Diversité, rôles culturel et cultuel des termites et
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Université d’Abomey-Calavi

FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES

Département d’Aménagement et Gestion des Ressources Naturelles








THEME

Diversité, rôles culturel et cultuel des termites et

termitières dans la forêt classée de la Lama et les

localités environnantes


THESE
Pour l’obtention du Diplôme d’Ingénieur Agronome
Option : Aménagement et Gestion des Ressources naturelles
Présentée et soutenue par :
Benoît Yémè NOUHOHEFLIN

Le 14 Décembre 2006

Superviseurs :

Prof. Dr. Ir. Brice SINSIN

Dr. Ir. Guy Apolinaire MENSAH
Dr. Ir. Serge Eric K. ATTIGNON

Composition du jury :

Président: Pr. Dr. Ir. Brice SINSIN

Examinateur 1: Dr. Bernadette ZANNOU
Examinateur 2: Dr. Joseph FANOU
Rapporteur: Dr. Ir. Serge ATTIGNON



Université d’Abomey-Calavi

FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES

Département d’Aménagement et Gestion des Ressources Naturelles










TOPIC


Diversity, cultural and worship roles of termites and

termite mounds in the La
ma Reserve forest and in the

surroundi ngs locality


THESIS
Submitted to obtain the degree of Agricultural Engineer
Option: Naturals Resources Management
by
Benoît Yémè NOUHOHEFLIN
December 14th, 2006

Supervisors :

Prof. Dr. Ir. Brice SINSIN

Dr. Ir. Guy Apolinaire MENSAH
Dr. Ir. Serge Eric K. ATTIGNON

Composition of jury :

President: Pr. Dr. Ir. Brice SINSIN
Examiner 1: Dr. Bernadette ZANNOU
Examiner 2: Dr. Joseph FANOU
Reporter: Dr. Ir. Serge ATTIGNON


CERTIFICATION

Je certifie que cette thèse a été réalisée par Benoît Y. NOUHOHEFLIN sous ma
direction à la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA), option Aménagement et Gestion
des Ressources Naturelles.





Le Superviseur
Dr. Ir. Guy Apolinaire MENSAH
Maître de recherche au CAMES


























DEDICACES

J’ai l’honneur de dédier cette thèse à:

• Dieu Tout Puissant qui m’a créé et a guidé mes pas depuis mon enfance jusqu’à ce
moment où je réalise une première œuvre de vie. Qu’Il soit loué et remercié à jamais !

• A ma mère Yaoïtcha Houssou et à mon père Mathias S. Nouhoheflin pour les
nombreux sacrifices consentis pour mon éducation et pour m’avoir suivi de très prês
sur le chemin de l’école. Que cette thèse soit pour vous la récompense de vos peines et
soucis, et en même temps le début du vieil espoir que vous nourrissiez en votre fils de
le voir un jour grand !

• A mes frères et sœurs Edmond, Blandine, Antoine, David, Valère, Hélène, Monique,
Claude, Henri, Martine et Victorin mais surtout à toi Sidonie qui est actuellement en
Terminale pour qu’elle te serve d’exemple et t’encourage à redoubler d’efforts dans les
études pour aboutir à des œuvres plus merveilleuses que celle-ci.

• A toi collègue Félicité Azatassou que la mort a cruellement fauché à un doigt de cette
œuvre pour laquelle on était tous partant.

• Enfin à toi ma fiancée Regina Gouton pour les nombreux soutiens apportés et les
espoirs que tu nourris en ce travail. Que cette œuvre soit un nouveau pas dans la
consolidation de nos relations amoureuses !








REMERCIEMENTS

L’aboutissement heureux de cette thèse est le fruit du concours de plusieurs
personnes qu’il m’est ici un agréable devoir de leur adresser un vibrant hommage.
Professeur Brice Sinsin, mon directeur de thèse. Vous avez malgré vos multiples
occupations accepté de diriger ce travail. Vous avez toujours été pour moi un homme
étrange que je n’ai jamais cessé d’admirer. Votre amour pour la recherche scientifique me
donne envie de vous emboîter le pas.
Docteur Guy Apollinaire Mensah, mon superviseur de thèse. Vous avez toujours
été disponible, ouvert et toujours prêt à tout dire mais aussi et surtout à prêter main forte
dans les difficultés ; ce qui me donne l’impression que je vous ai connu il y a une éternité.
Merci pour les diagnostics pertinents des problèmes qui se sont posés. Vos critiques
constructives et vos orientations ont contribué à améliorer la qualité de cette œuvre.
Docteur Serge Attignon, mon co-superviseur de thèse. Merci pour m’avoir proposé
le volet diversité de cette thèse et pour avoir financé entièrement le travail à travers l’IFS.
Votre disponibilité perpétuelle, la bonne ambiance de travail que vous avez su instaurer,
les conseils et critiques que vous m’avez prodigués ont énormément rehaussé la qualité
scientifique de cette thèse. Trouvez ici, l’expression de mes profondes gratitudes. Mon
souhait est que cette amitié scientifique perdure.
Tous les Professeurs de la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) et en
particulier ceux du Département d’Aménagement et de Gestion de l’Environnement
(D/AGE) pour la qualité de l’enseignement dispensé et pour le goût chaque fois
grandissant que vous nous donnez pour la recherche. Vous êtes les maîtres artisans de cette
œuvre qui est ici aujourd’hui réalisée.
Tous les chercheurs aînés du Laboratoire d’Ecologie Appliquée (LEA) en
particulier Georges Noubimè, Julien et Sylvie Djègo, Sylvain Gbohaïda pour la franche
collaboration. J’exprime avec beaucoup d’émotions mes remerciements au doctorant
Altinel Voglozin surtout pour l’ambiance qui a prévalu sur le terrain lors de la collecte des
données.
Doctorant Joseph Guèdègbé pour ses conseils et pour avoir mis à ma disposition de
la documentation sur les termites.


Monsieur Rachidi Saliou pour votre souci de me voir réussir cette thèse. Vos
multiples conseils depuis le protocole jusqu’à maintenant ont contribué à sa qualité.
Les chefs des secteurs de Koto et de Massi ainsi que leurs collaborateurs pour leur
franche collaboration et leur gentillesse.
Mes guides et ouvriers de terrain : Kola, Oloutchègoun et Lamidi sans lesquels la
présente thèse n’aurait connu un aboutissement heureux.
Tous mes amis de la 30e promotion pour l’ambiance de travail notamment Gérard
Gouwakinnou, Jean-Marie Vitchoèkè, Fidèle Sessou, Aristide Gnikpo, Chancel Hounsou,
Gabriel Lawin, Alice Bonou et Benjamin Kouazoundé pour tous les moments de joie, de
dur travail et de fous rires passés ensemble.
Les familles Nouhohéflin et alliées, Houssou et Gouton pour leurs prières et leur
amour.
Enfin, tous ceux qui de près ou de loin, d’une manière ou d’une autre ont contribués
au bon déroulement de mes études, de mes recherches et à l’élaboration du présent travail
et qui n’ont pas été ici cités.


TABLE DES MATIERES
CERTIFICATION ................................................................................................................iii
DEDICACES........................................................................................................................ iv
REMERCIEMENTS ............................................................................................................. v
TABLE DES MATIERES................................................................................................... vii
TABLE DES FIGURES ........................................................................................................ x
TABLE DES PHOTOS ........................................................................................................ xi
RESUME ............................................................................................................................. xii
ABSTRACT ....................................................................................................................... xiv
1. INTRODUCTION ............................................................................................................. 2
2. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE ..................................................................... 7
2.1. Situation géographique et administrative ................................................................... 7
2.2. Climat ......................................................................................................................... 8
2.2.1. Pluviométrie ........................................................................................................ 9
2.2.2. Humidité relative ............................................................................................... 11
2.2.3. Température....................................................................................................... 12
2.2.4. Vent ................................................................................................................... 13
2.2.5. Insolation ........................................................................................................... 14
2.3. Géologie et pédologie............................................................................................... 15
2.3.1. Géologie ............................................................................................................ 15
2.3.2. Pédologie ........................................................................................................... 15
2.4. Géomorphologie et hydrographie............................................................................. 15
2.5. Végétation................................................................................................................. 16
2.5.1. Végétation naturelle........................................................................................... 16
2.5.2. Plantations forestières........................................................................................ 17
2.5.3. Composition physionomique des végétaux ....................................................... 18
2.6. Faune ........................................................................................................................ 18
2.7. Infrastructures de la Lama ........................................................................................ 19
2.8. Aperçu des conditions socio-économiques dans les villages riverains .................... 20
2.8.1. Démographie des villages riverains................................................................... 20
2.8.2. Groupes socio-culturels et colonisation de la forêt classée de la Lama ............ 21
2.8.3. Activités socio-économiques............................................................................. 23
2.8.4. Mesures socio-économiques.............................................................................. 24
3. MATERIEL ET METHODES ........................................................................................ 26
3.1. Etude de la diversité des termites ............................................................................. 26
3.1.1. Matériel d’étude................................................................................................. 26
3.1.1.1. Sites d’étude ............................................................................................... 26
3.1.1.2. Matériel de terrain ...................................................................................... 31
3.1.2. Méthodes d’étude .............................................................................................. 31
3.1.2.1. Echantillonnage des termites ...................................................................... 31
3.1.2.2. Traitement des échantillons de termites ..................................................... 33
3.1.2.3. Variables environnementales.......................................................................... 33
3.1.2.4. Analyse des données................................................................................... 35
3.2. Etude ethnotermitologique au sein des groupes socioculturels riverains à la forêt
classée de la Lama ........................................................................................................... 36
3.2.1. Méthode d’étude ................................................................................................ 36
3.2.2. Analyse et traitement des données..................................................................... 39
4. RESULTATS .................................................................................................................. 41
4.1. Etude de la diversité des termites ............................................................................. 41


4.1.1. Micro habitats des termites................................................................................ 41
4.1.2. Richesse spécifique et groupes trophiques des termites dans les écosystèmes
étudiés de la Lama ....................................................................................................... 43
4.1.3. L’indice d’humification (« humification score »............................................... 47
4.1.4. Les données environnementales ........................................................................ 47
4.2. Ethnotermitologie dans la Lama............................................................................... 48
4.2.1. Typologie des termites ...................................................................................... 48
4.2.1.1. Chez les Fon ............................................................................................... 48
4.2.1.2. Chez les AÏzo ............................................................................................. 49
4.2.1.3. Chez les Holli ............................................................................................. 50
4.2.2. Typologie des termitières .................................................................................. 51
4.2.2.1. Chez les Fon ............................................................................................... 51
4.2.2.2. Chez les Aïzo.............................................................................................. 53
4.2.2.3. Chez les Holli ............................................................................................. 53
4.2.3. Divers usages des termites dans les environs de la Lama ................................. 54
4.2.3.1 Usages alimentaires des termites ................................................................. 55
4.2.3.2. Usages magico-thérapeutiques des termites ............................................... 56
4.2.3.3. Usages médicinaux des termites................................................................. 57
4.2.4. Divers usages des termitières dans la dépression de la Lama ........................... 57
4.2.4.1. Usages alimentaires des termitières............................................................ 57
4.2.4.2. Usages agricoles et écologiques des termitières......................................... 58
4.2.4.3. Usages médicinaux des termitières............................................................. 59
4.2.4.4. Usages magico-thérapeutiques des termitières........................................... 60
4.2.4.5. Usages cultuels ........................................................................................... 61
4.2.4.6. Autres usages .............................................................................................. 61
4.2.5. Variabilités des connaissances ethnotermitologiques au sein des différents
groupes socioculturels riverains de la forêt classée de la Lama .................................. 61
4.2.5.1. Les termites ................................................................................................ 61
4.2.5.2. Les termitières ............................................................................................ 62
4.2.6. Rôles culturels et cultuels des termites et termitières dans les environs de la
Lama ............................................................................................................................ 63
4.2.6.1. Différentes formes culturelles d’expressions des termites et termitières . 63
4.2.6.2. Rôles cultuels des termites et termitières ................................................... 71
4.2.7. Nuisibilité des termites et stratégies d’adaptation des populations .................. 73
5. DISCUSSIONS ............................................................................................................... 76
5.1. Diversité des termites dans la Lama : ....................................................................... 76
5.1.1. Richesse spécifique et diversité fonctionnelle................................................... 76
5.1.1.1. Facteurs communs à la dépression de la Lama .......................................... 77
5.1.1.2. Effet des facteurs spécifiques aux formations végétales sur les colonies de
termites .................................................................................................................... 78
5.2. Usages des termites et termitières dans la Lama ...................................................... 80
5.2.1. Rôles alimentaires ............................................................................................. 80
5.2.2. Rôles agricoles et écologiques........................................................................... 82
5.2.3. Rôles médicinaux .............................................................................................. 85
5.2.4. Rôles cultuels et magico-thérapeutiques ........................................................... 86
6. CONCLUSION ET SUGGESTIONS ............................................................................. 90
6.1. Diversité des termites ............................................................................................... 90
6.2. Ethnotermitologie dans la Lama............................................................................... 91
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ............................................................................ 93
ANNEXE........................................................................................................................... 104


LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Description des transects d’étude……………………………………………..29
Tableau II : Répartition des différentes espèces de termites échantillonnées dans la Lama
……………………………………………………………………………………………44
Tableau III : Données environnementales………………………………………………...47
Tableau IV : Typologie des termites par les Fon………………………………………....49
Tableau V : Typologie des termites par les Aïzo…………………………………………50
Tableau VI: Typologie des termites par les Holli………………………………………...51
Tableau VII: Divers usages alimentaires des termites……………………………………56
Tableau VIII : Les usages magico-thérapeutiques des termites…………………………..57
Tableau IX : Les divers usages médicinaux des termites dans la Lama………………….57
Tableau X : Usages alimentaires faits des termitières…………………………………….58
Tableau XI : Divers usages agroécologiques des termitières……………………………..60
Tableau XII : Rôles médicinaux des termitières………………………………………….60
Tableau XIII : Rôles magico-thérapeutiques des termitières……………………………..61
Tableau XIV : Comparaison des divers usages faits des termites………………………...62
Tableau XV : Comparaison des divers usages faits des termitières ……………………...63
Tableau XVI : Les proverbes ayant comme fond de toile les termitières………………...68
Tableau XVII : Les proverbes ayant comme fond de toile les termites…………………..70
Tableau XVIII: Les chants ayant comme fond de toile les termites et termitières……….70
Tableau XIX : Les insultes et interdits……………………………………………………71
Tableau XX : Les contes………………………………………………………………….72
Tableau XXI : Les différentes offrandes faites aux fétiches …………………………….74




LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Présentation de la forêt classée de la Lama……………………………………...8
Figure 2 : Evolution des pluviométries moyennes mensuelles de Koto (de 1987 à Août
2006), de Massi (de 1987 à Août 2006) et de Koto (de 1994 à Août 2006). ........................ 9
Figure 3 : Diagramme climatique de la Lama ..................................................................... 11
Figure 4 : Humidité relative à la station de Bohicon........................................................... 12
Figure 2 : Evolution de la température à Bohicon…………………………………………13
Figure 6 : Evolution de la vitesse du vent à Bohicon .......................................................... 14
Figure 7 : Evolution de la durée moyenne mensuelle de l’insolation à la station
météorologique de Bohicon de 1941 à 2000. ...................................................................... 14
Figure 3 : Répartition des villages riverains et ou mitoyens autour de la Lama………......22
Figure 9 : Représentation schématique d’un transect.......................................................... 31
Figure 4 : Répartition des transects dans le milieu d’étude……………………………....34
Figure 5 : Répartition des villages enquêtés autour de la forêt classée…………………..38
Figure 12 : Rencontre de termite par catégorie trophique ................................................... 41
Figure 13 : Distribution des microhabitats selon les formations végétales ......................... 43
Figure 14 : Répartition de la richesse spécifique selon les formations végétales................ 45
Figure 15 : Les courbes d’accumulation des espèces .......................................................... 46
Figure 16 : Représentation des rencontres moyennes de termite par écosystème............... 46
Figure 17 : Typologie des termites chez les Fon ................................................................. 48
Figure 18 : Typologie des termites selon les Holli.............................................................. 50
Figure 19 : Typologie des termitières par les Fon ............................................................... 51
Figure 20 : Typologie des termitières par les Aïzo ............................................................. 53
Figure 21 : Typologie des termitières par les Holli ............................................................. 54



LISTE DES PHOTOS

Photo 1 : Ancien Ménage…………………………………………………………………27
Photo 2 : Jachère à Chromolaena odorata………………………………………………………27
Photo 3 : Un champ de maïs en échantillonnage…………………………………………28
Photo 4 : Quelques matériels de terrains……………………..……………………………32
Photo 5 : Termitière Agbanninkota dans un champ……………………………………….53
Photos 6 : Termitières du type Odo………………………………………………………..55
Photo 7 : Termitière Bodi……………………………………...…………………………..55
Photo 8 : Termitière: Kibissi des Holli…………………………..……………..……….....55
Photo 9 : Les champignons Termitomyces appelés Olouèrin par les Holli……………….56
Photo 10 : Culture de tomate sur une termitière de type Bodi chez les Holli……………..59
Photo 11 : Dankota…………………………………..…………………………….………73
Photo 12 : Kota abritant le fétiche Sakpata………………………………………………..73
Photo 13 : Toiture d’une maison endommagée……………………………………………75
Photo 14 : Bois de construction attaqué…………………………………………………...75
Photo 15 : Un poulailler détruit dans les centres recasés de la Lama………………….….75
Photo 16 : Une des stratégies de lutte contre les termites, adoptée dans la Lama………...76




RESUME

Etudier la diversité des termites et termitières dans les habitats dégradés de la
dernière relique de forêt dense la plus importante du sud Bénin ainsi que leurs rôles
culturels et cultuels au sein des différents groupes socioculturels riverains était la mission
essentielle de cette étude qui est une continuité de celle sur la diversité des termites
amorcée par Attignon et al. (2005).
Cette mission pour être atteinte, a nécessité la formulation d’objectifs qui se sont
par la suite transformés en hypothèses de travail.
Pour vérifier ces hypothèses, différentes méthodes ont été utilisées. La diversité des
termites dans les différents habitats de la forêt classée a été étudiée en utilisant la méthode
standardisée d’échantillonnage rapide des termites développée par Jones et Eggleton
(2000), utilisée par Attignon et al. (2005) et confirmée par Jones et al. (2006).
Des entretiens d’abord collectifs et puis individuels avec un échantillon
représentatif de personnes ont permis de mettre en exergue les différents rôles culturels et
cultuels joués par les termites et termitières chez les Fon, Aïzo et Holli groupes
socioculturels riverains de cette réserve.
Au terme de ces investigations, différents résultats ont été obtenus :
• La diversité spécifique des termites dans les différents habitats étudiés est en général
faible (4,5 dans les champs de maïs et 4,75 respectivement dans les Jachères à
Chromolaena odorata et les anciens ménages d’habitation dans le noyau central), due
aux conditions pédologiques peu favorables aux termites, remarquables spécialement
par l’absence complète des Apicotermitinae, les vrais termites du sol.
L’analyse de variance ne montre pas de différence significative entre les richesses
spécifiques de ces différents habitats. La structure trophique de ces termites est dominée
par les consommateurs de litière (les termitidae).
• La conversion de la forêt naturelle en champ de culture a eu pour effet le déclin de la
diversité et un bouleversement dans la structure trophique des termites qui sont passés
des consommateurs de bois (Kalotermitidae) en consommateurs de litière
(Termitidae).
• Plusieurs usages agro-écologiques, alimentaires, médicinaux et magico-thérapeutiques
ont été recensés chez les différents groupes socioculturels riverains de la forêt classée


faisant des termites et termitières une nécessité culturelle indissociable de la vie de ces
peuples. De plus, plusieurs contes, proverbes, chansons, et insultes relatifs à la vie des
termites et termitières ont été relevés.
Quant aux rôles cultuels, plusieurs divinités telles Dan et Sakpata chez les Fon et les
Aïzo ; Otchoumaré et Onin chez les Holli sont adorés et sont sujet de sacrifices et
d’offrandes chaque année par l’intermédiaire des prêtres oints, seuls capables de
communiquer avec ces dieux.
Eu égard à ces importants rôles culturels et cultuels joués par les termites et les
termitières dans la dépression de la Lama, et ayant constaté le déclin de la diversité
spécifique des termites dans les champs de culture avec une spécialisation en des
consommateurs de la litière, litière dont la rareté pouvant être une cause possible de
recrudescence des attaques de termites dans les champs de maïs (culture qu’ils
affectionnent particulièrement bien) les années à venir, nous suggérons :
• Aux peuples Holli réinstallés dans les centres recasés, d’observer des périodes de
jachères dans leurs champs de maïs pour rendre disponible la litière organique ou à
défaut de laisser quelques arbres dans leurs champs.
• Des études futures dans les plantations de bois de feu et dans les vieilles teckeraies
actuellement épargnées de cette étude pour achever l’étude sur la diversité des termites
dans tous les habitats la forêt classée de la Lama avec la possibilité d’explorer le sol
plus en profondeur.
Mots clés : Termites, Termitières, Conservation, Biodiversité, Rôles culturels, Rôles
cultuels, Lama, Bénin.













ABSTRACT

Study the diversity of termites and termites mounds in degraded habitats of the last
most important dense forest relic in southern Benin as well as their cultural and worship
roles within the different riparian sociocultural groups was the mission essential of this
survey that is a continuity of the study of termites diversity started by Attignon and al.
(2005).
This mission to be reached required the formulation of objectives that turned
thereafter into work hypothesis.
To verify these hypotheses, different methods have been used. The diversity of
termites in the different habitats of the Lama Reserve forest was studied using the
standardized assessment protocol developed by Jones and Eggleton (2000), used by
Attignon and al. (2005) and confirmed by Jones and al. (2006). Interviews, first collective
and then individual with people representative sample allow to point out different cultural
and worship roles played by termites and termite’s mounds at the Fon, Aïzo and Holli
riparian sociocultural groups of this reserve.
At the end of these investigations, different results have were obtained:
• The overall species richness of termites in the different habitats studied is weak (4,5 in
cornfields and 4,75 respectively in Chromolaena odorata’s fallows and in old
households of dwelling in the Noyau central), due to the soil conditions not very
favourable to termites, remarkable especially by the complete absence of the
Apicotermitinae, the true soils feeders.
The analysis of variance doesn't show a significant difference between the species
richness of these different habitats. Trophic structure of these termites is dominated by
litter consumers (termitidae).
• The conversion of the natural forest into agricultural land had causes the decline of the
diversity and a distress in trophic structure of termites that passed of wood feeders
(Kalotermitidae) in consumers of litter (Termitidae).
• Several agro-ecological, food, medicinal and magico-therapeutic uses have been
documented at the different riparian sociocultural groups of the forest sequenced
making of termites and termites mounds an inseparable cultural necessity of the life of
these peoples. Besides, several tales, proverbs, songs, and abuses relative to the life of
termites and termite mounds have been raised.


As for the worship roles, several divinities such Dan and Sakpata at the Fon and the
Aïzo; Otchoumaré and Onin at the Holli are adored and are the object of sacrifices and
offerings every year through the intermediary of the anointed priests, alone able to
communicate with these gods.
Considering these important cultural and worship roles played by termites and termites
mounds in the depression of the Lama, and having noted the decline of the species richness
of termites in agricultural land with a specialization in litter consumers.. For the futur, we
suggest:
• To the Holli peoples reinstalled in agro-forestry centres, to observe periods of fallows
in their cornfields or to let some trees in their fields to make available organic litter.
• To conduct future studies in fire wood plantations and in olds teak plantations in order
to complete the termites survey in all main habitats in the Lama forest reserve with the
possibility to explore soil more in depth.

Keywords: Termites, Termite mounds, Conservation, Biodiversity, Cultural roles, worship
roles, Lama, Bénin.

































1. INTRODUCTION



Le Bénin est selon FAO (2001) un pays à ressources forestières limitées. Il se situe
dans la zone intertropicale où vivent selon Lee et Wood (1971) la plupart des termites. Ces
insectes sont des êtres sociaux qui vivent dans des nids faits de matériaux terreux appelés
termitières. La dimension et la forme de ces termitières dépendent des espèces de termites
et des conditions de milieu. Elles vont d’une structure en dôme (champignonnière) ou
conique de quelques centimètres à de grandes termitières de 10 m de hauteur et de 30 m de
diamètre (Meyer, 1960).

Les termites sont reconnus comme d’importants agents de divers processus
d’écosystèmes. Les macro-invertébrés en général et les termites en particulier ont un
important rôle dans le maintien de la fertilité et de la stabilité structurale des sols dans de
nombreux habitats naturels ou perturbés. Etant au centre écologique de plusieurs
écosystèmes tropicaux, les termites sont considérés comme des indicateurs importants.
Dans plusieurs sols de forêts tropicales, ils sont les plus abondants et les plus importants
décomposeurs (Wood et Sand, 1978 ; Matsumoto et Abe, 1979). Pourtant les termites
vivant dans la canopée des arbres et sur les épiphytes peuvent aussi atteindre une grande
biomasse (Ellwood et Foster, 2004). Les termites sont nécessaires dans le processus de
décomposition de la matière organique et jouent un rôle centrale dans le renouvellement
des substances nutritives et dans les flux de carbone (Lawton et al., 1996; Bignell et al.,
1997). Leur présence augmente remarquablement la perméabilité du sol, améliore sa
structure, son aération, permet le renouvellement des substances nutritives et sa fertilité. Le
termite fragmente et décompose la litière, et de cette manière facilite l’action des
microorganismes qui transforment la litière organique en des substances minérales
assimilables aux plantes. Ainsi, ils sont appelés ‘’ingénieurs du sol’’ à cause de leurs
effets sur la disponibilité des ressources pour les autres organismes y compris même les
microorganismes et les plantes (Jouquet et al., 2004). A cet effet Maldague (1970), a
estimé qu’ils consomment jusqu’à 7 tonnes de matière organique par an et par hectare, ce
qui correspond à 50 % environ de la matière végétale tombée sur le sol dans la cuvette
zaïroise.
L’influence des termites sur les processus de décomposition est gouvernée
largement par la diversité structurale et la composition des espèces des colonies de termite
locales (Lawton et al., 1996).
C’est ainsi que ces colonies de termites ont été largement utilisées comme modèle
pour étudier les effets de perturbation des forêts sur divers processus dans les écosystèmes


et sur la biodiversité (de Souza et al., 1994 ; Eggleton et al., 1996 ; Davies et al., 1999 ;
Davies, 2002). Plusieurs de ces études ont montré que les termites inféodés au sol sont
particulièrement vulnérables aux perturbations, tandis que ceux qui se nourrissent de bois
et de la litière feuillue en particulier, les champignonnistes peuvent montrer des réponses
contraires. A un niveau modéré de perturbation, la richesse spécifique totale peut être
stable. Dans cette situation, un changement dans la structure trophique des colonies de
termites semble être un indicateur de perturbation plus performant qu’un changement dans
la richesse spécifique (Davies, 2002). Attignon et al. (2004) ont montré le rôle important
des termites dans les processus de décomposition de la litière feuillue dans le sud du
Bénin. Dans d’autres études, ces mêmes auteurs montraient le déclin de la richesse
spécifique dans les plantations de teck comparé à la forêt dense semi décidue de la forêt
classée de la Lama durant l’inventaire préliminaire de termites (Attignon et al., 2005).
Par ailleurs, les termites et termitières occupent une place importante dans le
contexte culturel et cultuel de diverses sociétés d’Afrique tropicale. Le savoir sur les
termites est encore transcendant pour plusieurs groupes ethnolinguistiques. Iroko (1996) en
faisant un brillant témoignage des rapports entre les peuples subsahariens et toutes les
variétés de termites, dresse un tableau pittoresque et varié de cet aspect de l’ethnozoologie.
L’auteur aborde les apports des termites pour l’alimentation de l’homme, les dégâts qu’ils
occasionnent, la providence que constituent les termitières pour l’agriculture et pour
l’élevage, leur importance dans l’artisanat, les mythes d’origine, les médecines africaines
et les expressions culturelles. L’importance et la diversité des chansons, contes et
proverbes qui sont consacrés aux termites en Afrique tropicale sont affirmées et illustrées.
Plusieurs raisons peuvent être invoquées pour justifier cet intérêt des peuples aux
termites selon Malaise et al. (2005). Une première réalité consiste dans la large distribution
des Isoptères en Afrique. Leurs édifices épigés constituent fréquemment des marqueurs du
paysage. Les termites et termitières fournissent en outre des aliments appréciés. Selon les
groupes linguistiques concernés, une dizaine de produits sont consommés : adulte ailé,
reine, soldat, nymphe, ouvrier, larve, œufs, meule, terre de la termitière, enfin huile pour la
cuisson obtenue par pression des insectes. Les termites servent encore comme aliment pour
la volaille (Farina et al., 1991), comme appât pour la pêche. D’autre part la terre des
termitières fournit un matériau aux usages multiples (production de brique,
cimentage/crépissage des murs des habitations), tandis que de petites calies servent comme
support des casseroles pour la cuisson des aliments. Les usages médicinaux ne sont pas en
reste. Ainsi la terre de termitière est utilisée comme une protection en vue de l’ossification


de la fontanelle, et chez l’enfant comme plâtre pour la consolidation d’une fracture ; les
têtes des soldats servent pour la suture de plaies en vue de la cicatrisation. Les
champignons comestibles associés aux hautes termitières sont variés, bien connus de
nombreuses personnes appartenant à divers groupes linguistiques. Enfin ces insectes
sociaux, dont l’essaimage est spectaculaire et donne lieu à des récoltes pittoresques font
partie du cadre de vie ; leur dénomination étant parfois reprise dans les calendriers locaux.
Saliou (2005) a pu montrer que les termites et les termitières ont une importance
écologique, nutritionnelle, médicinale et culturelle pour les peuples riverains de la Réserve
de Biosphère de la Pendjari au Nord-Ouest du Bénin. De toutes les études faites sur les
termites au Bénin, aucune ne s’est véritablement penchée sur le rôle culturel et cultuel dans
le Sud.
Ces rôles écologique, culturel et cultuel sont parfois moins perçus ou voilés et ceci
est dû à l’impact négatif de quelques termites nuisibles dans l’agriculture et les
écosystèmes forestiers qui attaquent les cultures, arbres et bois des maisons d’habitations.
Dans les Départements et Territoires français d’Outre-Mer (Dom-Tom), ils sont devenus
un fléau qu’il est urgent d’éradiquer (Fouquet, 2000). Pour ce même auteur, les dégâts
causés par les termites sur ces territoires incitent à trouver des solutions adaptées aux
différentes espèces tropicales. De telles mesures de conservations durables ne sont
possibles que si l’on connaît la diversité des termites et termitières dans les écosystèmes
forestiers et en agriculture, de même que les déterminants culturel et cultuel régissant leurs
existences eu égard à ce qu’ils changent d’un écosystème à un autre.
Alors qu’il y a relativement très peu d’études sur la diversité des termites dans les
tropiques et particulièrement au Bénin (Iroko, 1996 ; Attignon, 2004 ; Attignon et al.,
2004 ; Attignon et al., 2005 ; Saliou, 2005), il reste encore beaucoup à faire dans l’optique
d’étudier la diversité des termites dans les écosystèmes terrestres au Bénin pour une
meilleure conservation de l’espèce et ses chef-d’œuvres. Quelles sont les colonies de
termites, leur composition, leur structure trophique en forêts et dans les champs cultivés au
Bénin? Ce sont là autant de questions restées jusque là sans réponse.
C’est pour pallier à cette lacune et pour amorcer les recherches sur
l’ethnotermitologie que la présente recherche intitulée : ‘’ Diversité, rôles culturel et
cultuel des termites et termitières dans la forêt classée de la Lama et les localités
environnantes’’ vient à point nommé. L’étude est une suite de celle de la diversité des
termites commencée dans la forêt classée de la Lama au Bénin par Attignon et al. (2005).


Elle vise principalement la connaissance des termites et termitières de la forêt classée
de la Lama aussi bien sur les plans écologique que culturel et cultuel.
Spécifiquement, il s’agit de :
• Déterminer la richesse spécifique et la diversité fonctionnelle des termites dans
différents habitats de la forêt classée de la Lama (partie perturbée de la forêt naturelle
et champs cultivés) ;
• Evaluer l’effet de conversion de la forêt naturelle en champ cultivé sur la diversité
structurelle et fonctionnelle des termites dans la forêt classée de la Lama ;
• Faire la typologie des termites et termitières selon les groupes socioculturels riverains
de la forêt classée de la Lama ;
• Connaître les rapports entre les termites, les termitières et la tradition des groupes
socio-culturelsautour de la forêt classée de la Lama;
• Déterminer la variabilité des connaissances ethnotermitologiques au sein des
peuples autour de la Forêt classée de la Lama.
Pour atteindre ces objectifs, différentes hypothèses ont été émises, à savoir :
H1 : La diversité spécifique et fonctionnelle des termites et leur structure sont fonction de
l’habitat (forêt et champs).
H2 : La diversité spécifique et fonctionnelle des termites est influencée par les facteurs
environnementaux.
H3 : Il existe des rapports entre les groupes socio-culturels riverains de la forêt classée de la
Lama et les termites et termitières.
La présente thèse qui fait le point de cette recherche comprend outre une partie
introductive, la présentation du milieu d’étude. Elle est suivie de la partie relative au
matériel et aux méthodes utilisées pour collecter les données, puis viennent l’analyse des
résultats et leurs discussions qui ont permis de faire des suggestions pour une conservation
durable des termites et termitières dans la forêt classée de la Lama et dans les localités
environnantes.






























2. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE
2.1. Situation géographique et administrative

La forêt classée de la Lama ou Kô (en Fon) est située à 80 km au nord de la côte
Atlantique entre 6°55’ et 7°02’ de latitudes nord et 2°04’ et 2°15’ de longitudes dans une
dépression portant le même nom séparant le plateau d’Abomey au nord et celui d’Allada
au sud. Elle est limitée à l’est par la route principale Cotonou-Bohicon et à l’ouest par la
ligne ferroviaire Cotonou-Parakou (figure1).
Elle s’étend sur une superficie totale de 16.250 ha partagée par deux départements à
savoir : Atlantique (commune de Toffo, 9.750 ha) et le Zou (commune de Zogbodomè,
6.500 ha).
Juridiquement, la forêt classée de la Lama a été constituée par l’arrêté de
classement n° 5577/SE/F du 24 décembre 1946, complété par la note n° 182/EFC du 23
janvier 1947 qui définit ses limites.
De 1947 à 1987, la superficie du massif forestier a été réduite de 16.250 ha à 2.500
ha, du fait de la colonisation agricole d’une part par les peuples Aïzo autochtones et d’autre
part par les migrants Holli ayant suivi leur hollidjè natal depuis Pobè. Pour préserver le
reliquat de forêt naturelle et revaloriser l’espace forestier dégradé, plusieurs actions ont été
mises en œuvre à travers des plans d’aménagements. C’est ainsi que la zone centrée sur les
vestiges de la forêt naturelle est dénommée Noyau Central et entièrement protégée. Elle
couvre une superficie de 4.777 ha dont 292 ha de plantations de Tectona grandis et de
Gmelina arborea et 1900 ha de forêt dense ; le reste étant composé de jachères. Ce Noyau
Central est entouré par un cordon de plantations d’essences exotiques le séparant des
champs de culture. Ces plantations ont été réalisées par l’ONAB sur la base du contrat n°
002/DEF/PDF du 02/08/85, qui lui confie les tâches de reboisements dans la Lama prévus
pour la phase III (3.800 ha) et la phase IV (3.200 ha) du Projet Développement Forestier
supporté financièrement par la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) et la Banque
Mondiale.









2.2. Climat

Les données climatiques, ensemble avec les données édaphiques et
géomorphologiques sont les facteurs du milieu qui déterminent la mise en place des
termitières, la composition floristique de l’écosystème, la productivité des pâturages, la
structure que revêt l’habitat de la faune sauvage et la disponibilité spatiale et temporelle en
ressources hydriques d’une aire protégée donnée.


























N












Voie ferrée.shp
Routes.shp

Route nationale.shp
Piste nc.shp
Limite de la forêt classée.shp
2
0
2
4 Kilometers

Coor.shp

Figure 6 : Présentation de la forêt classée de la Lama


La forêt classée de la Lama se situe dans le «Dahomey Gap ». Ce terme se réfère à
tout le couloir Dahoméen c’est-à-dire le Togo, le Bénin et une partie du Nigeria qui a été
asséché il y a environ 5.000 ans. Cette zone est caractérisée par des pluviosités nettement
plus faibles de distribution bimodale et sépare les forêts humides de l’Afrique de l’ouest en
s’étendant jusqu’à la mer. Ceci s’explique en partie par le courant littoral froid qui crée une
zone de pluviosités faibles (Anhuf, 1994 cité par Specht, 2002).
A l’intérieur de cette zone, les particularités climatiques sont favorables à
l’évolution de la savane jusqu’à la côte. Le climat est de type subéquatorial avec deux
saisons sèches alternant avec deux saisons pluvieuses.

2.2.1. Pluviométrie

La pluie est un facteur écologique très important. En effet, l’eau est l’un des
constituants essentiels des êtres vivants; elle assure le transport des éléments nutritifs et
intervient dans la pédogenèse par ses propriétés physico-chimiques, ses migrations
verticales ou obliques dans le profil (Trochain et al., 1980).
La figure 2 présentant l’évolution des pluies dans les secteurs de Massi, Koto et
Toffo, montre d’importantes variations mensuelles de la pluviométrie. La pluviométrie
moyenne annuelle est d’environ 1000 mm.
200
Plu
180
ies
en

160
m
m

140
120
100
80
60
40
20
0
Janvier
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Septembre
Octobre
Novembre
Mois
Koto
Massi
Toffo

Figure 7 : Evolution des pluviométries moyennes mensuelles de Koto (de 1987 à Août 2006), de Massi
(de 1987 à Août 2006) et de Koto (de 1994 à Août 2006).



Comme le montre la figure 2, la pluviométrie dans ces trois secteurs suit une
distribution bimodale et on distingue bien la délimitation des différentes saisons :
• une grande saison de pluie de mars à juin
• une petite saison sèche de juillet à août
• une petite saison de pluie de septembre à octobre
• une grande saison sèche de novembre à février.
La saison sèche de novembre à février est bien démarquée et peut être accentuée sous
l’effet de l’harmattan. Des brunes matinales par contre sont aussi fréquentes dans la
dépression de la Lama en général et diminuent le déficit d’eau par évaporation.
L’évaporation annuelle n’excède jamais 1.000 mm.
Aubreville (1937) cité par Ganglo (1999), considère comme mois sec, celui où il
tombe moins de 50 mm d’eau. En adoptant cette définition, on constate que la petite saison
sèche de juillet à août n’en est pas une au sens écologique du terme. Mais cette saison
traduit une diminution assez sensible des précipitations. Ainsi l’irrégularité des périodes et
le caractère souvent peu marqué de la petite saison sèche indiquent des transitions vers le
climat tropical humide caractérisé par l’existence d’une seule saison des pluies.
La connaissance et la répartition des pluies dans l’année sont d’autant plus
importantes qu’elles permettent de connaître la période humide favorable à la végétation
mais surtout la période sèche au cours de laquelle les plantes sont soumises à des
conditions de vie extrêmement difficiles qui menacent leur existence (Akoegninou, 1984).
Il en est de même pour les animaux. Cependant, Adjanohoun (1964) mentionne que les
facteurs climatiques quels qu’il soient pris isolement, ne suffisent pas souvent pour
caractériser le milieu. Il importe donc de considérer deux ou trois facteurs climatiques :
pluie et température (Natter et Lieth in Biaou, 1999) ou pluie et l’évapotranspiration
potentielle (ETP) (Franquin, 1969, 1973). L’ETP permet de définir en un lieu donné un
bilan hydrique théorique où les caractéristiques du sol n’interviennent pas.
La combinaison de la pluie et de l’ETP apparaît comme la plus intéressante dans la
mesure où elle se présente sous forme de diagramme agro-climatique ou bilan des apports
et des pertes d’eau (Franquin, 1969, 1973). Selon donc cet auteur, une période sèche est
une période où la pluviométrie est inférieure ou égale à la moitié de l’ETP.
Les bilans hydriques théoriques des secteurs de Koto, Massi et Toffo sont représentés
par la figure 3. Le diagramme a été tracé à partir des données pluviométriques recueillies
dans les secteurs et celles de l’ETP de la région, collectées à la station météorologique de
Bohicon (1941 à 2005).



200
180
160
Pl
140
ui
es
120
en
m

100
m
80
60
40
20
0
Janvier
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Septembre Octobre
Novembre
Mois
Koto
Massi
Toffo
ETP Bohicon
ETP/2 Bohicon
Figure 8 : Diagramme climatique de la Lama

Ce diagramme climatique montre que la période sèche va de novembre à février;
ce qui correspond bien à la grande saison sèche. La saison humide couvre 8 mois et va de
mars à octobre.

2.2.2. Humidité relative

L’humidité relative selon Trochain et al. (1980) est un facteur du pouvoir évaporant
de l’atmosphère en relation avec la transpiration des plantes. Elle est liée à la siccité de
l’air. La variation de l’humidité relative au cours de l’année pendant la période de 1941 à
2005 est représentée à la figure 4.


120
100
Hu 80
mi
dit
é
rel
60
ati
ve
(%
40
)
20
0
Dec
Jan
Fev
Mars
Avril
Mai
Juin
Juil
Août
Sept
Oct
Nov
Mois
Hr max
Hr min
Hr moy

Figure 9 : Humidité relative à la station de Bohicon

L’humidité relative varie de 41,4 % à 97,56 % et reste assez élevée en saison sèche.
Elle joue un rôle atténuateur remarquable du déficit hydrique, donc a une importance dans
la production des écosystèmes. La localisation de la forêt dans la dépression de la Lama
qui maintient constamment un brouillard nocturne (Kassa, 2001) expliquerait ses valeurs
élevées.

2.2.3. Température

Les données recueillies sur la température à la station météorologique de Bohicon
sur la période de 1941 à 2005 sont représentées sur la figure 5.


40
35
30
25
20
(C
15
10
5
0
J
F
M
A
M
J
J
A
S
O
N
D
Moi
T
T
T

Figure 10 : Evolution de la température à Bohicon

La température moyenne annuelle est de 28 °C dans cette station. Les périodes les
plus chaudes se situent en fin de saison sèche entre Février et Mars avec une température
maximale de 35 °C. Le mois le plus frais est le mois d’Août avec une température
moyenne de 24 °C.

2.2.4. Vent

Le vent joue en général un rôle prépondérant dans la dissémination des diaspores
de certaines espèces et est de ce fait un facteur important dans la régénération des forêts
(Sokpon, 1995 cité par Assouma, 2005).
Les vents restent faibles toute l’année dans la foret de la Lama sauf lors des
tornades au début de la saison pluvieuse (Specht, 2002) ou lors de quelques turbulences
éoliennes de la période de l’harmattan (Kassa, 2001). Il intervient aussi dans la
transpiration des plantes. La figure 6 présente l’évolution de la vitesse moyenne mensuelle
du vent à la station de Bohicon de 1987 à 1999.






Vit
2,5
es
se
du
ve

2
nt
(m
/s)

1,5
1
0,5
0
J
F
M
A
M
J
J
A
S
O
N
D
Mois
Vitesse du vent (m/s

Figure 11 : Evolution de la vitesse du vent à Bohicon

La vitesse du vent varie de 1 à 3 m/s avec une direction dominante sud-ouest.

2.2.5. Insolation

La lumière est scientifiquement et économiquement d’une importance majeure
puisqu’elle est indispensable à la photosynthèse et se trouve au carrefour de la vie, étant la
seule source de la création de matière organique à partir des substances minérales.
Le régime des vents et l’insolation déterminent la teneur en eau de l’atmosphère et
influent sur la rapidité avec laquelle le milieu s’assèche.
Ins
ola

250
tio
n
(he
ur

200
es)
150
100
50
0
J
F
M
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A
S
O
N
D
Mois
insolation

Figure 12 : Evolution de la durée moyenne mensuelle de l’insolation à la station météorologique de
Bohicon de 1941 à 2000.



L’ensoleillement est élevé en saison sèche (7 h/j en moyenne) et faible en saison
pluvieuse (3,5 h/j en août et en septembre). La durée totale de l’insolation est de 2.196
h/an.
2.3. Géologie et pédologie
2.3.1. Géologie

Le bassin sédimentaire côtier du Togo-Dahomey a été dans le passé plusieurs fois
inondé par la mer qui a créé entre autres la dépression de la Lama, dépression qui
aujourd’hui se présente comme une plaine d’argile boueuse entre Cotonou et Abomey
(Slansky, 1962) rapporté par Specht (2002). La forêt de la Lama se trouve sur les couches
sédimentaires du bassin côtier du Bénin qui repose sur le socle précambrien de granit. On
distingue du nord au sud :
• Les formations du crétacé supérieur qui sont constituées d’argile, de sables et de grès,
• Les formations du tertiaire de nature argileuse (Paléocène et Eocène)
• Les formations du continental terminal des plateaux constituées de matériaux meubles
argilo-sableux,
• Les dépôts récents fluvio-lacustes au sud-Ouest (Volkoff et Willaime, 1976) ; cité par
Specht, 2002 ; Specht, 2002).

2.3.2. Pédologie

Les vertisols sont les sols prédominants dans la dépression de la Lama. Sur les
plateaux, on trouve les sols ferrugineux et ferrallitiques ; les vallées étant caractérisées par
les sols hydromorphes.
Dans le Noyau Central (NC) de la Forêt Classée de la Lama (FCL), on trouve surtout le
type des vertisols argileux, plus au moins calcaire au bord ( Specht, 2002).

2.4. Géomorphologie et hydrographie

Formant une bande médiane orientée sud-ouest nord-est, la dépression de la Lama
sépare une série de plateaux au nord et au sud qui se rejoignent au Togo. La forêt classée
de la Lama qui se trouve dans cette dépression avec une altitude moyenne de 60 m se situe
entre les plateaux d’Abomey au nord et d’Allada au sud. Tandis que le plateau d’Allada


descend vers la forêt avec une pente importante, son raccordement au plateau d’Abomey se
fait par une pente douce.
La forêt classée de la Lama n’est drainé que par quelque cours d’eau : le ruisseau
Mokpè au sud-ouest qui se déverse dans la fleuve Couffo tandis que dans le nord et à l’est
les ruisseaux Honto, Haho, Dâ et Loué rejoignent le fleuve Ouémé. Mais elle possède de
nombreuses mares et marigots saisonniers vers lesquels le drainage de l’eau s’effectue
lentement à travers un micro relief créé par les vertisols. Dans le Noyau Central, les
dépressions se transforment en marais pendant la saison humide.

2.5. Végétation

La forêt classée de la Lama est une mosaïque de forêt dense, semi-décidue, de forêt
dégradée, d’îlots forestiers, de jachère et de plantations d’essences exotiques.

2.5.1. Végétation naturelle

La végétation naturelle de la Lama est une forêt dense, basse, semi-décidue avec
quelques essences typiques de la forêt sèche. Du point de vue floristique, elle présente une
flore des régions guinéenne et soudanaise. Quinze de ces espèces sont considérées comme
en danger de disparition en Afrique de l’ouest (Emrich et al. 1999). Selon Specht (2002), la
présence de la Lama dans le Dahomey-Gap, la zone d’interruption de la forêt dense de
l’Afrique de l’ouest s’explique par la forte humidité de l’air et la capacité de rétention de
l’eau du sol. Mais l’engorgement périodique par les eaux de pluies et les effets de
sécheresse par la faible disponibilité d’eau combinés avec le remaniement des vertisols
créent des conditions plutôt précaires pour le développement d’une forêt. Ainsi,
Adjanohoun (1989) dira que la forêt classée de la Lama se compose d’une forêt semi-dense
sèche et de sa forme appauvrie. Le noyau central, lieu où subsiste encore la végétation
naturelle a environ 173 espèces répartie sur 67 familles (Emrich et al., 1999). Les familles
les plus représentées sont les Rubiacées (dominantes), les Césalpiniacées, les
Euphorbiacées, les Fabacées, les Moracées, les Poacées et les Mimosacées.
Les espèces forestières les plus caractéristiques suivant l’abondance et la fréquence
sont : Diallium guineense, Diospyros mespiliformis, Mimusops andongensis. La
proportion d’essences commerciales est assez faible et représentée principalement par
Afzelia africana, Milicia excelsa et Tiplochyton scleroxylon. Quelques essences à bois
tendre à grosses dimensions sont à noter : Ceiba pentandra, Antiaris toxicaria, Bombax sp.


Aussi faut-il noter la présence des essences arbustives telles Acacia caffra, Lonchocarpus
sericeus, Anogeissus leiocarpa,… qui constituent des espèces pionnières.
Ce Noyau Central possède comme nous le constatons, une grande importance en
tant que relique des rares habitats possibles pour les bryophytes dans le sud du Bénin.
Néanmoins, il a été envahi par plusieurs espèces introduites notamment :
Chromoleana odorata (Asteracea) qui est un chaméphyte. A cause de sa grande
production de graines et de leur dispersion par le vent, cette espèce colonise à présent
toutes les parcelles ouvertes du Noyau Central. Elle est extrêmement héliophile et
disparaît plus tard lors de la couverture du couvert arboré ;
Bambusa vulgaris qui forme de grands bosquets fermés dans la forêt ;
Psidium guajava dont les fruits sont appréciés par certains animaux ;
Leucena leucocephala qui est introduit pour servir de nourriture pour le bétail ;
Eleais guineensis qui disparaît lorsque le couvert se ferme, rend possible la croissance
de nombreux épiphytes et constitue une ressource alimentaire importante pour
plusieurs espèces animales telles que les mangoustes et les écureuils ;
Tectona grandis dont quelques parcelles existent dans le noyau Central.

Coubéou (1995) a étudié la stratification des formations du Noyau Central et en a
présenté la structure suivante :
• l’étage dominant (> 25m) : formé par Afzelia africana (le Lingué), Ceiba pentandra (le
Fromager), Triplochiton scleroxylon (le Samba) et Milicia excelsa (l’Iroko) ;
• l’étage codominant (15-25m) : formé par Dialium guineense, Diospyros mespiliformis
(le faux ébène), Mimusops adangensis et Anogeissus leiocarpa qui colonise toutes les
jachères.
• l’étage dominé (7-8m) : composé des mêmes espèces que ceux ci-dessus citées et
Drypetes floribunda à fruits comestibles.
Dans les deux premières strates, les lianes sont nombreuses. Par contre, il y a peu
d’épiphytes.

2.5.2. Plantations forestières

Le reboisement des surfaces fortement dégradées par l’agriculture semi-itinérente sur
brûlis était réalisé à la fois comme moyen de valorisation de l’espace forestier et comme


mesure de protection du Noyau Central. 10.200 ha environ étaient concernés et répartis
entre deux projets.

- Projet reboisement Lama
Les plantations de production de bois d’œuvre du projet couvrent une superficie
estimée à 7.000 ha réalisées en l’espace de 10 ans (1985-1995), et qui entourent le NC. Les
peuplements forestiers ainsi établis comportent 80% de Teck (Tectona grandis) et 20% de
toutes autres espèces forestières baptisées « essences autochtones ».

- Projet Bois de Feu Lama
Les plantations du projet établies pendant la même période sur environ 3.000 ha ont
pour objectifs la production de bois de service et de feu. Les essences cultivées sont :
Eucalyptus sp., Acacia auriculiformis, Senna siamea, Tectona grandis, Gmelina arborea,
etc.
La zone d’activité du projet est située au sud du domaine classé.

2.5.3. Composition physionomique des végétaux

Specht (2002) a défini pour la dépression de la Lama, 13 catégories de végétaux à
partir d’étude de la classification de la végétation à l’aide de données multitemporelles de
Landsat 7. Ces catégories incluent aussi bien les groupements végétaux du NC que ceux
des plantations forestières et les surfaces en dehors de la forêt classée. Elles sont
caractérisées par leurs espèces dominantes par strate. On a entre autre : forêt dense typique,
forêt dense humide, forêt dense sèche, des ilôts forestiers dans la plantation de teck et en
dehors de la forêt classée, des jachères à Chromoleana odorata, les plantations de bois de
feu, les plantations de teck, les plantations de Gmelina, les palmiers à huiles qui
déterminent les anciens ménages dans le noyau central et les palmeraies en dehors de la
forêt classée, des cultures de Zea mais, des jachères des villages et des traces de feu au sol.

2.6. Faune

Le Noyau Central de la forêt de la Lama se caractérise par une faune riche et
diversifiée. Plusieurs travaux ont permis une plus ou moins bonne connaissance de la


faune mammalienne (Kafichoni, 1987 ; Coubéou, 1995 ; Sinsin, 1995 ; Sinsin et al., 2000 ;
Assogbadjo, 2000 ; Kassa, 2001). On peut citer : Lepus crawshayi, Thryonomys
swinderianus, Helioscirus gambinus, Xerus erthropus, Crycetomis gambianus, Manis
gigantea, Galago senegalensis, Cercopithecus erythrogaster erythrogaster (sous-espèce
endémique), Potamochoerus porcus, Tagelaphus scriptus, Tagelaphus speki, Cephalophus
niger, Cephalophus rufiatus, Cephalophus sylvicultor,…
Emrich et al. (1999) ont dénombré 171 espèces d’oiseaux dont 15 présentes dans le
NC n’ont été enregistrées qu’au Bénin.
Parmi les reptiles, on trouve la vipère, la couleuvre, le python de Seiba, le python
royal, le varan, le naja, le mamba, des tortures ainsi que différentes espèces d’amphibiens
(Wagner, 1996) cité par Specht, 2002.
Les travaux sur l’entomofaune ont réellement commencé à l’avènement du projet
BioLama, un projet de coopération entre le département de Biogéographie de l’Université
de Basel en Suisse et la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université d’Abomey-
Calavi. Les acariens, les collemboles, les coléoptères, les diptères, les isoptères, les
lépidoptères, les gastéropodes, les annélides, les isopodes et les diplopodes sont les
principaux invertébrés associés aux formations végétales. Ces insectes jouent un rôle clé
dans l’équilibre des écosystèmes forestiers et particulièrement les décomposeurs sont
indispensables dans le processus de restitution de la matière organique du sol (Attignon,
2004). Selon Yessoufou (2002), le groupe des papillons de jour représente un indicateur
approprié pour évaluer l’état écologique d’un écosystème et il remplit aussi une fonction
importante à l’intérieur de la forêt.
Les plantations ne représentent pas un habitat typique en tant que milieu cadre de vie
pour la plupart des animaux. Cependant, elles constituent un milieu ressource où beaucoup
d’animaux (ongulés, primates, etc.) y vont chercher leur nourriture.

2.7. Infrastructures de la Lama

Un total de 89 km de pistes latéralisées desservent les plantations et délimitent le
Noyau Central. Pour assurer la surveillance et la protection du NC, il a été réalisé un réseau
de 7 layons de surveillance orientés d’est en ouest d’une longueur totale de 56 km afin de
rendre possible la patrouille du NC plus pratique et aisée. Des trans layons orientés nord-
sud ont été aussi ouverts par endroits toujours pour atteindre le même but. Il existe


également deux circuits écologiques longs de 1,5 km (circuit 1) et d’environ 4 km (circuit
2), aménagés pour l’écotourisme.
La surveillance des feux en saison sèche dans les plantations et le NC a été rendue
possible grâce à 3 miradors hauts chacun de 25 m disposés autour du NC.
Signalons pour finir que trois secteurs ont été créés dans le cadre de la gestion
administrative et technique des plantations de teck. Il s’agit de Massi et Koto en 1987 et de
Akpè créé en 1991. Dans chacun de ces secteurs, des bâtiments servant de bureaux et
logement pour les chefs secteurs sont construits.
Parallèlement, trois centres agro-sylvicoles sont aménagés pour réinstaller les
populations colonisatrices du domaine classé. Il s’agit d’Agadjaligbo, de Zalimey et de
Agbaga respectivement dans les secteurs de Koto, de Massi et de Akpè.

2.8. Aperçu des conditions socio-économiques dans les villages
riverains

2.8.1. Démographie des villages riverains

La forêt classée de la Lama est entourée d’une vingtaine de localités ou villages (voir
figure 8), avec une population qui était estimée en 1998 à 41500 habitants. Avec un rythme
d’accroissement naturel moyen de 2,75% par an, la population riveraine de la forêt est
estimée en 2006 à 50 630. La densité de population autour de la forêt est relativement
élevée avec 120 habitants au km² à Zogbodomey dans la partie nord et 60 habitants au km²
à Toffo dans le sud de la forêt (Alimi et al., 1999). Cette population connaît deux types de
mouvements migratoires (Alimi et al., 1999) :
• Les migrations saisonnières de type agricole. Elles concernent 70% des recasés qui se
déplacent vers les terres riveraines pour cultiver. Ils y vont en général après avoir mis
en valeur la parcelle attribuée dans les centres de recasement. 25% environs d’entre
eux migrent pour de longues périodes (2 à 3 ans) et environs 25% aussi des jeunes
ménages s’installe définitivement dans leur zone d’accueil.
• Quant aux riverains autochtones, 30 à 60% de jeunes se déplacent de mai à juillet vers
les zones de production cotonnière pour servir d’ouvriers agricoles. Ils y ont tissé des
relations de clientélisme avec des agriculteurs de ces localités.
• L’exode rural : Il concerne aussi les jeunes, qui partent vers les villes du sud (Cotonou,
Porto-novo) et souvent à l’étranger (Côte d’Ivoire, Togo, Nigeria). Ils y vont pour
apprendre des métiers ou pour trouver d’emploi.



Les jeunes filles quant à elles, sont souvent employées comme domestiques dans les
villes.

La religion prédominante est l’animisme suivi du christianisme.

2.8.2. Groupes socio-culturels et colonisation de la forêt classée de la
Lama


L’histoire du peuplement dans la dépression de la Lama indique que les Aïzo au sud et
les Fon au nord sont les groupes socio-culturels autochtones. La population Holli est
allochtone dans la région et sa présence remonte aux années 1960 à la suite de migrations
agricoles successives de leur hollidjè1 natal.


1 la dépression argilo-marneuse est une région basse de vertisol qui porte la
dénomination de hollidjè à l’est, da Lama ou Kô au centre et de tchi à l’ouest.



Zo
Z u
o k
u ou
o
Hl
H a
l g
a b
g a
b
a D
é
D n
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n u
o
#
Ko
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#
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p
Ag
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M
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#
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#
Akiz
Ag
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#
#

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#
Gu
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N
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b g
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#
Tc
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p
#
#
Ad
A jaho
#
To
T f
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Ko
K u
o s
u s
s i
s
#
Village riverain.shp
1
0
1
2 Miles
Piste nc.shp
Limite de la forêt classée.shp
Voie ferrée.shp
Routes.shp
Route nationale.shp
Réalisé par Benoît Y. NOUHOHEFLIN
Figure 13 : Répartition des villages riverains et/ou mitoyens autour
de la Lama




Les autochtones ne cultivaient pas traditionnellement le vertisol. Après le classement
de la forêt, les Aïzo sont les premiers autochtones qui avaient commencé la culture du
domaine classé. Du côté des Fon, les premières familles installées dans la Lama sont des
migrants par rapport aux autres. Le repli des populations riveraines sur la forêt classée est
une conséquence de l’expropriation foncière considérable par l’Etat aux dépens des
communautés locales dans la région dans une même période2, mais la richesse naturelle du
sol forestier de la Lama est aussi une cause de l’afflux des riverains et surtout des migrants
tel que les Holli. La terre est acquise par héritage chez les autochtones alors que les Holli
n’y accédaient que par location auprès des autochtones estimés être les propriétaires
terriens.

2.8.3. Activités socio-économiques

Les populations riveraines sont essentiellement rurales. Les activités pratiquées sont
d’abord l’agriculture puis la chasse, la pêche et l’élevage.

Ce sont des agriculteurs traditionnels (cultures itinérantes sur brûlis, cultures sans
fumures, faibles désherbages). Les cultures pratiquées sont le maïs, le manioc, le palmier à
huile, l’arachide et les cultures maraîchères. Comme l’agriculture demeure encore
exclusivement pluviale, les risques d’échecs agricoles sont plus élevés sur le sol
ferrugineux tropical (terre de barre) du plateau que sur le vertisol.
La principale culture pratiquée est le maïs aussi bien au niveau des villages recasés que
dans les villages riverains bien que le rendement soit nettement plus faible sur le sol de ces
derniers, les Holli étant les seuls à maîtriser de manière efficace les techniques de culture
sur vertisol.
L’élevage est une activité secondaire et il est domestique. Dans la plupart des
habitations, des animaux tels que les caprins, les porcins et la volaille sont représentés.
Le domaine classé est une zone dans laquelle la chasse est formellement interdite.
Cependant les populations continuent d’ y pénétrer clandestinement pour poser des pièges
pour capturer les animaux.

2 6000ha pour les teckeraies domaniales de Agrimey, Djigbé et Toffo ; 1828ha de palmeraies pour les
coopératives d’aménagement rural (CAR) ; 750 ha pour la construction du Central National d’éducation
Révolutionnaire à Toffo (Alimi & Elègbè, 1991).




La pêche est presque inexistante dans la zone mais les enfants et quelques jeunes
capturent parfois des crabes et des tilapias au moyen de petites nasses dans les petits plans
d’eau existants.

Le petit commerce se fait le long de l’axe de Sèhouè-Canan surtout par les femmes, le
maïs étant le principal produit.

Signalons pour finir que les activités alternatives à l’agriculture telles la transformation
et l’écoulement des produits agricoles, les activités illégales d’exploitation forestière (bois
de feu, charbon, perches, billes de teck, etc.), le tâcheronnat à l’ONAB, les petits métiers
comme le taxi-moto, la taillerie, la menuiserie, la coiffure, la maçonnerie, etc. sont de plus
en plus importantes autour du domaine classé.

2.8.4. Mesures socio-économiques


Les agriculteurs occupant le domaine classé ont été évacués en 1987 par l’ONAB. En
retour des mesures spéciales ont été adoptées pour accompagner ou pour compenser les
conséquences socio-économiques de ces déplacements. C’est ainsi que dans les trois
centres de récasement (Koto et Zalimey en 1987 et Agbaga en 1995) aménagés et dans les
villages riverains de nombreuses infrastructures socio-communautaires ont été réalisées.
Aussi, pour rendre palpable la participation effective des riverains à la gestion de la forêt,
une nécessité pour la préservation des plantations et le NC de la forêt classée de la Lama,
un partenariat a-t-il été développé avec ces riverains par le biais de Comités Villageois de
Gestion Participative de la Forêt (COGEPAF). Ils sont au nombre de 9 autour de la forêt
classée avec un bureau de coordination dénommé Midogbékpo. Les COGEPAF jouissent
des produits d’éclaircies non débardés qu’ils commercialisent pour leur compte.







































3. MATERIEL ET METHODES
3.1. Etude de la diversité des termites
3.1.1. Matériel d’étude
3.1.1.1. Sites d’étude

Trois formations végétales ont été retenues dans la forêt classée de la Lama pour la
présente étude : les anciens ménages (AM), les jachères à Chromolaena odorata (JCR) et
les champs de maïs (CM). Le choix de ces sites a été fait dans le but de la poursuite de
l’étude de la diversité des termites de la Lama commencée par Attignon et al. (2005). Ces
auteurs avaient échantillonné les termites dans les formations non dégradées (forêt dense
typique) du Noyau Central et les jeunes plantations de teck. La présente étude prend donc
en compte les parties dégradées du Noyau Central et les champs de cultures. Le champ de
maïs a été la seule culture retenue parce qu’en dehors de cette culture, il n’y a plus d’autres
représentatives spatialement et temporellement pouvant répondre aux exigences de la
méthodologie adoptée.
Specht (2002) a décrit ces différents sites à l’aide de données multispatiales de Landsat
7.
- Les Anciens Ménages (AM)

Ils sont caractérisés par Elaeis guineensis qui s’installe sur les sites influencés par
l’action humaine. Cette espèce se trouve souvent associée à d’autres espèces telles
Lonchocarpus sericeus, Anogeissus leiocarpa, Chromolaena odorata, Ceiba pentandra,
Diallium guineense et Imperata spp..
Le degré de couverture de la strate arborée varie de 30 à 70 %, celui de la strate
arbustive de 0 à 90 % et celui de la strate herbacée de 0 à 100%. Dans le Noyau Central,
les Anciens Ménages occupent 3,47% de la superficie totale du sol.






















Photo 1 : Ancien Ménage
- Les Jachères à Chromolaena odorata (JCR)

Chromolaena odorata (Asteracea) est un arbuste qui recouvre souvent la totalité du sol.
Il est le premier colonisateur des sites dégradés de la forêt classée de la Lama. Mais
quelques arbres comme Ceiba pentandra ou Anogeissus leiocarpa peuvent se retrouver
associés à lui sur ces sites.
Le degré de couverture de la strate arborée varie de 0 à 20%, celui de la strate arbustive de
20 à 100% et celui de la strate herbacée de 0 à 20%, Chromolaena odorata étant considéré
comme un arbuste.
Dans le Noyau Central, les jachères à Chromolaena odorata occupent 30,39% de
l’espace.











Photo 2 : Jachère à Chromolaena odorata



- Les Champs de Maïs (CM)
La culture principale des populations Holli réinstallés dans les centres agro-sylvicoles
de la Lama est le maïs. Il est semé par tous les paysans au moins une fois l’an. Des arbres
comme Eleais guineensis, Pterocarpus erinaceus, Tectona grandis, Mangifera indica ou
Musa spp peuvent être retrouvés dans ces champs. Mais la plupart de ces champs sont
caractérisés par leur très petite taille.
Le degré de couverture de la strate arborée varie de 0 à 20%, celui de la strate arbustive
pratiquement inexistante et celui de la strate herbacée de 100%.
Les champs de maïs occupent 17,21% environ de l’espace dans la dépression de la
Lama.
Les champs de maïs choisis pour l’étude étaient à un stade de séchage sur pied ou
nouvellement récoltés. La photo 3 nous présente un champ de maïs en échantillonnage.












Photo 3 : Un champ de maïs en échantillonnage




Une description complète des différents transects d’étude se trouve dans le tableau I :


Tableau I : Description des transects d’étude

Eléments de description




Couverture
Transects
Hauteur
moyenne de Couverture
Statut ou

Coordonnées
Formation
Espèces
arbre
la canopée
moyenne de
précédents

géographiques
végétale
dominantes
dominant
(strate
la strate
culturaux
(m)
arborée ou
herbacée
arbustive)
Arrêt des
Lonchocarpus
FP1
N06°58.236’E02°05.270’ Forêt dégradée
manifestations
serius et Eleais
16,50
65%
25%
(AM1)
N06°58.180’E02°05.263’ (ancien ménage)
humaines depuis
guineensis
1988
N06°57.809’E02°07.391’
Jachère à
FP2
Chromoleana
Jachère depuis au
N06°57.765’E02°07.371’
Chromoleana
19,00
30%
100%
(JCR1)
odorata
moins 1988

odorata
Arrêt des
Eleais guineensis
FP3
N06°57.149’E02°06.241’ Forêt dégradée
manifestations
Anogeissus
13,95
65%
25%
(AM2)
N06°57.125’E02°06.216’ (ancien ménage)
humaines depuis
leiocarpa
1988
Jachère à
FP4
N06°57.112’E02°06.645’
Chromoleana
Jachère depuis au
Chromoleana
-
0%
100%
(JCR2)
N06°57.061’E02°06.629’
odorata
moins 1988
odorata
Arrêt des
FP5
N06°55.698’E02°07.074’ Forêt dégradée
Eleais guineensis
manifestations
13,32
60%
30%
(AM3)
N06°55.662’E02°07.077’ (ancien ménage)
Albisia zygia
humaines depuis
1988
Jachère à
FP6
N06°55.434’E02°07.670’
Chromoleana
Jachère depuis au
Chromoleana
12,75
20%
100%
(JCR3)
N06°55.488’E02°07.655’
odorata
moins 1988
odorata


Arrêt des
FP7
N06°57.884’E02°09.528’ Forêt dégradée
Eleais guineensis
manifestations
10,5
40%
30%
(AM4)
N06°57.847’E02°09.484’ (ancien ménage) Ceiba pentandra
humaines depuis
1988
Jachère à
FP8
N06°56.245’E02°09.385’
Chromoleana
Jachère depuis au
Chromoleana
14,75
22%
100%
(JCR4)
N06°56.194’E02°09.372’
odorata
moins 1988
odorata
MP1
N06°58.273’E02°07.561’
Imperata
Champ de Maïs
-
0%
80%
Maïs
(CM1)
N06°58.221’E02°07.546’
cylindrica
MP2
N06°58.666’E02°07.738’
Ageratum
Champ de Maïs
-
0%
85%
Maïs
(CM2)
N06°58.722’E02°07.746’
conyzoides
MP3
N06°57.869’E02°10.839’
Mallotus
Champ de Maïs
-
0%
75%
Pois d’angole
(CM3)
N06°57.918’E02°10.828’
oppositifolius
Rottboellia
MP4
N06°54.583’E02°11.490’ Champ de Maïs cochinchinensis
-
0%
85%
Pois d’angole
(CM4)
N06°54.632’E02°11.497’

FPi = Placeau n° i dans la Forêt ; MPi = Placeau n° i dans le champ de Maïs


3.1.1.2. Matériel de terrain

Le bon déroulement de cette étude sur le terrain a nécessité :
• Des tubes pour la collecte et la conservation des échantillons de termites ;
• Des pinceaux et pincettes pour la capture des insectes ;
• De l’alcool à 80 % pour la conservation des spécimens collectés ;
• Un binoculaire pour le tri et l’identification des termites ;
• Un GPS pour enregistrer les coordonnées géographiques des transects échantillonnés ;
• Un instrument métallique de forme carré servant à échantillonner les termites du sol
(voir photo 4);
• Des coupe-coupe, pioche et houe pour l’accès aux sites et les travaux divers de
creusage et de fouille sur les sites ;
• Un ruban métrique pour prendre les mesures linéaires ;
• Un appareil photo numérique pour la prise de vue ;
• Des bottes et couvertures pour les travaux en forêt.
3.1.2. Méthodes d’étude
3.1.2.1. Echantillonnage des termites

La méthode d’échantillonnage des termites développée par Jones et Eggleton (2000)
puis confirmée par Jones et al. (2006) et utilisée par Attignon et al. (2005) dans la forêt
classée de la Lama a été utilisée. Selon cette méthode, les termites sont échantillonnés le
long des transects de 2 m*100 m, chaque transect étant divisé en 20 sections contiguës
mesurant 2 m*5 m (voir fig.9)

20

3

2
100 m

1

2 m
Figure 14 : Représentation schématique d’un transect


Dans chaque section, une personne heure est nécessaire pour échantillonner les
termites dans tous les micro-habitats (bûches, souches d’arbres, brindilles, litières,
termitières, etc.) jusqu’à une altitude de 2 m au-dessus du sol, y compris 12 échantillons de
surface de sol (12 cm*12 cm*10 cm de profondeur).
La démarche a été adoptée dans nombres d’études à travers plusieurs régions
tropicales (Davies et al., 2003). Cependant, elle n’était pas textuellement applicable dans la
forêt classée de la Lama à cause de la difficulté d’extraire et de fouiller les échantillons de
vertisols ; ces opérations qui prennent à elles seules près d’une personne heure. Par
conséquent, nous avons modifié la démarche originale comme l’ont bien fait Attignon et
al. (2005). C’est ainsi qu’une heure trente minutes a été dépensée par personne (45 mn à
deux) au lieu d’une heure prescrit par la démarche. Dans un premier temps, 40 mn (20 mn
à deux) par section ont été consacrées à la fouille et à l’échantillonnage des termites
comme le prévoit la démarche. Par la suite, les 50 mn restants sont utilisées pour creuser et
fouiller les sols. L’échantillon de sol est prélevé en enfonçant dans le sol à l’aide du poids
du corps, un instrument métallique (photo 4) de forme carrée et aux bords tranchants (12
cm*12 cm*10 cm de profondeur) spécialement fabriqué pour la circonstance.
L’échantillon de sol est reversé sur un sachet plastique afin de fouiller le sol à la recherche
des termites. La surface totale de sol échantillonné à l’aide de ce matériel est de 0,1728 m2
par section, soit un total de 3,456 m2 par transect.





Photo 4 : Quelques matériels de terrains (instrument métallique et coupe-coupe)
Quatre transects (répétitions) ont été échantillonnés dans chacune des trois formations
végétales ci-dessus décrites. Les transects sont orientés de manière à couvrir une étendue
de forêt et de champ homogènes (figure 10) dans la direction nord-sud.
Les termites ouvriers comme soldats sont collectés. Les échantillons ont été conservés
dans l’alcool à 80 %. Dans quelques cas, il n’y avait pas de termites dans les meules qui
étaient trouvés. Ces cas ont été enregistrés comme des rencontres de Macrotermitidae.



3.1.2.2. Traitement des échantillons de termites
Une collection de référence de toutes les espèces morphologiques trouvées dans les
transects ou ailleurs dans la forêt classée de la Lama a été faite. La collection de référence
a été utilisée pour trier et compter les spécimens de termites échantillonnés. Les
caractéristiques des mandibules ont été utilisées pour faciliter l’identification des
échantillons sans soldats. La collection de référence de la forêt classée de la Lama qui
existait au Laboratoire d’Ecologie Appliqué (LEA) de la FSA de l’UAC a été en premier
lieu mise à contribution. L’identification des termites a été faite par Dr. Serge Attignon
chercheur au LEA/FSA.
3.1.2.3. Variables environnementales
Plusieurs variables environnementales ont été collectées pour analyser leurs
influences sur les colonies de termites et pour caractériser les trois formations végétales.
Les données environnementales ont été prises durant la petite saison sèche lors de la
recherche.
La teneur en eau (% H2O par g de sol sec) a été mesurée dans 8 échantillons de sol
(entre 2 et 10 cm de profondeur) issus de chaque transect.
Le degré de couverture de la canopée a été déterminé dans 4 sections de chaque
transect visuellement à défaut d’un densitomètre sphérique.
La surface terrière de tous les arbres présents sur les transects ayant un diamètre à
hauteur d’homme supérieur ou égale à 5 cm a été calculée.


Figure 15 : Répartition des transects dans le milieu d’étude


De la même façon, la biomasse de litière feuillue en petite saison sèche et en petite
saison pluvieuse (g de poids sec/m2) a été calculée en collectant, en séchant et en pesant
toute litière dans des carrés de 0,5 m x 0,5 m placés dans 4 sections dans chacun des
transects.

3.1.2.4. Analyse des données
La méthode de transects a généré 2 types de données, la richesse spécifique et la
fréquence de rencontre des termites et termitières.
Les fréquences des rencontres de termites pourraient être considérées comme des
substituts pour l’abondance relative (Davies, 2002). Toutefois, parce qu’elles déterminent
une strate tridimensionnelle précise, nous les avons utilisées non pas comme des substituts
mais comme de vrais estimateurs de l’abondance relative comme l’ont utilisé Attignon et
al. (2005).
La fréquence de distribution des rencontres de termites des différents
compartiments (microhabitats) des 3 écosystèmes de même que les différences entre la
richesse spécifique dans les types d’habitats ont été analysées en faisant une analyse de
variance (ANOVA) à l’aide du logiciel informatique (SPSS 12.0).
Les ANOVAs ont été aussi performantes pour comparer les rencontres des espèces
de termites individuelles ou des grands groupes (total de colonies de termites, familles,
sous-familles). Dans ces analyses, les fréquences de rencontres ont été transformées si
nécessaire afin d’assurer une homogénéité des variances. Au cas contraire, nous avons
utilisé le test d’analyse de variance non-paramétrique de Mann-Witney comme alternative.
Les courbes individuelles d’accumulation des espèces ont été tracées pour chaque
transect à l’aide du logiciel informatique Excel. Pour la présentation graphique, nous avons
calculé la moyenne des 4 courbes accumulées dans chaque type d’habitat.
Se basant sur la nouvelle classification des groupes nutritionnels développée par
Donovan et al. (2001), nous avons calculé l’indice d’humidification (IH) pour chaque
colonie de termites.
IH = [ ∑ (ni × fi)] / N où :
ni est le nombre de termite rencontré dans le ième groupe nutritionnel;


fi le nombre de groupe nutritionnel correspondant, allant de f = 1 pour les termites
se nourrissant de bois et de graminées (groupe I) à f = 4 pour les vrais termites de
sol (groupe IV), et
N, le nombre total de rencontre par transect.
IH décrit la position des espèces de termites le long d’un gradient croissant d’humification
de leur substrat d’alimentation (Donovan et al., 2001 ; Davies et al., 2003) et la position
des colonies de termite le long de ce gradient.
Les données environnementales ont été aussi soumises à une analyse de variance
(ANOVA). Du fait que des mesures répétées dans l’espace ou dans le temps dans chaque
transect représentent des pseudo répétitions, nous avons utilisé la moyenne ou la médiane
de ces mesures comme des données brutes. Ainsi, chaque site répété a constitué une
donnée unique avec des degrés similaires de liberté pour toutes les analyses (type d’habitat,
ddl =2 ; résidu: ddl = 9).

3.2. Etude ethnotermitologique au sein des groupes
socioculturels riverains à la forêt classée de la Lama

3.2.1. Méthode d’étude

L’étude des rôles culturel et cultuel des termites et termitières dans les localités
environnantes de la forêt classée de la Lama a été réalisée par le truchement d’enquêtes
socio-économiques en deux étapes essentielles. L’échantillonnage a été fait de façon
raisonnée.
- Phase exploratoire ou pré-enquête
Au cours de cette première phase d’enquête, une exploration de tous les 20 villages
riverains ou mitoyens à la réserve a été faite. Des entretiens semi-structurés ont été
conduits avec des échantillons d’au moins 5 personnes de différentes classes d’âge par
village questionnées individuellement ou collectivement. Au total, 105 personnes ont été
interviewées. Cette phase a permis d’avoir une vue synoptique des connaissances
ethnotermitologiques au sein des différents groupes socio-culturels riverains à la forêt
classée de la Lama et d’en sélectionner 8 villages représentatifs en tenant compte à la fois
des groupes socio-culturels et de leur répartition géographique. Ainsi, dans le nord du
domaine classé où les Fon sont concentrés, trois villages ont été retenus : Koto Aivèdji,


Kui et Lonmè. Dans le sud où sont regroupés les Aizo, 3 villages ont été retenus : Akpè,
Toffo et Adjaho.
Deux des trois centres agro-sylvicoles où sont recasés en majorité les Holli ont été aussi
retenus : Agadjaligbo et Zalimey. La figure 11 présente ces villages avec leur répartition
autour de la forêt classée de la Lama.



Ko
K ui (
Ko
K to Aïvèdji
(
(
Lonmè
(
Ag
A adj
d aligbo
b
N
(
Zal
a ime
m y
(
Akpè
(
(
Toffo
Adjaho
Toffo
(
Village enquêtéshp.shp
Voie ferrée.shp
Routes.shp
3
0
3
6 Kilometers
Route nationale.shp
Piste nc.shp
Limite de la forêt classée.shp
Coor.shp
Réalisé par Benoît Y. NOUHOHEFLIN
Figure 16 : Répartition des villages enquêtés
autour de la forêt classée



- Enquête proprement dite
La deuxième étape de l’étude a consisté en une enquête socio-économique proprement
dite dans ces 8 villages retenus. Dans chacun de ces villages, 15 personnes ont été
individuellement interviewées à l’aide d’un questionnaire dont la trame se trouve en
annexe 1. Ainsi, 120 personnes ont été interviewées durant cette deuxième étape soit ; un
total de 225 personnes pour toute l’enquête socio-économique. Parallèlement aux enquêtes,
ont été faites des collectes de termites et des observations de termitières en relation avec la
vie sociale des différents groupes socio-culturels.

3.2.2. Analyse et traitement des données


La typologie des termitières a été faite à partir d’un diagramme par rapport à leurs
caractéristiques, leurs usages, leur répartition et la période d’abondance. En ce qui
concerne les termites, la typologie a été aussi faite à partir des diagrammes et par une
classification dans des tableaux.
Les différents rapports entre les termites, les termitières et la tradition de ces
différents groupes ont été mis en exergue par une classification des groupes socio-
culturels.

La variabilité dans les connaissances ethnotermitologiques chez les peuples autour
de la forêt classée de la Lama a été traitée par le test d’analyse de variance non
paramétrique de Kruskall-Wallis.








































4. RESULTATS
4.1. Etude de la diversité des termites
4.1.1. Micro habitats des termites
Le nombre total de rencontre de termites au cours de l’échantillonnage est de 1.506
en considérant tous les transects étudiés. Ainsi, 74,9 % des échantillons de termites
collectés contiennent des soldats, une caste indispensable pour une identification aisée des
termites. Le reste (25,1 %) des rencontres est constitué d’autres castes surtout d’ouvriers.
La répartition de ces rencontres de termite en fonction des principales catégories
trophiques est représentée par la figure 12.
50,0
46,5
45,4
45,0
40,0
35,0
30,0
%
25,0
20,0
15,0
10,0
4,4
5,0
1,9
1,5
0,3
0,0
Bois
Sol
Racine
Litière/humus
Tige de Mais
Termitière
Catégories trophiques

Figure 17 : Rencontre de termite par catégorie trophique



Comme l’indique la figure 12, 46,5 % de tous les termites échantillonnés
proviennent du bois (branche de tailles différentes, bois morts, galerie sur tronc et troncs
d’arbres etc.) et 45,6 % du sol. La majorité des termites échantillonnés dans le sol provient
des meules de champignon (53,78 %). Le reste des 7,2 % provient des racines de maïs, de
C. odorata et de Cajanus cajan (4,4 %), de la litière (1,9 %), des tiges de maïs (1,5 %) et
des termitières (0,3 %).

Dans les anciens ménages, 53,2 % des termites ont été échantillonnés dans le bois,
contre 44,6 % dans le sol et 1,9 % dans la litière/humus. Dans la jachère à Chromolaena
odorata les taux de rencontre correspondants sont de : 47,9 % dans le Bois ; 49,7 % dans le
Sol ; 2,2 % dans la litière/l’humus. Par contre dans les champs de maïs ils sont de : 30,4 %
dans le bois, 39,2 % dans le sol ; 20,9 % dans les racines de maïs ; 7,3 % dans les tiges de
maïs ; 1,3 % dans la litière ; 0,9 % dans les termitières.

La fréquence de distribution des termites au sein de tous les micro-habitats de
termites ne diffère significativement pas (P> 0,05) entre les deux formations végétales de
la forêt dégradée (ancien ménage et jachère à Chromolaena odorata). Par contre une
différence significative (P< 0,05) est notée entre les champs de maïs et les deux formations
végétales de la forêt dégradée pour tous les microhabitats sauf pour la litière/l’humus et
pour la termitière ou aucune différence significative (P> 0,05) n’a été notée entre les
formations végétales. La fréquence de distribution des termites dans le bois et dans le sol
est significativement plus élevée (P< 0,05) dans la forêt que dans les champs de maïs.
Pourtant elle est significativement plus élevée (P< 0,05) dans les champs de maïs lorsqu’on
considère les microhabitas « racine » et « tige de maïs» (figure 13).














60
50
40
¨% 30
Anciens ménages
Jachères à C. odorata
Champs de maïs
20
10
0
Bois
Sol
Racine
Litière/humus
Tige de Mais
Termitière
Microhabitats

Figure 18 : Distribution des microhabitats selon les formations végétales

4.1.2. Richesse spécifique et groupes trophiques des termites dans les
écosystèmes étudiés de la Lama


Les différents écosystèmes échantillonnés ont une richesse spécifique de termites
faible. Les différents groupes taxonomiques de termites retrouvés sont présentés dans le
tableau II.


Tableau II : Répartition des différentes espèces de termites échantillonnées dans la Lama

Groupe Nutritionnel
Anciens Ménages
Jachère à C. odorata
Champs de Maïs

Familles, Sous-Familles et Espèces

Moyenne Erreur Standard. Moyenne Erreur Standard
Moyenne Erreur Standard
P
Termitidae, Macrotermitinae

II
89,50**
3,28
a 103,75**
6,16
a 43,50**
3,52
b
0,000
Ancistrotermes cavithorax (Sjöst)

II
30,00
3,76
a
9,75
2,56
a
19,50
10,57
a
0,119
Microtermes pusillus (Silvestri)
Termitidae, Termitinae

Amitermes elongatus (Silvestri)
II
0,25**
0,25
a 0,00**
0,00
a 9,00**
5,43
b
0,005
Termes schmitzi
III
0,00
0,00
a
3,00
2,68
a
1,00
1,00
a
0,427
Microcerotermes sp1
II
13,75**
8,35
a 39,50**
4,33
b 0,25**
0,25
a
0,001

II
2,25
2,25
A
0,50
0,50
a
0,00
0,00
A
0,573
Microcerotermes sp2
Termitidae, Nasutitermitinae

Nasutitermes latifrons (Sjöstedt)
II
4,25
2,46
A
0,75
0,75
a
2,00
1,22
A
0,514
Macrotermes subhyalisnus
II
1,25
1,25
a
0,50
0,50
a
1,00
0,58
a
0,860
Ancistrotermes guineensis (Silv.)
II
0,25
0,25
A
0,00
0,00
A
0,25
0,25
A
0,577
Kalotermitidae

Undet.2
I
0,25
0,25
A
0,50
0,50
A
0,00
0,00
A
0,573
** significatif à P< 0,01
a = différence significative entre les nombres ; b = pas de différence



Au total, 10 espèces ont été échantillonées pour les 12 transects (Tableau II). En
dehors de la seule espèce de bois sec (Kalotermitidae) non déterminée, les 9 autres sont des
termites évolués (Termitidae) dont 3 sous-familles ont été représentées : les Termitinae, les
Macrotermitinae et les Nasutitermitinae.

L’espèce de Kalotermitidae et une espèce de termitinae (Microcerotermes sp2)
apparaissent uniquement dans les forêts dégradées (ancien ménage et jachère à
Chromolaena odorata) alors que Termes schmitzi et Amitermes elongatus (Termitinae)
sont enregistrées exclusivement dans les anciens ménages et dans les champs de maïs
respectivement. Huit des espèces de termites enregistrées appartiennent au groupe
nutritionnel I et II (termites se nourrissant de bois et de litière) et une seule espèce
appartient au groupe III (termites se nourrissant de la couche superficielle humus/sol).
Aucune espèce du groupe IV (termites se nourrissant exclusivement de sol) n’a été
enregistrée, ce qui s’est traduit par l’absence totale d’espèces appartenant à la sous-famille
des Apicotermitinae.

Le graphe 14 illustre la richesse spécifique par formation végétale.

Dans les anciens ménages le nombre moyen d’espèce est de : 4,5 +/- 0,65 et 4,75+/-
0,63 pour les jachères à C. odorata ; 4,75+/- 0,85 pour les champs de maïs.














Figure 19 : Répartition de la richesse spécifique selon les formations végétales


L’analyse de variance indique que la diversité des termites n’est pas
significativement différente entre les diverses formations végétales (F= 0,41, P= 0,960).


Ceci est également remarquable à travers les courbes d’accumulation des espèces
qui toutes atteignent l’asymptote (figure 15).
6
t
r
e
n
o

4
c
n

r
e
e

d
n
e
y
o

m
r
e
b
m

2
o
N

0
0
5
1 0
1 5
2 0
S e c t i o n s
Figure 20 : Les courbes d’accumulation des espèces

Contrairement à la diversité des termites, le nombre moyen de termites rencontré
est significativement plus élevé (F2,9=14,35, P= 0,002) dans les forêts dégradées (158,5 ±
6,49 rencontre de termite dans l’ancien ménage et 145,5± 12,82 rencontres de termites
dans la jachère à Chromolaena odorata), que dans les champs de maïs (79,0± 13,18
rencontres de termites). Comme le montre la figure 16, ceci équivaut à des rencontres de
termites par m2 respectivement de : 0,8 ; 0,7 ; 0,4.

Figure 21 : Représentation des rencontres moyennes de termite par écosystème



4.1.3. L’indice d’humification (« humification score »

L’indice d’humification est de 1,95 ± 0,05 (moyenne ± erreur standard) dans les
anciens ménages, de 2,04 ± 0,04 dans les Jachères à C. odorata et de 2,03 ± 0,035 dans les
champs de maïs. L’analyse de variance de ces taux d’humification ne révèle pas de
différence significative entre eux (F= 1,441, P= 0,286). Ainsi, cette absence de différence
significative stipule qu’aucun des écosystèmes étudiés n’est spécialisé dans telle ou telle
colonie de termite.

4.1.4. Les données environnementales


Le tableau III présente les données environnementales des différentes formations
végétales étudiées.

Tableau III : Données environnementales
Test de
Ecosystèmes ou formations végétales
signification
Variables
Jachères à
Anciens Ménages
Champs de maïs
environnementales
Chromolaena odorata
P
Erreur
Erreur
Erreur
Moyenne
Moyenne
Moyenne
standard
standard
standard
Teneur en eau du sol (%
20,12
0,57
21,75
1,04
20,92
0,99
0,707
d’eau par g de sol sec)
Couverture de la canopée
58,88
5,42
17,13
6,70
2,06
2,06
0,00
(%)
Litière (g/m²)
107,13
18,02
174,88
41,94
54,34
7,10
0,006
Surface terrière (m²/ha)
110,72
32,52
68,15
34,68
0,00
0,00
0,053


Une brève analyse du tableau III montre que les teneurs en eau du sol dans les
formations végétales étudiées en petite saison sèche ne sont pas significativement
différentes (P> 0,05) alors que les autres variables environnementales diffèrent
considérablement (P< 0,05) selon les formations. La couverture de la canopée en saison
sèche est plus élevée dans les anciens ménages que les jachères à C. odorata tandis que
dans les champs de maïs elle est nulle. La quantité de litière n’est pas significative (P>
0,05) entre les anciens ménages et les jachères à C.odorata tous deux statistiquement


différents (P< 0,05) des champs de maïs. La surface terrière quant à elle est élevée dans les
anciens ménages que dans les jachères. Elle est nulle dans les champs de maïs.

4.2. Ethnotermitologie dans la Lama
4.2.1. Typologie des termites
4.2.1.1. Chez les Fon


Les critères taille, couleur et possession ou non des ailes sont utilisés par les Fon
pour distinguer les termites appelés généralement ‘’kossoukossou’’. Tous ces critères
réunis permettent de distinguer 4 espèces de termites morphologiques (figure 17).
Typologie des termites chez les Fon
Agbotragbo
Kossihoué
Masséhouin
Kofléko
Termite de grosse taille,
Termite de petite tail e,
Termite de petite tail e
Termite ailé
tête rouge sans ailes
couleur noire sans ailes
couleur blanche et sans ailes
et pouvant piquer
Rencontré toute l'année
Rencontré toute l'année
Rencontré toute l'année
Rencontré en saison des pluies

Figure 22 : Typologie des termites chez les Fon


Signalons que kossihoué et Masséhouin sont considérés par ces populations comme
les vrais kossoukossou.

Ces différents termites sont repris dans le tableau IV selon la famille, la sous-
famille, le genre et l’espèce.

Tableau IV : Typologie des termites par les Fon
Nom
Signification du
Vernaculaire
Famille
Sous-Famille
Genre
Espèces
nom
Fon
Agbotragbo
Qui a de pouvoir Termitidae Macrotermitinae Macrotermes subhyalisnus
Kossihoué
Termite femelle
Termitidae Macrotermitinae Ancistrotermes cavithorax
Masséhouin
-
Termitidae Macrotermitinae Ancistrotermes cavithorax




Le tableau IV confirme que les Fon distinguent en réalité deux sortes de termites : le
grand (Agbotragbo) et le petit (Kossoukossou).

4.2.1.2. Chez les Aïzo


Les Aïzo distinguent trois types morphologiques de termites dont les
caractéristiques sont particulièrement déterminées par la taille et la possession ou non des
ailes.
Typologie des termites chez les Aïzo
Agbotragbo
Kossifin
Agbè
Grand termite à grosse tête colorée
Petit termite généralement
Termite ailé
en rouge pouvant piquer et sans ailes
de couleur blanche et sans ailes
Rencontré toute l'année
Rencontré toute l'année
Rencontré en saison des pluies


Figure 18 : Typologie des termites selon les Aïzo


Ces termites classifiés selon leurs familles, sous-familles, genres et espèces sont
présentés dans le tableau V:

Tableau V : Typologie des termites par les Aïzo
Nom
Signification
vernaculaire
Famille
Sous-famille
Genre
Espèce
du nom
Aïzo
Qui a de
Agbotra
Termitidae Macrotermitinae Macrotermes subhyalisnus
pouvoir
Qui fait du
Kossifin
Termitidae Macrotermitinae Ancistrotermes cavithorax
sable autour
Qui fait du
Kossifin
Termitidae Macrotermitinae Microtermes
pusillus
sable autour
Qui fait du
Kossifin
Termitidae
Amitermitinae
Amitermes
elongatus
sable autour
Qui fait du
Kossifin
Termitidae Macrotermitinae Ancistrotermes guineensis
sable autour


Du tableau V, il ressort que beaucoup d’espèces de termites sont désignées par le
même nom Kossifin. Ceci indique également que les Aïzo connaissent dans la réalité deux
types de termites qu’ils distinguent par la taille. Tout ce qui est gros est désigné par


Agbotra tandis que tout termite de petite taille est dénommé Kossifin. Lorsque n’importe
lequel de ces termites a des ailes, il est désigné par Agbè ou Kofléko.

4.2.1.3. Chez les Holli


Les Holli utilisent également trois critères pour distinguer les termites nommés
généralement étoutou : la taille, la couleur et la possession ou non des ailes. Ces critères
permettent de reconnaître trois types morphologiques de termites (figure 18).

Typologie des termites chez les Holli
Ogan
Etoutou
Etoutou olika
Grand termite à tête rouge
Petit termite de toute
Termite ailé
pouvant piquer et sans ailes
couleur et sans ailes
Rencontré toute l'année
Rencontré toute l'année
Rencontré en saison pluvieuse

Figure 23 : Typologie des termites selon les Holli


Ces termites repris dans la classification officielle sont présentés dans le tableau
VI :
Tableau VI: Typologie des termites par les Holli

Nom vernaculaire Signification
Famille
Sous-famille
Genre
Espèce
Holli
du nom
Termite chef,
Ogan
Termitidae Macrotermitidae Macrotermes subhyalisnus
gros
Etoutou kékélé
Petit termite Termitidae
Amitermitidae
Amitermes
elongatus
Termite des
Etoutou Iyonki
meules de
Termitidae
Amitermitidae
Amitermes
elongatus
champignon
Termite
Etoutou houwè
Termitidae
Termitidae
Termes
schmitzi
miniscule
Termite
Etoutou foufou
Termitidae
Amitermiidae
Amitermes
elongatus
blanc
Termite
Etoutou koupka
Termitidae Nasutitermitinae Nasutitermes
latifrons
rouge
Etoutou kékélé
Petit termite Termitidae Macrotermitinae Ancistrotermes cavithorax




Le tableau VI montre que les Holli confondent tous les termites de petite taille
qu’ils désignent généralement par étoutou. Ceci implique qu’ils distinguent comme les Fon
et les Aïzo, deux types de termite :
• Ogan : tous les Macrotermes notamment leurs soldats et
• Etoutou proprement dit qui englobe tous les petits termites possibles de la zone.

4.2.2. Typologie des termitières
4.2.2.1. Chez les Fon


Les Fon distinguent quatre variétés de termitières généralement appelés kota dont
les caractéristiques sont beaucoup plus déterminées par la taille et leur utilité/usage par la
population locale (figure 19).

Typologie des termitières chez les Fon
Agbannikota
Gbakouègbakouè
Kota ou Aïko
Yèwéglo
Haute tail e
Petite taile avec des brindiles
Tail e moyenne à tête ar ondie
Termitière souteraine
avec présence d'une
à l'intérieur située souvent
et produisant chaque
et contenant des termites
au bord des sentiers
reine kôhossou
année des champignons
consommables par la volail e
Présente toute l'année
Présente en saison des pluies
Présente toute l'année
Présente toute l'année


Figure 24 : Typologie des termitières par les Fon

La termitière dénommée chez les Fon :

Agbannikota : Comme son nom l’indique, c’est une termitière qui ressemble à la biche
(Agbanni). C’est une termitière cathédrale haute de 3 à 5 mètres qu’on retrouve dans
presque tous les écosystèmes mais surtout dans les plantations de teck et les champs.
Elle abrite les termites Agbotragbo.
Gbakouègbakouè : Ainsi appelée parce qu’on peut facilement la casser.
Gbakouègbakouè est une termitière de petite taille (géneralement de moins d’un mètre)



située souvent selon la population au bord des sentiers avec l’intérieur jonchée de
brindilles d’herbes utilisées dans la pharmacopée traditionnelle.
Kota : Ce nom désigne toute élévation de terre (buttes de terre). Les Fon désignent ce
type de termitière par ce nom car disent-ils : elle a une durée de vie indéterminée et
elle est considérée comme la vraie termitière. C’est elle qui dans les champs donne
chaque année de champignons que les populations récoltent pour l’alimentation. Elle
contribue aussi à l’amélioration du rendement des cultures faites sur ou à côté d’elles.
Yéwéglo : Il s’agit d’une termitière hypogée que les populations rencontrent souvent
lors des labours. Elle est d’une grande importance pour les Fon car les termites qui y
habitent (kossoukossou) sont consommés par la volaille.
Par ailleurs, d’autres critères de classification des termitières existent chez les Fon
comme par exemple le fait que la termitière produise chaque année des champignons ou
non, le fait qu’elle abrite un fétiche ou non, le fait qu’elle ait des fentes ou non. Ces critères
donnent lieu à d’autres noms et appellations à savoir :
Lissokota : termitière susceptible de pousser les champignons chaque année.
Dankota : termitière abritant le fétiche Dan.
Ko agbodru : termitière n’ayant pas de fentes (trous) de pénétration à sa surface
externe.
Ces différents noms peuvent êtres donnés à chacun des 4 types de termitières
principales décrites ci-dessus que reconnaissent les Fon.

















Photo 5 : Termitière Agbanninkota dans un champ



4.2.2.2. Chez les Aïzo


Le critère principal de classification par les Aïzo est la taille. Ce groupe socio-
cuturel distingue 3 types de termitières. La figure 20 les présente avec leurs
caractéristiques.
Typologie des termitières chez les Aïzo
Kogbagbè
Kota
Konoussoflé
Petite taille avec des brindilles
Taille moyenne avec une
Haute taille avec des
à l'intérieur et se trouvent
tête arrondie pouvant
fentes (trou) et abritant
souvent au bord des voies
donner des champignons
des termites Agbotra
Présente en saison des pluies
Présente toute l'année
Présente toute l'année


Figure 25 : Typologie des termitières par les Aïzo

La termitière dénommée chez les Aïzo :


Konoussoflé : C’est une termitière cathédrale avec des fentes (bifurcations). Elle est
l’équivalent de Agbannikota des Fon. Elle abrite les termites Agbotragbo. Elle est
retrouvée toute l’année dans tous les écosystèmes (champs, forêts, plantations).
Kovigbagbè : Le Gbagbè est une sorte de petite termitière retrouvée souvent au bord
des sentiers, jonchée de brindilles très recherchées par la population pour la
pharmacopée. Elle est équivalente à Gbakouègbakouè des Fon.
Kota : C’est le même type de termitière dite de vraie termitière. C’est d’ailleurs
pourquoi elle a donné son nom aux termitières. Elle est susceptible de produire des
champignons chaque année.
Signalons aussi que pour les Aïzo, les remarques faites sur l’existence d’autres
classifications parallèles applicables à toutes sortes de termitières sont aussi valables.

4.2.2.3. Chez les Holli


Les Holli distinguent trois types de termitières qu’ils appellent Bodi ou Odo. La
figure 21 les présente.





Typologie des termitières chez les Holli
Bodi
Odo
Issafor ou Kibissi
Petite taille à tête ronde
Haute taille abritant Ogan
Termitière hypogée
Présente toute l'année
Présente toute l'année
Présente toute l'année


Figure 26 : Typologie des termitières par les Holli

La termitière dénommée chez les Holli :

Bodi : C’est une petite termitière à tête arrondie dans laquelle reste tous les petits
termites appelés étoutou. Elle se retrouve partout (à la maison, au champ, en forêt,
dans la plantation) et subsiste le long de toute l’année.
Odo : Signifiant haut ou debout en Holli, odo est une sorte de termitière cathédrale
abritant les termites de type Ogan. Elle se retrouve partout le long de l’année.
Issafor ou Kibissi : Signifiant cage en Holli, c’est une termitière hypogée que ces
populations découvrent lors des travaux champêtres. Elle est souvent utilisée comme
ingrédient dans la confection diverses amulettes.
Par ailleurs, les termitières peuvent être désignées par le nom de fétiche qu’elles
abritent. On peut ainsi avoir Odo onin, c’est-à-dire la termitière odo abritant le fétiche
Onin.







Photos 6, 7 et 8 : Successivement de la gauche vers la droite les termitières du type
Odo, Bodi et Kibissi chez les Holli

4.2.3. Divers usages des termites dans les environs de la Lama




Les termites participent à la vie sociale des populations riveraines ou mitoyennes de
la forêt classée de la Lama qui en font divers usages. Trois grands rôles sont reconnus aux
termites dans la Lama : alimentaire, médicinal et magico-thérapeutique.

4.2.3.1 Usages alimentaires des termites

Les populations disent fournir de protéines à base de termite à la volaille (poulets,
canards, pintades, etc.). Ainsi, les termites sont donnés aux oiseaux soit en les mélangeant
à des grains de maïs soit exclusivement à l’état pur sans aucune transformation dès que
ramenés du champ. Pour ces groupes socio-culturels, la volaille a ainsi une croissance
accélérée et un gain de poids élevé qui est un synonyme d’une forte valeur marchande.
La consommation directe des termites par la population n’est pas développée dans la
zone mais les différents groupes socioculturels recherchent activement la reine surtout
celle des gros termites (Macrotermitinae) non seulement à cause de sa richesse en protéines
mais aussi pour diverses autres raisons. Pour les Holli, avalée crue, la reine permet de
devenir leader, de bien gouverner ou de diriger. Ainsi, elle est prisée aux yeux des chefs et
des futurs chefs. Aussi, permet-elle aux Holli, consommée avec une bouillie de rafraîchir la
mémoire (aide mémoire). Pour les Fon et Aïzo par contre, la reine donnerait la virilité aux
hommes car sa consommation améliorerait la qualité du sperme.
Les termites contribuent à l’alimentation des populations à travers l’offrande faite à
elles chaque année des réserves qu’ils accumulent dans leurs nids que sont les
champignons.










Photo 9 : Les champignons Termitomyces appelés Olouèrin par les Holli




Les moments d’essaimage des termites constituent des temps favorables de chasse
pour la population qui non seulement posent des pièges au sol au lieu d’où ils essaiment
pour attraper les animaux terrestres friands des termites mais aussi pour chasser les oiseaux
(francolins, pintades, tourterelles, bulbuls, pigeons, etc.) du ciel. Le tableau VII résume les
usages alimentaires faits des termites selon des différents groupes socio-culturels riverains.

Tableau VII: Divers usages alimentaires des termites

Usages (%)
Groupe
Consommé
Consommé
socio-
Consommé
Consommé
Dans
pour avoir la
pour être
culturel
pour aide
pour avoir la
l’aviculture
chance dans la leader, chef ou
mémoire
paix
vie
influent
Fon
75,55
0
0
2,22
0
Aïzo
37,77
0
2,22
0
0
Holli
26,66
3,33
0
0
10

4.2.3.2. Usages magico-thérapeutiques des termites


Les termites sont des éléments principaux dans la fabrication de talismans, gris-
gris ou amulettes. En effet, réduits en poudre noire par calcination et pris avec de la
bouillie, ils permettent d’avoir la chance. Aussi, permettent-ils de fabriquer un gris-gris
pour miner sa femme afin de contrôler sa fidélité et dans l’optique de faire du mal aux
coureurs des femmes d’autrui.

Enfin, les termites sont utilisés pour fabriquer un vodoun qu’on dépose dans les
champs de culture pour les proteger contre les voleurs.
Dans le tableau VIII sont consignés ces usages selon les groupes socio-culturels.

Tableau VIII : Les usages magico-thérapeutiques des termites

Usages (%)
Groupe socio-culturel Miner les femmes
Protection des champs de culture
Fon
8,88
0
Aïzo
24,44
2,22
Holli
0
0


4.2.3.3. Usages médicinaux des termites


Les usages médicinaux des termites ne sont pas du reste au sein de la population.
Les termites guériraient la toux et la géophagie des enfants chez les Holli, s’ils sont réduits
en poudre noire et pris avec la bouillie de maïs. Le tableau IX donne un aperçu des usages
médicinaux des termites selon les groupes socio-culturels.
Tableau IX : Les divers usages médicinaux des termites dans la Lama


Maladie (%)
Groupe socio-culturel
Toux
Géophagie chez les enfants
Fon
0
0
Aïzo
0
0
Holli
3,33
3,33
4.2.4. Divers usages des termitières dans la dépression de la Lama


Les multiples usages faits des termitières par des groupes socio-culturels riverains
de la forêt classée de la Lama témoignent bien de la place importante qu’ils leur accordent.
Les termitières participent à la vie sociale de ces populations sur divers plans tels que :
agricole, médicinale, alimentaire, magico-thérapeutique, etc.

4.2.4.1. Usages alimentaires des termitières


Les termitières jouent un grand rôle alimentaire dans la zone d’étude. Pour ces
groupes de populations, la providence, que constituent les champignons Termitomyces qui
poussent chaque saison dans les termitières est fortement appréciée. En effet, les
champignons constituent un don de Dieu qu’il donne à celui qu’Il veut. Les Holli
reconnaissent deux types de champignons (Olouèrin et Oloudè) tandis que les Fon et les
Aïzo n’en reconnaissent qu’un un seul (lisso). Selon ces groupes socio-culturels, les
champignons sont très riches en éléments organiques essentiels. Ils sont même l’objet de
transactions économiques dans la zone au cours de la saison de récolte qu’ils situent
généralement dans la petite saison des pluies (zô).

Par ailleurs, les termitières du genre Yèwéglo chez les Fon et Kibissi chez les Holli
contiennent des termites consommables par la volaille. Le tableau X présente ces usages en
fonction des groupes socio-culturels.



Tableau X : Usages alimentaires faits des termitières


Usages alimentaires (%)
Groupe socio-culturel Aliments volaille
Champignon
Fon
42,22
84,44
Aïzo
17,77
75,55
Holli
3,33
90

4.2.4.2. Usages agricoles et écologiques des termitières


Les usages agricoles faits des termitières sont considérables chez les différentes
populations environnantes de la forêt classée de la Lama. D’abord, elles constituent des
abris de repos dans les champs. C’est les seuls lieux où les paysans peuvent dresser leur
abri de fortune surtout au cours des saisons des pluies. Elles abritent des cultures et sont les
seuls lieux où le rendement est meilleur. Par ailleurs, au cours des saisons excédantes en
eaux de pluie surtout dans les centres recasés de la Lama, les termitières sont les lieux où
les paysans peuvent faire des récoltes, les autres lieux étant inondés par la pluie. Elles
contribuent ainsi à la survie des populations locales au cours des mauvaises saisons. Par
ailleurs, ces populations y reconnaissent un rôle économique important. Les termitières
mortes ou celles vivantes rendues mortes par différentes techniques sont souvent le siège
de cultures spéciales telles que les cultures maraîchères, le maïs, etc. (voir photo 10), à
cause de la richesse de leurs sols qu’elles savent bien déceler.










Photo 10 : Culture de tomate sur une termitière de type Bodi chez les Holli




Les termitières surtout celles qui sont mortes constituent des réservoirs pour la
faune sauvage. Elles sont des lieux potentiels de chasse pour la population locale. Ces
dernières les creusent à la recherche de l’animal ou mettent des pièges à l’entrée des fentes
pour la capture.

En dépit de la richesse en principaux éléments minéraux assimilables par les
plantes, les termitières à cause de leur forte teneur en argile sont d’une dureté et solidité
élevées, ce qui justifie leur usage technologique par la population locale. Ils les utilisent
non seulement comme sable dans la construction de leurs cases mais aussi pour terrasser et
remblayer les chambres. Ces différents rôles et usages agricoles par les groupes ethniques
sont repris dans le tableau XI.

Tableau XI : Divers usages agroécologiques des termitières

Usages agricoles (%)
Groupe
socio-
Abri
Lieu de
Lieu de
Terre pour Terriers
Lieu des
culturel
dans
Fertilisant culture lors
chasse
la
pour
cultures
les
agricoles
des
des
construction animaux
maraîchères
champs
inondations animaux des maisons sauvages
Fon
2,22
20
80
8,88
8,88
4,44
20
Aïzo
2,22
0
53,33
33,33
6,66
6,66
0
Holli
0
3,33
73,33
36,66
3,33
3,33
3,33

4.2.4.3. Usages médicinaux des termitières

Les usages médicinaux et thérapeutiques faits des termitières sont nombreux dans
la dépression de la Lama (Tableau XII). L’oreillon est guéri chez les Holli en tournant
trois fois autour d’une termitière avec un refrain (voir chant n° 3) dans la bouche. Chez
les Aïzo par contre, cette même maladie est guérie en passant sur la joue une lotion à
base du sable de termitière que les guêpes ont cherché pour faire leur nid et d’urine
d’un jeune enfant non circoncis. Les termitières guérissent aussi la diarrhée à travers
les meules de champignons qu’on retrouve en leur sein, écrasées dans la bouillie de
maïs. Les piqûres des animaux tels que les scorpions, les milles pattes et même les
serpents sont calmées en tournant autour des termitières selon les Holli.




Tableau XII : Rôles médicinaux des termitières

Usages (%)
Groupe socio-
culturel
Cicatriser les Maux de
Piqûre de
Piqûre de
Oreillon
Toux
plaies
tête
mille pattes
serpent
Fon
0
2,22
4,44
0
0
0
Aïzo
2,22
2,22
4,44
2,22
0
2,22
Holli
0
3,33
26,66
0
20
0

4.2.4.4. Usages magico-thérapeutiques des termitières

Comme il ressort du tableau XIII, les brindilles, petits morceaux de feuilles ou de bois
retrouvés à l’intérieur de certaines termitières (Kovigbagbè ou Gbakouègbakouè) sont
fortement recherchées par la population locale surtout Fon et Aïzo à cause de leur
importance thérapeutique. Ces brindilles ajoutées à d’autres ingrédients constituent un
excellent aide mémoire que les candidats aux divers examens, les chanteurs, les griots
utilisent pour rafraîchir la mémoire. Elles font d’ailleurs l’objet de proverbes dans la zone
d’étude.
Ces mêmes brindilles en plus d’autres choses constitueraient une thérapie pour avoir la
chance dans la vie.
Du sable des termitières mélangées à d’autres choses servirait à rendre visible une
grossesse non développée chez la femme.
Tableau XIII : Rôles magico-thérapeutiques des termitières

Usages (%)

Groupe
Rendre visible la
Avoir la
Habitat
Rendre une
socio-
Aide-
grossesse non
chance dans
des
femme
culturel
mémoire
développée d’une
la vie
sorciers
stérile
femme
Fon
44,44
6,66
4,44
2,22
0
Aïzo
60
0
4,44
8,88
0
Holli
0
0
3,33
0
3,33



4.2.4.5. Usages cultuels


Les termitières sont selon certains groupes ethniques le siège des esprits. Elles
abriteraient les génies de la brousse. Différentes divinités peuvent y être représentées : Dan
et Sakpata chez les Fon et les Aïzo ; Onin et Otchoumaré chez les Holli. Ces usages
cultuels des termitières sont à la base la plupart du temps de la crainte que les populations
non initiées ont des termitières. Pour cette catégorie de la population, c’est le siège des
sorciers duquel on ne peut pas se rapprocher. De ce fait, les interdits du genre les femmes
enceintes et les enfants ne montent pas sur les termitières sont légion.

Pour les initiés, c’est tout un monde debout. Les gens forts peuvent aller y
séjourner. C’est le cas dans le passé d’un homme dans le village Akpè dans la commune de
Toffo qui avait le pouvoir d’aller préparer dans la termitière d’en ressortir avec des repas.
71,11 % des Fon interviewés, 57,77 % des Aïzo et 80 % des Holli affirment adorer les
termitières. Ces adeptes font chaque année des offrandes à leurs fétiches pour les biens à
eux accordés et pour en formuler d’autres.

4.2.4.6. Autres usages


Les termitières sont aussi l’objet d’autres usages allant dans le domaine de
l’obscurantisme. Elles peuvent abriter plusieurs gris-gris servant à faire du mal. La couche
d’une femme enterrée dans une termitière rendrait cette dernière stérile. De la même façon,
l’urine d’une personne en plus d’autres ingrédients le tout déposé dans une termitière ferait
du mal à cette dernière. De même un bâton magique (sô) dédié au nom d’une personne et
enterré dans une termitière servirait à la tuer.

4.2.5. Variabilités des connaissances ethnotermitologiques au sein des
différents groupes socioculturels riverains de la forêt classée de la
Lama

4.2.5.1. Les termites

Les divers usages faits des termites sont résumés dans le tableau XIV.






Tableau XIV : Comparaison des divers usages faits des termites


Nombre de connaissances
Groupe socio-culturel
Alimentaire
Médicinale
Magique
Total
Fon
2
0
1
3
Aïzo
2
0
2
4
Holli
3
2
0
5


Le tableau XIV indique que les Fon et les Aïzo font respectivement chacun 2
usages alimentaires des termites alors que les Holli en font 3. Ces derniers sont les seuls à
utiliser les termites à des fins médicinaux mais n’en connaissent pas des usages magiques
comme les Fon et les Aïzo. Nous pouvons conclure sous réserve de confirmation par un
test que les Holli sont ceux qui détiennent plus de connaissances dans l’usage des termites.
4.2.5.2. Les termitières


Le tableau XV résume les divers usages des termitières au sein des différents
groupes socio-culturels de la Lama.

Tableau XV : Comparaison des divers usages faits des termitières


Nombre de connaissances

Groupe socio-

Magico-
Agricole
Médicinale Alimentaire
Cultuel Total
culturel
thérapeutique
Fon
7
1
2
4
1
15
Aïzo
5
5
2
3
1
16
Holli
6
2
2
2
1
13


Le tableau XV semble montrer que les Aïzo sont ceux qui détiennent plus de
connaissances dans l’utilisation des termitières, suivis des Fon et des Holli.

Pour vérifier la variabilité de ces différentes connaissances ethnotermitologiques
au sein des peuples, le test d’analyse de variance non paramétrique de Kruskal-Walis a été
utilisé. La statistique KW de ce test donne respectivement pour les connaissances sur les
termites 0,55 et pour celles sur les termitières 0,305.

Toutes ces 2 valeurs comparées à la valeur de Khi-deux à 2 degrés de liberté au
seuil de 5 % obtenue des tableaux statistiques qui est de 5,99 nous permet de conclure que
les différences de connaissances ethnotermitologiques observées au sein des groupes
socioculturels riverains à la forêt classée de la Lama ne sont pas significatives et seraient


dues à un simple effet de hasard. Par conséquent, nous pouvons affirmer que les différents
peuples autour de la Lama ont les mêmes connaissances en ce qui concerne les usages faits
des termites et des termitières.

4.2.6. Rôles culturels et cultuels des termites et termitières dans les
environs de la Lama

4.2.6.1. Différentes formes culturelles d’expressions des termites et
termitières


Les termites et les termitières ont une place importante dans la culture et les
traditions des différents groupes socio-culturels riverains de la forêt classée de la Lama.
Ils sont utilisés comme des personnages clés dans des proverbes, dictons, insultes,
chansons, contes et autres scènes de la vie courante. Ces différentes formes culturelles
d’expressions des termites et termitières sont présentées dans les tableaux XVI, XVII,
XVIII, XIV et XX.
Tableau XVI : Les proverbes ayant comme fond de toile les termitières






Langues
Proverbes
Traduction (T)/Signification ou Similitude(S) ou Relation (Re) avec la vie des termitières
1
Fon
K
כ
agbodru wè nu mi, ali dé do T : Je suis la termitière agbodru, je n’ai pas de trou sur mon corps
hou é a
S : Comme ce type de termitière est sans fente, moi aussi je suis sans fente et ainsi le méchant
ne peut pas m’atteindre (rien me faire)
2
Fon
E to w
כ
yan bo d
כ
to kota
T : On recherchait la mangouste et on en parlait près des termitières R : La mangouste a des
amion hwé
oreilles
R: to do w
כ
ta
S : Il faut savoir garder les secrets au risque de le dire dans les oreilles des concernés / Les
mûrs ont des oreilles.
3
Aïzo
Yinklinsinsin xwhé ho voun
T: Deux serpents se sont battus sur une termitière. R : L’un trouvera nécessairement la mort.
k
כ
ta dokpodji.
S : Il n’y a pas deux capitaines dans un même bateau
R : Kou jin nan da
4
Aïzo
Lô wè gnizo nu logozo bo h
כ
n T: Le crocodile ayant giflé son ami tortue s’enfuit et alla se placer sur une termitière. R :
tchi k
כ
taji aga
Chacun fait sa pagaille.
R: gladi mєt
כ
mєt
כ

S : Tout homme a toujours quelqu’un de supérieur qui lui dicte souvent sa loi / La raison du
plus fort est toujours la meilleure.
5
Holli
כ
fє kijou kogbé bodi
T: Le vent qui souffle ne peut emporter la termitière.
S : Nous avons encore les pieds sur terre et rien ne pourra nous effrayer. / Le chien aboie mais
la caravane passe.



Langues
Proverbes
Traduction (T)/Signification ou Similitude(S) ou Relation (Re) avec la vie des termitières
6
Holli
ofifi kijou ko gbé bodi
T : La tempête ne peut emporter la termitière
S : Nous avons encore les pieds sur terre et rien ne pourra nous effrayer / Le chien aboie mais
la caravane passe.
7
Holli
Atègou ko gbé bodi
T : Le vent aussi violent qu’il soit n’emporte jamais la termitière.
S : Nous avons encore les pieds sur terre et rien ne pourra nous effrayer/ Le chien aboie mais
la caravane passe.
8
Aïzo
K
כ
ta yaya non hou hounto a
T : Ce n’est pas sur n’importe quelle termitière que les champignons poussent.
S : Il y a anguille sous roche. / L’habit ne fait pas le moine. / A chacun selon ses mérites.
9
Aïzo
K
כ
ma di ko émε vodoun aziza T : Les esprits élisent souvent domicile dans les petites termitières
non wa houé do
S : Autant que nous sommes grands et petits, riches ou pauvres, nous avons toujours besoins
les uns des autres. / On a toujours besoins d’un plus petit que soit.
10
Aïzo
Yaya k
כ
non hou lisso a
T : Ce n’est pas sur n’importe quelle termitière que les champignons poussent.
S : Il y a anguille sous roche. . / L’habit ne fait pas le moine. / A chacun selon ses mérites
11
Aïzo
Aya k
כ
non hou lisso a
T : Ce n’est pas du jour au lendemain que les champignons poussent sur les termitières


S : Il y a anguille sous roche. / L’habit ne fait pas le moine. / A chacun selon ses mérites.

12
Fon
K
כ
liasso koun non s
כ
ga sso a
T : Aussi haute que sera une termitière, elle ne peut jamais atteindre une montagne.
S : On ne compare pas des choses incomparables. / La grenouille qui veut se faire grosse



Langues
Proverbes
Traduction (T)/Signification ou Similitude(S) ou Relation (Re) avec la vie des termitières
comme un bœuf.
13
Fon
Ali man do k
כ
dé ou a aziza n
כ
T: Une termitière hermétiquement fermée est impénétrable par les génies de la brousse.
wa xwé hot
כ
mε a
S : Il y a anguille sous roche./ Tout le monde n’est pas dans le secret de Dieu. Il faut être un
initié.
14
Fon
Signansignan wè yi ba yon
כ
T: La fourmi magnant a rendu visite à son ennemi juré le termite qui s’étonna : tous les jours
agbotra. Da gbé yan ako lè wa ne sont pas dimanche, je suis venue seulement te saluer.
nu mia.
S: Nous devons enterrer nos haches de guerre et faire la paix autour de nous. / L’arbre du
silence porte le fruit de la paix. Nous devons fumer le calumet de la paix.
R : tè gbè ji vodun a n’wa
dogbé nu wé wé kpo houn
15
Fon
K
כ
ta gbakouègbakouè non gni T : La termitière gbakouègbakouè ne s’élève jamais de terre sans contenir des brindilles
b
כ
da gba non han dé mε an d’herbes.
(dagba= gbé gninignini)
S : De la même façon ce qui a été mémorisé ne peut plus jamais être oublié. / Chasser le
naturel et il revient au galop.
16
Fon/Aïzo Gbé n
כ
tchi gbakouè homè a
T : L’herbe ne manquera jamais dans la termitière gbakouègbakouè
S : De pareille chose ne peut se produire.
C’est souvent une incantation pour se rappeler des choses mémorisées. Le roseau plie mais ne
rompt pas. / Quel qu’en soit l’univers, le lion ne mangera jamais d’herbe. / Dieu pourvoira.




Tableau XVII : Les proverbes ayant comme fond de toile les termites
N° Langues Proverbes
Traduction/Signification ou Similitude ou Relation (R) avec la vie des termites
1
Fon
As
כ
clé
bi
ou
mon
tcho T : Le francolin est si malin et rusé pourtant les termites ont décomposé ses ailes
kossoukossou gnin awa ton
S : Même les grands ont leur supérieur. / Chacun a son tour chez le coiffeur.
2
Aïzo
Yin
כ
ssou kossoukoussou
T : Moi même termite Agbotragbo, si tu me piques, je te piquerai
agbotragbo agbomi
כ
na gboé
S : Oeil pour œil, dent pour dent
3
Aïzo
Yin kossoukossou agbotra atin T : Je suis le termite Agbotragbo. Si un arbre n’est pas aussi dur comme le fer, je le ronge.
éman gnin gan an n’non gboé
Re : C’est un termite qui cause de dommages aux populations

4
Aïzo
Agbotra wε d
כ
nu bia nu T : Le termite agbotra a dit à son voisin kossoukossou : tu ne peux qu’avoir les enfants plus
kossoukossou: vi jin ana ji hou mi, que moi mais moi j’ai la puissance plus que toi.
n’ka do agb
כ
hou wé.
S : A chacun ses talents
5
Fon
Toutou zè houè ma gnon koli wè T : Tu ressembles aux termites ailés qui sortent de terre et ne savent pas là où ils vont.
nou é
S : Tu es déboussolé dans la vie. / Tu navigues à vue.
6
Holli
Diε diε étoutou n’jε ilé
T: Petit à petit les termites détruisent les maisons.
S : Petit à petit l’oiseau fait son nid.


7
Fon
Kossoukossou Agbotragbo wè nu T : Je suis le termite Agbotragbo, je ronge même les montagnes du haut en bas.
mi, gnin wè n
כ
dou so bo n
כ
t
כ
do
glwè.
8
Fon
K
כ
kpatchè ka nu wé a b
כ
aji vi s
כ
T : Es-tu le termite kpatchè pour avoir si tant d’enfants
mon a
Re : Le caractère prolifique du termite kpatchè est utilisé pour insulter ceux qui ont beaucoup
d’enfants./ Tu es une femme lapine.

Tableau XVIII: Les chants ayant comme fond de toile les termites et termitières
N° Langues Chants
Traduction/Morale
1
Fon
Ahé mon kota do té bo d
כ
émi mon T : Un non initié ambitieux ayant vu la termitière a cru voir le fétiche vodoun
vodun tri tri do ba wè été
M : La termitière comme des forces immatérielles.
Il s’agit d’un chant exécuté lors des sorties de zangbéto ou Kaléta
2
Fon
Kota dé mon té bo aziza non tcha T : Les esprits discutent dans les termitières gbakouègbakouè


bo
non
gan
kota S : Termitière comme siège des esprits
gbakouègbakouè non do té bo C’est chant de Sakpata
aziza non tcha démè bo non gan.
Vè do do to wé d
כ
wé gbè ko blo
gbon dé nou wé aï mon.
3
Holli
Djéguédé lolina jo fun bodi T : C’est l’oreillon qui m’a dit de venir tourner autour de toi termitière


djéguédé kp
כ
ou djéguédé loli na jo M : Rôle mythique de guérison de l’oreillon par les termitières en tournant autour d’elles.
fun bodi djéguédé pk
כ
ou Ig
כ
kp
כ

ou.
4
Fon
Koflé koflé k
כ
fé lélé. Koflé koflé T : Les termites ailés ont défait les cheveux de la panthère qui les a invité à un festin
k
כ
fé lélé. Mi toun da nu kp
כ
fé lélé S : Termites sauveurs d’autres animaux
.kp
כ
djè ahan bo yl
כ
mi fé lélé. Eto Il s’agit d’un champ exécuté à l’intérieur d’un conte entre l’hyène et la panthère.
mi gbo wè houn fé lélé. Eto dagbé
wè houn fé lélé. Eto yan yan wè
houn fé lélé.ali
כ
dji dié mi té fé lé


Tableau XIX : Les insultes et interdits
N° Langues Insultes ou Interdits
Significations
1
Aïzo
Ta di k
כ
ta d
כ
houn
Tête comme termitière
2
Holli
Eriè tobi kpé bodi
Grande tête comme la termitière.
3
Fon
Glé si non lè glé bo l
כ
gl
כ
do kota a Le cultivateur ne termine jamais sa journée de labour au chevet d’une termitière.





Tableau XX : Les contes
N° de conte
Langues
Titre
Relation avec la vie des termites ou termitières
Une histoire entre les monstres à trente têtes et un Les termitières comme des lieux où on peut se sauver lors des
Conte 1
Aïzo
chasseur
dangers.
Conte 2
Fon
Une histoire entre un chasseur et une panthère
Les termitières comme des habitats de la faune
Une histoire entre l’hyène, la panthère et les Les termites comme des êtres bénéfiques pour les autres
Conte 3
Fon / Aïzo
termites
animaux
Les termitières comme les habitats
Une histoire entre les génies de la brousse et une
Conte 4
Fon
des génies de la brousse
jeune fille





Les contes sont relatés à l’annexe n°3

Les termites et termitières ont alimenté à leur manière les proverbes, devinettes,
chansons, insultes et contes chez les différents groupes socio-culturels riverains à la forêt
classée de la Lama. Dans la plupart des cas, les populations ont une approche positive des
termites et termitières. Elles les considèrent, comme des êtres de compagnie à organisation
sociale évoluée. De ce fait, ils ne sont plus craints et on note une parfaite collaboration
entre eux et les populations locales. Les termites et termitières ont des spécificités et des
caractéristiques que les populations locales maîtrisent, ce qui leur permet de faire une
meilleure gestion de ces animaux et de leurs nids (engrais organique pour les termitières
mortes, lutte biologique et même préventive contre les termites). Ceci justifie le fait que
beaucoup d’entre eux préfèrent les garder dans leurs champs malgré leurs divers dégâts.

4.2.6.2. Rôles cultuels des termites et termitières


A la suite de beaucoup de souffrances ou à l’avènement d’un phénomène
extraordinaire (sécheresse, terre devenue inculte, rendement faible, etc.) ou simplement
lorsqu’elles veulent s’installer quelque part pour la première fois, les différentes
populations riveraines de la forêt classée de la Lama consultent les oracles pour inspecter
les lieux. Le fa peut révéler qu’il s’agit d’un vodoun dans une termitière au champ ou à la
maison qui demande à être vénéré. C’est ainsi que les termitières peuvent être le siège des
divinités telles Dan et Sakpata chez les Fon et Aïzo (voir photos 11 et 12) et Otchoumaré et
Onin chez les Holli. Le Dan chez les Fon ou Aïzo ou son homologue Otchoumaré chez les
Holli est un vodoun qui doit nécessairement être installé dans les termitières et est
systématiquement vénéré chaque année ou à sa demande même ou au rythme des bienfaits
accordés par ce dernier. Le Sakpata peut quant à lui habiter n’importe où y compris même
les termitières.







Photos 11 et 12 : Dankota (à gauche) et Kota abritant le fétiche Sakpata à droite




Ces différents fétiches ont des dignitaires ou des prêtres qui seuls sont les
intermédiaires entre eux et leurs adeptes. Ce sont ces prêtres qui présentent les offrandes
aux divinités. Les offrandes faites par les adeptes de ces fétiches dépendent absolument de
leurs formes. En ce qui concerne le Dan qui nécessairement doit être installé dans une
termitière, on a deux formes : le blanc (Danwéwé) et le rouge (Danvèvè) chez les Fon et
les Aïzo correspondant respectivement à Otchoumaré foufou et Otchoumaré koukpa chez
les Holli. Les différentes offrandes sont présentées dans le tableau XXII

Tableau XXI : Les différentes offrandes faites aux fétiches

Fétiches
Offrandes
Beurre de karité + coq + poulet + boissons sucrées + cola + miel +
Danwéwé
banane + patate douce + papaye + tissu blanc à hisser
Huile rouge + coq + poulet + boissons sucrées + cola + miel + banane +
Danvèvè
patate douce + papaye + tissu rouge à hisser
Otchoumaré
Huile rouge + maïs bouillie + sucre + poulet (s’il y a les moyens)
koukpa
Otchoumaré
Beurre de karité (ou huile rouge blanchie) + maïs bouillie + sucre +
foufou
poulet (s’il y a les moyens)
Onin
Niébé + igname + huile rouge
Sakpata
Niébé + igname + huile rouge


A la fin de la prière d’offrande aux divinités, les adeptes formulent des demandes à
leurs dieux. Les termitières ainsi déifiées sont systématiquement protégés et défendus
d’accès aux enfants et aux femmes enceintes. Ces termitières fétiches sont héritées par les
descendants qui les transmettent aux descendants qui veulent les vénérer.

Un autre rite cultuel à l’endroit des termitières est celui fait lors de la récolte des
champignons qui apparaissent sur elles. En effet, l’apparition des champignons sur une
termitière est perçue par les populations comme un don du fétiche Dan. Si une personne a
la chance de retrouver de telle grâce de la part de Dieu, elle se doit d’être reconnaissante à
la nature au risque de ne plus jamais la retrouver. Pour ce faire, il doit adopter un
comportement rituel qui consiste à laisser une tige de champignon sur la termitière pour





selon eux l’alimentation des termites. Si de surcroît c’est une termitière déifiée qui produit
de champignons, c’est la preuve que le fétiche est à l’écoute de ses adeptes.

4.2.7. Nuisibilité des termites et stratégies d’adaptation des
populations


Les populations riveraines de la forêt classée de la Lama luttent de diverses
manières contre les nuisances des termites dont elles sont souvent victimes. En effet, tous les
types de termites et surtout les plus grands détruisent les cultures au champ, les produits de
récolte stockés dans les sacs ou greniers, les toitures en paille des maisons, les poteaux de
constructions, les coffres forts dans les chambres, les habits et autres accrochés au mûr, les
meubles, etc. (voir photos 13, 14 et 15).







Photos 13, 14 et 15 : Respectivement de la gauche vers la droite, toiture d’une maison
endommagée, bois de construction attaqué et un poulailler détruit dans les centres récasés de la
Lama.


Pour lutter contre ces dégâts, les populations sont obligées d’être sur le qui vive en
contrôlant tout à tout moment. Une poudre appelée Kotounkotoun, le gaz-oil, l’huile de vidange,
le sel de cuisine ou l’insecticide coton leur permettent aussi de lutter un temps soit peu contre ces
insectes. Selon les Holli, l’usage de certaines plantes telle Lonchocarpus serius servirait à
éteindre les colonies de termites. D’autres par contre enduisent les bois de construction de
peinture empêchant ainsi la formation des galeries sur eux (voir photo 16)
















Bois de

construction
enduit de

peiture noire



Photo 16 : Une des stratégies de lutte contre les termites, adoptée dans la Lama






































5. DISCUSSIONS
5.1. Diversité des termites dans la Lama :
5.1.1. Richesse spécifique et diversité fonctionnelle

En général la richesse spécifique des termites des deux formations végétales de la
forêt dégradée (ancien ménage et jachère à Chromolaena odorata) et des champs de maïs
de la forêt classée de la Lama est plus faible que celles rapportées dans d’autres forêts en
Afrique (Davies et al., 2003), et ceci à partir de trois constats.
D’abord, la richesse spécifique est plus faible que celle des forêts de dépression
ailleurs en Afrique. Elle est seulement comparable à celle des forêts dense sèche et de
montagne de Madagascar (4 à 10 espèces ; Davies et al., 2003), à celle de la forêt de
genévriers des hautes montagnes en Malawi (12 espèces ; Donovan et al., 2002), à celle de
la forêt pluviale de mousson de la réserve de Holmes en Australie (5 espèces ; Dawes-
Gromadzki, 2005) et à celle de la forêt des Îles de l’Archipel Krakatau en Indonésie (10
espèces ; Garthorne-Hardy et Jones, 2000).
Deuxièmement, la majorité des espèces de termites recensés (8 sur 10), appartient
au groupe nutritionnel II. Donovan et al. (2001), les définissent comme les termites qui
consomment une large gamme de bois, à partir du bois pas trop sec jusqu’au bois pourris
ou décomposés, proches de l’humus. Les espèces de termite des autres groupes sont rares
(groupe I et III) ou absents (groupe IV, les vrais termites du sol). Taxonomiquement, ces
espèces sont caractérisées par une rareté des Kalotermitidae (une seule espèce) et une
abondance des Termitidae.

Finalement, résultant de la prédominance des espèces de groupe nutritionnel II, le
taux d’humification est très faible dans tous les écosystèmes étudiés.


La richesse spécifique en général est nettement plus faible que celle trouvée pour la
forêt naturelle (9,5) et dans les jeunes plantations de teck (6,5) par Attignon et al. (2005).
En effet, selon de Souza et Brown (1994), Davies (2002) et Davies et al. (2003), les
termites de la zone tropicale sont sensibles aux perturbations telles la déforestation, la
fragmentation de l’habitat, la conversion des forêts en plantations, etc., avec pour effet la
réduction de la richesse spécifique et des changements dans la diversité fonctionnelle. Cela
nous amène à affirmer que dans la Lama, il y a deux types de facteurs : les facteurs
communs à toute la dépression qui expliquent la faible richesse spécifique constaté en


général et les facteurs spécifiques à chaque formation végétale étudiée qui expliquent la
réponse de la fragmentation de la forêt naturelle sur les colonies de termites.

5.1.1.1. Facteurs communs à la dépression de la Lama


La forêt classée de la Lama est située dans une dépression. En examinant les
facteurs communs aux dépressions, on se rend compte que les conditions
environnementales en terme de quantité de pluie annuelle et de l’altitude sont certes faibles
dans la Lama mais ne diffèrent pas pour autant de celles des transects de dépressions
étudiés ailleurs en Afrique (Davies et al., 2003) malgré son emplacement dans le couloir
sec dahoméen. Cela nous amène à affirmer comme Attignon et al. (2005) que le seul
facteur commun qui puisse expliquer la faible richesse spécifique en général constaté et en
particulier l’absence des vrais termites du sol est le type de sol.

Le sol dominant dans la forêt classée de la Lama est le vertisol. Ce sont des sols
compacts, noirs et hydromorphiques avec de grands cycles de bouleversements saisonniers
(gonflement, dégonflement). Ces conditions apparaissent comme n’étant pas appropriées
pour les termites du sol (groupes III et IV). Ceci est confirmé par les travaux de Wood
(1998) qui a remarqué l’absence des termites dans les milieux inondés et certains vertisols
de bas-fonds. De plus, Eggleton et al. (1996, 1997) attribuent en partie le déclin des
termites du sol dans les forêts tropicales perturbées aux sols compacts. Une autre probable
explication de l’absence des termites du sol dans la forêt classée de la Lama est
l’insuffisance de la quantité de la matière organique du sol (Attignon et al., 2005).
Cependant, les quantités en carbone organique et en azote des vertisols de la Lama sont
similaires à celles d’autres forêts qui ont quand même une richesse spécifique en termites
du sol élevée (Eggleton et al., 1996, 1997). Ceci confirme le fait que ce sont les propriétés
physiques et non celles chimiques qui réduisent la richesse spécifique en termites du sol et
leur abondance dans les forêts tropicales.

En revanche, les termites champignonnistes semblent bien s’adapter aux vertisols,
ceci est prouvé par la forte densité des meules de champignons retrouvées au sol (53,78 %
des rencontres du sol).
Les vertisols couvrent rarement de vastes étendues mais sont parfois largement distribués
dans les régions tropicales notamment en Afrique. A cause de leur haute fertilité, ils sont
aussi bien mis en valeur par les agriculteurs que les forestiers si le drainage le permet.



Cependant, la situation pédologique toute spéciale dans la Lama n’est pas
exceptionnelle et il convient de bien comprendre l’interaction entre les caractéristiques
physiques du sol et les perturbations anthropiques exercées sur chacune des formations
d’étude pour interpréter la diversité fonctionnelle des colonies de termites sous les
tropiques.

5.1.1.2. Effet des facteurs spécifiques aux formations végétales sur les
colonies de termites


Les formations végétales étudiées sont toutes des habitats perturbés. L’effet de la
perturbation des habitats sur les colonies de termites est largement étudié en Afrique. Pour
de Souza et Brown (1994), les termites du sol sont plus vulnérables aux perturbations que
ceux consommant de la litière ou du bois. Les termites du bois devraient être plus
abondants et riches en espèces dans les conditions perturbées ou du moins temporairement
parce que les perturbations des habitats telles que la fragmentation des forêts, les
exploitations ou la conversion de la forêt en plantation souvent induisent un accroissement
des ressources alimentaires dû à une accumulation de la litière et à une quantité élevée de
bois morts disponibles (de Souza et Brown,1994 ; Eggleton et al., 1995 ; Davies, 2002 ;
Davies et al., 2003). Cependant, dans la Lama, les différents habitats perturbés étudiés
montrent des résultats contraires ; ce qui peut s’expliquer par les facteurs spécifiques à
chaque formation.

Premièrement, l’indice d’humification est faible et ne diffère pas significativement
entre les écosystèmes. Cet indice dénote le stade trophique des colonies de termites. Il
résulte de l’absence complète des termites du sol dans ces formations. Il devrait être
normalement plus élevé dans les écosystèmes forestiers comparés aux champs de cultures
qui sont des écosystèmes extrêmement perturbés à cause de la difficulté pour les termites
dans ces derniers de trouver de la matière organique en décomposition (Davies, 2003).
Ceci conduit souvent les termites à devenir des pestes des cultures pour pallier le déficit
d’apports organiques (Lavelle et al., 1997).

La richesse spécifique faible en général est aussi attribuable à l’absence des vrais
termites du bois notamment les Kalotermitidae. La seule espèce de Kalotermitidae
recensée est retrouvée dans les jachères à C. odorata. La prédominance des termites du
groupe II dans toutes les formations végétales étudiés, s’explique par la relative
disponibilité de la litière feuillue dans les écosystèmes forestiers. Dans les champs de maïs
en revanche, les racines et les tiges de maïs sont attaquées en réponse à la biomasse de


litière faible. De plus, les Macrotermitinae et les termitinae qui composent en général ce
groupe ont la réputation d’être plus résilients que les termites du sol par exemple
(Gathorne-Hardy et al., 2000).
Un autre constat tout de même spécial pour cette étude est que, bien que la richesse
spécifique soit faible en général dans ces formations, le nombre moyen de rencontres
(abondance relative) diffère significativement entre ces mêmes formations. Si donc la
faune termitologique est pauvre en espèces, elle n’est pas du tout pauvre en nombre de
rencontres de termites. Pour tous les transects étudiés, une densité de 0,64 termites par m²
est trouvée. Ce nombre est comparable à celui de Eggleton et al. (1997) dans le Sabah au
Congo (0,7) et à celui de Attignon et al. (2005) dans la même forêt de la Lama (0,8). Ce
constat peut être aussi expliqué par le fait que les perturbations induisent des
bouleversements pour les colonies de termites soit directement en agissant sur la ressource
alimentaire de base soit via la chaîne alimentaire. Ainsi, Davies (2002) suppose que les
perturbations produisent des changements dans la structure et l’abondance des insectes
sociaux qui réduisent la pression de prédation sur les colonies de termites. De plus,
diverses études en l’Afrique de l’ouest ont présenté des bandes armées de fourmis qui
éliminent définitivement des écosystèmes les termites du type Macrotermes bellicosus
(Korb et Linsenmair, 2001). Ces résultats confirment les connaissances des peuples
riverains sur les termites qui citent souvent dans les proverbes et autres dictons, des
combats entre ces termites et les bandes de fourmis.

Une autre possible explication à ces rencontres élevées de termites dans la Lama est
l’augmentation du temps de fouille par section dans les transets, adoptée dans la présente
méthodologie qui peut induire une croissance du nombre de rencontres de termites.
Toutefois, cette assertion doit être vite abandonnée tant est que le bien fondé de cette
modification de la méthodologie est de disposer de plus de temps pour extraire et fouiller
les vertisols durs de la Lama comme l’ont bien expliqué Attignon et al., 2005.

La présente étude menée dans les parties dégradées du noyau central (anciens
ménages et les jachères à C. odorata) et dans les champs cultivés qui a recensé 10 espèces
de termites ayant pour objectif d’étudier l’effet de la conversion de la forêt naturelle en
champs de culture, est une continuité des travaux de Attignon et al. (2005). Il ressort que la
conversion de la forêt en champs de cultures a réduit considérablement le nombre moyen
d’espèces de 9,5 dans la forêt naturelle à 6,5 dans les plantations de teck et à 4,5 dans les
champs de maïs.


Alors que, Attignon et al. (2005) avaient remarqué une abondance des Kalotermitidae dans
la forêt naturelle. Il va sans dire que la dégradation de la forêt naturelle et sa conversion en
champs de cultures a comme effet un changement de la structure des colonies de termites
des consommateurs de bois (Kalotermitidae) vers les consommateurs de litière
(Termitinae).

5.2. Usages des termites et termitières dans la Lama
5.2.1. Rôles alimentaires


Selon les récentes découvertes de la science en Afrique du Sud, les premiers
hominidés africains l'Homo habilis et l'australopithèque robuste ou l'une de ces deux
espèces se nourrissaient de termites (Backwell et d'Errico, 2001). Si la termitophagie est un
comportement préhistorique, elle se poursuit jusqu’à présent dans presque toute l’Afrique
noire mais sous des formes variées. Au Cameroun, la consommation saisonnière des
imagos est un fait de société dans la quasi-totalité des régions. Si les Bamilékés
consomment souvent de l’igname accompagnée d’une sauce d’huile de palme ou
d’arachide et de feuille de colocases, ces derniers sont remplacés en saison des pluies par
des termites dont la consommation permet ainsi de varier l’ordinaire (Jacques-Félix, 1948),
les Fali, montagnards, du nord, préfèrent généralement le cru au cuit. Leboeuf (1961),
constate quant aux rois, chefs, nobles, roturiers, vieux et jeunes du plateau de Bamenda
bien que consommant plusieurs fois par semaine viande et poisson, qu’ils font
saisonnièrement, grand cas des termites dans leur alimentation. En Guinée, il est fréquent
de rencontrer les termites grillés en vente dans les marchés (FAO, 1997). Au Bénin, si
Saliou (2005) affirme que la termitophagie relativement peu pratiquée au nord de la
République du Bénin, est quasi inexistante dans sa partie centrale et méridionale, Tchibozo
(2002), constate par contre que les termites font partie des insectes les plus consommés au
sud du pays. En effet, autour de la forêt classée de la Lama, la termitophagie est peu en
vogue et la consommation des termites se limite à leurs reines comme chez les peuples
Kufaloyinma de l’Atacora et les nombreux groupes bantous d’Afrique occidentale (Junod,
1936). On constate donc que tous les peuples africains ne sont pas termitophages au même
degré, et certains ne le sont pas du tout. Autour de la Lama, les reines de termites bien
qu’étant appréciées ne constituent pour les divers peuples qu’une ressource mineure
comme c’est le cas des Pygmés Aka de la forêt centraficaine (Bahuchet, 1985).



Les termites sont beaucoup moins importants dans l’alimentation des Rwandais que
dans celle de la majorité des populations du Cameroun, du Congo, et de la République
centrafricaine entre autres. Pourtant, malgré la grande réputation du Zaïre en matière de
consommation de termites, les zaïrois des régions d’Inongo, de Bokoro, d’Eala, ne sont pas
termitophages (Hegh, 1922). Ce qui fait dire à Laburthe-Tolra (1985) que bien des
africains, sans constituer une majorité ne consomment pas de termites, soit par répugnance,
soit parce que la termitophagie ne relève pas de leurs traditions alimentaires ou soit par
observance de certains interdits.
Par ailleurs, les africains ont introduit dans leur alimentation les œufs, les laves et l’huile
des termites. Il ne s’agit plus là d’une entomophagie proprement dite, mais d’une forme
dérivée et secondaire de cette habitude alimentaire. Beaucoup moins répandue que la
consommation de termites, elle est cependant connue dans maintes sociétés notamment en
Afrique centrale où les Pygmées sont extrêmement friands des œufs de termites (Trilles,
1932). En Afrique méridionale, surtout dans le désert du Kalahari chez les Bochimans, une
termitière contenant des laves appartient à celui qui le premier l’a découverte (Mauduit,
1954).
Un autre usage alimentaire des termites et termitières dans les environs de la forêt
classée de la Lama est la consommation des champignons comestibles provenant d’eux.
Les divers peuples riverains étant des avertis, guettent avec impatience la saison
d’apparition des champignons située dans la petite saison des pluies.

Un autre bienfait alimentaire des termites et termitières est qu’ils sont des réservoirs
pour la faune sauvage. Ceci est confirmé par Grassé et Noirot (1949) partout en Afrique,
où les nids gigantesques des Macrotermes, lorsqu’ils sont vides de leurs habitants, abritent
en revanche une abondante population d’espèces venues secondairement, aussi bien
d’autres insectes que des mammifères et des reptiles de toutes sortes.

Dans les environs de la Lama, la chasse aux gibiers quand elle est organisée
contraint les petits animaux surtout en saison sèche à trouver refuge dans de vieilles
termitières où, efficacement traqués, ils sont tués.

En saison des pluies, profitant de l’essaimage des termites, les populations de la
dépression de la Lama, posent des pièges au sol d’où ils essaiment pour attraper les
animaux terrestres friands des termites mais aussi armés de leurs lance-pierre, flèche ou
fusils tuent les oiseaux insectivores du ciel.

Les humains ne sont pas les seuls concernés par le rôle alimentaire des termites.
Les termites sont aussi donnés en nourriture aux animaux domestiques notamment la


volaille. En effet, les termites et leurs nids occupent une place de choix en Afrique dans
l’élevage avicole. L’élevage de la volaille se faisant pour la plupart du temps en divagation
dans les environs de la Lama, les divers peuples ne ramènent à la maison que des nids
hypogés rencontrés occasionnellement dans les champs au cours des labours pour
compléter l’alimentation des oiseaux ; ce qui n’est pas le cas chez les groupes ethniques
riverains à la Réserve de Biosphère de la Pendjari au nord-ouest du Bénin où de nombreux
agriculteurs ont l’habitude d’éventrer des termitières pour l’alimentation de leur volaille
(Saliou, 2005). C’est le cas, chez des habitants de Furu dans la région de Ségou au Mali, où
les petites termitières en forme de champignons étaient coupées à la base, portées au
village, concassées et leurs occupants donnés en nourriture aux poules (Binger, 1892).

On constate chez les divers peuples de la Lama, que l’alimentation de la volaille se
limite plus aux termitières hypogées préférant garder les autres à cause de leurs
importances socioculturels. Ce comportement est aussi noté chez les groupes ethniques
Wama, Gourmantché et Berba riverains à la Réserve de Biosphère de la Pendjari qui
sélectionnent les termites dans l’alimentation de la volaille en fonction des types de nids
même petits, qui les abritent, et en tenant compte de l’âge de la volaille pour les nourrir
aux termites (Saliou, 2005). Il en est de même pour les populations dans la presqu’île du
Cap-Vert qui utilisent les termitières de petite taille, quelle que soit l’espèce de termites qui
les a bâties, pour nourrir leurs volailles notamment les poulets (Roy-Noël, 1974).
Decary (1950), nous apprend que cette technique est aussi utilisée à Madagascar où aux
alentours des villages, les habitants décapitaient les termitières pour en livrer le contenu à
la volaille, surtout aux jeunes pintades.

5.2.2. Rôles agricoles et écologiques


Les différents peuples autour de la forêt classée de la Lama reconnaissent bien aux
termites et aux termitières leurs rôles agro écologiques en ce sens qu’ils y installent leurs
champs surtout sur celles qui sont mortes dans le but d’accroître le rendement de leurs
cultures. Ce rôle est aussi reconnu par les populations riveraines à la Biosphère de la
Pendjari qui en font leur station privilégiée d’exploitation agricole (Saliou, 2005).
Néamoins, les expériences et les pratiques agraires traditionnelles en relation avec les
termitières dans quelques départements de la République du Bénin prouvent que les
comportements des paysans, très nuancés localement, sont régionalement diversifiés à
l’extrême, même si, globalement, le geste qui consiste à planter ou à semer sur une


termitière ou à son pied demeure immuable (Quenum, 1980). Cette invariabilité gestuelle
ne saurait dissimuler l’importance et la variabilité du savoir et savoir-faire des ruraux en
matière de contribution agricole des termitières. Au Bénin sur les plateaux de Sakété et de
Pobè par exemple, l’abondance de ces termitières indique des sols favorables aux cultures
vivrières notamment céréalières (Quenum, 1980). Souvent dans le département de
l’Atacora, lorsqu’elles sont nombreuses et de tailles modestes, c’est-à-dire moins d’un
mètre de haut en général et sur sols rocailleux, elles signaleraient l’inaptitude de ces
derniers à porter des tubercules comme l’igname (Iroko, 1996). Généralement d’ailleurs
dans le départemùent de l’Atacora, la grande taille des termitières est un indice de
l’existence de terres arables ; leur rareté ou leur absence annoncerait la pauvreté relative de
certains sols impropres à la plupart des cultures vivrières, mais sur lesquelles on pourrait
obtenir un rendement acceptable en y plantant par exemple des boutures de manioc (Iroko,
1982).

Plus généralement en Afrique, les Zela du Shaba, ne cultivaient traditionnellement,
de façon générale, qu’aux abords de grandes termitières, abondantes sur leur territoire
(Boulanger, 1974). Quant aux Fali, montagnards du Cameroun septentrional établis au
nord de Garoua, ils sont des jardiniers méticuleux qui aménagent avec soin d’étroites
parcelles en recherchant autant que possible le voisinage des termitières proches des
villages pour la culture des plantes comme le gombo et le tabac qui viennent facilement sur
ces sols (Leboeuf, 1961).
Hauser (1978) a constaté sur le « plateau mossi » au Burkina Faso que l’action des termites
s’exerce verticalement et latéralement. Ils modifient le sol par leurs nombreuses galeries,
ce qui favorisent la pénétration des eaux de pluie et le brassage des éléments provenant des
divers horizons supérieurs. Par ailleurs, ils jouent dans la dissociation de cuirasses
ferrugineuses anciennes un rôle qualifié de primordial par les géomorphologues (Tricart,
1957).

En définitive, selon Grassé (1936) et Grassé et al.(1959), le rôle agrogéologique
des termites est double : d’une part ils font entrer dans le cycle biologique des matières
organiques qui en étaient distraites; et d’autre part les différents matériaux végétaux
ingurgités et exercés par ceux-ci retournent à la terre, dont ils augmentent
considérablement la teneur en azote utilisable. Les plantations luxuriantes de sisal à
Ngomeni en Tanzanie et à Thika, près de Naïrobi au Kenya sont des cas exemplaires de
réussite agricole liée à l’action améliorante des termites supérieurs (Hesse, 1955). Les


planteurs du Natal aussi savent que c’est sur la terre des termitières qu’ils obtiennent les
meilleures récoltes de canne à sucre (Hegh, 1922).

Chez les Fon et les Aïzo riverains de la forêt classée de la Lama, il est fréquent de
constater que des maisons d’habitations sont construites à l’aide de la terre de barre
mélangée à de la terre de termitière, ceci non seulement à cause du rôle de liant que joue
cette terre due à sa solidité mais aussi selon Iroko (1996) à cause des symboles qu’elle
représente. En effet, chez les Fon, lorsqu’un homme n’a pas les moyens matériels
nécessaires ou qu’il n’est pas aidé par le sort pour se construire une maison, les devins lui
confectionnent alors un gris-gris à base d’argile prélevée sur termitière, les termites
architectes et maçons sont supposés apporter, par l’argile de leurs nids, la chance de
pouvoir construire une maison à l’homme sans toit. Une autre vertu, toujours symbolique,
est parfois reconnue à l’argile prélevée sur une termitière encore habitée : une maison
construite avec ce matériau est appelée à voir ces occupants s’accroître et devenir
nombreux, à la manière en quelque sorte des termites dans leur nid. Cette conception est
encore vivace chez certains paysans Tchangana du nord-est de la République du Bénin.

Chez les Holli riverains de cette forêt par contre, les sables de termitières sont
utilisés pour remblayer et terrasser les cases d’habitations. Si les populations riveraines de
la forêt classée de la Lama, utilisent de façon diverse l’argile des termitières dans la
construction de leurs habitats, ceci n’est pas le cas chez les populations riveraines à la
Réserve de Biosphère de la Pendjari chez qui les termitières interviennent rarement dans la
construction de leurs habitations (Saliou, 2005). En Afrique, les Bassa du Libéria ont
l’habitude de construire en matériaux végétaux leurs cases qu’ils asseyent sur un socle
maçonné, surélevé par de l’argile de termitière (Genevray, 1952). En Côte d’Ivoire, la
qualité de l’argile de termitière est aussi très appréciée comme matériau de construction
(Miège, 1961). Les maisons fali des plateaux du Nord-Cameroun doivent leur solidité à la
terre des nids de termites qui ont servi à monter leurs murs (Seignobos, 1982). Malgré la
vogue du ciment, cette argile est toujours sollicitée pour la fabrication des briques à
N’djaména au Tchad (Grassé, 1950). Les Ngbaka de la Lobaye, population forestière de la
République centrafricaine, considèrent la terre des termitières comme le matériau le plus
adéquat pour la maçonnerie de leurs maisons (Sevy, 1972).

Dans l’examen de la corrélation qui existerait entre une termitière et la qualité de
l’environnement pédologique, les paysans ne s’en tiennent pas seulement à leurs
impressions visuelles. Leurs sensations tactiles les amènent à apprécier la valeur agricole
de certains sols à travers le degré de friabilité des restes de termitière. Les sensations


gustatives aident autant les Bariba du Borgou que les Betammaribè de l’Atacora à
déterminer la teneur en argile des termitières qui correspondrait vaguement à celle des sols
environnants jusqu’à une certaine profondeur. Ainsi, ils parviennent à évaluer
approximativement les atouts agricoles du terroir qu’ils comptent exploiter.

5.2.3. Rôles médicinaux


Les populations de la dépression de la Lama, font grand usage des termites et de
leurs dérivés sur le plan médicinal. Ceci est confirmé par les observations de Pazzi (1976)
dans toute l’Afrique qui nous apprend que les termites interviennent dans l’action sanitaire
naturelle et spontanée indépendamment de toute intervention humaine et sont utilisés pour
prévenir et guérir des maladies. C’est le cas aussi chez les groupes ethniques de la Réserve
de Biosphère de la Pendjari (Saliou, 2005) mais aussi au Rwanda où les guérisseurs traitent
spécialement des maladies infantiles dont les fontanelles de bébés. Ainsi, le guérisseur
creuse l’intérieur d’une grande termitière épigée pour y retirer la loge d’argile compacte et
dure dans laquelle vit la reine des termites. Il l’enlève de sa demeure et la pose, toujours
vivante, sur le crâne de l’enfant, à l’endroit précis où se manifeste le mal, sur la zone de
faiblesse du crâne. Toujours dans ce même ordre d’idées, les habitants de certaines parties
de l’inde font consommer à leurs vieillards, selon des rites secrets appropriés, des termites
ailés pour les fortifier (Hegh, 1922).

Les Fon du centre de la République du Bénin ont hérité de leurs ancêtres un vieux
procédé qui consiste à conjurer définitivement une maladie en la confiant à une termitière
géante à l’intérieur de laquelle sont déposés cauris et infusions ayant servi au traitement du
patient (Trilles, 1932). L’argile, notamment celle de termitière, intervient tant dans le
traitement externe qu’interne du mal. Le guérisseur le réduit toujours en poudre ou en pâte
visqueuse avant son usage. Il l’utilise très souvent pour soigner les enflures dont les
oreillons et les abcès.

Le traitement des oreillons à partir de l’argile pulvérisée de termitière, est très
commun en Afrique subsaharienne. A l’instar des Fon, Aïzo et Holli riverains de la forêt
classée de la Lama et des Berba, Gourmantché et Wama au nord-ouet du Bénin, des peuls
de Mauritanie, les Dagomba du Ghana, les Nupe du Nigeria et les Téké du Congo
apprécient l’efficacité de la terre de termitière dans les soins à apporter aux enfants
souffrant d’oreillons (Mallart, 1977). Les Holli rendent visibles les grossesses non
développées de leurs femmes en faisant usage de la terre des termitières. Pourtant, ils ne


sont pas les seuls en Afrique puisque Hegh (1922) notait déjà que les femmes enceintes
ghanéennes, togolaises, nigérianes, centrafricaines et congolaises raffolent de l’argile de
termitière qu’elles considèrent comme un remède à plusieurs maux ou malaises liés à leur
état. Notons enfin que les différents peuples de la Lama utilisent les meules de
champignons pour la guérison de plusieurs maladies parmi lesquelles la toux. Ceci est
confirmé par Noirot (1959) tant en Afrique occidentale qu’en Afrique centrale où les
vendeurs d’ingrédients de la pharmacopée comptent parmi leurs marchandises des meules
à champignons de termitières champignonnistes.

5.2.4. Rôles cultuels et magico-thérapeutiques


Les termitières géantes de Bellicositermes et de Macrotermes ont exercé sur les
représentations collectives africaines un attrait tel que des milieux socioculturels les ont
intégrées, de diverses manières à leur mythe d’origine. Heusch (1972), a constaté que de
nombreux groupes socioculturels africains, dans leurs mythes archétypaux d’origine, font
venir leurs ancêtres fondateurs et civilisateurs de termitières d’où ils auraient brusquement
surgi un jour quand ils n’y ont pas été simplement découverts par ceux qui seront par la
suite leurs sujets. Ce constat est confirmé par Iroko (1982) en République du Bénin, où
quelques ancêtres fondateurs de villages seraient, à en croire des traditions locales
demeurées vivaces jusqu’à nos jours, venus d’une termitière. Ainsi, le mythe d’origine de
la royauté de Sakété, au sud du Bénin, est inséparable de la divinité termitière, qui a choisi
et imposé le site d’implantation du nouveau pouvoir à l’ancêtre fondateur qui est en même
temps le premier souverain d’une longue lignée (Iroko, 1996). Une autre légende, assez
répandue, lie les origines d’Akron, donc celle de Porto-Novo, à une initiative du génie nain
Abory Mêsan Ajaja ; Ajaja aux neuf têtes, qui vivait dans une termitière. Il en sortit un jour
et ordonna à des chasseurs médusés de lui installer un autel dans un temple qu’ils devaient
construire à son intention (Akindele et al., 1937 cités par Iroko, 1996). Aussi, les
Bekyuabe de l’Atacora, seraient originaires d’une termitière ; la tradition dit qu’ils y
habitaient, quand ils furent découverts par les Bekube qui les en firent sortir pour venir
vivre avec eux (Mercier, 1968).
Les princes des royaumes de Kétu et de Igbo-Idasha dans l’arrière-pays du Golfe du
Bénin, ne pouvaient accéder au trône royal qu’au terme d’une période initiatique dont l’une
des séquences les plus importantes était la consommation rituelle de la reine des termites ;
celle-ci était mélangée à d’autres ingrédients auxquels était parfois associé le roi des


termites, beaucoup plus petit qu’elle. Le but de cette pratique était de renforcer le pouvoir
de l’autorité du roi sur ses sujets, puisque la reine des termites, particulièrement obéie de
ces derniers, est en effet l’objet d’un grand respect, d’une sollicitude de tous les instants et
de soins attentifs de la part des ouvriers (Grassé, 1959). La consommation rituelle par ces
rois de la reine des termites, véritable machine à pondre et symbole de fécondité, est un
gage de prospérité et d’accroissement démographique du royaume. Dans les environs de la
Lama, les Holli connaissent bien ce rôle des termites puisque leur reine est prisée à leurs
yeux.

Les techniques divinatoires, nombreuses en Afrique, font appel, entre autres, à des
animaux parmi lesquels l’araignée mygale occupe une place que seul le termite pourrait
peut-être lui disputer. Le termite avait, depuis les origines de l’humanité, le don de la
divination qui l’a mis en arde contre les conséquences de certains actes (Griaule, 1938). De
nombreux africains dont le support divinatoire est le termite et/ou la termitière, ont oublié
le mythe d’origine du don oraculaire de cet insecte qu’ils continuent cependant de solliciter
régulièrement pour des solutions à leurs problèmes (Hebga, 1979). C’est le cas chez le
groupe socio-culturel Berba où les dégâts de certains termites permettent de présager un
malheur auquel il faut vite trouver de solutions pour ceux qui en sont avertis (Saliou,
2005).

Les termitières, surtout celles, toujours géantes, de Bellicositermes et de
Macrotermes, sont considérées dans la majorité des sociétés africaines au sud du Sahara,
comme un nœud de forces immatérielles et mystiques. Au nord ouest du Bénin, les Berba
font appel à la plante Maerua oblongifolia située sur les termitières pour les cérémonies de
purification ou de baptême (Saliou, 2005).
Située à la frontière de deux mondes, la termitière, notamment celle géante des
Bellicositermes et de Macrotermes, intervient dans les coutumes funéraires. C’est le cas
chez le groupe socio-culturel Gourmantché qui l’utilise dans les cérémonies de veuvage et
des Bariba du Borgou qui qualifient les termitières à chapeau de termitières des morts dont
elles seraient l’œuvre par le canal des termites. Les Béti du Cameroun quant à eux, croient
que les morts devenus revenants finissent à la longue par être tout à fait inertes et «
s’incarner dans une termitière en forme de champignon (Laburthe-Tolra, 1985).

Le caractère ambivalent des termites et termitières, associés à la vie comme à la
mort, explique la sollicitude dont ils sont l’objet de la part des jeteurs de mauvais sorts
destinés à donner la mort à autrui (Tauxier, 1924). Ce serait probablement pourquoi les


Fon et les Aïzo riverains de la Lama y enterrent des gris-gris ou des amulettes dans le but
de nuire à leurs prochains.

Par ailleurs, dans les environs de la forêt classée de la Lama, les termitières sont
déifiées et adorées à cause de ces nombreux bienfaits. Il en est de même dans la région de
Tori plus au sud du Bénin, où le Kosunon, chef religieux des termitières, seul homme
capable d’entrer en communication avec les divinités offensées, s’occupe également des
cérémonies de purification au sein de son peuple. C’est le cas aussi au Cameroun où, les
Mbororo, pour entretenir la santé et vaincre les dangers qui menacent l’homme tiennent
compte du comportement des termites, véritable test de l’efficacité ultérieure des
ingrédients à utiliser (Bocquene, 1986).































6. CONCLUSION ET SUGGESTIONS
6.1. Diversité des termites


La richesse spécifique totale des termites dans la forêt classée de la Lama est faible,
due à l’absence des vrais termites du sol. Elle n’est pas significativement différente entre
les formations dégradées de la forêt naturelle et les champs de culture. Par contre, leur
abondance relative est significativement différente entre les deux formations de la forêt
naturelle et les champs de culture.

Les travaux de Attignon et al. (2005) sur la diversité des termites dont la présente
étude est une continuité ont recensé en moyenne 9,5 espèces de termites pour la forêt
naturelle, on peut conclure que la conversion de la forêt naturelle en champs de cultures a
eu comme effet le déclin de la diversité en termites. De plus, ces auteurs avaient remarqué
une prédominance des Kalotermitidae dans la formation naturelle. Ce qui fait dire que cette
conversion de la forêt naturelle a changé la structure trophique des termites qui sont
devenus des consommateurs de litière (Termitinae) dans les champs de culture. La litière
n’étant pas aussi trop disponible dans ces champs de maïs, dans les années à venir, une
recrudescence des attaques de termite est à craindre. Nous suggérons aux peuples Holli
principaux utilisateurs de ces terres d’observer des périodes de jachère et de laisser
quelques arbres dans les champs pour rendre disponible la litière.

Par ailleurs, sachant que le rôle des termites dans divers processus tels que le
recyclage des substances nutritives, les échanges de carbone et la formation des sols
dépendent largement de la composition des colonies de termites locales (Davies, 2002) et
considérant la densité élevée des rencontres de termites, combinés avec le changement
dans la structure trophique des termites, un risque élevé de dégradation du sol est possible
dans la Lama.

Enfin, dans le but d’achever l’étude sur la diversité des espèces de termites dans la
forêt classée de la Lama, des recherches futures devront être conduites dans les vieilles
teckeraies et dans les plantations de bois de feu avec la possibilité d’explorer plus le sol en
profondeur.




6.2. Ethnotermitologie dans la Lama


Les Fon, Aïzo et Holli populations riveraines de la forêt classée de la Lama
connaissent en général trois types de termites morphologiques : le grand, le petit et l’ailé.
Elles distinguent aussi trois types de termitières qu’elles ont intégrés à leur mode de vie.

Cette étude sur les rôles culturels et cultuels dans la forêt classée de la Lama a
permis de mettre la lumière sur ces termites et termitières qui jouent pour ces populations
d’importants rôles agroécologiques, alimentaires, médicinaux, magico-thérapeutiques et
cultuels. Ces différents rôles dépassent de loin ceux joués par les animaux, ceci se justifie
par le fait que ces différents groupes socioculturels soient favorables à la conservation des
termites et termitières dans leurs champs de culture malgré leurs dégâts tant décriés.

Nous suggerons que des investigations soient ménées par les chimistes pour
prouver ces vertus des termites et termitieres savanment détenues par ces paysans
riverains.


























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ANNEXE
Annexe 1 : Questionnaire d’enquête


Questionnaire d’enquête relatif à l’étude de la diversité, rôles culturel et cultuel des
termites et termitières dans la Foret Classée de la Lama et les localités environnantes

A-
Identification de l’enquêté
Date :……………………………………………...…………….…………….…………………………………
Nom et Prénoms :………………………………………………………………………………………………
Age :……………………………………………………………………..……………………………………....
Vil age :………………………………………………………………..………………………………………...
Profession :…………………………………………………………….…………..…………………………...
Groupe socio-culturel……………………………………………………………………………………………
B-
Typologie des termites
1- Connaissez-vous les termites ? (CONN) Oui Non
2- Comment les appelle-t-on? (APPEL)……………………………………………………………….…..
3- Combien de sortes de termites connaissez-vous ? (Donner leurs noms locaux)
Nom
Période
Signification Critères de reconnaissances
Habitat
Alimentation
Vernaculaire
d’abondance
Scientifique
littérale
Traditionnelles/différenciation (2)
(4)
(1)
(3)










































(1) Inscrire : 1=agbotragbo, 2=kossihouè, 3=masséhouin, 4=kossoukossou, 5=kofléko, 7=ogan, 8=étoutou houwè, 9=étoutou kibissi,
10=éyonki, 11=étoutou olika, 12=autres (à préciser)
(2 )Inscrire : 1=forêt naturel e, 2=plantation (à préciser), 3=champs (à préciser), 4=jachères, 5=maisons, 6=autres (à préciser)
(3) Inscrire : 1=saison sèche, 2=saison pluvieuse, 3=toute l’année
(4) Inscrire : 1=humus, 2=feuil e, 3=tout, 5=autres
(préciser)
4-Quelles sont les saisons de récolte des termites ? (SAIRE)…………… ………………………….


4-1 Quelle est la fréquence de récolte ? (FRE)……………………………...…………………… ………
4-2 Dans quels types de termitières (TYTERMITI) ………………………......................………………
4-3 Dans quelles formations végétales ?(FORVEG)………………………………………….....………
4-4 Qu’est-ce que vous tirez des poulets nourris aux termites ? (TIRPOUL)………………………
5- Les termites remplacent-ils suffisamment la provende aviaire ? (PROV) Oui Non
6-Les poulets nourris aux termites prennent-ils de poids ou grandissent-ils mieux que ceux
non nourris aux termites ? (POIDS)…………………………………….…………………………………
6-1 Sont-ils mieux domestiqués que les autres ? (DOMES)……………………………………… …
6-2 Ont-ils d’autres comportements de docilité que les autres ?
(DOCIL)…………………………………………………………………………………………………………
6-3 Combien vendez-vous les poulets non nourris aux termites ? ……………………………..…
6-4 Combien vendez-vous les poulets nourris aux termites ? ………………………………………
7- Les termites sont-ils nuisibles ? Dégâts et moyens de lutte ?
Moyens ou méthodes de
Noms termites (NOTER)(1)
Nuisibilité (NUI) (2)
Dégâts
lutte




















(1) Inscrire Noms locaux : idem op. cit.


(2) Inscrire : 1=oui, 2=non
C-
Typologie des termitières
1- Connaissez-les termitières ? (CONNTERMITI) Oui Non
2- Comment les appelle-t-on? (APPELTERMITI)……………………………………….…………………
3- Quand est-ce que selon vous les termitières s’installent et quand est-ce qu’elles
disparaissent ? (CONINST)………………… ………………………………………………………………
4- Quel est le mécanisme de création ou d’installation d’une termitière ?...................................
………………………….... …………………………………………………………………………………….
..........................................................................................................................................................…
5- Quelle en est la durée ?..............................................................................................................
6- Combien de sortes de termitières connaissez-vous (Noms vernaculaires)? (SOTERMITI)
Nom
Critères de
Durée
Saison
Signification reconnaissances
Termites Habitat
de vie
vernaculaire
d’abondance
scientifique littérale
Traditionnelles/
habitant
(2)
mini
(1)
(3)
Différenciation
maxi















































(1) Inscrire : 1=kota, 2=agbanikota, 3=gbakouèkouè, 4=kotadaho, 5=dankota, 6=lissokota, 7=konoussoflé, 8=kovigbagbè,
9=djin, 10=kotanouwanou, 11=odo, 12= akoodo, 13=bodi, 14=abobodi, 15=bodionin, 16=kibissi, 17=issafor
(2) Inscrire : 1=forêt naturel e, 2=plantation (à préciser), 3=champs (à préciser), 4=jachères, 5=maisons, 6=autres (à préciser) (3)
Inscrire : 1=saison sèche, 2=saison pluvieuse, 3=toute l’année
D-
Rôles culturels
1- Consommez-vous les termites ? Oui Non
1-1 Si oui comment ?....................................................................................................................
…………………………………………………………….………………………….………………………
1-2 Lesquels ?
……………………………………………………….……………………………………………………
2- Les utilisez-vous dans l’alimentation de la volaille (poussins, pintadeaux, dindonneaux,
canetons, oisons, etc.) Oui Non
2-1 Si oui comment ?.........................................................................................................................
…………………………………………………………….………………………………………………………
2-2 Lesquels ?
……………………………………………………………...……………………………………………………
…………………………………………………………….……………….………………………………………
3- Récoltez-vous des champignons sur les termitières ? Oui Non
Si oui comment ?.................................................................................................................................
……………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………..
3-1 Sur quels types de termitières ?................................................................................... …………
3-2 Pendant quelles saisons ?.........................................................................................................…
4- Connaissez-vous des usages médicinaux faits des termites et termitières :
Maladies/Affections/Maux Oui Non Si Oui comment ?
Toux



Diarrhée



Aide-mémoire



Oreil on





Piqûres des animaux



(à préciser)





Rendre une femme stérile



Envoûtement des coureurs


de femmes mariés
Autres (à préciser











5- Quels sont les usages agricoles que vous faites des termites et termitières ?
Formes d’usages agricoles
Oui Non Si Oui comment ?
Fertilisant agricole



Abri dans les champs



Lieu de culture lors des inondations



Terriers pour animaux sauvages



Lieu de chasse des animaux sauvages



Terre pour la construction des maisons



Autres (à préciser










Formes d’usages agricoles
Oui Non Si Oui comment ?


E-
Rôles cultuels
1-Utilisez-vous les termites ou les termitières dans vos diverses cérémonies ? Oui Non
1-1 Si oui comment ?.........................................................................................................................
…………………………………………………………….……………….………………………………………
…………………………………………………………….……………….………………………………………
1-2 Lesquels ?
……………………………………………………….……………………………………………………
…………………………………………………………….……………….………………………………………
…………………………………………………………….……………….………………………………………
2- Les termites et les termitières sont-ils vénérés ?.......................................................................
…………………………………………………………….……………….………………………………………
3- Quelles divinités représentent-ils ?.........................................................................................
…………………………………………………………….……………….………………………………………
4- Qui sont les adeptes de ces divinités ?...................................................................................
…………………………………………………………….……………….………………………………………
5- Quels sont les clans qui les vénèrent ?..................................................................................
…………………………………………………………….……………….………………………………………
6- Quelles sont les offrandes faites aux termitières et leur périodicité ?................................
…………………………………………………………………………………………………..…………………
7- Quels sont les interdits relatifs aux termites et termitières que vous connaissez ?
………………………………………………………………………………………………….…………………
8- Connaissez-vous des proverbes, anecdotes, contes, maximes, dictons, chansons et autres
relatifs aux termites et termitières ? Oui Non
Si oui racontez-les....……………………………………………………..........................
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………


……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………
F-
Rôles écologiques.
1- Quelles espèces de plantes on trouve souvent sur les termitières ?
…………………………………………………………….……………….………………………………………
2- Quelles sont celles qu’on trouve uniquement sur les termitières ?
…………………………………………………………….……………….………………………………………
3- Quelle est l’utilité (socio-économique, médicinale, etc.) de ces plantes ?..........................
…………………………………………………………….……………….………………………………………
…………………………………………………………………………………………………..…………………
5- Quelles cultures faites-vous souvent à coté ou sur les termitières ?..................................
6- Pensez-vous que les termites et les termitières sont-ils menacés ici ? Oui Non
6-1 Si Oui Comment ?.................................................................................................................
6-2 Si Non Pourquoi ?.............................................................................................................
………………
6-3 Autre Pourquoi ?.............................................................................................................
…………………………………………………………………………………………………..…………………
…………………………………………………………………………………………………..…………………
7- Aimeriez-vous protéger les termitières et les termites dans vos champs ? Oui
Non
7-1 Si Oui Comment ?.................................................................................................................
7-2 Si Non Pourquoi ?.............................................................................................................
7-3 Autre Pourquoi ?.............................................................................................................
…………………………………………………………………………………………………..…………………
…………………………………………………………………………………………………..…………………




Annexe 2 : Les contes relatifs aux termites et termitières
dans la Lama


Conte1 : Yéwé azo gban non
Il était une fois, un chasseur alla à la chasse et tomba sur un troupeau de Yéwé azo
gban non (des monstres à trente cornes). Le chasseur dans sa fuite grimpa sur un arbre. Les
monstres voulaient couper l’arbre pour le dévorer mais la voix d’une femme enceinte qui
se tenait sur une termitière et qui observait la scène et les exhorta de ne pas couper l’arbre
car c’est un homme qui est la-dessus. A l’écoute de cette voix, les monstres décidèrent
d’aller dévorer la femme enceinte mais les plus âgés d’entre eux en refusèrent aux plus
jeunes. Quand ils recommencent encore par couper l’arbre pour attraper le chasseur, la
voix de la femme leur parvient encore et sur insistance des jeunes d’entre eux d’aller
dévorer la femme, les vieux leur refusèrent. De telles scènes se reproduirent plusieurs fois
jusqu’à l’arriver des chiens du chasseur.
En effet, le chasseur a des chiens qui sentent quand leur maître est en danger,
cherchent le lieu et arrivent à le délivrer. Ces chiens arrivèrent enfin, dévoraient les
monstres à trente têtes et se dirigeaient vers la femme enceinte pour la dévorer elle aussi
mais le chasseur le leur refusa. Le chasseur et la femme enceinte furent tous sauvés grâce à
la termitière qui a permis à la femme de suivre la scène.


Conte 2 : Le chasseur et la panthère
Il était une fois, un chasseur était allé à la chasse. Soudain, il vit une panthère qui se
déguisa en une très belle fille, cacha sa dépouille dans une termitière, et se dirigea vers le
marché. Le chasseur prit la dépouille et la cacha à son tour. Le soir venu, la jeune fille
revint vers la termitière et commença par chercher. Elle chercha en vain sa dépouille. Le
chasseur se rapprocha d’elle et lui demanda ce qu’elle cherchait seule dans la forêt mais la
fille ne révéla rien jusqu’au coucher du soleil. Le chasseur lui proposa donc d’aller
ensemble à la maison passer la fin. Sur le chemin, la jeune fille finit par dire au chasseur ce
qu’elle avait perdu. Le chasseur promit lui retrouver sa dépouille qu’à condition qu’elle
l’épouse. La jeune fille accepta d’être épousée mais défendit vivement au chasseur d’en
parler à personne et que le jour où une tierce personne l’apprenait elle irait.
Or, le chasseur avait déjà une femme avec deux enfants. Cette première femme
cherchait par tous les moyens à connaître l’origine de la deuxième femme ; ce que le
chasseur n’a voulu jamais dire. De la même façon, la deuxième femme voulait savoir les
moyens de défense quand il est attaqué par les animaux à la chasse. Un jour saoulé par
l’alcool, il révéla à sa première femme l’origine de la deuxième et alla jusqu’à dire que sa
dépouille se trouve cacher sur le plafond.
Ce même jour ; à la deuxième femme, il commença par citer les méthodes de
défense quand il est attaqué à la chasse : 1-Je me transforme en tel arbre, ou bien 2-je me
transforme en tel animal ou bien 3- je me transforme en tel chose, etc. Il voulut révéler la
dernière quand sa mère qui était à côté l’interpella vivement de ne pas tout dire aux
femmes. Dès lors que la première femme avait le secret de la deuxième, elle guettait
l’occasion pour la lui dire. C’est ainsi qu’un jour au cours d’une dispute, la première lâcha
publiquement que sa coépouse était une panthère et que sa dépouille se trouve sur le
plafond. La deuxième se sentait blesser monta au plafond et alla chercher sa dépouille, la
porta et redevint panthère. Elle dévora la première et ses enfants et se dirigea dans la
brousse à la recherche de son mari à la chasse. A la vue de l’animal, le chasseur commença
par se transformer successivement en des choses déjà citer à sa femme, mais cette dernière
devenue panthère continuait par battre ces objets. C’est seulement le dernier objet dont elle
n’avait pas connaissance qui sauva le chasseur et une fois à la maison, il remarqua les
dégâts dus à son irresponsabilité.



Conte3 : L’hyène et la panthère
La panthère et l’hyène étaient de très bons amis. Un jour au cours d’une
promenade, l’hyène découvrit une calebasse magique. Cette calebasse avait le pouvoir de
soulever de terre toute personne et de disparaître ; et la personne revenait échoir au sol.
L’hyène après avoir été frappé par cette magie soumettra son ami panthère à cette épreuve
pour le tuer. Mais ce dernier ne mourra pas. Ils s’entendirent donc pour faire la chasse avec
une telle calebasse. Ainsi, ils s’abritaient à un lieu de passage des animaux avec comme
piège la calebasse. A chaque passage des animaux, la calebasse les projetait et ils en
mouraient. De cette façon, ils tuaient beaucoup d’animaux. Le soir venu ; ils allèrent à la
maison pour la cuisson. Une fois la viande au feu, l’hyène rusée demanda à son ami de lui
chercher les poux dans les cheveux. Ce dernier laissa sa tête et se plongea dans un sommeil
profond. L’hyène profita de ce sommeil pour attacher ses cheveux à des arbres. Pendant ce
temps le butin de la chasse était cuit. Le panthère voulue se lever mais trouva sa tête
coincée entre les arbres. L’hyène le grand gourmand était déjà entrain de dévorer à belle
dent la viande préparée. A la fin de chaque morceau, il lançait l’os vers son ami en
difficulté. Sur demande de la panthère, tous les passants refusèrent de la délivrer. Mais
arrivèrent enfin les termites ailés, qui la détachaient. La panthère donna alors un rendez-
vous à ses bienfaiteurs pour leur offrir un festin. Pendant ce temps l’hyène était cachée et
entendait tout. Poussée par sa gourmandise, l’hyène se déguisa en termite et alla chercher
d’autres groupes de termites pour l’accompagner chez la panthère avant la date prévue aux
autres. Sur le chemin ils chantaient : Koflé koflé k
כ
fé lélé. Koflé koflé k
כ
fé lélé. Mi toun
da nu kp
כ
fé lélé .kp
כ
djè ahan bo yl
כ
mi fé lélé. Eto mi gbo wè houn fé lélé. Eto dagbé wè
houn fé lélé. Eto yan yan wè houn fé lélé.ali
כ
dji dié mi té fé lé lé.
Une fois chez la panthère, cette dernière s’étonna de la visite précoce de ces hôtes
mais ne put rien dire à cause du bienfait à lui fait, et leur offrir le festin. L’hyène la
gourmande mangea jusqu’à se démaquiller à la grande surprise de ces voisins. Une dispute
s’éclata entre eux jusqu’à ce que la panthère vienne les surprendre. A sa vue, l’hyène
détalait. C’est ainsi qu’elles cessaient leur amitié.





Conte 4 : Aziza devenu homme pour épouser la jeune femme
Autrefois, les animaux parlaient bien avec les hommes. C’est ainsi qu’il y avait une
très belle fille qui refusait la main de ceux qui voulaient la marier. Un jour Azazi se
déguisa en un très bel homme pour venir au marché acheté. Aziza est en réalité un monstre
sans tête ni membres ayant seulement le tronc mais qui emprunte les membres humains
pour venir les tuer et il qui vit dans les termitières.
A la vue de ce bel homme, la belle fille tomba amoureuse sur la place du marché et
décida de suivre le monsieur aussitôt pour aller à la maison, ce que Aziza accepta.
Une fois sur le chemin de la maison, ils ont marché fatiguer sans pouvoir atteindre
la maison. Finalement, l’homme trouva une termitière et prononça Abilam Abilam et elle
s’ouvrit, ils entrèrent et après leur entrée, il dit Azahouhou kan kan kan kan, Azahouhou
kan kan kan kan et la termitière se referma sur eux. Ils poursuivirent leur marche jusqu’à
atteindre la première personne. Mais tu es allé où depuis le matin et je t’attendais pour
récupérer mes bras. Au marché, voici tes bras. L’homme enleva les deux bras et les remis.
Après une longue marche, ils arrivèrent chez une deuxième personne, même scénario et les
pieds ont été remis.
Finalement, la tête a été remise à un troisième lieu et seul le tronc roulait devant la
femme qui la suivait toute tremblante. Arrivée enfin à la maison, elle découvrit une
multitude de genres semblables à son mari dans le village, et elle compris enfin qu’elle
était dans un autre monde. Les matins, ils s’en vont tous au champ la laissant seule pour ne
revenir qu’au couché du soleil. Un jour alors qu’ils étaient allés tous au champ, elle reçue
la visite de la fée qui lui révéla que ces hommes allaient la tuer le septième jour et elle lui a
donné le secret pour s’échapper. Elle aura à choisir entre une caisse remplie d’objets
attirants et un tas d’ordures qu’ils vont lui présenter. Le jour J, elle fut effectivement
sauvée en choisissant le tas d’ordures. En récompense, ils lui ont remis la caisse remplie de
bijoux, d’or, argent, pagnes etc. qu’elle ramena chez elle fort heureusement.