of women operated in the sector is
marginal. Developing of transformation technical, sector in which women are important
(83% of those acted in transformation), will allow women’s promoting. An other way, it
will increase the income of producers by auditioned value and the fiscality of the district.



xi

TABLE DES MATIERES

Certification ………………………………………………………………………………………………………… i
Dédicaces ……………………………………………………………………………………………………………… ii
Remerciements …………………………………………………………………………………………………… iii
Résumé ………………………………………………………………………………………………………………… iv
Abstract ……………………………………………………………………………………………………………….. ix
Tables des matières …………………………………………………………………………………………… xii
Liste des tableaux ………………………………………………………………………………………………. xvii
Liste des figures …………………………………………………………………………………………………. xx
Liste des abréviations ……………………………………………………………………………………… xxi


Chapitre1 : INTRODUCTION…………………………………………………………………………… 1



1.1. Introduction générale……………………………………………………………………………….. 2



1.2. Organisation de la thèse…………………………………………………………………………… 3



1.3. Problématique ……………………………………………………………………………………………
4



1.4. Justification ………………………………………………………………………………………………. 5




1.4.1. Pertinence pratique …………………………………………………………
5




1.4.2. Pertinence théorique…………………………………………………………
5



1.5. Objectifs et hypothèses …………………………………………………………………………. 6



1.6. Concepts et cadre analytique ………………………………………………………………….. 7




1.6.1. Concepts de système de production………………………………………
7




1.6.2. Cultures pérennes…………………………………………………………… 9




1.6.3. Facteurs de productivités d’un système agroforestier………………….. 16




1.6.4. Calculs de revenus, rentabilité financière et économique d’un système
agroforestier………………………………………………………………….. 17




1.6.5. Notion de rendement d’échelle et baisse de productivité du travail…... 19




1.6.6. Concept de développement local…………………………………………… 20




1.6.7. Notion de dilemme social, acteurs et performances des exploitations... 22




1.6.8. Quelques études sur les agrumes au Bénin ……………………………… 23

xii



Chapitre2 : CADRE METHODOLOGIQUE ……………………………………………………. 26



2.1. Présentation du milieu d’étude ……………………………………………………………….. 27




2.1.1. Généralités …………………………………………………………………… 27




2.1.2. Milieu physique ……………………………………………………………… 29




2.1.3. Milieu humain ……………………………………………………………….
31




2.1.4. Principales activités à Za-Kpota …………………………………………
33




2.1.5. Occupations de la population active des arrondissements de Za-

Kpota et de Allahé …………………………………………………………… 37



2.2 Choix des unités de recherche ………………………………………………………………. 38




2.2.1. Choix des villages …………………………………………………………… 38




2.2.2. Choix des exploitations ……………………………………………………
38



2.3. Phase de recherche …………………………………………………………………………………… 39



2.4. Méthodes de collecte de données et données collectées ………………… 41




2.4.1. Méthodes de collecte ……………………………………………………….. 41




2.4.2. Données collectées …………………………………………………………
42



2.5. Outils d’analyse de données …………………………………………………………………….. 43






Chapitre3 : DEVELOPPEMENT DE LA PRODUCTION D’AGRUMES

DANS ZA-KPOTA ET CARACTERISTIQUES DES MENAGES………………… 46



3.1. Développement de la production d’agrumes dans Za-Kpota ……………… 47




3.1.1. Historique de l’agrumiculture dans Za-Kpota …………………………
47




3.1.2. Historique de l’adoption du système de production à base d’agrumes

dans Za-Kpota ………………………………………………………………. 49




3.1.3. Développement de la production d’agrumes : facteurs d’aliénation et

de restructuration socio-économique …………………………………….. 50



3.2. Caractéristiques des ménages producteurs d’agrumes………………………. 51




3.2.1. Accès à la terre ………………………………………………………………. 51




3.2.2. Inégalités introduites par l’introduction les plantations d’agrumes
54
dans Za-Kpota ………………………………………………………………




3.2.3. Qualification de l’agriculteur et de la main-d’œuvre…………………… 59




3.2.4. Synthèse des caractéristiques socio-économiques des exploitations

productrices d’agrumes dans Za-Kpota………………………………….. 60

xiii



Chapitre4 : TECHNIQUES DE PRODUCTIONS ET RENDEMENTS DES
PLANTATIONS D’AGRUMES ………………………………………………………………………….. 63



4.1. Techniques de production des agrumes ………………………………………………… 64




4.1.1. Matériel agricole ……………………………………………………………. 64




4.1.2. Travaux de préparation …………………………………………………….. 64




4.1.3. Mise en place des cultures ………………………………………………… 65



4.2. Entretien des champs et des plantations …………………………………………….. 75




4.2.1. Labour : fréquence annuelle et logiques ………………………………… 75




4.2.2. Sarclo-binage et binage …………………………………………………….. 79




4.2.3. Fertilisation et traitements phytosanitaires ……………………………… 80




4.2.4. Pare- feux …………………………………………………………………… 84



4.3. Culture pure des agrumes et importance ……………………………………………… 85



4.4. Agrume en association culturale, cultures associées et importance

………………………………………………………………………………………………………………………… 85




4.4.1. Description du système d’association culturale des agrumes ………… 85




4.4.2. Importance des cultures associées aux agrumes ……………………….. 86




4.4.3. Assolement des cultures ……………………………………………………. 88



4.5. Importance relative des superficies plantées d’agrumes au sein

des exploitations étudiés ………………………………………………………………………… 88






Chapitre5 : RENDEMENTS DES PLANTATIONS D’AGRUMES DANS

ZA-KPOTA ……………………………………………………………………………………………………………. 90



5.1. Production brute des plantations …………………………………………………………. 91
5.2 Rendements des plantations ……………………………………………………………………. 97




5.2.1. Phases de vie de l’arbre ……………………………………………………. 97




5.2.2. Comparaison de nos résultats aux recherches antérieures ……………. 101




5.2.3. Rendements en agrumes par catégorie d’exploitation ………………… 102
5.3. Synthèses des résultats des tests d’hypothèse ………………………………… 106


5.4 Synthèses des résultats d’autres comparaisons…………………………………. 117





xiv



Capitre6 : ANALYSE DES COUTS DE PRODUCTIONS DES AGRUMES,
REVENUS ……………………………………………………………………………………………………………… 119



6.1. Estimation du coût total d’investissement …………………………………………… 120




6.1.1. Coûts fixes ……………………………………………………………………. 121



6.1.2. Coûts variables ………………………………………………….. 121



6.2. Analyse de rentabilité financière des agrumes ………………………………….. 123

6.2.1. . Fiche d’analyse financière des plantations d’agrumes dans Za-

Kpota ………………………………………………………………………….. 123

6.2.2. Analyse de rentabilité comparée de la culture des d’agrumes et de

celle du coton…………………………………………………………………. 128



6.3. Commercialisation des agrumes produits dans Za-Kpota ………………….. 129



6.4. Revenus par catégories de producteur …………………………………………………. 131




6.4.1. Estimation du revenu disponible …………………………………………. 131




6.4.2. Estimation du revenu et des coûts réels et productivité du coût réel

investi par hectare par catégorie de producteur………………………… 133


Chapitre7 : DEVELOPPEMENT LOCAL ………………………………………………………… 135



7.1. Ressources budgétaires de la commune ……………………………………………….. 136



7.2. Exploitations productrices d’agrumes dans Za-Kpota : implications
pour le développement ……………………………………………………………………………… 136




7.2.1. Niveau de production actuel et recettes fiscales ………………………… 136



7.2.2. Contrôle des pertes au niveau producteur : implications sur le niveau
de recettes fiscales ………………………………………………………… 137



7.3. Niveau actuel de production des plantations et fonctionnement de
l’usine de Allahé …………………………………………………………………………………………. 138



7.4. Les agrumes dans les stratégies de développement …………………………. 141




7.4.1. Cas de la construction d’infrastructures scolaires dans le village de
Za-Kékéré…………………………………………………………………………………………… 141



7.4.2. Production d’agrumes

: source d’immobilisations et de
transformations dans l’habitat ……………………………………………
142


7.4.3. Tentative de regroupement autour de la production agrumicole………
143

xv

Chapitre8: CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS……………………………. 144


8.1. Conclusion…………………………………………………………………….. 145


8.2 Recommandations………………………………………………………………………………………… 146


REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ……………………………………………………………. 149
ANNEXE





xvi

Liste des tableaux
Tableau n°1
: Aptitudes physiologiques conférées aux greffons par le porte-
greffe…….... ……………………………………………………………
11




Tableau n°2
: Production totale estimée d’agrumes toutes variétés……………………… 24




Tableau n°3
: Rendements des plantations d’agrumes dans Za-Kpota : 1999-2000……... 25



Tableau n°4
: Répartition de la population de Za-Kpota par âge et par sexe……………. 31




Tableau n°5
: Contraintes et opportunités afférentes à l’agriculture dans Za-Kpota……. 35




Tableau n°6
: Cadre synthèse méthodologique de notre recherche………………………. 44

:

Tableau n°7
Répartition des ménages par catégorie de superficie totale plantée 55
d’agrumes et proportions des emblavures par catégorie…………………...




Tableau n°8
: Conversion rates of man and child in day work ………………………….. 56




Tableau n°9
: Répartition des UDP d’agrumes en fonction de la main-d’oeuvre familiale
disponible et relation avec la taille de l’exploitation……………..
57




Tableau n°10 : Synthèse des caractéristiques socio-économiques des producteurs
d’agrumes dans Za-Kpota…………………………………………………. 61




Tableau n°11 : Répartition des plantations d’agrumes dans Za-Kpota en fonction de la
densité de plantation………………………………………………………. 68




Tableau n°12 : Rendement des plantations d’agrume en fonction de la densité…………... 69




Tableau n°13 : Répartition des plantations d’agrumes par tranche d’âge en fonction du
mode de plantation………………………………………………………… 71




Tableau n°14 : Rendement des plantations en fonction de la densité et du mode de
plantation…………………………………………………………………... 73




Tableau n°15 : Synthèse des résultats du test t de Student sur les rendements des
plantations en fonction du mode de plantation……………………………. 74




Tableau n°16 : Rendement moyen par type de plantation différenciée par la fréquence
annuelle de labour…………………………………………………………. 77




Tableau n°17 : Influence de l’engrais et de pesticides sur la performance des
plantations…………………………………………………………………. 82




Tableau n°18 : Cultures associées aux agrumes…………………………………………… 86




Tableau n°19 : Estimation des pertes de la campagne 2003-2004………………………… 94




Tableau n°20 : Typologie des producteurs en fonction du niveau de production…………. 95
Tableau n°21 : Relations entre la superficie totale emblavée par exploitant et le niveau de
production de l’exploitation……………………………………………….. 96

xvii






Tableau n°22 : Synthèse des rendements moyens en agrumes par tranche d’âge…………. 101




Tableau n°23 : Rappel des résultats de recherche de Ayinon sur les agrumes dans Za-
Kpota………………………………………………………………………. 101




Tableau n°24 : Niveau de performance de la plantation du groupement “Finagnon” sur
tout son cycle de production……………………………………………… 105




Tableau n°25 : Rendement moyen contrôlé par taille de plantation………………………
106





Tableau n°26 : Rendement moyen par taille de plantation et moyenne des log des
variables………………………………………………………………….
107




Tableau n°27 : Analyse de variance……………………………………………………...
108




Tableau n°28 : Données de base du test d’hypothèse de recherche n°2………………….
110




Tableau n°29 : Rendement moyen en agrumes contrôlé par niveau d’utilisation d’engrais
et de pesticides………………………………………………...
111




Tableau n°30 : Synthèse du test d’hypothèse de recherche n°2………………………….
112




Tableau n°31 : Rendements moyens en agrumes en fonction de la fréquence annuelle de
labour……………………………………………………………………… 113




Tableau n°32 : Résultats de comparaison des types de plantation différenciées par la
fréquence de labour………………………………………………………
114




Tableau n°33 : Rappel sur le rendement moyen par type de plantation différenciée par la
fréquence annuelle de labour et en fonction du mode de plantation……… 115




Tableau n°34 : Analyse de variance des rendements en agrumes des plantations de 4 à 16
ans…………………………………………………………………….
117




Tableau n°35 : Analyse de variance des plantation de la phase de pleine production (6 à
11ans)…………………………………………………………………….
117




Tableau n°36 : Processus cultural des agrumes…………………………………………
120




Tableau n°37 : Les éléments de coût et leur valeur en F CFA dans la commune de Za-
Kpota pour l’installation d’un ha d’agrume à la densité moyenne de 221
plants/ha………………………………………………………………….
122




Tableau n°38 : Analyse de rentabilité financière des agrumes…………………………...
125




Tableau n°39 : Résultas d’analyse financière des plantations d’agrumes………………..
127




Tableau n°40 : Synthèse d’analyse financière de la culture des agrumes et de celle du
coton ………………………………………………………………………. 128
Tableau n°41 : Variations du prix de vente des agrumes en fonction de la période de
l’année……………………………………………………………………
129




Tableau n°42 : Revenus par catégories de producteurs…………………………………..
132

xviii






Tableau n°43 : Estimation revenu, coût et productivité du capital par hectare…………..
133




Tableau n°44 : Perspectives de contribution des agrumes aux recettes fiscales de Za-
Kpota……………………………………………………………………..
137




Tableau n°45 : Surplus de contribution généré par le contrôle des pertes de récolte……
137




Tableau n°46 : Caractéristiques de l’usine de Allahé……………………………………
138




Tableau n°47 : Produits de transformation de l’usine de Allahé…………………………
139

:

Tableau n°48
Quelques réalisations issues de la vente des agrumes……………………
142







xix


Liste des figures
Figure n° 1: Présentation de la commune de Za-Kpota ……………………………………...28

Figure n°2 : Evolution de la pluviométrie moyenne mensuelle de 1999 à 2003 dans Za-
Kpota………………………………………………………………………………….............29

Figure n°3
: Répartition de la population active de Za-Kpota par secteur
d’activité………………………………………………………………………………............33

Figure n°4 : Superficie relative emblavée pour les principales cultures annuelles pratiquées à
Za-Kpota…………………………………………………………………...............................33

Figure n°5 : Evolution de la production annuelle par spéculation
de 1996 – 1997 à 2002 – 2003…………………………………………………………..........34


Figure n°6 : Superficie relative emblavée pour les cultures pérennes pratiquées à
Za-Kpota……………………………………………………….…….………………………34

Figure n°7 : Répartition de la population active de l’arrondissement de Za-Kpota par secteur
d’activités……………………………………………………………………………………37

Figure n°8 : Répartition de la population de l’arrondissement de Allahé par secteur
d’activité………………………………………………………………………………………37

Figure n°9 : Répartition des ménages par modes d’accès à la terre…………………………..51

Figure n° 10 : Superficie relative emblavée pour les spéculations pratiquées par les
exploitations productrices d’agrumes………………………………………………………89

Figure n° 11 : Evolution des rendements moyens annuels et maximum en fonction de l’âge de
la plantation…………………………………………………………………………………...98











xx


Liste des abréviations
ABoK : Abomey Bohicon Kétou
AGeFIB : Agence de financement des Infrastructures de Base
CCS : Complexe Communale de Santé
CeRPA : Centre Régionale de Promotion Agricole
CLCAM : Caisses Locales de Crédit Agricole Mutuel
CMa : Carré moyen factoriel
CMr : Carré moyen résiduel
CRm : Coût moyen Réel
CREP : Caisse Rurale de Crédits et de Prêts
DL : Degré de Liberté
DPP/MAEP : Direction des Programmations et Prospectives du Ministère de l’Agriculture, de
l’Elevage et de la Pêche.
Eng maïs : Engrais du maïs
Ep eng maïs : Epandage engrais maïs
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FVD : Faire Valoir Direct
FVI : Faire Valoir indirect
GV : Groupement Villageois de production
IFRF : Institut Français de Recherches Fruitières outre mer
INSAE : Institut National de la statistique et de l’Analyse Economique
Insect niébé : insecticide du niébé
IITA : Institut International d’Agriculture Tropicale
INRAB : Institut National de la Recherche Agronomique du Bénin
Ir : Ingénieur
MAEP : Ministère de l’agriculture, de l’Elevage et de la pêche

xxi


MARP : Méthode Accélérée de Recherche Participative
MDR : Ministère du développement Rural
MISD : Ministère de l’Intérieur de la sécurité et de la Décentralisation
MOE : Main-d’œuvre d’Entraide
MOF : Main-d’œuvre Familiale
MOOC : Main-d’œuvre Occasionnelle
MOP : Main-d’œuvre Permanente
MOS : Main-d’œuvre Salariée
NPKSB : Azote Phosphore Potassium Souffre Bore
PAN/MAEP : Programme Alimentaire et Nutritionnel à base communautaire du MAEP
PBT : Produit Brut Total
PDC : Plan de Développement communal
PDE : Projet de Développement de l’Elevage
PDRT : Projet Développement Racines et Tubercules
PIB : Produit Intérieur Brut
RBm : Revenu moyen Brut
R cult associées agru : Revenu des cultures associées aux agrumes
RD : Revenu Disponible
RGPH : Recensement Général de la population et de l’Habitat
RHm : revenu moyen par Hectare
SCE : Somme des Carrés des Ecarts
SCEa : Somme des Carrés des Ecarts factoriels
SCEr : Somme des Carrés des Ecarts résiduels
SoNaFeL : Socviété Nationale des Fruits et Légumes
TRI : Taux de Rentabilité Interne

xxii


UCP : Union Communale des Producteurs
UProFel-Za : Union des Producteurs des Fruits et légumes de Za-kpota
UT : Unité de Travail
VAN : Valeur Actualisée Nette

xxiii












Chapitre 1 : INTRODUCTION

















1


1.1. INTRODUCTION GENERALE

Dans les pays en développement et singulièrement au Bénin, l’agriculture reste la base de
l’économie. Le secteur industriel étant peu développé, l’agriculture d’intérêt vital, emploie 75% des
actifs, réalise 85% des recettes d’exportation d’origine intérieure (Soudé, 2002). Cette agriculture
contribue pour 37% au Produit Intérieur Brut (PIB) derrière le secteur tertiaire (40% PIB) (Aïna,
1996, Bossa, 2001). Ainsi la performance économique du Bénin reste tributaire des résultats du
secteur primaire. Cependant, beaucoup de problèmes se posent à l’agriculture béninoise. Parmi les
principaux défis à relever, figurent la faible productivité et le faible revenu des paysans. Les facteurs
explicatifs de cette faiblesse de performance en sont, mis à part les aléas climatiques,
essentiellement le bas prix des produits agricoles, la baisse de fertilité des sols (FAO, 1984; Pieri,
1989), les pertes dues aux attaques parasitaires d’une part, au manque de débouchés et
d’infrastructures de stockage et de conservation adéquats d’autre part.

L'une des priorités dans les actions de développement des pays en développement est d’assurer la
sécurité alimentaire de leur population croissante et d’améliorer le niveau de revenu des producteurs.
Pour ce faire, trois aspects apparaissent importants: des systèmes de production performants, des
techniques de transformation agro-alimentaires efficientes et des circuits de commercialisation
efficaces. Mais le constat est qu’au Bénin, les décideurs de la politique agricole ont concentré leurs
activités sur la promotion d’une part, des cultures d’exportation en l’occurrence le coton et d’autre
part, celle des cultures vivrières maïs et manioc notamment à travers respectivement les Projets
SASSAKAWA GLOBAL 2000 et le Projet Développement des Racines et Tubercules (PDRT)
(Aïna, op.cit ; Houédjoklounon, 2001).

Mais la détérioration des cours du coton qui affecte négativement le revenu des producteurs a
amené ceux-ci et certaines autorités à opter pour une diversification de filière (Houédjoklounon,
op.cit). Selon Soudé (2002), en dehors du coton, de nombreuses autres filières pourraient contribuer
substantiellement aux recettes nationales si elles étaient mieux structurées. La filière des agrumes
s’inscrit bien dans cette démarche de diversification à l’échelle nationale ou mieux locale.
Contrairement aux autres cultures pratiquées au niveau paysan, les fruitiers dont les agrumes ont
bénéficié peu d’attention de la Recherche Agronomique Nationale.
Certaines communes du Bénin dont Za-Kpota dans le département du Zou ont un fort potentiel de
production agrumicole (MDR, sd1), J. C. Praloran (1972). L’économie de la commune de Za-Kpota
est tributaire de la performance de cette filière (Elègbè et al, 2003).


1 sd : sans date

2


Il apparaît nécessaire d’identifier et d’analyser dans ladite commune les exploitations intégrant les
agrumes dans leur système de production aux fins d’évaluer leur contribution potentielle au
développement socio-économique de la localité. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’étude dont les
résultats sont consignés dans ce document.

1.2. Organisation de la thèse

Le présent travail s’articule autour des points suivants :
Le chapitre 1 présente l’introduction générale, situe le contexte de la recherche à travers la
problématique et sa justification, les objectifs et hypothèses, la revue des concepts et le cadre
analytique.

Le chapitre 2 précise le milieu d’étude, le choix des unités de recherche, les phases de recherches,
les méthodes de collecte des données et les données collectées, les outils d’analyses et enfin le cadre
synthèse méthodologique de la recherche.

Le chapitre 3 fait le point sur le développement agrumicole dans Za-Kpota et les caractéristiques
des ménages producteurs.

Le chapitre 4 présente les techniques de production agrumicole dans Za-kpota, l’entretien des
champs et des plantations, les formes culturales productives d’agrumes et leur importance
respective, l’importance des agrumes au sein du système de production représenté par les ménages
producteurs l’ensemble de leur champ.

Le chapitre 5 présente les éléments de performance des plantations agrumicoles à travers le niveau
de production, les rendements par âge et par tranche d’âge, les phases de production caractéristiques
du système actuel de production, la synthèse des résultats des tests d’hypothèses et les analyses y
afférentes.

Le chapitre 6 présente les éléments de coût d’une plantation agricole en générale et celle agrumicole
en particulier, fait le point sur l’analyse de rentabilité financière des agrumes, l’état de la
commercialisation, les revenus par catégorie de producteurs.

Le chapitre 7 présente l’impact sur le développement local de la production agrumicole dans Za-
Kpota dans l’état actuel de production et les opportunités inhérentes à une meilleure organisation de
la filière à travers sa réhabilitation dans le développement local.

Le chapitre 8 présente la conclusion et les recommandations assorties de celle-ci.
La thèse finit par les références bibliographiques suivies des annexes.



3


1.3. Problématique

La commune de Za-kpota figure parmi les trois (03) communes les plus déshéritées des neuf (09)
que compte le département du Zou. Les niveaux de recettes y sont bas (MISD, 2001). Pour la
période de 1999 à 2002, les subventions de l’Etat contribuent pour 41% aux ressources de la
commune. Au regard de ceci si les élus locaux n’y prennent pas garde dans le contexte actuel de la
décentralisation, cette commune risque de disparaître par fusion avec une autre pour cause de
manque d’autonomie financière2.

Les terres sont pauvres. Cependant, du fait de son fort potentiel de production en agrumes, la
commune dessert à plus de 80% le marché d’orange de Bohicon (Ecocité, 2002).

Paradoxalement, les agrumes ne sont pas pris en compte dans les plans de campagne du Centre
Régional de Promotion Agricole (CeRPA) de Za-Kpota. De même l’Union Communale des
Producteurs (UCP) ne s’intéresse pas à la promotion de la production agrumicole. Elle fait état de la
culture sur son « logo » mais sans actions sur le terrain. L’UCP n’est réunie qu’autour de la filière
coton, se dérobant ainsi de son objectif principal qui est la promotion des productions végétale
(culture de rente, cultures vivrières, maraîchères et fruitières) et animale. Malgré les déboires que
connaît actuellement la filière coton, aucune politique de diversification intégrant les autres
spéculations en dehors du crédit vivrier n’est entreprise par l’ UCP.

De nos jours où la décentralisation est devenue une réalité dans notre pays, les collectivités locales
et les élus locaux de Za-Kpota fondent leur espoir sur cette production d’agrumes d’autant plus qu’il
existe dans la même localité une usine d’extraction de jus de fruits et d’huiles essentielles mais non
fonctionnelle installée depuis 1983.
Toutefois, certaines observations s’imposent sur cette filière au sein de la commune de Za-Kpota:

La production d’orange ne bénéficie d’aucun suivi technique spécifique,

La production d’orange est entièrement commercialisée et ne contribue aux recettes
communales qu’à travers les taxes3 sur le transport et sur quelques petites vendeuses sur les
marchés locaux (marchés de Za-kpota Centre et de Tindji),

A l’instar d’autres régions productrices d’agrumes (orange notamment), le tiers au moins de
la production d’agrumes se perd par pourriture du fait des contions artisanales de récolte et
en absence d’infrastructures de conservation ou de transformation (MDR, sd; Elègbè et al,
2003).


2 Conformément aux articles 186 / 187 de la Loi n° 097 – 029 du 15 Janvier 1999
3 Ces taxes ne sont pas perçus régulièrement pas la commune faute de motivation des agents en charge de la perception
fiscale

4


Toutes ces observations témoignent de l’inorganisation de la filière. Il importe dès lors de se
demander : Quelles sont les pratiques culturales développées par les producteurs ? Quel est leur
niveau d’efficacité ? De quelle manière la production agrumicole de la commune de Za-Kpota
pourrait contribuer de façon significative aux recettes de la commune?

Le présent document apporte les réponses à ces différentes interrogations.

1.4. Justification

1.4.1. Pertinence pratique

A l’exception des communes à statut particulier, la plupart des communes du Bénin ont une
économie essentiellement basée sur l’agriculture (INSAE / RGPH 2002). Elles fondent leur espoir
d’autofinancement sur ce secteur qui occupe la majorité des populations. La question qu’on pourrait
dès lors se poser est de savoir si les performances actuelles de ce secteur permettent de placer tant
d’espoir en lui ? Nous ne saurions répondre à cette question. Toutefois, nous pouvons affirmer au vu
des recettes cotonnières exceptionnelles observées par endroit que certaines communes auront moins
de difficultés que d’autres. Mais très peu de communes jouissent de ce privilège pas moins précaire.
D’où la nécessité pour de nombreuses communes de réfléchir à d’autres stratégies ou options qui
pourraient s’arrimer avec des stratégies de diversification agricole au plan national ou local.

De quelle manière ceci peut-il réellement combler les espoirs des uns et des autres ? Ceci passe par
une analyse de filière potentiellement porteuse ou perçue comme telle par les acteurs locaux, tel
celle de la production d’agrumes dans la commune de Za-kpota.

Au terme des résultats d’un brainstorming visant à recueillir les ambitions de développement du
conseil communal de Za-kpota élargi aux responsables des services déconcentrés en poste dans cette
commune4; l’agriculture apparaît comme le deuxième secteur prioritaire derrière celui de l’éducation
avec 59% des intentions (Mongbo et Aguêmon, 2003). Selon la même source, la réhabilitation de
l’usine susmentionnée apparaît comme l’action la plus prioritaire pour le secteur agricole.

Cette étude devrait leur fournir certains éléments d’orientation et d’appréciation nécessaires à une
meilleure prise de décision. Elle pourrait notamment conforter les uns dans leur position ou au
contraire engendrer des désillusions.

1.4.2. Pertinence théorique

Des études systématiques sur l’organisation de la filière agrume au Bénin couvrant des aspects
pertinents (production, transformation, commercialisation) font défauts. Les études menées par

4 Cette action s’inscrivait dans le cadre de l’élaboration du plan de développement de ladite Commune.

5


d’Alméida et al (1996) n’ont abordé que des aspects purement techniques. Elègbè et al (2003) ont
étudié dans le village de Za-Kékéré (commune de Za-Kpota.) les problèmes de pourriture des
agrumes et de rentabilité des stratégies de commercialisation au niveau des exploitations
productrices en rapport avec le type de fumure utilisé. Ils ont aboutit à la conclusion que les
stratégies d’attente pour la vente en période de pénurie étaient plus rentables que la vente en période
d’abondance. Mais ils font remarquer que d’importantes pertes sont enregistrées durant la période
d’attente. De ce fait le cours d’opportunité des stratégies doit être pris en compte pour évaluer leur
rentabilité.

Les travaux de Ayinon (2000) sur l’agrumiculture dans Za-kpota ont montré qu’il existe une
corrélation positive entre l’âge des plantations et le rendement. Mais dans un contexte d’agriculture
traditionnelle avec un niveau presque nul d’utilisation de fumure (ou d’amendement) sauf cas
exceptionnel, on ne saurait avoir une production soutenue. De même le rendement en agrumes des
plantations est estimé mais aucune mention n’est faite de l’efficacité d’utilisation des facteurs de
production, en l’occurrence la terre et le capital humain5.

Par ailleurs, la filière agrume est caractérisée au Bénin par une absence de données statistiques. Les
données, lorsqu’elles existent parfois, sont non actualisées. Tout ceci pourrait minimiser les chances
d’élection de cette filière au rang des filières pouvant bénéficier d’appuis dans le cadre de la
politique de diversification agricole dans laquelle le gouvernement béninois s’est engagé ces
dernières années.
Bien menée, cette recherche devrait contribuer à l’établissement d’une base de données pour
combler ce vide.
1.5. Objectifs et hypothèses

Dans le cadre de notre étude, les objectifs suivants sont visés :

Objectif général

Il s’agira d’apprécier le niveau de performance actuel des exploitations productrices d’agrumes
dans la commune de Za-Kpota et d’analyser les perspectives de leur potentiel de contribution au
développement socio-économique de la commune.


5 La terre et le travail sont les deux facteurs principaux qu’investit l’agrumiculteur de Za-Kpota

6


Objectifs spécifiques et hypothèses y afférentes

Objectif 1 : Caractériser les exploitations productrices d’agrumes dans la commune de Za-Kpota.

Cet objectif vise à faire ressortir la trajectoire professionnelle du chef exploitant (niveau de
connaissance en rapport à l’agrumiculture), son accessibilité aux facteurs de production en
l’occurrence la main-d’œuvre, l’engrais minéral et les produits phytosanitaires d’une part et analyser
comment ces différents éléments déterminent le choix de l’itinéraire technique (les choix
stratégiques (choix de moyen ou de long terme) et les choix tactiques (choix de court terme) opérés
par les producteurs ainsi que leur impact sur la performance de l’exploitation d’autre part.

Objectif 2 : Analyser la rentabilité des exploitations productrices d’agrumes dans Za-Kpota.

A travers cet objectif, nous visons à déterminer le niveau de rentabilité actuel des exploitations aux
fins d’apprécier la rentabilité des pratiques ou techniques actuelles de production des agrumes dans
Za-Kpota. Trois hypothèses ont été formulées à cet effet :

Hypothèse 1 : Le rendement moyen en agrumes dans Za-Kpota augmente avec la taille de la
plantation.

Hypothèse 2 : La non qualification de la main-d’œuvre et la non utilisation d’engrais et de
pesticides affectent négativement le rendement moyen en agrumes des plantations dans Za-Kpota.

Hypothèse 3 : Le rendement moyen en agrumes des plantations sur lesquelles il est pratiqué deux
labours est supérieur au rendement moyen en agrumes des plantations sur lesquelles il est pratiqué
un labour.

1.6. Concepts et cadre analytique

1.6.1. Concept de système de production

On peut théoriquement définir un système comme étant une série d’éléments (ou de composantes)
interdépendants qui ont une action réciproque les uns sur les autres pour assurer une fonction ou
produire un bien. En conséquence, un système de production agricole est le résultat d’interaction
entre plusieurs composantes interdépendantes. Au centre des interactions se trouvent les exploitants
eux-mêmes dont les ménages ou les familles et les moyens de subsistance sont étroitement liés les
uns aux autres et ne doivent être séparés (Reboul, 1976) cité par Brossier (1987).

Il en résulte que pour atteindre leurs objectifs socio-économiques et culturels multiples, les
exploitants font diverses combinaisons de ressources afin d’obtenir différentes productions
agricoles.


7


Selon Haverkot et Engel (sd6), on entend par système de production agricole la combinaison de
personnes et d’intrants dans une zone délimitée qui utilisent les terres et d’autres ressources
naturelles : la main-d’œuvre, le capital, la technologie, les intrants non factoriels et l’information
pour assurer la production et la transformation de l’extrant agricole qui est destiné à la propre
consommation et/ou à l’échange avec les biens et les services produits ailleurs.

Chombart de LAUWE et POITEVIN (1957) cité par Brossier (1987) définissent dans une approche
centrée sur la gestion le concept de système de production en le rapportant à l’exploitation agricole,
comme la combinaison des facteurs de production et des productions dans l’exploitation agricole.
L’exploitation est ici définie comme l’unité «dans laquelle l’agriculteur pratique un système de
production en vue d’augmenter son profit ».

Une autre conception externe à l’exploitation insiste sur le caractère social, sur la stabilité et les
changements des systèmes de production selon divers critères. Ainsi Allaire et Blanc (1979) cité par
Brossier (1987) affirment qu’au sein d’une exploitation agricole, plusieurs processus sont souvent
juxtaposés selon «une certaine cohérence technico-économique».

Dans ces deux types de définition, soit centrée sur la gestion, soit insistant sur la dimension
«sociale», le système de production est le résultat de plusieurs combinaisons et se rapporte à
l’ensemble de l’exploitation à un agencement particulier des facteurs de production, des choix
techniques et à une combinaison des productions.

Selon Floquet A. (à paraître) la conception du système de production comme un système socio-
économique est l’objet privilégié d’analyse de la capacité des exploitants à atteindre leurs objectifs à
partir des ressources (intrants) internes dont ils disposent et de ressources (intrants) externes
auxquelles ils ont accès ou non. Mais le concept d’«intrants» doit être pris au sens large et inclure
les savoirs et savoir-faire sur les processus techniques et économiques de l’exploitant.

Dans cette même vision, Jean Tournier (1986) cité par Aïna (1996) distingue deux groupes de
système de production : le système intensif et le système extensif qui, le plus souvent nécessite à
l’opposé du système intensif, peu de capitaux d’exploitation, peu de connaissance, assez de main-
d’œuvre, beaucoup de surface de peu de valeur.

Badouin (1987) cité par Brossier (op.cit) utilise le terme système de production pour designer
l’emploi des ressources productives (ou facteurs de production), et leur répartition. Selon la même
source, le système d’exploitation défini par le mode de fonctionnement des unités de production, se
rapporte aux formes de propriété ou d’usage des facteurs de production (exemple: exploitation
individuelle, utilisation de salariés, formes d’organisation du travail, type de commercialisation) et

6 Sd : sans date

8


aussi à la manière dont sont répartis les produits du travail (niveau d’autoconsommation, parts
respectives des investissements et de la rémunération du travail).

Josset (1990) cité par Aïna (1996) distingue, quant à lui, trois sortes de systèmes agricoles à savoir :
les systèmes agricoles traditionnels, les systèmes traditionnels améliorés et les systèmes agricoles
modernes.

Les systèmes agricoles traditionnels sont des systèmes qui s’apparentent plus à la
"cueillette", au moins pour certaines cultures de plein champ qu’à une agriculture véritable,

Les systèmes traditionnels améliorés sont ceux dans lesquels les agriculteurs ont
progressivement découvert certaines possibilités d’amélioration des systèmes culturaux
traditionnels : choix des semences, notion de rotation et d’association des cultures, apport de
fumure, spécialisation des outils,

Les systèmes agricoles modernes sont des systèmes qui font usage de nouvelles et hautes
technologies.

Dans le cadre de notre recherche nous considérons le système de production tel que défini par
Badouin (1987) d’une part, et compte tenu des réalités socio-économiques de notre milieu d’étude,
nous retiendrons le concept de système traditionnel amélioré et de système extensif tel que défini
respectivement par Josset (1990) et Tournier (1986).

1.6.2. Cultures pérennes

Les agrumes de part leur caractère pérenne et les avantages qu’ils procurent : protection du sol
contre les vents violents, obtention d’autres produits autres que les agrumes en raison de leur
tolérance associative durant au moins les années improductives, accomplissent de ce fait une
fonction agroforestière. A cet effet, l’exploitation agrumicole peut être considérée comme un
système agroforestier.

Agroforesterie

L’agroforesterie comprend tous les systèmes et pratiques d’utilisation des terres dans lesquelles des
plantes ligneuses pérennes sont cultivées sur des parcelles également exploitées pour des
productions agricoles et/ou animales, qu’il s’agisse d’une association spatiale ou temporelle
(Lundgren, 1987 cité par Beniest, 2000).

Dans cette association, les services rendus par les arbres sont multiples. Au nombre de ces services,
on a l’amélioration de la fertilité du sol et sa protection contre l’érosion et les vents violents par
réduction de leur vitesse, la création d’un micro-climat stable, la production tant de fourrage, de

9


matériels de construction que de fruits et graines commercialisables par les populations (Chris et al,
1994). Le type d’association détermine l’importance du système agroforestier.

Nair (1993) cité par Raemaekers (2001) souligne que les systèmes agroforestiers peuvent être
catégorisés suivant des bases structurelles, fonctionnelles, socio-économiques et écologiques. Ainsi,
suivant la structure, il convient de distinguer l’agrisylviculture (culture annuelle et arbres), la
sylvopastorale (animaux et arbres). Se basant sur la fonction il différencie les systèmes de
production de ceux de protection.

Les critères socio-économiques tels que l’échelle de production et le niveau technologique, l’input et
la gestion permettent de distinguer des systèmes commerciaux, intermédiaires et de subsistance.
Compte tenu de tout ce qui précède et du contexte productiviste de notre milieu d’étude, nous
retenons dans le cadre de notre étude le système de production à base d’orangers (Citrus spp)
comme un système agroforestier de production à structuration agrisylvicole.

Présentation de l’oranger (Citrus spp)

Propriétés des agrumes

Les agrumes se multiplient par les graines. Souvent aussi le matériel végétal est greffé. Les arbres
greffés entrent en production après 3 ou 4 ans, les semis ne produisent qu’après 6 à 8 ans (Van Ee
S., 1992 ; Anonyme, 1999 ; Raemaekers, 2001).

Les agrumes ont besoin pour leur développement une pluviométrie annuelle de 1200 mm bien
répartie. Les sols à agrumes doivent être légers, de bonne perméabilité, ou la présence d’éléments
filtrants (sable grossier, sable moyen) assure une bonne circulation de l’eau et de l’air (Loussert,
1989). Ces sols doivent avoir une profondeur utile d’environ 1,5 m pour favoriser un bon ancrage
racinaire des plants (Raemaekers, 2001). Ces conditions édaphiques favorisent la production de
fruits précoces et de meilleure qualité.
Parmi les variétés d’agrumes, on distingue selon leur intérêt alimentaire ou aptitude à servir de
porte-greffe, une gamme variée. Quant aux agrumes ayant un intérêt alimentaire, les plus connus
sont : l’oranger franc de pieds (Citrus sinensis), le citronnier (C. lemon), le pomelo ou grapefruit (C.
paradisi), le limettier (C. aurantifolia) et le mandarinier (C. réticulata) (Van Ee S., 1992 ;
Anonyme et Raemaekers, op.cit). L’utilisation des agrumes ayant un intérêt de porte-greffe s’est
généralisée en agrumiculture suite aux dégâts provoqués par la gommose sur les agrumes francs de
pieds (Van Ee S, op.cit; Aubert et Vullin, 1997).

Le tableau n°1 indique les aptitudes physiologiques conférées au greffon par le porte-greffe


10


Tableau n° 1 : Aptitudes physiologiques conférées au greffon par le porte-greffe





Porte-greffe
Vigueur
Productivité
Mise à fruits




Poncirus trifoliata
Moyenne
Elevée
Très rapide




Citrange troyer
Moyenne
Elevée
Rapide




Citrange carrizo
Moyenne
Elevée
Rapide




Lime rangpur
Moyenne
Moyenne
Rapide




Citrus volkameriana
Grande
Grande
Moyenne

Source : Aubert et Vullin, (1997) ; Anonyme, (1999) ; Raemaekers, (2001).

De l’analyse du tableau n°1, il ressort que la nature et la qualité du porte-greffe relèvent des
déterminants de performance (productivité physique et rentabilité économique) d’où la nécessité
d’avoir des plants certifiés.
Signalons qu’en dehors des utilités spécifiques ci-dessus mentionnées, les agrumes sont utilisés à
diverses fins comme il transparaîtra dans la suite de cette section.
Distribution et caractères botaniques

Distribution

Le mot « agrumes » est un nom collectif désignant les seules espèces utilitaires du genre Citrus L. et
de genres voisins (Fortunella swing. et Poncirus raf) appartenant à la sous-tribu des Citrinae, à la
tribu des Citreae, à la sous-famille des Aurantioideae et à la famille des Rutaceae (ordre des
Géraniales). La production mondiale d’agrumes est actuellement estimée à 85 millions de tonnes,
dont environ 8,3 millions en Afrique du Nord (FAO cité par Raemaekers, 2001).

Les agrumes sont originaires du sud-est asiatique (Chine du Sud, Vietnam, Assam et Nord de la
Birmanie), (Anonyme, 1999 ; Raemaekers, 2001). De nos jours, leur aire culturale géographique
s’étend des régions tempérées aux régions intertropicales dont le Bénin où les conditions
écologiques favorables à leur culture se trouvent réunies. Ainsi du Nord au Sud du pays on
rencontre les agrumes soit à l’état naturel soit plantés en culture pure ou associés à d’autres cultures
(J. C. Praloran, 1972 ; MDR, sd). Les zones de grosses productions sont localisées dans le Zou et
l’Ouémé notamment suivies du Mono (ancien découpage territorial) et de l’Atlantique (MDR, sd).

Enfin, il faut signaler qu’en Afrique tropicale, les pays producteurs les plus importants sont le
Nigéria, l’Afrique du Sud, la Guinée et le Sénégal pour ne citer que ceux là.


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Caractères généraux des Citrus

Ce sont de petits arbres ou arbustes plus ou moins épineux de 5 à 15 m de hauteur, caractérisés par
un feuillage persistant ordinairement de couleur vert foncé, brillant (Aubert et Vullin, 1997;
Anonyme, 1999; Raemaekers, 2001). L’arbuste (ou arbre) est pourvu d’épines longues et dures sur
les semenceaux et les gourmands. Les rameaux fructifères sont soit dépourvus d’épines soit pourvus
de petites épines à l’aisselle des feuilles. Le tronc est habituellement unique et cylindrique. En
l’absence de taille de formation, les jeunes plants se ramifient abondamment et présente un aspect
buissonnant plus ou moins sphérique ou conique.

Le système d’enracinement caractéristique des agrumes est de type pivotant. Le réseau racinaire
secondaire se développe dans la partie supérieure entre 0,15 et 0,80 m de la surface du sol (Loussert,
1989 ; Van Ee S., 1992; Anonyme et Raemaekers, op.cit).

Les fleurs, relativement petites et blanches (à pétales lavés de rose chez certaines espèces), d’odeur
suave, sont produites en très grande abondance. Les fruits sont vivement colorés en orange ou rouge
jaune (en climat subtropical) et jaune verdâtre (en climat tropical), (Anonyme et Raemaekers,
op.cit). L’ensemble de ces qualités confère une indéniable valeur décorative aux citrus dont
certaines variétés sont couramment utilisées comme arbres d’ornement.
Entretien des plantations d’agrumes

Fumure et traitements phytosanitaires

En agrumiculture classique, les doses prescrites varient selon les sources. Selon Anonyme (1999) et
Raemaekers (2001), la fumure d’entretien des agrumes est basée sur un apport de sulfate
d’ammoniaque (15 à 20 g/m2), de superphosphate de chaux (50 à 60 g/m2) et de sulfate de potasse
(50 g/m2).
Selon Bonnefond et al (1984) et Napporn (1991) cités par Aho et Kossou (1997), un apport annuel
de 300 kg/an / ha est nécessaire pour l’entretien de la production. Mais ces auteurs n’ont pas spécifié
le type d’engrais.

Ces apports de fumure exigent un minimum de précaution ou de rationalité économique. Ainsi,
durant la phase d’installation de l’arbre (1ère - 3ème année) et la phase de début de production (4ème –
5ème année) l’épandage est fait à la main centré sur l’arbre et à l’extérieur de la frondaison jusqu’à la
5ème année. On réalise une trouaison peu profonde d’environ dix (10) centimètres en suivant la
périphérie du cercle centré sur le pieds du fruitier et défini par la projection au sol de la frondaison
de l’arbre.
Entre la quatrième (4ème) et la septième (7ème) année, l’engrais azoté doit être épandu sur le rang, en
s’abstenant d’épandre de l’engrais sur une largeur de 1 m ou 1,5 m dans l’axe de l’interligne (Aubert

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et Vullin, op.cit). En raison des risques de lessivage, l’apport d’engrais doit être fractionné comme
suit : 50% avant la floraison (Février ou Août), 25% un à deux mois après la pleine période
végétative, et 25% lors de la chute physiologique des petits fruits (Aubert et Vullin, 1997/1998 ;
Anonyme et Raemaekers, op.cit). Selon les mêmes sources, au-delà de la 7ème année, les engrais
azotés sont épandus sur toute la surface puis enfouis. Cet apport d’engrais azoté est fractionné
comme suit : 1/ 2 dose avant la floraison et 1/ 2 dose après la chute physiologique des petits fruits).

Pour favoriser le grossissement des fruits, ces applications peuvent être complétées par
l’incorporation d’un engrais rapidement assimilable, tel le nitrate de potasse en dilution dans l’eau
(3 g/l). Des apports complémentaires de fumier, au minimum tous les deux ans (50 kg/arbre adulte),
remédient aux éventuelles carences (Aubert et Vullin et Raemaekers, op.cit)

Quant aux traitements phytosanitaires, ils ne se justifient que dans le cas d’attaques ou de zone à
haut risque d’infestation. La dose annuelle d’entretien est de 20 kg/ha (Bonnefond et al, 1984 et
Napporn, 1991 cités par Aho et Kossou, 1997). Mais les auteurs n’ont pas précisé les types de
pesticides (nom, nature chimique).

Taille des agrumes
Selon le stade végétatif des agrumes, trois types de taille sont généralement opérés. Ce sont : la taille
de formation, la taille annuelle d’entretien et de fructification et la taille de régénération (Aubert et
Vullin, 1997; Anonyme, 1999; Raemaekers, 2001)

Taille de formation

La taille de formation permet d’obtenir sur un tronc de 50 à 60 cm de haut, une charpente basse,
solide, bien aérée, avec des départs de branches charpentières étagées et réparties en étoile sur le
tronc.

En sortie de pépinière, on pratique sur le plant un premier étêtage entre 60 et 80 cm du sol. Cette
opération provoque l’apparition de plusieurs branches latérales. On en conserve 4 à 5 vigoureuses,
bien réparties autour de la tige principale et choisies espacées de 5 à 10 cm. Celles-ci constituent les
branches charpentières et assureront dorénavant un développement équilibré de la croissance et de la
production. Le prolongement de chacune de ces branches charpentières sera laissé intact. En
revanche, les pousses latérales doivent être taillées.

En cours de végétation, lorsque le prolongement des branches charpentières atteint 60 à 80 cm, un
deuxième étêtage est effectué. Il permet la formation du deuxième étage de branches sous mères ou
branches secondaires. Seulement deux charpentes secondaires (les plus vigoureuses) seront
maintenues. Ainsi l’arbre aura à la fin de sa formation, 6 à 10 branches avec des ramifications
intérieures réparties en niveaux successifs dans la frondaison.

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Taille annuelle d’entretien et de fructification

Elle favorise la formation de nouveaux rameaux et permet d’obtenir une fructification régulière. Elle
porte d’abord sur les grosses branches puis touche les petits rameaux. Pour ces derniers, il faut
veiller à ce que les couches successives soient suffisamment distantes de 20 à 30 cm les unes des
autres pour s’assurer un bon ensoleillement de l’ensemble de l’arbre. Les étapes les plus importantes
de la taille d’entretien sont les suivantes :

-La suppression du bois mort,

-L’élimination des rameaux qui se croisent ou qui se trouvent trop rapprochés d’une part et
celles des rameaux chétifs qui ne donneraient que des fruits de petits calibres d’autre part,

-L’éclaircie de l’extrémité des rameaux par élimination de certaines pousses (une sur trois)
lorsqu’elles sont trop nombreuses. Mais il faut se garder de supprimer des gourmands bien
placés qui serviront au renouvellement du vieux bois.

Ces diverses opérations de taille doivent toujours se faire à l’empattement7 de la partie à supprimer
sans laisser de chicot (reste de bois qui subsiste après suppression du bois principal). La plaie doit
être traitée avec du mastic (un produit à la fois cicatrisant et désinfectant) pour éviter la pénétration
de parasites. La taille annuelle d’entretien et de fructification doit s’opérer avant la floraison.

Taille de régénération

Elle n’est envisagée que lorsque les vieux arbres s’épuisent et ne donnent plus de jeune bois. La
frondaison est alors sévèrement taillée au niveau des charpentières. Cette opération permet le
développement des bourgeons latents présents sur la charpente. On sélectionne alors de nouvelles
branches sous-maîtresses.
Cette opération provoque une chute de production pour environ deux à trois campagnes agricoles,
temps nécessaire à la reconstitution d’une vigoureuse frondaison fructifère. Contrairement à l’option
d’un renouvellement du verger en cas de décrépitude de la production, la taille de régénération
présente l’avantage d’une production initiale de croisière une fois la frondaison reconstituée (Aubert
et Vullin, 1997).
Etapes de croissance des agrumes et rendement en phase de croisière

Selon Loussert (1989), les étapes suivantes caractérisent la croissance chez les agrumes : période
d’élevage en pépinière, période improductive, période d’entrée en production, période de pleine
production, période de vieillissement et période de décrépitude.


7 Point de jonction entre un rameau et la anche dont il est issu

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Période d’élevage en pépinière

Elle correspond à la phase s’étendant du semis des porte-greffes en passant par le greffage et les
opérations de post-greffage jusqu’à l’installation du jeune plant greffé.

Période improductive
Durant cette phase, le jeune plant installé développe à la fois son système racinaire et sa frondaison.
Cette phase d’installation de l’arbre est une phase improductive car il n’y a presque pas de floraison.
C’est durant cette phase que le jeune plant nécessite des soins attentifs (fumures, irrigations,
traitements phytosanitaires, taille).

Période d’entrée en production

Avec les premières floraisons, apparaissent les premières fructifications. L’arbre fleurit et fructifie
de plus en plus et ce durant une période moyenne de cinq (05) à sept (07) ans. Durant cette phase,
les frais de production qu’entraînent les soins culturaux ne sont que partiellement couverts par la
vente des récoltes.

Phase de pleine production

C’est la période la plus intéressante pour l’agrumiculteur. Le développement végétatif de l’arbre se
stabilise. Il consacre son énergie à fleurir, à fructifier et à renouveler ses ramifications, ses feuilles et
ses racines. Par des soins appropriés, l’agrumiculteur tend à prolonger au maximum cette période
qui assure la rentabilité de son verger. La durée de cette période ne dépasse guère vingt (20) ans.

Période de vieillissement

Durant cette phase, le rendement baisse progressivement. Le renouvellement des pousses se ralentit,
la frondaison est moins fournie. Cette phase se situe entre la trentième (30ème) et la quarantième
(40ème) année de plantation.
La pratique de certaines techniques culturales comme le sous-solage pour régénérer le système
racinaire, la taille sévère des rameaux âgés, une fumure azotée copieuse peuvent dans une certaine
mesure redonner un coup de fouet à la végétation. Mais seul un calcul économique peut justifier
l’utilité ou non de telles pratiques.

Période de décrépitude

C’est la période où il convient d’arracher les plants. Les arbres affaiblis deviennent sensibles à de
nombreuses attaques parasitaires, qu’accentuent souvent des carences alimentaires. Les récoltes sont
faibles ou deviennent rares et les fruits de qualité médiocre.

Mais faisons remarquer que ces études portent sur les régions méditerranéennes qui présentent
d’excellentes aptitudes à l’agrumiculture (Aubert et Vullin, 1997). La durée de ces phases pourrait

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se trouver réduites sous nos climats tropicaux du fait des températures élevées occasionnant la
décomposition rapide de la matière organique pourtant indispensable pour une bonne structure du
sol et de son maintien.

Selon Praloran, (1971) ; Bonnefond et al, (1984) et Napporn, (1991) cités par Aho et Kossou,
(1997) ; Anonyme, (1999) ; Raemaekers, (2001), le rendement par arbre des agrumes en Afrique
tropicale est de 100 kg. Ce seuil atteint entre la sixième (6ème) et la onzième (11ème) année de
plantation est considéré comme le seuil économiquement rentable.

Quelques utilisations faites des agrumes

L’orange est un excellent fruit de dessert, riche en vitamines C, en calcium et en phosphates.
Cuite avec du sucre, elle donne des marmelades et confitures (S. Van Ee et Anonyme, op.cit;
Martine F, 1993). Ils constituent une excellente matière première pour l’usine de jus de fruits.

Selon les mêmes sources, la peau donne une huile essentielle recherchée par les liquoristes, les
parfumeurs et pharmaciens : l’essence du zeste. Elle présente un grand intérêt économique et les
rendements varient de 3 à 6 Kg d’essence par tonne de fruit (Anonyme et Martine, op.cit). Cette
même peau séchée ou confite est un excellent produit de confiserie. D’autres sous-produits tels que
l’écorce séchée, les mélasses peuvent servir d’alimentation pour le bétail et favoriser ainsi le
développement de l’élevage. Les pectines, l’acide citrique sont aussi obtenus.

1.6.3. Facteurs de productivité d’un système agroforestier
L’analyse d’un agroécosystème part du principe que le comportement d’un tel système peut être
correctement décrit par cinq propriétés systémiques : la productivité, l’efficience, la stabilité, la
durabilité, et l’équitabilité (Kotshi, 1991 ; Sissoko, 1998).

Productivité

C’est la production nette en valeur obtenue par unité de facteur de production. Les facteurs de base
sont la terre, le travail, et le capital. Chaque rapport entre la production et les facteurs est une mesure
de l’efficience de production.

Efficience

L’efficience peut être définie au niveau technique aussi bien qu’économique. L’efficience technique
est définie par rapport à l’efficacité d’utilisation des intrants tels que la main-d’œuvre ou les
fertilisants. L’utilisation d’un intrant donné est dite efficiente lorsqu’une augmentation de la quantité
utilisée entraîne une augmentation de la productivité agricole ou du produit moyen (rendement).


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L’utilisation d’un intrant donné devient techniquement inefficiente lorsque la productivité (ou le
produit moyen) reste constante ou baisse avec une augmentation de la quantité utilisée. L’efficience
économique correspond au seuil de rentabilité d’utilisation d’un intrant donné, c’est-à-dire le niveau
à partir duquel l’utilisation d’un intrant n’est plus rentable.

Selon Wyllie (1960) cité par Affomassè (1982), le niveau d’efficience est recherché pour deux
raisons : la première est d’aider à diagnostiquer les points faibles de la gestion présente, la seconde
est de permettre de suggérer des voies et moyens possibles par lesquels ces points faibles peuvent
être corrigés.

Stabilité

Elle mesure la constante de la productivité face à des perturbations causées par des fluctuations dans
l’environnement physique, biologique, social ou économique. Les séries pluriannuelles de mesure de
la productivité agricole peuvent permettre d’établir son niveau de stabilité dans le temps. Si la
productivité évolue de manière constante dans le temps, sa stabilité est jugée élevée. Par contre s’il y
a des fluctuations importantes d’une année à une autre, la stabilité est dite basse.

Durabilité

Elle est la capacité d’un agrosystème à maintenir sa productivité face à des perturbations. Elle vise
la préservation de la qualité et de la productivité des principales ressources productives pour le
moyen et le long terme.

Equitabilité

L’équitabilité, correspond au niveau d’égalité de distribution de la production du système de
production agricole entre les différents bénéficiaires. L’équitabilité peut être mesurée par la courbe
de Lorenz, le coefficient de Gini.
Dans le cadre de notre recherche, nous aborderons les aspects de performances tels que la
productivité, l’efficience, la stabilité et de durabilité des exploitations agrumicoles dans Za-Kpota.

1.6.4. Calculs du revenu, rentabilité financière et économique d’un système
agroforestier

Valeur Actualisée Nette (VAN)

Elle est utilisée dans l’évaluation de la rentabilité financière d’un projet ou d’une entreprise. La
VAN se définit comme la valeur actualisée du flux des avantages supplémentaires nets ou cash flow
supplémentaires. Pour se faire il est utilisé un taux d’actualisation i. L’avantage supplémentaire net

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est la différence entre les recettes et les coûts de chaque année de vie du projet ou de l’entreprise
qu’il soit agricole ou non (T. Dirk, 1994).

Ainsi, les expressions de la VAN diffèrent selon que les coûts d’investissements sont incorporés
dans les flux de dépenses ou non. Nous supposerons dans le cadre de notre étude que les coûts
d’investissements au début du projet ne sont pas incorporés dans les flux de dépenses. Dans ces
conditions, la méthode de calcul est la suivante :
n
VAN = ∑ (Rt - Ct) (1+ i)-t - I
t=0

Avec:
Rt = Revenu (Recette) de l’année t

Ct = Coût (dépense) de l’année t

Rt - Ct = Flux de trésorerie de l’année t.

I = Montant de l’investissement initial au début de la plantation.

Le taux d’actualisation utilisé est le taux d’intérêt i ≈ 15 % pratiqué sur l’engrais du coton (8.500 F
pour un sac d’engrais payé au comptant contre 9.750 F à crédit pour une durée maximale d’un an).

Un projet ou une entreprise sera dite financièrement rentable si sa VAN est positive. La VAN
représente le surplus monétaire actualisé que l’entreprise compte dégager de la série des recettes
futures. Mais la VAN en tant que critère de choix entre plusieurs alternatives présente des limites
parce qu’étant une valeur absolue qui dépend de l’envergure du projet. Ainsi, elle conduirait à
retenir les alternatives les plus grandes qui sont également celles les plus coûteuses.

Pour palier à cet inconvénient nous examinerons le Taux de Rentabilité Interne (TRI). Le TRI est
égal au taux d’actualisation pour lequel la somme des valeurs actualisées nettes de l’avantage
marginal ou cash-flow est nulle. Il représente dans une certaine mesure le rendement moyen du
capital engagé dans l’entreprise. Il donne par ailleurs une indication sur le taux maximal d’intérêt
que peut supporter un projet, si la totalité de ses besoins de financement est couverte par des
emprunts. Comme critère de sélection, le TRI permet de retenir entre plusieurs alternatives celles
dont le TRI est le plus élevé.

Seuil de rentabilité d’une plantation

Le seuil de rentabilité d’une plantation est franchi, non pas l’année où l’équilibre financier entre les
dépenses et les recettes annuelles est réalisé, mais seulement au moment où les bénéfices cumulés de

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X années correspondent exactement aux dépenses globales consenties depuis la création du verger
(Praloran, 1971, Raemaekers, 2001). Il est calculé par actualisation des dépenses d’investissement
et des bénéfices à l’année zéro en fonction d’un taux d’actualisation fixé (rendement souhaité des
sommes investies).

1.6.5. Notion de rendement d’échelle et baisse de productivité du travail
Notion de rendement d’échelle
Dans l’activité de production, si la proportion des facteurs de production (semences, superficie
emblavée, quantité de travail investi, capital) augmente, on dit qu’il y a accroissement de l’échelle
de production. On ne peut apprécier l’impact de cet accroissement d’échelle que grâce aux
rendements d’échelle qui en résulteront (Boussard J-M, 1987/1992). La notion de rendement
d’échelle ne doit pas être vue par rapport à l’intensification des facteurs dont la terre et le travail. Le
facteur essentiel à considérer est le capital qui permet l’acquisition de facteurs qui font le plus défaut
afin de se rapprocher de la structure optimale et donc d’accroître l’efficacité des exploitations. Les
rendements d’échelle peuvent être :
- croissants : la production s’accroît dans une proportion supérieure à celle de
l’accroissement des facteurs : on dit qu’il y a économie d’échelle c’est-à-dire
diminution des coûts moyens. Ceci se traduit par l’accroissement de l’efficacité de
l’activité,
- décroissants : le rythme d’accroissement de la production est inférieur à celui des
facteurs. Il y a déséconomie d’échelle,
- constants : les facteurs et la production augmentent dans la même proportion : les
coûts moyens restent constants.

Diverses études ont montré que pour les petites exploitations où le travail manuel est prépondérant,
les coûts moyens ne varient pas à long terme autrement dit les rendements d’échelle sont souvent
constants (Boussard, J-M, 1987/1992). Le facteur taille de l’exploitation vu sous l’angle de la
superficie totale emblavée par exploitant apparaît déterminante dans le débat sur les économies
d’échelle en l’absence ou non de technologie (Boserup, 1965/1970 ; Boussard, J-M., op.cit). Ainsi,
Boserup a montré qu’en absence de technologie, il existe une superficie optimale par exploitant pour
une efficacité des pratiques culturales. Le facteur investi en absence de technologie étant le travail et
la terre, la productivité par facteur diminue avec la superficie. Boussard (1987/1992) se basant sur
une configuration géométrique de l’exploitation aboutit à la conclusion que l’agriculture serait
l’activité économique qui exige de la place et de ce fait est le siège des rendements peut-être
décroissants, en tout cas non croissants. Selon la même source, les très grandes exploitations sont

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une source énorme de perte de productivité. Il existe donc même en cas de technologie disponible
une taille optimale pour une efficience économique en agriculture.

Loi des rendements décroissants et baisse de productivité du travail

Cette loi se fonde sur l’hypothèse de la fixité des facteurs (terre, main-d’œuvre, semences utilisées).
Cette hypothèse signifie que la récolte qui peut être obtenue à partir d’une parcelle donnée est
soumise à certaines contraintes et c’est la raison pour laquelle l’efficacité (en termes d’augmentation
de la production) de la main-d’œuvre investie dans les opérations d’entretien (labour, sarclages) est
de plus en plus faible (Boussard J-M., 1987). Ceci correspond à ce que l’on appelle la loi des
rendements décroissants. Cette loi peut être formulée plus précisément de la manière suivante :
lorsqu’il y a un facteur variable, les autres étant maintenus constants, le produit marginal par unité
de ce facteur tend finalement à décroître. Cette loi s’applique dans beaucoup de cas et
particulièrement lorsque la pression démographique sur la terre s’accroît, le produit marginal par
individu va probablement baisser si on ne substitue pas à l’ancien système un nouveau système
beaucoup plus productif (Boserup, 1981).

1.6.6. Concept de développement local

Selon Aron (1965), le développement se définit comme l’application de l’esprit scientifique et
technique à l’organisation de la production. Ce qui facilite l’analyse et permet de classer sur une
sorte d’échelle l’ensemble des sociétés selon le degré de rationalisation de leur production à
l’origine des modifications des structures économiques, sociales et des modes de vie.

Greffe (1984), définit le développement local comme « un processus de diversification et
d’enrichissement des activités économiques et sociales sur un territoire à partir de la mobilisation et
de la coordination de ces ressources et de ses énergies ».

Selon J-P Prod’Homme (1996) le développement est d’abord un processus avant d’être une
procédure. Le développement s’appuie sur des forces endogènes, sur des réseaux locaux : groupes
socio-économiques (agriculteurs, artisans), cadres moyens, réseaux de voisinage. C’est la
mobilisation de ces forces et de ces réseaux qui constitue la base à partir de laquelle s’enclenche le
processus de développement.

Le développement local est avant tout une dynamique économique et sociale, voire culturelle, plus
ou moins concertée, impulsée par des acteurs individuels et collectifs sur un territoire donné. C’est
un processus qui permet de faire mûrir des priorités, de choisir des actions à partir de savoirs et
propositions de groupes de population habitant un territoire donné et de mettre en œuvre les
ressources disponibles pour satisfaire à ces dites propositions.


20


Selon Husson et al, (2001), les composantes économique et sociale du développement local se
présentent comme suit :

Du point de vue économique, le développement local s’inscrit dans une double exigence :

Valoriser localement les ressources existantes et potentielles en vue de satisfaire le marché,
mais également des marchés lointains en raison des compétences des producteurs et des
caractéristiques des produits,

Favoriser la diversification et l’enrichissement des activités par une multiplication des
échanges entre les unités de la région considérée, quelle que soit leur nature moderne,
traditionnelle.

Du point de vue social, le développement local repose sur des propositions précises :

Créer, revitaliser ou vérifier les solidarités réelles ou présumées pour organiser un débat
autour d’un projet d’avenir,

Combien de groupes de population de l’espace de développement constitue des ensembles
humains multiformes, capables de s’organiser entre eux et non comme des ensembles isolés,
disponibles lorsqu’ils sont sollicités,

Selon Bernard Brunet (1997 – 1999), le développement implique une synergie entre :

Les potentialités du territoire (ressources agricoles, industrielles, culturelles, écologiques),

Les ressources humaines (dynamisme et qualification, esprit d’entreprise et richesse
culturelle des populations locales),

Au – delà de sa dimension économique, sociale, culturelle, spatiale et durable le développement
est souvent interprété comme un processus de transformation qui accompagne la croissance dans
une évolution à long terme (André Joyal, 1994).
Pour que le développement local soit global, il importe de valoriser les atouts d’un territoire, de
mettre en cohérence des acteurs locaux en augmentant leur efficacité par des effets de synergie,
permettre au local de profiter d’un projet global pour mieux utiliser les aides extérieures. Il y a
alors nécessité de concilier à la fois des objectifs sociaux et des objectifs économiques. Les
Projets qui aboutissent s’appuient d’abord sur les forces endogènes, les attentes du milieu :
ressources naturelles, situation géographique favorable, compétences et savoir-faire des
populations. A cet effet, leur pertinence économique pour la prise de décision d’investissement
financier s’avère indispensable (Joël Lebossé, 1999). Ainsi, tout projet de développement pour
être financé doit répondre aux exigences suivantes :


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Pertinence socio-économique (création d’emplois comme solution à la lutte contre le
chômage, réduction de la pauvreté),

Efficacité économique et financière (rentabilité).

1.6.7. Notion de dilemme social, acteurs et performance des exploitations

Notion de dilemme social au sein des organisations


Dans le but de mener à bien leurs activités, les producteurs sont amenés à se réunir en association.
La mise en pratique des actions collectives amène les membres à être solidaires entre eux. Mais cette
solidarité se trouve parfois en conflit avec les intérêts individuels (Hyden, 1983). L’individu se
trouve ainsi devant une situation de dilemme : la défense des intérêts collectifs et celle des intérêts
individuels.

A partir de la théorie économique, Vodouhè (1996) explique le dilemme social par une certaine
rationalité individuelle. En se servant des travaux de Pokpin (1979), il explique ce comportement de
l’individu de la façon suivante : « Les individus évaluent les retombées possibles associées à leurs
différents choix en se basant sur leurs valeurs et leur préférence afin de faire des choix qu’ils croient
à même de maximiser leur satisfaction ». En conformité avec ce comportement rationnel, il est
espéré que chaque membre fasse preuve de loyauté, d’abnégation et d’honnêteté pour que se
réalisent les ambitions du groupe. Mais en réalité il n’est pas évident que les gens se joignent à
l’action collective même si leurs intérêts coïncident avec ceux du groupe. La rationalité individuelle
n’est pas alors suffisante pour assurer l’effectivité de l’action collective (Galjart, 1976). Ainsi, les
intérêts personnels peuvent ébranler l’efficacité d’une organisation ou de la gestion des ressources
naturelles d’une communauté (Olson, 1965; UPHOFF et al, 1990).

Acteurs et performance de l’exploitation

Selon Floquet A. (à paraître), le système de production est étroitement lié au projet et à l’histoire de
vie de celui qui le pilote. Les systèmes de production ne peuvent être analysés sans que référence
soit faite au cycle domestique et à la position du « pilote » dans ce cycle, qui détermine étroitement
son accumulation dans les femmes et actifs familiaux, les capitaux et les terres, les relations
sociales. Cette trajectoire est décrite de façon très réaliste en ces termes par les informateurs- clef.
Dans un milieu social et culturel donné, un nombre assez limité de « projets jugés localement
valables » semblent coexister, ce qui permet de dessiner quelques trajectoires d’évolution idéale de
systèmes de production en liaison avec le cycle domestique de l’intéressé.


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1.6.8. Quelques études sur les agrumes au Bénin

Les agrumes au Bénin ont bénéficié peu d’attention de la recherche agronomique. Des études
systématiques sur l’organisation de la filière couvrant des aspects pertinents (production,
transformation, commercialisation) font défauts. Les travaux de Praloran (1972) ont permis
d’identifier les zones aux potentialités agrumicoles du Dahomey d’alors. Ainsi le Zou sud en
l’occurrence la zone Agonlin-Bohicon est identifiée comme favorable à la production des agrumes
toutes vari étés confondues. Ainsi 5000 à 7000 hectares peuvent être complantés d’agrumes dans
cette zone. Les agrumes cultivés et cultivables sont : les oranges, les mandarines, les tangelos, les
citronniers, les pomelos, le limettier, le bigaradier. De toutes ces variétés, le climat Dahoméen ne
permet pas une production de qualité des oranges et des mandarines. Le rapport sucre/acide de leur
jus est trop élevée par suite d’un manque d’acidité, ce qui confère aux fruits ce qu’il convient
d’appeler un goût "plat" contrairement aux productions méditerranéennes. En conséquence, la
production d’oranges et de mandarines ne doit être envisagée que pour la commercialisation sur les
marchés local et des pays africains voisins.

Mais compte tenu de la courte durée de la mission conduite par Praloran et de sa période
d’exécution (période de fructification pendante), les productions des plantations n’ont pu être
estimées. Néanmoins l’auteur signale que les arbres observés ne portaient plus de 15 à 20 kg de
fruits. Munier P. (1962) et Brisker H. (1965) cités par Praloran (1972), ayant traité du même
problème des rendements des plantations d’agrumes au Dahomey ont abouti à des estimations
différentes. Munier estimait les productions par arbre à 100 kg. Brisker sans avancer des chiffres
affirmait que les estimations de Munier étaient trop élevées. Ceci est d’autant plus évident aux
regards du contexte productiviste (sans engrais, plants de semis) d’une part et du fait que la
production économiquement rentable en conditions de production agrumicole classique en Afrique
tropicale (plants greffés, apport d’engrais, utilisation de pesticides et main-d’œuvre qualifiée) ne
dépasse guère 100 kg / arbre (Praloran, 1971 ; Bornefon et al, 1984 et Napporn, 1991 cités par Aho
et Kossou, 1997 ; Raemaekers, 2001).

Montagut G. et Yehouessi A. (1972) cités par Praloran (op.cit) estimaient la production moyenne
par arbre à 50 à 60 kg/arbre. D’autres résultats de la mission ont porté sur la non qualification de la
main-d’œuvre et de l’insuffisance ou parfois l’absence de personnel d’encadrement spécialisé. Il a
été observé qu’aucuns soins culturaux (travail du sol, fumure, traitements antiparasitaires, irrigation,
taille) ne sont pratiqués. Dans ce contexte, les estimations de Montagut G. et Yehouessi A. (1972)
paraissent plus réaliste.


23


Les études menées par d’Alméida et Topkavi (1996) n’ont abordé que des aspects purement
techniques. Ils ont montré que les plantations sont caractérisées par une absence de soins culturaux
et un parasitisme trop poussé, facteurs explicatifs des faibles performances de ces plantations
agrumicoles.

Le MDR (sd) pour l’estimation des rendements distinguent deux catégories de plantations : les
plantations de l’ex SoNaFel et les plantations privées peu ou pas encadrées. Les résultats sont
présentés dans le tableau n°2.

Tableau n°2: Production annuelle estimée d’agrumes toutes variétés





Plantations
Superficie (Ha)
Rendement (T/Ha)
Production (T)




Ex-SoNaFeL
244
15
3.660




Privées peu ou pas
21.000
10
210.000
encadrées




Total
21.249
-
234.660

Source : MDR (sd)

De l’analyse du tableau n° 2, il ressort que pour une densité moyenne de 208 à 225 plants/Ha
recommandée en Afrique tropicale les productions moyennes par arbre varient de 67 à 72 kg/arbre
pour les plantations de l’ex SoNaFeL et de 44 à 48 kg/arbre pour les plantations privées peu ou pas
encadrées. Ces estimations se rapprochent de celles de Montagut et Yehouessi (1972). Ce qui
conduit à dire que les estimations de Montagut et Yehouessi (op.cit) étaient surestimées dans la
mesure où les estimations du MDR sont faites au moins vingt (20) ans après celles de Montagut et
Yehouessi (op.cit) et portent sur les plants greffés introduits par l’IFAC.

Elègbè et al (2003) ont étudié dans le village de Za-Kékéré (commune de Za-Kpota.) les problèmes
de pourriture des agrumes et de rentabilité des stratégies de commercialisation au niveau des
exploitations productrices en rapport avec le type de fumure utilisé. Ils ont aboutit à la conclusion
que les stratégies d’attente pour la vente en période de pénurie étaient plus rentables que la vente en
période d’abondance. Mais ils font remarquer que d’importantes pertes sont enregistrées durant la
période d’attente. De ce fait le cours d’opportunité des stratégies doit être pris en compte pour
évaluer leur rentabilité.

Les travaux de Ayinon (2000) sur l’agrumiculture dans Za-kpota ont montré qu’il existe une
corrélation positive entre l’âge des plantations et le rendement. Les superficies totales emblavées

24


sont estimées à 2.692 hectares pour 1.272 producteurs. Les rendements des plantations sont
présentés dans le tableau n°3.

Tableau n°3 : Rendements des plantations d’agrumes dans Za-Kpota, 1999-2000




Phase
Tranche d’âge correspondante
Rendement


Par arbre (kg)
Equivalent à l’ha




1
4 ans d’âge
40
8 320




2
5 à 7ans
120
25 000




3
8 à 9 ans
140
29 120




4
10 ans et +
160
33 280

Source : Ayinon, 2000

Mais dans un contexte d’agriculture traditionnelle avec un niveau presque nul d’utilisation de
fumure (ou d’amendement) sauf cas exceptionnel, on ne saurait avoir une production soutenue. Ces
estimations nous paraissent surestimées non seulement en comparaison aux résultats des auteurs
précédents mais aussi par rapport au seuil économiquement rentable pour une densité moyenne de
250 plants/Ha qui est de 25.000 kg/Ha (Praloran, 1971 ; Bornefond et al, 1984 et Napporn, 1991
cités par Aho et Kossou, 1997). Par ailleurs, le rendement en agrumes des plantations est estimé
mais aucune mention n’est faite de l’efficacité d’utilisation des facteurs de production, en
l’occurrence la terre et le capital humain. Sur la base de ces rendements, les résultats de simulation
par le même auteur font état d’une production attendue de 80.555 tonnes en 2004 si les soins
culturaux adéquats sont apportés aux plantations.








25












Chapitre 2 : CADRE METHODOLOGIQUE







26


2.1. Présentation du milieu d’étude

La présente étude s’est déroulée dans la commune de Za-Kpota située au Sud du Département du
Zou. Les sites principaux de production d’agrumes identifiés lors de la phase exploratoire sont les
arrondissements de Za-Kpota et de Allahé.

2.1.1. Généralités

Za-Kpota, une des neufs (09) communes que compte le département du Zou, s’étend sur une
superficie de 409 km2 dont 306,75 km2 de terre cultivable soit 75% de la superficie totale (PDC-Za-
Kpota, 2004). Elle est limitée au nord par la commune de Djidja, au sud par la commune de
Zogbodomey, à l’est par la commune de Covè, et à l’ouest par les communes de Bohicon et de
Djidja (voir figure n°1). Elle comprend huit (08) arrondissements dont six (06) ruraux (Allahé,
Assanlin, Hougomey, Kpakpamè, Kpozoun et Za-Tanta) et deux urbains (Za-Kpota et Zèko).
On dénombre pour l’ensemble de la commune cinquante six (56) villages et quartiers de ville.

















































27






28


2.1.2. Milieu physique

Climat
at caractéristique de la
Le clim
zone d’étude est de type subéquatorial. Les pluviométries annuelles
ces cinq dernières années varient entre 706 et 1106,5 mm de pluie. La moyenne pluviométrique
annuelle de 1999 à 2003 est de (933 ± 206) mm. Cette faible pluviométrie n’est pas de nature à
favoriser une bonne végétation en l’occurrence celle des agrumes qui exigent en moyenne 1.200 mm
de pluie par an. Des apports complémentaires par l’irrigation sont donc nécessaires pour palier au
déficit hydrique afin d’assurer aux
e
plants un bon développem nt. La figure n° 2 présente la situation
étrique m
pluviom
ensuelle dans Za-Kpota de 1999 à 2003.

Figure n° 2 : Evolution de la pluviométrie moyenne mensuelle de 1999 à 2003
200
)
m 180
m 160
l
l
e ( 140
ue 120
e
ns 100
80
é
t
r
i
e
m
60
40
l
u
v
i
o
m
20
P
0
ier
ril
ai
in
e
e
rier
ars
M
il et
re
br
br
anv
v
M
Av
Ju
Ju
Août
bre
ob
em
em
J

Oct
Sept
Nov
Décem
Mois

Source : CeRPA, (1996 – 1997 à 1999 – 2003)

Il ressort de l’analyse de la figure n°2 que le climat de Za-Kpota comprend :
une grande saison de pluies de mi-mars à fin juillet. Des entretiens avec les agents du
Centre Régional de Promotion Agricole (CeRPA), cette grande saison tend à s’installer
tardivement, entravant ainsi le bon déroulement du calendrier cultural agricole.
Conséquence, les récoltes deviennent irrégulières,

une petite saison sèche en Août,

une petite saison de pluies de septembre à octobre,


29


et une grande saison sèche de novembre à mi-mars. La longue durée (4 mois et demi) de
cette saison fait que la population agricole est active seulement sur sept à huit mois sur
les douze (12) que compte la campagne agricole.

Sols

Trois types de sols sont rencontrés dans la commune de Za-Kpota :

les sols ferrugineux tropicaux rouge à texture sablo-argileuse, très dégradés et épuisés. Ils
pota et représentent environ 70%
sont caractéristiques du Sud Za-K
de la superficie totale
(PDC-Za-kpota, 2004),

les sols ferralitiques de texture sablo-limoneuse, plus fertiles et plus propices à toutes les
cultures en l’occurrence le maïs (PDC-Za-kpota, 2004). Ils dominent le Nord de la
commune notamment Kpakpamè et se retrouvent par endroit dans le sud dont
l’arrondissement de Allahé,

les sols de texture argilo-limoneuse à argileuse assimilables à du vertisol et localisés aux
abords du fleuve Zou. Ils offrent aux riverains s opportunités
de
ures de contre saison
de cult
(maraîchage, conduite de pépinière). Mais ces opportunités demeurent pour l’instant peu
exploitées. Seul le maïs est semé sur une superf
axim
icie m
ale d’un (01) hectare dans le lit
u fleuve zou en pério
d
e de décrue.
d

Végétation et hydrographie

La végétation naturelle c
t
arac éristique de la commune de Za-Kpota est dégradée par l’homme. Cette
situation est due aux défrichements, au mode extensif de culture, aux prélèvements de bois pour le
chauffage, la construction.

De nos jours, la végétation caractéristique de Za-Kpota est la savane boisée parsemée de quelques
gros arbres. Le couvert actuel est dominé par des palm
grum
eraies, des vergers d’a
es, des teckeraies
et quelques îlots de forêt naturelle pour la plupart sacrée.

En ce qui concerne l’hydrographie, la commune de Za-Kpota est traversée sur toute sa limite Est par
le fleuve Zou. On y rencontre des rivières dont les plus importantes sont : Toga, Dètè, vlô, Hla,
Ho
o
uèd , Houanvè et Gbadoaya. Ces rivières sont pour la plupart intarissables. Elles offrent de ce
fait des opportunités d’irrigation, de pratique d’agriculture de contre saison (maraîchage), des
activités de pépinière et de riziculture.

portance du réseau hydrographique
Du point de vue im
, l’arrondissement de Za-Kpota vient en tête,
suivi de Kpakpamè, Tanta et de Allahé (PDC-Za-kpota, 2004).


30


2.1.3. Milieu humain

Structure démographique de la population

D’après le recensement général de la population et de l’habitat (INSAE/RGPH3, 2002), la
population de la commune de Za-Kpota est de 87.076 habitants. Cette population est composée de
e
45% d’homm s et de 55% de femmes. Le taux de croissance de cette population en comparaison au
recensement de 1999 est de 1%. La densité de population est estimée à 213 habitants / km2. La taille
moyenne des ménages est de 5,7 individus.

a
C’est une population m joritairement rurale (74% de la population totale) (INSAE / RGPH, 2002)
Le tableau n°4 présente la répartition de la population de Za-Kpota en 2002 selon l’âge et le sexe.

n°4 : Répartition
Tableau
de la population de Za-Kpota par âge et par sexe





Tranche d’âge
Masculin
Féminin
Total




0 – 9 ans
17.762
17.596
35.358
(21%)
(20%)
(41%)




10 – 44 ans
16.129
23.240
39.369
(19%)
(27%)
(45%)




> 44 ans
5.311
7.038
12346
(6%)
(8%)
(14%)

Source : INSAE / RGPH 3, 2002

De l’analyse du tableau n°4, il ressort que

-la population de Za-kpota est très jeune (86% de la population totale),

-moins de la moitié (45%) de la population est en âge actif (10 – 44 ans),

- selon le sexe, la population est équitablement répartie dans les tranches d’âge
0 – 9 ans et plus de 44 ans alors que la tranche d’âge active reste dominer par les femmes qui
constituent 59% de la catégorie.

Infrastructures socio-économiques

te les caractéris
La commune de Za-Kpota présen
tiques d’une région sous-développée. En ce qui
concerne les infrastructures, les plus importantes sont :


31


au niveau des services sociaux

Dans le domaine de la santé, la commune de Za-Kpota dispose d’un complexe comm
nté
unal de sa
(CCS) sis au chef-lieu de la commune. En plus de l’arrondissement de Za-Kpota, quatre
arrondissements sur les sept autres disposent d’une unité publique de santé. Ce sont les
arrondissements de Zèko, Kpakpamè, Kpozoun et de Allahé.

Des entretiens avec le personnel de l’unité de Allahé et du complexe de Za-Kpota, on note une faible
fréquentation du centre par les populations. Aux dires de ces dernières, la faible fréquentation des
unités de santé est due au manque de moyens financiers.

Par ailleurs, il existe un centre de promotion social sis à Za-Kpota. Ce centre est très actif dans la
lutte contre le trafic des enfants, phénomène très récurent dans cette localité.

au niveau de l’éducation et de l’information

-Pour l’ensemble de la commune, on dénombre au niveau de l’enseignement primaire quarante sept
a
(47) écoles dont deux (02) m ternelles soit en moyenne six (06) écoles par arrondissement.
Au niveau du secondaire, la commune ne dispose que de deux (02) collèges dont un à Tindji (Zèko)
et le second à Za-Kpota.

- En ce qui concerne les infrastructures de diffusion de l’information, la commune dispose d’une
station de radio communautaire équipée mais non fonctionnelle.

Sur le plan économique

Il existe à Za-Kpota une usine de fabrication de jus et d’huiles essentielles installée à Allahé mais
non fonctionnelle.

Au niveau des échanges, on dénombre les marchés aux niveaux arrondissements et villageois. Les
différents marchés ne s’animent que la nuit à l’exception de celui de Tindji. Ceci constitue une
entrave à la fréquentation des marchés de la commune par les non résidents (vendeurs et acheteurs)
créant ainsi des manques à gagner pour les comme çants et des m
r
oins à percevoir par la fiscalité.

Enfin, en ce qui concerne les infrastructures de communication, la commune est moins pourvue.
Outre la route bitumée (ABOK) qui traverse la commune, il n’existe que des pistes. Ces pistes d’un
état dégradé sont pour la plupart impraticables en période de pluies.


32


2.1.4. Principales activités à Za-Kpota


La figure n° 3 présente la répartition de la population active de Za-Kpota par secteur d’activité.

Figure n°3 : Répartition de la population active de la commune de Za-Kpota par
secteur d'activités
2%
2% 4%
Agri.Pêche.chasse
15%
Industrie manufact
1%
Bâtiment et BTP
Commerce et restau
5%
Transport & communicat°
71%
Autres services
Non déclaré

Source : INSAE / RGPH3, 2002

De l’analyse de la figure n°3, il ressort que l’agriculture demeure dans Za-Kpota le secteur
d’activités dominant qui occupe 71% des actifs. Elle est suivie du commerce et de la restauration
(15% des actifs). On distingue d’autres secteurs marginaux comme le transport et la
communication, les bâtiments, l’industrie manufacturière et les services qui emploient moins de
14% des actifs. La répartition des actifs selon le sexe dans les secteurs est variable : pendant que
l’agriculture mobilise autant de femmes que d’hommes, le commerce et la restauration reste
l’apanage des femmes qui constituent 83% des actifs de ce secteur.

Agriculture

Il est le principal secteur d’activités économiques de la commune. Les principales cultures
pratiquées sont les cultures annuelles (55%) et celles pérennes (45%) (PDC-Zakpota, 2004).

Cultures annuelles

Figure n°4: Superficie relative emblavée pour les principales
cultures annuelles pratiquées à Za-Kpota
Maïs
13%
30%
16%
Arachide
Coton
Niébé
18%
23%
Autres

Source : CeRPA-Za-Kpota, (1996- 1997 à 2002 – 2003).

33



A la lecture de la figure n°4, il ressort que le maïs vient en tête avec 30% de la superficie totale des
res ann
cultu
uelles produites à Za-Kpota. Il est suivi de l’arachide qui occupe 23% des emblavures
totales des cultures annuelles. L’importance accordée au maïs par les ménages agricoles de Za-
Kpota s’explique par le fait que ce
n est la b
tte spéculatio
ase de leur alimentation à l’instar d’autres
communautés rur l
a es du Sud Bénin.
La figure n° 5 présente le
s productions des principales cultures annuelles de 1996 à 2003.

Figuren°5: Evolution de la production annuelle par spéculation de 1996 - 1997 à
2002 - 2003
9000
s
)
ne 8000
on 7000
a
l
e
(t
6000
o
t
5000
l
e
t
Maïs
el 4000
nu
Niébé
3000
2000
t
i
o
n
an
Arachide
Coton
uc 1000
prod
0
1996 - 1997 - 1998 -
99
19 - 2000 - 2001 - 2002 -
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
année

Source : CeRPA Zou / Secteur Za-Kpota, 1996-1997 à 2002–2003

De l’analyse de la figure n° 5, il ressort que du point de vue de l’évolution des cultures, les
productions de l’arachide et du coton sont en régression, alors qu’il y a stabilité au niveau du maïs
ecteur Za-Kpota, 1996-1997 à 2002–2003).
et du niébé (CeRPA Zou / S

Cultures pérennes

Figure n° 6 : Superficie relative emblavée pour les
principales cultures pérennes pratiquées à Za-Kpota
8% 7%
Palmiers
Agrumes
25%
60%
Teck
Autres

Source : PDC-Za-kpota, 2004


34


De l’analyse de la figure n°6, il ressort que le palmier à huile vient en tête des cultures pérennes
avec 65% de la superficie totale. Il est suivi des agrumes qui occupent 25%. La filière des cultures
pérennes reste largem
inée par les hom
ent dom
mes en raison des modes d’accès aux facteurs de
e
production, notamm nt la terre8 et l’investissement important en travail que nécessite leur
production.

Contraintes et opportunités afférentes à l’agriculture dans Za-Kpota

A l’instar des autres communes du Bénin, diverses contraintes entravent la bonne performance du
principal secteur d’activités économiques des populations rurales qu’est l’agriculture. Néanmoins
des opportunités existent, mais elles demeurent pour la grande majorité sous-exploitées ou du tout
pas. Le tableau n°5 présente les différentes contraintes et opportunités afférentes à l’agriculture dans
Za-kpota.

Tableau n°5 : Contraintes et opportunités afférentes à l’agriculture dans Za-Kpota

Contraintes Opportunités


Matériels agricoles rudimentaires et artisanaux
Disponibilités de terres fertiles, propices

aux différentes spéculations surtout les
Pauvreté des terres
agrumes, le maïs et le palmier à huile

Manque de semences améliorées

Existence de cours d’eau et rivières non

Manque d’intrants spécifiques aux agrumes
tarissables pouvant servir au maraîchage,

et à la conduite de pépinière
Manque de banque de financement agricole


Existence d’une usine d’extraction de
Manque de formation en mode et système modernes de
sirop d’agrumes et d’huiles essentielles de
cultures en l’occurrence en agrumiculture
citron installée à Allahé mais non

Aléas climatiques
fonctionnelle


Faiblesses des rendements
Disponibilité de main-d’œuvre (environ

Pertes post-récoltes élevées
85% des actifs (PDC-Za-Kpota, 2004)


Manque de débouchés
pour les produits agricoles en
l’occurrence les agrumes

Etat dégradé des voix d’accès

Source : PDC-Za-Kpota, 2004 et Enquête, 2004


8 Voir section 3.2.1. Consacrée au mode d’accès à la terre

35


Dans le contexte actuel de la décentralisation ces contraintes doivent être surmontées à travers des
stratégies de développement efficientes et les opportunités saisies pour en faire des leviers de
e
développem nt.

Commerce et restauration

obilise 15% des actifs dont 17% d’homm
Il m
es et 83% de femmes (INSAE/REGPH3, 2002). Ils
constituent le deuxième secteu
iques après
r d’activités économ
l’agriculture. La restauration
concerne surtout la transformation des produits agricoles dont : la fabrication de gari et de Kluiklui à
base d’arachide, la préparation d’huile de palme et d’arachide.

La pêche

Elle se déroule sur le cours du fleuve Zou qui constitue la limite Est de Za-Kpota. Elle mobilise une
bonne partie de la population durant les mois d’Août surtout et constitue la troisième source de
revenus des populations après l’agriculture et le commerce (PDC-Za-Kpota, 2004).

L’élevage

Il est considéré comme une activité secondaire. Les animaux souvent élevés sont les ovins, les
caprins, la volaille et dans quelques rares cas les bovins. Pour la campagne agricole 2002, l’élevage
des volailles venait en tête avec 67% (CeRPA/ Za-Kpota, 2003). Il était suivi des petits ruminants
qui représentent 27% du cheptel. L’élevage du gros bétail demeure marginal (2%). Après les effets
de la peste porcine, l’élevage porcin a du mal à reprendre. Son importance relative par rapport à
l’ensemble du cheptel est de 4% pour la même campagne. Cet élevage constitue pour le paysan une
forme d’épargne. Il demeure pour l’instant extensif à l’exception de quelques exploitants qui grâce
aux efforts de sensibilisation du Projet de Développement de l’Elevage (PDE) tendent vers une
forme semi-intensive.


36


2.1.5. Occupation de la population active des arrondissements de Za-Kpota et de
Allahé

Les figures n° 7 et 8 présentent la répartition de la population active par secteur d’activités
économiques des arrondissements de Za-Kpota et de Allahé :

Figure n° 7 : Répartition de la population active de l'arrondissement de
Za-Kpota par secteur d'activités
11% 1%4% 2%
Agri.Pêche.chasse
4%
Industrie manufact
Commerce et restau
Transport & communicat°
78%
Non déclaré
Autres services

Source : INSAE / RGPH3, 2002

Figure n° 8 : Répartition de la population active de l'arrondissement de
Al ahé par secteur d'activités
2%
2%
8%
1%
Industrie manufact
Agri.Pêche.chasse
Non déclaré
Commerce et restau
Autres services
87%

Source : INSAE / RGPH3, 2002

De l’analyse des figures n°7 et 8, il ressort que la majorité de la population de ces deux
arrondissements à l’instar de l’ensemble de la commune opère dans l’agriculture avec 78% pour Za-
Kpota contre 87% pour Allahé. Il est suivi du commerce et de la restauration qui mobilise plus
d’actifs dans l’arrondissement de Za-Kpota (11%) que dans Allahé (8%). Cette différence entre les
deux arrondissements pourrait être due au fait que Za-kpota est un arrondissement urbain alors que
Allahé est rural.


37


Les secteurs du transport et de la communication d’une part et des services d’autre part demeurent
marginaux pour l’ensemble des deux arrondissements. Ils mobilisent moins de 10% et 5% des actifs
respectivement dans les arrondissements de Za-Kpota et de Allahé.

2.2. Choix des unités de recherche
Nous avons considéré dans notre étude deux niveaux de stratification en ce qui concerne l’unité
d’observation : le niveau village et le niveau exploitation.


2.2.1. Choix des villages
Les sites principaux de production d’agrumes identifiés lors de la phase exploratoire sont les
arrondissements de Za-Kpota et de Allahé. En raison de l’importance de la culture des agrumes dans
ces différentes localités, des caractéristiques spécifiques (l’appartenance ou non au périmètre de la
SoNaFeL, le nombre de producteurs d’agrumes et de l’importance relative des flux de production,
l’accessibilité), cinq (05) villages ont été retenus dans le cadre de l’étude. Ce sont les villages de
Za-Kékéré, Za-Zoumè et
ns l’arrobndissem
Sohounta da
ent de Za-Kpota et les villages de Za-Hla et
Allahé dans l’arrondissement de Allahé.
2.2.2. Choix des exploitations
Nous convenons d’appeler exploitation l’ensemble constitué par les champs et les membres du
ménage intégrant les agrumes dans leur système de production. Ainsi, après un recensement
systématique des exploitations, il a été procédé au choix des unités primaires de recherche. Au total,
trois catégories d’exploitations ont été identifiées au niveau de ces cinq villages: des groupement de
production au nombre de deux (02), des entreprise de production au nombre de trois (03) et des
ons individuelles9
exploitati
au nombre six cents soixante dix huit (678)

Au niveau des exploitants individuels

Ce sont des plantations apparten
ou à des résidents (comm
ant aux agriculteurs de profession
erçants
par plantation m
ou autres) avec des superficies variant de 0,5 à 5 ha
ais de 0,5 à 7 ha par exploitant.
A partir de la base de sondage, nous avons procédé à un échantillonnage pondéré partiellement
raisonné avec tirage aléatoire. Compte tenu du temps imparti pour notre recherche et de la
significativité recherchée par l’étude, la taille de notre échantillon est fixée à cent (100) exploitations
pour les exploitations individuelles, ce qui correspond à un taux d’échantillonnage T ≈ 15 % (T =
100 / 678 = 14,75). Dans cette catégorie nous avons enquêté sept (07) exploitations de type féminin
et quatre vingt treize (93) exploitations de type masculin.


9 appartenant à un ménage

38


Enfin, il a été procédé à un choix raisonné en nous fondant sur les données collectées lors de la
phase exploratoire. Les critères essentiellement usés sont la taille et l’âge de l’exploitation. Ces
critères sont valables au sein d’une même exploitation et d’une exploitation à une autre. L’objectif
visé étant d’étudier toutes les catégories d’âge possibles de plantation et les différentes variantes
liées à la variable superficie aux fins d’apprécier l’efficacité d’utilisation de cette principale
ressource qu’investit le paysan et les relations avec les autres facteurs de production dont le capital
i
f nancier et le travail.

Au terme de l’étude fine et après dépouillement, quatre vingt dix huit (98) unités de production dans
cette catégorie soit 14,45% ≈ 14,5%, ont été analysés. Cette diminution de 0,5% de l’effectif prévu
est due aux incendies dont ont été victimes ces exploitations.

Enfin, au sein de ces quatre vingt dix huit (98) exploitations, nous avons pu identifier cent quarante
quatre plantations agrumicoles.

Au niveau des entreprises commerciales

Elles comprennent les exploitations appartenant à des commerçants ou à des fonctionnaires non
résidents installés en véritable entreprise commerciale. Elles sont au nombre de trois dont deux
appartenant aux m
localisées dans le Village de Za-Kékéré et
essieurs DAHISIHO Gabriel et
DAHISIHO Philippe. La oisièm
tr
e installée dans l’arrondissement de Allahé, village de Za-Hla
appartient à monsieur NOULEKOU Jean.
Au niveau de celles-ci, nous nous sommes intéressés à deux (02) dont un (01) à Za-Kékéré et un
(01) dans l’arrondissement d’Allahé.

Au niveau des groupements de production

Ce sont des plantations appartenant à des groupements de production. Il en existe deux (02) dont un
féminin (GF « Gbénonkpo ») localisé dans le village de Allahé et un groupement mixte (GM
« Finagnon ») localisé dans Za-Hla.
Après la phase exploratoire, nous avons retenu d’étudier les deux groupements identifiés. Mais lors
Z
de l’étude fine un seul a pu être étudié celui de a-Hla « Groupement Finagnon ». Le second n’a pu
ié p
être étud
arce que leur plantation a été dévastée au début de la campagne agricole par les feux de
brousse.

2.3. Phases de recherche

Phase documentaire

Cette phase s’est déroulée tout au long de notre recherche jusqu’à la rédaction du rapport final. Il
ents dans les centres de docum
s’agit de la consultation des docum
entation et institutions. Ce sont

39


les bibliothèques de documentation de la Faculté des Sciences agronomiques (BIDOC/FSA), de
entati
l’Organisation des Nations Unies pour l’Alim
on et l’Agriculture (FAO), de la Direction des
Programmations et Prospectives d Minis
u
tère de l’Agriculture, de la pêche et de l’Elevage
(DPP/MAEP), de l’Institut National de la Recherche Agronomique du Bénin (INRAB), de
l’Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique (OBEPAB) et autres
institutions dont la Banque mondiale. Les sites web ont été aussi mis à profit.

Phase exploratoire

ns sur le terrain auprès des
Elle a consisté en des investigatio
producteurs, des pépiniéristes, des
tran o
sp rteurs, des commerçants, des agents du CeRPA, de l’UCP, des responsables de l’Union des
Producteurs des Fruits et Légumes de Za-Kpota (UProFeL - Za). Les entretiens se sont déroulés en
focus groupe de 5 à 8 personnes au maximum. Cette phase a duré du 21 Juin au 31 Juillet 2004. Au
cours de cette phase ont été identifiés :

les grands courants d’activités à Za-Kpota et leur importance relative,

les zones productrices d’agrumes dans Za-Kpota et leur importance relative,

les exploitations productrices d’agrumes dans Za-Kpota et leur importance relative par
arrondissement,


la filière notamme
et autres acteurs de
nt les pépiniéristes et les commerçants.

Les outils de jeux de cailloux et de cartes ont été utilisés pour respectivement l’estimation de
l’importance relative et la catégorisation des exploitants. Les résultats de cette phase nous ont
permis de repréciser les objectifs, les hypothèses et la méthodologie de recherche et d’élaborer un
questionnaire d’étude à partir du guide d’entretien testé.

Phase approfondie

Elle s’est déroulée du 2 Août au 4 Septembre 2004. Elle a consisté en la collecte de données tant
qualitatives que quantitatives auprès des différentes catégories d’agrumiculteurs échantillonnées.
Ces données ont servi de base pour la prise de décision à travers les tests statistiques.

Phase de dépouillement et de traitement des données

Elle a lieu du 4 Septembre au 26 Septembre 2004. Les données collectées ont été codées,
dépouillées et saisies à l’aide de Excel. Leur traitement et contrôle ont été assurés par le tableur
Excel pour les facteurs de production. Les tests de comparaison des rendements moyens en agrumes
ont été effectués avec le logiciel Minitab.

Phase d’analyse


40


Elle a aussitôt débuté après le traitement des données. Elle a permis d’analyser et de discuter les
résultats issus du traitement des données. La loi de Student, l’analyse de variance ont été utilisées.

Phase de rédaction

Elle a démarrée depuis la phase théorique. Elle durera jusqu’au dépôt de la version corrigée après la
soutenance.

h
2.4. Mét odes de collecte des données et données collectées

2.4.1. Méthodes de collecte

nsisté en l’u
Elles ont co
tilisation des outils et techniques de la Méthode Accélérée de Recherche
tiv
Participa e (MARP) tels que : l’entretien semi-structuré et non-structuré avec des individus et
groupes d’individus de différentes catégories socio-professionnelles (autorités administratives et
politiques, agents de développement rural, pépiniéristes, producteurs et commerçants), les entretiens
structurés, l’observation participante, le profil historique.

Entretiens non structurés

Ils ont été utilisés durant toutes les phases de notre recherche et ont permis de compléter les
informations obtenues des diverses sources. Ils nous ont
til
été d’une grande u ité durant la phase
exploratoire et nous ont permis de collecter des informations d’ordre général.

Entretien semi-structuré

Ce type d’entretien est basé sur un guide d’entretien portant sur les principaux thèm
à aborder
es

avec les enquêtés. L’avantage que ce type d’entretien offre est que les personnes enquêtées se
sentent beaucoup plus à l’aise et retiennent moins les informations.

Entretiens structurés


t été utilisés
Ils on
durant la phase d’étude fine au sein des ménages retenus après la phase
exploratoire. Essentiellement basés sur des questionnaires, ils présentent l’avantage d’offrir plus de
facilité à l’enquêteur dans l’orientation des discussions avec les enquêtés.

Ces différents types d’entretien ont été menés soit en groupe, ou individuellement avec aussi bien
des ménages de notre échantillon que ceux ne faisant pas partis mais pertinents pour notre
problématique.

Observations

Elle a permis de vérifier certaines données secondaires collectées.


41


Par ailleurs, des triangulations de source ont été faites pour vérifier la crédibilité des informations
recueillies.

Ainsi décrite, cette démarche méthodologique indique clairement une combinaison d’approches
qualitative et quantitative. L’approche qualitative qui s’apparente
proche descriptive est une
à l’ap

approche souple et adaptée pour aussi bien la collecte des données que pour leur analyse.

est une approche qui utilise de
L’approche quantitative quant à elle
s méthodes plus ou moins rigides
pour la collecte et l’analyse des données telles que les questionnaires, les calculs mathématiques et
les odèles d’analyse (statistique ou économ
m
étrique). Elle interviendra pour fournir les statistiques
pouvant faire office de référence pour les prises de décision voire les planifications. Elle a consisté
onçus à partir des inform
en la collecte de données par des questionnaires c
ations tirées de la
documentation et des entretiens divers ayant eu lieu au cours de la phase exploratoire.

2.4.2. Données collectées

Conformément à nos objectifs, les données suivantes pertinentes pour notre problématique ont été
collectées :

-l’âge du chef exploitant,
-la taille des ménages,
-l’activité principale du chef exploitant,
-le niveau d’instruction et la formation technique du chef exploitant,
-l’âge des plantations,
-les superficies emblavées,
-les productions brutes obtenues durant la campagne 2003 – 2004,
-l’accessibilité aux facteurs de production (engrais, pesticides),
-les opérations culturales relatives à l’itinéraire des agrumes,
-les variétés cultivées,
-les coûts des opérations culturales et d’acquisition des facteurs de production,
-les modes d’accès à la terre,
-le type de main-d’œuvre utilisé et la rémunération équivalente,
-les coûts de commercialisation et les prix de vente,
- les relations entre acteurs de la filière.


42


2.5. Outils d’analyse des données

Pour l’analyse quantitative, la loi t de student et l’analyse de variance (ANOVA) ont été utilisées.
Ces outils ont servi pour la comparaison des rende e
m nts moyens en agrumes par tranche d’âge et
par facteur (main-d’œuvre, taille de l’exploitation, mode de plantation).

Quant à l’analyse qualitative, les typologies ont servis de base d’analyse et ont permis d’expliquer
les résultats des tests.

Le tableau n°6 résume le cadre méthodologique de notre recherche.





43


n°6 :
Tableau
Cadre synthèse méthodologique de notre recherche







Objectif
Objectifs
Hypothèses
Outils
Données à collecter
Instrument de mesure
général
spécifiques
d’analyse






Apprécier le
Caractériser les
Typologie
-Taille ménage
Entretiens non -structuré
niveau de exploitations
-Mode d’accès à terre
performance
productrices
des
d’agrumes dans
-Type de main-
exploitations
la commune de
d’œuvre utilisé
productrices
Za-Kpota
-Itinéraire technique
d’agrumes
dans la
-trajectoire
commune de
professionnelle de

Za-kpota
exploitant


-Tpologie


Analyser la Le rendement moyen en
-t de Student
-Superficies
-Entretiens structuré et non structuré
rentabilité des agrumes augmente avec la

emblavées
Questionnaire
exploitations
taille de la plantation
-Itinéraire technique
productrices
-Observation participante
d’agrumes dans
-Niveau de

Za-kpota
qualification de la
main-d’œuvre
La non qualification de la
t de Student
-Type, quantités et
main-d’œuvre et la non
stratégies de fumure
utilisation d’engrais et de
pesticides affectent
-Niveau de traitements
négativement le rendement
phytosanitaires
moyen en agrumes des
-Type d’entretien et
plantations dans Za-kpota
leur fréquence
respective

44






Le rendement moyen en
-Typologie
-Superficies
-Observation participante
agrumes des plantations sur
- Analyse de
-Ages des plantations
-Questionnaire
lesquelles il est pratiqué deux
variance
labours après la sixième
t
-Production otale
-Entretien non structuré
(ANOVA)
année de plantation est
supérieur au rendement
moyen en agrumes des
plantations sur lesquelles il
est pratiqué un labour




45












Chapitre 3 : DEVELOPPEMENT DE LA PRODUCTION D’AGRUMES DANS ZA-
KPOTA ET CARACTERISTIQUES DES MENAGES


46

3.1. Développement de la production d’agrumes dans Za-Kpota.

3.1.1. Historique de l’agrumiculture dans Za-Kpota

Les premières plantations d’agrumes de Za-Kpota ont été installées en 1966 par Monsieur
DAHISIHO dans le village de Za-Kékéré. La superficie totale emblavée à l’époque était estimée à
environ 20 hectares (ha) dans les années 80 avec des variétés locales. De manière générale, la
production était basée sur la sélection des espèces naturelles jugées résistantes aux maladies, à la
sécheresse et de longues durées de vie. La superficie de la plantation a été étendue progressivement
jusqu’à cinquante (50) hectares avec l’introduction des variétés améliorées. Des opérations de
greffage étaient développées sur place.

Vu l’importance de la production des quelques exploitations traditionnelles (installées par endroit
dans le pays et l’importance de la production naturelle), des travaux de recherche ont été entrepris
dans les années 60 par l’Institut de Recherche sur les Fruits et Agrumes (IRFA) (Ayinon, 2000). Cet
institut avait pour mission de répertorier d’une part les différentes variétés locales d’agrumes
existantes et d’autre part d’identifier les zones aux conditions édaphiques favorables à la production
agrumicole.
Au terme des études, certaines zones du Zou Sud dont Za-Kpota, Agonlin-Covè ont été identifiées
comme potentiellement propices à l’agrumiculture. Les variétés d’agrumes identifiées ayant un
intérêt de porte-greffe sont : Rough lemon et le bigaradier.

Au vu des résultats de cet institut, des travaux de recherche sur des agrumes ont été entrepris avec
l’introduction de porte-greffe et de variétés de greffons résistants aux maladies et trè
s productives.
Au nombre des porte-greffes introduits, le plus utilisé de nos jours est le Lime rangpur. Les variétés
d’agrumes qui en résultent sont le Pineapple, le Valentia late pour le groupe des oranges, les
hybrides Tangor et Tangelo, les mandarines Dancy et Clémentine.

En Septembre 1969, f
ut installée dans le village de Za-Zoumè (arrondissement de Za-Kpota) la
première ferme agrumicole avec la coopération bénino-isralienne (FADI) (MDR, sd). En 1972, avec
la coopération bénino-française la deuxième ferme agrumicole fut installée dans l’arrondissement
de Allahé. Mais avec le retrait des coopérants pour cause d’exigence du régime révolutionnaire, les
deux fermes furent confiées dans les années 1975 à la Société Nationale des Fruits et Légumes
(SoNaFeL).

En 1979 a démarré à Allahé l’installation d’un complexe agro-industriel pour l’extraction de sirop
d’agrumes et d’huiles essentielles de citron. Son montage fut achevé en 1983. Les premiers essais
ont eu lieu et depuis lors l’usine n’a pu fonctionner normalement
es
pour, entre autres, des problèm
financiers.

47

En 1987 (période du lancement de la mise en liquidation des fermes et du complexe agro-industriel),
la ferme de Za-Zoumè s’étendait sur environ cent vingt deux (122) hectares dont quatre vingt seize
(96) hectares plantés de l’orange Pineapple, de Valentia late, de mandarines Dancy, Clémentine et
des variétés de Tangor et Tangelo. Sur la ferme de Allahé, seulement cinquante trois (53) hectares
sont plantés d’agrumes dont cinquante (50) hectares au moins de citrons (Citron lisbonne et Citron
euréka) qui ont un rendement élevé en huiles essentielles) (MDR, op.cit ; Anonyme, 1999). Cette
particularité de la ferme de Allahé (absence de culture de variété d’orange) serait due aux
caractéristiques édaphiques du milieu (sols peu profonds ayant des concrétions latéritiques,
caractéristiques qui n’entravent pas le bon développement des variétés de citron et mandarine).

Les deux fermes d’alors étaient fournies en plants greffés à partir des pépinières développées sur
place avec de la main-d’œuvre locale formée sur le tas. Les greffons et les graines de porte-greffes
étaient obtenus des parcs à bois et de porte-greffe installés à cette fin. Il en était de même de la
ferme de DAHISIHO.

étaient donc réunies. C’est ains
Les conditions d’une large diffusion
i que les premières plantations
au niveau paysan furent installées à partir de la seconde moitié des années 80. Ces premiers
adoptants sont des ouvriers des fermes de l’ex-SoNaFeL et de DAHISIHO et quelques particuliers
(commerçants) qui allaient s’approvisionner en fruits sur ces fermes. Entre autres facteurs
explicatifs de cette adoption sans vulgarisation formelle, les recettes importantes que faisaient la
SoNaFeL aux dires des adoptants. Ce qui confirme la théorie selo
n laquelle « la prise de décision par
l’exploitant ou tout entrepreneur agricole de l’adoption d’un système autre que ce qu’il faisait est
fondamentalement liée à la rentabilité du nouveau » (Daane et al, 1992 ; Avila, 1992).

Il convient de signaler que les domaines de l’ex-SoNaFeL étaient obtenus par expropriation. Mais
e
des m sures de dédommagement ont été entreprises à l’endroit d’une partie des victimes dans les
années 2000 après la liquidation effective en 1999 du complexe agro-industriel de Allahé et de la
ferme de Za-Zoumè.
Cette situation fait que de nos jours bien que l’Etat n’eut pas dédommagé toutes les victimes, ces
dernières ne disposent pas assez de terres propices aux agrumes. Les méfaits de l’expropriation sont
plus décriés par les producteurs et autres résidents de Za-Zoumè (territoire d’implantation de la
ferme de l’ex-SoNaFeL). Les conséquences so
les em
nt
blavures de plus en plus réduites des
nouvelles plantations alors que le nombre de planteurs ne cesse d’augmenter chaque année.
L’examen de la situation actuelle laisse entrevoir les perspectives d’insécurité foncière dans la
localité en agrumiculture avec le développement des pratiques dégradantes du potentiel de
production. Des témoignages recueillis sur le terrain allant dans ce sens sont présentés ci-dessous.

48

« Les agrumes constituent dans notre localité la spéculation qui nourrit son homme. Quand vous
n’avez pas une plantation d’agrumes, vous n’êtes pas considérés. Mais la production des agrumes
est sujette à la possession de terre propice à leur culture appelée "Fandji" en langue locale. Mon
frère et moi, nous n’avons hérité que d’un hectare de notre père. Chacun ne pouvait disposer que de
demi (1/2) hectare. Mais afin de contourner cette limite de disponible foncier et d’avoir une
production élevée, nous avons tous deux planté le maximum de plants en adoptant des écartements
de (4 x 5 m2) soit une densité de cinq cent soixante (560) plants à l’hectare soit 2,3 fois la densité
normale moyenne10 de plantation ».
Au regard de ceci, il est à craindre les années à venir face à une population sans cesse croissante, des
problèmes d’insécurité foncière. Le disponible cultivable diminuant, il y a nécessité d’une
production intensive d’où le besoin de technologies.

3.1.2. Historique de l’adoption du système de production à base d’agrumes dans
Za-Kpota

La destruction de la palmeraie à Za-Kpota tout comme dans les autres régions du sud-Bénin
apparaît anormale du fait de l’importance qui leur est attachée. La palmeraie était synonyme (Aïna,
1996) :

d’épargne durable du capital,
de caisse d’alimentation de la famille ou de la collectivité,

d’affirmation foncière,

de mode de transfert du capital à la descendance qui ne jouit que d’un droit d’usufruit, la
propriété foncière étant inaliénable.

Ainsi, soucieux du précieux patrimoine que constitue la palmeraie, les géniteurs des premiers
producteurs d’agrumes se sont opposés à l’abattage des palmiers au détriment des agrumes. Mais ces
oppositions n’ont pas pu empêcher les adoptants d’abattre une partie de la palmeraie de leur lignée
pour installer des agrumes qu’ils jugent plus rentables. Les premiers essais ayant porté leur fruit11,
on a assisté à partir de la seconde moitié des années 90 à une adoption massive du système de
production à agrume sans vulgarisation formelle.

Ceci confirme la thèse selon laquelle la prise de décision de l’adoption d’un système est aussi liée à
sa rentabilité (Jickling, 1989 ; Nair, 1990 ; Daane et al, 1992). Ainsi des hectares de palmeraie sont
détruits chaque année au profit des agrumes.


10 Densité normale moyenne : elle est égale à la valeur centrale obtenue des normes de densité (208 à 225 plants / ha).
11 Fruit : des recettes substantielles ont été réalisées, des changements socio-économiques observés (achat de moto,
construction en dur).

49

Les premiers villages qui se sont lancés dans la production agrumicole sont : Za-Kékéré, Za-Zoumè
et Za-Hla. Cette situation s’explique par le fait que Za-Zoumè et Za-Kékéré, deux villages
frontaliers, sont les premiers à avoir connu l’expérience de la conduite des vergers d’agrumes d’une
part et, leur ressortissant en plus de ceux de Za-Hla servaient de main- d’œuvre dans les fermes de la
SoNaFeL et de DAHISIHO d’autre part.

3.1.3. Développement de la production d’agrumes : facteur d’aliénation et de
restructuration socio-économique.

L’histoire de l’évolution foncière dans la commune de Za-Kpota repose essentiellement sur les
témoignages recueillis auprès des personnes ressources rencontrées lors de notre recherche.
La situation de départ était celle du collectivisme foncier sous la direction du chef coutumier.
Seul le chef coutumier (ou chef de collectivité) communément appelé «Daah », avait le droit de
regard et de distribution des terres aux chefs ménages de sa collectivité qui n’étaient nullement des
propriétaires, mais des gérants d’une propriété inaliénable. En dehors des exploitations du chef
coutumier, la valorisation des terres ne se faisait pas de façon collective, mais dans un cadre plus
restreint.

La terre n’était pas considérée comme un bien marchand, malgré son importance pour la
production. Elle était à priori un moyen ou facteur de production qui permettait à la collectivité de
satisfaire ses besoins en l’occurrence la survie et la reproduction. Mais avec l’introduction de la
culture des agrumes dans les années 60 dans Za-Kpota et son extension au niveau paysan dans les
années 80, on a assisté à l’éclatement progressif des structures anciennes et à des cas d’aliénation.
Ces transformations sociales ont pris de l’ampleur à partir de la première moitié de la décennie
1990 – 2000 avec l’entrée en production de croisière des plantations « villageoises » perçues par les
e rentable en
producteurs comm
raison des changements socio-économiques (habitats, achats de
moyens de déplacement surtout) constatés au niveau des premiers adoptants.

La propriété collective a perdu sa valeur et son fondement au profit de la propriété individuelle. Le
caractère rémunérateur de la culture des agrumes aux dires des 100% des enquêtés et autres
producteurs d’agrumes non échantillonnés et la monétarisation croissante de la culture cotonnière
ont renforcé davantage « l’individualisme foncier » chez les populations de Za-Kpota. Le
morcellement des terres est alors devenu un fait quotidien. Mais cela ne veut pas pour autant dire
que le chef coutumier a perdu de son plein pouvoir, mais tous (personnes ressources) conviennent
enuisait. Son pouvoir est réduit
que son influence s’am
à l’attribution de terres non encore occupées à
tout demandeur externe à la collectivité. Dans ce cas l’étranger (demandeur) jouit des droits

50

d’usufruit sur la terre, mais n’a pas le droit d’installer des pérennes dont les agrumes. Il ne peut en
cultiver que s’il acquiert le droit de propriété par achat.
Les collectivités « sécessionnistes » ont par contre la faveur de choisir des parcelles de leur
convenance et d’y cultiver des pérennes même sans le consentement du chef coutumier.

3.2. Caractéristiques des ménages producteurs d’agrumes

La réduction des inégalités sociales est l’un des défis du siècle. En dépit de son caractère universel,
l’inégalité sociale constitue et demeure une réalité indéniable des sociétés. Les ménages producteurs
d’agrumes dans Za-Kpota, bien qu’ils se consacrent à la même culture et qu’ils aient de nombreuses
caractéristiques communes, ils ne forment pas un ensemble homogène. Dans la commune de Za-
Kpota en général et les arrondissements de Za-Kpota et de Allahé en particulier, les différences
socio-économiques au sein des ménages ne sont que le reflet de l’inégalité dans l’accès aux facteurs
de production (en l’occurrence la terre et le capital financier). Ces éléments de production
constituent des facteurs déterminant le niveau de revenu t
e de l’accès au capital (une part des
ttes d
rece
e la campagne de la saison écoulée constitue le capital de la campagne à venir).

3.2.1. Accès à la terre


A Za-Kpota, en dépit de la poussée démographique galopante de ces dernières années, l’extension
très remarquable des superficies plantées d’agrumes laisse entrevoir de nos jours une faible
disponibilité de terres propices à cette culture. On distingue à Za-Kpota deux modes d’accès à la
terre : le mode de faire-valoir direct (F-V D) et le mode de faire-valoir indirect (F-V I). Il convient
de signaler que le paysan peut disposer de sa propriété foncière en ayant recours à plusieurs
variantes de la tenure foncière, ce que nous convenons d’appeler « mode d’accès mixte ».
La figure n°9 présente les proportions cumulées par variantes du mode de tenure.

Figure n° 9: Répartition des ménages par mode d'accès à
la terre
Achat
2%6% 4%
16%
Héritage
Emprunt
25%
Don
Achat-don
1%
46%
Achat-héritage
Héritage-don

Source : Enquête, 2004


51

De l’analyse de la figure n°9, il ressort qu’à Za-Kpota quatre modes d’accès à la terre caractérisent
les exploitations agrumicoles à savoir : l’héritage, l’achat, le don et l’emprunt. Chacun de ces modes
d’accès et les combinaisons observées sont développées dans les lignes qui suivent.

Modes de faire-valoir direct

Achat

L’achat désigne l’acquisition d’une terr sur
e
la base de transactions monétaires avec rupture totale et
e de lien avec le proprié
définitiv
taire, vendeur du domaine (Tossou, 2004). Selon (Dissou, 1998) cité
par la même source, l’achat est le mode d’accès le plus sécurisant et confère à l’acquéreur tous les
droits liés à la propriété : l’usus, l’abusus et l’alienus. Il constitue le mode d’accès le mieux indiqué
pour l’installation de cultures pérennes (ici les agrumes). 16 % des ménages producteurs ont recours
à l’achat comme seul moyen d’accès au foncier. Dans cette catégorie se retrouvent 100% des
exploitations de type féminin. Elles représentent 44% de la catégorie. Ceci est dû au mode
traditionnel de droit d’héritage qui épargne les descendants de sexe féminin. Cet état de chose
constitue un frein social à l’adoption du système de production à agrumes par les femmes. Ceci
explique la faible proportion d’exploitant agrumicole de type féminin dans la localité. Mais dans le
contexte actuel où la contribution de tous les acteurs est indispensable, ces contraintes doivent être
surmontées aux fins d’accorder la même chance aux générations futures indépendamment de leur
sexe.
t avec le concours de leurs progénitures cultiver
Quant aux les cultures vivrières, les épouses peuven

e
des vivriers notamm nt le maïs et le niébé. Les récoltes servent pour la plupart à l’alimentation dans
le ménage. A noter que des cas de vente sont parfois opérés par l’épouse en cas de besoins pour soit
assister ses parents ou répondre à une cotisation de groupe.

Héritage

Il s’agit du partage des domaines paternels aux fils après la mort de leur père. C’est un système
patrilinéaire. L’héritage constitue pour 46 % des ménages producteurs d’agrumes le seul mode
d’accès à la terre. Mais il faut remarquer que toutes les terres disponibles au niveau des héritiers ne
ent celles em
sont pas forcem
blavées par des parents immédiats, mais elles se trouvent dans la
direction ou la zone de culture choisie par leurs aïeux. Des témoignages illustratifs recueillis sur le
terrain sont relatés ci-dessous :
« Mon papa n’avait emblavé que deux (02) hectares. Après sa mort j’ai hérité de son domaine de
culture. Comme on pouvait augmenter lorsqu’on a les moyens la superficie cultivée, j’ai emblavé
en plus des deux (02) hectares hérités trois (03) hectares mais dans la même zone de culture. J’ai

52

donc travaillé plus que mon père et même mon grand père qui n’ont pas pu emblaver une si grande
superficie ».

Mais avec le développement de la propriété individuelle, ces possibilités tendent à
dis a
p raître. De
nos jours à Za-Kpota tout comme dans bien d’autres communautés rurales actuelles du Bénin, la
terre appartient toujours à quelqu’un.

Don

Le don consiste en l’attribution de terre par des parents le plus souvent directs à leurs descendants
(Tossou, op.cit). A Za-Kpota, 25 % des producteurs jouissent du droit de propriété foncier grâce au
don. Le partage systématique ne se fait que lorsque le père sent son âge avancé (du moins pour ce
qui concerne les terres non propices aux agrumes) où en cas de mariage du descendant. C’est un
système patrilinéaire. Mais il existe aussi des cas de matrilinéarité. 1 % des ménages soit 4 % de la
catégorie a accès à la terre par matrilinéarité. A noter que ce sont des cas rares. Ce cas est lié au fait
que le père du descendant ne possédait pas de terres propices à la production d’agrumes. Très tôt
orphelin, il a été élevé par ses oncles maternelles. C’est en guise de soutien pour permettre à son
neveu de cultiver la spéculation de prédilection actuelle de la commune que l’oncle fût ce geste.

Modes de faire- valoir indirect

Emprunt

L’emprunt est l’utilisation à titre temporaire du domaine d’autrui sans contrepartie monétaire ou en
nature formelle (Tossou, 2004). 1% des producteurs a recours à ce mode d’accès. Ce faible
pourcentage est dû à la nature pérenne des agrumes dont l’installation constitue de façon implicite
une « forme d’affirmation du statut foncier » à l’instar du palmier.

e
En dehors des plantations d’agrum s, les UDP ont recours à l’emprunt gratuit aux fins d’assurer
leur survie et leur reproduction par la production vivrière. Les causes de cet état de chose sont entre
autres liées à la mise en culture d’agrumes de tout le foncier disponible. La plantation ayant atteint
un âge avancé, aucune association culturale productive n’est plus possible (7 ans et +). Ceci pourrait
compromettre à l’avenir la sécurité alimentaire dans cette région déjà en proie à toutes les formes de
malnutrition (PAN/ MAEP, 1992).

Modes d’accès mixtes à la terre

En dehors des producteurs caractérisés spécifiquement par les modes d’accès dont nous venons de
faire cas, d’autres détiennent des titres mixtes. Ainsi, 2 % des producteurs sont concernés à la fois
par l’achat et le don, 6 % par l’achat et l’héritage et 4 % par l’héritage et le don.


53

En combinant la variable superficie et la variable mode d’accès à la terre, 51% des emblavures en
agrumes des ménages de notre échantillon sont acquises par héritage d’où la prééminence de
e
l’ass rtion suivant laquelle « la terre n’appartient qu’aux premiers occupants »; 29% par l’achat et
20% par le don.

Au total, 71% des terres sont acquises à zéro frais (héritage + don). Mais de nos jours cette pratique
tend à disparaître des habitudes de
s populations de a
Z -Kpota. Les rais n
o s évoquées sont : les

contraintes foncières, le développement de la production des agrumes supposée rentable aussi bien
par la qua i
s -totalité des ménages producteurs que par les non producteurs. Selon ces derniers, des
changements socio-économiques importants sont apparus dans les unités domestiques productrices
d’agrumes. Au nombre de ces changements, on peut citer : l’habitat, les moyens de déplacement, la
facilité d’accès à la main-d’œuvre salariée permettant ainsi d’éviter les retards dans le calendrier
ral au
cultu
ssi bien dans les plantations d’agrumes que dans les champs de vivriers.

3.2.2. Inégalités introduites par l’introduction des plantations d’agrumes


Les plantations d’agrumes n’ont pas touché tous les ménages, et de plus leur taille est inégale en
raison des disponibilités en terres ou des possibilités d’emploi d’une main-d’œuvre salariée. Tous
ces éléments interviennent pour créer des disparités entre les ménages.

Taille de l’exploitation contrôlée par catégorie de ménages

Dans les villages étudiés coexistent des planteurs ayant de faibles superficies t
e des planteurs
portantes
possédant des plantations im
. Il est alors évident que cette diversité introduit des inégalités
sur le plan social, conséquence d’une distribution très inégale des revenus.

La superficie moyenne emblavée par exploitant est (1,9 ± 1,4) ha. Les unités domestiques
productrices d’agrumes dans Za-Kpota se répartissent sur la base de la variable superficie en quatre
classes. Soit S cette variable, on a :

Classe I: S ≤ 1 ha

Classe II: 1 < S ≤ 2 ha

Classe III : 2 < S ≤ 5 ha

Classe IV : S > 5 ha

NB : Les limites de classes sont déterminées par la méthode des nuages de points comme indiquée
en annexe 3.

Le tableau n°7 présente les caractéristiques (proportions de superficie emblavée, moyenne
emblavée) par catégorie.

54

Tableau n°7 : Répartition des ménages par catégorie de superficie totale plantée d’agrumes et proportions
des emblavures par catégories.






Superficie S (ha)
S ≤ 1 ha
1 < S ≤ 2 ha
2 < S ≤ 5 ha
S > 5 ha





Proportions des 42
31
21
4
ménages producteurs
(43%)
(32 )
%
(21%)
(4%)
)
enquêtés (%





Superficie
totale
36,5
52,5
71,67
25,5
emblavée (ha)
(20%)
(28 )
%
)
(38%
(14 )
%





Moyenne emblavée 0,87 ± 0,21
1,69 ± 0,27
3,41 ± 0,75
6,37 ± 0,48
(ha)

Source : Enquête, 2004

De l’analyse du tableau n°7, il ressort que

La majorité des ménages producteurs (43%) ne détiennent plus de d’un (01)
hectare planté d’agrume. Leur emblavure totale ne représente que 20% des
superficies totales plantées d’agrumes dans Za-Kpota,

Une minorité de producteurs (4%) détiennent plus de 5 ha en production
d’agrumes. Ils emblavent 14% des superficies en production.


Accès à la main-d’œuvre

La main-d’œuvre constitue un facteur-clé de production. Au sein des ménages producteurs
d’agrumes, nous distinguons trois catégories de main-d’œuvre : la main-d’œuvre familiale,
l’entraide et la main-d’œuvre salariée.

Main-d’œuvre familiale (MOF)

Elle demeure la caractéristique fondamentale de l’agriculture traditionnelle. Aho et Kossou (1997) la
définissent comme étant l’ensemble des membres de l’unité domestique de production qui travaillent
pour le compte du chef ménage et qui ne sont pas couverts par un contrat tacite. Elle constitue de ce
fait le premier recours des paysans pour la mise en valeur de leurs champs. Son importance varie
suivant les ménages et représente dans certains cas un paramètre déterminant dans la taille des
exploitations. 21% des ménages ont recours à la MOF comme unique source de travail humain sur
leur exploitation.


55

Pour la comparaison des ménages au niveau de cette variable, nous convenons d’adopter les unités
de travail (UT) obtenues sur la base du « conversion rates of man and child in day of work » utilisé
par Mongbo (1985) cité par Aïna (1996)
e l
comm ’indique le tableau n°8.

Tableau n°8: Conversion rates of man and child in day work (UT)






Age (an)
7
7 à 13
14 à 60
60






Sexe
Masculin
0
0,5
1
0,5





Féminin
0
0,5
0,75
0,5

Source : Mongbo, 1985 cité par Aïna, 1996

La conversion est basée sur le nombre d’actifs disponibles au niveau des ménages. Nous
considérons comme actif agricole tout individu homme, femme, jeune d’âge supérieur à sept (07)
ans travaillant à plein temps ou fréquent pendant toute une campagne agricole. Sur la base d
u
nombre d’actifs agricoles, la moyenne de travail humain familial disponible par ménages est (1,35 ±
0,97) UT. Ainsi les unités domestiques productrices d’agrumes se répartissent en trois classes
sociales selon l’im
ce de ce
portan
tte va
le. On a :
riab


Classe I : 0 UT ≤ 1


Classe II : 1 < UT 2

Classe III : 2 < UT ≤ 3,5

NB : Les limites de classes sont déterminées par la méthode des nuages de points comme indiquée
en annexe n° 3.

En combinant cette variable avec la superficie totale emblavée par ménage producteur, nous avons
la typologie présentée dans le tableau n° 9.


56

Tableau n°9 : Répartition des UDP d’agrumes en fonction de la main-d’œuvre familiale (MOF) disponible et
relation avec la MOF et la superficie par exploitant






Cession
0 ≤ UT ≤ 1
1 < UT 2

2 < UT ≤ 3,5
Moyenne UT





0,5 ≤ S ≤ 1 ha
27
6
9
1,3 ± 0,92
(28%)
(6%)
(9%)





1 < S ≤ 2 ha
18
8
5
1,38 ± 0,88
(18%)
(8%)
(5%)





2 < S ≤ 5 ha
9
7
5
1,39 ± 1,17
(9%)
(7%)
(5%)





S > 5 ha
3
1
-
-
(3%)
(1%)





Moyenne Unité de
0,66 ± 0,47
1,84 ± 0,2
2,84 ± 0,41
1,35 ± 0,97
Travail (UT)





Total
57
22
19
-
(58%)
(23%)
(19%)

Source : Enquête, 2004

Il ressort de l’analyse du tableau n°9 que la main-d’œuvre familiale disponible ne détermine pas la
superficie à emblaver pour la plantation. En effet, le coefficient de corrélation calculé est très faible
(r = - 0,05). C’est la caractéristique d’une agriculture dominée par la main-d’œuvre salariée et
l’entraide. Il importe cependant de faire remarquer que 15% des producteurs ayant une superficie
inférieure ou égale à un (01) hectare disposent encore en moyenne 0,75 ha non encore planté
d’agrumes. Bien qu’ils aient la volonté de mettre ces disponibles fonciers en culture d’agrumes, il se
pose à ces producteurs le problème de l’accès à la main-d’œuvre d’entretien et donc les contraintes
d’accès au capital au financier.
Par ailleurs, il o
c nvient de faire remarquer que les 75% des producteurs ayant plus de 5 ha tous de la
catégorie de moins d’un (01) UT ont exclusivement recours à la main-d’œuvre salariée sur leur
exploitation agrumicole. Ils sont pour la plupart des chefs exploitants de plus de 45 ans d’âge.

Entraide

Communément appelée «ASSÖ » en langue locale, l’entraide consiste en la mise en commun du
facteur de production qu’est la terre. Le fonctionnement du système repose sur une rotation établie
au début ou en cours de saison conformément à un calendrier suivant lequel chaque sociétaire reçoit

57

à tout de rôle sur son domaine agricole, la prestation de service des autres membres. 23% des
ménages ont recours à cette forme de prestation.

Main-d’œuvre salariée (MOS)

Les paysans ont recours à cette main-d’œuvre en cas d’insuffisance de la main-d’œuvre familiale ou
d’inexistence de MOF (exploitants très âgés ou exerçant une activité principale autre que
l’agriculture) pour l’exécution des travaux champêtres. Les ouvriers agricoles sont rémunérés sur la
base de la tâche accomplie. Le taux de rémunération varie selon les opérations culturales exécutées.

Dans la commune de Za-Kpota, la MOS revêt deux variantes : la main-d’œuvre occasionnelle
(MOOC) et la main-d’œuvre permanente (MOP).

Main-d’œuvre occasionnelle (MOOC)

Elle consiste en la vente ponctuelle (par autrui) de sa force de travail en contrepartie d’une
rémunération. Les ouvriers sont pour la plupart recrutés dans le village de l’exploitant ou dans les
villages environnants. Différentes catégories socio-professionnelles, culturelles ou religieuses
s’adonnent à cette activité. Ce sont soit des personnes en quête d’argent pour résoudre leurs
problèmes financiers, soit ceux qui ont peu de travaux à effectuer sur leur champ ou des gens
partageant la même confection religieuse (vodoun, chrétiens) soucieux d’alimenter en liquidité leur
caisse communautaire.

21% des chefs exploitants dont 33% de femmes (100% des femmes chefs exploitants) ont
exclusivement recours à cette main-d’œuvre sur leur exploitation. En dehors des femmes, les chefs
exploitants de cette catégorie sont soit des personnes trop âgées, soit des gens ayant pour activité
principale une activité autre que l’agriculture.

Mais la plupart des bénéficiaires de ces prestations se plaignent du travail mal fait, de la
malhonnêteté des manœuvres qui surévaluent les tâches effectuées. Les prestataires quant à eux
jugent insuffisant le traitement salarial qui leur est fait. Mais malgré ses controverses de l’un ou
l’autre des partis, le système se perpétue. Ceci, parce que les deux partis se trouvent en mal
d’alternatives.
Il importe de faire remarquer, que la main-d’œuvre sollicitée n’assure que les opérations de labour et
de sarclage sauf cas exceptionnel l’épandage d’engrais et les traitements phytosanitaires. Cette
main-d’œuvre demeure pour l’heure non qualifiée.

Main-d’œuvre permanente (MOP)

La MOP est une variante spécifique ou particulière de la MOS. Elle consiste en l’embauche par
certains producteurs des ouvriers non résidents en quête de travail. Ces derniers sont logés, nourris

58

et payés soit mensuellement ou à la fin de la durée du contrat selon le consentement de l’ouvrier.
Les ouvriers perçoivent une rémunération mensuelle de 10.000 Fcfa. 1 % seulement des
exploitations a recours à cette main d’œuvre. La durée du contrat varie de cinq (05) à neuf (09) mois
(Avril à Août ou Avril à Décembre). Ces ouvriers sont pour la plupart des « adja ».

Par ailleurs 30% des ménages enquêtés ont à la fois recours à la MOF et la MOOC, et 11% aux
trois formes (MOF, MOOC, MOE).

3.2.3. Qualification de l’agriculteur exploitant et de la main-d’œuvre

L’état des arbres montre que la formation technique fait entièrement défaut. Aucun soin cultural
approprié (travail du sol, fumure, traitements antiparasitaires, irrigation, taille) n’est apporté aux
plants. Même les ouvriers de l’ex SoNaFel ne sont épargnés de cette tendance générale. La taille
annuelle d’entretien fait défaut dans la quasi-totalité des exploitations agrumicoles de Za-Kpota.
L’observation des plantations en production d’une part et de l’autre l’observation participante lors
de l’installation des jeunes plants greffés permet de se rendre compte de quelques erreurs techniques
de base : plantation trop profonde, non, enlèvement des souches après défrichement. Or la bonne
performance d’une exploitation est toujours liée aux connaissances et aux expériences du chef
pilote. Ainsi, l’information joue un rôle important dans la réussite des exploitations et l’élaboration
des politiques agricoles (Rölling, 1994). Malheureusement le Système de Connaissance et
d’Information Agricole (SCIA ou AKIS) ne fonctionne dans les pays en voie de développement
(Rölling, op.cit) en général et au Bénin en particulier, cause principale des contre performances
observées au niveau des exploitations.

L’agrumiculture dans Za-Kpota n’échappe pas à ce phénomène. Ainsi, les producteurs abandonnés à
leur propre sort et sur la base des connaissances acquises par quelques uns pour avoir servir sur les
fermes de l’ex-SoNaFeL, bricolent à leur manière en combinant sans fondement aucun les facteurs
de production. Ainsi les notions de techniques classiques d’entretien sont peu connues ou pas du tout
des exploitants. Même ceux qui en détiennent se trouvent impuissants faute de matériels appropriés.

La conduite d’un verger d’agrumes demande une main-d’œuvre spécialisée. En effet une des
particularités des agrumes par rapport aux autres fruitiers est qu’ils sont plus exigeants en entretien,
en l’occurrence la taille. En effet, une taille annuelle est indispensable si l’on veut réaliser de bonnes
performances. Cette taille annuelle dite « d’entretien et de fructification » détermine pour une large
part les niveaux de rendement même en l’absence d’engrais. La pratique de la taille des agrumes
vise : la formation d’une charpente vigoureuse, la constitution de rameaux porteurs jeunes, bien
alimentés et uniformément répartis sur les charpentières (branches primaires) et les sous mères
(branches secondaires), le remplacement des rameaux âgés improductifs par du bois jeune qui

59

portera la fructification de l’année suivante (Aubert et Vullin, 1997 ; Anonyme, 1999 ; Raemaekers,
2001)

em
Malheureus
ent, aucune de ces op
ltural
érations cu
es
tr
d’en etien n’est pr
r les planta
atiquée su
ns.
tio
buissonnants avec des déséquilibres de répartition
Conséquences les fruitiers développent des ports
de charges lors de la fructification d’où des cassures rég l
u ières sources de pertes pour l’exploitation.

Aussi de nombreux bois poussent sur les branches fructifères, se gênant mutuellement, la nutrition
minérale encore appelée « fertilité des r
b anches » (de Rave ld’esclapon, 1990 cité par Ayinon, 2000)
devient alors insuffisante. Il en résulte la formation de fruits de petit calibre.
Somme toute, la non qualification de la main-d’œuvre affecte la perfor a
m nce des exploitations.
Entre autres contraintes, il convient de signaler dans un contexte d’agriculture pluviale comme le
atiques qui déterm
notre les variations clim
inent par leur saisonnalité et intensité le niveau de
production.

Ces défauts d’entretien combinés à l’absence d’irrig t
a ion pourtant é
n c ssaire au regard des
e
irrégularités pluviométriques marquées de ces dernières années expliqueraient une part de la faible
i
productivité des plantations agrum coles et les attaques parasitaires et maladies notamment la
gommose et la pourriture.
Il y a alors nécessité d’un travail de vulgarisation des techniques culturales de bas
e à effectuer.

3.2.4. Synthèse des caractéristiques socio-économiques des exploitations
productrices d’agrumes dans Za-Kpota
Le tableau n°10 fait le point de cette synthèse.

60

Tableau n° 10: Synthèse sur les caractéristiques socio-économiques des producteurs d’agrumes dans Za-
Kpota






Superficie
S ≤ 1 ha
1 < S ≤ 2 ha
2 < S ≤ 5 ha
S > 5 ha





Proportion
43%
32%
21%
4%
d’agrumiculteur






Superficie moyenne
0,87 ± 0,21
1,69 ± 0,27
3,88 ± 1.31
6,38 ± 0,48
emblavée





MOF disponible/ha
1,5
0,81
0,44
0,08
(UT/ha)





M-O dominante
MOF (33%)
MOOC (23%)
MOOC (19%)
MOOC (75%)
MOFE (26%)
MOFS (35%)
MOFS (48%)
MOFS (25%)





MFV dominant
H (55%)
H (42%)
H (36%)
HAD (100%)
D (31%)
D (32%)
A (33%)





MFV (achat)
12%
23%
33%
100%





Capital moyen /ha
17.217 ± 25.161
16.255 ± 27.467
30.852 ± 18.684
63.407 ±
(F CFA/ha)
91.825

Source : enquête, 2004

De l’analyse du tableau n°10, il ressort que :
- la main-d’œuvre familiale disponible n’est pas un élément déterminant dans la prise de décision de
l’exploitant en ce qui concerne la superficie à emblaver,

- au fur et à mesure que la superficie emblavée par exploitant augmente, le recours à la main-
d’œuvre occasionnelle devient une nécessité du fait de la faible disponibilité de la main-d’œuvre
conséquence du faible effectif des enfants en âge de travailler dans les ménages producteurs,

- bien que l’héritage soit le mode d’accès dominant dans la localité, il ne permet pas d’avoir une
superficie de plus d’un (01) hectare. De grandes emblavures ne sont possibles que grâce à l’achat,

- le capital investi par hectare est presque constant pour les exploitants emblavant moins de deux
(02) hectares, ce qui confirme la théorie économique selon laquelle pour les petites exploitations où
le travail manuel est prépondérant, les coûts moyens ne varient pas à long terme (Boussard, J-M,
1987/1992). Les coûts élevés des producteurs emblavant plus de deux (02) hectares sont dûs au
recours intensif à la main-d’œuvre salariée. A noter que l’écart-type élevé au coût moyen investi par
les producteurs ayant plus de cinq (05) hectares est dû à l’utilisation par 25% d’eux de la main-

61

d’œuvre permanente qui exige un investissement élevé alors que les agrumes n’exigent d’entretien
que de façon ponctuelle. Le recours à ce type de main-d’œuvre en culture pérenne ne se justifie donc
pas.

62











Chapitre 4 : TECHNIQUES DE PRODUCTION ET RELATIONS AVEC LE
RENDEMENT DES PLANTATIONS D’AGRUMES


63

4.1. Techniques de production des agrumes

La production agrumicole comme toute autre, exige un certain nombre de facteurs de production : la
main-d’œuvre, les ressources naturelles et le capital (biologique et financier). Ces différents
éléments ou facteurs déterminent pour une large part les stratégies et méthodes culturales
développées par le producteur pour atteindre ses objectifs de production.

4.1.1. Matériel agricole

Il désigne l’ensemble des outils utilisés par les paysans pour la mise en valeur de la terre. Ce sont la
daba, la houe, le coupe-coupe, les tracteurs, les arrosoirs, les scies, etc.
Le matériel agricole utilisé par les paysans de Za-Kpota est rudimentaire. A Za-Kpota, la
12
mécanisation n’est pratiquée que par un seul exploitant : monsieur DAHISIHO . Les paysans
individuels quant à eux se plaignent du manque de moyen financier pour une mécanisation de leur
production.

4.1.2. Travaux de préparation

Ils regroupent toutes les opérations culturales qui aboutissent à la réalisation du lit de culture. Mais
les méthodes et les moyens utilisés varient selon l’état, la nature de la végétation caractéristique du
sol. Dans la commune de Za-Kpota, les opérations les plus importantes sont : le défrichement, le
fauchage, le labour et dans une moindre mesure l’essouchage.

Défrichement

Il se fait sur la (les) parcelle (s) densément couverte (s) d’herbes et d’arbustes. L’opération consiste
à mettre à nu un terrain resté en friche. Cette opération est suivie de l’incinération des abattis.

Essouchage

Il consiste à enlever les souches des gros arbres ou arbustes après le défrichement. Cette opération
présente l’avantage d’un développement racinaire aisé des fruitiers et un travail mécanisé en toute
sécurité. A Za-Kpota, l’essouchage est fait à la houe et à la hache. Mais il demeure une opération
facultative pour l’installation des plantations surtout ces six dernières années. Les paysans justifient
leur comportement par le fait qu’ils n’ont pas recours à la mécanisation.

Ces différentes opérations dont nous venons de faire mention sont exécutées par le paysan souvent
courant mars-avril pour la grande saison et août-septembre pour la petite saison.


12 Chef exploitant propriétaire d’une des entreprises agricoles

64

Fauchage

Il consiste en un simple nettoyage d’une parcelle qui avait été mise en culture donc non densément
couverte. Ainsi les pieds des cultures antérieures (maïs, coton, niébé) et quelques mauvaises herbes
(Panicum sp, Impérata cylindrica) sont fauchés, mis en tas puis brûlés. Mais les plants d’agrumes
étant très sensibles à la chaleur, le brûlis est f i
a t soit hors du verger ou dans les interlignes de
plantation très tôt le matin en conditions d’atmosphère humide. La fréquence annuelle de fauchage
dépend de l’intensité de repousse des mauvaises herbes et de l’itinéraire technique choisi, surtout
après la 6ème année de plantation (système à deux labour ou à un labour par an). Ainsi, le fauchage
a lieu une (01) fois au moins dans le verger durant les quatre premières années.

4.1.3. Mise en place des cultures

Dans la commune de Za-Kpota, le semis en poquet demeure le mode le plus répandu. Les densités
varient d’une exploitation à une autre et au sein d’une même exploitation pour la même culture.
Pour les orangers, la multiplication se fait en pépinière et par greffage.

Préparation du matériel végétal

Les graines de porte-greffe (Lime rangpur) sont semées à forte densité sur des planches (ou en
germoirs). Les jeunes plants sont ensuite repiqués un (01) mois après semis à un écartement
d’environ 4 à 6 cm dans une pépinière. Cette opération a lieu en Août. Les planches de dimensions
moyennes 10 m x 15 m reçoivent les lignes de jeunes plants de porte-greffe.

Des entretiens réguliers (arrosage, apport d’engrais, traitements antiparasitaires) sont faits. Ces soins
visent à conduire en toute sécurité les jeunes pousses jusqu’à l’âge de 5 à 6 mois où débutent les
opérations de greffage. Le point de greffage doit se situer au moins à 20 cm au-dessus du sol. Le
greffage à lieu de préférence en Janvier.

Les plants sont greffés sur planches pour ceux non mis en pots, tandis que ceux à mettre en pots sont
d’abord déterrés puis mis en pots et greffés. Des soins réguliers leur sont apportés jusqu’en mai ou
débute la commercialisation des plant .
s Les soins de post-greffage se réduisent à la coupure du
o
p rte- greffe au-dessus du point de greffage une semaine après le greffage. La libération du point de
greffe a lieu deux semaines après le greffage. Suivent ensuite les opérations d’égourmandage qui
inantes pour le développem
sont très déterm
ent ultérieur du plant greffé. Le contrôle des gourmands
est indispensable pour éviter l’étouffement du greffon par le développement des ramifications du
porte-greffe. Durant ces périodes, des arrosages c
opieux sont apportés à la fréquence de deux
semaines jusqu’à l’installation des pluies à partir de mi-mars ou début avril en cas de retard.


65

Ces différentes opérations devraient permettre d’éliminer les plants moins vigoureux et de conduire
à terme (jusqu’à la commercialisation) des pl n
a ts bien vigoureux. Mais aucun tri n’est fait ni avant,
connaissance. Aux dires des pé
ni après le greffage faute de
piniéristes, ils n’ont jamais
connaissances de telles pratiques. La qualité des plants fournis par la pépinière laisse donc à désirer.

Qualité des plants produits en pépinière

La nature et la qualité du plant greffé sont déterminantes dans la performance de l’exploitation
agrumicole qui contrairement aux champs de vivrier (culture annuelle) est installée pour plusieurs
années (15 ans au moins). A cet effet, toute défaillance en début de plantation compromet pour toute
la durée du cycle de production la rentabilité de l’exploitation. La culture des plants en pépinière ne
devrait donc pas relever de l’improvisation ou de l’amateurisme mais du professionnalisme (avoir
suivi nécessairement une formation en la matière). Mais c’est bien le contraire à Za-Kpota. Les
plants sont greffés par le producteur ou de jeunes écoliers qui s’improvisent pépiniéristes pour avoir
suivi des opérations de greffage chez de proches parents ayant servi par le passé à la SoNaFeL.

Il n’existe pas de parc à bois à Za-Kpota. Les greffons sont prélevés sur des plants déjà en
production, supposés être d’une aptitude productive élevée. Mais ceci n’apparaît pas crédible dans la
mesure où les « soi disant pépiniéristes » sollicitent le concours de jeunes qui sont payés à la tâche.
Un plant greffé donne droit à 5 F CFA soit 1000 F CFA pour deux cents plants greffés, la recherche
de greffon est assurée par le prestataire. Le greffage a lieu entre 20 et 40 cm au dessus du sol13.

Un autre facteur de la faible vigueur des plants sortis de pépinières est lié à l’absence de tri des
plants de porte-greffe avant les opérations de greffage. Les plants devraient être normalement triés
pour élim
a
iner les plus f ibles qui le plus souvent sont des plants issus de la germination des ovules
fécondées. Ces graines ne présentent pas les mêmes aptitudes que celles issues de la multiplication
des cellules du nucelle (Aubert et Vullin, 1997; Raemaekers, 2001) qui sont très vigoureuses et de
même potentiel génétique que la plante mère.

Toute perspective de développement visant à ériger la filière en une filière commerciale devrait
prendre en compte les points suivants :

Organiser des formations à l’endroit aussi bien des producteurs de fruits que des
pépiniéristes,

Introduire des souches (porte-greffe et greffon) certifiées pour l’installation de parcs
à bois et de graines de porte-greffe.


13 Référence’ faite au niveau des racines des plants de porte-greffe

66

Mise en place proprement dite

Densités et écartements des plants

Le choix d’une densité d’arbre à l’hectare en horticulture classique devrait tenir compte de divers
facteurs dont le climat, la qualité du sol, l’association porte-greffe vari t
é é, ainsi que des techniques
culturales mises en œuvre, la taille notamment. Les agrumes exigent pour leur développement une
pluviométrie moyenne de 1.200 mm. Les sols à ag
e
rum s doivent avoir une profondeur utile d’au
moins 1,50 m. L’élément primordial constitue le drainage associé à la perméabilité et à l’aération du
sol.

Les densités recommandées en Afrique tropicale dont le Bénin varient entre 208 et 22514 plants à
l’hectare (Aubert et Vullin, 1997 ; Raemaekers, 2001). Cette densité présente la facilité de passage
des engins motorisés (tracteurs pour le labour, les pulvériseurs, les épan e
d urs). Un autre avantage est
la non ferm
e
eture précoce du couvert. Mêm à âge avancé les branches des fruitiers ne se joignent
pas ce qui n’est pas le cas des vergers à densité très élevée.
autre et d’une plantation à une autre pour un mêm
A Za-Kpota la densité varie d’un producteur à un
e
producteur. Les paysans ignorent tout de ce que, les distances de plantation retenues auront des
conséquences importantes sur la rentabilité du verger (rendement et qualité) ainsi que les coûts de
certaines interventions comme la fertilisation, les traitements par pulvérisation, le binage qui
constituent des postes importants dans le budget général d’entretien. Les densités varient de 160
plants à l’hectare à 360 plants à l’hectare. La densité moyenne observée est de (221 ± 26) plants à
l’hectare. Ainsi, les plantations d’agrumes dans Za-Kpota se répartissent en trois classes selon la
densité de plantation :

- Classe I : D < 208 plants / ha

- Classe II : 208 ≤ D ≤ 225 plants / ha
- Classe III : D > 225 plants / ha
En combinant la variable densité de plantation avec la variable taille de la plantation, on obtient les
fréquences par classe de densité et de superficie comme présentée dans le tableau n° 11













14 base de détermination des intervalles de classes de densité de plantation au niveau paysan

67

Tableau n° 11 : Répartition des plantations d’agrumes dans Za-Kpota en fonction de la densité de plantation






Cession
Total
D < 208
208 ≤ D ≤ 225
D > 225





44
0,5 ≤ S ≤ 1ha
11
14
19
(31%)
(8%)
(10%)
(13%)





41
1 < S ≤ 2 ha
13
15
13
(28%)
(9%)
(10%)
(9%)





59
S > 2 ha
23
17
19
(41%)
(16%)
(12%)
(13%)





Total
47
46
57
100
(33%)
(32%)
(35%)
(100%)

Source : Enquête, 2004

De l’analyse du tableau n°11, il ressort :
d’une part que 65% des plantations d’agrumes sont installées avec respect des normes
classiques de densité contre 35% pour celles installées sans respect des normes de densité de
plantation (D > 225 plants / ha). Les producteurs trouvent cette alternative comme palliative
aux contraintes foncières et du fait qu’ils sont encore aux outils manuels,

d’autre part que pour les trois catégories de plantation différenciée par la superficie, la
proportion par catégorie varie très peu en fonction de la densité. Le coefficient de corrélation
entre la densité de plantation et la taille de la plantation est très faible (r = -0,07). On conclut
alors que la superficie à emblaver par l’exploitant ne détermine pas le raisonnement de la
densité de plantation.

Mais de nos entretiens avec d’a t
u res producteurs d’agrumes non échantillonnés, il ressort que
certains producteurs ont adopté des densités de 520 plants à l’hectare. Pour le producteur ce
raisonnement de la densité est la seule alternative pour avoir une production élevée dans un contexte
de manque d’engrais et palier à la faible disponibilité de terres propi
e
ces aux agrum s. Ceci confirme
la thèse selon laquelle, en l’absence de technologie améliorée, le paysan cherche à maximiser son
profit par une utilisation intensive des ressources naturelles dont la terre et le capital biologique. Ce
p
qui com romet leur gestion à long terme.

dem
A noter que ces producteurs ne disposent de plus de
i (0,5) hectares hérités soit de leur parent
défunt ou acquit par achat. Ils représentent 25% des agrumiculteurs de Za-Kpota (à dire d’acteurs).

68

Ce sont pour la plupart de nouveaux planteurs. L’âge maximal de leur plantation ne dépasse six (6)
ans. Mais l’inconvénient liée aux densités élevées résident dans le fait que la fermeture précoce du
couvert et le croisement des branches entravent la pénétration des rayons solaires et par conséquent
participe à la réduction de la photosynthèse au niveau des bois fructifères. Ce qui affecte la
production physique de l’exploitation. Cette fermeture du couvert devient importante à partir de la
8ème – 9ème année de plantation (observation personnelle). Les plants étant trop serrés, il s’instaure
une lutte pour la lumière. Les plants d’agrumes qui sont des arbustes donnent l’apparence de
véritables arbres. Ce phénomène pourrait modifier le système d’enracinement du fruitier qui « de
type traçant par nature » pourrait devenir «un enracinement de type profond ». Les racines
exploreront ainsi le
uches prof
s co
ondes moins fertiles (niveau de fertilité des sols ferralitiques
i
dim nue avec la profondeur). Les feuilles jaunissent précocement, la frondaison se dégarnit induisant
e
des niveaux de rendem nt faibles du fait de la réduction des bois fructifères. Dans certains cas on
assiste à la mort sur pieds des plants déjà à 10 ans.

Pour palier à ces inconvénients liés à la pratique de densité élevée, il est conseillé l’utilisation de
porte- greffes à effet nanisant, le développement du volume de l’arbre pour cette sélection variétale
étant réduit. Des expériences dans des vergers agrumicoles en Thaïlande ont donné des résultats très
lées à une densité deux fois supé
concluants. Des plantations instal
rieure à la densité normale de
ème
plantation ont permis d’atteindre dès la huitième (8 ) année le résultat d’exploitation atteint à la
quatorzième (14ème) année par celles installées à densité normale (Aubert et Vullin, 1997). Selon la
même source, ces constats conduisent à une tendance à la théorie moderne de plantation visant une
densité de plantation de plus en plus élevée.
ion du rendem
Le tableau n°12 indique la variat
ent en fonction de la densité de plantation pour
différentes tranches d’âge.

Tableau n° 12 : Rendement par tranche d’âge en fonction de la densité





Cession
D < 208
208 ≤ D ≤ 225
D > 225




4 – 5 ans
4.719 ± 2.136
5.473 ± 2.545
5.290 ± 1.854




6 – 11 ans
6.854 ± 3.362
8.670 ± 4.006
9.690 ± 3.627




12 – 16 ans
4.249 ± 1.747
4613 ± 1.885
5835 ± 2.126

Source : Enquête, 2004


69

Il ressort de l’analyse du tableau n°12 que le rendement à l’hectare s’améliore avec la densité
quelque soit la phase de production. Le coefficient de corrélation entre le rendement et la densité
(r = 0,17) est relativem

ent faible. La relation de cause à effet entre ces deux paramètres n’est donc
a
p s forte. Ce constat co t
n rarie les conceptions théoriques. Mais ceci ne devrait a
p s conduire à une
préférence aux densités élevées de
tion
planta
mais les normes théoriques demeurent valables. En
effet, si les plants étaient exploitées dans des conditions normales (apport d’engrais, traitements
phytosanitaires, bonne irrigation, tailles de formation et d’entretien) ils croîtraient normalement.
Ainsi, à densité élevée, les frondaisons des fruitiers se gêneront. Les plantations de Za-Kpota étant
exploitées dans des conditions qu’on qualifierait « d’artisanales », leur
a
perform nce est tributaire du
nombre de plants.

Piquetage et trouaison

Le piquetage vise une bonne disposition des plants suivant les lignes de plantation, ce qui permet
une bonne circulation de l’air dans le verger. Il rend aisé le déplacement et le maniement des engins
mécaniques. Une orientation bien faite des lignes de plantation évite q e l’om
u
bre porté d’un plant
couvre un autre de la ligne voisine. L’ombre portée réduit la surface d’exposition des feuilles devant
recevoir la lumière (végétaux verts) réduisant ainsi la photosynthèse é
n cessaire à la synthèse des
hydrates15.
La trouaison intervient juste après le piquetage. Elle se réalise manuellement et consiste à creuser
des trous de volume 80 x 80 x 80 cm3 qui sont les lits de plantations après rebouchage avec la terre
de surface (terre arable). Toutes ces opérations de pré-plantation visent à fournir au jeune plant les
éléments minéraux nécessaires à la reprise de croissance au début de sa phase végétative.

En dépit des avantages inhérents à ces deux opérations culturales, elles ne sont pas pratiquées par les
agrumiculteurs de Za-Kpota sauf cas exceptionnel. Les lignes de plantations sont déterminées à vue
d’œil. En conséquence la disposition des plants est en zig-zag. Les trous sont faits au coupe–coupe.
Leur volume moyen varie entre 20 x 20 x 30 cm3 et 30 x 30 x 30 cm3 contre 80 x 80 x 80 cm3 e
n
agrumiculture classique. Les plan
à racines nues de la pépi
ts sont arrachés
nière. Cette préférence
des producteurs est liée au coût d’acquisition relativement bas16 de ces plants et à leur transport
acile17
f
. Le tableau n°13 indique les fréquences absolues et relatives des plantations par tranche
ode de plantation.
d’âge en fonction du m







15 Les hydrates sont des éléments carbonés nécessaires à la nutrition des branches fructifères dont la bonne nutrition
induit une bonne floraison.
16 100 F CFA pour les plants à racines nuit contre 150 voire 200FR CFA pour les plants en pot.
17 A racine nuit, les plants peuvent être transportés en quantité importantes attachés sur les vélos ou les motos

70




Tableau n°13 : Répartition des plantations d’agrumes par tranche d’âge en fonction du mode de plantation




Mode de plantation
Densité (plants / ha)
Age de plantation


Non respect des normes de
Respect des normes de
trouaison
trouaison




4 – 5 ans
10
-

(7%)





6 – 11 ans
12
11
D < 208
(8%)
(8%)



12 – 16 ans
4
10
(3%)
(7%)




4 – 5 ans
5
1

(3%)
(1%)





6 – 11 ans
9
16
208 ≤ D ≤ 225
(6%)
(11%)



12 – 16 ans
3
9
(2%)
(6%)




4 – 5 ans
9
2

(6%)
(1%)




D > 225
6 – 11 ans
17
15
(12%)
(10%)



12 -16 ans
1
10

(1%)
(7%)



Total
49%
51%

Source : Enquête, 2004

De l’analyse du tableau n°13, il ressort que :
- seulement 33% des plantations sont installées suivant les pratiques culturales
productives des agrumes (trouaison de norme et densité ≤ 225 plants / ha) ;

- 19% des plantations à Za-Kpota sont installées sans respect des normes de pratique
agrumicole (non respect des normes de trouaison et densité > 225 plants / ha)

71


- 89% des plantations de la tranche d’âge 4 à 5 ans sont installées sans respect des
normes de trouaison alors que ces plantations sont celles devant assurer le
remplacement des plantations vieillissantes. Ceci ne serait pas sans conséquence sur
les niveaux de production à escompter dans les années à venir dans Za-Kpota.

- 52% des plantations en phase
ans) sont installées avec
de pleine production (6 à 11
trouaison contre 48% pour celles installées hors normes classiques de trouaison,

- 78% des plantations de la phase de vieillissement (12 -16 ans) sont installées avec
respect des normes de trouaison.
-

Au regard de tout ce qui précède, il ressort que le non respect des pratiques culturales d’agrumes est
une pratique récente da s
n les plantations agrumicoles de Za-Kpota. Ces pratiques dont la densité et
la trouaison notamment sont bien connues des paysans. Quelle rationalité sous-tend alors ce
e
changem nt de comportement au niveau des anciens planteurs et le non respect des pratiques
culturales au niveau des nouveaux planteurs ?

Ces a
ttitudes au nivea
u paysan sont aux dires des acteurs l’adaptation aux problèmes de
détérioration du cours des agrumes, le manque de moyen financier, l’amenuisement progressif de la
capacité financière des producteurs corollaire aux résulta s
t d’exploitation de plus en plus f i
a bles.
Ceci compromet le financement de la campagne agricole à venir dans un environnement caractérisé
par l’absence d’institutions de micro-finance en appui à la spéculation.
Certains producteurs lient cette option que nous
plantation sans trouaison
convenons ici d’appeler «
requise », au fait que les plants installés avec trouaison telle que recommandée par la théorie,
s’enfoncent quelques jours seulement après la plantation à la suite des pluies. Ce phénomène est dû
d’une part au mauvais rebouchage et de l’autre au fait que les paysans installent les plants aussitôt
après la trouaison. Le substrat de rebouchage n’ayant pas eu le temps nécessaire pour l’entassement,
il suffit alors de quelques pluies pour que le phénomène d’entassement s’accompagne d’un
dénivellement du niveau de plantation. Ainsi, le collet (point de greffage) se retrouve au contact du
sol ou parfois sous le sol exposant ainsi le jeune pl n
a t aux attaques de champignon
s et autres
a
m ladies en l’occurrence la pourriture du collet.

D’autres par contre (en majorité des premiers adoptants ayant connu l’expérience de la SoNaFeL,
27% des enquêtés) justifie ce choix par l’absence d’une organisation de la commercialisation qui
selon eux ne permet pas de rémunérer les coûts liés à ces opérations. Ces coûts qui autrefois
faisaient partis des coûts normaux d’exploitation sont jugés de nos jours de supplémentaires par
l’agrumiculteur.


72

Les inconvénients liés à la plantation sans trouaison résident dans le fait que l’encrage racinaire du
jeune plant se réalise très difficilement (environnement immédiat non meuble). Les jeunes racines
prennent du temps avant de s’adapter parvenant difficilement à pénétrer les couches du sol. Il en
résulte des retards de croissance des plants. Des mises à fruits tardives sont alors observées
(entretien et observation personnel) contrairement aux caractéristiques du porte-greffe utilisé (le
Lime rangpur : entrée en production dès la 4ème année). Dans certaines plantations, au moins 25%
des plants installés sont remplacés durant la phase précédent l’entrée en production. Il en résulte
alors des plantations constituées de plants de di f
f érents âges. Certains plants demeurent sur pieds
mais sont chétifs parfois chlorotiques. Leur vigueur productive est ainsi affectée entraînant des
niveaux de production bas.
Le tableau n°14 présente les rendements des plantations en fonction es normes de trouaison et de
densités de plantations.

Tableau n°1 : Rendement des plantati
4
ons en fonction de la densité et du mode de plantation




Mode de plantation
Densité (plants Age de


/ ha)
plantation
Non respect des normes de
Respect des normes de trouaison
trouaison


Rendement (kg / ha)
Rendement (kg / ha)





4 – 5 ans
4.71

9 ± 2.136
-



D < 208
6 – 11 ans
6.142 ± 4.006
7.828 ± 2.403



12 – 16 ans
2.395 ± 2.006
5.613 ± 3.047




4 – 5 ans
5.333 ± 2.820
6.175




208 ≤ D ≤ 225
6 – 11 ans
6.621 ± 3.955
8.804 ± 3.763



12 – 16 ans
2.395 ± 2.006
4.651 ± 1.717




4 – 5 ans
5.287 ± 2.067
5.305 ± 336




D > 225
6 – 11 ans
8.342 ± 2.069
10..262 ± 3.255



12 -16 ans
-
6.416 ± 2.268


Source : Enquête, 2004



73

De l’analyse du tableau n°14, il ressort que quelle que soit la tranche d’âge considérée, le rendement
des plantations s’améliore avec le respect des pratiques culturales.
La comparaison des rendements moyens en fonction du mode de plantation avec le test t de Student
donne les résultats présentés dans le tableau n°15.

Tableau n°15 : Synthèse des résultats du test t de Student sur les rendements des plantations en fonction du
mode de plantation







Source de
Différence
Ecart – type de
Valeur de t
Probabilité de t Significativité de
variation
entre moyenne
regroupement
(dl = 44)
la différence
des log des
variables






Plantations de
0,1984
0,234
2,78
0,008
S
6 – 8ans





Significativité de
Source de
Différence
Ecart – type de
Valeur de t
Probabilité de t
la différence
variation
entre moyenne
regroupement
(dl = 70)
des log des
variables






Plantations de
0,1611
0,210
3,25
0,02
S
6 – 11ans






Source de
Différence
Ecart – type de
Valeur de t
probabilité
Significativité de
variation
entre moyenne
regroupement
la différence
des log des
variances






Plantations de
0,1311
0,237
2,69
0,008
S
6 – 16ans

Légende : S = significatif


Source : Estimation Minitab, Octobre 2004

Il ressort des résultats du test que quelle que soit la phase de production, il existe une différence
significative entre le rendement moyen des plantations installées avec trouaison de norme est
e
supérieur au rendem nt moyen des plantations installées sans respect des normes de trouaison. On
conclut alors que le non respect des pratiques culturales explique une part de la faiblesse des niveaux
de rendement pour l’ensemble des plantations. Du fait de la forte proportion (89%) des plantations

74

de 4 -5 ans installées sans respect des normes de trouaison, il est à craindre les années à venir une
production de plus en plus faible si des mesures d’accompagnement ne sont pas prises. Ceci est
d’autant plus urgent à travers l’apport de fumure surtout pour palier aux éventuels déficits de
nutrition minérale corollaire aux difficultés d’enracinement et par conséquent d’absorption minérale
par ces plants dès leur entrée en phase de pleine production (6 – 11 ans).

4.2. Entretien des champs et des plantations

Certaines opérations culturales sont considérées comme des travaux d’entretiens effectués sur les
cultures mises en place afin de leur assurer une croissance normale. Il s’agit du labour, du sarclo-
e
binage et binage, de la f rtilisation et des pare-feux.

4.2.1. Labour : fréquence annuelle et logique


A Za-Kpota le labour est une forme d’entretien des plantations. 100% des ménages enquêtés y ont
recours. Effectué pour l’ameublissement du sol, il accroît la porosité et permet l’infiltration aisée de
l’eau et l’augmentation de l’aptitude du sol à emmagasiner des réserves d’eau pour les plants. Il
favorise aussi la stimulation de l’activité des micro-organismes utiles du sol.
La fréquence de labour varie en fonction de l’âge du verger, des expériences ou connaissances du
chef exploitant. Ainsi deux labours sont normalement effectués dans les plantations durant les quatre
premières années. Cette fréquence est liée d’une part au fait que d’autres cultures (saisonnières) sont
associées aux agrumes et d’autre part à la vitesse de régénération des adventices en cas de nouvelles
friches.

Mais il peut arriver que pour des raisons de contraintes de main-d’œuvre ou financières ou pour
a
cause de m ladies, le labour ne soit opéré qu’une fois ou pas du tout durant les années improductives
du verger. Des entretiens avec les enquêtés, il ressort que des cas de contraintes de main-d’œuvre
pour un entretien régulier en début de plantation est le fait des exploitants ayant des superficies
importantes d’agrumes (S > 1 ha).

A noter qu’à partir de la sixième (6ème) année où aucune association culturale productive n’est
possible, les producteurs procèdent à un labour sans semis. Ainsi, certains paysans pratiquent un
seul labour par campagne agricole de préférence en Juin, ce qui concoure à réduire l’investissement
en main-d’œuvre d’entretien18, d’autres par contre en effectuent deux (mars et août).

Ainsi, deux logiques s’affrontent au niveau paysan sur la valeur du labour, et par conséquent de sa
fréquence annuelle d’exécution au sein des plantations en production.


18 Entretien essentiellement apporté sous forme de labour

75

Logiques de la valeur labour au niveau paysan


Logique de deux labours par an au sein des plantations d’agrumes quel que soit
l’âge de la plantation :

Selon les tenants de cette logique, le labour régulier permet une bonne mise à feuille induisant ainsi
une meilleure floraison. Ce constat est la conséquence du renouvellement du potentiel racinaire
absorbant par émission de nouvelles radicelles et racines adventives. Ce qui permet une bonne
succion des éléments minéraux et par conséquent une bonne nutrition minérale de la plante. Ainsi
d’abondantes récoltes sont possibles lorsque le producteur laboure son champ avant le démarrage
des pluies.

De ce fait, le producteur estime que sans labour la production ne peut pas être soutenue dans le
temps. Conséquence, il faut en effectuer deux à chaque campagne à raison d’une par saison (grande
et petite saisons pluvieuses). Sur ces plantations, dès la 7– 8ème année, le sol est presque nu. Ce qui
présente l’inconvénient de perturbation du cycle minéral naturel. Les adventices bien que néfastes au
bon développement des cultures constituent après fauchage d’importants éléments fertilisants après
décomposition.

La pratique de deux labours, par son effet sur le processus naturel de minéralisation suppléé à
l’exploitation sans restauration du potentiel fertilisant (pas d’apport d’engrais) relèvent des pratiques
dégradantes. Ceci compromet la gestion à long terme du précieux facteur de production qu’est la
terre. Le pratique de deux labours de par ses caractéristiques ne peut pas permettre une productio
n
durable.

Logique d’un seul labour par an dès la 5ème année de plantation


Pour les tenants de cette logique, le labour présente les avantages décrits par les tenants de la logique
able il faut effectuer
de deux labours. Mais dans le souci d’une gestion dur
un seul labour par an ou
ê
m me à la fréquence de deux ans après l’entrée en
r
production des f uitiers.
ient ce
Ils justif
tte
pratique par le fait que le labour continu épuise vite le sol par diminution du potentiel de production
due au lessivage facilité par la o
m dification de la texture u
d sol. Se o
l n eux, la stratégie de maintien
d’une production soutenue dans le temps dans les conditions actuelles de production est celle qui
e
m t le sol au repos pour lui permettre "de récupérer". Ils qualifient les exploitations de
s tenants de
la première logique de « terrain de foot-ball » pour des raisons évoquées précédemment (sol nu).

Le labour, opération culturale relevant des normes de production n’est pas sans conséquence sur la
e. Le systèm
conservation des facteurs de production dont la terr
e de retournement permanent qui
caractérise le labou
t
r par icipe à la perturbation de la structure et de la texture du sol. C’est d’ailleurs

76

les arguments qui militent en faveur de la promotion ces dernières années de l’agriculture sans
labour (Aho t
e Kossou, 1997) comme stratégies de gestion durable du potentiel de production.

Au regard de ceci, outre les incidences financières engendrées, la pratique de deux labours a des
incidences sur la durabilité des facteurs. De ce fait le système à un labour lui est préféré à moins des
mesures d’accompagnement pour éviter la dégradation du potentiel de production.

Mais faisons remarquer que pour l’une ou l’autre des deux logiques, le paysan alloue à partir de la
sixième (6ème) année de plantation la main-d’œuvre disponible à l’installation de son cham

p de
vivriers afin de tenir dans le calendrier agricole. Ce comportement du producteur s’explique d’une
part par son souci d’assurer sa sécurité alimentaire et celle de sa famille et d’autre part à la nature
des agrumes qui une fois en phase de production ne sont plus très exigeant en matière d’entretien de
labour. En effet il a été constaté pour des plantations de la tranche d’âge six (6) à huit (8) ans non
labourées durant la campagne des rendements intéressants. Ceci montre que la fréquence de labour
devrait être liée à l’état du sous-bois des fruitiers (niveau de repousse des adventices) et du sol
(formation de croûte superficiel ou non) susceptible d’empêcher la bonne infiltration de l’eau. Cette
pertinence d’allocation, les paysans en sont conscients mais tiennent à leur labour pour les raisons
ci-dessus évoquées.

Le tableau n° 16 présente les rendements moyens en agrumes par tranche d’âge par catégorie de
plantation di f
f érenciée par la fréquence de labour et du mode plantation.

Tableau n°16: Rendement moyen par type de plantation différenciée par la fréquence annuelle de labour





Fréquence
Age plantation
Respect des normes de Non respect des normes de
annuelle de
plantation
plantation
labour





6 – 8 ans
10.743 ± 3.863
10.054 ± 3.009





1 labour
9 – 11 ans
9.345 ± 3.247
-



12 – 16 ans
5.368 ± 1.827
-




6 – 8 ans
-
6.845 ± 3.346





2 labours
9 – 11 ans
7.039 ± 1.215
5.212 ± 2.773



12 – 16 ans
4.446 ± 2.270
2.997 ± 1.913

Source : Enquête, 2004

77

De l’analyse du tableau n°16, il ressort que :
- ce soit pour les plantations sur lesquelles il est pratiqué deux (02) labours/an ou celles
sur lesquelles il est pratiqué un (01) labour/an le rendement par tranche d’âge varie
très faiblement pour le même mode de plantation (respect des normes de plantation
et non respect des normes de plantation)
- pour la tranche d’âge 6 -8 ans, le rendement des plantations ne varie presque pas en
fonction de la fréquence de labour quel que soit le mode de plantation. Mais au delà
de cette tranche d’âge l’influence négatif due au non respect du mode de plantation se
fait de plus en plus marquée. Ceci est dû au fait que c’est à partir de cette tranche
d’âge que les plants devraient concentrer leurs énergies à fleurir, à fructifier et à
renouveler leurs feuilles et leurs racines, étapes non favorisées par le mode de
plantation sans trouaison de norme qui ne facilite pas un bon ancrage racinaire.
Conséquence la phase d’installation des plants devant les préparer à la phase de
pleine production se trouve affectée d’où la
a
très faible perform nce observée pour
l’ensemble des plantations installées sans respect des normes de trouaison. Ce facteur
associé à la différence de fertilité d’une exploitation à l’autre et à la vigueur
productive des plants expliquent les écarts entre les plantations en fonction de la
fréquence de labour.
- L’écart entre le niveau de rendement moyen s’accentue avec le vieillissement des
plantations.
On conclut alors que contrairement à ce que pensent les pratiquants de deux labours, la pratique
malgré ses incidences financières n’est pas celle indiquée pour une production soutenue dans le
temps. Elle ne contribuera qu’à l’épuisement précoce du potentiel de production, potentiel dont le
maintien est lié selon Kessler à la capacité de charge définie comme le niveau d’exploitation d’une
ressource renouvelable qui limite le type d’utilisation des terres et ne cause pas de dégradation dans
une zone donnée. Le sol étant constamment labouré, il se produit la modification de la texture et de
la structure du sol par effritement des particules (colloïdes et autres), ce qui favorise le lessivage des
éléments minéraux du sol vers les couches profondes (Aho et Kossou, 1997). Ainsi, de la structure
sablo-argileuse ou argilo-sableuse de départ (début plantation), on aboutit après 9 à 10 ans
d’exploitation à une structure fragmentaire d’où la faiblesse de rendement de plus en plus marquée.

Quant au système à un labour, il est évident que des exportations seraient aussi observées mais la
pratique permet de rester à un seuil acceptable d’exploitation, seuil que DGIS (1990) cité par Jaan
Van den brul et al cités par Aïna (1996), qualifie d’exploitation exhaustive c’est–à-dire qu’il n’y a
pas encore de dégradation mais des mesures d’accompagnement sont nécessaires pour éviter la
dégradation.

78

Par référence aux mêmes sources, le système d’exploitation à deux labours correspond à un seuil de
« sur-exploitation ». Ce qui revient à dire que pour ces systèmes, la dégradation est déjà amorcée
rien qu’à observer les écarts de performances importants avec l’âge de la plantation. Cette
dégradation ne peut donc être freinée qu’en appliquant des mesures de stabilisation et de
régénération, ce qui impose donc une diminution du niveau d’exploitation.
4.2.2. Sarclo–binage et binage


Le sarclo-binage consiste à débarrasser le pourtour du fruitier des mauvaises herbes et à ameublir
ent le sol sous le fruitier. Selon
superficiellem
Aho et Kossou, (1997), le but visé à travers cette
pratique est :

de favoriser à l’instar du labour, l’infiltration de l’eau dans le sol grâce à la destruction de
la croûte superficielle due au régime de pluies violentes,
de limiter l’évaporation de l’eau du sol grâce à la rupture des canaux capillaires
conduisant l’eau des couches inférieures jusqu’à la surface du sol,

de favoriser le renouvellement du système absorbant superficiel de la plante par émission
es qui concourent à augm
de nouvelles radicelles et racines adventiv
enter le potentiel
absorbé d’élém
i
ents m néraux devant servir à la sève élaborée nécessaire aux fonctions
physiologiques de la plante. Ce qui permet une bonne nutrition des rameaux.

En agrumiculture, le sarclo-binage est nécessaire mais pas systématique. Elle s’opère une fois au
moins par an pendant les quatre premières années de plantation. Mais à partir de la 4èm ou 5
e
ème

année il n est nécessaire qu’une seule fois de préférence au début de la grande saison des pluies pour
casser d’éventuelles croûtes formées du fait de la durée de la grande saison sèche. Elle doit être
superficielle (10 à 15 cm de profondeur) pour éviter de couper les racines des arbres (Aubert et
Vullin, 1997). La coupure régulière des racines et autres chocs physiques (sécheresse prolongée sans
apport d’eau sous forme d’irrigation) entraîne l’affaiblissement de l’arbre (Raemaekers, 2001). Il en
résulte des chutes de rendement, la sensibilité aux parasites et le développement de la rouille
(maladie se manifestant par un flétrissement du sommet avec diminution progressive de la
frondaison).

r (85%) des exploitants
Cette opération culturale n’est effectuée que pa
dont 96% des ouvriers de
l’ex SoNaFeL. Les 15% quant à eux, labourent jusqu’aux pieds du fruitier. Ce sont pour la plupart
ours). Ils justifient leur
les nouveaux planteurs (ceux de la période 1996 à nos j
comportement par les
coûts19 supplémentaires que nécessiterait une telle pratique.


19 le sarclo-binage d’un pieds d’agrumes coûte 50 F CFA

79

Le binage est identique au sarclo-binage du point de vue avantages et opérations exécutées à la
différence qu’il est plus profond (30 à 40 cm de profondeur). Il ne se justifie que pour les
plantations âgées et vise le renouvellement du système racinaire profond. Sa fréquence ne peut donc
pas être définie avec exactitude. La décision d’y recourir dépend de l’état végétatif de la plantation
et de l’état physique du sol d’où la nécessité d’un contrôle régulier par l’agrumiculteur et du sens de
professionnalisme.

4.2.3. Fertilisation et traitements phytosanitaires

Les plants pour leur développe e
m nt utilisent les éléments minéraux du sol. Les éléments les plus
importants exportés par les agrumes (oranges) sont le potassium (K), l’azote (N), le phosphore (P) et
le calcium (Ca). L’azote est particulièrement important au moment de la floraison. Pour compenser
tion des m
cette absorp
atières nutritives par les plantes, il est nécessaire de fertiliser le sol si on veut
éviter son épuisement. Pour ce faire, plusieurs types d’engrais sont utilisés : les engrais organiques,
les engrais minéraux ou chimiques et les engrais verts.
Dans les exploitations de Za-Kpota on rencontre ces différentes formes d’
u
engrais pour la fum re.

Engrais minéraux

Ce sont les engrais composés de sels minéraux solubles dans l’eau. Leur composition varie selon les
cultures. Ainsi pour les agrumes, les engrais recommandés sont : le sulfate d’ammoniaque, le
superphosphate de chaux et le sulfate de potasse qui peuvent être complétés par des apports de
nitrate de potasse en dilution20 afin de favoriser le grossissement des fruits.

Malheureusement ces engrais spécifiques ne sont pas disponibles du fait d’absence de structure en
charge de la filière. Dans ce contexte, certains paysans de par leur relation avec le Groupement
Villageois des producteurs du coton (GV), bénéficient des engrais du coton pour fumer leurs plants.

Quant aux pesticides, en dépit de leur importance dans le contrôle des parasites et maladies pour
une meilleure performance des exploitations par réduction des pertes éventuelles liées à aux
ravageurs et maladies, ils ne sont pas disponibles. Les quelques rares exploitants utilisant de
mprom
pesticides ont recours à ceux du coton. Ceci co
et la qualité des oranges produites sur ces
fermes à la consommation.
La comb
(engrais et pesticides) perm
inaison des deux facteurs
et de distinguer les catégories de
plantations suivantes :


20 Voir section 1.6.3. consacrée à « Entretien des plantations »

80

Plantations exploitées sans engrais minéraux et sans traitements phytosanitaires

96% des plantations d’agrumes sont exploitées sans engrais et sans pesticide durant la campagne
2003-2004. 94% des producteurs appar i
t ennent à cette ca é
t gorie. Cette catégorie emblave 5
9 ,7%
des superficies en production d’agrumes.

Plantations exploitées avec engrais minéraux mais sans traitements phytosanitaires

Elles ne représentent que 3% des plantations en production dans Za-Kpota. Ces plantations
n’occupent que 4% des superficies plantées d’agrumes. 5% des m
énages producteurs d’agrumes se
retrouvent dans cette catégorie.

Les doses d’engrais pratiquées par les paysans varient entre 150 Kg /ha et 533 kg / ha contre
300 kg /ha/ an en conditions moyennes d’exploitation.

a
M is ces eng a
r is de type NPKSB (avec N : a
zote, P : phosphore, K : potassium, S : souffre et B :
bore) comporte en plus des éléments contenus dans les engrais spécifiques aux agrumes, du bore
dont on ignore les conséquences sur les performances ou la durabilité de la plantation.

Aux dires des producteurs, l’utilisation de l’engrais du coton a des arrières effets négatifs sur la
qualité de la production future de la plantation. Entre autres effets, on peut citer la déshydratation
précoce des fruits qui ne peuvent pas être conservés pendant longtemps sur l’arbre. Des chutes
importantes de fleurs sont aussi observées. Autant de facteurs limitants qui traduisent les
inconvénients liés à la non spécificité du type d’engrais utilisé. Ce sont tant de contraintes
d’approvisionnement qui méritent d’être prises en compte pour un bon fonctionnement du système
agricole. Le suivi sur une longue durée de ces exploitations utilisant de l’engrais du coton
permettrait d’apprécier l’efficacité de cette alternative et de juger de son opportunité.

Plantations exploitées avec engrais minéraux et pesticides

Seulement 1% des exploitants a utilisé d’engrais et de pesticides durant la campagne agricole 2003-
2004. La superficie plantée d’agrume
la superficie totale e
correspondante représente 0,3% de
n
production d’agrumes dans Za-Kpota. La dose de pesticide appliquée est de 4 L / ha.

Ces inégalités d’accès aux engrais et aux pesticides rejaillissent sur la rentabilité des plantations
comme le montre le tableau n° 17.


81

Tableau n° 17 : Influence de l’engrais et de pesticides sur la performance des exploitations.






Tranche d’âge des
Rendement
Dose (Kg/ha)
Rendement moyen Rendement
plantations
(kg / ha)
des plantations
moyen des
fumées (kg/ha)
plantations non
fumées (kg/ha)






6 ans
15 042
150




M1 = 16 856
M’1 = 8 901
6 à 8 ans
6 ans
16 625
350



7 ans
19 00021
500






14 ans
15 200
350

12 à 17 ans

M2 =17 628
M’2 = 4 893
15 ans
23 433
533,33



17
14 250
400

Source : Enquête, 2004

De l’analyse du tableau n°17, il ressort que :
- les plantations fumées de la tranche d’âge 6 à 7 ans, réalisent une performance deux fois
supérieure (M1 ≈ 2 M’1) à la moyenne des plantations non fumées de leur tranche d’âge. Ces
résultats nous amènent à la conclusion selon laquelle les performances obtenues dans cette tranche
eine production pour le systèm
d’âge identifiée comme phase de pl
e sans engrais ne sont pas encore
l’expression de la pleine potentialité des plants. Les rendements moyens obtenus dans l’état actuel
d’exploitation sont en-dessous de l’optimum attendu.

-les plantations fumées de la tranche 12 à 17 ans, phase identifiée comme phase de vieillissement
(12 – 16 ans) et de décrépitude (> 16 ans) dans le cas du système sans engrais, ont un rendement qui
dépasse de loin celui de la phase de croisière du système sans engrais. Le rapport des rendements
moyens donne R = M2 / M’2 = 3,6. Ceci qui revient à conclure que l’apport d’engrais dans la tranche
d’âge 12 ans et plus permet au minimum de tripler le niveau actuel de rendement des plantations.
Les engrais constituent donc un facteur limitant pour une meilleure productivité des plantations.

- plus l’âge de la plantation augmente, la réponse des plants à l’apport d’engrais devient importante.


21 Rendement moyen en agrumes de la plantation fumée et traitée aux pesticides.

82

Mais ces niveaux de performance atteints par les plantations fumées sont relativement en dessous
des performances attendues. Dans les conditions moyennes d’exploitations un rendement moyen
annuel de 100 kg/arbre est attendu. A cet effet les plantations d’agrumes dans Za-Kpota étant
installées à la densité moyenne de 221 arbres / ha, on s’attendrait à un rendement moyen annuel
approximatif de 22.100 kg /ha ce qui n’est pas le cas.
Les facteurs explicatifs de cette différence seraient les conditions d’installations des plantations, la
non spécificité de l’engrais utilisé (engrais du coton pour les agrumes) et la non qualification de la
main-d’oeuvre. En ce qui concerne le mode d’épandage, il est fait au niveau paysan centré sur le
tronc de l’arbre ; ce qui ne devrait pas être le cas. Les plants étant âgés, leur système racinaire aurait
déjà colonisé tout le milieu d’où la nécessité de faire une fumure sur toute la surface du verger avec
enfouissement au tracteur (Raemaekers, 2001), facteurs de production auxquels les agrumiculteurs
de Za-Kpota n’ont pas accès. A ces facteurs, il convient d’ajouter l’absence de taille des agrumes
e
dont notamm nt la taille annuelle d’entretien et de fructification. Autant de contraintes technico-
économiques qui expliquent les bas niveaux de rendement en agrumes observés dans les plantations
à Za-Kpota. Tous ces constats sont le corollaire du manque de technologie appropriée et du manque
de communication de l’information dans le système agricole des pays en développement en général
(Rôling, 1994) et du Bénin en particulier.
De tout ce qui précède, il ressort que le niveau bas de rendement moyen des plantations est en partie
dû à l’absence d’utilisation d’engrais, de pesticides pour réduire l’effet des parasites, de la non
disponibilité de l’information. En conséquence les plants sont exploités en-dessous de leur
potentielle productive. Ces conditions d’exploitation favorisent le développement de nombreuses
maladies et parasites dont les dégâts vont de la chute des rendements à l’improductivité des
plantations en cas d’attaques sévères.

Engrais verts

C’est une plante cultivée afin d’augmenter la fertilité du sol. A maturité la plante est fauchée et
appliquée en "mulch" au pied des plants. Leur décomposition fournit des éléments minéraux aux
plants d’agrumes. Les cultures associées aux agrumes dans cette optique sont essentiellement des
légumineuses (niébé) et oléagineuses (arachide). L’aptitude des légumineuses à fixer l’azote
atmosphérique pour le mettre à la disposition des plantes constitue un avantage dans un contexte
d’accès difficile aux engrais pour la fertilisation des plantations. Selon Van Ee (1985), les quantités
d’azote fixé peuvent atteindre 50 à 250 kg / ha en 4 à 6 mois. A défaut de la fumure minérale, 100%
des ménages y ont recours du moins pendant les quatre premières années comme seule alternative
qui leur est offerte. Mais il n’en demeure pas moins que l’objectif principal du paysan en pratiquant
ces cultures est d’assurer sa sécurité alimentaire et celle de sa famille.

83

Engrais organique

Les engrais organiques participent au maintien de la composition du complexe argilo humique du
sol. Contrairement aux engrais minéraux, ils améliorent la structure du sol, sont moins lessivés et
ont un effet plus durable. Ils s’intègrent de ce fait aux stratégies de gestion durable des facteurs de
production. Ils comprennent entre autres les déjections animales, les graines de coton, les coques
d’arachides, les herbes fauchées. C’est bien cette dernière forme qui est utilisée par les producteurs.
Seulement 47% des producteurs bénéficient de l’avantage des herbes fauchées enfouies au moment
du labour. En cas de fauche importante, le reste est appliqué en "mulch" au pied des plants. Ces
producteurs sont constitués de la quasi-totalité des producteurs ouvriers de l’ex-SoNaFeL.
ux d’entretien. Selon eux l’enfouissem
Les 53% restant brûlent les fauches lors des trava
ent nécessite
assez d’investissement en travail. Le billon effectué en cas de recours à la main-d’œuvre salariée à
20 F CFA sans enfouis e
s ment coûte 35 F CFA avec enfouissement.

Mais le paradoxe est que dans ce contexte de manque d’engrais minéraux pour la fertilisation, on
assiste pas manque de connaissances à la non valorisati n
o des déjections animales (élevage bovin
surtout) qui sont en quantités importantes. Aussi d’importantes quantités de coque d’arachide sont
jetées sur des tas d’ordure pendant et en fin de chaque campagne agricole. Autant d’éléments
fertilisants qui ne nécessit n
e t pas de coûts pour leur acquisition. Ils pourraient participer à la
restauration et à l’amélioration du niveau de fertilité des sols en production. Des recherches dans ce
domaine sur les possibilités d’utilisation de ces déjections d’une part et des coques d’arachides et
leur rentabilité pourraient venir à point nommé p
our réguler un temps soit peu les problèmes de
manque d’engrais.

4.2.4. Pare-feux

Il consiste en un aménagement d’une bande de terre bien propre tout autour de la plantation. Le but
visé à travers cette opération est préférentiellement de prévenir ou de réduire les risques d’incendie.
En pratique agrumicole classique, il est recommandé de faire des pare-feux de 15 m de large (8 m à
l’intérieur de la plantation et 7 m à l’extérieur) (Raemaekers, 2001). Mais dans les pratiques
paysannes, seulement une bande de 1 à 2 m de largeur est souvent laissée ou parfois pas du tout à
l’extérieur de la plantation. Il est très fréquent de voir des plantations d’agrumes appartenant à des
exploitants différents espacées d’une bande de 0,5 à 1 m de large. Ces allées sont rarement
entretenues. La négligence dans les travaux d’entretien au niveau de l’un des exploitants peut
occasionner dans ces conditions l’incendie de toutes les plantations voisines. Ces cas sont légions.
D’après nos entretiens avec les personnes ressources rencontrées, en moyenne dix hectares plantés
d’agrumes partent en fumée chaque année.

84

4.3. C
ulture pure des agrumes et importance

La culture pure consiste en la mise en place d’un verger ou d’une plantation renfermant
exclusivement une et une seule culture. Son intérêt est différemment apprécié par le paysan. Cette
forme culturale ne fait pas partie des habitudes culturales des paysans de Za-Kpota qui, à leur dire ne
serait pas rentable.

Cette perception des paysans serait due au fait qu’à Za-Kpota, l’entretien du verger repose
essentiellement sur le labour et le sarclage. Il apparaît alors irrationnel selon le paysan d’entretenir
pendant quatre (4) ans (années improductives), sans valoriser l’effort apporté sous forme de labour
pour l’entretien saisonnier des plants greffés mises en terre.

1 %22 seulem
cette pratique des agru
ent des paysans enquêtés trouve pertinente
mes. Il justifie sa
vision par le fait que :

-Les cultures associées aux agrumes, quelle que soit leur nature entrent en compétition avec
les agrumes pour l’eau et les éléments minéraux,

-Les cultures associées entraveraient la bonne circulation de l’air dans le jeune verger,
créant ainsi un microclimat chaud. Ce qui contribuerait à élever les pertes d’eau par
évapotranspiration.

4.4. Agrumes en association culturale, cultures associées et importance
4.4.1. Description du système d’association culturale des agrumes

La culture associée est une combinaison d’au moins deux cultures sur une même parcelle. C’est de
loin la pratique la plus répandue dans le m
u paysan. Elle se fait s
ilie
ous différentes form
u
es o
combinaisons. Ces combinaisons sont toujours liées aux ob e
j ctifs de l e
’ xploitant. Cette prati ue
q
cultura e
l répond à une logiq e
u ou désir u
d producte r
u conformé e
m nt à ses besoins (alimentaires et
financiers), aux données clim
nde saison pluvieuse), de
atiques (petite ou gra
s moyens dont il di p
s ose
et de ses expériences.

Dans la commune de Za-Kpota, certaines cultures annuelles sont fréquemment associées aux
agrumes dans les 4 à 6 premières années de vie de la plantation. La quasi totalité des paysans
b
enquêtés a recours à de telles com inaisons pour les raisons ci-après :

faire bénéficier aux jeunes plants les soins culturaux apportés aux cultures associées. Ce qui
présente l’avantage d’une réduction du temps de travail et des coûts des opérations culturales
pour les différentes cultures en association (agrumes + cultures annuelles) que si ces
spéculations étaient cultivées sur des parcelles différentes,

22 ce producteur fut un ouvrier de la Société Nationale de développement Rural (SONADER)

85


la culture associée permet d’avoir des produits agricoles compensatoires des efforts
d’entretien (labour, sarclages) opérés dans le verger durant les années improductives du
verger. Ceci présente l’avantage d’un résultat positif d’exploitation hors amortissements
durant les années improductives,

en cas d’association avec le coton, les jeunes plants greffés pourront bénéficier d’une part
des engrais du coton ainsi que de leurs arrières effets. A cela, il faut ajouter les traitements
antiparasitaires du coton qui seraient très efficaces contre les pucerons parasites des agrumes
aux dires des producteurs. Mais cette pratique présente l’inconvénient d’une intoxication des
fruits par pénétration du produit dans les fruits compromettant ainsi leur aptitude à la
consommation,

après la récolte des cultures associées, les pailles ou fanes servent d’engrais.

4.4.2. Importance des cultures associées aux agrumes

Outre la notion de rentabilité sur un cycle complet de production, la tenue de la trésorerie cumulée
d’une exploitation agrumicole reste habituellement négative durant les six (06) à dix (10) premières
années (Raemaekers, 2001). Selon cette même source, une association avec d’autres spéculations à
cycle court peut être réalisée pour permettre d’obtenir une trésorerie positive dès la première année
de production. Les associations culturales pratiquées dans les plantations agrumicoles de Za-Kpota
sont indiquées dans le tableau n°18.

Tableau n°18 : Cultures associées aux agrumes




1ère année
2ème année
3ème année
4ème année








2ème cycle 1er cycle
2ème cycle
1er cycle
2ème cycle
1er cycle
2ème cycle
1er cycle







Maïs
Arachide
Maïs
Niébé Arachide
Niébé
Maïs
Arachide
Coton
Arachide
Arachide
Coton








Coton Maïs
coton Maïs
Coton Maïs
Arachide Niébé


Source : Enquête, 2004

NB : IL importe de signaler que les plantations étant installées en Juin (début de la 2ème saison),
une année du verger s’étendrait alors de la 2ème saison de la campagne (i) à la 1ère saison de la
campagne (i + 1). Des cultures matérialisées en bloc (maïs-arachide, arachide-coton, niébé-
arachide-coton), le producteur ne choisit q’une seule (le plus souvent l’arachide).


86

Il ressort de l’analyse du tableau n°18 que deux cultures sont souvent en tête de rotation : ce sont le
maïs et le coton. Mais il convient de faire remarquer que cette association du maïs est moins due à
l’avantage qu’il procure aux agrumes qu’à celui visé par le paysan. C’est souvent le cas pour les
terres nouvellement défrichées qui selon le producteur seraient plus fertiles que celles déjà en
cultures. L’importance de tête de rotation accordée au coton au sein des exploitations agrumicoles à
Za-Kpota est due aux avantages procurés23 par cette culture dans les années de croissance végétative
du jeune plant greffé (1ère jusqu’à 3ème année). Mais il faut remarquer qu’aucun des producteurs
enquêtés n’a associé le coton aux agrumes durant la campagne 2003 – 2004. Aussi note-t-on de plus
en plus une réserve à cette pratique qui selon 90% des enquêtés entraîne dans les vergers du fait de
la non spécificité de l’engrais appliqué au coton, des chutes de fruits juste après la nouaison et à
l’étape de maturation durant les campagnes agricoles consécutives à l’association.

Quant au niébé, il vient en fin de rotation parce que moins exigeant. Mais au delà de la 6ème - 8ème
année, toute association de niébé n’est plus productive mais le rôle d’e g
n rais sous forme de compost
très efficace appliqué en « mulch
lo
» ou enfouilli rs du labour peut amener le paysan à toujours
associer cette spéculatio
son exploitation au-delà de la sixièm
n aux fruitiers dans
e (6ème) année.

Ainsi, toute association d’une quelconque culture aux agrumes au-delà ne vise que l’entretien du
verger. C’est surtout le cas pour la culture du coton. En effet, certains paysans, à défaut de trouver
les engrais spécifiques aux agrumes, associent le coton aux agrumes même dans les 8ème et 10ème
année dans l’optique surtout de faire bénéficier aux agrumes les arrières effets de l’engrais du coton.
Mais cette stratégie ne serait pas rentable car la dose d’engrais apportée au cotonnier étant déjà
infime (300kg / ha) ne pourra pas profiter tant au cotonnier qu’aux agrumes. Ceci est évident dans la
mesure où pour ces tranches d’âge de la plantation, le système racinaire des agrumes ayant déjà
colonisé tout le milieu, leur besoin en engrais devient de plus en plus important. C’est la logique
qui sous-tend l’épandage d’engrais à partir de la huitième année de plantation sur toute la surface du
verger (Aubert et Vullin, 1997; Raemaekers, 2001). Aux dires des producteurs, les rendements
obtenus pour le coton sont très bas car l’ombrage des fruitiers entrave un bon développement
végétatif du cotonnier qui leur est associé.

En plus des avantages ci-dessus énumérés, il faut signaler que le principal ob
de ce
jectif
tte
association demeure la survie du paysan qui rémunère ses efforts du moins dans les années
improductives du verger. Ainsi sur la même exploitation, plusieurs produits (arachide, niébé et
agrumes parfois le coton) peuvent être récoltés à partir de la quatrième année.


23 Avantage procurés par l’association du coton aux agrumes : voir section 4.4.1. Consacrée à « description du système
d’association cultural des agrumes)

87

De telles associations s’inscrivent dans la perspective de l’agroforesterie en générale et de
l’agrisylviculture en particulier (Nair, 1993 cité par Raemaekers, 2001).

Mais le manque de connaissances sur les techniques de conduite de verger fait que les pratiques
culturales demeurent dans l’ensemble traditionnelles. Les cultures associées au lieu d’être en
« intercalaires ou row intercropping » sont en lignes certes alternes mais aucune largeur n’est laissée
libre. Ainsi le système ressemble plutôt à celui de culture en mélange ou « mixed intercropping ».
Ce système a des effets néfastes sur la croissance végétative du jeune plant greffé (effet de stress,
concurrence pour l’eau et les éléments minéraux) d’une part et affecte négativement la durée du
cycle de production d’autre part. Dans ces conditions les plants parviennent à l’âge de production
moins vigoureux, et les chocs physiques subis (coup de houe sur les racines) les rendent plus
vulnérables aux attaques des parasites dont les néma
a
todes et aux m ladies dont la rouille
(assèchement des bois du sommet, dégarniture de la frondaison). Tant de facteurs qui affectent la
performance des exploitations productrices d’agrumes dans Za-Kpota.

4.4.3. Assolement des cultures

L’assolement consiste en une répartition ou subdivision des terres d’une exploitation en autant de
parties appelées soles qu’il y a de cultures principales. Ainsi, au niveau des systèmes de production
constitués par les ménages enquêtés, les assole e
m nts fréquemment rencontrés sont : Maïs, niébé,
arachide (les deux ou parfois les trois cultures sont cultivées sur différentes soles dans l’exploitation
agrumicole)

Cette pratique d’assolement tout comme l’association culturale permet aux paysans de palier aux
contraintes foncières et de main- d’œuvre et donc participe à la réduction des coûts de production.

4.5. Importance relative des superficies plantées d’agrumes au sein des
exploitations étudiées

L’occupation de l’évolution du sol dans les villages étudiés montre l’importance croissante au
niveau spatial et au niveau économique des plantations d’agrumes. La figure n°10 indique les
proportions relatives de superficie par spéculation pratiquée par les exploitations étudiées.


88

Figure n° 10 : Superficie relative emblavée pour les
spéculations pratiquées par les exploitations productrices
d'agr
e
um s
8% 1%
Agrumes
12%
Vivriers
Palmiers
53%
26%
Arachide
Coton

Source : Enq ê
u te, 2004

De l’analyse de la figure n°10, il ressort que les agrumes occupent à eux seuls 53% des superficies
totales en cultures. Ceci pourrait traduire la contribution en valeur monétaire dans le revenu des
ménages. Ils sont suivis des vivriers qui occupent 26% des superficies totales en culture. Cette
importance relative des cultures vivrières est surtout liée aux objectifs de survie du chef exploitant et
de sa famille proche ou lointaine. Le palmier vient en troisième position avec 12%. Il convient de
faire remarquer ici que les palmeraies sont celles q i
u sont restées des propriétés des ménages avant
l’adoption du système de production à agrumes.

Le faible pourcentage (1%) lié au coton montre que cette culture est en nette régression dans la
localité malgré les mesures d’accompagnement dont elle bénéficie. Selon les producteurs, aucun
avantage n’est lié de nos jours à cette spéculation, principale culture de rente du pays. Le seul
objectif visé par le paysan aujourd’hui en s’inscrivant sur la liste des producteurs de coton est
essentiellement de bénéficier des engrais du coton pour en utiliser pour les vivriers dont le maïs et
parfois sur les agrumes. Les pesticides sont le plus souvent utilisés pour le niébé. Ces détournements
d’intrants pourraient expliquer les faibles niveaux de rendements enregistrés ces dernières années
pour la production cotonnière dans Za-Kpota. Entre autres raisons à l’origine de ce changement de
comportement du producteur, les déboires actuels que connaît la filière coton.






89











Chapitre 5 : RENDEMENTS DES PLANTATIONS D’AGRUMES DANS ZA-KPOTA
















90

5.1. Production brute des plantations

Les caractéristiques des plantations d’agrumes dans Za-Kpota sont fortement influencées par leurs
époque et condition d’installation. Les agrumes, contrairement aux cultures annuelles acquièrent
leur potentiel de production avec l’âge. Ainsi, durant tout le cycle de vie de l’arbre, les productions
varient en fonction des variétés, de la période de l’année et de l’âge de la plantation. Sur la base des
données collectées, nous avons estimé le produit brut.
Variétés d’agrumes cultivées et aptitudes physiologiques spécifiques

Les variétés cultivées sont pour la plupart des lignées introduites au Bénin depuis 1966 par l’IFAC
et la FADI. Elles comprennent des agrumes locaux et des agrumes sélectionnés non irrigués
(Informateurs : pépiniéristes/ ouvriers de l’ex SoNaFeL). Les variétés couramment cultivées sont :

Oranger : Pineapple, Valencia late

Mandarine : Clémentine, Dancy

Hybride : Tangelo orlando, Tangor ortanique, Tangelo wekiwa.

est pr
La variété la plus cultivée est Pineapple qui elle
écoce suivie de Valentia late qui est une
variété tardive. Pour l’ensemble des exploitations identifiées 1,3% sont des plantations homogènes
de Valentia, les 98,7% restants étant à dominance de Pineapple. Quelques rares pieds de Tangelo et
Valentia qui échappe même aux statistiques du paysan se retrouvent au sein de ces plantations de
Pineapple. Le paysan opère ce mélange quoi que marginal afin de bénéficier en arrière saiso
n
(janvier) des productions de Valentia pour la vente chère.
s variations climatiques.
L’entrée en production des plantations est tributaire de
Ainsi, le début de la
floraison est lié à l’apparition des pluies. Généralement, la floraison se déroulera un mois après la
reprise des pluies. Les variétés cultivées, compte tenu de leur aptitude physiologique (aptitude
conférée au greffon par le porte-greffe), l’arbre entre en floraison dès la quatrième (4ème) année de
plantation. Les périodes de floraison sont respectivement de février à mars pour l’intersaison et
d’août à septembre pour la petite saison. Ceci confirme la thèse selon laquelle en zone tropicale, les
agrumes n’entrent en production qu’après avoir traversée une phase de sécheresse (Raemaekers,
2001). De ce constat, la pratique de l’irrigation en pleine saison
é
sèche (janvier à f vrier pourrait
s’avérer une solution intéressante pour l’étalement de la floraison et par conséquent de la récolte. De
même la pratique d’un stress hydrique artificiel en culture intensive irriguée permettrait d’obtenir les
mêmes résultats.

Mais des cas de retard d’entrée en production sont fréquemment observés où la première i
m se à
fruits n’apparaît qu’à partir de la 5ème voire la 6ème année. Les raisons de cet état de chose
pourraient être liées à la qualité des plants greffés, aux caractéristiques physico-chimiques du sol

91

(sol peu profond et présentant des concrétions latéritique qui sont très défavorables aux variétés de
Pineapple et Valentia). Signalons que ces cas sont marginaux dans notre échantillonnage (0,7%) et
ne sont rencontrés que dans l’arrondissement de Allahé. D’autres facteurs explicatifs du retard
re entre autres : la nature du
d’entrée en production pourraient êt
système de production intégrant les
e
agrum s (trajectoire de l’acteur, expériences et connaissances spécifiques sur la conduite de
plant t
a ion).

Le début de la récolte surviendra à partir de la floraison dans un délai de six (06) à sept (07) mois
pour la variété Pineapple et neuf (0 9) à dix (10) mois pour Valentia late. Ainsi deux récoltes sont
faits par an. La première récolte a lieu de mai à juillet pour l’intersaison avec un pic en juin suivi de
pénurie en juillet. Par contre, la deuxième récolte a lieu de novembre à janvier avec un pic en
décembre. La fin de cette deuxième récolte de Pineapple coïncide avec l’arrivée à maturité de la
production de Valentia late permettant ainsi l’étalement de la production parfois jusqu’en Février.

Au regard de ce qui précède, il ressort que la récolte des agrumes dans Za-Kpota toutes variétés
confondues s’étend sur environ sept (07) mois pour une même campagne (de mai à juillet et de
novembre à décembre de l’année i puis de janvier à février de l’année i + 1).

Ceci confirme la thèse de Raemaekers (2001) selon laquelle sous les tropiques la récolte des
agrumes toutes variétés confondues peut s’étaler sur toute l’année si des mesures d’irrigations sont
associées au mode d’exploitation, permettant ainsi la satisfaction à plein temps de la demande ou
mieux les besoins en mati ères pour le fonctionnement d’usine de transformation de jus d’agrumes.

Estimation du produit brut total (PBT)

Le produit brut est la quantité physique totale de récolte obtenue au terme de l’acte de production.
Son estimation est fait à partir des mesures effectuées sur le terrain. L’unité de mesure utilisée pour
la vente des agrumes est la bassine communément appelée barque. Elle doit son nom au contenant
utilisé au temps de la SoNaFeL pour la pesée lors de la commercialisation. Il convient de faire
remarquer que la balance de mesure utilisée au temps de la SoNaFeL, était calibré 20kg.
Conséquence, la bassine assimilée à cette barque contiendrait aussi 20 g
k aux conceptions des
a
commerçants qui tiennent en m in la commercialisation des agrumes.

Mais les mesures effectuées (au nombre de quinze) lors de notre séjour sur le terrain nous ont permis
d’estimer approximativement la contenance (en agrumes) de l’unité de mesure. La valeur moyenne
trouvée est de 47,5Kg. Ainsi si nous désignons par (PBT) le produit brut total et N le nombre de
bassines d’agrumes récoltés ou vendus par le producteur, on a : PBT (kg) = 47,5 kg x N.


92

Limite de l’estimation du PBT

e
Les agrum s étant des fruits, leur poids est fonction de leur teneur en eau. Ainsi suivant l’époque de
mesure les poids pourraient varier. Mais nous pensons que la répétition des me
ettrait de
sures perm

limiter ce biais.


on
Estimati des pertes (à d re d’acteur
i
s)

A l’instar des autres spéculations
o
agricoles, des pertes non m ins importantes sont enregistrées dans
les plantations agrumicoles de Za-Kpota. Faute de stat stiques précises a
i
san, nous
u niveau pay
é
avions utilisé la m thode de jeu de cailloux pour estimer approxima
e
tivement les pertes. Les agrum s
com
pas être conservés pendant
pte tenu de leur caractère juteux ne peuvent
longtemps sur pieds,
encore moins lorsqu’ils sont cueillis.

Les causes principales des pertes au niveau exploitation sont les attaques parasitaires (mouches de
fruits, papillons piqueurs) et diverses maladies aussi bien des fruits que des arbres. Des entretiens de
groupe avec les personnes ressources
ressort que les pertes en
, il
registrées varient suivant les
saisons. Ainsi, elles seraient plus importantes en deuxième saison que durant la première. Cette
différence du degré d’attaques s’expliquerait au niveau paysan par l’atmosphère par temps frais
qu’offrent les mois d’août à octobre. On assiste alors au pullulement de parasites animaux qui
attaquent les plants face à l’impuissance des paysans qui n’ont pas accès aux pesticides. Une autre
cause à l’origine des pertes est la commercialisation. Durant la période de récolte, on assiste à une
variation à la hausse. Ainsi, afin de vendre cher, certains producteurs préfèrent adopter des stratégies
d’attente. Ce qui occasionne d’importantes pertes dues aux attaques des papillon

s piqueurs qui
viennent dans les plantations la nuit sucer le jus des fruits.
Les pertes de récolte estimées de proche en proche donne pour la récolte de mai à juillet une perte de
593,75 kg sur exploitation pour 2375 kg de fruits commercialisés soit environ 25% de la récolte
totale de cette intersaison et celles de la deuxième récolte (novembre à janvier) est évaluée à 1092,5
kg pour la même quantité commercialisée ci-dessus mentionnée soit 50% de la récolte de cette
saison. Les statistiques qui en résultent sont présentées dans le tableau n°19.


93

Tableau n°19 : Estimation des pertes de la campagne 2003 -2004 pour l’ensemble des enquêtés






Production totale
Coefficient de Pertes (kg)
Manque à
(kg)
perte
gagner (F CFA)





Mai - Juillet
556.361
1 / 4
139.090,25
8.15
4.86
8,75





Novembre- janvier
673.835
1 / 2
313. 917,5
10.987.112,5




Total
1.227.233
453.007,75


15.855.271,25




Total avec pertes
1.680.2 0
4 ,75
25,8% ≈ 1/4
453.007,75

Source : Enquêt ,
e 2004

Des données du tableau n°19, il ressort que les pertes se chiffrent pour la campagne 2003 –2004 à
25% de la production commercialisée soit un manque à gagner annuel de 15 .855. 271, 25 F CFA
soit 120% des dépenses de fonctionnement de la commune pour l’année 1998 qui sont estimée à
13.446.385 F CFA (PDC-Za-Kpota, 2004).

Ainsi durant la campagne 2003 – 2004, la production annuelle commercialisée pour l’ensemble des
enquêtés est s
e timée à .
1 227 tonnes (T). A e
v c ce i
n vea
u de production ,les p o
r duct u
e rs d’agrumes
dans Za-Kpota se répartissent en quatre catégories : petits producteurs (53%), producteurs moyens
(30%), producteurs intermédiaires (14%) et gros producteurs (3%). Cette typologie associée à
l’effectif des agrumiculteurs pour l’ensemble de la commune (à dire d’acteurs) a permis d’évaluer le
niveau de production par catégorie de producteur en corrélation avec la superficie totale emblavée
par l’exploitant et d’estimer la production totale à l’échelle communale. L’ensemble e
d s résultats est
présen é
t dans e
l s ta l
b eau
x n°20 et 1
2 .

94


n° 2
Tableau
0 : Typologie des producteurs en fonction de niveau de production






Cessions
Petits Producteurs
Producteurs moyens
Producteurs intermédiaires
Gros producteurs


Niveau de production (kg)
PBT ≤ 10.000
10.000 < PBT ≤ 20.0 0
0
20.000 ≤ PBT ≤ 40.000
40.000 < PBT ≤ 65.000


Proportion de producteurs
53
%
30
%
14%
3%

Superficie moyenne emblavée (ha)
1,20 0,
± 62
2,3 ± 1,53
2,88 ± 1,09
5,5 1,8
±
0

Main d’œuvre familiale disponible (UT)
1,45 0,
± 90
1,09 ± 0,96
1,5 ± 1,14
0,66 ± 1,15

Coût de production agrumicole (F CFA)
15.225 ± 21.270
52.255 ± 61. 45
6
96.265 ± 62.150
550.740 ± 634.180

Production
m
co mercialisée par producteur par
4783,75 ± 2083
10.067 ±
0
25 3
18.526 ± 4113
40.138 ± 7.748
catégorie (kg)

Effectif de producteurs par catégorie
1510
842
406
87

Production totale commercialisée par catégorie en
7.223,5 8.4 6,4
7
7.521,5
3.492
tonnes (T)

Production totale commercialisée en tonnes (T)
26.713

Coef
e perte
25%
ficient d


Niveau de perte par catégorie (tonnes)
1.806 2.119
1.880
873

Niveau de production par producteur avec
5,98 2,
± 08
12,.58 ± 2,50
23,156 ± 4,1
50,17 ± 7,74
réduction des pertes (tonnes)

Production totale par catégorie avec réduction des
9.029,3 10.595,5
9.401
4.365
pertes (tonnes)

Production totale avec réduction de perte (tonnes)
33..391,798


Source
uête, 2004
: Enq

95

Tableau n°21: relations entre la superficie totale emblavée par exploitant et le niveau de
production de l’exploitation



Superficie
Type de producteurs
Total
emblavée par





Petits
moyens
intermédiaires
gros
exploitant






S ≤ 1 ha
79%
21%
-

100%




-

1 < S ≤ 2 ha
55%
29%
16%
100%






2 < S ≤ 5 ha
10%
52%
33%
5%
100%






S > 5 ha
-
-
50%
50%
100%

Source : Enquête, 2004


De l’analyse des tableaux n°20 et 21, il ressort que :
-le niveau de production augmente avec l’accès à la terre et au capital financier,

-les estimations de production pour l’ensemble de la commune sont de l’ordre de
33.391,798 T,

-la majorité des producteurs (7 %) ayant moins d’un (01) hectare sont de petits
9

s plantations de 4 à 5 ans d’âge,
producteurs. Ils ont pour la plupart de

-5% des exploitants ayant une superficie comprise entre deux (02) et cinq (05) hectares
sont de gros producteurs. A signaler que ces producteurs n’emblavent en moyenne que
3,5 ha. Le niveau élevé de leur production les érigeant au rang des grands producteurs est
dû à l’utilisation par ceux-ci de l’engrais sur leur plantation,

-50% des producteurs emblavant plus de cinq (5) hectares sont des producteurs
intermédiaires. Malgré leur superficie élevée en production d’agrumes, ils ont une
production totale de même rang que 33% des exploitants ayant une superficie comprise
entre 2 et 5 ha et 16% des exploitants ayant une superficie comprise entre 1 et 2 ha.
L’appartenance de ces 16% à cette catégorie de producteur est due à l’apport d’engrais
on en âge de pleine
d’une part et à la possession de plantati
production (8 – 11 ans).

De tout ce qui précède, il ressort que les engrais constituent un facteur déterminant de la
bonne performance des plantations et que la possession de grande superficie en culture

96

pérenne ne garantie pas forcement l’appartenance à la catégorie de gros producteurs. La
structure de production actuelle n’est donc pas optimale. La réhabilitation des plantations
par l’apport de soins culturaux appropriés (fumure, traitements antiparasitaires, taille,
meilleur encadrement technique) permettra de décupler le niveau actuel de production.
Dans une telle perspective, le niveau actuel de production se trouvera multiplier par un
24
coefficient multiplicateur égal à deux
a
(02). L production actuelle passerait alors de
33.391,798 tonnes à 66.783,6 tonnes. Cette estimation est proche de celle de Ayinon
(2000) pour l’an 2004 dans la même localité q i est de 80.555 tonnes.
u
Cette réhabilitation
des plantations permettra d’améliorer le niveau de revenu des producteurs. Leur statut
socio-économique s’en trouverait affermi. Les impacts sur le développement sont entre
autres, l’amélioration du niveau de vie des populations à travers un meilleur accès aux
soins de santé, l’augmentation du niveau de capital affecté à la scolarisation des enfants
dont la conséquence évidente est l’amélioration du taux de scolarisation pour l’ensembl
e
i les plus faibles du départem
de la commune, taux qui se situe pour l’instant parm
ent du
Zou.

5.2. Rendement des plantation

Estimation du rendement

Le rendement est le rapport du produit brut obtenu à la superficie. Soit Ri le rendement
moyen, on a : R i = PBT / S
Avec S : superficie totale de l’exploitation (ha) et R i : rendement en kg / ha

5.2.1. Phases de vie de l’arbre

Les agrumes, compte tenu de leur caractère pérenne, acquièrent progressivement avec
l’âge leur potentiel de production. La figure n°11 indique les variations des rendements
en fonction de l’âge et des rendements maxima correspondants. Pour des raisons
d’homogénéité, les résultats ci-dessous présentés ne prennent pas en compte les
plantations fumées à l’engrais.



24 Voir section 4.2.3. Consacrée à fertilisation et traitements phytosanitaires (tableau : Influence de
l’engrais sur la performance des plantations)

97

Figure n°11: Evolution des rendements moyen et maximum en fonction de
l'âge de la plantation
18000
16000
ha) 14000
12000
Rendement

(
k
g /
10000
Maxima
ent
8000
m
6000
nde
4000
Re
2000
0
4
5
6
7
8
9 10 11 12 13 14 15- 17-
16 19
âge

Source : Enquête, 2004
De l’observation de la courbe des maxima, il ressort que la tranche d’âge six (6) à onze
(11) ans est caractérisée par :

-une croissance des rendements maxima moyens de la 6ème à la 7ème année,

- une légère décroissance entre 7 et 8 ans,

-une constance des rendements maxima de la 9ème à la 11ème année,

Toutes les variations de rendement se situent entre 14.000 kg et 16.000 kg qui sont les
maxima des maxima. On conclut alors que la phase de production de croisière correspond
à la tranche d’âge 6 à 11 ans dans les conditions actuelles de production.

De tout ce qui précède, il ressort que quatre niveaux de production caractérisent la
production des agrumes dans les conditions actuelles d’exploitation. Ainsi, on distingue :

Phase 1 : début de production
Elle correspond à la tranche d’âge 4 à 5 ans. Après sa mise en place sur le terrain, le
jeune arbre dans un premier temps développe son système racinaire. Les jeunes racines
alors très actives puisent dans le sol les éléments (eau, sels minéraux) nécessaires à son
alimentation.


98

L’absorption de ces éléments favorise la croissance végétative de la frondaison : c’est la
phase d’installation caractérisée par l’importance de la nutrition minérale. Cette phase se
prolonge jusqu’à la 3ème année après la plantation. Suivant l’espèce, la variété, le porte-
greffe et les conditions de culture, cette phase d’installation peut se prolonger jusqu’à la
6ème année. A partir de la 3ème année, la frondaison alors suffisamment développée assure
une plus grande synthèse des hydrates de carbone (synthèse chlorophyllienne facilitée p r
a
la lumière) qui a pour conséquence de faire apparaître les premiers fruits : c’est la phase
d’entrée en production basée sur l’équilibre entre la nutrition minérale et la nutrition
carbonée. A cette phase tous les plants ne produisent pas encore mais la majorité entre
déjà en production. Le rendement à l’hectare dans cette tranche d’âge varie de 773 à
6531 kg / ha. Le rendement moyen ob
= (4496,3 ± 1759,6) kg/ ha.
tenu est m

Phase de pleine production, 6 à 11 ans
Elle se décompose en deux sous phases : 6 à 8 ans et 9 à 11 ans. Entre la sixième (6ème) et
la huitième (8ème) année, la croissance végétative de l’arbre se ralentit, alors que les
productions en fruits deviennent chaque année plus importante. Un certain équilibre
alimentaire s’établit entre la nutrition minérale (véhiculée par la sève brute) et la nutrition
carbonée (véhiculée par la sève élaborée). Les productions de fruits se stabilisent à un
niveau élevé : c’est la phase de pleine production. Par des soins appropriés,
l’agrumiculteur doit essayer de prolonger au maximum cette période dont la durée
suivant les conditions de culture varie entre 15 ans et 20 ans alors qu’elle n’est que de 5
ans pour les plantations d’agrumes de Za-Kpota du fait de l’absence de soins culturaux
appropriés (fumure, traitements antiparasitaires, irrigation, taille).

- Plantation de 6 à 8 ans d’âge

Cette phase est caractérisé dans l’ensemble par un rendement moyen de (8901,5 ±
4082,7)) kg / ha avec une corrélation relativement faible (r = 0,22) entre l’âge et le
rendement. On déduit alors qu’avec l’âge, le rendement moyen des plantations croit mais
pas de façon proportionnelle à l’accroissement de l’âge.


99

- Plantations de 9 à 11 ans

Dans cette tranche d’âge le rendement moyen commence à baisser par comparaison au
seuil atteint dans la tranche 7 à 8 ans. Cette chute de performance s’explique par
l’absence d’apport de fumure. En effet, les plants ayant produit leur potentiel, un apport
complémentaire d’engrais, ne serait que d’entretien pour compenser les expor a
t tions liées
aux récoltes s’avère indispensable pour assurer une production soutenue dans le temps.

Dans cette tranche d’âge le

rendement moyen a
m ximum de valeur égale à 14488 kg / ha
est atteint à 10 ans d’âge et avec un minima de 475 kg / ha. Le rendement moyen en
agrumes caractéristique de cette tranche d’âge est m = (7909,3 ± 3435,3) kg / ha. Le
coefficient de corrélation est égal à 0,28.

Phase 3 : phase de vieillissement

Cette phase caractérise les plantations de 12 à 16 ans. Entre la douzième (12ème) et la
ème
seizième (16 ) année, apparaît un déséquilibre. Le système racinaire de l’arbre réduit
son activité, les pousses annuelles sont de vigueur plus faible, les fructifications
diminuent : c’est la phase de vieillissement. Le rendement moyen est m = (4892,67 ±
2068,4) kg / ha. Le rendement à l’hectare varie entre 891 et 8.930 kg/ha. Le coefficient

de corrélation est presque nul (r 0,02). Cette valeur faible du coefficient de corrélation
est due à la vieillesse des plantations et à l’épuisement du sol du fait de l’absence de
mesures de régénération. Ces facteurs limitants associées à une alimentation en eau
insuffisante fait que les fruits des plantations de cette tranche d’âge sont pour la plupart
de petits calibres. Il y a alors nécessité d’apporter des engrais potassi es dont le nitrate
qu
de potasse afin de favoriser le grossissement des fruits (Aubert et Vullin, 1997).

Phase 4 : phase de décrépitude

Enfin
, au-delà de la 16ème année, apparaissent les pre ie
m rs symptômes de décrépitude.
Des rameaux se dessèchent et meurent, les fructifica
deviennen
tions
t alternan
les
tes,

fruits peu nombreux et de qualité médiocre. Le rendement moyen en agrumes de cette
tranche d’âge est m = (1.930 ± 182) kg / ha. Ce niveau de rendement moyen suffit à peine
pour couvrir les coûts variables actualisés25 qui se lèvent à 5.418 F CFA à l’hectare. Le

25 Taux d’actualisation de 15% (taux d’intérêt pratiqué sur l’engrais du coton)

100

revenu moyen actualisé procuré est 8.551,7 F CFA ce qui correspond à un gain net
annuel actualisé de 2.933,7 F CFA. A cette phase, l’agrumiculteur doit abattre ses plants.

5.2.2. Comparaison de nos résultats aux recherches antérieures

Tableau n°22 : Synthèses sur les rendements moyens en agrumes par tranche d’âge





Phase de production
Tranche d’âge
Rendement moyen
Rendement maximal (kg /
(kg/ha)
ha)



(4.496,3 ± 1.759,6)
Début de production
4 à 5 ans
6.531




Pleine production
6 à 8 ans
(8..901,5 ± 4.082,7)
16.625



9 à 11 ans
(7..909,3 ± 3.435,3)
14.448




vieillissement
12 ans à 16 ans
(4.892,67 ± 2.068,4)
8.930




décrépitude
> 16 ans
(1.930 ± 182)
2.138

Source : Enquête, 2004

Les rendements moyens obtenus pour la tranche de pleine production sont relativement
proches de ceux trouvés au Bénin par MDR (sd) pour les plantations privées d’agrumes
non encadrées. Mais l’ensemble des résultats de nos recherches n’est pas conforme à
ceux de Ayinon (2000) dans la même localité que nous rappelons ici à titre indicatif (Voir
tableau n°23)

Tableau n°23 : Rappel des résultats de recherche Ayinon sur les agrumes dans Za-Kpota




Phase
Tranche d’âge correspondante
Rendement


Par arbre (kg)
Equivalent à l’ha




1
4 ans d’âge
40
8 320




2
5 à 7ans
120
25 000




3
8 à 9 ans
140
29 120




4
10 ans et +
160
33 280

Source : Ayinon, 2000


101

Les écarts de rendement entre nos résultats et ceux de Ayinon (2000) pourraient être dûs
aux variations importantes des séries pluriannuelles enregistrées ces dernières années
(CeRPA / Za-Kpota, 1999 – 2003), l’agrumiculture étant pour l’heure à l’instar des autres
spéculations, pluviale.

Par ailleurs, il convient de faire remarquer que l’auteur n’a pas précisé sa méthodologie
d’estimation. Néanmoins, il apparaît dans le compte d’exploitation des plantations
étudiées par le même auteur, l’utilisation d’engrais sur tout le cycle de production. Ceci
est contraire à nos résultats dans la mesure où sur un échantillon de quatre vingt dix huit
(98) ménages enquêtés seulement 6% utilisent de l’engrais soit donc sur les cent quarante
quatre (144) plantations identifiées, 4% seulement bénéficient de l’engrais. Par ailleurs,
compte tenu d’une part des arrières effets négatifs du coton pour les agrumes. D’autre
part le rendement escompté même en cas d’utilisation d’engrais spécifiques aux agrumes
étant en régime de croisière (7 ans et plus) de 100 kg/arbre sous les tropiques (Praloran,
1971; Bonefond et al, 1984 et Napporn, 1991 cités par Aho et Kossou, 1997 ; Anonyme,
1999; Raemaekers, 2001) ; Soit pour la densité moyenne de plantation de 221 plants / ha
observée à Za-Kpota, on s’attendrait donc à un rendement de 22100 kg / ha.

Nous ne comprenons pas dans ces conditions comment de tels rendements seraient
possibles et plus sont soutenus dans le temps jusqu’à atteindre la valeur des 33280 kg/ha,
rendement qui n’est possible qu’en système de production intensive irriguée et dans des
zones très propices aux agrumes dont les régions méditerranéennes (Anonyme et
Raemaekers, op.cit).

5.2.3. Rendement en agrumes par catégorie d’exploitation

Rendement en agrumes des plantations appartenant aux entreprises
commerciales

La première entreprise commerciale, celle de DAHISIHO, a débuté ses plantations
depuis 1966 soit trois (3) ans avant les fermes de la SoNaFeL. La seconde, appartenant à
monsieur NOUL K
E OU Jean, spécialiste horticole qui a d’abord servi au temps de la
SoNaFeL avant de s’installer sur propre compte au début des années 90.


102

Ces entreprises étaient dans l’ensemble caractérisées par une utilisation intensive du sol
(apport de fumure). Des traitements antiparasitaires étaient aussi apportés aux arbres.
Elles sont les seules à avoir sur leur ferme à l’exception des « reliques agrumicoles » de
la SoNaFeL, des plantations de composition hétérogène. Nous entendons par verger de
composition hétérogène, une plantation au sein de laquelle plusieurs variétés de porte-
greffe sont associées afin de limiter les risques d’attaques parasitaires spécifiques.

De même, les variétés de porte-greffe utilisées ne se retrouvent pas au niveau paysan. Ce
sont le Citrange troyer, le Citrus volkameriana, tous deux de forte aptitude à la
productivité et de longue durée de vie (Raemaekers, 2001) au moins cinquante (50) ans.

Les plantations de ces entreprises étaient installées à une époque où les plantations
étaient peu nombreuses et l
es cours élevés. Mais avec l’entrée en production des
plantations au niveau paysan à partir de 1998 des producteurs ayant adopté sans
vulgarisation formelle26
e
, les cours des agrum s ont brusquement chuté. A cet effet,
beaucoup d’exploitation agrumicoles en l’occurrence les entreprises commerciales se
sont révélées incapables de s’adapter aux nouvelles conditions du marché. Découragés,
les entrepreneurs ont opté pour la stratégie de production sans fumure car disent-ils les
recettes ne permettent plus de compenser les coûts de production aussi bien des intrants
circulants que du facteur travail. Une autre raison à la base de ce découragement est
l’inefficacité des traitements phytosanitaires dans les plantations de ces entreprises. Les
raisons sont entre autre le non traitement par les paysans de leur verger et qui de ce fait
constituent des refuges pour les parasites.

Comme solution à la crise, les entrepreneurs ne vendent pas en début de saison et
attendent pour la vente tardive à prix cher. Mais les nom

breuses plantations paysannes
permettent de satisfaire les demandes des commerçants sur de longues périodes. Les
agrumes ne pouvant pas se conserver longtemps sur pieds sous les tropiques une fois
arrivés à maturité, d’importantes pertes au champ sont enregistrées par ces entreprises.
Aucune statistique portant sur le niveau de production des plantations de ces entreprises
n’est disponible.

26 Voir section 3.1.2. consacrée à Historique de l’adoption du système de production à base d’agrumes dans
za-Kpota

103

Dans ce contexte d’impasse économique, des perspectives diverses se dessinent selon les
acteurs. Pour DAHISIHO, les perspectives portent sur l’abattage des fruitiers pour
installer une teckeraie que l’acteur estime moins exigeant et plus rentable.

Monsieur NOULEKOU quant à lui, envisage une coopération avec les acteurs de
l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) pour d’éventuelles recherches sur
la filière en matière de lutte contre les ravageurs et autres parasites des agrumes. Les
seules activités qui continuent d’être menées sur cette entreprise sont le greffage aussi
bien de Citrus que de manguier et la commercialisation des plantules de palmiers
sélectionnés. Les porte-greffes utilisés pour le greffage sont : le Lime rangpur, le
et le
Citrange troyer
Citrus volkameriana. Les frais d’acquisition sont respectivement de
200 F, 3
00 F et 350 F CFA.

Niveau de performance de la plantation du groupement de production
a
« Finagnon » de Z -Hla

groupem
Initié par monsieur DJONOU Antoine, le
ent « Finagnon » est à l’origine un
groupeme
ricoles. Sous la conduite d’un bureau de
nt de commercialisation des produits ag
trois membres dont un Président, un trésorier et un secrétaire, « Finagnon » a été créé en
1992 et comprend douze (12) membres dont dix (10) femmes et deux (02) hommes. Face
à l’ampleur de la production agrumicole dans la localité, le groupement « Finagnon » n’a
pas pu résister au phénomène agrume. Ainsi, fut défrichée en 1995 une parcelle d’un
(01) hectare. Les travaux de préparation et de plantation furent exécutés par l’ensemble
des membres. Chaque membre avait en charge l’entretien d’un douzième (1/12) d’hectare
appelé « Kantin » en langue locale. Le membre en charge de l’entretien d’une parcelle
avait la latitude d’installer sur la parcelle les spéculations saisonnières de sa convenance.
Les produits de récolte des cultures associées sont entièrement à l’actif du membre ayant
entretenu la dite parcelle. Cette stratégie qu’on qualifierait d’incitative a permis durant les
trois premières années improductives l’entretien régulier de l’ensemble du verger. Certes
des irrégularités ont été observées au niveau de certains membres.

A partir de l’entrée en production des vergers, les recettes faites de la vente des fruits
récoltés étaient entièrement versées dans la caisse du groupement. Dès lors, des
irrégularités fréquentes dans l’entretien des parcelles sont devenues le quotidien. Ceci

104

montre donc que l’individu n’accepte de se sacrifier pour les travaux collectifs que si une
unération personnelle ou com
rém
pensation directe y est attachée. Les conséquences de ce
comportement individuel sont l’envahissement de la plantation par les adventices et des
niveaux de rendement faibles. Ainsi, âgée de 8 ans, cette plantation n’a pu franchi le seuil
de 3.467,5 kg / ha de fruits et ce à 5ans d’âge. Depuis lors le rendement ne fait qu
e
décroître. Les résultats sur le cycle complet de cette plantation sont indiqués dans le
tableau n°24.

Tableau n°24 : Niveau de performance de la plantation du groupement « Finagnon » sur tout son
cycle de production







Année
1999
2000
2001
2002
2003
Age (plantation)





4 ans
5 ans
6 ans
7 ans
8 ans





Rendement (kg / ha)
475
3 467,5
1 520
2 423
997,5

Source : Cahier des recettes du groupement « Finagnon »

Cet échec de l’action collective confirme la théorie des dilemmes sociaux au sein des
organisations telle que développée par Olson (1965), Galjart (1976), Hyden (1983),
Vodouhè (1996). Face à ce constat de privilège de l’intérêt personnel sur celui collectif,
un véritable travail de sensibilisation s’impose afin de persuader les acteurs à la base de
la nécessité d’un prix à payer pour l’émergence des dynamiques au niveau local et
d’accroître l’efficacité de l’action collective. Ceci ne serait possible qu’à travers des
concertations entre acteurs dans le contexte actue
e
l d la décentralisation où les
populations sont appelées à prendre une part active pour un développement à la base. La
compensation attachée à cette participation ne peut être directe ou immédiate mais à long
terme.


105

5.3. Synthèse des résultats des tests d’hypothèses

Hypothèse de recherche n°1 :


avec la taille
« Le rendement moyen en agrumes augmente
de la plantation »

Le tableau n°25 présente les rende e
m nts moyens en fonction de la taille de la p a
l ntation.

Tableau n°25 : Rendement moyen contrôlé par taille de plantation




Catégorie
Superficie
Rendement moyen annuel (4 à 16 ans)



Petites plantations
S ≤ 1 ha
7 725 ± 3 925,75



Moyennes plantations 1 < S ≤ 1.5 ha
6 347,96 ± 3 315,6



Grandes plantations
S > 1,5 ha
5 383,6 ± 2 994

Source : Enquête, 2004

NB : Pour des raisons d’homogénéité des résultats, les rendements des plantations traitées
à l’engrais ne sont pas pris en compte. Les limites de classes ont été déterminées par la
méthode de nuage de points comme indiquée en annexe n°3.

De l’analyse du tableau n°25, il ressort que le rendement moyen en agrumes baisse avec
la taille de la plantation. Mais les différences ent e
r ces niveaux de rendement sont elles
i
s gnificatives ? Nous répondrons à cette question en testant par l’analyse de variance
l’égalité des rendements moyens par catégories identifiées. Signalons par ailleurs que
pour des raisons de précision statistique, les plantations seront réparties en deux classes
pour ce paramètre : Superficie ≤ 1 ha et superficie > 1 ha.

Nous testerons à travers l’analyse de variance l’égalité des rendements moyens des deux
catégories de plantations.
Les données que nous utiliserons pour nos te t
s s sont celles de la tranche d’âge 6 à 11 ans
identifiée comme phase de pleine production27.
Les données de base pour le test d’hypothèse sont présentées dans le tableau n°26.


27 Voir section 5.3.1. Consacrée à rendement par tranche d’âge de plantation

106

Tableau n°26 : Rendement moyen et moyenne des log des variables




Variables
Fréquence : N
Rendement moyen




S ≤ 1 ha
Rend 1
43
M1= 9 192 kg / ha




S > 1 ha
Rend 2
32
M2
1
= 6 494, 5 kg/ha

Résultats de transformation logarithmique (log10)




S ≤ 1 ha
log10(Rend1)
43
m1 = 3,906 kg/ha




S > 1 ha
log10(Rend2)
32
m2 = 3,778 kg/ha



Total
75
-

Source : Enquête, 2004

Hypothèse statistique

L’hypothèse nulle est :
Ho: M1 = M2 vs M1 ≠ M2 (1) revient à tester :

o
H : m1 = m2 vs H1 m1 ≠ m2 (2)

On rejette l’hypothèse nulle au niveau α = 5% lorsque Fobs ≥ F1 – α (k1 ; k2) dont les degrés
de liberté sont k1 = p – 1 et k2 = n – p (p désigne le nombre de catégories : p = 2 et n le
nombre total d’observation : n = 75).
Les résultats de l’analyse de variance sont présentés dans le tableau n°27, le terme
correctif étant C = 8298,418 / 75 = 1105,36


107

Tableau n°27 : Analyse de variance








Probabilité Significativité
Source de
Degré de Sommes des Carrés
Fobs
de F
de la
variation
liberté
carrés des
moyens
différence
écarts







0,4555
0,4555


Différence






entre
1





catégorie

6,10
0,01
S




5,4438
0,0746
Différence
73
entre
plantation




Totaux
74
5,8994

Légende : S significatif

Source : Enquête, 2004

Fobs= 0,4555 / 0,0746 = CMa / CMr = 6,10. La comparaison de la valeur Fobs avec la
valeur théorique F0, 95 (1 ; 73) = 3,97 conduit au rejet de l’hypothèse nulle. Ce qui
revient à rejeter l’hypothèse de recherche.

Analyse des résultats du test d’hypothèse de recherche n°1

Des résultats du test, il ressort une différence significative au seuil de 5% entre le
rendement moyen en agrumes des plantations de taille inférieure à 1 ha et de celles de
taille supérieure à 2 ha. Ce qui correspond à la loi des rendements décroissants à l’échelle
de production. On conclut alors que l’accroissement de l’échelle de production par
l’augmentation des facteurs dont la terre ne permet pas une augmentation de la
productivité. Bien au contraire il conduit à une perte énorme de productivité en l’absence
de technologie appropriée. Ces résultats sont analogues d’une part à ceux de Boussard J-
M (1987/1992) et de Boserup (1970) sur la productivité du travail en agriculture en
rapport à la taille de l’exploitation agricole et de l’autre aux travaux de Boserup E. (1965)

108

à savoir : en l’absence de technologie, plus faible est le rapport superficie par exploitant
plus grand est le rendement. Il argumente en affirmant que plus faible est la superficie
emblavée, plus soigné est le travail manuel et moins dispersée est la main-d’œuvre. On
conclut alors à une efficience de la substitution du travail au capital sur les plantations de
petite superficie que sur celles de grande superficie. Il existe alors une taille optimale
d’exploitation agricole pour une allocation efficiente des facteurs de production auxquels
on a accès en l’absence ou non de technologie (Boussard J-M, 1987/1992 ; Boserup,
1981).

Ces résultats dans le cas des plantations d’agrumes dans Za-Kpota s’expliquent par le fait
que les plantations de petite superficie sont régulièrement entretenues. Ces soins sont
primordiaux durant les phases improductives devant conduire les plants à la phase de
production. On note pour l’ensemble des plantations l’absence d’irrigation, de fumure, de
traitements phytosanitaires et de taille annuelle d’entretien et de fructification, des soins
culturaux pourtant indispensables aux jeunes plants pour une bonne production (Loussert,
1989 ; Raemaekers, 2001). Aussi note-t-on un faible remplacement des plants dans les
plantations de grande superficie contrairement aux plantations de petite superficie. Dans
rniè
ces de
res l’exploitant a moins de diffi

culté pour surveiller la reprise de croissance et
assurer un entretien régulier et aisé (sarclage régulier pour éviter l’envahissement par les
adventices) des jeunes plants greffés installés. Ceci pose le problème de la faible aptitude
a
m nagériale des grandes superficies par les exploitants agrumicoles de Za-Kpota dans les
conditions actuelles de production. Ceci fait que l’irrégularité de production est frappante
d’un arbre à un autre, même pour des arbres voisins.

Par ailleurs, il ressort de la comparaison au seuil de 1% du rendement moyen en agrumes
des plantations en fonction de leur superficie qu
dif
e la
férence n’est pas significative : les
rendements sont donc constants à l’échelle. Ce résultat confirme la théorie économique
selon laquelle les rendements d’échelle sont souvent constants po r
u les petites
exploitations où le travail manuel est prépondérant (Boussard, J-M, 1987/1992).

De tout ce qui découle des résultats du test d’hypothèse d
e recherche n°1, la tendance à
les
investir
recettes issues d’une campagne antérieure dans l’installation d’autres
plantations ne paraît donc pas une option j
udicieuse. Bien au contraire, cette option

109

contraint le paysan à se priver de la liquidité disponible pour ne voir produire sa
plantation que dans quatre (04) voire cinq (05) ans. Le producteur gagnerait plus et dans
l’immédiat en investissant ses recettes dans l’achat d’intrants dont les engrais chimiques
et organi u
q es, les pesticides et mieux solliciter de la main-d’œuvre de qualité ou se payer
ation. Il y a alors nécessité d’une m
une form
odernisation de la production à travers un
e
m illeur encadrement des producteurs et la fourniture à ces derniers de capital nécessaire
rs de
à l’acquisition de facteu
production en lesquels ils ont moins accès. A cet effet, les
: l’UCP, l’UProFe
acteurs concernées sont
L-Za, la mairie, les ONG, le CeRPA et les
bailleurs.

Test d’hypothèse de recherche n°2 :

« La non qualification de la main-d’œuvre et la non utilisation d’engrais et de pesticides
affectent négativement le rendement moyen en agrumes des plantations dans Za-Kpota »

o
P ur ce faire, nous rappelons ci-dessous les conditions d’exploitations par type de
plantation (voir tableau n°28)

Tableau n°28 : Données de base du test d’hypothèse de recherche n°2,



Conditions moyennes d’exploitation
Conditions d’exploitation des plantations de Za-
Kpota


Fumure annuelle d’entretien : 300 kg/ha
Fumure : niveau zéro par 96% des exploitations


Besoins en pesticides : 20 kg/ha
Pesticides : niveau zéro par 99% des exploitations


e
Rendem nt escompté à partir de la phase Rendement moyen en phase de croisière : 8748
de croisière : 100 kg/arbre de fruits / an
kg/ha
Nature de la main-d’œuvre : qualifiée
Nature de la main-d’œuvre : non qualifiée


Densité moyenne de 221 plants / ha

Rendement moyen en agrumes escompté : 22 100 kg / ha / an


Source : Praloran, 1971; Bonnefond et al, 1984 et Napporn, 1991 cités par Aho et Kossou, 1997;
Anonyme, 1999; Raemaekers, 2001 et enquête 2004

110

Le tableau n°29 présente les rendements moyens par types de plantation et les moyennes
des Log des variables.

Tableau n°29 : Rendement moyen en agrumes contrôlé par niveau d’utilisation d’engrais et de
pesticides




Type de plantation
Fréquence
Rendeme
y
nt mo en



Plantations de Za-Kpota exploitées sans engrais et
75
Mu = 8 748 kg / ha
pesticides


Rendement moyen standard
Mo = 22 100kg / ha

Résultats de la transformation logarithmique (log10)



75
Plantations de Za-Kpota exploitées sans engrais et
mu = 3,8926 kg / ha
pesticides


Log du rendement moyen standard
mo = 4,34 kg / ha

Source : Enquête, 2004

Hypothèse statistique

« Le rendement moyen (mu) en agrumes dans les conditions d’exploitations dans Za-
Kpota est égal au rendement moyen standard ».

On a :
Ho: M u = M
0 vs H1: Mu ≠ Mo (1) revient à tester
Ho: mu = mo vs. H1: mu ≠ m (2), le rejet de (2) équivaut au rejet de (1)
o

Le Test approprié est le test t de Student relatif à la conformité d’une moyenne à une
valeur théorique.


111

Avec un intervalle de confiance d’acceptation de l’hypothèse nulle IC à 95%,
x ± t1 – α/2 (σ/ √n)

On rejette l’hypothèse nulle lorsque : tobs ≥ t1 – α/2 , avec α = 5% et (n – 1) degrés de
liberté. Le tableau n°30 présente la syn h
t èse du test d’hypothèse n°2.

Tableau n°30 : Synthèse du test d’hypothèse n° 2




Hypothèse de recherche n°2
Hypothèse statistique
Outils d’analyse
Prise de décision




La non qualification de la Mu = 8 748 kg/ha et
t de Student
La non qualification
main-d’œuvre et la non Mo = 22 100kg
de la main-d’œuvre
utilisation d’engrais minéral mu = 3,8926 et
et la non utilisation
et de pesticides affectent mo = 4,24
d’engrais minéral et
négativement le rendement Ho: Mu = Mo vs. H1: Mu ≠
de pesticides
moyen en agrumes des Mo (1)
affectent
plantations dans Za-Kpota

négativement le
Ho: mu = mo vs. H1: mu ≠
rendement moyen en
mo (2)
agrumes des

Le rejet de (2) équivaut au rejet
plantations dans Za-
de (1)
Kpota

H0 rejetée si tobs > ttable
Conclusion
tobs =17,36 > t 0,975 (74) = 1,995



Source : Enquête, 2004

Analyse des résultats du test d’hypothèse de recherche n°2

Conformément aux résultats du test et en nous fondant sur les descriptions portant sur la
a
non qualification de la m in-d’œuvre d’une part et les écarts importants observés entre
ées à l’
les rendements des plantations fum
engrais, les agrumes exigent pour leur
production une main-d’œuvre qualifiée, des apports réguliers d’engrais pour compenser
les exportations liées aux récoltes, des traitements phytosanitaires pour le contrôle des
e
parasites. Les plantations d’agrum s dans l’état actuel de production sont exploitées en

112

dessous des conditions moyennes d’exploitation dont la fumure et les pesticides
spécifiques. Ces facteur constitu
s
ent donc des facteurs limitants à une bonne performance
des plantations des exploitations prod
e
uctrices d’agrum s dans Za-Kpota.

Test d’hypothèse de recherche n° 3 :

« Le rendement moyen en agrumes des plantations sur lesquelles il est pratiqué deux
rieur au rendement moyen en agrumes des
labours après l’entrée en production est supé
plantations sur lesquelles il est pratiqué un labour »

oyennes par type
Le tableau n°31 reprend les m
de système et les moyennes des log des
variables. So
1
it m (kg / ha) la moyenne des log des variables (rendement moyen par
e à un labour et m
plantation) du systèm
2 (kg / ha) celui du système à deux labours.

Tableau n°31 : Rendement moyen en agrumes en fonction de la fréquence annuelle de labour


Tranche d’âge de la plantation : 6 à 11 ans



Variables
Fréquence : N
Moyenne




1 labour
Rend lab1
40
M1
5
=10342,3 kg / ha





2 labours
Rend lab2
35
M2 = 6943 kg/ha



Résultats de transform tio
a n logarithmique (log10)



Variables
Fréquence : N
Moyenne des log des variables




1 labour
log10(Rendlab1)
40
m1 = 3,986




2 labours
log10(Rendlab2
35
m2 = 3,786



Total
75
Différence entre moyenne
D = 3,986 – 3,786 = 0,2

Rend lab1 : rendement de plantation à un labour ; Rend lab2 : rendement de plantation à deux labours

Source : Enquête, 2004


113

Hypothèse statistique

L’hypothèse nulle est :

Ho: M1 = M2 vs M1 ≠ M2 (1) revient à tester :

Ho: m1 = m2 vs H1 m1 ≠ m2 (2)

Nous testerons cette hypothèse par le test t de Student au seuil α = 5%. On rejette
l’hypothèse nulle lorsque tobs ≥ t 1 – α / 2 à [(n1 + n2) – 2] degré de liberté. Le rejet de (2)
équivaut au rejet de (1). Les résultats du test sont présentés dans le tableau n°32.

Tableau n°32 : résultats de comparaison des types de plantations différenciée par la fréquence
de labour







Sources de
Différences
Ecart – type
Valeur de t
Probabilité de
Significativité de la
variations
entre
de
(calculé)
t
différence
moyenne des regroupement
(dl = 73)
log des
variables






Rendement
0,1998
6,203
4,24
0,00
S
moyen entre
plantation
6 – 11ans






Sources de
Différence
Ecart – type
Valeur de t
Probabilité de
Significativité de la
variations
entre
de
t
différence
moyenne des regroupement
(dl = 33)
log des
variables






Rendement
0,2663
0,219
3,53
0,00
S
moyen entre
plantation

Légende : S significatif

Source
: Estimation Minitab, Octobre 2004.


114

Analyse des résultats du test d’hypothèse de recherche n°3

Des résultats du test, il ressort que le rendement moyen en agrumes des plantations sur
lesquelles il est pratiqué un labour est supérieur au rendement moyen des plantations sur
lesquelles il est pratiqué deux labours. Il y a donc une baisse de productivité du travail sur
les plantations sur lesquelles il est pratiqué deux labours. Ce qui conduit à conclure à une
décroissance des rendements à l’échelle. Ceci confirme les travaux de Boussard J-M
(1987/1992) à savoir : l’intensification du travail si ce n’est du capital financier pour
l’acquisition de facteurs limitant un accroissement de la productivité ne permet pas
d’avoir en agriculture des rendements d’échelle.
Mais la typologie des plantations en fonction de la fréquence de labour et du mode de
plantation avec respect ou non des normes de plantation montre que la performance des
plantations est fortement influencée par ce dernier paramètre. Nous rappelons à titre
indicatif les résultats de cette typologie28.

Tableau n°33 : Rappel sur le rendement moyen par type de plantation différenciée par la
fréquence annuelle de labour et en fonction du mode de plantation





Fréquence
Age plantation
Respect des normes de Non respect des normes de
annuelle de
trouaison
trouaison
labour





6 – 8 ans
10.743 ± 3.863
10.054 ± 3.009





1 labour
9 – 11 ans
9.345 ± 3.247
-



12 – 16 ans
5.368 ± 1.827
-





6 – 8 ans
-
6.845 ± 3.346





2 labours
9 – 11 ans
7.039 ± 1.215
5.212 ± 2.773



12 – 16 ans
4.446 ± 2.270
2.997 ± 1.913

Source : Enquête, 2004

28 Tiré de la section 4.2.1. consacrée à : labour : fréquence annuelle et logique

115

Du développement fait jusqu’ici, il ressort que la substitution du travail au capital par
l’intensification de celle-ci dans le labour ne permet pas de décupler le rendement. La
pratique de deux labours ne se justifie donc pas au delà de la 6ème année de plantation. La
pratique de deux labours ne correspond qu’à u e
n déséconomie. L’allocation du capital
par les exploitants pratiquant deux labours aussi bien pour ceux ayant recours à la main-
d’œuvre salariée que fam
e
iliale n’est donc pas fficiente. Ces exploitations sont de ce fait
caractér s
i ées d’extensives du fait de l’utilisation d’une grande quantité de main-d’œuvre
mais de peu de valeur (Tournier, 1986). Cette baisse de productivité du travail entre le
systèm
plique par la non qualif
e à un labour et celui à deux labours s’ex
ication de la main-
d’œuvre.
e, le capital hum
En définitiv
ain investi sous forme de labour n’est pas un déterminent
pour décupler le rendement. Ceci nous amène à dire en rapport avec les conclusions de
l’hypothèse de recherche n°1 que, le rendement en agrumes pour les plantations de faible
superficie n’est pas le niveau de performance optimal de ces plantations. De ce point de
vue, nous admettons certes les résultats des t a
r vaux de Boserup E. (1965/1970), mais la
main-d’œuvre disponible malgré son intensité ne permet pas de faire des rende e
m nts
d’échelle du fait de sa non qualification même pour un ratio superficie/exploitant faible.
L’allocation de cette main-d’œuvre ne peut être efficace que si elle est qualifiée d’où le
besoin d’information et de technologie appropriées.


116

5.4. Synthèse des résultats d’autres comparaisons
Comparaison des rendements des plantations entre villages
La synthèse des résultats du test est présentée dans les tableaux n°34 et 35

Tableau n°34 : Analyse de variance des rendements en agrumes des plantations de 4 à 16 ans








Source de
Degré de
Somme des
Carrés des
Fobs
Probabilité
Significativité
variation
liberté
carrés des
moyennes
écarts







Différence
4
0,4265
0,1051



entre village



1,30
0,275
NS




Différence
130
10,5404
0 ,0811
entre
exploitations







Total
134
10,9609

Légende : CMa : carré moyen factoriel, CMr : carré moyen résiduel, NS : non significatif


Source : Estimation Minitab, octobre 2004

Tableau n°35 : Analyse de variance des plantations de la phase de pleine production (6 à 11 ans)








Source de
Degré de
Somme des carrés
Carré
Fobs
Probabilité
Significativité
variation
liberté
des écarts des log
moyen
des variables







Différence entre


4
0,1336
0,0334



village



0,35
0,842
NS

Différence entre



plantations
58
5,5194
0,0952







Total
62
5,6530

Source : Estimation Minitab, Octobre 2004
De l’analyse des tableaux n° 34 et 35 il ressort qu’il s’agisse de la phase de pleine production ou de
tout cycle de production considéré (4 à 16 ans), les rendements moyens en agrumes ne varient pas
significativement d’un village à un autre. Ceci est dû à la non utilisation de fertilisants par les
exploitations dans l’ensemble des villages producteurs. Le niveau de rendement est déterminé par

117

les aptitudes édaphiques et climatiques du milieu. Ces résultats confirment la disponibilité de terres
propices à l’agrumiculture dans la localité.
Mais une intensification de la production par l’apport de fumure, le traitement phytosanitaire et une
qualification de la main d’œuvre permettra de rehausser les bas niveaux de rendement qui
caractérisent actuellement les plantations.
En rapport avec les niveaux de rendements des plantations fumées et des résultats prévus par la
littérature, la réhabilitation des plantations à travers l’utilisation d’engrais et de pesticides de
multiplier le rendement actuel des plantations non fumées par un coefficient variant de deux (02) à
trois (03).


118











Chapitre 6 : ANA Y
L SES DES COUTS DE PRODUCTION DES AGRUMES,
REVENUS


119

6.1. Estimation du coût total d’investissement
Pour l’estimation des coûts nous rappelons dans le tableau n° 36 le processus cultural des agrumes
tel que pratiqué dans Za-Kpota.

Tableau n°36 : Processus cultural des agrumes









Années
0
1
2
3
4
5
6








Eléments de
coûts








Défrichement X








Essouchage
X








Piquetage
X








Achat plant
X








Labour
XX
XX
XX
XX
X
X








Sarclage
XX
XX
XX
XX
X
X








Sarclo-
X
X
X
X
X
X
binage








Semis
XX
XX
XX
XX
X
X








Produits
Maïs
Maïs
Arachide
Arachide
Niébé
Niébé
récoltés
arachide
arachide
Niébé
Niébé
Agrumes
Agrumes
Agrumes

Source : Enquête, 2004

B
N : L’année zéro correspond à l’année d’installation de la plantation. Les opérations culturales
e
p uvent être effectuées une fois (X) ou deux fois (XX).

L’installation de toute entreprise en général et agricole en particulier nécessite un minimum
d’investissement de capitaux. Ainsi, la mise en place des plantations nécessite des dépenses
inhérentes à la production agricole. Ces dépenses constituent les coûts ou charges de production. On
distingue : les coûts fixes et les coûts variables.


120

6.1.1. Les coûts fixes

Ils comprennent les sorties de fonds ou de capitaux par le paysan pour l’acquisition de matériels de
production : houe, coupe-coupe, daba et autres équipements agricoles nécessaires. L’ensemble de ce
a
m tériel constitue le capital fixe et ne se renouvelle pas tous les ans du fait de leur dépréciation
progressive dans le temps. Ces matériels sont ainsi amortis sur leur durée maximale d’utilisation ou
d’usure.

Dans le cadre de notre étude, les coûts fixes sont relatifs aux coûts d’acquisition des matériels de
travail : houe, daba, coupe-coupe, terre et de prépar
em
ation du terrain (défrich
ent, essouchage et
piquetage) et le matériel végétal (coûts d’acquisition des plants).

6.1.2. Les co t
û s variables

Les coûts variables représentent pour le paysan les charges courantes. Ils sont aussi désignés sous le
terme "coûts de fonctionnement". Ce sont des coûts des inputs directement en rapport avec le
niveau de production.

ables sont relatifs aux inputs suivants :
Dans le cadre de notre étude, les coûts vari
les intrants (engrais, semences, produits phytosanitaires)
le coût de la main-d’œuvre.

Toutefois, pour l’un ou l’autre de ces coûts (fixes ou variables), il est probable que certains éléments
d’estimation des coûts relatifs aux inputs ou out
ent comme
puts soient considérés respectivem

ents de coûts fixes ou de c
élém
oûts variables. Tout est fonction des considérations faites et des
objectifs poursuivis. Les estimations des éléments de coût
s de production dans la zone d’étude sont
indiquées dans le tableau n°37.













121



Tableau n°37 : Les éléments de coût et leur valeur en F CFA dans la Commune de Za-Kpota pour
l’installation d’un hectare d’agrumes à la densité moyenne de 221 plants / ha




Eléments de coûts
Coût unitaire (F CFA)
Montant (F CFA)



Coûts fixes



Acquisition parcelle (1 ha)
200.000
200 .000



Houe (5)
800
4.000



Coupe – coupe (3)
2500
7.500



Hache (3)
400
1.200



Défrichement et Essouchage (1 ha)
125.000
125 000



Piquetage (1 ha)
20.000
20 000



Trouaison (221)
100 F CFA / trou
22.100



Acquisition plants (240)
150 F CFA / plants
36.000



Transport plant
500 F CFA/40 plants
3.000



Plantation
50 F CFA / plant
11.050



Arrosage
29
55,9 F CFA / arbre
61.800


Total (investissement initial)
491.650

Coûts variables (F cfa / ha)



Labour / saison
12.000
12.000



Sarclage
6.000
6.000



Sarclo-binage
50 F CFA / arbre
11.050



Entretien arbre
forfait
15.000


Total
44.050


Coût total de production
535.700

Sourc
e : Enquête, 2004

29 Arrosage est fait toutes les deux semaines de mi-Janvier à mi-mars soit 5 fois avant le démarrage des pluies

122

NB : Ces coûts variables ne tiennent pas compte des coûts liés aux cultures associées

allation d’une plantation d’agrum
De l’analyse du tableau n°35, il ressort que l’inst
es exige un
ent i
investissem
nitial très élevé. En effet dans les conditions actuelles de production les coûts
variables sont très marginaux et n’équivalent qu’à 15% des investissements initiaux.

6.2. Analyse de rentabilité financière

.2.1. Fiche d’analyse financière des
6
plantations d’agrumes dans Za-kpota

De part leur caractère pérenne, la rentabilité des plantations d’agrumes ne peut être cernée qu’en
considérant tout le cycle de production. Ainsi, un temps horizon de quinze (15) ans a été défini pour
cerner dans l’état actuel de production la rentabilité de la culture des agrumes qui pour l’instant n’est
pas organisée. Le temps horizon a été défini conformément à la durée maximale d’exploitation des
plantations dans Za-Kpota.
Les agrumes n’entrant en production qu’à partir de la quatrième année de plantation, il a été
considéré durant les années improductives le mode d’association culturale le plus fréquent30. Les
rendements moyens des différentes cultures associées ont été estimés à partir du rendement moyen
annuel sur ces cinq dernières années (CeRPA –Za-Kpota ; 1996 – 1997 à 1999 - 2003). Ainsi
prenant en compte l’influence de la frondaison des arbres sur le disponible cultivable, il a été calculé
pour chaque spéculation le rendement correspondant.

Valeur de production
Il s’agit de l’évaluation en francs CFA de la quantité de fruits produite. Pour ce faire, on a recours au
rendement et au prix de vente unitaire.

Revenus d’exploitation

Revenu agricole brut
C’est le produit de la quantité brute totale produite par le prix unitaire du kg. Soit R le revenu
d’exploitation, on a :
RB = quantité de fruits produite x prix unitaire de vente.

La fiche d’analyse financière des agrumes est présentée par le tableau n° 38.

Infrastructure : Elle regroupe les éléments entrant dans la constitution de la plantation. Il
s’agit de l’achat des plants greffés, la trouaison, la plantation, et les soins culturaux afférents
dont l’arrosage.

.Préparations de terrain : il s’agit du défrichement et de l’essouchage.

30 Voir section 4.4.2. Consacrée à « Importance des cultures associées aux agrumes »

123


La terre : nous supposons la terre acquise en contrat pour le temps horizon considéré. Ainsi,
le coût d’acquisition de la terre actuellement en vigueur (200.000 FCFA) a été pris pour nos
ls.
calcu


is en com
Les coûts de récolte ne sont pr
pte ici parce que les frais correspondants incombent
au commerçant acheteur. Ces derniers paient directement à la tâche les femmes qui assurent
est cueilli à 2,5 F CFA soit 5000 F CFA la bâché.
la récolte. Le kilogramme (kg) de fruits


124

Tableau n°38 : Fiche d’analyse de rentabilité financière des agrumes


















Année
A0
A1
A2
A3
A4
A5
A6
A7
A8
A9
A10
A11
A12
A13
A14
A15







A/Investissement






Infrastructure
153 950











coupe-coupe
7 500
7 500
7 500
7 500
7 500
7 500
7 500
7 500











Houe
4 000
4 000
4 000
4 000
4 000
4 000
4 000
4 000











Hache
1 200
1 200
1 200
1 200
1 200
1 200
1 200
1 200




8 000



Bassine de
8 000
8 000
mesure






Préparation
125 000
terrain






Terrain
200 000







8 000






S/T (A)
4 1
9 650
12 700
8 000
12 700
12 700
12 700
12 700
8 000
12 700
12 700






B/Coût
d'opération













15 000


Entretien arbre
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000 15 000







12 000








Labour
24 000
24 000
24 000
24 000
24 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000 12 000









Semences
16 700
16 700
13 100
13 100
9 825
2 000









Semis
13 800
13 800
14 400
14 400
10 800
3 600





Eng maîs
58 500
58 500





Ep eng maîs
7 200
7 200







6 000








Sarclage
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000









Fauchage
12 000
12 000
12 000
12 000
6 000
6 000







11 050








Sarclo-binage
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050 11 050









R cult associées
12 100
12 100
9 650
9 650
7 500
2 500









Insect niébé
8 500
8 500
8 500
8 500









Pulvé insect
1 800
1 800
1 800
1 800







44 050








S/T (B)
182 350 182 350 121 500
121 500
106 475
68 450
44 050
44 050
44 050
44 050
44 050
44 050
44 050 44 050

125














195 050

52 050

Total (A+B)
491 650
182 350
129 500
134 200
106 475
81 150
56 7
50
44 050
56 5
7 0
52 050
6
5 750
44 050
56 750 44 050

















Coûts actualisés
158 462 147 458
85 082
76 762
52 918
35 057
19 571
18 5
57
12 510
14 017
11 191
0
1 612
7 136
8 002
5 418
(A+B)1






∑Coûts actualisés 1 646 053
1 154
403





C/recettes








Arachide
120 190 120 190
96 220
96 220
72 080





Maïs
65 610
65 610









Niébé
63 360
63 360
47 520
31 680















Agrumes
182 560
195 265
281 575
292 565
353 115 266 175
241 605 24
1 605
1 7
8 452
150 640
176 855
168
455





Résiduel
6 350
















S/T (C)
185 800 185 800 159 580
342 140
314 865
313 255
292 565
353 115 266 175
241 605 24
1 605
1 7
8 452
150 640
176 855
174
805












0,215




Facteur
1
0,869
0,756
0,657
0,572
0,497
0,432
0,376
0,327
0,284
0,247
0,187
0,162
0,141
0,123
d'actualisation

















Avantage
0
161 460 140 465 104 844
195 704
156 488
135 326
110 004
115 469
75 594
59 7
6 6
51 4
9 5
5
3 054
24 404
24 937 21 501
actualisé (C1)






∑Avantages
1 412
actualisés
870

















C1 - [ (A + B)1 ]
-491 650
2 998
-6 993
19 763
118 942
103 570
100 269
90 434
96 911
63 084
45 5
6 9
4
0 754
4
2 441
17 268
16 935 16 083

















Cash-flow
-491 650 -488 652 4
- 95 645 -475 882 -356 941 -253 371 -153 102
-62 668
34 243
97 327
142 986 18
3 740
2 8
0 182
225 449
242 384
258
cumulé
467





VAN (15%)
258 467





TRI = 0,22022

Source : enquête, 2004


126

L’examen de la fiche d’analyse financière des agrumes montre que les coûts moyens ne varient
pratiquement pas à long terme. Mais les rendements vont décroissants surtout après à la huitième
ème
(8 ) année. Ce qui conduit à conclure à une allocation non efficiente du capital. Ceci confirme les
conclusions de l’hypothèse de recherche n°3 sur l’intensification de la main-d’œuvre dans le labour
ital alloué, il faut donc une diversification de
par substitution du capital. Pour une efficience du cap
e
du capital v rs les postes importants dont l’acquisition d’engrais et de pesticides et la sollicitation de
la main-d’œuvre qualifiée pour les opérations de taille en l’occurrence la taille annuell
e d’entretien.
La synthèse des résultats de rentabilité financière des agrumes est présentée dans le tableau n°39.

Tableau n°39 : Résultats d’analyse financière des plantations d’agrumes


Analyse financière (taux d’actualisation t = 15%)


VAN
258467 FCFA


Taux de Rentabilité Interne (TRI)
22,022%


Délai de récupération
9ème année de plantation

Source : Enquête, 2004

La Valeur Actualisée Nette des plantations d’agrumes dans Za-Kpota au taux d’actualisation de 15%
est VAN = 258.467,009 FCFA. Cette valeur positive de la VAN montre a priori que l’agrumiculture
est rentable au taux d’intérêt de 15%. Le cash flow cumulé donne une valeur positive dès la huitième
année de plantation. Ce qui conduit à conclure que le délai de récupération ou le seuil de rentabilité
est atteint à la neuvième année. Le taux de salaire non actualisé correspondant à cette valeur de la
VAN est 3.685 FCFA. Ce qui revient à dire que dans l’état actuel d’exploitation des plantations, le
producteur ne peut pas se payer un salaire s’il doit avoir recours au crédit et utiliser la main-d’œuvre
salariée. Cette faible rémunération mensuelle est liée au mode d’exploitation encore traditionnel
ation tec
(sans engrais, pesticides, sans inform
hnique spécifique) qui ne permet pas aux plants
d’exprimer leur pleine potentialité. L’examen de la fiche d’analyse financière montre que les frais
d’entretien annuels sont marginaux par rapport aux recettes.

Le taux de rentabilité interne (TRI31) déterminé de proche en proche est 22,022%. Le taux maximal
d’intérêt que peut supporter les exploitations productrices d’agrumes pour leur viabilité dans les
conditions actuelles de production ne peut pas dépasser 22,022%. On déduit que le taux d’intérêt
de 24 % appliqué par les institutions de microfinance dont la CLCAM n’est pas favorable aux
i
exploitations agrum coles de Za-Kpota.

31 La méthode de détermination du TRI est présentée en annexe 5.

127

6.2.2. Analyse de rentabilité comparée de la culture des agrumes et de cel e du
coton
Le tableau n°40 présente la synthèse des résultats d’analyse financière (Voir fiche d’analyse
financière du coton en annexe n°5) de la culture des agrumes et celle du coton dans les conditions
actuelles de production à Za-Kpota.

Tableau n°40 : Synthèse d’analyse financière de la culture des agrumes et de celle du coton


Analyse financière (taux d’actualisation t = 15%)



Agrumes
Coton



VAN
258467 F CFA
-73335 F CFA



TRI
22,022%
< 1%

Source : Enquête, 2004

A la lecture du tableau n°40, il ressort que la Valeur Actualisée Nette de la culture des agrumes est
positive (VAN = 258.467) et supérieure à la VAN de la culture du coton qui elle est négative. La
culture des agrumes est donc à priori plus rentable que celle du coton. La comparaison des taux de
rentabilité interne (TRI) des deux spéculations montre que le TRI des agrumes est supérieur au TRI
du coton. Il ressort de ces résultats que les agrumes bien que ne bénéficiant ni d’appui technique, ni
les que le coton. Mais ceci ne voudr
d’appui financier, sont plus rentab
a pas dire qu’il faut laisser la
production du coton et promouvoir seulement les agrumes. En effet, vu la contribution du coton au
e
PIB du Bénin, sa production nécessite un m illeur encadrement pour une bonne performance au
niveau paysan. La non rentabilité du coton même au taux d’intérêt pratiqué sur ces intrants est
surtout due au non respect des pratiques culturales (semis tardif, insuffisance d’apport d’engrais,
apport en dose unique, retard dans le traitem

ent des plants) au niveau paysan.

Au regard du niveau de rentabilité des agrumes, cette spéculation constitue une culture porteus
e
dans Za-Kpota. Il est alors important pour les différents acteurs au niveau local à savoir : le CeRPA,
l’Union des producteurs (UCP) de di
tivités pour faire de cette
versifier leurs ac
spéculation un levier
de développement. Quant aux élus locaux et opérateurs économiques, d’investir dans
l’approvisionnement des producteurs en intrants spécifiques des agrumes et la recherche de
débouchés pour ériger la production agrumicole en une véritable filière commerciale.



128

6.3. Commercialisation des agrumes produits à Za-Kpota

Les agrumes produits à Za-Kpota sont vendus32 en gros, demi gros, ou en détail sur les marchés
primaires dont Bohicon et Glazoué, et secondaires en l’occurrence le marché de Cotonou. Certains
commerçants résidents vont vendre à Cotonou ou à Bohicon. Les oranges vendues ne sont ni triées,
ni traitées après récolte. Elles sont chargées dans des bâchées garées aux abords des vergers. La
vente par le producteur ou par le commerçant en provenance de Za-Kpota se fait soit à crédit ou au
comptant. Ce circuit n’exclut pas la possibilité pour les commerçants grossistes de Cotonou ou de
Bohicon l’approvisionnement par négociation directe avec les producteurs. Dans le milieu d’étude,
la vente des fruits se fait suivant trois assortiments :
en bassine de 47,5 kg

en sacs de 142,5 kg (le sac contient trois bassines)

en bâché de 2375 kg (50 bassines remplissent une bâché)

Aucune règle ne régit la commercialisation des agrumes. Durant toute la campagne, on assiste à
une fluctuation importante du prix de vente des agrumes. Ces variations de prix sont présentées dans
le tableau n°41.

Tableau n°41 : Variation du prix de vente des agrumes en fonction de la période de l’année





1ère saison
2ème saison







Prix en francs avril – mai Juin
juillet
novembre
Décembre Janvier – mi février








Bassine
1 000
800
2 000
600
500
1 000






1 500
1 800
3 500
800
600
1 400







Sacs
3 000
2 400
6 000
1 800
1 500
3 000





4 500
5 400
10 500
2 400
1 800
4 200







bâché
5 000
40 000
100 000
30 000
25 000
50 000






75 000
90 000
175 000
40 000
30 000
70 000

Source : Enquête, 2004


32 Voir circuit de commercialisation en annexe 3

129

De l’analyse du tableau n°41, il ressort une variation du prix à la hausse en fin de saison. Mais le
prix de vente unitaire à la première saison est supérieur au prix de vente de la deuxième saison pour
toutes les périodes. Ceci s’explique par le fait que la récolte de la première saison n’est souvent pas
abondante alors que celle de la deuxième saison issue de la floraison du mois d’avril l’est. Cette
différence est due à la bonne répartition des précipitations de la grande saison dont bénéficie la
floraison d’avril-mai. Ainsi, en réponse à la loi du ma
e
rché, les prix de vente des agrum s chutent.
C’est la période où il y a plus de mévente. Le prix du kg varie de 17 F à 75 F CFA durant la
première saison et de 10F à 30 F CFA durant la deuxième saison.

Dans ces relations commerçants - producteurs, il peut arriver que le producteur prenne des avances
sur campagne. A cet effet, la fixation du prix de la bassine dépend de la saison précédente. Ainsi,
pour la récolte de la première saison, le contrat se fait sur un prix unitaire de la bassine égal à 800 F
CFA. Cette avance a valeur de 900 F CFA au moment de
ux d’intérêt de 12,5%.
la récolte soit un ta
Quant au préfinancement pour la deuxièm
bassine est fixé à 500 F CFA et
e saison, le prix de la
génère 100 F CFA au moment de la récolte, soit un taux d’intérêt de 20%.

Il ressort de ce qui précède que le taux d’intérêt généré par l’emprunt de la deuxième saison est
supérieur à celui de la seconde saison. Ceci paraît anormal dans la mesure où le prix unitaire de la
bassine à la deuxième saison est tr
(
ès faible (600 à 1400) contre 800 à 3500 FCFA) pour la première
saison. Ceci n’est pas de nature à favoriser la pérennisation de l’exploitation dans la mesure où les
avances sur récoltes perçues sont affectées non à l’acquisition de facteurs de production mais à la
satisfaction des besoins alimentaires, de santé, et les cérémonies. Ceci ne contribue qu’à maintenir le
aysan dans le piège de la pauvr
p
eté. A peine s’acquitte-t-il de ses dettes, qu’il retombe dans sa
situation de départ.

Mais le comme
peut solliciter la faveur du paysan qui lui cède
rçant, en cas de difficultés financières,
sa récolte à crédit et sans aucun intérêt. Ces cas sont souvent à sources de conflits car, dans la
plupart des cas, les commerçants ne paient souvent pas au mome
ent le prix de
nt du règlem
convenance. Entre autres raisons avancées par les commerçants pour justifier leur comportement, la
mévente.

La commercialisation des agrumes produits à Za-Kpota a lieu sans tri (calibrage), ni pesée. L’unité
esure utilisée est la bassine. Il faut pour re
de m
mplir une bâché cinquante (50) bassines (remplissage
total avec fermeture de la bâche) supposées équivalentes à une (01) tonne.

Par ailleurs, de nos entretiens avec les commerçants qui autrefois s’approvisionnaient à la SoNaFeL,
tous s’accordent sur le fait que la bâché contenait au moins 2.200 kg c’est-à-dire 110 barques33 sans

33 Barque : contenant utilisé au temps de la SONAFEL, lors de la pesée des fruits pour la commercialisation sur une
balance calibrée 20 kg.

130

que la bâché ne soit remplie. De nos jours, cette barque est substituée par une bassine qui lui est
assimilée car prise pour valeur égale à 20 kg (alors que la barque n’était qu’un contenant). Ce fait,
les commerçants en sont conscients et lient le phénomène à l’augmentation anarchique des
emblavures en agrumes aussi bien à Za-Kpota u
q ’ailleur
s en l’o c
c urrenc
e au Mo o
n , dont la
conséquence évidente est la satur t
a ion du a
m rché. a
L répons
e à la loi d
u marc é
h offre- e
d mande, a
amené les commerçants à imposer aux paysans cette mesure.

Au regard de
e
tout c qui précède, il ressort que parmi les principaux acteurs de la filière que sont les
producteurs et les commerçants, le producteur est le grand perdant du système actuel de production
et de commercialisation des agrumes. En plus des pertes au champ, le producteur perd plus de la
moitié de sa production par le système de mesure.
l
Il s’agit d’un véritab e bradage des produits de
l’exploitation. Toute cette situation se trouve aggravée par le recouvrement partiel des redevances
dues au produc e
t ur par le
s comme çants en cas d
r
’achat à créd
it.

6.4. Revenus par catégories de producteur

Les différences dans l’accès aux facteurs de production combinées à l’époque d’installation des
plantations interviennent pour déterminer les niveaux de production au sein des ména e
g s
producteurs induisant ainsi des dif é
f rences ’
d entrée e
d reven .
u

6.4.1. Esti a
m ti n
o s u
d revenu dispo i
n ble
Revenu brut moyen (R Bm)

C’est le produit de la production brute moyenne par le prix unitaire de vente.

R Bm = PBTm x prix unitaire, avec PBTm : le produit brut moyen.

Revenu disponible

Le revenu disponible (R D) est le revenu brut diminué des coûts réels de production que sont les
coûts variables. Les amortissements ne son donc pas pris en com
t
pte. Ainsi, on a :

R
D (F CFA) = Revenu r
b ut – coûts variab e
l s
Le t ableau n°42 présente e
l s revenus par catégories de producteur.



131

Tableau n°42 : Revenus par catégories de producteur

Producteurs




petits
moyens
intermédiaires
gros





Niveau de production
PBT ≤ 10.000
10.000 < PBT ≤ 20.000
20.000 < PBT ≤ 40.000
40.000 < PBT ≤ 65.000





Proportion de producteurs
53%
30%
14%
3%





Superficie moyenne 1,20 ± 0,62
2,3 ± 1,53
2,88 ± 1,09
5,5 ± 1,80
emblavée






Main – d’œuvre familiale
1,45 ± 0,90
1,09 ± 0,96
1,5 ± 1,14
0,66 ± 1,15
disponible (u t)





Coût de production
15.255 ± 21.270
52.255 ± 61.645
96.265 ± 62.150
550.740 ± 634.180
agrumicole (F CFA)





Production commercialisée
4.783,75 ± 2083
10.067 ± 2503
18.526 ± 4113
40.138 ± 7.748
par producteur (kg)





Revenu agrumicole brut (F
167.431,25 ± 70.105
352.345 ± 87.605
648.410 ± 143.955
1.404.830 ± 271.180
FCA)





Revenu agrumicole
152.176,25 ± 75.275
300.090 ± 120.930
552.145 ± 157.195
2.
854.090 ± 79 600
disponible (F CFA)





Revenu moyen
249.469,3
416.792
717.071,4
1.202.944
disponible/UDP (F CFA)
Contribution des agrumes




61%
72%
77%
71%
au revenu disponible


o
S urce : Enquête, 2004

132

De l’analyse du tableau n°42, il ressort que les agrumes contribuent pour au moins 60% au revenu
disponible des ménages producteurs. Cette contribution augmente avec le niveau d’accès aux
facteurs de production dont la terre et les engrais. Ce qui augmente les disparités entre les ménages
ê
producteurs bien qu’ils se consacrent à la m me culture.

6.4.2. Estimation du revenu, des coûts réels et productivité du coût réel investi
par hectare par catégorie de producteur

Méthode de calcul
Soient R Hm le revenu moyen par hectare, CRm le coût moyen réel et Rm la productivité on a :

R Hm = PBH x prix unitaire de vente, avec PBH le rendement moyen par hectare

CRm = CmT / Sm

Rm = RHm / CRm

Le tableau n°43 présente les résultats par catégorie.

Tableau n° 43 : Estimation revenu, coût et productivité du capital par hectare







Petits producteurs
Producteurs
Producteurs
Gros producteur
moyens
intermédiaires





RH (F CFA)
139.526
153.193
225.142
255.424





CRm (F CFA)
12.713
22.720
33.425
100.135





Rm (F CFa)
10,97
6,74
6,7
2,5

Source : Enquête, 2004

De l’analyse du tableau n°43, il ressort que le revenu moyen par hectare croit avec le coût moyen
par hectare, mais le rendement moyen du coût réel de production décroît avec le coût. Ce résultat
contraire à la notion de rendement d’échelle est dû au fait que les gros producteurs ont recours à la
main-d’œuvre salariée sur leur plantation. Cette main-d’œuvre essentiellement investie pour le
labour ne permet pas d’augmenter proportionnellement au coût la rentabilité. Le coût
d’investissement faible des petits producteurs est dû à l’utilisation par ces producteurs de la main-
d’œuvre familiale et l’entraide et une utilisation faible ou nulle de main-d’œuvre occasionnelle.
Ces résultats montrent que le labour, seule opération d’entretien des vergers ne permet pas de
rentabiliser sur une longue période les flux de dépenses. Ce résultat confirme les conclusions de
l’hypothèse de recherche n°3. Les petits producteurs sont donc plus rémunérés à l’hectare que les
grands producteurs. Ces résultats économiques sont analogues à ceux trouvés en pays Adjukru (Côte

133

d’Ivoire) par C. Cauvin (1979) pour les palmeraies sélectionnées. Dans les conditions actuelles de
production, les investissements ne peuvent être rentabilisés si on a recours à la main-d’œuvre
salariée ou permanente.



134











Chapitre 7: Développement local


135

7.1. Ressources de la commune

Les ressources qui alimentent le budget de la commune de Za-Kpota sont les subventions, les taxes
et autres recettes. L’examen de la fiche de prévision des recettes montre un faible taux de
mobilisation des recettes fiscales. La contribution de l’agriculture (produits agricoles et taxe sur
abattage de palmier) ne représente que 3% des recettes et 2% des dépenses pour l’année 1998.
L’analyse des ressources budgétaires de 1999 à 2003, montre que 41% des recettes de la commune
proviennent des subventions de l’Etat.
Avec l’avènement de la décentralisation et vu le niveau de contribution de l'Etat et la faible capacité
obiliser les rec
à m
ettes fiscales34, il est urgent pour la commune de saisir les opportunités localement
porteuses. Ceci devra per ettre de faire face à son au
m
tonomie financière tout en a élioran
m
t le bien
et des
être des populations en général
acteurs des secteurs porteurs identifiés en particulier.

7.2. Exploitatio s
n productrices d’agrumes dans Za-Kpota : implications pour le
développement

7.2.1. Niveau de production actuelle et recettes fiscales

A Za-Kpota, la taxe perçue sur les agrumes est fixée à la bâchée. Une bâchée chargée d’agrumes
doit payer selon le conseil communal 500 F CFA. Cette perception n’a duré que le temps de feu de
pagne. En effet, au lendemain de leur prise de fonction, les élus locaux n’ont organisé la perception
de taxes sur les agrumes que durant la campagne 2003 consécutive à leur installation. Les taxes

n étaient perçues qu’au niveau de Za-Kpota Centre. Les véhicules chargés dans les autres
arrondissements échappaient à la taxation. Tout ceci dénote de la non motivation des responsables
en charge de la percep i
t on fiscale au niveau de ces communes qui désormais doivent prendre une
part active pour l’approvisionnement en ressources financières de la commune.
Dans les conditions actuelles d’exploitation des plantations, l’estimation de la contribution des
agrumes aux recettes fiscales est présentée dans le tableau n°44.


Po
34
ur plus de précision, se référer à l’annexe 6

136

Tableau n°44: Perspectives de contribution des agrumes aux recettes fiscales de Za-Kpota





Potentiel de contribution des
Niveau de production Taxe / kg
Taxe à percevoir
agrumes avec le niveau actuel (tonne)
(F CFA)
(F CFA)
de production commercialisé



26.713
0,21
5.609.822,1




Ressources budgétaires de la
Recettes fiscales
Recettes totales
Besoin de
commune de Za-Kpota de 1999-
financement
2003



15.068.156
36.048.671
13.746.926




Potentiel de contribution des
37%
16%
41%
agrumes aux ressources
budgétaires de Za-Kpota

Source : Enquête, 2004

A la lecture du tableau n°44, il ressort que si les taxes sont perçues et au montant de 0,21F CFA/ kg
fixé par le conseil communal, la commune effectuera une recette d’un montant global de
ttes fiscales, 16% des recettes totales et
5.909.822,1 F CFA. Ce montant correspond à 37% des rece
ent entre 1999 et 2003.
41% des besoins de financem
On déduit alors qu’il existe des opportunités
potentielles susceptibles de contribuer aux recettes de la commune si elles sont saisies. Les services
portant à jouer et êt
déconcentrés ont donc un rôle im
re actifs dans les tâches qui leur incombent,
gage pour assurer un meilleur recouvrement des taxes pour l’assiette fiscale.

7.2.2. Contrôl

e des pertes au niv a
e u producteur : i p
m lications sur le niveau de
recette
s fiscales

La réduction de
s pertes de production dues au manque d’infrastructures de stockage et de débouchés
permet non seulement d’augmenter le revenu des producteurs mais aussi d’accroître du niveau des
recettes fiscales. L’accroissement du niveau de contribution des agrumes aux taxes est présenté dans
Le tableau n°45.

Tableau n°45 : Surplus de contribution généré par le contrôle des pertes de récolte




Niveau de production
Taxe / kg
Taxe à percevoir
(kg)
(F CFA)
(F CFA)



25% de PBT= 6.678,4
0,21
1.402.455,5

Source : Enquête, 2004


137

NB : Nous supposons une réduction à 100% des pertes.

De l’analyse du tableau n°45, il ressort que la réduction des pertes permettra d’accroître de 5
2 %. La
contribution annuelle des agrumes aux recettes communales pour la campagne 2003 -2004 est alors
estimée à 7.012.277,6 F CFA s’il y a un recouvrement total des taxes. Ce potentiel de contribution
des agrumes représente 47% des recettes fiscales e
d 1999 à 2003, 1
9% des recettes totales et 51%
des besoins de financement pour la même période.

Ces recettes importantes serviront si bonne gestion est faite d’elles à faire face aux dépenses de la
commune. Des dépenses dans la réalisation des infrastructures communautaires, les voies de
communication favoriseront l’accessibilité de la commune et l’amélioration des échanges. L’image
de la commune se trouverait ainsi améliorée. Ceci pourra favoriser un échange plus soutenu avec les
communes environnantes et un accroisseme
en être social des collectivités locales.
nt du bi

7.3. Niveau actuel de production des plantations et fonctionnement de l’usine de
Allahé
Les caractéristiques de l’usine de Allahé sont présentées dans le tableau n°46.

Tableau n°46 : Caractéristiques de l’usine de Allahé




Production
Capacité journalière / heure
Rendement



Jus mère
10 T / Heure
60%



Huiles essentielles
5 T / heure
1%

-

Mélasses
39%

Source : MDR, sd

La production des agrumes à Za-Kpota se répartit sur deux saisons : l’intersaison allant de mars à
juillet et la petite saison d’août à février. La production totale des plantations à l’échelle de la
commune est estimée à 33.392 tonnes (pertes comprises). Les rapports de production entre les deux
saisons se présente comme suit : 41% et 59% de la production totale respectivement pour la
première et la deuxième saison. Le tableau n°47 présente plus en détails les productions mensuelles,
journalières actuelles et perspectives en cas de réhabilitation des plantations.


138

Tableau n°47 : Produits de transformation de l’usine de Allahé



1ère saison
2ème saison
Production actuelle avec Période de production
réduction des pertes (tonnes)




Production actuelle
Production totale (tonnes)
13.690,6
19.701,2



33..392
Production mensuelle (tonnes)
4.563,54
6.567



Production journalière (tonnes) 152
219

Niveau minimal de production escompté après réhabilitation des plantations




Production totale tonnes
Période de production
1ère saison
2ème saison




66.784
Production totale (tonnes)
27..381
39.402



Production mensuelle (tonnes)
9.127
13.134



Production journalière (tonnes)
304
438

Source : Enquête, 2004

De l’analyse du tableau n°47, l’usine de transformation de jus de fruit de Allahé pourra transformer
par jour
u
d rant les trois mois de pointe que dure la récolte respectivement avec le niveau de
production actuelle, 152 tonnes de fruits pour la première saison et 219 tonnes de fruits pour la
deuxième saison. La commercialisation des produits de l’usine (jus mère, huiles essentielles)
permettront de drainer des recettes substantielles à la commune si l’usine est réhabilitée. La mélasse,
sous produit de transformation, permettra le développement de l’élevage aussi bien dans la
commune qu’au niveau régional. La réhabilitation de l’usine permettra aussi de créer de l’emploi
pour les jeunes qui serviront de main-d’œuvre.

Il importe cependant de signaler que nos investigations ne nous ont pas permis d’avoir des données
sur le besoin en matières premières de l’usine faute d’accès aux documents auprès de celui qui a
acquis la gérance de l’usine et des plantations de l’ex-SoNaFeL, Monsieur AHOUNOU Eric.
Toutefois, les données actuelles permettront de faire au moment opportun des comparaisons pour
juger de la couverture des besoins en agrumes de l’usine par les seu e
l s plantations de Za-Kpota.
Dans le cas contraire, la demande de matières premières pour le fonctionnement de l’usine pourrait
s’étendre aux autres localités productrices. Mais un problème demeure, celui de la qualité des fruits
actuellement produits en rapport aux qualités de la matière première d’une usine de jus d’agrumes.
Seules des investigations par les spécialistes agro-ali e
m ntaires permettront de lever cette
atique et de juger par
problém
conséquent de la faisabilité ou non d’une telle entreprise.


139

Toutefois, sous réserve d’une opportunité prometteuse de réhabilitation, les débouchés sont
largement ouverts aux produits du complexe agro-industriel à l’intérieur du pays. En effet, les jus
consommés tels quels peuvent être mis en boîtes (cannettes) par l’usine. Un réseau de distribution
doit être bien structuré afin de rapprocher le produit du consommateur.
Ces jus constituent aussi de la matière première pour la fabrication des boissons par les sociétés de
la place. Ces sociétés dont la SOBEBRA et bien d’autres importent pour l’essentiel des concentrés
de fruits. A ce sujet, les produits de l’usine devront répondre aux qualités et normes internationales
exigées.
Ainsi, les collectivités locales, les élus locaux, Monsieur AHOUNOU Eric (actuel gestionnaire des
plantations et du complexe de l’ex SoNaFeL) et les acteurs à tous les niveaux (Etat, ONG, bailleurs
de fond), à travers un comité de concertation (sur base juridique) élaboreront des axes stratégiques
d’organisation de la filière. A cet effet, les axes suivants paraissent prioritaires :
Promotion de la production à travers un encadrement des producteurs,

Fourniture d’intrants (plants sains, engrais, produits phytosanitaires),

Diagnostic par les spécialistes industriels de l’état de l’usine et de juger de l’opportunité
de sa réhabilitation sous sa forme actuelle ou sous une autre (installation d’un autre
complexe plus adapté),

Assurer des débouchés en Afrique en général et dans la sous-région en particulier

L’Etat pourra dans une certaine mesure inciter à la consommation des produits de l’usine
(produits locaux) à travers une politique de taxation à l’importation, tout en restant dans
les normes de la mondialisation,

Etablir des partenariats avec les usines de la sous-région (Côte-d’ivoire) pour le
s
échanges d’expérience mais aussi et surtout pour faire face aux fortes demandes dans un
contexte d’intégration et de mondialisation,

Les huiles essentielles pourront être écoulées en petites quantités à l’intérieur du pays au niveau des
parfumeries. Une offensive commerciale au delà de nos frontières couplée avec la qualité peut faire
placer ces huiles sur le marché mondial. Quant à la mélasse, elle pourra être vendue aux
groupements d’éleveurs par le biais de leur représentation communale.
Vu les différents maillons qui caractérisent cette section de la transformation, la réhabilitation de
l’usine sera un outil important de création d’emploi au niveau de la commune tant pour les résidents
que pour les ressortissants d’autres communes du pays. A cet effet un accent doit être mis sur la
qualification, la form
le recyclage du personnel local.
ation et


140

Enfin, toute production ayant un coût, la rentabilité de l’unité ne peut être assurée que si les recettes
compenseront les dépenses et générer des surplus au taux de rendement voulu. Ainsi, les prix de
cession des produits au niveau du complexe agro-industriel et leur prix sur le marché ne peuvent
être déterminés que par une étude de faisabilité.

Ces opportunités permettront d’améliorer aussi bien la santé financière de la commune que des
ouvriers. Ces derniers en particulier, du fait de l’amélioration de leur niveau de revenu pourront
mieux participer aux cotisations communautaires. Lesquelles cotisations serviront à des
investissements au niveau local par les acteurs concernés. Ainsi, la prise en main de leur propre
développement pourra être amorcée, le développement local étant avant tout une procédure avant
d’être un processus (J-P. Prod’Homme, 1996). Nous entendons par cette assertion, la nécessité pour
les élus locaux et leurs mandants que sont les collectivités locales de s’impliquer eux-mêmes dans la
démarche de développement sans attendre des professionnels externes du développement. Tout
appui extérieur devant se limiter à un accompagneme
ettre l’ém
nt afin de perm
ergence des
dynamiques locales, seul gage de création d’une capacité locale réelle et d’un développement
durable.

e
La filière agrum constitue dans le cas de Za-kpota, une opportunité devant permettre à celle-ci,
d’amorcer son développement économique (amélioration du niveau de revenu) et social
(amélioration
r
de l’état des inf astructures surtout de communication, changements dans l’habit,
entation du taux de scolarisation, création
augm
d’emploi, réduction du phénomène du trafic des
enfants).

7.4. Les agrumes dans les stratégies de développement

7.4.1. Cas de la construction d’infrastructures scolaires dans le village de Za-
Kékéré


Le village de Za-Kékéré a bénéficié du programme de construction des écoles publiques de
l’Etat par l’entremise de l’Agence de Financement des Infrastructures de Base (AGEFIB). A cet
effet, la participation financière de la communauté est évaluée à 1.000.000 F CFA. Il se pose
alors la question de mobilisation de cette caution, condition sine qua none au démarrage des
travaux. C’est ainsi qu’à la faveur d’un conseil des villageois que fut décidée la contribution
financière par ménage. Il fut alors fixé un taux de cotisation de 5000 F CF
é
A pour les m nages ne
produisant pas les agrumes et 20.000 F CFA pour les ménages producteurs d’agrumes. Au total,
500.000 F CFA furent mobilisés par les agrumiculteurs de Za-Kékéré soit 50% de la
participation financière.

141

Il ressort alors que les agrumes occupent une place importante au niveau de Za-Kpota et
constitue de ce fait un facteur de différentiation socio-économique.

7.4.2. Production d’agrumes : source d’immobilisations et de transfo m
r ations dans
l’habitat
A Za-Kpota, cohabitent des producteurs d’agrumes et les non producteurs. L’ensemble de la
commune est caractérisé par des constructions en terre battue. Grâce à la production des agrumes,
des changements importants sont apparus dans l’habitat. Ainsi, des maisons en terre battue, on est
arrivé à la construction des maisons en matériaux définitifs (briques, tôles). Les premières
constructions en dur du village de Za-Kpota (arrondissement de Za-Kpota) sont l’oeuvre des
premiers producteurs d’agrumes de Za-Kékéré et de Za-Zoumè35. Par ailleurs, les agrumes
participent à l’acquisition des biens de transport. On dénombre au sein des enquêtés les biens ci-
après acquis avec les recettes d’agrumes. Le tableau n°48 fait l’état de quelques réalisations
Tableau n° 48: Quelques réalisations issues de la vente des agrumes


Biens
Nombre

Véhicules bâchés
4



Moto
15


Abonnement pour eau potable
1



Investissements des recettes de la campagne 2003-2004 pour l’ensemble des enquêtés



Achat de parcelles propices aux agrumes
7 hectares




Compte d’agrumes à la CLCAM (pour campagne 2003-2004)
12.800.000 F CFA




Acquisition de cheptel bovin
4 têtes



Nouvelles constructions en dur (2003- 2004)
5


Source : Enquête, 2004

Les véhicules bâchés acquis servent au transport des biens et des personnes dans la commune. Aussi
ces véhicules permettent aux commerçants d’agrumes résidents d’écouler sans difficultés de
moyens de transport leurs marchandises. Quant aux motos, huit (08) servent au zémidjan dont cinq
e de confi
(05) en systèm
age constituant ainsi une forme de création d’emploi.


35 Ceux de Za-Kékéré et de Za-Zoumè viennent construre à Za-Kpota Centre du fait de sa facilité d’accès par rapport à
leur propre village de residence

142

Au regard de tout ce qui précède, il ressort que les agrumes sont au centre de plusieurs stratégies de
développement au niveau local.

7.4.3. Tentative de regroupement autour de la production agrumicole

A Za-Kpota, il existe une Union des Producteurs de Fruits et Légumes (UProFeL–Za). Cette Union
a été créée depuis 1998. Elle est l’initiative de quelques leaders charismatique opérant dans la
production agrumicole. Ils sont pour la plupart des responsables de l’UCP et de la Caisse Rurale de
Crédits et de Prêts de Za-Kpota (CREP-Za).

De nos jours, six cents (600) producteurs dont quatre cent (400) hommes et deux cents (200)
femmes ont adhéré à l’UProFeL-Za (bureau UProFeL). 2% des enquêtés ont adhéré à l’union. Les
producteurs qui n’y ont pas adhéré estiment que l’initiative ne peut aboutir. Aux dires de ceux-ci,
seul l’état peut favoriser le développement de la filière. Ceci montre le manque d’information sur la
tâche qui incombe aux collectivités avec l’avènement de la décentralisation. Une sensibilisation des
attributions et des attentes de la décentralisation s’avère indispensable pour susciter les initiatives
locales. Les objectifs assignés à l’union sont :

- Créer un cadre d’échanges entre producteurs,
- Organiser la commercialisation de la production,

- Rechercher des débouchés pour les producteurs,

-Oeuvrer pour la réhabilitation de l’usine de Allahé,

Il convient de faire remarquer que jusqu’à nos jours, l’UProFeL-Za n’est pas encore active sur le
terrain. Cette initiative dans le contexte actuel de la décentralisation mérite d’être concrétisée pour le
bien être des producteurs et de tous les acteurs et bénéficiaires des produits issus des exploitations
agrumicoles.















143











Chapitre 8 : CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

144

8.1. Conclusion

L’analyse du mode de production et des performances des exploitations productrices d’agrumes
dans Za-Kpota laisse entrevoir d’une part, que les facteurs tels que la main-d’œuvre et la terre sont
peu productifs et le matériel végétal est sous-utilisé. D’autre part, la non qualification de la main-
d’œuvre, la non utilisation d’engrais minéral et pesticides induisent des niveaux de rendement bas.
Ces contres performances s’expliquent par l’absence d’appuis technique et financier d’une part et le
non respect des pratiques d’autre part. Les exploitants manquent dans leur grande majorité de
moyens financiers et matériels36.

Malgré cette situation peu enviable, le nombre de planteurs ne cesse d’augmenter. Chaque année
une dizaine d’hectares est aménagée pour l’installation des plantations d’agrumes au détriment des
cultures vivrières. Ainsi, pour l’ensemble des ménages enquêtés, les vivriers ne représentent que
26% des emblavures totales. Cette situation pourrait compromettre à la longue la sécurité
alimentaire des populations.
En dépit de toutes ces contraintes, la production des agrumes qui constitue une branche de
l’agriculture, draine des revenus importants chaque année. Pour l’ensemble des enquêtés, 1.227.233
kg de fruits furent commercialisés durant la campagne 2003 -2004. Ce qui équivaut à un revenu
sponible de 30.900.685 F CFA. Les secteurs
brut de 36.226.480 FCFA et un revenu di
d’investisseme
ible sont
nts du revenu dispon
: les immobilisations37 (19%), la scolarisation (6%). A
l’alimentation, les cérémonies et la santé sont affectés 76% du revenu disponible.
Ainsi, pour la campagne agricole 2003 – 2004, 33.391,7 tonnes d
e fruits ont été produits à l’échelle
de la commune. 25% de cette production totale sont perdues par pourriture faute d’infrastructures de
stockage et de débouchés. La réhabilitation des plantations par des soins culturaux appropriés
ettra au m
perm
oins d’avoir une production deux fois supérieure à la production soit 66.783,6 tonnes.

Malgré l’importance de la production d’agrumes, le niveau de vie de la population reste très bas. La
commune en générale et les villages producteurs en particulier présentent les mêmes
caractéristiques : analphabétisme, emploi dans les activités primaires ou tertiaire élémentaire
idjan, taxi, m
(Zém
ain-d’œuvre agricole).
Les retombées économiques des recettes issues des agrumes sont les salaires payés à la main-
d’œuvre, l’achat de moyens de transport, l’installation de nouvelles plantations d’où une
augmentation du besoin en main-d’oeuvre. Les investissements socio-culturels sont le mariage, les
cérémonies, l’amélioration de l’habitat et la scolarisation des enfants.


36 Personne d
l ’encadrement et d’outils de production moderne (tracteur)
37 moto, terr ,
e moyens de transport

145

Quant à la rentabilité de la culture des agrumes, le délai de récupération se situe à la neuvième
année. Au taux d’actualisation de 15%, l’agrumiculture dans les conditions a t
c uelles de production
est plus rentable que le coton. Le taux maximal d’intérêt qui ne génère pas de profit pour
l’agrumiculture telle que pratiquée actuellement est de 22,022%.
Au regard de ces résultats d’analyse financière, l’agrumiculture est une filière porteuse de la
commune de Za-Kpota. La filière agrume, si elle est organisée permettra de générer des recett s
e
substantielles à l’économie des localités produ
é
ctrices par am lioration du revenu des différents
acteurs opérant au niveau de la filière. Par effet d’entraînement économique les recettes pourront
servir à l’amélioration du niveau de devises régionales (niveau département) à travers des
coopérations intercommunales.

Enfin, il convient de faire remarquer qu’au nombre des acteurs opérant dans la filière, les femmes
demeurent marginales. Elles ne sont sollicitées que pour l’arrosage en première année de plantation
et la récolte en phase de production des plantations. Le développement de la transformation des
agrumes, un maillon jusque-là absent pourrait renforcer le rôle des femmes au niveau de cette filière
tout en contribuant à l’amélioration du revenu des producteurs et de l’assiette fiscale de la Mairie.

8.2. Recommandations

Au regard de tout se qui précède, nous formulons les recommandations suivantes dans la perspective
d’une organisation de la filière :

A l’endroit des producteurs, de l’UCP et de l’UProFeL-Za
Adopter les normes de pratiques culturales (densité, entretien, plantation avec trouaison),

Diversifier les sources d’affectation du revenu des agrumes,

Développer des stratégies de culture intensive (fumure, traitements phytosanitaires) afin
d’augmenter le niveau des rendements,

Utiliser des techniques de compostage, pour restaurer et maintenir le niveau de fertilité
des sols,

S’organiser en groupements de producteurs pour constituer un bloc d’acteurs,

Rechercher des débouchés sûrs pour l’écoulement des produits,

Créer un cadre de concertation aussi bien à l’échelle régionale que nationale et de concert
avec les commerçants qui se pencheront sur la fixation des prix et le règlement
d’éventuels problèmes afférents à la filière,

Améliorer la qualité de présentation des fruits (triage, dépédonculage, nettoyage, pesage,
gerbage) afin de réduire les pertes post-récoltes et accroître le niveau de revenu,

146

Faciliter l’appui institutionnel technique et financier (crédit à moyen ou à long terme en
raison du cycle de production, 4 ans avant l’entrée en production),

Faciliter l’approvisionnement des intrants,

Inventorier les plantations d’agrumes se trouvant dans toutes localités de la commune,

Inventorier les sources hydriques potentielles pouvant être aménagées pour l’irrigation,

A l’endroit de la recherche agronomique

Encadrer les producteurs et les pépiniéristes d’agrumes en techniques modernes de
production et lutte intégrée à travers les Farmers Fields Schools.
Former et recycler le personnel d’encadrement,

Introduire des variétés à haut rendement et résistantes aux maladies sévissant dans la
zone, en l’occurrence le Citrange troyer, le Poncirus trifoliata et le Citrus volkameriana,

A l’endroit des élus locaux

Faire une étude économique de marché des produits de l’usine et une étude de rentabilité
financière de la réhabilitation,

Réhabiliter l’usine sur la base des résultats de l’étude de marché

A l’endroit de tous les acteurs, à quelque niveau que ce soit (ONG et Projets), l’encadrement des
groupements de femmes dont l’activité de prédilection est la transformation (83% des actifs opérants
a
d ns ce secteur étant des femmes ; INSAE-RGPH3, 2002) en techniques de transformation des
fruits. Ceci contribuerait à réduire les pertes liées aux méventes et une meilleure valorisation de la
production par création de valeur ajoutée. Ceci favorisera la promotion de la femme dont les
revenus générés contribueront à augmenter la liquidité disponible au niveau ménage.

Au regard de tous ces avantages tant économiques que sociaux inhérents à l’agrumiculture, sa
otion pourrait ê
prom
tre un outil de réduction de la pauvreté dans la localité et par conséquent freiner
ène du «
le phénom
trafic d’enfants ». En effet, l’amélioration du niveau de revenu des parents
permettra de faire face aux charges des enfants. Mieux le taux de scolarisation dans les ménages
entera. Quel parent irait alor
augm
s enlever son enfant de l’école pour un tel trafic aux regards de sa
?
situation nouvelle Les élus locaux sont donc interpellés pour la recherche de débouchés aux
produits des agrumiculteurs d’une part et de fournisseurs d’intrants d’autre part pour une meilleure
e
p rformance des exploitations. La compensation pour la commune ne peut être immédiate mais des
inhérentes à long term
contributions substantielles sont
e.


147

Ces recommandations si prises en compte perme
enter le niveau de rendem
ttront d’augm
ent des
plantations d’une part et d’exploiter sur une longue durée au moins vingt cinq (25) ans, durée
d’exploitation économiquement rentable d’une

plantation d agrumes (Aubert et Vullin, 1997;
Raemaekers, 2001).































148











Références Bibliographiques


149

1. Aho, N. et D. K. Kossou (1997) Précis d’agriculture tropicale. Base et Eléments d’Application,
les éditions du flamboyant. pp 45-47.

2. Anonyme (1996) Marchés tropicaux et méditerranéens Hebdomadaire de l’Afrique et de l’Océan
Indien, Agridoc Inte n
r ational, Paris 3 Mai 1996

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Autres documents consultés

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153














ANNEXES






Annexe 1 : Questionnaire d’enquête

COMPOSITION ET STRUCTURE DU MENAGE

Identification de l’exploitant

1) Nom et prénoms………………………………………………………………………

2) Sexe : 1/ Masculin 2 / Féminin

3) Age……..ans ou né vers……………………………

4) Situation matrimoniale

i / Marié ii/ Célibataire iii/ Divorcé iv/ veuf/veuve

5) Niveau d’instruction

i/ Aucun ii/ Primaire iii/ Secondaire iv /Autre………………

6) Ethnie
i/ Fon ii/ Goun iii/ Autre …………………..

7) Religion

i/ Catholique ii/ Céleste iii/ Musulman iv/ Animiste
v/ Autre…………….

8) Composition du ménage


Age
Sexe


Masculin Féminin Total
Taille ménage
< 7 ans



7 – 13 ans



14 – 60 ans



> 60 ans





9) Principale activité ……………………

10) Ancienneté ……. ans


11) Trajectoire professionnelle du chef exploitant
……………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………….











TRAVAUX CHAMPETRES

A/ Systèmes de cultures

12) Combien de plantations d’agrumes possédez- vous? (Remplir le tableau ci-après)
Champ N°
Superficie
Nombre de plants Age plantation
1




2



3




13) Quelle densité de plantation ou écartement adoptez-vous ?

i) 8*6 ii) 6*6 iii) Autre (préciser) …………………

14) Quelles sont les formes culturales des agrumes que vous connaissez et les avantages et
inconvénients liés à chacune d’elles?

Formes culturales
Avantages
Inconvénients
Pure

Associée


15) Laquelle de ces formes pratiquez – vous ?

i/ Pure ii/ Associée iii/ Les deux

Pourquoi ?...................................................................................................................................................
...........................................................................................................................................

16) En cas de culture associée, quelles sont les cultures que vous associez aux agrumes ?

Cultures associées
Age verger
Raisons de l’association
coton
Maïs
Arachide

Niébé



17) Où obtenez-vous les jeunes plants?

i) Sur pépinière personnelle ii) Achat

18) A quelle moment de la saison installez-vous les jeunes plants d’orangers ?

i) Avant début saison des pluies ii) Début saison des pluies

iii) En pleine saison des pluies

Pourquoi ?.........................................................................................................................








19) Combien d’entretiens opérez- vous sur vos champs d’agrumes ? (Remplir le tableau)

Nombre
Fréquence Période Avantages
Inconvénients
d’entretiens
Sarclage


Labour

Traitements

.

phytosanitaires
Apport




d’engrais


20) Pour quelles raisons cultivez-vous les agrumes ? (Noter le commentaire correspondant)

i) Vous avez assez de terre ii) La culture est rentable

iii Garantir votre retraite ou vos vieux jours

iv) ) Affirmer votre statut foncier v) Autres (les citer)

21) Aviez-vous d’autres terres propices aux agrumes ? (Préciser leur superficie)

i) Oui ii) Non
Si oui, remplir le tableau

N° d’ordre
Superficie
Raisons (Ce qui vous fait dire qu’elle est propice aux agrumes)










22) Quelles cultures ne sont pas associables avec les agrumes ? (Remplir le tableau)

Cultures
Raisons






B / Intensification

23) Quels sont les engrais spécifiques des agrumes que vous connaissez ?

Engrais (nom Accessibilité Période
Dose /arbre
Effets/ raisons
scientifique)
(**)
d’application













(**) - -) Pas disponible + -) Disponible mais pas capacité d’achat

+ +) Disponible et moyens financiers existent




24) Lesquels de ces engrais utilisés-vous ? (Les citer)
…………………………………………………………………………………………………
25) En cas d’utilisation de fumure minérale, quels sont vos sources d’approvisionnements et les coûts
d’acquisition ? (Reporter d’abord avant question)

Engrais (nom
Sources d’approvisionnement
Coûts d’acquisition
scientifique*)








26) Quelles sont les autres formes de fumure que vous pratiquez pour la culture des agrumes ?

i) fumure organique

Pourquoi ?.
a) Efficace b) Très efficace c) Facilement accessible

ii) Engrais vert

Pourquoi ?
a) Efficace b) Très efficace c) Facilement accessible

27) Quels sont les moyens par lesquels vous augmentez le rendement de vos vergers ?

i) Augmenter les dépenses salariales ii) Utilisation d’engrais

iii) Traitements phytosanitaires iv) Augmenter les superficies

v) Autre (préciser)…………………………

28) En cas d’augmentation de dépenses salariales (voir question ci-dessus), quelles sont les opérations
exécutées ?

i) Taille d’entretien (égourmandage) ii) Désherbage
(Préciser le nombre de fois………)
iii) Autre (Préciser)………………………………………………………………………

29) Comment a évolué votre production ces trois dernières années ?

i) a augmenté ii) a chuté ii) n’a pas changé

Comment l’expliquez- vous ?
……………………………………………………………………………………………………

30) Suivant quels scénarios utilisez-vous d’engrais dans vos champs d’agrumes ? (Remplir le
tableau ci-après)

Champ n°
Fréquence
Fertilisant
Dose
Modification
Durée
obtenu (*)
modification

















(*) 1/ amélioration du rendement 2/ pas de modification


31) Que faites-vous pour maintenir ou restaurer la fertilité de vos sols ?
……………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………

32) Que faites-vous pour maintenir une production soutenue dans le temps?
…................................................................................................................................................................
............................................................................................................................................

33) Connaissez-vous des techniques ou des stratégies pour provoquer la floraison et donc contrôler la
période des récoltes ?

i) Oui ii) Non

34) Si oui, décrire la (les) stratégies (noter le commentaire)
……………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………



PROTECTION DES CULTURES

35) Quels sont les ravageurs des agrumes que vous connaissez et les moyens de lutte correspondant ?

Ravageurs Nom français
Traits
Stade
Dégâts Moyens
de
Dose* Fréquence
Source
de
(nom
du ravageur
caractéristiques d’apparition
lutte
connaissance
local)



















(*) Préciser si la dose est par arbre ou à l’hectare

36) Lesquels de ces ravageurs reconnaissez- vous dans vos vergers et les moyens de lutte utilisés ?

Ravageurs ( nom local Moyens de lutte
Dose
Fréquence
Effet sur le rendement
Accès (**)
ou français)
(*)














(*) 0/ pas efficace 1/ efficace
(**) 0/ rare 1/ trop coûteux 2/ prix abordable 3/ Très disponible

37) Quelles sont les maladies des agrumes que vous connaissez et les moyens de lutte correspondants ?

Maladies
Nom français
Manifestations spécifiques
Stade
Moyens de
Dose* Fréquence
Source
de
(en fon)
d’apparition
lutte
connaissance

















(*) Préciser si la dose est par arbre ou à l’hectare


38) Lesquels de ces maladies reconnaissez-vous dans vos vergers et quels sont les moyens de lutte utilisés ?




Ravageurs ( nom local Moyens de lutte
Dose / plant ou à
Fréquence
Effet sur le rendement Accès (**)
ou français)
l’hectare
(*)














(*) 0/ pas efficace 1/ efficace
(**) 0/ rare 1/ trop coûteux 2/ prix abordable 3/ Très disponible

39) Citer les variétés qui résistent à ces maladies sus-citées ? (Reporter d’abord les maladies sus citer avant de poser la question, remplir le tableau)

Maladies Variété
s résistante
s






40) Traitez-vous les plants après leur transplantation ?

i/ oui ii) non

Si oui, remplir le tableau

Produit utilisé
Nombre d’application
Dose
Période d’application
Raisons
Accès (**)















(**) 0/ rare 1/ trop coûteux 2/ prix abordable 3/ Très disponible




RECOLTE ET POST- RECOLTE

41) Combien de fois récoltez-vous dans l’année ? (Noter le commentaire)

i) 1 fois ii) 2 fois iii) > 2 fois

42) Quelles sont les quantités récoltées (bâchée ou panier) la campagne 2003 – 2004 (de Mars
2003 à Février 2004) et quelles utilisations en faites-vous ?

1ère récolte (Avril- Juillet 2003)

N° champ
Récoltée Espérée
Vendue Don
Transformée
Pertes

















2ème récolte (Novembre –Décembre 2003 et Janvier-Février 2004)

N° champ
Récoltée Espérée
Vendue Don
Transformée
Pertes

















43) Qui sont vos clients ou marchés ?

i) Commerçants revendeur ii) Usine de boisson sucrée

iii) Structure de fabrication de jus et confiture iv) Consommateur

44) Comment à évolué la récolte au cours de la campagne dernière (2003 – 2004) ?

Mois
Année 2003
2004
Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Jan Fév
Q (Unité











locale/T)

45) Quelles sont les formes de récoltes des agrumes que vous connaissez (sources)? (Citez les)

Formes de récolte Outils utilisés Avantages







46) Quelles formes de récoltes pratiquez-vous ?

Formes de
Outils utilisés Raisons (pourquoi)
récoltes





47) En dehors de la commercialisation, connaissez-vous d’autres méthodes de valorisation de vos
productions ?

i) Transformation artisanale ii) Transformation industrielle

iii) Autres (préciser)………………………………..

48) Productions des cultures associées aux agrumes ?

N° champ
Saisons
Cultures associées
Production obtenue (Kg ou
Tonne)

1ère


2ème



1ère


2ème



49) Productions des autres cultures pratiquées par l’exploitant mais non associées aux agrumes,
coûts, recettes, profit dégagé

Cultures Saison
Quantité

Recettes Coûts Marge
Récoltée Vendue Prix
bénéficiaire
unitaire
Maïs
1ère






2ème






Niébé
1ère






2ème






Arachide
1ère






2ème






Coton





FACTEURS DE PRODUCTION

A/ La terre

Mode de tenure
50) Comment aviez-vous acquis les terres que vous cultivez ? (Remplir le tableau)

Mode de tenure Superficie (kantin ou Ha) Cultures praticables / mode de
tenure
Héritage

Achat

Emprunt

Don

Gage

Métayage





51) Etes-vous en mesure d’augmenter vos superficies cultivables si vous le désirez ?

i) Plus de possibilité d’acquérir la terre ii) La terre est difficile à acquérir

iii) La terre est très difficile à acquérir iv) La terre est facile à acquérir


B/ Le travail

52) Disponibilité de la main-d’œuvre (Remplir le tableau)

Age/Sexe
Moins de 7 ans 7 à 13 ans
14 à 60ans
+ 60 ans
P F R P F R P F R P F R
Masculin
Féminin












Total













P = Permanent / participe à tous les travaux

F = Fréquent / Participe aux principaux travaux (défrichement, labour, sarclage)

R = Rare / vient seulement pour quelques travaux

53) Caractéristiques de la main-d’œuvre salariée utilisée

Origines Classes
d’âge
Types
de
Type de
Opérations à
contrat (*)
rémunération
exécuter
(**)







(*) 1- A la tâche 2- A la saison 3- Par mois 4- Par année

(*) 1- En espèce 2- Nourriture + indemnités

3- Nourriture + logement + indemnités 4- Autres (à préciser)













VI- INVESTISSEMENTS

54) Quels sont les différents outils agricoles que vous possédez ? (Remplir le tableau)

N° Outils Nombre Date/
Année Prix
Nombre
Amortissement
d’acquisition d’achat
d’année
d’utilisation
1






2







55) Durant la campagne 2003 – 2004, aviez-vous utilisé de la main d’œuvre salariée ?

1ère saison (Mars- Juillet 2003)

Parcelle N°
Période
Rémunérations des ouvriers
d’exécution
En espèce En nature (estimation en valeur monétaire
(V M)
Salaires
Nourritur
Paiement
Valeur totale en
(F CFA)
e (V M)
en nature (F CFA)
(VM)













2ème saison (Août – Décembre 2003 et Janvier- Février 2004)

Parcelle N°
Période
Rémunérations des ouvriers
d’exécution
En espèce En nature (estimation en valeur monétaire
(V M)
Salaires
Nourritur
Paiement
Valeur totale en
(F CFA)
e (V M)
en nature (F CFA)
(VM)














56) Combien avez-vous dépensez pour l’acquisition des intrants durant la campagne 2002 - 2003 ?
(Remplir le tableau)


Engrais Insecticides
N° Champ
Quantités Prix
Quantité
Prix













REVENUS AGRICOLES

57)
Production d’agrumes





Quantité Quantité
Prix
Recettes
Coûts de
verger
récoltée vendue (Kg)
unitaire
totales
commercialisation
(Kg)
(F CFA)
(F CFA)
(F CFA)












58) Cultures associées

1/ arachide 2/ Niébé


Quantité récoltée (Kg)
Prix
Recettes
Coûts de
verger

unitaire
totales
commercialisation
1ère saison 2ème saison (F CFA)
(F CFA)
(F CFA)



















Revenus non agricoles :

59) Quelles sont les autres activités qui vous procurent un revenu monétaire ? Remplir les tableaux
suivants

Activité Commerce
Elevage
Pêches
Autre
Quantité
vendue

Prix
unitaire


Valeur totale de la vente





UTILISATION DU REVENU :

60) Qu’avez-vous fait avec le revenu tiré de la vente des oranges ?( Remplir les tableaux )

a)

Dépenses pour alimentation
Dépenses pour cérémonies
Type d’aliment
Coût
Coût
Type
de
cérémonies









Sous total (1) ……………………… F CFA






b)

Dépenses pour travaux Dépenses pour équipements Dépenses
pour
agricoles
commercialisation
Type de
Coûts Type Coût Type
de
Coût
dépenses
d’équipement
dépenses
















Sous total (2) …………………………F CFA
Autres dépenses
Scolarisation………………………………….. F CFA
Santé……………………………………………F CFA
Autres…………………………………………..F CFA
Sous total (3) …………………………………………..FCFA

Total dépenses ((1) + (2) + (3)) = …………….. FCFA


61) Evolution des emblavures des cultures du coton et du maïs ces trois dernières années


Superficies
2000 - 2001
2001 - 2002
2002 - 2003
1ère
2ème
1ère
2ème
1ère
2ème
saison
Maïs






Coton




CONCLUSION

62) Quelles sont les difficultés ou problèmes que vous rencontrez dans
Votre exploitation ?

63) Quelles sont vos suggestions pour remédier aux différents problèmes rencontrés dans la
production des agrumes dans votre localité?

64) Quelles sont vos impressions sur l’entretien ?
















ANNEXE 2 : Rendement par âge des plantations et synthèse des tests
statistiques
Rendement moyen des agrumes en fonction de l’âge




Rendement

Age (ans)
Fréquence
Rendement moyen
Taux de
marginal
absolue
(Kg / ha / âge)
croissance




4 ans
11
4 437 ± 1 868,6



237 0,05
5 ans
14
4 674 ± 1 736,2



3540 0,076
6 ans
14
7621 ± 3917



145 0,02
7 ans
16
8 359 ± 3 891,2



1730 0,21
8 ans
16
10 089 ± 3 931,4



-2484 -0,25
9 ans
15
7 605 ± 2 499,6




-702 -0,09
10 ans
11
6 903 ± 4 133,9



4913 0,71
11 ans
7
9438 ± 3278
12 ans


-6608 -0,56
9
5 208 ± 1 661,02



-903 -0,17
13 ans
7
4 305 ± 1 452,6



748 -0,17
14 ans
11
5 053 ± 3 034,8



-240 -0,05
15 à 16 ans
6
4 813 ± 1 135,3



-2873 -0,6
17 à 19 ans
3
1 940 ± 181,77

Source : Enquête, 2004


Les calculs peuvent être réalisés en utilisant les notations et les formules suivantes
p
Pour l’effectif total : n. = ∑ ni
i=1




ni
Pour les totaux par échantillon : Xi. = ∑ xi k (pour tout i)



k=1



p
Pour le total général : X.. = ∑ xi.





i=1




p ni
Pour la somme des carrés généraux : T = ∑ ∑ x2ik




i=1 k=1

Pour les sommes des carrés des écarts par échantillon :

ni
SCEi = ∑ x2ik - X2i./ni ( pour tout i )

k=1

Pour la somme des carrés des écarts résiduels :





SCEr = ∑ SCEi

Pour les variances estimées : ɕ2i = SCEi / (ni – 1) (pour tout i ) et pour les moyennes
estimées :
xi = xi. / ni (pour tout i ) et x = X.. / n.
Le terme correctif : C = X2.. / n.
La somme des carrées des écarts totale : SCEt = T – C
La somme des carrés des écarts factoriels : SCEa = SCEt – SCEr
Les carrés moyens sont : CMa = SCEa / (p – 1) et CMr = SCEr / (n-p),
Ainsi le rapport CMa/CMr = Fobs ou F calculé












Hypothèse de recherche n°2 : Test de conformité d’une moyenne (t de student)

La formule est la suivante :

Ι x - mo Ι Ι x - mo Ι
tobs = ———— = ————

σ/ √n
√SCE



√n(n – 1)

Test t à 1 échantillon : Rend (kg/ha); lgrdt

Test de mu = 22100 par rapport à mu non = 22100

Variable N Moyenne EcTyp Er-T moy
Rend (kg/ha) 75 8748 3780 436
lgrdt 75 3,8926 0,2253 0,0260

Variable IC à 95,0% T P
Rend(kg/ha) ( 7878; 9618) -30,59 0,000
lgrdt ( 3,8408; 3,9445) -8E+05 0,000
MTB > OneT 'Rend(kg/ha)' 'lgrdt';

Hypothèse n°3
6 à 11 ans
Statistiques descriptives : Rend (lab1); Rend (lab2)
Variable N Moyenne Médiane Moyenne TR EcarType Er-T moy
Rend (lab 40 10342 10332 10334 3576 565
Rend (lab 35 6943 6650 6805 3212 543

Variable Minimum Maximum Q1 Q3
Rend (lab 3563 16625 7244 13567
Rend (lab 1418 14725 4292 9025

Test t à deux échantillons et IC : lgrend1; lgrend2
T à deux échantillons pour lgrend1 fn de lgrend2

N Moyenne Ecart-type Er-T moy
lgrend1 40 3,986 0,166 0,026
lgrend2 35 3,786 0,240 0,040

Différence = mu lgrend1 - mu lgrend2
Estimation pour différence : 0,1998
95% IC pour différence : (0,1060; 0,2936)
Test T pour la différence = 0 (fn de non =): Valeur de T = 4,24 P = 0,000 DL = 73
et T0, 975(73) ≈ 1,995
Les deux utilisent Ecart-type de regroupement = 0,203







12 à 16 ans
Statistiques descriptives : Rendlab1; Rendlab2; lgrdt1; lgrdt2

Variable N Moyenne Médiane Moyenne TR EcarType Er-T moy
Rendlab1 21 5533 5463 5495 1696 370
Rendlab2 14 3514 3587 3313 2174 581
lgrdt1 21 3,7232 3,7374 3,7254 0,1354 0,0296
lgrdt2 14 3,4569 3,5547 3,4596 0,3051 0,0815

Variable Minimum Maximum Q1 Q3
Rendlab1 2850 8930 4188 6294
Rendlab2 891 8550 1633 5265
lgrdt1 3,4548 3,9509 3,6219 3,7988
lgrdt2 2,9499 3,9320 3,2067 3,7213

MTB > TwoSample 'lgrdt1' 'lgrdt2';
SUBC> Pooled.



Test t à deux échantillons et IC : lgrdt1; lgrdt2


T à deux échantillons pour lgrdt1 fn de lgrdt2

N Moyenne Ecart-type Er-T moy
lgrdt1 21 3,723 0,135 0,030
lgrdt2 14 3,457 0,305 0,082

Différence = mu lgrdt1 - mu lgrdt2
Estimation pour différence : 0,2663
95% IC pour différence : (0,1129; 0,4198)
Test T pour la différence = 0 (fn de non =): Valeur de T = 3,53 P = 0,001 DL = 33
Les deux utilisent Ecart-type de regroupement = 0,219




Autres résultats de comparaisons des rendements moyens

Comparaison du rendement moyen en agrumes en fonction du mode de plantation (avec
trouaison et sans trouaison)

6 à 8 ans

Statistiques descriptives : atrouai3; strouai3

Variable N Moyenne Médiane Moyenne TR EcarType Er-T moy
atrouai3 17 10918 11400 11028 3702 898
strouai3 29 7457 8313 7411 3584 666

Variable Minimum Maximum Q1 Q3
atrouai3 3563 16625 8313 13835
strouai3 1418 14725 4125 9738











Test t à deux échantillons et IC : lgatrou3; lgstrou3

T à deux échantillons pour lgatrou3 fn de lgstrou3

N Moyenne Ecart-type Er-T moy
lgatrou3 17 4,008 0,180 0,044
lgstrou3 29 3,810 0,259 0,048

Différence = mu lgatrou3 - mu lgstrou3
Estimation pour différence : 0,1984
95% IC pour différence : (0,0546; 0,3421)
Test T pour la différence = 0 (fn de non =): Valeur de T = 2,78 P = 0,008 DL = 44
Les deux utilisent Ecart-type de regroupement = 0,234

6 à 11 ans

Statistiques descriptives : atrouai; strouai

Variable N Moyenne Médiane Moyenne TR EcarType Er-T moy
atrouai 38 9774 9263 9726 3449 560
strouai 34 7267 7640 7175 3451 592

Variable Minimum Maximum Q1 Q3
atrouai 3563 16625 6888 13122
strouai 1418 14725 4209 9500


Test t à deux échantillons et IC : lgatrou; lgstrou

T à deux échantillons pour lgatrou fn de lgstrou

N Moyenne Ecart-type Er-T moy
lgatrou 38 3,962 0,163 0,026
lgstrou 34 3,801 0,252 0,043

Différence = mu lgatrou - mu lgstrou
Estimation pour différence : 0,1611
95% IC pour différence : (0,0622; 0,2599)
Test T pour la différence = 0 (fn de non =): Valeur de T = 3,25 P = 0,002 DL = 70
Les deux utilisent Ecart-type de regroupement = 0,210

Comparaison des rendements des plantations entre village

6 à 11 ans

Statistiques descriptives : rendt1 par villages

Variable villages N Moyenne Médiane Moyenne TR
EcarType
rendt1 1 13 7838 7363 7535 4507
2 12 7795 7957 7881 4313
3 13 8802 9025 8935 4029
4 12 8075 7363 7933 4510
5 13 7761 6650 7561 2722

Variable villages Er-T moy Minimum Maximum Q1 Q3
rendt1 1 1250 2375 16625 3286 10807
2 1245 475 14250 5591 11104
3 1117 1418 14725 5344 12113
4 1302 1900 15675 3860 12588
5 755 3958 13775 5859 9738







6 à 11 ans

ANOVA à un facteur contrôlé : lgrdt1 en fonction de villages

Analyse de variance pour lgrdt1
Source DL SC CM F P
villages 4 0,1336 0,0334 0,35 0,842
Erreur 58 5,5194 0,0952
Total 62 5,6530
IC individuel à 95% pour la moyenne
Basé sur Ecart-type groupé
Niveau N Moyenne EcarType --+---------+---------+---------+----
1 13 3,8191 0,2775 (-----------*----------)
2 12 3,7483 0,4782 (-----------*-----------)
3 13 3,8820 0,2775 (-----------*----------)
4 12 3,8322 0,2834 (----------*-----------)
5 13 3,8659 0,1506 (-----------*----------)
--+---------+---------+---------+----
Ecart-type groupé = 0,3085 3,60 3,75 3,90 4,05


4 à 16 ans

Statistiques descriptives : rendt2 par villages


Variable villages N Moyenne Médiane Moyenne TR EcarType
rendt2 1 41 7057 6333 6883 3601
2 21 6871 6375 6820 3532
3 20 7483 6094 7447 3842
4 27 5719 5225 5521 3884
5 26 6859 6388 6777 2854

Variable villages Er-T moy Minimum Maximum Q1 Q3
rendt2 1 562 1188 16625 4305 8906
2 771 475 14250 4810 8819
3 859 891 14725 5344 10795
4 748 713 15675 2850 6413
5 560 1900 13775 4988 8847



4 à 16 ans

ANOVA à un facteur contrôlé : lgrdt2 en fonction de villages
Analyse de variance pour lgrdt2
Source DL SC CM F P
villages 4 0,4205 0,1051 1,30 0,275
Erreur 130 10,5404 0,0811
Total 134 10,9609
IC individuel à 95% pour la moyenne
Basé sur Ecart-type groupé
Niveau N Moyenne EcarType -----+---------+---------+---------+-
1 41 3,7899 0,2398 (-------*------)
2 21 3,7430 0,3629 (---------*---------)
3 20 3,7977 0,3037 (---------*----------)
4 27 3,6518 0,3318 (--------*--------)
5 26 3,7964 0,1993 (--------*---------)
-----+---------+---------+---------+-
Ecart-type groupé = 0,2847 3,60 3,72 3,84 3,96







Annexe 3 : Base de détermination des limites de classes

Figure i: Nuage de points montrant la distribution de la main-
d'oeuvre familiale disponible au sein des UDP
en
4
3,5
iliale (
3
2,5
e
f
a
m
2
UT) 1,5
1
d
'oeuvr
0,5
a
in-
0
M
0
50
100
150
Nombre de ménages



Figure ii: Nuage de points montrant la distribution des superficies
en productiond'agrumes au sein des UDP
8,00
ée
7,00
6,00
5,00
o
t
a
le plant
4,00
3,00
i
cie t
2,00
Superf
d'agrumes par UDP (ha) 1,00
0,00
0
50
100
150
Nombre de ménages














Figure iii: Distribution du niveau de production brut au
sein des exploitations
70,000
l
e
(kg/
60,000
n
u
el
50,000
) 40,000
t
e an
ha 30,000
o
n
bru
20,000
cti
10,000
0
Produ
0
50
100
150
Nombre de menages










Annexe 4: Superficie emblavée d’agrumes, production totale, coûts et revenus disponibles par exploitation
R agru D /
N° SAGRU(ha) MOF
PBT (kg) Rbagru Coût R agru D Autre RD RDT
RDT
1
0,50
1
2 613
110 880
3 900
106 980
145 650
252 630
42%
2
1,00
1
10 213
357 440
7 500
349 940
140 000
489 940
71%
3
0,75
2,25
4 750
257 935
10 100
247 835
144 000
391 835
63%
4
1,00
2,5
4 988
219 025
33 600
185 425
131 800
317 225
58%
5
1,00
1,75
4 988
243 565
0
243 565
44 550
288 115
85%
6
1,00
1
5 700
199 500
18 125
181 375
400 000
581 375
31%
7
1,00
1
8 336
354 569
4 875
349 695
36 900
386 595
90%
8
1,00
1,75
7 363
273 050
52 000
221 050
174 950
396 000
56%
9
1,00
1
4 988
205 280
0
205 280
89 765
295 045
70%
10
1,00
1
12 113
423 940
0
423 940
58 500
482 440
88%
11
1,00
2,5
7 363
342 140
42 600
299 540
99 950
399 490
75%
12
1,00
0
12 825
473 355
64 000
409 355
95 000
504 355
81%
13
0,50
3,5
3 168
193 125
22 000
171 125
18 000
189 125
49%
14
0,50
1
4 750
182 250
0
182 250
82 500
264 750
69%
15
1,00
0
2 850
125 350
0
125 350
240 000
365 350
34%
16
0,50
0
8 313
290 940
19 050
271 890
180 000
451 890
60%
17
1,00
0
11 400
399 000
40 500
358 500
27 000
385 500
93%
18
1,00
1
9 263
339 520
0
339 520
125 000
464 520
73%
19
0,50
1
5 225
182 875
12 000
170 875
48 750
219 625
78%
20
1,00
1
8 313
325 740
16 500
309 240
142 200
451 440
69%
21
1,00
0
9 500
378 580
44 950
333 630
820 000
1 153 630
29%
22
1,00
1
14 013
506 340
10 875
495 465
163 050
658 515
75%
23
0,50
2,5
7 363
257 690
0
257 690
249 000
506 690
51%
24
1,00
3,5
9 500
374 100
22 000
352 100
128 425
480 525
73%
25
1,00
2,5
8 075
344 385
15 325
329 060
115 000
444 060
74%
26
0,50
2,25
4 513
157 940
0
157 940
172 450
330 390
48%
27
0,50
2
3 088
108 065
0
108 065
178 000
286 065
38%
28
1,00
1
5 938
207 815
31 300
176 515
120 000
296 515
60%
29
1,00
1
11 400
399 000
0
399 000
79 500
478 500
83%
30
1,00
0
14 488
513 465
6 400
507 065
700 450
1 207 515
42%



31
1,00
1
11 163
390 688
0
390 688
43 740
434 428
90%
32
1,00
1,5
10 213
357 440
0
357 440
52 900
410 340
87%
33
1,00
1
4 038
141 315
1 850
139 465
80 000
219 465
64%
34
0,75
3
4 038
141 315
0
141 315
31 500
172 815
82%
35
1,00
1
4 275
149 625
12 000
137 625
203 350
340 975
40%
36
1,00
1
5 875
205 625
0
205 625
32 400
238 025
86%
37
0,75
1,75
3 075
107 625
0
107 625
68 775
176 400
61%
38
0,50
1,5
7 600
271 250
106 600
164 650
32 000
196 650
84%
39
0,75
1
5 938
207 815
19 050
188 765
443 900
632 665
30%
40
1,00
0
4 988
174 580
12 000
162 580
120 000
282 580
58%
41
1,00
1
3 563
124 690
0
124 690
459 500
584 190
21%
42
1,00
1
6 413
224 455
0
224 455
45 000
269 455
83%
43
1,50
1,75
7 600
303 625
3 850
299 775
340 900
640 675
47%
44
2,00
1
10 688
403 220
75 000
328 220
174 750
502 970
65%
45
2,00
0
9 263
343 625
30 200
313 425
320 020
633 445
49%
46
2,00
3
10 925
576 295
14 400
561 895
56 000
617 895
91%
47
1,30
0
12 113
423 940
30 650
393 290
645 800
1 039 090
38%
48
1,50
3
8 788
337 810
0
337 810
37 600
375 410
90%
49
1,50
1
22 563
824 250
105 900
718 350
216 550
934 900
77%
50
2,00
2
4 751
198 295
24 000
165 295
94 060
259 355
64%
51
2,00
1
21 138
739 840
70 500
669 310
251 000
920 310
76%
52
1,50
1
8 313
290 810
34 900
256 040
1 458 000
1 714 040
64%
53
1,70
1
7 125
284 175
16 500
267 675
142 200
409 875
65%
54
1,50
0
6 888
241 065
33 000
208 065
180 000
388 065
54%
55
1,50
1
4 988
240 365
0
240 365
78 750
319 115
75%
56
1,50
1
8 788
307 565
0
307 565
111 800
419 365
73%
57
1,50
1
10 688
447 025
15 700
431 325
136 620
567 945
76%
58
2,00
3
4 750
191 850
7 800
184 050
40 000
224 050
82%
59
1,50
0,75
13 063
513 195
50 000
463 195
149 425
612 620
76%
60
2,00
1,75
15 438
540 310
0
540 310
195 300
735 610
73%
61
2,00
1
14 250
498 750
0
498 750
144 000
642 750
78%
62
1,50
1
11 875
438 670
43 700
394 970
120 000
514 970
77%
63
2,00
3
20 901
758 385
0
758 385
76 250
834 635
91%



64
1,25
2,25
8 076
282 625
0
282 625
207 350
489 975
58%
65
2,00
2
5 938
207 815
0
207 815
104 800
312 615
66%
66
1,50
1,75
9 263
324 190
0
324 190
95 000
419 190
77%
67
1,25
1
11 163
390 690
0
390 690
76 650
467 340
84%
68
1,50
2
8 313
290 940
0
290 940
135 000
425 940
68%
69
2,00
1
7 125
249 380
22 500
226 880
419 100
645 980
35%
70
2,00
0
28 500
997 500
232 700
764 800
256 000
1 020 800
75%
71
1,50
2
21 375
748 125
40 325
707 800
204 050
911 850
78%
72
1,50
1,5
4 513
157 935
0
157 935
154 100
312 035
51%
73
2,00
1
9 500
381 460
0
381 460
164 300
545 760
70%
74
3,00
0
22 088
773 070
63 950
709 120
200 000
909 120
78%
75
3,00
2
21 376
748 125
58 250
689 875
342 075
1 031 950
67%
76
4,00
1
17 338
747 395
112 000
635 395
98 000
733 395
87%
77
3,50
2
9 738
340 820
52 500
288 320
20 000
308 320
94%
78
3,00
0
16 625
679 080
124 200
554 880
330 000
884 880
63%
79
4,50
2
16 863
866 250
0
866 250
210 000
1 076 250
80%
80
4,00
1
13 063
673 090
126 800
546 290
84 800
631 090
87%
81
4,50
1
23 751
915 735
196 800
718 935
649 550
1 368 485
53%
82
3,00
1
26 838
939 315
59 250
880 065
225 000
1 105 065
80%
83
6,00
0
49 163
1 720 685
1 282 150
438 535
885 000
1 323 535
33%
84
2,50
0
20 188
706 560
135 575
570 985
240 000
810 985
70%
85
4,50
3,5
30 163
1 170 895
99 000
1 071 895
175 000
1 246 895
86%
86
2,40
3
24 226
847 866
98 500
749 365
336 740
1 086 105
69%
87
2,50
3
16 626
581 875
89 800
492 075
125 000
617 075
80%
88
2,25
3
14 014
465 505
168 400
297 105
356 560
653 665
45%
89
7,00
2
48 925
1 712 380
154 000
1 558 380
172 890
1 731 270
90%
90
4,42
2
30 877
1 080 630
131 600
949 030
155 000
1 104 030
86%
91
3,50
0
62 463
2 186 190
216 075
1 970 115
200 250
2 170 365
91%
92
3,00
2,75
19 000
664 995
13 800
651 195
296 100
947 295
69%
93
6,00
0
14 251
498 740
86 400
412 340
390 000
802 340
51%
94
6,50
0
15 914
556 940
96 000
460 940
230 000
690 940
67%
95
4,10
1,5
31 825
1 136 925
55 350
1 081 575
51 000
1 132 575
95%
96
3,00
0
16 626
643 075
251 250
391 825
320 000
711 825
55%



97
3,00
2
7 125
249 375
68 200
181 175
404 700
585 875
31%
98
4,00
2
10 916
382 380
88 000
294 380
430 550
724 930
41%
































Annexe5 : Analyse de rentabilité
Détermination du Taux de Rentabilité Interne (TRI) des agrumes


Année
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14

A/Investissement






Infrastructure
153 950





coupe-coupe
7 500

7 500
7 500
7 500

7 500
7 500
7 500
7 500


Houe
4 000

4 000
4 000
4 000

4 000
4 000
4 000
4 000


Hache
1 200

1 200
1 200
1 200

1 200
1 200
1 200
1 200


Unité de mesure


8 000
8 000
8 000



Préparation terrain
125 000





Terrain
200 000





S/T (A)
491 650

12 700
8 000
12 700
12 700
8 000
12 700
12 700
8 000
12 700
12 700

B/Coût d'opération





Entretien arbre

15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 000
15 00

Labour

24 000
24 000
24 000
24 000
24 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
12 00

Semences

16 700
16 700
13 100
13 100
9 825
2 000



Semis

13 800
13 800
14 400
14 400
10 800
3 600



Eng maîs
58


500
58
500



Ep eng maîs
7


200
7
200



Sarclage

12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
6 00

Fauchage

12 000
12 000
12 000
12 000
6 000
6 000



Sarclo-binage

11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 050
11 0

R cult associées

12 100
12 100
9 650
9 650
7 500
2 500



Insect niébé


8 500
8 500
8 500
8 500



Pulvé insect


1 800
1 800
1 800
1 800




S/T (B)
491 650
182 350
182 325
121 500
121 500
106 475
68 450
44 050
44 050
44 050
44 050
44 050
44 050
44 050
44 050
44 0

Total (A+B)

182 325
195 025
129 500
134 200
106 475
81 150
52 050
56 750
44 050
56 750
52 050
56 750
44 050
56 750
44 0


Facteur d'actualisation
22,022%
0,8195 0,6716
0,5504
0,4511
0,3697
0,303
0,2482 0,2035
0,1667
0,1366
0,112
0,091
0,075
0,061 0,0

Coûts actualisés (A+B)1

149 435,83
130 978,79
71 276,80
60 537,62
39 363,81
24 588,45
12 918,81
11 548,63
7 343,14
7 752,05
5 829,60
5 164,25
3 303,75
3 461,75
2 202,

C/recettes





Arachide

120 190
120 190
96 220
96 220
72 080









Maïs
65
610
65
610


Niébé


63 360
63 360
47 520
31 680



Agrumes


182 560
195 300
281 610
292 565
353 115
266 175
241 605
241 605
187 452
150 640
176 855
168 4

Résiduel



6
3

S/T ( C )

185 800
185 800
159 580
342 140
314 900
313 290
292 565
353 115
266 175
241 605
241 605
187 452
150 640
176 855
174 8

Facteur d'actualisation





Avantage actualisé (C1)
0,00
152 263,10
124 783,28
87 832,83
154 339,35
116 418,53
94 926,87
72 614,63
71 858,90
44 371,37
33 003,24
27 059,76
17 058,13
11 298,00
10 788,16 8
740,


C1 - [ (A + B)1 ]
-491
2 827,27
-6 195,51
16 556,03
93 801,73
77 054,72
70 338,42
59 695,82
60 310,28
37 028,24
25 251,19
21 230,16
11 893,88
7 994,25
7 326,41
6 537,
650,00

Cash-flow cumulé
-488 822,73 -495 018,24
-478 462,20
-384 660,47
-307 605,75
-237 267,33
-177 571,50 -117 261,23
-80 232,99
-54 981,80
-33 751,64
-21 857,75
-13 863,50
-6 537,10
0,

Source :Enquête, 2004























Besoins en semences

Age
Spéculations
Maïs (prix unitaire : 200F/Kg) Arachide (325F/Kg) Niébé (250F/Kg)
1 an
251 kg
36 Kg
20 Kg
2 ans
251kg
36 kg
20 Kg
3 ans
28 Kg
16 Kg
4 ans
28 Kg
16 Kg
5 ans
20 Kg
12 Kg
6 ans
-
8 Kg

Source : Enquête, 2004-


Effet de l’ombre du fruitier sur la superficie cultivable en fonction de l’âge
de la plantation

Disponible
Age
1 an
2 ans
3 ans
4 ans
5 ans
6 ans
7 ans
Superficie
1
1
0,8
0,8
0,6
0,4
0,2
(ha)
Nbre de
600 600
480
480
360
240 120
billons

Source : Enquête, 2004



evolution du rendement du coton dans la comm une de
Za-Kpota
1200
1000
800
600
rend (Kg)
400
200
0
96-97 97-98 98-99 99-00 00-01 00_02 02_03
campagne


Source : CeRPA Za-Kpota (2004)




Fiche d’analyse financière de la culture du coton








Année
A0
A1
A2
A3
A4
A5
Investissement

Terrain 40
000

coupe-coupe
7 500
7 500
7 500
houe
4 000
4 000
Hache
1 200
1 200
1 200
Préparation terrain
55 000

S/total(A)
107 700
8 700
16 700
B/coût de


production
Labour

12 000
12 000
12 000
12 000
12 000
Semis coton

4 800
4 800
4 800
4 800
4 800
Sarclages

6 000
6 000
6 000
6 000
6 000
Fauchage

6 000
6 000
6 000
6 000
Engrais coton

58 500
58 500
58 500
58 500
58 500
Epandage

7 200
7 200
7 200
7 200
7 200
Pesticides

27 000
27 000
27 000
27 000
27 000
Pulvérisation

10 800
10 800
10 800
10 800
10 800
Démariage

3 000
3 000
3 000
3 000
3 000
Récolte coton

20 000
20 000
20 000
20 000
20 000
S/total(B)
0
149 300
155 300
155 300
155 300
155 300
Facteur
1 0,869
0,756
0,657
0,572 0,497
d'actualisation(15
%)
Total(A+B)
107 700
149 300
164 000
155 300
172 000
155 300



Coûts actualisés
107 700
129 816
124 000
102 110
98 332
77 215
∑Coûts actualisés
639 174

C/Recettes

Vente coton

185 000
149 850
174 825
153 920
171 125
Résiduel

7
350
S/ T ( C )

185 000
149 850
174 825
153 920
178 475

Avantage

160 858
113 302
114 947
87 996
88 738
actualisé

∑Avantage
565
840

actualisé
D/Profit net
Cash-flow
-107 700
31 041
-10 699
12 838
-10 336
11 523
Cash-flow cumulé
-107 700
-76 659
-87 358
-74 520
-84 856
73 334
Facteur
0,869 0,756
0,657
0,572
0,497 0,432
d'actualisation(15
%)
VAN(15%)
-73
334

Ratio
-0,114

avantage/coût



VAN(1%)
-62 602

Source : Enquête, 2004




Annexe 6 : Les ressources budgétaires de la commune de Za-kpota sur la période 99 à
2002.



Niveau de
Total mobilisé
Principaux gisements
Pourcentage global
mobilisation
sur les 5 ans
Et Observation

- les taxes marchandes et
42% des recettes
43%
Ressources
d’occupation des domaines
globales
Faible capacité de
fiscales
publiques, diverses taxes
Cependant la

prévision et de
locales 92%
contribution

mobilisation sous
- Les patentes et licences 6%
fiscale/habit
56.974.944F
estimation des
- Les impôts fonciers 2%
16 f en 2000 et 15
assiettes

F en 2002
Ressources
-Recette éventuelle non
non fiscales
classées 66%

-Prestations administratives

88% faible capacité
58%
fournies 27 %

de prévision et de
Des recettes
- produits des services
87.221.743F
mobilisation
globales
commerciaux et industriels
7%
Recette/ habit

TOTAL

162en 2000 à 428
144.196.687F
en 2002
47,88% Faible
capacité de
Ressources
59%
84.901.379F
prévision sous
internes
estimation des
gisements
101,72%
Faible capacité de
prévision, Absence
d’ouverture sur
Ressources
-Subvention de l’état
41 %
59.295.308. F
l’extérieur
externes

Pas de ressources
budgétaire issues de
coopération
décentralisée

Source : MFE, 2003