ECOLOGIE ET SURVIE DES POULES DEAU (PORPHYRIO ALLENI THOMPSON, 1842 ET GALLINULA CHLOROPUS MERIDIONALIS LINNAEUS, 1758) CHASSEES DANS LA BASSE VALLEE DE L OUEME
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République du Bénin
Université d’Abomey-Calavi

Faculté des Sciences Agronomiques


Département d’Aménagement et Gestion de
l’Environnement


ECOLOGIE ET SURVIE DES POULES D’EAU (PORPHYRIO ALLENI
THOMPSON, 1842 ET GALLINULA CHLOROPUS MERIDIONALIS
LINNAEUS, 1758) CHASSEES DANS LA BASSE VALLEE DE L’ OUEME

Thèse pour l’obtention du Diplôme d’Ingénieur Agronome
Option : Aménagement et Gestion des Ressources Naturelles (AGRN)


Présentée et soutenue par :
Sèdjro Gilles Armel NAGO

Le 18 Décembre 2003


Superviseur : Dr. Ir. Jean T. Claude CODJIA
Co-superviseur : Dr. Ir. Guy Apollinaire MENSAH


Jury

Président : Prof Dr Ir. SINSIN Brice
Rapporteur : Dr Ir. CODJIA Jean T. Claude
Examinateur 1 : Dr Ir. LALEYE Philippe


Examinateur 2 : Dr FREMPONG F. Annor





















Photos couverture (de la gauche vers la droite)

1. Un chasseur présentant une poule d’allen (Porphyrio alleni)


2. Un chasseur présentant une poule d’eau (Gallinula chloropus meridionalis)




















Illustrations couverture et autres photos : Gilles NAGO.
© 2003 FSA/UAC





République du Bénin
Université d’Abomey-Calavi

Faculté des Sciences Agronomiques


Département d’Aménagement et Gestion de l’Environnement


ECOLOGY AND SURVIVAL OF THE HUNTED MOORHENS (PORPHYRIO
ALLENI THOMPSON, 1842 AND GALLINULA CHLOROPUS
MERIDIONALIS LINNAEUS, 1758) IN THE LOW VALLEY OF OUEME
Submitted in partial fulfilment of requirement for the degree of
“Ingénieur Agronome”
Option : Natural Resources Management


Presented by :
Sèdjro Gilles Armel NAGO

The December, 18th 2003


Supervisor : Dr Ir. Jean T. Claude CODJIA
Co-supervisor : Dr Ir. Guy Apollinaire MENSAH


Jury

President : Prof Dr Ir. SINSIN Brice
Rapportor : Dr Ir. CODJIA Jean T. Claude
Examinator 1 : Dr Ir. LALEYE Philippe
Examinator 2 : Dr FREMPONG F. Annor























Photos coverture (Left to right)

1. A hunter presented an allen’s gallinule (Porphyrio alleni)


2. A hunter with a moorhen (Gallinula chloropus meridionalis)





















© 2003. Gilles NAGO. FSA/UAC

AUTORISATION DE DEPOT


Je soussigné, Prof. Dr Ir. Brice SINSIN, Président du Jury de soutenance
de Monsieur NAGO Sèdjro Gilles Armel certifie que ce travail a été corrigé
conformément aux recommandations des membres du jury.
En foi de quoi, le candidat est autorisé à déposer ceci comme étant la version corrigée
de sa thèse.















Président du Jury de Thèse









Prof. Dr Ir. Brice SINSIN


1. INTRODUCTION

L'enjeu véritable de nos jours est la conservation de la nature, de ses richesses et donc
de la diversité biologique. Cette diversité biologique est comprise dans trois sens
complémentaires : la diversité taxonomique, la diversité écologique et fonctionnelle
puis la diversité génétique (Blondel, 1986).

Dans les zones humides, les oiseaux constituent le deuxième groupe taxonomique
comportant le plus d’individus, représentant ainsi près de 20,7% des espèces de
vertébrés de cet écosystème (Lalèyè, 2003a). Du point de vue de la diversité
écologique et fonctionnelle, les zones humides sont en tête grâce à la pluralité de leur
rôle et à leur forte productivité (Skinner et al., 1994 ; Cézilly & Hafner, 1995 ; Barbier
et al.,1997 ; Lalèyè, 2003b).

Au Bénin, la majorité des zones humides est située dans la partie méridionale. Ces
zones humides abritent d’importantes populations d’oiseaux (Adjakpa et al., 1996 ;
Schockert, 1998 ; Codjia & Lougbégnon, 2001a ; Fakorèdè, 2001 ; Adjakpa, 2001a et
2001b ; Lougbégnon, 2002 ; Van den Akker, 2003). Deux de ces zones ont été
inscrites récemment sur la liste des sites Ramsar. Le complexe « Est », site Ramsar
1018, auquel appartient la basse vallée de l’Ouémé est la plus vaste des zones
(Adjakpa, 2001a) et constituait une priorité de premier ordre en matière
d’aménagement dans le programme d’aménagement des zones humides du sud du
Bénin (Anonyme, 1997).

La diversité ornithologique de ces zones devra être conservée car les oiseaux sont
considérés comme des indicateurs biologiques du fait de leur sensibilité aux
changements du milieu (Skinner et al., 1994 ; Cézilly & Hafner, 1995 ; Malaisse,
1997 ; Tassin & Rivière, 1998). Dans le même ordre d’idée, ils sont utilisés par les
aménagistes et autres gestionnaires des zones cynégétiques pour prévoir à temps les
mesures à prendre afin d’éviter une régression trop drastique de certains groupements
qu’ils veulent préserver (Barlow et al., 1997). Selon Lougbégnon (2002), l’observation
des oiseaux peut apporter beaucoup d’explications à l’évolution climatique d’une

1

région et ses conséquences botaniques et zoologiques sur le milieu. En effet, au sud du
Bénin, les oiseaux sont traditionnellement utilisés comme déterminants ethno-
climatiques du fait de leur importance agro météorologique (Codjia & Lougbégnon,
2001a). Ils peuvent par ailleurs intervenir dans la pollinisation des espèces végétales
(Hutchins et al.,1996).

Mis à part ces rôles d’indicateurs biologiques, les oiseaux possèdent un fort potentiel
touristique (Schockert, 1998) du fait qu’ils sont les plus visibles des animaux des
zones humides (Skinner et al., 1994 ; Cézilly & Hafner, 1995) et qu’ils sont nombreux
et attrayants. Cette attrayance fait qu’ils sont capturés et utilisés comme des animaux
de compagnie (de Visscher, 2001).

De plus, les oiseaux appartiennent au patrimoine culturel des populations car ils sont
considérés comme le symbole des origines ou encore comme très liés au pouvoir (de
Visscher, 2001). Au Bénin, Adjakpa & Tchabi (2002) ont révélé l’exploitation des
pouvoirs naturels des oiseaux sauvages par les populations à des fins médicinales et
comme des charmes pour s’attirer la chance et le bonheur, se protéger de la sorcellerie
et des mauvais sorts.

La faune aviaire revêt donc une importance capitale dans la vie des populations ;
cependant certains oiseaux constituent des menaces pour les agro écosystèmes de part
leurs actions déprédatrices des cultures à différentes phases de développement (Aliou,
1986 ; Kizungu, 1996 et 2000 ; Walangululu & Mushagalusa, 2000 ; Ekué, 2000 ;
Ekué et al., 2002). La capture de ces oiseaux à des fins alimentaires constitue une des
méthodes de lutte contre cette destruction.

Plusieurs études signalent la consommation des oiseaux au Bénin (Aliou, 1986 ;
Assogbadjo, 2000 ; Ekué, 2000 ; Adjakpa, 2001a ; Adjakpa, 2001b ; Boko, 2001 ;
Codjia & Lougbégnon, 2001a ; Ekué et al., 2002). Leur importance alimentaire dans
les milieux humides est encore plus marquée (Codjia & Lougbégnon, 2001b) car la
principale activité de production animale reste la pêche ; l’élevage étant quasi-
inexistant alors que la forte densité de la population constitue une demande latente.


2

Cette forte densité de population de ces régions entrave la conservation des ressources
naturelles. Or les ressources naturelles font partie de notre patrimoine, et à ce titre,
doivent être utilisées rationnellement pour en assurer la pérénité (Sinsin, 1985).
Malgré leur importance hydrologique, écologique et socio-économique, les zones
humides ne font malheureusement pas partie du réseau national d'Aires protégées alors
qu’il s'avère particulièrement difficile et en réalité peu probable de conserver la
biodiversité en dehors des Aires protégées (Sinsin cité par Gaoué, 2000).

Cette situation, caractérisée par une pression des activités anthropiques, met en danger
les ressources naturelles que comportent ces zones et, influe à coup sûr sur le rôle que
jouent ces dernières. Pour preuve, des évaluations des effets de l'action anthropique sur
les zones humides ont révélé que les espèces de ces zones sont menacées à cause de
l’utilisation concurrente des terres (Amoussou, 2002) et de leur intérêt socio-
économique et nutritionnel dans la vie des populations (Codjia & Lougbégnon,
2001a).

Cette influence anthropique sur l'environnement en général et sur la faune en
particulier suscite des inquiétudes pour les espèces d'oiseaux inféodées aux zones
humides du fait qu'elles ne savent pas migrer pour nicher d’une part, ensuite les
animaux sauvages sont un apport important de protéines pour bon nombre de
populations rurales et la chasse alimentaire demeure une activité toujours vive d’autre
part.

En effet, la commercialisation de viande de brousse peut prendre des proportions
considérables qui restent conditionnées par la proximité des centres urbains où la
demande est continue (Brugière, 1999). Cette situation peut également s'aggraver dans
les zones humides au sud du Bénin où l'élevage est peu développé et où les activités
halieutiques sont en déclin.

Cette exploitation de type minier de la faune peut avoir des conséquences sur sa
durabilité. Au Bénin, l'évaluation des portées de ces prélèvements fauniques est rare, et
pour le peu ne concerne que la faune mammalienne et ichtyologique. Le cas des

3

oiseaux reste encore préoccupant du fait qu’ils ont été longtemps oubliés par les études
bioécologiques des ressources fauniques.

Or dans les milieux où les oiseaux abondent, ils constituent l’essentiel des espèces
gibiers (de Visscher, 2001). Il convient alors de mesurer l'effet des activités humaines
sur les espèces de poules d'eau jadis nombreuses dans la basse vallée de l'Ouémé
(Codjia & Lougbégnon, 2001a) et menacées par les activités anthropiques (Boko,
2001). Or, il ne peut être de conservation efficace d’espèces qui ne soit d’abord fondée
sur une connaissance de leur écologie, surtout lorsqu’il s’agit d’espèces rares ou
menacées (Atachi et al., 1994 ; Cézilly & Hafner, 1995). Par ailleurs, les études sur
l’écologie des poules d’eau sont quasiment absentes des investigations ornithologiques
en Afrique. De même, il est primordial de ne pas négliger la dimension socio-
économique aussi bien dans l’évaluation des ressources d’une zone que dans
l’élaboration d’une politique de gestion.

C'est donc dans ce contexte général d’extension des études bioécologiques à d’autres
classes animales et d’évaluation des niveaux de prélèvement des oiseaux d’eau par les
communautés riveraines que s'inscrit la présente étude sur l'écologie et la survie des
poules d'eau (Porphyrio alleni Thompson, 1842 et Gallinula chloropus
meridionalis Linneaus, 1758) chassées dans la basse vallée de l'Ouémé.

L'objectif principal de cette recherche est de connaître l’écologie et les stratégies de
survie des poules d'eau dans la basse vallée de l'Ouémé au sud du Bénin. Cet objectif
est sous-tendu par les objectifs spécifiques ci-après :

Faire la description morpho-zoologique (identification spécifique, description et
dimorphisme sexuel) des espèces de poules d'eau chassées.
Faire la caractérisation du biotope des poules d’eau.
Décrire les différents modes de prélèvement des poules d'eau par les chasseurs
dans la basse vallée de l’Ouémé.
Evaluer le niveau de prélèvement de ces oiseaux dans le milieu.

4

Faire l’évaluation de l'importance socio-économique et ethnozoologique des
poules d’eau dans la basse vallée de l'Ouémé.

Quatre hypothèses sont formulées dans le cadre de cette étude et sont :
Hypothèse 1 : La basse vallée de l’Ouémé dispose encore d’une diversité de
poules d'eau qui est chassée par la population.

Hypothèse 2 : L'habitat naturel des poules d'eau est réduit au profit des
exploitations hydro-agricoles.

Hypothèse 3 : Le sexe ratio et l’âge ratio du prélèvement des poules d’eau
menacent leur conservation durable.

Hypothèse 4 : La chasse aux poules d'eau procure des revenus aux
chasseurs.

Le présent document s’articule autour de cinq parties principales que sont le milieu
d’étude, le matériel et les méthodes de collecte et d’analyse des données, les résultats
obtenus, leur analyse et discussion, puis la conclusion et les suggestions, enfin les
références bibliographiques.















5

2. APERCU SYSTEMATIQUE, DESCRIPTION ET DISTRIBUTION DES
ESPECES ETUDIEES


2.1. Généralités


Les poules d’eau sont des oiseaux d’eau appartenant à l’ordre des gruiformes. Cet
ordre compte douze familles d’oiseaux qui ne semblent pas très apparentés. Dans ces
familles, figure celle des Rallidés dont fait partie les poules d’eau. La famille des
Rallidés qui a déjà fait l’objet d’étude au Bénin (Boko, 2001) comporte plusieurs
genres dont les genres Porphyrio et Gallinula. Les espèces de ces deux genres sont
connues sous le nom générique de poules d’eau. Le tableau 1 dresse la liste et la
distribution des espèces déjà décrites appartenant à ces deux genres dans le monde.

































6

Tableau 1 : Liste des espèces des genres Porphyrio et Gallinula et leur distribution.

Espèces
Noms courants Anglais
Noms courants Français
Distribution
Porphyrio porphyrio Linnaeus,
Purple swamphen or
Talève ou poule sultane
Afrique, Europe, Océanie
1758
purple gallinule
Porphyrio albus
Lord howe island
-
-
swanphen
Porphyrio mantelli
Takahe
-

-
Porphyrio alleni Thompson,
Allen’s gallinule
Poule ou talève d’allen
Afrique, Europe de l’Ouest
1842
Porphyrio martinicus Linneaus,
Purple gallinule
Talève violacée ou pourprée
Europe de l’Ouest, Amérique du sud,
1766
USA, sud Afrique
Porphyrio flavirostris Gmelin,
Azure gallinule
Talève favorite
Amérique latine
1789
Gallinula pacifica
Samoan moorhen
-
-
Gallinula silvestris
San cristobal moorhen
-
-
Gallinula nesiotis
Tristan moorhen
-
-
Gallinula ventralis Gould, 1837 Black-tailed native hen Gallinule
aborigèn
e
Australi
e
Gallinula melanops
Spot-flanked gallinule
-
-

7

Gallinula chloropus Linnaeus,
Common moorhen
Gallinule poule d’eau ou poule
Monde entier sauf Australie et
1758
d’eau
Canada
Gallinula mortierii Du Bus de
Tasmanian native-hen
Gallinule de Tasmanie
Australie
Gisignies, 1840
Gallinula tenebrosa Gould,
Dusky moorhen
Gallinule sombre
Océanie
1846
Gallinula angulata Sundevall,
Lesser moorhen
Gallinule africaine ou petite
Afrique au sud du Sahara
1850
poule d’eau africaine

Source : Lepage (2003)

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Parmi ces espèces, cinq existent ou nichent en Afrique. Il s’agit de Porphyrio
martinicus, Porphyrio porphyrio, Porphyrio alleni, Gallinula chloropus et de
Gallinula angulata. Les quatre dernières espèces citées ont été retrouvées au Bénin.

Le statut actuel des différentes espèces de poules d’eau n’est pas encore correctement
défini. Néanmoins, pour certaines espèces ce statut est localement connu. En France, la
loi du 16 juin 1999 fixant la liste des oiseaux protégés interdit la destruction ou
l’enlèvement des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la
naturalisation, le transport, le colportage, l’utilisation, la détention, la mise en vente, la
vente ou l’achat des œufs ou des sujets de la poule d’allen Porphyrio alleni et de la
talève violacée Porphyrio martinicus.

En Nouvelle Zélande, l’espèce Porphyrio albus est déjà éteinte alors que Porphyrio
mantelli est menacée d’extinction à court terme (Wamer, 2000).

2.2. Aperçu systématique, description et distribution de la poule
d’allen (Porphyrio alleni)

Le tableau 2 montre l’aperçu systématique de la poule d’allen.
Tableau 2 : Aperçu systématique de Porphyrio alleni

Règne Animal
Sous-règne
Métazoaires triploblastiques coelomates
Embranchement Chordés
Sous-embranchement Vertébrés
Classe Oiseaux
Ordre Gruiformes
Famille Rallidae
Sous-famille Rallinae
Genre
Porphyrio
Espèce
alleni

9

Porphyrio alleni est une espèce qui habite les roselières des marais dans la région
ouest africaine (Serle & Morel, 1993). Géroudet (1994) la signale en Europe de l’ouest
mais suppose qu’elle s’est échappée de la captivité car son origine est d’Afrique
tropicale. Elle est plus commune qu’une seconde espèce que l’on retrouve aussi dans
ladite zone ; il s’agit de la poule sultane Porphyrio porphyrio. Il a été remarqué que la
poule d’allen migre dans le continent sans fréquenter les régions arides (Nik & Ron,
2001). Spécifiquement elle a été rencontrée au Sénégal, au Ghana, au Nigéria, au
Gabon, au Cameroun, au Congo et au Bénin.

Les caractéristiques de l’oiseau sont : tête noire et plaque frontale bleu-vert. Son
immature a un dos vert-brun et un dessous brun-clair. L’espèce est très discrète et peut
passer inaperçue. La distinction entre les deux sexes se révèle pour plusieurs auteurs
très difficiles.

2.3. Aperçu systématique, description et distribution de la poule
d’eau (Gallinula chloropus)

Le tableau 3 présente la systématique de la poule d’eau.

Tableau 3 : Aperçu systématique de Gallinula chloropus

Règne Animal
Sous-règne
Métazoaires triploblastiques coelomates
Embranchement Chordés
Sous-embranchement Vertébrés
Classe Oiseaux
Ordre Gruiformes
Famille Rallidae
Sous-famille Rallinae
Genre
Gallinula
Espèce
chloropus
Sous-espèce
-chloropus
-meridionalis

10

Gallinula chloropus est l’une des neuf espèces de ce genre. Deux sous espèces
existent ; la race paléarctique Gallinula chloropus chloropus et la forme africaine
Gallinula chloropus meridionalis. Leur distribution est telle que la forme paléarctique
est commune depuis le Sahara jusqu’au 14°-15° alors que celle africaine occupe le sud
de l’aire de distribution de la première.

La seconde race est plus sombre que la première qui n’est pas la race africaine. En
général, il s’agit d’un oiseau à la taille d’un pigeon d’une couleur noir ardoisée.
L’oiseau possède une plaque frontale rouge qui déborde sur son bec jaune. Les bords
de l’aile et les sous-caudales de la poule d’eau sont blancs. Avec ses longues pattes
verdâtres portant parfois des jarretières rouges, l’oiseau vit dans les marais. Les sexes
sont difficilement distingués selon la bibliographie contrairement à une espèce voisine
Gallinula angulata ou petite poule d’eau africaine. Les jeunes ont un brun olive, les
côtés de la tête blanchâtres à roussâtres pointillés de brun. Leur gorge est sale, le
dessous brun-gris devenant blanchâtre au ventre et, les tâches des flancs plus ou moins
roussâtres à jaunâtres. A l’âge immature, la poule d’eau a des sous-caudales fauves, un
bec brun-verdâtre, des pattes vertes avec anneau jaune et un iris brun.

11

3. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE : LA BASSE VALLEE DE
L’OUEME



3.1. Vallée de l’Ouémé et zones humides du sud du Bénin


Localisée dans la région sud-est du Bénin, la vallée de l’Ouémé est une plaine
d’inondation en forme d’un triangle allongé mesurant 90 km du nord au sud. Elle est
limitée au Sud par le lac Nokoué et la lagune de Porto-Novo ; au Nord, à l’Est et à
l’Ouest, ses limites sont imprécises car elles varient énormément avec l’importance
des crues. Sa superficie peut donc varier de 1000 à 9000 km2 selon le moment où les
observations ont été faites (Welcomme et Lang & Paradis cités par Lalèyè, 1995).
Toutefois on admet qu’elle est limitée à l’Est par le plateau de Pobè-Porto-Novo et à
l’Ouest par les marais de la Sô. Elle est partagée entre quatre Communes que sont
Adjohoun, Aguégués, Bonou et Dangbo et, est couramment divisée en trois zones à
savoir :

Le haut delta : c’est la limite nord du delta ; il s’étend au-delà de Bonou.

Le moyen delta : c’est une longue plaine de 50 km qui va de Bonou à
Azowlissè dans la Commune d’Adjohoun. Elle a une largeur relativement
uniforme d’environ 10 km. Le lit du fleuve y est sablonneux, les berges assez
hautes et l’eau peu profonde en saison sèche.

Le bas delta : il va de l’aval d’Azowlissè où la vallée s’élargit jusqu’à 20 km à
la façade sud où le fleuve se jette dans le complexe lagunaire formé du lac
Nokoué et de la lagune de Porto-Novo. Parallèlement, coule la Sô qui se jette
dans le lac Nokoué. Le lit du fleuve dans le bas delta est vaseux, les berges sont
basses et l’eau y est profonde en saison sèche (Pelissier, 1963 ; Akpalo, 1987).

Le moyen et le bas delta constituent la basse vallée de l’Ouémé (Akélé, 2002), milieu
où s’est déroulée la présente étude. Dans ce milieu, dix sites sélectionnés dans neuf
villages des diverses communes sur la base de la présence des poules d’eau ont fait

12

l’objet d’étude. Les caractéristiques de ces sites échantillons sont donc ceux de la
basse vallée présentée ci-après.

Les cartes 1 et 2 présentent respectivement la vallée de l’Ouémé dans les zones
humides du sud-Bénin et les sites prospectés dans les différentes communes de la
vallée de l’Ouémé.

13



14





15

3.2. Relief, sols et réseau hydrographique

Selon Pelissier (1963), les coupes topographiques Est-Ouest de la vallée de l’Ouémé
montrent deux unités géomorphologiques :

Le plateau qui est une zone de formation latéritique très perméable. Il est
parsemé de marécages dont certains ne s’assèchent pas au cours de l’année.

La basse plaine inondable qui est la zone de dépôt des alluvions apportées
chaque année par les eaux de crue de l’Ouémé.

Dans le delta de l’Ouémé, deux principaux types de sols sont rencontrés :
Les sols ferrallitiques localisés sur les plateaux. Ils sont pour la plupart
appauvris sur 50-60 cm et renferment 40 % d’argile et une proportion allant de
2 à 3 % de matière organique.

Les tourbes argileuses et brutes des sols humiques à gley sont localisées au pied
des plateaux de sols ferrallitiques.

Le réseau hydrographique de la vallée est constitué de deux axes parallèles, l’Ouémé
et la Sô. Ils sont reliés par des marigots jouant tantôt le rôle d’affluent tantôt celui de
défluent. Il s’agit de la Zounga (18,9 km), l’Agbagbé (7 km), l’Ouovi (10,2 km) et du
Zouvi (6,9 km) qui sont bordés par de vastes plaines d’inondation.

3.3. Climat

Dans la présentation du milieu d’étude, les facteurs abiotiques méritent d’être cités du
fait qu’ils agissent avec les autres facteurs sur le biotope des animaux par rapport entre
autres à la composition floristique de cette dernière, à sa structure, à sa productivité, à
la disponibilité de l’aliment.

Le climat de la zone d’étude est de type subéquatorial avec une succession annuelle de
quatre saisons, deux pluvieuses et deux sèches réparties comme suit :

16

Une grande saison des pluies de mi-mars à mi-juillet,
Une petite saison sèche de mi-juillet à mi-septembre,
Une petite saison des pluies de mi-septembre à mi-novembre,
Une grande saison sèche de mi-novembre à mi-mars.

Les données climatiques utilisées ici sont celles des stations d’Adjohoun, de Bonou, de
Dangbo lorsqu’elles existent pour les paramètres considérés. Aucune station ne relève
les données des Aguégués.

Des mesures de la station de Cotonou-Aéroport ont été utilisées pour certains
paramètres car, pour ces derniers, elle est la plus proche du milieu d’étude.

3.3.1. Précipitations et évapotranspiration

Les figures 1 et 2 présentent respectivement une comparaison des hauteurs de pluies
annuelles dans les stations d’Adjohoun de 1991 à 2000 et de Dangbo de 1997 à 2002.

Les hauteurs annuelles des précipitations à Adjohoun pour la période considérée
varient entre 743,8 mm (en 1994) et 1404,9 mm (en 1991). En ce qui concerne la
commune de Dangbo, les valeurs extrêmes sont de 709,9 mm (en 1997) et de 1460,1
mm (en 1998).

Une comparaison des précipitations de ces deux communes pour les années 1997 à
2000 permet de remarquer que les valeurs ne sont pas différentes les unes des autres ;
d’ailleurs ces communes sont limitrophes.



17

1600
1400
1200
1000
Hauteurs de 800
pluie (mm)
600
Hauteurs de pluie (mm)
400
200
0
An
An
An
An
1991
1994
1997
2000
Années

Figure 1 : Comparaison des hauteurs de pluie annuelles de 1991 à 2000 à
Adjohoun.

Source : ASECNA (2003)

1600
1400
1200
1000
Hauteurs de 800
pluie (mm)
600
Hauteurs de pluie (mm)
400
200
0 An
An
An
1997
1999
2001
Années

Figure 2 : Comparaison des hauteurs de pluie annuelles de 1997 à 2002 à Dangbo.

Source : ASECNA (2003)


18

La figure 3 montre l’évolution moyenne de l’évapotranspiration potentielle (ETP)
dans les stations d’Adjohoun, de Bonou, de Dangbo et de Cotonou-Aéroport entre
1965 et 1989.

Dans toutes ces stations, l’ETP a une même allure. Elle est en général élevée en
mars et faible en juin.

180
160
ETP Adjohoun
140
120
ETP Bonou
100
80
ETP Dangbo
ETP (mm)
60
40
ETP Cotonou-
Aéroport
20
0
Jan
Mar Avr Mai Jui Juil
Sep Oct Nov
Mois


Figure 3 : Evolution moyenne de l’ETP mensuel de 1965 à 1989 dans les stations
d’Adjohoun, de Bonou, de Dangbo et de Cotonou Aéroport.


Source : ASECNA (2003)

3.3.2. Température et humidité relative

Les variations de température et de l’humidité relative au cours de l’année influent
aussi bien sur l’éthologie des espèces animales que sur le métabolisme des
végétaux (Bailey cité par Oussou, 2002).

Les valeurs de température et de l’humidité relative de la station de Cotonou
Aéroport qui est la station la plus proche de la zone d’étude, sont présentées
respectivement dans les figures 4 et 5.



19

35
30
)
°
C
25
20
Température minimale
Température moyenne
r
atures (
15
é
Température maximale
10
Temp
5
0
Jan
Mar
Mai
Juil
Sep
Nov
Mois

Figure 4 : Evolution des températures moyennes mensuelles de 1980 à 1999 à
Cotonou-Aéroport.


Source :
ASECNA (2003)

Les moyennes de température varient entre 25,74°C (août) et 29,08°C (mars).
100
90
80
70
Humidité relative
60
minimale
50
Moyenne humidité
é relative (%)
relative
40
Humidité relative
maximale
Humidit
30
20
10
0
Jan
Mar
Mai
Juil
Sep
Nov
Mois

Figure 5 : Evolution de l’humidité relative moyenne mensuelle de 1980 à 1998
dans la station synoptique la plus proche de la zone d’étude (Cotonou-Aéroport)

Source : ASECNA (2003)

20

On remarque sur la figure 5 que la valeur maximale de l’humidité relative est
pratiquement constante sur l’année. Cette valeur est presque toujours supérieure 90
%. Par contre la valeur minimale fluctue beaucoup en fonction du mois. Elle varie
entre 54,84 % (décembre) et 77,52 % (mai).

3.3.3. Insolation

La courbe de la figure 6 est celle de l’évolution de l’insolation mensuelle au niveau
de la station de Cotonou-Aéroport.

De l’analyse de cette courbe, nous pouvons retenir que les mois de forte insolation
sont ceux d’avril et de novembre alors que les mois de juillet et d’août sont les
moins ensoleillés.


300
250
)
200
eures
H
150
Durée (Heures)
e (
é
100
Dur
50
0
Jan
Mar Avr Mai Jui Juil
Sep Oct Nov
Mois

Figure 6 : Evolution moyenne de l’insolation mensuelle de 1980 à 1999 à
Cotonou-Aéroport.

Source : ASECNA (2003)




21

3.4. Habitats et diversité faunique
3.4.1. Végétation

La végétation naturelle de la vallée de l’Ouémé comme la plupart des régions du sud
du Bénin a été fortement dégradée. Le domaine des forêts occasionnellement inondées
a été transformé en palmeraies ou en champs cultivés ; de même, les actions
anthropiques ont transformé les forêts ombrophiles en formations ouvertes.

On note dès lors quelques îlots forestiers dont les principaux sont les forêts de Bonou,
d’Affamè, de Dogla, de Bamè et de Baha (Guèdègbé, 1996), des savanes herbeuses à
Mitragyna inermis et Andropogon gayanus, des savanes à Echinochloa pyramidalis et
Polygonum limbatum (Salako, 1999) et des prairies flottantes et semi-aquatiques à
Pistia stratiotes, Bambusa vulgaris, Eichhornia crassipes et Nymphea lotus.

Les principales cultures rencontrées dans les milieux déjà humanisés sont vivrières.
Nous pouvons citer le maïs (Zea mays), le manioc (Manihot utilissima), le niébé
(Vigna spp), l’arachide (Arachis hypogea) et des cultures maraîchères telles que le
piment (Capsicum frutescens), la tomate (Solanum lycopersicum), les légumes feuilles
et le gombo (Hibiscus esculentus).

La topographie et l’hydrographie favorisent une exploitation agricole permanente
durant l’année.

3.4.2. Faune

La vallée de l’Ouémé est une zone de grande diversité faunique. On y rencontre des
oiseaux, des poissons, des mammifères et des reptiles.

L’avifaune
Les travaux de Adjakpa et al. (1996) signalent que l’avifaune de la vallée est
composée d’espèces autochtones et migratrices, paléarctiques et afropaléarctiques,
d’oiseaux typiques d’eau et non typiques d’eau. Cet écosystème représente d’ailleurs
le plus riche en oiseaux de toutes les zones humides du sud du Bénin.


22

Les familles les plus représentatives sont celles des Charadriidae, des Ardeidae, des
Accipitridae, des Ploceidae, des Laridae et des Sylvidae.

L’ichtyofaune
La faune ichtyologique de la vallée de l’Ouémé est très riche surtout en période de
crue. Les familles de poissons qui dominent les captures sont, selon Welcomme cité
par Agbéssi (2000), les Cichlidae, les Anabantidae, les Claroteidae, les Schilbeidae, les
Mochokidae, les Clariidae, les Osteoglossidae, les Mormyridae et les Bagridae.

La faune mammalienne et reptilienne
Bien qu’ayant subi les effets négatifs des activités anthropiques sur leurs habitats, la
faune mammalienne et reptilienne reste toujours diversifiée. On y rencontre aussi dans
le milieu des espèces rares ou menacées. Guèdègbé (1996) a dénombré comme
mammifères ou reptiles le sitatunga (Tragelaphus spekei), le guib harnaché
(Tragelaphus scriptus), le potamochère (Potamochoerus porcus), la loutre (Lutra
macullicolis), la mangouste brune (Crossarchus obscurus), le daman d’arbre
(Dendrohyrax arboreus), le lamantin (Trichechus senegalensis), le porc-épic (Hystrix
cristata), l’oryctérope (Orycteropus after), le singe à ventre rouge (Cercopithecus
erithrogaster erythrogaster), le singe mona (Cercopithecus mona), le varan du Nil
(Varanus niloticus), le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus), le python de Sebae
(Python sebae), le python royal (Python regius) et les tortues (Kinixys homeana et
Kinixys belliana).

3.5. Population et activités économiques
3.5.1. Population

D’après le troisième recensement général de la population et de l’habitat (INSAE,
2002), la population de la basse vallée de l’Ouémé (communes de Dangbo,
d’Adjohoun, de Bonou et des Aguégués) s’élèvent en 2002 à 175851 habitants avec
une densité humaine de 180,36 habitants / km2. Cette population est composée de 51
% de femmes et a connu un taux d’accroissement d’environ 10 % entre 1992 et 2002.


23

Dans le milieu, en dehors des Ouémènous, groupe ethnique dominant, on rencontre les
Yorouba, les Tori, les Fon et les Adja.

Sur le plan religieux, le catholicisme, le protestantisme, l’islam s’ajoutent aux cultes
traditionnels.

3.5.2. Activités économiques

Les principales activités économiques de la basse vallée de l’Ouémé sont la pêche,
l’agriculture, l’élevage, le commerce, l’artisanat et la chasse.

La pêche
C’est la principale activité de la population. Elle se pratique durant toute l’année mais
la période de pêche fructueuse s’étale de août en septembre avec l’arrivée de la crue.
Les techniques utilisées sont les différents types de filets, les houédos, les nasses et les
ahlos.


L’agriculture
La seconde activité occupant la population est l’agriculture. Les ménages agricoles
représentent un peu plus de 40 % de la population. L’agriculture se pratique à la fois
dans la plaine inondable que sur les plateaux et ce, en fonction des saisons.

L’élevage
L’élevage est une activité secondaire. Il se fait sur les berges, les plateaux et porte sur
les bovins de race lagunaire, les porcins, les caprins et la volaille. Pendant la crue, les
propriétaires d’animaux sont confrontés à des problèmes d’affourragement du cheptel
et d’enclos car le mode d’élevage est la divagation. La solution endogène adoptée est
de parquer les animaux sur les voies et quelques fois dans des enclos surélevés. De ce
fait, les bêtes sont nourries au fourrage distribué et perdent en conséquence
suffisamment de poids à leur sortie d’enclos.
L’élevage des espèces animales non conventionnelles est encore timide dans la vallée.



24

Le commerce, l’artisanat et la chasse
Le commerce est une activité importante de la région et son pôle se retrouve au niveau
du marché d’Azowlissè dans la commune d’Adjohoun. Il est l’apanage des femmes. Il
faut souligner que la plupart des marchés de la vallée ont une périodicité de trois jours.

L’artisanat est très peu développé et concerne la forge, la vannerie, la réfection des
cases, la fabrication des nasses et des filets.

La chasse se pratique frauduleusement dans le milieu et ce, sur toutes les espèces
fauniques. Le cas est préoccupant pour les espèces menacées ou rares telles que le
singe à ventre rouge et les poules d’eau.

















25

4. MATERIEL ET METHODES


4.1. Présentation du matériel d’étude
4.1.1. Matériel d’identification et d’observation des oiseaux

La reconnaissance spécifique des différentes espèces d’oiseaux a été faite à l’aide des
guides de détermination de Heinzel et al. (1992), de Serle & Morel (1993) et de
Géroudet (1994) ; en addition, nous avons utilisé les connaissances locales liées à la
classification de ces espèces de poules d’eau par les populations riveraines de leur
habitat.

L’observation sur le terrain a été facilitée par l’usage d’une paire de jumelles de
grossissement 10 × 50 et de marque WEITWINKEL.

4.1.2. Matériel de mensuration et de prise de mesure sur le terrain

Les mensurations linéaires sur les oiseaux ont été prises à l’aide d’un pied à coulisse
de précision 0,05 mm et d’une règle plate de 30 cm.

Les mesures pondérales ont été relevées avec des pesons à ressort de 100g ± 1g, de
1kg ± 5g et des petits sachets.

La hauteur de végétation a été mesurée à l’aide d’une perche graduée.

4.1.3. Matériel biologique et de transport des oiseaux

Les mensurations linéaires et pondérales ont concerné 80 sujets adultes dont 35 de
poule d’allen et 45 de poule d’eau. Pour la poule d’eau, dans la cohorte d’oiseaux,
nous pouvons dénombrer 25 individus mâles et 20 femelles. En ce qui concerne la
poule d’allen, il y avait 17 sujets mâles et 18 femelles.

Les mesures sur les œufs des poules d’eau ont été faites sur 23 œufs de poule d’allen et
33 œufs de poule d’eau.


26

Le transport des sujets de poules d’eau s’est fait à l’aide de cages tressées avec des
rachis de Raphia hookeri (Loui1).

4.2. Méthodes d’étude
4.2.1. Etude écologique des poules d’eau
4.2.1.1. Période et méthodes de prospection

L’étude a eu lieu au cours des mois de juin, juillet et août 2003. Cette période
correspond à celle au cours de laquelle le prélèvement des poules d’eau dans la nature
est assez élevé et, coïncide avec le début de la crue du fleuve Ouémé.

Le mode d’accès aux sites de prospections a varié en fonction des sites et du temps.
Les deux modes employés sont les prospections pédestre et en pirogue.

Les prospections débutent vers 06 heures 30 mn pour durer jusqu’à 11 heures 30 mn,
heure à partir de laquelle les activités des oiseaux se réduisent (Martin & Thibault,
1983). Néanmoins, ces prospections ont duré des fois jusqu’à 18 heures 30 mn et ce,
pour des causes de dénombrement et d’étude de l’activité journalière de ces oiseaux.

4.2.1.2. Dénombrement des oiseaux

Le dénombrement s’est effectué suivant deux méthodes différentes. La première
consiste à compter le nombre de nids de chaque espèce sur 900 m² environ ; cette
superficie correspondant à celle parcourue en moyenne par un chasseur. Ce chiffre est
doublé pour obtenir l’effectif de l’espèce en question sur cette aire car les poules d’eau
couvent les œufs par couple.

La seconde méthode est celle des échantillonnages fréquentiels progressifs (E.F.P.) par
points d’écoutes de 20 mn décrite par Blondel (1975) et utilisée par Martin & Thibault
(1983). Dans cette méthode, l’observateur visite une série de points tirés au hasard. En
chaque point, il note un certain nombre de caractéristiques du milieu ainsi que les
espèces d’oiseaux qu’il aura vues ou entendues pendant un laps de temps de 20 mn.
Chaque point est visité une seule fois. Ce dénombrement a été sélectif et orienté vers

1 Loui : nom local des cages de transport ou de contenance des poules d’eau.

27

les différentes espèces de poules d’eau présentes dans la basse vallée de l’Ouémé.
Quinze points d’écoutes d’au moins 900 m² chacun ont été ainsi tirés dans les dix sites
prospectés au cours de cette étude.

4.2.1.3. Structure du biotope

Après une phase de reconnaissance de terrain, les types d'habitat fréquentés par les
populations de poules d’eau ont été échantillonnés. Au total, 10 sites de nidification
situés dans neuf villages de la basse vallée de l’Ouémé (confère carte 2) ont fait l’objet
d’étude. Ces milieux ont été décrits par rapport aux variables abiotiques et biotiques.

En effet, il s’agissait de pouvoir caractériser le type de zones humides fréquentés par
les poules d’eau étudiées notamment les habitats d’activité et ceux de nidification.

Selon Blondel (1979), chez les oiseaux, les éléments efficaces dans le choix de
l’habitat se rapportent à la structure de la végétation comprise comme étant
l’arrangement dans l’espace de ses composantes élémentaires. Dans cet esprit,
Lougbégnon (2002) affirme que la structure de la végétation a une importance
fondamentale pour les oiseaux. De plus, Blondel (1979) souligne que les oiseaux sont
de piètres floristes mais de bons phytoécologues. Mieux, Blondel cité par Tassin &
Rivière (1998) souligne que les oiseaux restent beaucoup plus associés à des structures
de peuplements qu’à des espèces végétales particulières. C’est pourquoi les classes de
structuration, ici, sont le type de formation végétale, la hauteur de la végétation, le
degré d’encombrement de la surface de l’eau et les paramètres physico-chimiques du
milieu de vie des oiseaux étudiées.

Ainsi, la hauteur H de la végétation a été mesurée à chaque endroit et, est regroupée
comme suit : H < 1m, 1m < H < 2 m et H > 2m.

Le degré D d’encombrement ou degré de recouvrement de l’eau par les plantes
aquatiques a été estimé visuellement et regroupé comme suit : D < 75 %, 75 % < D <
85 % et D > 85 %.

28


Les paramètres physico-chimiques considérés sont la hauteur de l’eau dans le milieu,
le vent et le débit de l’eau, le pH, la salinité et la turbidité.

4.2.1.4. Actions anthropiques

Les actions anthropiques menées sur les sites d’étude ont été recencées afin
d’apprécier leur impact sur la densité du couvert végétal et la relation avec la
distribution des poules d’eau.

4.2.1.5. Mensurations

Pour les caractéristiques corporelles, des mensurations sont effectuées sur les oiseaux
capturés par les chasseurs à l’aide des instruments traditionnels de capture. Les
mensurations, d’un côté, ont l’avantage de permettre la constitution d’une banque de
données scientifiques, de connaître les caractéristiques des oiseaux capturés afin de les
comparer aux données d’oiseaux d’autres pays (Lougbégnon, 2002). De l’autre côté,
dans le cadre de cette étude écologique, il s’agit de voir la relation entre ces
mensurations et le niveau de prélèvement des oiseaux par sexe.

Ces mensurations sont prises sur les différents individus adultes de poules d’eau
capturées par les chasseurs et ont concerné la tête, le corps, les pattes et les œufs par
espèce.

Mensurations crâniennes
Les mesures prises sur la tête sont :
- LB : longueur du bec prise du bout du bec au commencement de la plaque frontale
- LCL : longueur du crâne prise du commencement de la plaque frontale à la nuque
- LCR : longueur du crâne correspondant au rétrécissement inter-orbiculaire.

Mensurations corporelles
Sur le corps, ont été mesurées :
- LC : longueur de la colonne vertébrale redressée de la nuque au croupion

29

- LA : envergure de l’aile gauche obtenue en mesurant l’intervalle entre le bout de la
rémige primaire la plus longue et l’insertion de l’aile au corps ; ceci avec l’aile
détendue.
- LQ : longueur de la queue c’est-à-dire du bout du croupion au bout de la rectrice la
plus longue
- Poids : poids vif de l’oiseau.

Mensurations des pattes
Les variables ont été prises sur la patte et concernent :
- LM : longueur de la métatarse
- LDC : longueur du doigt central
- DJ : diamètre de la jambe
- DDC : diamètre du doigt central.

Mesure sur les œufs
Trois mesures ont été effectuées sur les œufs. Il s’agit de :
- LGA : longueur du grand axe de l’œuf
- LPA : longueur du petit axe de l’oeuf
- PO : poids de l’œuf.

4.2.1.6. Suivi de la couvaison

Quatre nids de poules d’eau, à savoir deux de poule d’allen Porphyrio alleni et deux
de poule d’eau Gallinula chloropus meridionalis, ont été suivis dès la première ponte
pour évaluer la durée nécessaire pour l’éclosion des œufs d’une part et, pour décrire
les poussins d’autre part. Le poids à l’éclosion de ces poussins a été relevé.

Au total, ces nids contenaient neuf œufs de poule d’allen et dix de poule d’eau.

30

4.2.2. Valeur socio-économique des poules d’eau

Les données socio-économiques obtenues dans cette étude proviennent :
des entretiens sur base de guide (voir annexe 2) avec les populations de la
basse vallée de l’Ouémé, des visites effectuées sur les marchés d’Azowlissè,
d’Akpadanou, de Malomè et de Dangbo ;
des entretiens avec certaines autorités politico-administratives.

4.2.2.1. Critères d’échantil onnage des vil ages prospectés

La consultation de la littérature et une phase exploratoire de la basse vallée de
l’Ouémé m’ont permis de choisir les différents villages de travail. Cet échantillonnage
de villages est basé sur la présence des poules d’eau dans le milieu et leur prélèvement
par les chasseurs.

4.2.2.2. Tail e de l’échantil on

Le mode d’échantillonnage choisi est de type stratifié. Les unités d’observation sont
composées de chasseurs, agriculteurs, vendeurs de carcasses d'animaux sauvages,
guérisseurs traditionnels, pêcheurs et de vendeuses de poissons. Le choix de ces
catégories socioprofessionnelles est dû au fait qu’à un moment donné, elles ont contact
avec ces oiseaux.

Dans toutes ces catégories, nous avons retenu aussi bien des enfants, des femmes que
des hommes de différents âges car Assogbadjo (2000) signale une différence de
consommation entre jeunes et personnes âgées pour certaines espèces d’oiseaux.

Au total, 48 personnes ont été interviewées dont 16 chasseurs-agriculteurs-pêcheurs, 5
vendeurs de carcasses d’animaux, 5 guérisseurs traditionnels, 6 pêcheurs-agriculteurs,
10 vendeuses de poissons, 6 d’autres catégories sociales (maître d’école, conseiller
municipal, élève, commerçant). La trame d’enquête utilisée est mise en annexe 2.


31

4.3. Méthodes d’analyse des données
4.3.1. Ecologie des poules d’eau

Les paramètres mesurés sont résumés en moyenne, écart-type ou exprimés en
pourcentage dans des tableaux de fréquence. Le test Anova et celui de Student-
Newman-Keuls ont été calculés pour comparer les taux de captures des oiseaux en
fonction des paramètres choisis et donc pour extraire les facteurs déterminants de la
distribution des espèces de poules d’eau dans la zone d’étude.

4.3.2. Mensurations et différenciation morphologique

Des tableaux de fréquence présentent les moyennes et écart-types des mensurations
par partie du corps et celles pondérales ; ceci, pour chaque sexe d’espèce de poules
d’eau. Ces mesures sont comparées entre elles à l’aide du test t de Student appuyé de
la réalisation d’une classification numérique et d’une analyse en composante
principale (ACP) à l’aide du logiciel SAS v.8.1. Phillipeau (1985) retient que l’ACP
permet de comprendre la structuration des variables et la répartition des individus sur
lesquels les mesures ont été effectuées.

4.3.3. Impact écologique du prélèvement

Le suivi régulier de la chasse sur deux sites et pendant quinze jours a permis de
dégager l’âge-ratio (nombre de jeunes / nombre d’adultes) et le sexe-ratio (nombre de
mâles / nombre de femelles) moyens des prélèvements. Le test Z de comparaison de
deux proportions et celui de χ² ont été réalisés à l’aide du logiciel Minitab sur ces
moyennes pour mesurer le niveau de prélèvement par espèce et par catégorie d’âge.
L’extrapolation de ces moyennes sur la période efficace de chasse a donné le total
moyen d’oiseau prélevé.

Le dénombrement sur base de comptage des nids a permis d’avoir une idée du taux de
poules d’eau ayant échappé à la capture. Ce taux est obtenu en multipliant le nombre

32

de nids par deux ; les poules d’eau couvant leurs œufs par couple. Cette population est
considérée comme reproductrice et est celle qui va reconstituer l’espèce dans la nature.

Le taux de recrutement de la population ou taux de succès de la reproduction est
calculé sachant que le pourcentage de succès de l’élevage, selon Wood cité par
Géroudet (1994), est de 97 % l’espèce Gallinula chloropus.

Ce pourcentage est appliqué à la moyenne de la ponte de l’espèce. Du fait de
l’inexistence du taux de succès de l’élevage spécifique à la poule d’allen, nous avons
considéré, ici, ce taux pour la poule d’allen comme identique à celui de la poule d’eau.

4.3.4. Aspects socio-économiques

L’analyse des données socio-économiques est basée sur le calcul des investissements
et du revenu d’une saison de chasse suite à la vente des espèces capturées.

Le revenu d’une saison de chasse est obtenu en multipliant le prix d’un oiseau par le
nombre total d’oiseaux vendus au cours de la saison.

Dès lors qu’on soustrait de ce revenu les investissements, on obtient la marge
bénéficiaire de l’activité.

Une traduction de l’appellation vernaculaire de ces oiseaux dans la zone d’étude est
aussi faite et, permet d’apprécier la classification effectuée localement.


33

5. RESULTATS

5.1. Description morpho-zoologique des espèces de poules d'eau
chassées

5.1.1. Espèces de poules d’eau chassées
Dans la zone d’étude, deux espèces de poules d’eau sont chassées par les populations.
Il s’agit de la poule d’allen Porphyrio alleni et de la poule d’eau Gallinula chloropus
meridionalis.

5.1.2. Mensurations et différenciation morphologique chez la poule d’allen
5.1.2.1. Différenciation par l’analyse univariée

Le tableau 4 présente, pour l’espèce, le minimum, le maximum, la moyenne, l’écart-
type et le coefficient de variation des différentes variables mesurées.

Tableau 4 : Synthèse des valeurs moyennes (en mm) des variables morphométriques
relevées sur les 35 poules d’allen.
Variables
Minimum Maximum Moyenne Ecart-
Coefficient de
morphométriques
type
variation
LB 17
26
22,14
1,67
12,06
LCR 10
15,30
13,37
1,34
10,01
LCL 20
28
24,46
2,12
8,69
LC 152
195
177
9,26
5,21
LA 147
226
202,60
21
10,37
LQ 43
70
57,34
6,93
12,09
LM
39 56
49,62
5,08 10,25
LDC 38
60,10
48,71
5,92
12,15
DJ 10,00
22,00
16,03
2,24
13,96
DDC
7,00 16,00 12,33 1,69
13,73
Poids
100,00 165,00 128,28 16,18
12,61

34

Dans le tableau 4, la remarque est que la variable qui varie le plus est le diamètre de la
jambe tandis que la longueur de la colonne est la variable la plus stable.
Les coefficients de corrélation entre les variables morphométriques relevées sur la
poule d’allen sont consignés en annexe 1. Les variables qui sont corrélées sont les
couples de variables suivants : LCR-LB, LCL-LB, LQ-LCL, LCL-LCR, LA-LC,
LCR-LM, LCR-LDC, LQ-LDC,LA-DJ, LA-Poids, LM-LDC et LDC-DDC.

Le tableau 5 résume les valeurs moyennes des variables morphométriques mesurées
sur les différents sexes de la poule d’allen.

Tableau 5 : Valeurs moyennes (en mm) des variables morphométriques relevées sur
les 35 poules d’allen (ddl = 33).

Variables morphologiques Valeurs moyennes ± écart-type t de Student
Mâles (17)
Femelles (18)
LB
22,429 ± 2,79 21,872 ± 2,59
-0,61
LCR
13,418 ± 1,4 13,322 ± 1,31
-0,21
LCL
24,118 ± 1,66 24,789 ± 1,52
0,93
LC
181,12 ± 7,54 174,67 ± 5,5
-2,17∗
LA
212 ± 19,41 193,72 ± 18,87
-2,82∗∗
LQ
55,412 ± 8,17 59,167 ± 5,1
1,64
LM
50,176 ± 5,21 49,089 ± 5,05
-0,63
LDC
48,818 ± 5,81 48,617 ± 6,18
-0,10
DJ
16,206 ± 2,47 15,867 ± 2,05
-0,44
DDC
12,559 ± 1,47 12,117 ± 1,9
-0,77
Poids
138,82 ± 15,47 118,33 ± 9,07
-4,81∗∗∗

∗ Différence significative au seuil de probabilité de 5 %.
∗∗ Différence significative au seuil de probabilité de 1 %.
∗∗∗ Différence significative au seuil de probabilité de 0,01 %.


35

De l’analyse du tableau 5, il ressort que mis à part la longueur du crâne correspondant
au rétrécissement inter-orbiculaire (LCL) et la longueur de la queue (LQ), toutes les
moyennes des mesures sont plus élevées chez le mâle que chez la femelle. Toutefois,
les différences de moyennes des variables mesurées sont importantes au niveau de la
longueur de la colonne vertébrale (LC), de l’envergure de l’aile gauche (LA) et du
poids. En effet, au seuil de 5%, la différence entre les deux sexes est significative pour
la variable longueur colonne vertébrale. Pour la variable envergure de l’aile gauche,
cette différence est significative même au seuil de 1% alors qu’elle l’est pour la
variable poids vif corporel au seuil de 1‰. Le dimorphisme sexuel se manifesterait
donc pour cette espèce au niveau de ces paramètres.

5.1.2.2. Différenciation par l’analyse multivariée
Les tableaux A2 et A3 en annexe 1 donnent un aperçu de l’analyse en composante
principale effectuée par rapport aux mensurations de la poule d’allen. Ici, les trois
premiers axes qui expliquent 60,60 % environ de la variabilité ont été choisis. Par
ailleurs, la classification numérique effectuée vient aider à la bonne compréhension de
ladite variabilité. La figure 7 montre le nuage des variables sur les axes 1 et 2.
FACTOR 1
1

.9
G H
.8

.7 B

.6
C
K .5
A
.4 F
E
.3
D
.2
F
.1 a
I c
-1 -.9-.8-.7-.6-.5-.4-.3-.2-.1 0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 1.0t
o
-.1 r
2
-.2

-.3


36

-.4
J
-.5

-.6

Lbpa=A LCRpa=B LCLpa=C Lcpa=D Lapa=E Lqpa=F
Lmpa=G LDCpa=H Djpa=I DDCpa=J Poidspa=K
Figure 7 : Nuage des variables morphométriques sur les axes 1 et 2.
L’examen des corrélations entre les variables et les axes nous permet de voir que
toutes les variables crâniennes sont corrélées positivement avec l’axe 1. Parmi les
variables de la patte gauche qui sont aussi corrélées au premier axe, seule la variable
DDC est corrélée négativement. Les variables LM et LDC sont aussi positivement
corrélées à l’axe 1. Cet axe peut être pris pour l’axe gouvernant les variables
permettant à l’oiseau de maintenir son équilibre debout. Il discrimine les individus en
fonction de l’aptitude à la marche.

Des variables corporelles corrélées à l’axe 2, seule la variable LQ l’est positivement.
On remarque que les variables LC, LA, LQ sont corrélées à l’axe 2. Ces variables sont
celles intervenant dans l’envol des oiseaux. L’axe 2 sépare donc les sujets par rapport
à leur aptitude au vol.

La figure 8 montre un chevauchement des individus mâles et femelles. L’absence de
dimorphisme sexuel tranché mise en évidence précédemment par le test t de Student
se confirme. Néanmoins, on note le regroupement de certains sujets. Dans ce
regroupement les sujets mâles sont répartis autour de l’axe 1 alors que les femelles le
sont autour de l’axe 2. Ceci veut dire que les mâles sont plus marcheurs que les
femelles qui, elles, volent prioritairement.














37



38

z1 ‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
2 ˆ * M1 ‚
‚ ‚
‚ ‚ * F2
‚ ‚
‚ * M2
‚ * F1‚
‚ * M5 ‚* M15
1 ˆ * M17 * F3
‚ ‚ * F13
‚ * F4 ‚
‚ ‚
‚ ‚ * M14 * F16
‚ * M6 * M10 * M3
‚ * M16 * F14 * F5
0 ˆ---------*-M13-----------ˆ---------------------------------------------------
‚ ‚

‚ ‚ * F18 * M4
‚ * M11 F12 *‚ * F15
‚ * M12 ‚ * F10
‚ * M9 ‚ * F17
‚ ‚
-1 ˆ * F6 ‚ * F11
‚ ‚
‚ ‚ * F8
‚ ‚ * F9
‚ * M8 ‚
‚ ‚ * F7
‚ * M7 ‚
-2 ˆ ‚
‚ ‚
Š-ˆ-----------ˆ-----------ˆ-----------ˆ----------ˆ-----------ˆ-------------ˆ-Z2
-2 -1 0 1 2 3 4

z2
Figure 8 : Nuage des sujets mensurés sur les axes 1 et 2.

Factor1
1

.9
H G
.8

.7 B

.6
C
.5 K
A
F .4
E
.3

39

D
.2
F
.1 a
I c
-1 -.9-.8-.7-.6-.5-.4-.3-.2-.1 0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 1.0t
o
-.1 r
3
-.2

-.3

-.4
J
-.5

-.6

-.7
Lbpa=A LCRpa=B LCLpa=C Lcpa=D Lapa=E Lqpa=F
Lmpa=G LDCpa=H Djpa=I DDCpa=J Poidspa=K
Figure 9 : Nuage des variables morphométriques sur les axes 1 et 3.
z1 ‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
2 ˆ ‚ * M1
‚ ‚
‚ * F2 ‚
‚ ‚
‚ ‚ * M2
‚ * F1‚
‚ ‚ M5 * * M15
1 ˆ * F3 ‚ * M17
‚ ‚ * F13
‚ * F4 ‚
‚ ‚
‚ ‚ * F16 * M14
‚ * M10 ‚* M6 * M3
‚ * F5 * M16 * F14
0 ˆ--------------------------*-M13----------ˆ----------------------------
‚ ‚
‚ F18 * ‚* M4
‚ * M11 ** F15 F10
‚ F12 * * M12
‚ * F17 ‚ * M9
‚ ‚
-1 ˆ F11 *‚ * F6
‚ ‚
‚ ‚ * F8
‚ * F9 ‚
‚ ‚ * M8
‚ ‚ * F7
‚ ‚ * M7

40

-2 ˆ ‚
‚ ‚
Š--ˆ------------ˆ------------ˆ------------ˆ------------ˆ------------ˆ--
-3 -2 -1 0 1 2

z3
Figure 10 : Nuage des individus mensurés sur les axes 1 et 3.

La classification numérique effectuée (figure 11) par rapport aux paramètres mesurés
nous permet de regrouper ces individus en huit groupes homogènes avec un coefficient
de détermination R² = 0,592.

Figure 11 : Dendrogramme des individus de poule d’allen mensurés.

5.1.3. Mensurations et différenciation morphologique chez la poule d’eau
5.1.3.1. Différenciation par l’analyse univariée

Le tableau 6 résume, pour l’espèce, les différentes variables morphométriques
mesurées.







41









42

Tableau 6 : Synthèse des valeurs moyennes (en mm) des variables morphométriques
relevées sur les 45 poules d’eau.
Variables
Minimum Maximum Moyenne Ecart-
Coefficient de
morphométriques
type
variation
LB 12
21
16,71
2,37
14,17
LCR 10,10
15,30
12,82
1,09
8,56
LCL
20 30
24,61
2,09 8,51

LC
150 210
180,46
15,73 8,71

LA
112 220
189,69
18,96 9,99

LQ
42 65
52,79
5,91 11,21

LM
31 40,70
36,82
2,64
7,18
LDC 39
57
46,35
3,46
7,46
DJ 12
23
15,41
2,25
14,60
DDC
6 12
9,45
1,48 15,61
Poids
80 140
108,84
18,29 16,80

De l’analyse des valeurs du tableau 6, il ressort que la variable qui varie le plus est le
poids tandis que la longueur de la métatarse est celle qui est plus stable.

Les coefficients de corrélation entre les variables morphométriques relevées sur la
poule d’eau sont consignés en annexe 1. Les variables qui sont corrélées sont les
couples de variables suivants : LCR-LB, LB-LA, LC-LCR, LA-LCR, LCL-LC, LB-
Poids, LM-LCR, LCR-LDC, LCR-Poids, LM-LCL, LC-LDC, LC-LM, LC-Poids,
LDC-LM, LM-DJ, LM-DDC, LM-Poids, LDC-DJ, DDC-DJ et DJ-Poids.

Le tableau 7 résume les valeurs moyennes des variables morphométriques mesurées
sur les différents sexes de la poule d’eau.


43

Tableau 7 : Valeurs moyennes (en mm) des variables morphométriques relevées sur
les 45 poules d’eau (ddl = 43).
Variables morphologiques Valeurs moyennes ± écart-type t de Student
Mâles (25)
Femelles (20)
LB
17,772 ± 1,87 15,395 ± 2,29
-3,83∗∗∗
LCR
13,192 ± 1,07 12,355 ± 0,97
-2,72∗∗
LCL
24,828 ± 2,08 24,345 ± 2,13
-0,76
LC
182,04 ± 13,95 178,50 ± 17,89
-0,75
LA
201,2 ± 7,59
175,3 ±19,18 -6,19∗∗∗
LQ
52,988 ± 6,54 52,54 ± 5,19
-0,25
LM
37,556 ± 2,64 35,91 ± 2,41
-2,16∗
LDC
47,112 ± 3,45
45,4 ± 3,31
-1,68
DJ
15,52 ± 1,96 15,285 ± 2,62
-0,34
DDC
9,72 ± 1,18
9,125 ± 1,06
-1,36
Poids
112 ± 19,52
104,9 ± 16,24
-1,30

∗ Différence significative au seuil de probabilité de 5 %.
∗∗ Différence significative au seuil de probabilité de 1 %.
∗∗∗ Différence significative au seuil de probabilité de 0,01 %.

Comme le montre le tableau 7, toutes les moyennes des mesures sont plus élevées chez
le mâle que chez la femelle. Toutefois, les différences de moyennes des variables
mesurées sont plus importantes au niveau de la longueur du bec, de la longueur du
crâne correspondant au rétrécissement inter-orbiculaire, de la longueur de l’aile et de
la longueur du métatarse. En outre, au seuil de 1‰, cette différence est significative
pour les paramètres longueur du bec et envergure de l’aile. A 1 %, elle l’est pour la
variable longueur du crâne correspondant au rétrécissement inter-orbiculaire. Pour ce
qui est de la longueur du métatarse, ce n’est qu’au seuil de 5 % que la différence est
remarquable. La conclusion est donc que ces quatre paramètres permettent de
distinguer les sujets mâles des femelles.

44

5.1.3.2. Différenciation par l’analyse multivariée

Les tableaux A5 et A6 en annexe 1 donnent un aperçu sur l’analyse en composante
principale effectuée par rapport aux mensurations de la poule d’eau. Dans le cas
d’espèce, les trois premiers axes expliquent 59,08 % de l’inertie. Nous nous limiterons
à ces axes. La classification numérique aidera à expliquer la variance.
La figure 12 montre le nuage des variables sur les axes 1 et 2.


Factor1
1

.9

G .8
B
.K
H
D.6
I A
.5

J C .4
E
.3

.2
F
.1 a
c
-1 -.9-.8-.7-.6-.5-.4-.3-.2-.1 0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 1.0t
o
-.1 r
2
-.2 F

-.3

-.4

-.5

-.6

-.7

-.8

-.9

-1

Lbpe=A LCRpe=B LCLpe=C Lcpe=D Lape=E Lqpe=F
Lmpe=G LDCpe=H Djpe=I DDCpe=J Poidspe=K

Figure 12 : Nuage des variables morphométriques sur les axes 1 et 2.

45


L’examen des corrélations entre les variables et les axes nous permet de voir que les
variables LB, LCR, LC, LM, LDC, DJ et poids sont corrélées positivement avec l’axe
1. Ces variables se font donc expliquer par cet axe. L’axe 1 explique les capacités de
marche.

L’axe 2 est corrélé avec LA et LQ. Ces variables sont liées au vol. L’axe 2 est celui
relatif aux aptitudes de vol des poules d’eau.

La figure 13 montre un chevauchement des individus mâles et femelles. L’absence de
dimorphisme sexuel mise en évidence précédemment par le test t de Student se
confirme. Néanmoins, on note le regroupement de mâles autour de l’axe 1. Les mâles
sont plus lourds que les femelles et marchent plus souvent que ces dernières.



z1 ‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
3 ˆ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ * M17 ‚
‚ ‚
‚ ‚
2 ˆ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ * M13 ‚ * M25
‚ *‚M14
‚ * M11 * M4
‚ * F16 M16 *‚M12 * M3
1 ˆ F6 *‚ * * M10
‚ ‚
‚ M15 M19 * M5
‚ M18 ** * * F10 * M1
‚ ‚
‚ ‚
‚ F12 * * F20‚
0 ˆ-----------------------------------ˆ----------------------------------------------
‚ ‚ * M21
‚ * M20
‚ F19 * F8 ‚ M22 * M24
‚ F18 * F5 *‚F11* * M7
‚ F13 * * F9 ** ‚* M9 M6 * F2
‚ * F17 ‚ * M8
-1 ˆ * F14 F3 * * F4 * M2
‚ * F15 ‚

46

‚ ‚ * F1
‚ * F7
‚ ‚
‚ ‚ * M23
‚ ‚
-2 ˆ ‚
‚ ‚
Š-ˆ------------ˆ------------ˆ------------ˆ------------ˆ------------ˆ------------ˆ-
-4 -3 -2 -1 0 1 2

z2



Figure 13 : Nuage des individus mensurés sur les axes 1 et 2.





47

Factor1
1

.9

.8 G
B
K .7
H
.6 D
A I
.5

J .4 C
E
.3

.2
F
.1 a
c
-1 -.9-.8-.7-.6-.5-.4-.3-.2-.1 0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 1.0t
o
-.1 r
3
-.2 F

-.3

-.4

-.5



Lbpe=A LCRpe=B LCLpe=C Lcpe=D Lape=E Lqpe=F
Lmpe=G LDCpe=H Djpe=I DDCpe=J Poidspe=K
Figure 14 : Nuage des variables morphométriques sur les axes 1 et 3.
z1 ‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
3 ˆ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ * M17 ‚
‚ ‚
‚ ‚
2 ˆ ‚
‚ ‚
‚ ‚
‚ * M13 * M25
‚ * M14 ‚
‚ * M4 M16 ‚ * M11
‚ F16 * **M3 ‚
1 ˆ * F6 * M10 * M12
‚ ‚
‚ M18 M19 * M5
‚ M15 * * * * M1 * F10
‚ ‚
‚ ‚

48

‚ * F12 ‚ * F20
0 ˆ---------------------------ˆ------------------------------------------
‚ ‚ * M21
‚ * M20
‚ * M24 ‚ M7 * F8
‚ F2 F18‚ F11 * * * M22 * F19
‚ M9 * ** *‚F5 M6 ** F13 * F9
‚ * M8‚ * F17
-1 ˆ * F3 * F4 F14 * * M2
‚ * F15 ‚
‚ * F1 ‚
‚ * F7 ‚
‚ ‚
‚ * M23 ‚
‚ ‚
-2 ˆ ‚
‚ ‚
Š--ˆ------------ˆ-----------ˆ-------------ˆ------------ˆ------------ˆ--Z3
-2 -1 0 1 2 3

z3
Figure 15 : Nuage des individus mensurés sur les axes 1 et 3.
La classification numérique effectuée (figure 16) nous permet de classer ces individus
en huit groupes homogènes avec un coefficient de détermination R² = 0,60.



Figure 16
: Dendrogramme des sujets de poule d’eau Gallinula chloropus
meridionalis mensurés.

49



5.2. Caractérisation du biotope des poules d’eau
5.2.1. Facteurs de l’habitat
5.2.1.1. Type de formation végétale
Les poules d’eau fréquentent les prairies. Ces prairies sont formées pour la plupart
d’une végétation épaisse et herbeuse (Photos 1 et 2). La hauteur et la densité de la
végétation ne permettent pas toujours de remarquer la présence de l’eau dans le milieu.
Seules les activités anthropiques permettent de s’en rendre compte.


Photo 1 : Habitat type des poules d’eau.

50



Photo 2 : Présence permanente de l’eau dans l’habitat naturel des poules d’eau.

Les espèces végétales représentatives des zones prospectées sont consignées dans le
tableau 8.


51

Tableau 8 : Espèces végétales caractéristiques de l’habitat des poules d’eau.

Espèces végétales
Familles
Espèces végétales
Familles
Pistia stratoïtes
Araceae
Andropogon gayanus

Azolla africana
Azollaceae
Echinochloa crus-

pavonis
Poaceae
Ipomoea aquatica
Convolvulaceae
Leersia hexandra

Fimbristylis littoralis

Paspalum vaginatum
Cyperus difformis

Polygonum lanigerum
Polygonaceae
Rhynchospora
Cyperaceae
Eichhornia crassipes
Pontederiaceae
corymbosa
Fuirena ciliaris
Pentodron pentandrus
Rubiaceae
Alchornea cordifolia
Euphorbiaceae Melochia corchorifolia
Sterculiaceae
Nymphaea lotus
Nymphaeceae
Salvania nymphellula
Salviniaceae
Ludwigia decurrens
Onagraceae



5.2.1.2. Hauteur de la végétation

Le tableau 9 donne la répartition des sites en fonction de la hauteur de la végétation.

Tableau 9 : Répartition des poules d’eau en fonction de la hauteur de la végétation
dans les 10 sites prospectés.

Hauteur végétation (m)
< 1
1 – 2
> 2
Nombre total de sites
3
5
2
Total captures
119
497
63
Captures par site (moyenne
39,7 ± 14,6
99,4 ± 23,9
31,5 ± 14,9
± écart-type)



52

Les poules d’eau se retrouvent sur les sites d’étude dans une limite de hauteur de
végétation allant de 0,7 à 2,05 mètres. Toutefois elles ne sont pas capturées de la
même manière sur tous ces sites. Le test Anova appliqué aux captures par site montre
une différence significative au seuil de 1 % (F = 11,91 ; P = 0,0056) entre les sites
pour les captures. Le test de Student-Newman-Keuls réalisé confirme le test précédent
et montre qu’il existe une différence de captures entre les classes extrêmes de hauteur
de végétation (< 1 m ; > 2 m) et la classe centrale (1-2 m). Les hauteurs de végétation
de la classe centrale (1-2 m) semblent favorables aux poules d’eau.

5.2.1.3. Degré d’encombrement de la surface de l’eau
Le tableau 10 donne la distribution des poules d’eau en fonction des classes
d’encombrement de la surface de l’eau.

Tableau 10 : Distribution des poules d’eau en fonction du degré d’encombrement de
la surface de l’eau par les végétaux dans les 10 sites prospectés

Degré d’encombrement de la
< 75
75 – 85
> 85
surface de l’eau (%)
Nombre total de sites
3
4
3
Total captures
119
434
126
Captures par site (moyenne ±
39, 7 ± 14,6
108,5 ± 14,6
42 ± 21
écart-type)

Comme le montre le tableau 10, la moyenne de captures d’oiseau est plus élevée dans
la classe de degré d’encombrement (75 % - 85 %). Le test Anova révèle une différence
statistiquement significative au seuil de 1 % (F = 19,80 ; P = 0,0013) entre les
différents sites. Le test de Student-Newman-Keuls, de son côté, discrimine les classes
de degré d’encombrement de la surface de l’eau (< 75 % et > 85 %) par rapport à la
classe (75 % - 85 %). Les milieux, où la surface de l’eau est moyennement recouverte,
sont les endroits fréquentés par les poules d’eau.

53

5.2.1.4. Paramètres physico-chimiques du biotope

Hauteur d’eau
Au cours de cette étude , le niveau de l’eau dans les sites d’étude était compris entre
0,40 à 0,90 m. La valeur moyenne de ce niveau était de 0,57 ± 0,17 m.

Vent et débit
Bien que l’étude ait été menée pendant la période de crue du fleuve Ouémé
(correspondant aux vents de vitesse moyenne à forte et à de forts débits), les sites
d’étude étaient peu ventés et les débits d’eau faibles. Ceci s’explique par la
structuration de la végétation dans ces sites.

pH, salinité et turbidité
L’eau des sites d’étude est une eau douce. Ceci s’explique par le fait que les milieux
prospectés étaient situés sur le bassin versant du fleuve Ouémé. Elle est un peu trouble
du fait de sa stagnation dans le milieu et de la décomposition organique.

5.2.1.5. Activités anthropiques dans le biotope

Au niveau des sites prospectés, les prairies sont de plus en plus colonisées par les
activités anthropiques des riverains.

Au nombre de ces activités, nous pouvons noter la transformation du milieu en champs
de cultures, la pêche, le ramassage d’escargots divers et la coupe d’herbes pour des
buts de construction (Photo 3).


54



Photo 3 : Vue partielle de la destruction de l’habitat des poules d’eau dans la zone
d’étude.

Dans les différents champs bordant les prairies, les cultures rencontrées sont le maïs
(Zea mays) en floraison ou en fructification, le manioc (Manihot utilissima) déjà
tubérisé et des cultures maraîchères telles que le piment (Capsicum frutescens) et les
légumes feuilles en état de récolte.
La pêche est également une activité importante dans le milieu. Elle permet d’obtenir
les espèces telles que Sarotherodon galilaeus, Clarias sp, Ctenopoma sp, Synodontis
sp. et Chrysichthys sp.

Mis à part ces actions de l’homme sur la végétation, la chasse aux poules d’eau est une
pratique très courante dans le milieu.




55

5.2.2. Seuil de cohabitation avec d’autres espèces d’oiseaux

Diverses autres espèces d’oiseaux sont rencontrées dans le biotope où vivent les poules
d’eau. Les espèces les plus courantes sont celles de la famille des Rallidés et des
Jacanidés sont celles qui cohabitent le plus avec les poules d’eau. Ces espèces sont le
râle à bec jaune (Amaurornis flavirostris) et le jacana africain (Actophilornis
africana).

A l’exception de ces espèces, on rencontre sporadiquement des oiseaux de la famille
des Ardéidés, des Plocéidés et des Cuculidés. Ainsi, nous avons rencontré le
dendrocygne veuf (Dendrocygna viduata), le blongios nain (Ixobrychus minutus), le
tisserin à tête noir (Ploceus melanocephalus) et le coucal du Sénégal (Centropus
senegalensis).

5.2.3. Reproduction
5.2.3.1. Description des sites de nidification

Les variables des sites de nidification sont identiques à celles décrites pour l’habitat.
En effet, c’est sur ces sites que toutes les captures sont effectuées par les chasseurs.
Ces derniers déclarent, d’ailleurs, ne plus retrouver ces oiseaux après la période de
crue.

5.2.3.2. Description des nids trouvés

Les photos 4 et 5 présentent les nids des différentes espèces de poules d’eau
rencontrées dans le milieu et leur contenance.


56




Photo 4: Nid de poule d’eau (Gallinula chloropus meridionalis)

Photo 5 : Nid de poule d’allen (Porphyrio alleni)

57

C’est à partir de la deuxième quinzaine du mois de juillet jusqu’à la dernière semaine
du mois d’août que nous avons commencé par observer les nids de poules d’eau . Les
œufs contenus dans ces nids ont éclos vers la fin du mois d’août et, les poussins
nidifuges ont été alors retrouvés dans le cours d’eau.

Les nids des différentes espèces de poules d’eau ne sont pas fondamentalement
différents les uns des autres par rapport à leur forme. Ils présentent tous à peu près la
forme d’une balle de rugby en début de ponte. Néanmoins, il faut remarquer que les
nids de poule d’allen (Porphyrio alleni) sont plus élaborés que ceux de poule d’eau
(Gallinula chloropus meridionalis). A l’éclosion, ces nids sont retrouvés identiques à
des plateformes.

Les tableaux 11 et 12 résument respectivement les valeurs de variables mesurées sur
les nids de la poule d’allen et de la poule d’eau.

Tableau 11 : Valeurs des variables mesurées sur 15 nids de poule d’allen

Variables Maxima
Minima Moyennes Ecart-type

Profondeur interne
25
15
20
3,05
Dimensions (cm) Diamètre interne
16
7
11,85
3,04
Ouverture principale 12,5 7,5
10,23
1,31
Constituants du fond des nids
Chaumes secs ou pailles de graminées
Disponibles
Distance entre la base du
45 10 27,33 11,88
nid et l’eau (cm)
Nombre d’œufs
7
1
3,87
1,86



58

Tableau 12 : Valeurs des variables mesurées sur 15 nids de poule d’eau

Variables Maxima
Minima
Moyennes
Ecart-
type

Profondeur interne
20
15
17,83
1,56
Dimensions (cm) Diamètre interne
12
6
8,83
1,50
Ouverture principale 12,5
9
10,73
1,12
Constituants du fond des nids
Chaumes secs ou pailles de graminées
disponibles
Distance entre la base
25 10 16 3,60
du nid et l’eau (cm)
Nombre d’œufs
10
1
4,73
2,41

Les données des tableaux 11 et 12 nous permettent de dire que les nids sont construits
par ces deux espèces aviaires avec le matériel disponible. Il n’existerait donc pas de
matériel unique pour ce faire. Les nids de la poule d’allen sont plus spacieux que ceux
de la poule d’eau, mais sont plus élevés de la surface de l’eau que ceux de cette
dernière.

S’agissant de la contenance de ces nids, le constat est que la poule d’eau pond plus
d’œufs que la poule d’allen.

5.2.3.3. Caractéristiques biométriques des œufs

Les caractéristiques biométriques ont été prises sur 23 œufs de poule d’allen et 33
œufs de poule d’eau.
Le tableau 13 présente les moyennes ± écart-type des mesures effectuées.


59


Tableau 13 : Moyennes ± écart-type des paramètres mesurés sur les oeufs des espèces
de poules d’eau.

Espèces
Longueur grand
Longueur petit
Poids (g) ± écart-
d’oiseau
axe (cm) ± écart-
axe (cm) ± écart-
type
type
type
Poule d’allen
3,3 ± 0,04
2,38 ± 0,04
13,04 ± 0,85
Poule d’eau
3,1 ± 0,14
2,22 ± 0,07
11,14 ± 0,78

De l’analyse du tableau 13, il ressort que les œufs de poule d’allen sont plus gros que
ceux de poule d’eau.
La photo 6 montre côte à côte les œufs des deux espèces de poules d’eau.


Photo 6: Comparaison des œufs de poule d’eau Gallinula chloropus meridionalis
gauche) à ceux de poule d’allen Porphyrio alleni (à droite)


60


5.2.3.4. Résultats du suivi de la couvaison
Les deux nids de poule d’eau suivis contenaient chacun cinq œufs. De la ponte du
premier œuf à l’éclosion, 20 jours se sont écoulés pour le premier nid alors que la
durée était de 22 pour le second.

Les poussins obtenus ont le corps couvert d’un duvet noir avec une peau rouge visible
sur la tête, un bec à racine noire ayant une pointe blanche. Une plaque frontale rouge
est bien nette sur la tête des poussins qui, par ailleurs, possèdent un iris brun et des
pattes noires. Le poids moyen de ces poussins à l’éclosion est de 9,2 g (n = 5). La
photo 7 présente les poussins de poule d’eau (Gallinula chloropus meridionalis).

Photo 7 : Trois poussins de poule d’eau Gallinula chloropus meridionalis (deux au
nid et un qui nage).

61

En ce qui concerne la poule d’allen (Porphyrio alleni), chacun des deux nids
contenaient respectivement quatre et cinq œufs. Ces nids ont été retrouvés détruits
après 16 jours de suivi.

5.3. Importance socio-économique et ethnozoologique des poules
d’eau
5.3.1. Caractérisation des chasseurs
*
La pression sur les poules d’eau est exercée par toute la population. L’âge moyen des
chasseurs proprement dit de poules d’eau est de 25,6 ± 9,6 ans (n = 16, 10 – 45 ans).
Environ 56 % de ces chasseurs ont un âge supérieur à la moyenne. Le ramassage des
œufs se pratique par les jeunes chasseurs.

L’activité autour de ces oiseaux se répartit comme suit :
les hommes chassent les poules d’eau et ramassent aussi leurs œufs ;
les femmes ramassent les œufs lors de leurs activités de collecte d’escargots
dans la nature et, chassent rarement les oiseaux. Lorsqu’elles doivent le faire,
elles le font sur les nids ;
les enfants quant à eux, pratiquent les deux activités dès lors qu’ils sont actifs.
L’âge minimum d’activité est estimé à 10 ans.

5.3.2. But et période de la chasse

La chasse aux poules d’eau est réalisée principalement dans le but de procurer des
revenus aux chasseurs et secondairement pour l’alimentation de la famille de ces
derniers.

Elle s’étend sur la période allant de fin mai à début septembre avec un pic d’activité
dans les mois de juin et juillet. Durant cette période, chaque chasseur effectue une ou
deux sortie (s) par jour selon sa disponibilité ou l’importance du gibier de la première
sortie.


62

Les sorties s’échelonnent sur la journée comme suit : 08 h à 11 h pour la matinée et, 14
h à 17 h pour la soirée.

5.3.3. Modes de prélèvement des poules d'eau
5.3.3.1. Recherche des indices de présence

La chasse des poules d’eau se fait dans la basse vallée de l’Ouémé suite à une
inspection de divers sites. Les critères intervenant dans le choix d’une zone sont :

Les cris des poules d’eau qui sont connus des populations.
L’envol des poules d’eau suite aux inquiétudes qu’elles ont du fait de la
présence humaine dans leur milieu.
La découverte des nids de poules d’eau.
La présence de certaines espèces végétales qui soit facilitent le déplacement
des oiseaux sur l’eau soit sont utilisées dans la confection des nids ou encore
servent de nourriture à ces derniers.

5.3.3.2. Caractéristiques des lieux de prélèvement

Dès que la zone de chasse est définie, les chasseurs y vont pour poser leurs instruments
afin d’attraper les oiseaux.

Les zones de prélèvement diffèrent les uns des autres en fonction des outils de chasse.
Ainsi, deux types de zones peuvent être définis par rapport à la distance séparant
l’instrument utilisé du sol. Nous avons les instruments déposés à même le sol et ceux
posés dans les nids des oiseaux.

Description du milieu de pose d’instrument au sol
En général, lorsqu’il s’agit d’une pose d’instrument au sol, le milieu respecte les
conditions ci-après :
Les instruments se posent dans des prairies bordant des exploitations agricoles. Ceci
serait dû au fait que les oiseaux à la recherche de nourriture se déplaceront vers les

63

champs et sur ce trajet peuvent être capturés. Il faut ajouter à cela le fait que ces
prairies constituent des zones de frayères pour ces oiseaux. La hauteur de la végétation
dans ces prairies varie entre 1 et 2 m, et la présence d’eau est obligatoire.

Description du milieu de pose des instruments au dessus du sol
Certains instruments sont posés sur les nids des oiseaux pour les capturer. La
description de ces zones est alors identique à celle des nids dans les milieux de
nidification.

5.3.3.3. Technique de capture et retrait des oiseaux des pièges

Plusieurs instruments servent à la capture des poules d’eau dans la basse vallée de
l’Ouémé. Ces instruments peuvent être classés en deux groupes en fonction de la
distance séparant l’instrument utilisé du sol.

Instruments posés à même le sol
Dans ce lot d’instruments, nous pouvons citer en langue locale « Ouémè » : Omon,
Aja, Agbadjè, Fêcha ou Ganchèm’bi (piège à palette).

Instruments posés dans les nids
Sont regroupés ici, les instruments appelés localement Aglan et Hou. Accessoirement,
nous pouvons y inclure ledit Fêcha parce qu’il est placé parfois à cet endroit aussi.

Description et fonctionnement des divers instruments

Omon (figure 17)
Ledit piège est fait avec des branches et une portion de fil à hameçon.
Pour attraper les oiseaux, deux piquets de 30 à 35 cm de longueur sont enfoncés sur
une profondeur de 10 cm dans le sol à une distance de 20 cm l’un de l’autre. Une
motte de terre est soigneusement aménagée dans l’espace entre les deux piquets.
Lorsque la hauteur d’eau du site surnage la motte, cette dernière est surélevée et
maintenue ainsi à l’aide des adventices environnants.


64

Une autre branche d’une longueur de 80 à 150 cm est enfoncée latéralement aux deux
piquets précédents dans la vase sur 20 à 25 cm. La distance séparant la motte de terre
de ce piquet-ci est d’environ 1m. La caractéristique fondamentale recherchée pour
cette branche est une forte capacité de torsion. C’est ce qui amène les chasseurs à
rechercher deux espèces végétales ayant cette caractéristique. L’espèce la plus utilisée
pour l’activité est le Carpolobia lutea, en langue vernaculaire Ouémè « avia ».

Au bout de cette dernière branche, est attachée une portion de fil d’hameçon de 150
cm environ. Juste après ce nœud, on attache à 5 cm, une petite tige de Raphia hookeri
d’au plus 5 cm.

A présent, on tord la tige en ramenant son extrémité au centre de la motte de terre. Elle
est maintenue dans cette position grâce à la petite tige attachée à la corde. En effet,
cette petite tige sert à caller une autre tige fine de Raphia de 20 à 25 cm contre les
deux piquets autrefois enfoncés. Cette tige est alors perpendiculaire aux deux piquets à
la fois.

C’est sur elle qu’on desserre largement et sur la motte le nœud préparé à l’aide de la
corde. Sur la motte et dans le nœud posé, on dépose 2 ou 3 graines de maïs (Zea
mays).

L’oiseau, picorant les graines, piétine la tige fine à l’intérieur du nœud. Ainsi, la calle
s’enlève ; la branche maintenue tordue subit violemment une détorsion et le nœud se
resserre autour de la métatarse de l’oiseau qui est projeté lors du redressement de la
branche. Il ne peut donc plus s’échapper et sera retiré plus tard par le chasseur.
La figure 17 montre le dessin de ce piège.






65












Figure 17 : Dessin du piège « omon » utilisé pour la capture des poules d’eau.

Agbadjè (photo 8)
Ce piège est de forme circulaire et plate. Son diamètre est de 8 cm. A l’intérieur de ce
cercle sont tressées des mailles à l’aide du fil à hameçon de sorte à aménager en son
centre une maille plus ou moins ronde de diamètre approximatif 3 cm. Le cercle est
réalisé avec une espèce lianescente.

Pour attraper l’oiseau, on creuse un petit trou de diamètre inférieur à celui du piège ou
bien on réalise un creux avec une motte de terre. Dans ce trou, on met des graines de
maïs puis on ferme le trou avec le piège qui est maintenu ainsi à l’aide de deux fils
attachés à des piquets plantés non loin du trou.

Un nœud, indépendant du piège et attaché à un piquet fixé au sol, est réalisé sur la
maille centrale du piège. L’oiseau en picorant les graines dans le trou déplace
légèrement l’instrument. Le nœud indépendant mis sur le piège se resserre autour du
cou de l’oiseau suite aux mouvements d’aller-retour effectué par son cou. Le nœud
serre complètement le cou dès lors que l’oiseau tente de s’envoler. Ceci peut
provoquer l’étranglement de la bête.


66



Photo 8 : Piège « Agbadjè » pour capturer les poules d’eau.

Aglan (photo 9)
Cet instrument peut être comparé à une cage de contention d’animaux. Il est fabriqué
avec les rachis de palmier raphia (Raphia hookeri) et présente la forme d’un cylindre
ouvert coiffé d’un cône de révolution aplati à son extrémité. Ceci dit, la hauteur et le
diamètre du cylindre sont respectivement de 20 cm et de 7 cm ; les dimensions du cône
de révolution aplati sont de : grand diamètre 7 cm, petit diamètre 2,5 cm et hauteur 10
cm.

Les bases de ces deux figures géométriques posées l’une sur l’autre sont réalisées avec
les lianes de « wlèkan ». La surface latérale de ces figures est parcourue par des brins

67

de rachis de raphia espacés les uns des autres de 2 cm. Sur ces brins et de manière
parallèle aux bases sont tressés à l’aide de fil à hameçon, des cercles espacés les uns
des autres de 3 cm.

Ce piège de contention est placé sur des nids possédant des œufs de sorte à faire
coïncider le grand diamètre du piège et donc celui du cylindre avec l’entrée du nid. Il
est ainsi bien maintenu sur les oeufs pour ne pas le faire remarquer par l’oiseau. Ce
dernier naïf montant dans le nid pour pondre ou couver ses œufs prend par l’entrée du
nid et s’efforce d’y pénétrer. Il se sent alors coïncé dans le piège, et cherche à sortir
par l’autre extrémité ; ne pouvant plus reculer. L’oiseau avance ainsi dans le piège
jusqu’à atteindre la partie conique de ce dernier. Il sort sa tête par le bout aplati. C’est
alors qu’il est définitivement contenu car entre temps ses plumes sortent par les
espaces latéraux et l’empêchent de tout mouvement.

Les poules d’eau entretiennent leurs œufs à deux. C’est ce qui fait que peu de temps
après l’arrivée du premier oiseau, le second vient aussi au nid. Il pénètre dans le nid
comme le précédent et, se fait prendre de la même façon que le premier. Ce piège peut
ainsi capturer le couple d’oiseau à la fois.


68



Photo 9 : Poule d’allen capturée par le piège « Aglan » posé au fond d’une pirogue.

Maintenant que les oiseaux du nid sont capturés, les œufs sont ramassés ou non selon
le résultat d’un test qu’ils subissent. Le test consiste à prendre les œufs dans la paume
de la main et à plonger la main ouverte dans l’eau. Selon les chasseurs, les œufs qui
flottent hors de la paume ne sont pas consommables car contenant déjà l’embryon. Ces
derniers sont donc abandonnés sur le site. Ceux qui se reposent par contre dans la main
plongée dans l’eau sont emportés à domicile pour être consommés.

Hou
L’instrument dénommé ainsi est en fait le hameçon servant à la pêche à la ligne. Il est
placé au bout d’un fil à hameçon et attaché aux herbes du plafond du nid de sorte qu’il
pende à l’intérieur de ce dernier. Les vers de terre et mollusques débarrassés de leur
coquille servent d’appâts.

Le hameçon se coïnce dans la gorge de l’oiseau qui couvant ses œufs, veut se
débarrasser de ce pendantif ou se nourrir de ce qu’il a à son bout. L’oiseau quitte

69

tranquillement alors les œufs et commence par se débattre sans solution. Il sera
récupéré par le chasseur et, ses œufs ramassés ou non selon le résultat du test décrit
précédemment.

Cet instrument est surtout utilisé par les pêcheurs qui découvre au hasard les nids des
poules d’eau ; l’oiseau ainsi capturé servira à l’alimentation de la famille car, mort ou
blessé à la gorge, il ne pourra être vendu.

Aja
Ce piège sert dans son rôle premier à la pêche. Il est toutefois adapté à la capture des
oiseaux. C’est une cage tressée avec du palmier raphia (Raphia hookeri). Elle a une
forme cylindrique et est compartimentée en trois. Les trois parties sont scindées les
unes des autres par deux entonnoirs tressés également avec du raphia. Le premier
entonnoir est placé à l’une des extrémités et, le second presqu’à mi-longueur. Les
sommets des entonnoirs sont orientés vers l’intérieur de la cage. L’oiseau pénètre la
cage par le premier compartiment non fermé en quête des appâts constitués souvent de
grains de céréales et déposés dans le troisième et dernier compartiment. Il traverse
alors le premier entonnoir, se retrouve dans le second compartiment. Pour accéder aux
appâts, il traverse le second entonnoir.

Le diamètre des entonnoirs étant plus grand à l’entrée qu’à la sortie, l’oiseau est déjà
coïncé dans la cage dès le second compartiment. Il sera récupéré vivant par le
propriétaire de la cage dont les dimensions sont très variables.

Fêcha ou Ganchèm’bi
C’est un piège métallique ou traquenard qui est surtout utilisé pour capturer les
mammifères. A cause de la force de ses lames dentelées, il casse le fémur ou le
tibiotarse des oiseaux. Les mêmes appâts cités antérieurement sont utilisés dans ce cas-
ci.



70

Retrait des oiseaux des pièges
Les oiseaux capturés sont retirés des pièges. Ils peuvent, selon le type de piège, être
vivant ou mort, indemne de toute blessure ou non.

Transport
Les pattes de toutes les prises retirées des pièges sont attachées à l’aide de l’écorce de
l’espèce Terminalia catapa appelée localement « zizintin ». Ensuite, elles sont toutes
accrochées à un fil autour de la hanche du chasseur (Photo 10) qui, une fois tous les
pièges controlés et les gibiers retirés, peut se rendre chez lui où les oiseaux seront mis
dans une cage appelée « Louï » (Photo 11) en attendant leur vente. D’un côté ce mode
de transport crée un stress chez les oiseaux. Ce stress les rend plus nerveux
qu’habituellement et, autour de la hanche du chasseur, ils se battent. A destination, les
moins forts sont retrouvés morts. De l’autre côté cette cage est utilisée par les
chasseurs sans considération du taux de charge. Dans ces conditions d’attente d’achat,
les oiseaux n’arrivent pas à s’alimenter quoique quelques grains leur soient donnés.

Notons que lorsqu’il s’agit de capture d’espèces de petites tailles, leurs ailes ou leurs
pattes sont brisées et elles sont transportées à domicile par les plus jeunes.


71



Photo 10 : Méthode de transport des oiseaux capturés du lieu de chasse vers le
domicile.



72



Photo 11 : Cage de stockage des oiseaux tressée en raphia appelée localement
« Louï ».

5.3.4. Commercialisation des poules d’eau

Les poules d’eau sont vendues vivants. Les prix varient selon les espèces et la
disponibilité. Ainsi, la poule d’allen est vendue entre 100 et 150 F CFA tandis que la
poule d’eau est cédée entre 75 et 100 F CFA.

La majorité des captures est vendue localement soit chez le chasseur ou sur le chemin
du marché. Très peu d’oiseaux atteignent le marché avant d’être vendus. Ce qui fait
qu’il n’y a pas d’endroits fixes pour faire l’achat de ces animaux.

La clientèle est composée des allochtones nigérians ou béninois qui fréquentent les
villages de captures pour des raisons commerciales ou autres. Cependant, cette
clientèle est surtout composée des autochtones.



73

5.3.5. Revenu d’une partie de chasse

L’investissement pour la chasse aux poules d’eau n’est pas important. Il est dû :
à l’achat d’un coupe-coupe. Le coupe-coupe sert à se frayer un chemin de
passage dans la brousse, à nettoyer les lieux de pose de piège ou encore à
chercher des piquets pour fabriquer ces pièges.
au transport du chasseur de son domicile au site de chasse.
et à l’achat du fil à hameçon.

Ici, le coût de la restauration du chasseur n’est pas considéré car ce dernier prend ses
différents repas à la maison comme habituellement.

Le détail des investissements est résumé dans le tableau 14 ci-après.

Tableau 14 : Investissement pour une saison de chasse de 2 mois.

Nature Prix
unitaire
Nombre Montant
(F CFA)
(F CFA)
Coupe-coupe 1.500
1
1.500
Transport
10
4 tours / jour X 60 jours = 240 2.400

Fil à hameçon
25
80 pièges
2.000

Le coût total de l’investissement pour une saison de chasse de deux mois et pour un
chasseur moyen possédant 80 pièges revient à 5.900 F CFA.

Or pendant cette période, un chasseur moyen capture 10 oiseaux par jour. Ce qui fait,
pour ce chasseur, un total de 600 oiseaux toutes catégories comprises pour la saison.
Cet effectif d’oiseaux capturés est évalué à 60.000 F CFA.


74

Si nous ne considérons pas la charge de travail, la marge bénéficiaire de la chasse est
donc de 54.100 F CFA.

Autrement un tel chasseur gagne, de par cette activité, 27.050 F CFA en moyenne par
mois pour peu d’investissement financier et physique quand on sait que dans le milieu
le défrichement de l’hectare est à 1.000 F CFA.

5.3.6. Goût des consommateurs

Le goût de la viande est le premier critère d’appréciation des poules d’eau par les
populations.

Toutes les personnes enquêtées déclarent avoir consommé la viande des deux espèces
de poules d’eau identifiées au moins une fois et, manifestent le désir d’en consommer
plus souvent.

Les ¾ des personnes interviewées en consomment régulièrement à condition qu’ils
aient des captures ou qu’ils aient la possibilité financière d’acquérir ces oiseaux.

Le taux de consommation de cette viande est assez élevé dans la zone d’étude.
Néanmoins, il a été difficile à la population d’hiérarchiser son goût par rapport aux
différentes viandes dont elle dispose.

5.3.7. Ethnosystématique des poules d’eau

Les populations ont adopté une classification systématique binomiale des oiseaux
prouvant ainsi leur connaissance de cette faune.

Ils dénomment alors la poule d’allen « Kokè agbanta » et la poule d’eau « Kokè
ahovi ». De cette dénomination, il faut retenir que la population considère ces deux
espèces comme étant du même genre « Kokè » ; la poule d’allen étant l’espèce
« agbanta » et la poule d’eau celle « ahovi ».


75

Cette classification effectuée par la population est basée sur la morphologie de
l’oiseau. Le nom d’espèce donné à la poule d’allen se justifie par le fait que sa plaque
frontale va jusque sur sa tête ; « agbanta » signifiant dans la langue locale « baguage
sur la tête » alors que le nom d’espèce donné à la poule d’eau est du fait de sa beauté
reconnue ; « ahovi » étant « prince » dans la langue vernaculaire, donc beau car la
tradition considère tout ce qui émane du roi comme étant du beau.

5.4. Tableau d’une partie de chasse
5.4.1. Taille des captures

Le tableau 15 présente la taille des captures des deux espèces de poules d’eau chassées
dans les deux sites. Cette taille de capture est obtenue après 15 jours par deux
chasseurs à raison d’un chasseur par site.

Tableau 15 : Taille des captures des poules d’eau sur les sites.
Site Nombre de poules d’allen Nombre de poules d’eau Total
Site 1
101
85
186
Site 2
78
84
162
Total 179
169 348

La lecture du tableau 15 permet de voir que sur les 348 oiseaux capturés, 186
individus (les deux espèces confondues) sont capturés au niveau du premier site alors
que 162 sont capturés dans le second site. De même, s’agissant des espèces, un total
de 179 oiseaux, de l’espèce poule d’allen, sont pris au piège contre 169 pour la poule
d’eau.

L’analyse de ces chiffres par le test de χ² (χ² = 0,252)et le test Z de comparaison de
deux proportions (Z = 0,003 pour le site 1 alors que Z = 0,856 pour le site 2) au seuil
de 5 %, révèle dans les deux cas, qu’il n’y a pas de préférence de site par les deux
espèces capturées.


76

5.4.2. Age ratio du prélèvement
Le tableau 16 présente la taille des captures des deux espèces de poules d’eau chassées
dans les deux sites ; et ce, selon les deux catégories d’âges.

Tableau 16 : Taille des captures des groupes d’âges sur les sites
Site Nombre de poules d’allen Nombre de poules d’eau
Adultes Jeunes Total Adultes Jeunes Total
Site 1
94
7
101
80
5
85
Site 2
71
7
78
76
8
84
Total 165 14 179 156 13 169

L’analyse de ce tableau permet de dire que, pour les différentes espèces, plus de sujets
adultes sont capturés que de sujets jeunes. Au niveau du site 1, l’âge ratio du
prélèvement est de 1:13,4 pour la poule d’allen contre 1:10,1 pour la poule d’eau.
Pour ce qui est du site 2, cet âge ratio est sensiblement le même pour les deux
espèces.

La réalisation du test de χ² (χ² = 0,374 pour la poule d’eau ; χ² = 0,614 pour la poule
d’allen) et du test Z de comparaison de deux proportions (pour la poule d’eau, Z =
0,362 au niveau des deux sites ; pour la poule d’allen, Z = 0,616 dans les deux sites)
montre au seuil de 5 %, que, quelle que soit l’espèce et le site, la capture des adultes
est plus importante que celle des jeunes. Cela signifie d’une part que la capture d’un
groupe d’âge donné n’a pas de relation avec un site ; et d’autre part que la répartition
des groupes d’âges ne diffèrent pas d’une espèce à l’autre.

5.4.3. Sexe ratio du prélèvement
La taille des captures des deux espèces de poules d’eau chassées dans les deux sites, et
ce, selon le sexe est résumée dans le tableau 17.


77

Tableau 17 : Taille des captures des différents sexes sur les sites.
Site Nombre de poules d’allen Nombre de poules d’eau
Femelles Mâles Total Femelles Mâles Total
Site 1
42
59
101
40
45
85
Site 2
33
45
78
35
49
84
Total 75 104 179 75 94 169

L’observation du tableau 17 montre que, pour les différentes espèces, plus de sujets
mâles sont capturés que de sujets femelles et ce, quel que soit le site.

Pour le site 1, le sexe ratio du prélèvement est de 1:1,4 pour la poule d’allen contre
1:1,2 pour la poule d’eau. En ce qui concerne le site 2, ce sexe ratio est de 1,36 pour
la poule d’allen et de 1,40 pour la poule d’eau. Ces chiffres prouvent que les mâles
ont été pris au piège plus que les femelles. Toutes ces proportions sont à peu près les
mêmes montrant la réalisation du même phénomène dans les sites et par les différents
sexes des deux espèces.

5.4.4. Niveau de prélèvement des poules d’eau
La portée du prélèvement des poules d’eau par la chasse est évaluée dans le tableau
18.

Tableau 18 : Effet d’une saison de chasse sur la population de poules d’eau.
Paramètres
Valeurs obtenues chez la
poule d’allen poule d’eau
Moyenne des captures dans les deux sites (15 jours)
5,97
5,63
Total moyen d’oiseaux prélevés (60 jours)
358
338
Nombre de nids comptés
54
50
Taux de poussins survivants
97 %
97 %
Nombre moyen d’œufs par nid
4
5
Effectif d’oiseaux reconstituant la population du milieu
210
243
Nombre total de têtes disparues de la population du milieu
148
95


78

De l’analyse du tableau 18, il ressort qu’en moyenne pour une saison de chasse de 2
mois, 358 têtes de poule d’allen sont capturées contre 338 individus de poule d’eau.
De même, l’effectif total d’oiseaux constituant la population recrutée est, quelle que
soit l’espèce, plus faible que le nombre de poules d’eau capturées d’année en année.
En effet, cette pression de chasse paie un tribut de 41 % environ de poule d’allen et
environ 28 % de poule d’eau au fil des années.





79

6. DISCUSSION


6.1. Différenciation morphologique

6.1.1. Point sur l’échantillonnage

Peu d’auteurs se sont intéressés à la différenciation morphologique externe des
différentes espèces de poules d’eau et ne l’ont abordée que brièvement. Ce sont tous
des systématiciens (Serle & Morel, 1993 ; Géroudet, 1994) qui se sont limités soit à
une description détaillée du plumage soit à la prise de quelques mesures corporelles.

La taille de l’échantillon (35 individus de poule d’allen dont 18 femelles et 17 mâles ;
45 sujets de poule d’eau dont 20 femelles et 25 mâles) de la présente étude n’est pas
aussi importante en se référant à la loi faible des grands nombres mais elle fournit
toutefois des résultats préliminaires assez édifiants. Il faudrait dans d’autres études
travailler sur un nombre plus élevé de poules d’eau de diverses zones humides du pays
et de différentes classes d’âge afin de cerner toute la variabilité du potentiel génétique
de ces espèces.

6.1.2. Espèces de poules d’eau chassées

Deux espèces de poules d’eau sont chassées dans la zone d’étude. Il s’agit de la poule
d’allen Porphyrio alleni et de la poule d’eau Gallinula chloropus meridionalis. Boko
(2001) lors de ses dénombrements d’août en juin a obtenu 205 oiseaux de la famille
des Rallidés dont 109 individus de poule d’allen. Codjia & Lougbégnon (2001a) ont
repéré 3 espèces de poules d’eau dans les zones humides du sud Bénin à savoir la
poule d’allen, la poule d’eau et la poule sultane Porphyrio porphyrio. Toutefois ces
auteurs reconnaissent que la poule sultane est silencieuse, solitaire et farouche ;
Géroudet (1994) de son côté la qualifie de casanière. Serle & Morel (1993) signalent
que cette espèce est souvent en groupes lâches. Adjakpa (2001a et 2001b) a signalé
dans ses dénombrements dans les zones humides du sud Bénin, la poule d’allen, la
poule sultane, la poule d’eau et la petite poule d’eau (Gallinula angulata). Cette
dernière espèce a été retrouvée dans la région ouest africaine par Serle & Morel
(1993).

80


6.1.3. Dimorphisme sexuel chez la poule d’allen

A notre connaissance, aucun auteur n’a encore traité à fond du dimorphisme sexuel
spécifique à la poule d’allen Porphyrio alleni. Cette étude a permis de remarquer que
les valeurs moyennes sont plus grandes chez les mâles que chez les femelles seulement
au niveau de la longueur de la colonne vertébrale, de celle de l’aile et du poids. Ces
résultats sont conformes à ceux de Serle & Morel (1993), pour qui, la femelle est
généralement plus petite que le mâle. Néanmoins, ces auteurs ne donnent aucune
valeur pour caractériser les dimensions corporelles.

Le faible poids de la femelle peut s’expliquer par le fait que cette dernière a perdu
d’énergie suite aux différentes activités liées à la reproduction notamment la ponte,
d’où la nécessité de reprendre les mensurations à une autre période physiologique de
l’oiseau. Il faut toutefois signaler que le poids n’est pas un critère fiable de
dimorphisme sexuel. Le poids est en effet lié à plusieurs facteurs dont l’alimentation.
L’utilisation de ce critère distinctif ne sera toutefois possible qu’à la capture de
l’animal. Au cours de la période de reproduction des francolins, Ekué (2000) a
constaté un rapport de poids entre mâle et femelle d’environ 1,6. Ce rapport est de 1,17
dans cette étude.

6.1.4. Dimorphisme sexuel chez la poule d’eau

Comme indiqué plus haut, les données bibliographiques sur le dimorphisme sexuel
sont quasi absentes. La discrimination entre les deux sexes n’existe qu’au niveau de la
longueur du bec, de la longueur du crâne correspondant au rétrécissement inter-
orbiculaire, de la longueur de l’aile et de celle du métatarse. Ce dimorphisme sexuel
est à l’avantage du mâle. Ces résultats sont identiques à ceux trouvés par Serle &
Morel (1993). Le constat, ici, est que la discrimination se localise sur les mensurations
relatives à la tête et aux membres. Ce qui facilite la distinction dès la vue de ces
oiseaux.


81

Le dimorphisme au niveau du bec et du métatarse est aussi remarqué chez les
francolins mais l’auteur notifie pour le bec la grande amplitude de variation au niveau
des valeurs prises chez le mâle que chez la femelle (Ekué, 2000).

6.1.5. Comparaison des mensurations et critères de discrimination

De façon générale, les valeurs moyennes des mensurations sont plus élevées chez la
poule d’allen que chez la poule d’eau. Seule la longueur de la colonne vertébrale se
retrouve être plus grande chez la poule d’eau. Néanmoins l’écart-type à ce niveau est
plus important que chez la poule d’allen. Ce qui veut dire que ces mesures varient
beaucoup chez cette espèce. D’ailleurs, toutes les valeurs médianes des mensurations
sont plus élevées chez la poule d’allen.

S’agissant des critères de discrimination, retenons en résumé, que seule la longueur de
l’aile permet chez les deux espèces à la fois la différenciation des sexes. Toutefois
dans un cas comme dans l’autre, les mâles ont l’avantage des mensurations comme
c’est le cas chez les francolins (Ekué, 2000). Néanmoins, ce dimorphisme est plus
facilement remarquable chez la poule d’eau que chez la poule d’allen.

6.2. Ecologie des poules d’eau
6.2.1. Habitat et stratégie de survie

Suite aux résultats obtenus, nous pouvons affirmer que les poules d’eau fréquentent les
marécages à végétation épaisse et herbeuse. La présence de l’eau en stagnation dans le
milieu est une condition importante. Cette eau est douce, trouble et à pH pratiquement
neutre. Soulignons ici que ces oiseaux sont présents dans des biotopes peu ventés et à
faible débit. Ces milieux sont fortement colonisés par les activités anthropiques. Le
préférendum écologique des poules d’eau pour la hauteur de végétation et le degré
d’encombrement de l’eau est respectivement de 1 à 2 m et de 75 % à 85 %. Ces
chiffres montrent que les poules d’eau ne fréquentent pas autant les milieux à hauteur
de végétation trop faible ou trop forte. Pour ce qui est du degré d’encombrement de
l’eau, les sites à recouvrement de l’eau inférieur à 75 % ou supérieur à 85 %
n’accueillent pas souvent ces oiseaux.

82


De tout ce qui précède, retenons que les poules d’eau ont une préférence pour les
biotopes qui leur fournissent la quiétude nécessaire pour leurs activités. En effet, les
oiseaux étaient en pleine période de reproduction ; ce qui les amène selon Perennou et
al. (1996) à rechercher des caractéristiques propres aux sites de reproduction afin
d’installer, de construire leurs nids et de protéger les œufs et les couvées contre la
pluie, le vent, le soleil, les prédateurs ailés et l’agressivité des voisins.

La reproduction est une activité physiologique exigeante en énergie. Le régime
alimentaire de ces oiseaux est omnivore, et est constitué selon Géroudet (1994),
d’insectes, de larves, d’araignées, de lombrics ou autres vers, de mollusques et de
batraciens. Selon Tan (2001), ce régime est fait de plantes, de graines et de petits
vertébrés. Cagnotis (2003) remarque la consommation de feuilles, de bourgeons, de
graines, d’insectes, de vers et de mollusques par les poules d’eau. Tous les constitutifs
de ce régime se retrouvent facilement dans le milieu fréquenté par les poules d’eau et,
ainsi, elles trouvent plus de facilité à se les acquérir. D’ailleurs, Géroudet cité par
Géroudet (1994) a surpris une poule d’eau s’apprêtant à manger un bouton de
nénuphar jaune à Cartigny. Dans notre milieu d’étude, cette espèce est celle qui
recouvre le plus la surface de l’eau et donc, est la plus disponible.

D’un autre côté, la hauteur de végétation (1 – 2 m) idéale aux poules d’eau s’explique
par leur comportement. Géroudet (1994) a remarqué une amplitude d’habitats pour ces
oiseaux avec toutefois une présence de surface d’eau et une végétation riveraine
capable d’offrir un lieu de dissimulation aux oiseaux. L’auteur met l’accent sur la
nécessité pour ces espèces d’avoir des cachettes toutes proches et le toit végétal au-
dessus de la tête, ce, du fait de leur vulnérabilité instinctive. Anonyme (2003a) signale
aussi le caractère discret des poules d’eau qui les amène à fréquenter les végétations
palustres pour se rendre moins visibles. C’est cette vulnérabilité qui fait qu’elles
préfèrent se faufiler dans la végétation ou sous l’eau au lieu de voler. Ces oiseaux pour
cette raison sont souvent silencieux et difficilement repérables par des prédateurs
éventuels contrairement à ce que Cézilly & Hafner (1995) ont remarqué chez le

83

goéland leucophée (famille des Laridés). C’est entre autres la raison qui explique
l’insuffisance des connaissances sur leur espèce (Anonyme, 2003a).

Ces oiseaux se sentent vulnérables et préfèrent des végétations denses et hautes.
Néanmoins, ils ne fréquentent pas assez les sites de hauteur de végétation supérieure à
2 m. Ceci s’explique par le fait qu’avec une telle hauteur, le degré d’encombrement de
l’eau est si important qu’il ne leur permette pas de plonger facilement dans l’eau. Or,
selon Géroudet (1994), cette activité favorise la préhension d’aliment sous l’eau et,
constitue également une stratégie de fuite en cas de poursuite. Dans ce dernier cas, ces
oiseaux peuvent rester au fond de l’eau jusqu’à 2 minutes.

Même s’il est vrai que ces oiseaux aiment plonger et, qu’ils ont besoin que la surface
de l’eau soit dégagée, ils passent la majorité du temps à la surface de cette dernière. De
ce fait, ils ont besoin d’un tapis herbeux à la surface de l’eau pour faciliter leurs
déplacements. En la matière, Piaget, cité par Géroudet (1994), a observé que la poule
sultane Porphyrio porphyrio, une espèce de Rallidés du groupe des poules d’eau,
constitue des masses flottantes avec des déchets de sa consommation alimentaire pour
son déplacement. C’est donc ce qui justifie la nécessité de l’encombrement de la
surface de l’eau du biotope.

Le choix du biotope par les poules d’eau est donc guidé par un instinct de survie. Ceci
prouve que les poules d’eau ne sont pas inféodées à une espèce végétale précise.
D’ailleurs, Géroudet (1994) retrouve ces oiseaux dans des végétations dominées par le
Typha sp. Nos résultats corroborent alors ceux de Aliou (1986), Tassin & Rivière
(1998), Ekué (2000) et Cézilly & Hafner (1995) qui font observer que, dans le choix
de leur biotope, les oiseaux prennent en compte la structure du milieu et non les
espèces végétales qui le constituent.



84

6.2.2. Interaction

L’interaction avec les poules d’eau dans le milieu est de deux ordres à savoir celle
avec les hommes et leur cohabitation avec les autres espèces d’oiseaux.

S’agissant des hommes, cette interaction est négative pour les oiseaux en ce sens
qu’elle réduit leur espace vital, leur nourriture et perturbe la réalisation en toute
quiétude de leurs activités. Cette situation a une conséquence sur la démographie et
l’éthologie des oiseaux car, comme le souligne un auteur anonyme (2003b), la
première cause de disparition des oiseaux est la perte et la dégradation des habitats.
Cette dégradation est encore plus accentuée dans les zones humides (Amoussou, 2002)
et a pour conséquence la réduction drastique de la quantité de nourriture disponible.
Cette perturbation du milieu rend encore plus vulnérables ces oiseaux.

Divers autres auteurs ont remarqué aussi la faible diversité de différentes espèces
d’oiseaux et l’indisponibilité de plantes alimentaires dans les habitats suite aux actions
anthropiques (Little & Crowe, 1998 ; Jansen et al., 2001 ; Tamungang et al., 2002 ;
Tsi & Ezealor, 2002 ; Ayodélé & Tsi, 2002).

6.2.3. Ecologie de la reproduction


La présence de nids, les pontes et l’éclosion des œufs prouvent que l’étude a été menée
en pleine saison de reproduction.

Les sites habitat et sites de nidification chez les poules d’eau ici ne diffèrent pas. Ces
sites sont choisis par ces animaux parce que, peut-être, ce sont eux qui fournissent les
meilleures ressources trophiques pour obtenir un succès reproductif. Effectivement, les
ressources alimentaires des poules d’eau sont suffisamment disponibles à ces endroits.
De plus, les chasseurs retrouvent ces oiseaux dans ces sites toujours pendant cette
période, au cours de laquelle, ces oiseaux s’attèlent à la construction des nids, à la
ponte et à la couvaison. Ces oiseaux ne vivent alors pas permanemment sur nos sites
d’étude. Par contre, Cagnotis (2003) les retrouve en tant que sédentaires. Nos
observations se justifient quand Anonyme (2003a) trouve que ces oiseaux sont des

85

migrateurs occasionnels. Il semble qu’ils sont juste fidèles au site de reproduction ou
de naissance. Cézilly & Hafner (1995) remarquent aussi cette philopatrie chez les
Laridés. La philopatrie se justifie chez les oiseaux par le fait de la stabilité du site ou
par le manque de temps nécessaire à la recherche d’un site (Cézilly & Hafner, 1995).
Chaque année, les activités de chasse ont toujours lieu sur ces sites et à peu près à la
même période. Ce qui signifie que tous les ans la reproduction de ces oiseaux est
perturbée. De ce point de vue, les poules d’eau sont différentes des Laridés qui ne
reviennent pas sur un site de reproduction suite à un échec précédent. Leur philopatrie
se justifierait donc par le fait que l’échec de la reproduction d’un couple n’a pas d’effet
sur la reproduction de la colonie ou qu’à la même période de l’année, les différents
sites présentent les mêmes physionomies et laissent croire aux oiseaux leur stabilité.
L’hypothèse de manque de temps à la recherche d’un site doit être considérée avec
réserve.

Les activités relatives à la reproduction ont lieu presque simultanément chez les
différents individus sur une superficie réduite. Ceci nous permet de dire que les poules
d’eau adoptent une stratégie de reproduction coloniale. Cette stratégie permet à ces
oiseaux d’augmenter la chance de se pérenniser. En effet, les poules d’eau ont un
instinct de vulnérabilité (Géroudet,1994) qui les amène à adopter des comportements
pour sauvegarder leur espèce. De ce fait, la stratégie de reproduction coloniale adoptée
s’explique par le fait qu’au sein d’une colonie, un oiseau réduit d’autant le risque de
voir son nid être victime d’un prédateur qu’il est entouré d’un grand nombre de
voisins. C’est le cas, en Méditerranée, chez le flamant rose qui n’arrive à défendre son
nid que dans un rayon correspondant à la longueur de son cou (Cézilly & Hafner,
1995). Il s’agit dans ce cas de l’utilisation d’un principe de dilution des risques. De
même, la vigilance au niveau du groupe se trouve renforcée et les prédateurs sont plus
rapidement détectés. La reproduction coloniale peut aussi permettre une défense
commune face au risque de prédation.

Par ailleurs, le mode de répartition des ressources trophiques dans l’espace pourrait
justifier cette reproduction coloniale avec comme hypothèse que dans la colonie, les

86

oiseaux puissent localiser les ressources en observant le comportement de leurs
congénères.

Aussi bien chez la poule d’allen que chez la poule d’eau, un oeuf fait 11 % environ du
poids de chacun de ces oiseaux. Or la poule d’allen pond en moyenne 4 oeufs ; ce qui
fait en fin de ponte 44 % de son poids. La poule d’eau a une taille de ponte moyenne
égale à 5. Donc en fin de ponte, ces œufs feront 55 % de son poids. Ces pourcentages
permettent bien de voir la quantité importante d’énergie nécessaire à la ponte. A cette
énergie, il faudra ajouter pour toute la reproduction celle nécessaire pour la recherche
du partenaire, la confection du nid, la couvaison et l’entretien des poussins. La période
de reproduction est donc coûteuse en terme d’énergie pour les oiseaux. Pour dépenser
le moins d’énergie et de temps, la colonie peut être bénéfique en ce sens qu’elle
permet la concentration des mâles et des femelles et donc favorise le choix et
l’obtention facile d’un partenaire. Signalons ici qu’il est important pour le mâle d’être
assuré de la paternité des jeunes qu’il élève car aucun cas de prosmicuité sexuelle n’a
été noté lors de nos investigations.

Finalement cette stratégie de reproduction coloniale permet selon Wood cité par
Géroudet (1994) de maintenir le niveau de la population à un taux de succès de
l’élevage de 97 %.

Les nids découverts sont très camouflés dans la végétation. Les œufs qu’ils
contiennent ont une couleur qui se fond dans ses constituants. Dès leurs éclosions, les
coquilles sont retirées pour ne pas attirer l’attention des prédateurs sur les poussins.
Ceci participe une fois encore à la stratégie de survie de ces oiseaux qu’on n’observe
cependant pas chez les francolins (Aliou, 1986 ; Ekué, 2000). Néanmoins cette
stratégie n’épargne pas la vie de ces oiseaux, puisque les chasseurs riverains arrivent à
localiser les nids pour capturer les oiseaux et ramasser leurs œufs.

La couvaison et l’éclosion des œufs avant la période de crue où le niveau de l’eau n’a
pas atteint la base du nid est profitable aux poules d’eau en ce sens qu’il leur permet de
dépenser peu d’énergie et de ne pas voir pourrir leurs œufs.


87


La durée de la couvaison observée dans notre étude est de 20 jours pour le premier nid
et de 22 pour le second. Géroudet (1994) et Tan (2001) ont trouvé que l’incubation
peut durer de 19 à 22 jours. Ces poussins sont nés avec un poids égal à environ 9 % du
poids de la femelle qui a couvé les œufs. Déjà cinq jours après l’éclosion de leurs
œufs, ces poussins étaient capables de sortir de leur nid. Ils sont nidifuges comme l’ont
remarqué Géroudet (1994), Tan (2001) et Anonyme (2003a). Ce caractère nidifuge
des poussins s’explique par l’acquisition rapide de la thermorégulation.

6.3. Socio économie de la chasse

6.3.1. Organisation de la chasse

L’expérience de l’activité dans la zone d’étude fait que les chasseurs précoces
commencent la capture dès le début de la migration des poules d’eau sur les sites. Au
cours de cette période cynégétique, ils sont très assidus.

La capacité de chasser les poules d’eau s’acquiert très tôt dans la vallée. Cette activité
est réalisée indifféremment par les sexes et groupes d’âges. Toutefois, c’est les
hommes ni trop jeunes ni trop âgés qui se taillent la plus grande part des captures.
Contrairement aux études de Ekué (2000) et de Ekué et al. (2002), la chasse est bien
efficace malgré qu’elle se pratique en général seul. La réalisation solitaire de l’activité
se justifie par le fait qu’il est difficile, vu les conditions du milieu d’une part, de
chasser en groupe cohérent ; et d’autre part, les modes de capture ne nécessitent pas
l’intervention de plusieurs personnes.

6.3.2. Modes de prélèvement des poules d’eau

Boko (2001) a fait une description sommaire des différents instruments de chasse
utilisés dans les sites prospectés et remarque qu’ils sont employés pour capturer les
oiseaux de la famille des Rallidés. Parmi ces instruments, seul le piège dit « Omon » a
été décrit par Malaisse (1997). Cet auteur affirme que ce type de piège est utilisé pour
la capture des échassiers dans sa zone d’étude. Or Géroudet (1994) rappelle que les
Rallidés étaient classés dans le groupe des échassiers.

88


Même si l’utilisation des modes de prélèvement décrits dans cette étude ne permet pas
d’avoir des tailles de captures importantes, comme c’est le cas chez Ekué (2000) et
Ekué et al. (2002), reconnaissons toutefois que ces techniques de capture sont pleines
d’esprit d’invention et d’adresse car malgré qu’elles soient utilisées seules, elles
permettent d’avoir des effectifs capturés importants. De plus elles sont basées sur
l’écoéthologie des espèces prouvant la maîtrise du milieu et la parfaite connaissance de
cette faune par les populations. Cette connaissance endogène est un paramètre
important à considérer dans le cadre des captures à des fins scientifiques ou dans le
cadre d’un aménagement des différents sites de reproduction des espèces.

La comparaison des méthodes cynégétiques relevées ici avec celles de Robinson et al.
(1992) nous permet de remarquer l’efficacité des modes de prélèvement utilisés dans
nos sites d’observation puisque, après 70 essais au cours de deux semaines, la méthode
de capture de la caille japonaise sauvage (Cortunix japonica) par le filet-épervier,
décrite par cet auteur, ne permet de capturer que 11 sujets. Cette taille est obtenue en
une journée dans notre cas. Par rapport au temps toujours, Zhao et al. (1992) ont
exposé une technique de capture de la perdrix de Daourie (Perdix dauuricae suschkini)
qui dure entre 30 et 60 minutes en nous privant néanmoins de la taille de captures par
séance ; ce qui ne nous permet pas de discuter de son efficacité comparative.

Contrairement aux techniques de captures relevées sur le terrain et décrites dans ce
document, certaines méthodes de capture utilisées au Bénin ne garantissent pas à coup
sûr la bonne santé des consommateurs. En effet, Aliou (1986) rapporte l’utilisation par
les chasseurs du Sud-Bénin de graines enrobées avec de l’Andrine, du Ramor, du
Curater ou avec des piles pour capturer les francolins. Les chasseurs, dans ces cas,
exploitent l’action neuroleptique de ces produits toxiques à forte rémanence.

Des moyens de capture utilisés par les chasseurs de la vallée, trois peuvent causer la
mort des sujets. Il s’agit des pièges « Agbadjè », « Fêcha » ou traquenard et « Hou ».
Ceci crée des nuisances aux oiseaux. De telles situations ne sont pas remarquées lors
de l’usage des autres techniques (Robinson et al., 1992 ; Zhao et al. 1992 ; Ekué,
2000 ; Ekué et al. 2002).

89


Les différentes techniques de chasse semblent être assez rudimentaires et au fil du
temps devraient devenir inefficaces à la capture des poules d’eau. Cependant, aux dires
des chasseurs et suite à nos propres observations, ces moyens sont encore adéquats.
Cela suppose que les poules d’eau n’ont toujours pas compris ce que subissaient leurs
congénères. Voilà qui vient confirmer leur instinct de vulnérabilité découvert par
Géroudet (1994). Olliver (1999) remarque aussi ce comportement des poules d’eau qui
fait qu’elles sont trop souvent écrasées sur les routes.

La capture des oiseaux sur leur nid, la trappe du couple propriétaire de nid à la fois, le
ramassage des œufs et le déroulement des activités de chasse pendant la phase de
reproduction sont des pratiques qui vont en défaveur du maintien et de l’évolution de
l’effectif de ces oiseaux. Heureusement que ces oiseaux ne fréquentent ces sites qu’au
cours d’une période donnée de l’année ; obligeant ainsi les chasseurs à avoir une
saison cynégétique précise.

6.3.3. Valeur économique et ethnozoologique


La valeur des poules d’eau dans la zone d’étude est essentiellement à but lucratif et
alimentaire. Plusieurs études signalent comme nous ces buts pour l’avifaune (Aliou,
1986 ; Assogbadjo, 2000 ; Ekué, 2000 ; Adjakpa, 2001a ; Adjakpa, 2001b ; Boko,
2001 ; de Visscher, 2001 ; Codjia & Lougbégnon, 2001a ; Ekué et al., 2002). La
valeur commerciale des poules d’eau est inférieure à celle du francolin (Ekué, 2000).
Toutefois il s’agit d’une proportion de poids.

Au cours de cette étude, il a été révélé qu’aucune recette de pharmacopée ne prenait
les poules d’eau comme matières premières. Ce résultat, contraire à celui de Boko
(2001), est conforme à celui de Adjakpa & Tchabi (2002).

Lors de nos investigations sur le terrain, nous n’avons pas vu de poules d’eau
capturées et maintenues en captivité pour des raisons d’esthétique ou d’ornementation
comme c’est le cas pour les pigeons forestiers dans le Pacifique (de Visscher, 2001).

90

D’ailleurs les populations de ce milieu n’ont pas encore cette culture. Néanmoins
Boko (2001) a trouvé, dans la même zone, l’usage de ces oiseaux à ces fins.

La rigueur dans l’exercice de l’activité, le faible investissement, le ratio investissement
/ revenu, la forte consommation de la viande de ces oiseaux, le prix de vente
relativement faible de l’oiseau, l’existence de marché d’écoulement et la non
satisfaction de la demande locale nous font dire que la chasse aux poules d’eau prendra
un essor important avec le temps.

Or ces poules d’eau ne figurent sur aucune des annexes de la loi N° 87-014 du 21
septembre 1987 portant réglementation de la protection de la nature et de l’exercice de
la chasse en République du Bénin. Ce qui signifie d’une part que ces espèces ne sont
même pas reconnues par l’autorité comme étant sur le territoire national et, par
ricochet, leur exploitation ne pourra être contrôlée. C’est, en effet, ce qui se remarque
sur le terrain puisque à aucun moment les chasseurs ne se sentent menacés par quelque
autorité que ce soit. Ils n’ont d’ailleurs pas besoin de port obligatoire d’un permis de
chasse ou de capture car cette loi leur reconnaît aussi l’exercice de la chasse
coutumière qui ne nécessite pas le port d’un permis de chasse. Les chasseurs devraient
toutefois être sensibilisés aux déconvenues de leur pratique sur les œufs et les
femelles. La sensibilisation devrait également être menée en direction des agents
forestiers de la DFRN afin que ceux-ci sachent l’existence d’une telle activité par les
populations et qu’ils puissent en faire le contrôle.

6.4. Impact écologique de la chasse

6.4.1. Dénombrement des poules d’eau

Des deux méthodes utilisées pour le dénombrement des poules d’eau, c’est le
dénombrement sur base de comptage des nids des espèces qui s’est avéré le plus
efficace. La méthode de dénombrement par échantillonnages fréquentiels progressifs
décrite par Blondel (1975) et utilisée par Martin & Thibault (1983) n’a pas été efficace
parce que les poules d’eau sont des oiseaux silencieux du fait de leur vulnérabilité
(Géroudet, 1994 ; Anonyme, 2003a).


91

L’habitat de ces oiseaux est également un facteur négatif pour le bon déroulement de
cette méthode de dénombrement vu la hauteur et la densité de la végétation qui ne
permettent pas la vue des oiseaux.

6.4.2. Taille

La taille de capture moyenne au niveau de ces deux sites est de 12 oiseaux. Ce chiffre
ne s’écarte pas trop de la moyenne, de 10 oiseaux, trouvée pour l’ensemble de tous les
sites considérés.

L’analyse par le test de χ² et le test Z de comparaison de deux proportions au seuil de
5 % révèle dans les deux cas qu’il n’y a pas de préférence de site par les deux espèces
capturées. Cela veut dire que les deux espèces ont pratiquement les mêmes
préférendums écologiques. C’est entre autres ce qui justifie pourquoi la poule d’allen
est parfois classifiée dans le genre Porphyrula associant ainsi les genres Porphyrio et
Gallinula (Heinzel et al. 1992 ; Géroudet, 1994 ; Nik & Ron, 2001). Cette situation
justifie l’étude écologique commune de ces espèces d’une part, et, leur capture
presque dans les mêmes conditions par les chasseurs d’autre part.

6.4.3. Age ratio et sexe ratio

La différence de capture des deux groupes d’âges, quelle que soit l’espèce et le site,
signifie d’une part que la capture d’un groupe d’âge donné n’a pas de relation avec un
site ; et d’autre part que la répartition des groupes d’âges ne diffèrent pas d’une
espèce à l’autre. C’est la preuve que les deux espèces ne diffèrent pas pour leur
préférendum écologique ; et que ce dernier ne varie pas selon l’âge.

Par ailleurs, moins de jeunes sont capturés parce qu’ils ne sont pas disponibles. Cette
rareté des jeunes implique d’une part que la période d’étude coïncide à la période de
nidification et, d’autre part, que la capture plus importante d’adultes justifie le
caractère saisonnier ou migrateur de ces espèces. L’âge ratio de cette étude ne diffère
pas fondamentalement de ceux obtenus pour les francolins (Ekué, 2000). Autrement

92

les poules d’eau migrent vers ces sites à l’état adulte. Il serait intéressant d’identifier
les sites d’où émigrent ces oiseaux afin de les caractériser pour ressostir les
déterminants de cette migration.

L’observation du tableau et le ratio calculé montrent que, pour les différentes espèces,
plus de sujets mâles sont capturés que de sujets femelles contrairement au cas des
francolins (Ekué, 2000) ; Ce, quel que soit le site. Pendant cette période de capture,
les méthodes de captures au sol dominaient. Or les mâles sont plus marcheurs que les
femelles ; ils sont également plus lourds que ces dernières. Cette situation pourrait
favoriser la capture plus importante du sexe mâle. D’autre part, le fait que la
couvaison des œufs soit assurée par les deux sexes, la femelle étant sur les œufs et le
mâle ayant la responsabilité de la nourrir (Géroudet, 1994) oblige ce dernier à se
déplacer, s’exposant ainsi aux risques de se faire capturer. Ce comportement amène
par ailleurs le mâle à être monogame comme c’est le cas chez le francolin (Ekué,
2000).

6.4.4. Pression de chasse

Le nombre d’oiseaux obtenus par la chasse d’une personne durant la saison de chasse
montre bien le risque qui plane sur la régénération de la population de ces différentes
espèces. Ce risque est encore plus perçu lorsqu’on voit le gap existant entre la taille de
capture et la simulation des individus recrutés. Si déjà ce fossé existe sur un site, on
imagine bien ce que subira toute la population de ces oiseaux sachant que dans le
milieu à l’âge de 10 ans on devient déjà chasseur.

Si nous supposons que le phénomène est ainsi tous les ans, alors nous pouvons
affirmer que c’est parce que nos observations ont eu lieu juste au début de la migration
que la taille est aussi importante. Cette hypothèse se justifie par le fait que les
chasseurs profitent de la fatigue accumulée des oiseaux pour les capturer car ces
derniers n’auront pas encore eu le temps nécessaire de reconnaissance du milieu à leur
arrivée. D’un autre côté, la capture est si importante du fait de la méthode

93

d’extrapolation qui prend la taille de début d’activité des chasseurs. Pour atténuer cet
écart, il serait mieux de faire une interpolation de différents moments.

Mis à part ce fait, il est clair que les oiseaux sont capturés en masse durant leur période
de nidification. Le constat du phénomène croisé avec la taille moyenne de ponte nous
font dire comme Géroudet (1994) que les poules d’eau arrivent à maintenir le niveau
de leur population, malgré la pression, grâce à une seconde période de nidification
dans l’année.

Puisque les chasseurs ne retrouvent ces oiseaux sur les sites qu’une fois l’an, cela
suppose que le second site de nidification serait ailleurs. Cette situation ne serait
qu’une confirmation des observations de Anonyme (2003a). Ce site mérite d’être
découvert et étudié.


94

7. CONCLUSIONS ET SUGGESTIONS

En conclusion, il ressort de cette étude que deux espèces de poules d’eau (la poule
d’allen Porphyrio alleni et la poule d’eau Gallinula chloropus meridionalis) sont
capturées dans la basse vallée de l’Ouémé au Bénin.

La distinction morphologique entre les sexes chez ces deux espèces est étriquée et se
réalise chez la poule d’allen, plus facilement, au niveau de la longueur de la colonne
vertébrale et de celle de l’aile. Alors que chez la poule d’eau, cette différenciation
s’effectue bien sur la longueur du bec et du crâne correspondant au rétrécissement
inter-orbiculaire puis sur la longueur de l’aile et du métatarse.

Ces deux espèces d’oiseaux ont pratiquement des exigences écologiques communes.
C’est ce qui fait qu’on les retrouve indifféremment et ensemble dans les habitats. Ces
oiseaux migrent pendant la période de reproduction en colonie vers leurs sites de
naissance ou anciens sites de reproduction. C’est ainsi qu’ils se font capturer en masse
par les chasseurs avertis sur leur site de nidification. Ces chasseurs arrivent à leur fin
grâce non seulement à leur connaissance du milieu et de l’écoéthologie de ces oiseaux
mais aussi à l’aide de leurs méthodes de capture qui ne permettent toujours pas à leurs
proies de les éviter, de les déceler et ainsi de les esquiver.

La technique de capture, bien que ne permettant pas d’avoir une quantité trop
importante d’oiseaux gibiers, est quand même assez efficace et génère un revenu
substantiel aux chasseurs. En outre, dans la zone d’étude, la valeur marchande des
poules d’eau est aussi bien commerciale qu’alimentaire.

A la lumière de ce qui précède et afin de ne pas détruire la population sauvage de ces
espèces d’oiseaux gibiers, il importe que l’on opte finalement à l’exploitation
rationnelle et ceci à travers la définition des quotas d’abattage, la délimitation des aires
cynégétiques, la législation cynégétique, la formation des chasseurs et les possibilités
de l’élevage des poules d’eau en captivité étroite. Ainsi, il est souhaitable d’établir un

95

programme d’actions pour la sauvegarde des deux espèces de poules d’eau (poule
d’allen Porphyrio alleni et poule d’eau Gallinula chloropus meridionalis) en :

Poursuivant les investigations en milieu naturel afin de mieux comprendre les
facteurs de l’habitat des autres sites que fréquentent ces oiseaux gibiers et la
période de cette fréquentation.
Etudiant les divers paramètres biologiques, zootechniques et autres devant
permettre d’élaborer un référentiel technique pour l’élevage des poules d’eau
en captivité. Alors, il faudra par la suite :

Etudier la composition du régime alimentaire des poules d’eau par
l’analyse des contenus stomacaux sur toute une année.
Concevoir les infrastructures nécessaires et adéquates à un élevage en
captivité étroite des poules d’eau.
Etudier la pathologie des poules d’eau afin de mettre au point des
traitements simples de leurs maladies.
Réfléchir sur les conditions d’une reproduction réussie dans des
conditions de captivité.

96

8. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES


Adjakpa J. B., Coubéou Th. P. & Hagemeijer J. M .W., 1996. Programme
d’Amenagement des Zones Humides du Sud-Bénin : Inventaire de la faune aviaire des
zones humides du sud-Bénin. PAZH-Ambassade Royale des Pays-Bas. Cotonou. 70p.

Adjakpa J. B., 2001a. Oiseaux d’eau des complexes est et ouest du sud-Bénin inscrits
sur la liste des sites Ramsar. PAZH. Cotonou. 24p.

Adjakpa J. B., 2001b. Etude des potentialités en espèces aviaires des sites constitutifs
de réserves biologiques dans les zones humides du sud Bénin. PAZH/UNB. 18p.

Adjakpa J. B. & Tchabi A., 2002. Contribution à l’inventaire des oiseaux sauvages
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104

CERTIFICATION



Je certifie que ce travail a été réalisé par Monsieur NAGO Sèdjro Gilles Armel
pour l’obtention du grade d’Ingénieur Agronome avec la spécialité Aménagement
et Gestion des Ressources Naturelles au département d’Aménagement et Gestion de
l’Environnement de la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l’Université
d’Abomey-Calavi (UAC).


















Directeur de Thèse











Dr Ir Jean T. Claude CODJIA
Maître Assistant d’Ecologie
Chef adjoint de département

I

DEDICACES

A la Trinité divine qui m’a toujours guidé dans toutes mes œuvres.

A la mémoire de ma mère adorée, Feue Anne-Marie WOTO. Tu aurais tant aimée
être présente pour cette occasion solennelle mais l’Eternel en a voulu autre. Que ton
âme repose en paix !

A mes parents. Toi, Théophile B. NAGO, mon cher père, qui te donnais
toujours de la peine pour le suivi de mon cursus scolaire, je te dédie cette thèse pour
les énormes sacrifices consentis. Ce travail ne saurait s’accomplir sans ton soutien. A
partir d’un moment de ma vie, tu as joué à la fois un rôle de père et de mère. J’aurais
tant voulu te faire davantage plaisir. Puisse le Seigneur t’accorder la santé et sa paix !
Toi, Tanti Julia, accepte ici ma vive reconnaissance pour ton soutien permanent.
Que le Seigneur vous bénisse et vous unisse davantage pour le reste de votre vie !

A mon grand-oncle, Mathurin Coffi NAGO, toujours présent dans ma vie depuis
ma tendre enfance. Je te dédie cette œuvre sans réserve aucune pour ta sollicitude
constante. Paix et joie dans ton foyer.

A mes frères et sœurs. En voulant faire plus qu’Arthur, je vous oblige
Lisette, Fréjus, Inès, Pamela et Rodrigue à faire davantage que moi.
Sachez qu’il suffit de vous engager sur le chemin de l’effort permanent pour atteindre
vos différents objectifs. Merci pour votre affection.

Enfin, je rends hommage à ma dulcinée, Nadia DETONGNON. Merci pour l’immense
amour dont tu me combles. Plaise à Dieu de t’accorder son soutien afin que tu
atteignes le bout du tunnel. Que l’Eternel nous permette d’être ensemble pour affronter
de nombreuses autres péripéties !

II

REMERCIEMENTS

Evidemment aucun travail ne s’accomplit dans la solitude. Je voudrais pour ce faire
remercier :

La coopération allemande grâce à laquelle un financement
complémentaire a été obtenu pour achever cette recherche.
Dr Ir. Jean T. Claude CODJIA pour ses conseils, son orientation
scientifique et sa sollicitude permanente. Mes sentiments à votre égard
dépassent largement ceux d’un étudiant pour son professeur.

Dr Ir. Guy Apollinaire MENSAH pour ses commentaires, sa rigueur
du travail, sa connaissance de la faune et son expérience sur l’élevage du gibier,
qui m’ont été bénéfiques.

Prof. Dr Ir. Brice SINSIN pour avoir mis à ma disposition sa
bibliothèque personnelle.

Dr Ir. Philippe LALEYE, chef du département d’Aménagement et
Gestion de l’Environnement, pour m’avoir aidé dans la rédaction de la
proposition de recherche.

Monsieur Le Doyen de la Faculté des Sciences
Agronomiques et à travers lui tout le personnel enseignant en
particulier celui de notre département et tout le personnel
administratif et de soutien. Merci pour la qualité du travail
accompli, pour votre patience et indulgence constante.

Monsieur T. O. LOUGBEGNON, Ir. O. G. GAOUE, Ir. M.R.M.
EKUE et Ir. A. ASSOGBADJO pour vos conseils depuis la rédaction du
protocole jusqu’à celle du manuscrit de la thèse.


III

Eunice NAGO, ma cousine et collègue, en souvenir de toute une vie
universitaire pleine d’émotions, de moments de liesse et de tristesse vécue
ensemble.

Tous les amis des 26ème et 27ème promotions de la FSA en
particulier Adjakou ADJINDA et Charles GNANGASSI. Les
moments passés ensemble avec vous m’ont formé pour la vie.

M. Mahoudjro BOTON et sa femme Mme Adélaïde BOTON née
WOTO, la famille KOUKPO pour leur hospitalité respectivement à
Adjohoun et à Dangbo.

Tous mes oncles, tantes, cousins, cousines et autres
membres de mes familles paternelle et maternelle. Vos regards sur mon cursus
m’ont permis de plus m’accrocher.

Tous ceux avec qui j’ai travaillé sur le terrain notamment mes guides de
terrain, les chasseurs et toutes les autres personnes avec
lesquelles j’ai discuté sur mon sujet.

Toutes les autres personnes dont les noms ne figurent pas sur ces
pages, mais qui, d’une manière ou d’une autre, n’ont pas hésité à répondre à
mes sollicitations.

Enfin, je n’oublie pas ces petits êtres que sont les oiseaux aquatiques,
objet de la présente étude. Que vienne assez tôt ce jour où, bien qu’appréciant
leur valeur nutritive et économique, les populations riveraines de leur biotope
pensent à la régénération de leur population et ne les exterminent point.


IV

RESUME

Au niveau de la basse vallée de l’Ouémé, dans une zone de nidification et de chasse
des poules d’eau, oiseaux des genres Porphyrio et Gallinula, dans la basse vallée de
l’Ouémé, la présente étude a été menée pour connaître les caractères distinctifs des
sexes desdites espèces, caractériser leur biotope, décrire les différents modes de leur
prélèvement par les chasseurs puis évaluer leur importance socio-économique et
ethnozoologique dans la région.

La distinction morphologique se manifeste différemment d’une espèce à une autre
entre les sexes des poules d’eau Porphyrio alleni et Gallinula chloropus meridionalis.
Chez la poule d’allen Porphyrio alleni, elle se fait au niveau de la longueur de la
colonne vertébrale et de l’aile. Par contre c’est sur la longueur du bec, du crâne
correspondant au rétrécissement inter-orbiculaire, de l’aile et de celle du métatarse
qu’on distingue les mâles des femelles chez Gallinula chloropus meridionalis.

Les poules d’eau étudiées dans cette étude fréquentent des marécages dont le type de
formation végétale caractéristique est la prairie. Ces prairies sont formées pour la
plupart d’une végétation épaisse et herbeuse. Un intervalle de hauteur de végétation de
1 à 2 m, un taux d’encombrement de la surface de l’eau variant entre 75 et 85 %, une
hauteur d’eau moyenne de 0,57 ± 0,17m dans un milieu peu venté et à pH neutre sont
les déterminants de la colonisation du milieu par ces oiseaux.

Cette colonisation du milieu débute en fin mai et, la période de reproduction peut
s’étaler jusqu’en fin août. Les œufs sont déposés dans des nids à forme particulière en
début de saison. Ces nids à l’éclosion ressemblent à une plate forme. La poule d’allen
pond en moyenne 4 œufs par saison de reproduction alors que la poule d’eau en pond
5. Les caractéristiques de ces œufs sont, pour la poule d’allen, valeur moyenne de la
longueur du grand axe 3,3 ± 0,04 cm, celle du petit axe 2,38 ± 0,04 cm et du poids
13,04 ± 0,85 g. Pour la poule d’eau, ces valeurs sont respectivement pour le grand axe,
le petit axe et le poids 3,1 ± 0,14 cm ; 2,22 ± 0,07 cm et 11,14 ± 0,78 g.

V

Les méthodes de capture des poules Porphyrio alleni et Gallinula chloropus
meridionalis sont variées et toujours plus performantes d’année en année. Elles
permettent d’avoir tantôt des oiseaux indemnes de blessure tantôt le contraire. Ces
méthodes n’ont pas un grand effet nuisant sur l’environnement. La moyenne de prise
journalière est de 10 oiseaux, toute espèce comprise, permettant à un chasseur moyen
de gagner 27.050 F CFA par mois. Pour cet effort de capture, les mâles et les adultes
sont plus importants.

Mots clés : Porphyrio, Gallinula, morphologie, sexage, chasse, reproduction, prairie,
capture, Sud-Bénin.

VI

ABSTRACT

In an area of nesting and hunting of moorhens, birds of genus Porphyrio and
Gallinula, the present study was carried out in order to know differences of the
aforesaid kinds sex, to characterize their biotope, to describe the different ways of their
deduction by the hunters, to estimate their socio-economic and ethno zoological
importance in the area.

The morphological distinction was expressed differently from a kind to another among
the sex of the moorhens Porphyrio alleni and Gallinula chloropus meridionalis. Then,
in the case of the Allen hen, Porphyrio alleni, the morphological distinction was
noticed at the length of the spinal column and at the wing meanwhile. It is on the
length of the beak, of the skull corresponding to the inter-orbicular contraction, of the
wing and the one of the metatarsus that the males were distinguished from the females
concerning the moorhen Gallinula chloropus meridionalis.

The moorhens Porphyrio and Gallinula liked bogs of which the type of vegetation is
the meadow. These meadows were composed of thick and grassy vegetation. Factors
such as vegetation height from 1 to 2 m, a recovery of water surface by aquatics plants
between 75 and 85 %, water depht of 0.57±0.17 m, less wind-driven and neutral pH
were the determinants of water ponds colonized by the birds.

Water ponds colonization began at the end of May and the reproduction period could
spread out teal the end of August. The eggs were conserved in nests of a particular
form at the beginning of the season. These nests at their hatching looked like a
plateform. The Allen hen layed an average of four eggs whereas the moorhen layed
five eggs. The size and weight of these eggs were, for the Allen hen: length of the
great axis 3.3 ± 0.04 cm, lenght of the little axis 2.38 ± 0.04 cm, and weight 13.04 ±
0.85 g; for the moorhen, theses values were respectively for the great axis, the little
one, and the weight 3.1 ± 0.14 cm ; 2.22 ± 0.07 cm and 11.14 ± 0.78 g.

The methods of catching the moorhens Porphyrio alleni and Gallinula chloropus
meridionalis were diversified and always performed from year to year. They unabled

VII

to have at one time birds without hurts and at another time the contrary. Any way, they
had no noxious effect on the environment. The daily catching was estimated to 10
birds all species involved allowing a hunter to win 27,050 F CFA per month. For this
catching effort, male and adult were more abundant.

Key words: Porphyrio, Gallinula, morphology, sexage, hunting, reproduction,
meadow, catching, Southern Bénin.

VIII

TABLE DES MATIERES



Pages
Certification
I
Dédicaces
II
Remerciements
III
Résumé
V
Abstract
VII

Table des matières
IX

Liste des tableaux
XII

Liste des figures
XIV

Liste des photos
XV

Liste des cartes
XV
Nomenclature
utilisée
XVI
1.
Introduction
1
2.
Aperçu systématique, description et distribution des espèces

étudiées
6
2.1.
Généralités
6
2.2.
Aperçu systématique, distribution et description de la poule

d’Allen (Porphyrio alleni)
9
2.3
Aperçu systématique, distribution et description de la poule d’eau

(Gallinula chloropus)
10
3.
Présentation du milieu d’étude : La basse vallée de l’Ouémé
12
3.1.
Vallée de L’Ouémé et zones humides du sud du Bénin
12
3.2.
Relief, sols et réseau hydrographique
16
3.3.
Climat
16
3.3.1.
Précipitations et évapotranspiration
17
3.3.2.
Température et humidité relative
19
3.3.3.
Insolation
21
3.4.
Habitats et diversité faunique
22
3.4.1.
Végétation
22
3.4.2.
Faune
22
3.5.
Population et activités économiques
23
3.5.1.
Population
23
3.5.2.
Activités économiques
24
4.
Matériel et méthodes
26
4.1.
Présentation du matériel d’étude
26
4.1.1.
Matériel d’identification et d’observation des oiseaux
26
4.1.2.
Matériel de mensuration et de prise de mesure sur le terrain
26
4.1.3.
Matériel biologique et de transport des oiseaux
26
4.2.
Méthodes d’étude
27

IX

4.2.1.
Etude écologique des poules d’eau
27
4.2.1.1. Période et méthodes de prospection
27
4.2.1.2. Dénombrement des oiseaux
27
4.2.1.3. Structure du biotope
28
4.2.1.4. Actions
anthropiques
29
4.2.1.5. Mensurations
29
4.2.1.6. Suivi de la couvaison
30
4.2.2.
Valeur socio-économique des poules d’eau
31
4.2.2.1. Critères
d’échantillonnage
31
4.2.2.2. Taille de l’échantillon
31
4.3.
Méthodes d’analyse des données
32
4.3.1.
Ecologie des poules d’eau
32
4.3.2.
Mensurations et différenciation morphologique
32
4.3.3.
Impact écologique du prélèvement
32
4.3.4.
Aspects socio-économiques
33
5.
Résultats
34
5.1.
Description morpho zoologique des espèces de poules d’eau

chassées
34
5.1.1.
Espèces de poules d’eau chassées
34
5.1.2.
Mensurations et différenciation morphologique chez la poule

d’allen
34
5.1.2.1. Différenciation par l’analyse univariée
34
5.1.2.2. Différenciation par l’analyse multivariée
36
5.1.3.
Mensurations et différenciation morphologique chez la poule
40
d’eau
5.1.3.1. Différenciation par l’analyse univariée
40
5.1.3.2. Différenciation par l’analyse multivariée
43
5.2.
Caractérisation du biotope des poules d’eau
46
5.2.1.
Facteurs de l’habitat
46
5.2.1.1. Type de formation végétale
46
5.2.1.2. Hauteur de la végétation
49
5.2.1.3. Degré d’encombrement de la surface de l’eau
50
5.2.1.4. Paramètres
physico-chimiques du biotope
51
5.2.1.5. Activités
anthropiques dans le biotope
51
5.2.2.
Seuil de cohabitation avec d’autres espèces d’oiseaux
53
5.2.3.
Reproduction
53
5.2.3.1. Description
des
sites de nidification
53
5.2.3.2. Description des nids trouvés
53
5.2.3.3. Caractéristiques
biométriques des œufs
56
5.2.3.4. Résultats du suivi de la couvaison
58
5.3.
Importance socio-économique et ethnozoologique des poules
59

X

d’eau
5.3.1.
Caractérisation des chasseurs
59
5.3.2.
But et période de la chasse
59
5.3.3.
Modes de prélèvement des poules d’eau
60
5.3.3.1. Recherche des indices de présence
60
5.3.3.2. Caractéristiques des lieux de prélèvement
60
5.3.3.3. Techniques de capture et retrait des oiseaux des pièges
61
5.3.4.
Commercialisation des poules d’eau
70
5.3.5.
Revenu d’une partie de chasse
71
5.3.6.
Goût des consommateurs
72
5.3.7.
Ethno systématique des poules d’eau
72
5.4.
Tableau d’une partie de chasse
73
5.4.1.
Taille des captures
73
5.4.2.
Age ratio du prélèvement
74
5.4.3.
Sexe ratio du prélèvement
74
5.4.4.
Niveau de prélèvement des poules d’eau
75
6.
Discussion
77
6.1.
Différenciation morphologique
77
6.1.1.
Point sur l’échantillonnage
77
6.1.2.
Espèces de poules d’eau chassées
77
6.1.3.
Dimorphisme sexuel chez la poule d’allen
77
6.1.4.
Dimorphisme sexuel chez la poule d’eau
78
6.1.5.
Comparaison des mensurations et critères de discrimination
79
6.2.
Ecologie des poules d’eau
79
6.2.1.
Habitat et stratégie de survie
79
6.2.2.
Interaction
82
6.2.3.
Ecologie de la reproduction
82
6.3.
Socio économie de la chasse
85
6.3.1.
Organisation de la chasse
85
6.3.2.
Modes de prélèvement des poules d’eau
85
6.3.3.
Valeur économique et ethnozoologique
87
6.4.
Impact écologique de la chasse
88
6.4.1.
Dénombrement des poules d’eau
88
6.4.2.
Taille
89
6.4.3.
Age ratio et Sexe ratio du prélèvement
89
6.4.4.
Pression de chasse
90
7.
Conclusions et recommandations
92
8.
Références bibliographiques
94
Annexes
XVII

Annexe 1 : Divers tableaux
XVIII

Annexe 2 : Guide d’entretien
XXII

XI

LISTE DES TABLEAUX

Page
Tableau 1 :Liste des espèces des genres Porphyrio et Gallinula et
leur distribution 7
Tableau 2 : Aperçu systématique de Porphyrio alleni 9
Tableau 3 : Aperçu systématique de Gallinula chloropus 10
Tableau 4 : Synthèse des valeurs moyennes des variables morphométriques
relevées les 35 sujets de poule d’allen 34
Tableau 5 : Valeurs moyennes des variables morphométriques relevées
sur les 35 individus de poule d’allen 35
Tableau 6 : Synthèse des valeurs moyennes des variables morphométriques relevées
sur les 45 individus de poule d’eau . 41
Tableau 7 : Valeurs moyennes des variables morphométriques relevées sur les 45
sujets de poule d’eau. 42
Tableau 8 : Espèces végétales caractéristiques du biotope des poules d’eau. 49
Tableau 9 : Répartition des poules d’eau en fonction de la hauteur de la végétation
dans les 10 sites prospectés. 49
Tableau 10 : Distribution des poules d’eau en fonction du degré d’encombrement
de la surface de l’eau dans les 10 sites prospectés. 50
Tableau 11 : Valeurs des variables mesurées sur 15 nids de poule d’allen. 55
Tableau 12 : Valeurs des variables mesurées sur 15 nids de poule d’eau. 56
Tableau 13 : Moyennes ± écart-type des paramètres mesurés sur les œufs
des espèces de poules d’eau. 57
Tableau 14 : Investissement pour une saison de chasse (2 mois). 71
Tableau 15 : Taille des captures des poules d’eau sur les sites. 73
Tableau 16 : Taille des captures des groupes d’âges sur les sites. 74
Tableau 17 : Taille de captures des différents sexes sur les sites. 75
Tableau 18 : Effet d’une saison de chasse sur la population de poules d’eau. 75
Tableau A1 : Coefficient de corrélation des variables morphométriques relevées
sur la poule d’allen. XVIII
Tableau A2 : Valeurs propres des mensurations de la poule d’allen extraites

XII

de chaque axe avec leur importance relative en pourcentage. XIX
Tableau A3 : Valeurs des corrélations entre les variables mesurées sur la
poule d’allen les axes principaux. XIX
Tableau A4 : Coefficient de corrélation des variables morphométriques
relevées sur la poule d’eau. XX
Tableau A5 : Valeurs propres des mensurations de la poule d’eau extraites
de chaque axe avec leur importance relative en pourcentage. XXI
Tableau A6 : Valeurs des corrélations entre les variables mesurées sur
la poule d’eau et les axes principaux. XXI




XIII

LISTE DES FIGURES

Pages
Figure 1 : Comparaison des hauteurs de pluies annuelles de 1991 à 2000 à
Adjohoun. 18
Figure 2 : Comparaison des hauteurs de pluies annuelles de 1997 à 2002 à
Dangbo. 18
Figure 3 : Evolution moyenne de l’ETP mensuel de 1965 à 1989 dans les
stations d’Adjohoun, de Bonou, de Dangbo et de Cotonou Aéroport. 19
Figure 4 : Evolution des températures moyennes mensuelles de 1980 à 1999 à
Cotonou-Aéroport. 20
Figure 5 : Evolution de l’humidité relative moyenne mensuelle de 1980
à 1998 à Cotonou-Aéroport. 20
Figure 6 : Evolution moyenne de l’insolation mensuelle de 1980 à 1999 à
Cotonou-Aéroport. 21
Figure 7 : Nuage des variables sur les axes 1 et 2. 36
Figure 8 : Nuage des sujets sur les axes 1 et 2. 38
Figure 9 : Nuage des variables sur les axes 1 et 3. 38
Figure 10 : Nuage des individus sur les axes 1 et 3. 39
Figure 11 : Dendrogramme des individus de poule d’allen mensurés. 40
Figure 12 : Nuage des variables sur les axes 1 et 2. 43
Figure 13 : Nuage des individus sur les axes 1 et 2. 44
Figure 14 : Nuage des variables sur les axes 1 et 3. 45
Figure 15 : Nuage des individus sur les axes 1 et 3. 45
Figure 16 : Dendrogramme des sujets de poule d’eau Gallinula c.
Meridionalis mensurés. 46
Figure 17 : Schéma du piège « omon » utilisé pour la capture des poules d’eau. 63




XIV

LISTE DES PHOTOS

Pages
Photo 1 : Habitat type des des poules d’eau. 47
Photo 2 : Présence permanente de l’eau dans l’habitat naturel des poules d’eau. 48
Photo 3 : Vue partielle de la destruction de l’habitat des poules d’eau dans la zone
d’étude. 52
Photo 4 : Nid de poule d’eau (Gallinula chloropus meridionalis) 54
Photo 5 : Nid de poule d’allen (Porphyrio alleni) 54
Photo 6 : Comparaison des œufs de poule d’eau Gallinula chloropus
meridionalis (à gauche) et de ceux de poule d’allen Porphyrio alleni (à droite) 57
Photo 7 : Trois possins de poule d’eau Gallinula chloropus meridionalis
(2 au nid et un qui nage) 58
Photo 8 : Piège « Agbadjè » pour capturer les poules d’eau. 64
Photo 9 : Poule d’allen capturée par le piège « Aglan » posé au fond d’une pirogue. 66
Photo10 :Méthode de transport des oiseaux capturés du lieu de chasse vers
le domicile. 69
Photo 11 : Cage de stockage des oiseaux tressée en raphia appelée localement
« Louï ». 70


LISTE DES CARTES

Pages
Carte 1 : Vallée de l’ouémé dans les zones humides du sud-Bénin 14
Carte 2 : Localisation de la zone d’étude et des différents sites prospectés 15





XV

NOMENCLATURE UTILISEE

La poule d’allen : Porphyrio alleni
La poule sultane : Porphyrio porphyrio
La poule d’eau : Gallinula chloropus meridionalis
La petite poule d’eau : Gallinula angulata
Les poules d’eau : l’ensemble des poules Porphyrio alleni et Gallinula chloropus
meridionalis






































XVI













ANNEXES






















XVII

Annexe 1 : Tableaux divers

Tableau A1 : Coefficient de corrélation des variables morphométriques relevées sur la poule
d’allen.


Pearson Correlation Coefficients, N = 35
Prob > |r| under H0: Rho=0

Lbpa LCRpa LCLpa Lcpa Lapa Lqpa

Lbpa 1.00000 0.39383 0.42672 -0.03341 0.19992 -0.08710
0.0192 0.0106 0.8489 0.2496 0.6188

LCRpa 0.39383 1.00000 0.36260 0.05476 0.08293 0.12864
0.0192 0.0323 0.7547 0.6358 0.4614

LCLpa 0.42672 0.36260 1.00000 -0.08989 0.06233 0.38545
0.0106 0.0323 0.6076 0.7221 0.0222

Lcpa -0.03341 0.05476 -0.08989 1.00000 0.44807 -0.15508
0.8489 0.7547 0.6076 0.0069 0.3737

Pearson Correlation Coefficients, N = 35
Prob > |r| under H0: Rho=0

Lmpa LDCpa Djpa DDCpa Poidspa

Lbpa 0.19616 0.18144 -0.00146 -0.15890 0.21455
0.2587 0.2969 0.9933 0.3619 0.2158

LCRpa 0.40088 0.51039 0.13917 -0.31960 0.31534
0.0170 0.0017 0.4253 0.0613 0.0650

LCLpa 0.27280 0.32835 0.06877 -0.13557 0.18762
0.1128 0.0541 0.6947 0.4374 0.2805

Lcpa 0.20828 0.11241 -0.26635 -0.33141 0.17233
0.2299 0.5203 0.1220 0.0518 0.3222

The CORR Procedure

Pearson Correlation Coefficients, N = 35
Prob > |r| under H0: Rho=0

Lbpa LCRpa LCLpa Lcpa Lapa Lqpa

Lapa 0.19992 0.08293 0.06233 0.44807 1.00000 -0.06973
0.2496 0.6358 0.7221 0.0069 0.6906

Lqpa -0.08710 0.12864 0.38545 -0.15508 -0.06973 1.00000
0.6188 0.4614 0.0222 0.3737 0.6906

Lmpa 0.19616 0.40088 0.27280 0.20828 0.20035 0.24234
0.2587 0.0170 0.1128 0.2299 0.2485 0.1607

LDCpa 0.18144 0.51039 0.32835 0.11241 0.10371 0.43086
0.2969 0.0017 0.0541 0.5203 0.5533 0.0098

Djpa -0.00146 0.13917 0.06877 -0.26635 -0.50574 0.23034
0.9933 0.4253 0.6947 0.1220 0.0019 0.1831

DDCpa -0.15890 -0.31960 -0.13557 -0.33141 -0.07434 -0.07238
0.3619 0.0613 0.4374 0.0518 0.6713 0.6795

Poidspa 0.21455 0.31534 0.18762 0.17233 0.50344 0.09326
0.2158 0.0650 0.2805 0.3222 0.0020 0.5941


XVIII

Pearson Correlation Coefficients, N = 35
Prob > |r| under H0: Rho=0

Lmpa LDCpa Djpa DDCpa Poidspa

Lapa 0.20035 0.10371 -0.50574 -0.07434 0.50344
0.2485 0.5533 0.0019 0.6713 0.0020

Lqpa 0.24234 0.43086 0.23034 -0.07238 0.09326
0.1607 0.0098 0.1831 0.6795 0.5941

Lmpa 1.00000 0.92239 0.08715 -0.32454 0.32974
<.0001 0.6186 0.0572 0.0531

LDCpa 0.92239 1.00000 0.15406 -0.38787 0.30737
<.0001 0.3769 0.0213 0.0725

Djpa 0.08715 0.15406 1.00000 0.22865 0.07342
0.6186 0.3769 0.1864 0.6751

DDCpa -0.32454 -0.38787 0.22865 1.00000 0.15348
0.0572 0.0213 0.1864 0.3787

Poidspa 0.32974 0.30737 0.07342 0.15348 1.00000
0.0531 0.0725 0.6751 0.3787
Tableau A2 : Valeurs propres des mensurations de la poule d’allen extraites de
chaque
axe avec leur importance relative en pourcentage

Composante
Valeur
Proportion
Proportion cumulée
propre
(%)
(%)
Axe 1
3,2539
29,58
29,58
Axe 2
2,0441
18,58
48,16
Axe 3
1,3680
12,44
60,60


Tableau A3 : Valeurs des corrélations entre les variables mesurées sur la poule d’allen
et les axes principaux

Variables
Axe 1
Axe 2
Axe 3
LB 0,46289
-0,04457 0,42350
LCR 0,69503 0,11945 0,08012
LCL 0,56303 0,27032 0,25699
LC 0,24986
-0,67849
-0,26314
LA 0,35059
-0,75594 0,31755
LQ 0,38588
0,48797 -0,11078
LM 0,82532
0,03830 -0,22391
LDC 0,86824 0,19051 -0,26751
DJ 0,05292
0,74602 0,12492
DDC -0,45379 0,22113 0,65664
Poids 0,51151 -0,20425 0,60445




XIX





















Tableau A4 : Coefficient de corrélation des variables morphométriques relevées sur la poule
d’eau.

Pearson Correlation Coefficients, N = 45
Prob > |r| under H0: Rho=0

Lbpe LCRpe LCLpe Lcpe Lape Lqpe

Lbpe 1.00000 0.56037 -0.01323 0.21605 0.50263 0.01912
<.0001 0.9313 0.1540 0.0004 0.9008

LCRpe 0.56037 1.00000 0.13950 0.37051 0.42476 -0.08797
<.0001 0.3608 0.0122 0.0036 0.5655

LCLpe -0.01323 0.13950 1.00000 0.36668 0.04928 0.00184
0.9313 0.3608 0.0132 0.7479 0.9904

Lcpe 0.21605 0.37051 0.36668 1.00000 0.10554 -0.07398
0.1540 0.0122 0.0132 0.4902 0.6291

Pearson Correlation Coefficients, N = 45
Prob > |r| under H0: Rho=0

Lmpe LDCpe Djpe DDCpe Poidspe

Lbpe 0.24282 0.23422 0.08782 0.14484 0.44817
0.1080 0.1215 0.5662 0.3425 0.0020

LCRpe 0.38383 0.44811 0.24052 0.15836 0.56006
0.0092 0.0020 0.1115 0.2988 <.0001

LCLpe 0.36636 0.10297 0.20249 0.22934 0.22818
0.0133 0.5009 0.1822 0.1297 0.1317

Lcpe 0.39566 0.33316 0.26422 0.06060 0.42635
0.0071 0.0253 0.0794 0.6925 0.0035

The CORR Procedure

Pearson Correlation Coefficients, N = 45
Prob > |r| under H0: Rho=0

Lbpe LCRpe LCLpe Lcpe Lape Lqpe

Lape 0.50263 0.42476 0.04928 0.10554 1.00000 0.13669
0.0004 0.0036 0.7479 0.4902 0.3706

XX


Lqpe 0.01912 -0.08797 0.00184 -0.07398 0.13669 1.00000
0.9008 0.5655 0.9904 0.6291 0.3706

Lmpe 0.24282 0.38383 0.36636 0.39566 0.29137 -0.13145
0.1080 0.0092 0.0133 0.0071 0.0521 0.3894

LDCpe 0.23422 0.44811 0.10297 0.33316 0.19306 -0.04499
0.1215 0.0020 0.5009 0.0253 0.2039 0.7692

Djpe 0.08782 0.24052 0.20249 0.26422 -0.24603 -0.26617
0.5662 0.1115 0.1822 0.0794 0.1033 0.0772

DDCpe 0.14484 0.15836 0.22934 0.06060 0.04048 -0.19813
0.3425 0.2988 0.1297 0.6925 0.7917 0.1920

Poidspe 0.44817 0.56006 0.22818 0.42635 0.08208 -0.18392
0.0020 <.0001 0.1317 0.0035 0.5919 0.2265

Pearson Correlation Coefficients, N = 45
Prob > |r| under H0: Rho=0

Lmpe LDCpe Djpe DDCpe Poidspe

Lape 0.29137 0.19306 -0.24603 0.04048 0.08208
0.0521 0.2039 0.1033 0.7917 0.5919

Lqpe -0.13145 -0.04499 -0.26617 -0.19813 -0.18392
0.3894 0.7692 0.0772 0.1920 0.2265

Lmpe 1.00000 0.65795 0.40100 0.42198 0.45661
<.0001 0.0063 0.0039 0.0016

LDCpe 0.65795 1.00000 0.39211 0.12327 0.24161
<.0001 0.0077 0.4198 0.1098

Djpe 0.40100 0.39211 1.00000 0.38620 0.32764
0.0063 0.0077 0.0088 0.0280

DDCpe 0.42198 0.12327 0.38620 1.00000 0.08053
0.0039 0.4198 0.0088 0.5990

Poidspe 0.45661 0.24161 0.32764 0.08053 1.00000
0.0016 0.1098 0.0280 0.5990






Tableau A5 : Valeurs propres des mensurations de la poule d’eau extraites de chaque
axe avec leur importance relative en pourcentage

Composante
Valeur
Proportion
Proportion cumulée
propre
(%)
(%)
Axe 1
3,6234
32,94
32,94
Axe 2
1,7531
15,94
48,88
Axe 3
1,1218
10,20
59,08


Tableau A6 : Valeurs des corrélations entre les variables mesurées sur la poule d’eau
et les axes principaux


XXI

Variables
Axe 1
Axe 2
Axe 3
LB 0,57043
0,55230 -0,30050
LCR 0,74948 0,34141 -0,18881
LCL 0,40453
-0,27572 0,65350
LC 0,61174
-0,06578 0,33665
LA 0,36782
0,72578 0,07521
LQ -0,20423
0,44408 0,58395
LM 0,79834
-0,15239 0,18124
LDC 0,66676 -0,02913 0,06660
DJ 0,53565
-0,59691
-0,18218
DDC 0,69764 -0,38207 -0,11626
Poids 0,51151 0,03015 -0,15760


XXII

Annexe 2 : Guide d’entretien avec les populations riveraines des biotopes des
poules d’eau dans la basse vallée de l’Ouémé.


1.
Identification de l’enquêteur.
Nom et prénoms ……………….
Date de l’entretien………………
Durée de l’entretien…………….
2. Identification de l’enquêté
Nom et prénoms ……………….. Age ………………….
Commune/Arrondissement/village…………
Profession/occupation……………….
Situation matrimoniale : Marié Célibataire Divorcé
Nombre de femmes ……….……… Nombre d’enfants …………………..
Niveau d’instruction ………………
3. Informations générales sur les poules d’eau
3.0. Connaissez-vous les poules d’eau ? (se baser sur les planches d’oiseaux)

Oui Non
si non, arrêtez le questionnaire
3.1. Si oui en avez-vous déjà vu dans votre région ?


Oui Non
3.1.1 Si oui, où ?
3.1.2 A quels moments de l’année les voit-on ?
Crue Décrue A tout moment
(préciser les mois) (préciser les mois) (préciser les mois)
3.1.3 A quelles heures de la journée les voit-on ?
Matinée Soirée A tout moment
3.1.4 Comment vivent-elles ?
En groupe en solitaire

I

(Préciser de combien et si c’est avec d’autres espèces)
4. Interaction socio-économique et culturelle des poules d’eau avec les
populations
4.1
Aimez-vous les poules d’eau ?
Oui Non Indifférence
4.2
Si oui, donnez les raisons ?
Consommation valeurs Attrait Autres…….
(qualité de la viande) médicinales
4.2.1
Si consommation, comparez-les à :
Viande de bœuf viande de poule d’eau
Viande de mouton viande de poule d’eau
viande de porc viande de poule d’eau
viande de poule domestique viande de poule d’eau
viande d’autres gibiers (préciser) viande de poule d’eau
poissons viande de poule d’eau
Quelle est votre fréquence de consommation ?
Une fois/jour Une fois/semaine Une fois/mois Autres……..

I


4.2.2
Si valeurs médicinales, remplir le tableau suivant :
N°s Parties
utilisées
Rôles (Fonctions)
Formes d’usage
(organes)
1

2

3


4.2.3 Si valeur économique, préciser les prix et lieu de vente d’une


espèce à l’autre ?
La demande est-elle forte ? Oui Non
Le prix varie-t-il d’une région à l’autre ? Oui Non
Le prix varie-il dans l’année ? Oui Non
Si oui, remplir le tableau suivant :

Espèces
Période
Prix
Motifs (baisse ou
hausse)













Quel est le marché le plus desservi ?
4.3
Les poules d’eau détruisent-elles vos cultures ?
Oui Non
4.3.1 Si oui, à quels moments ? Comment ?
4.3.2 Que faites-vous pour limiter les dégâts ?

I

4.4
Les poules d’eau réduisent-elles vos pêches ?
Oui Non
4.4.1. Si oui, à quels moments ? Comment ?
4.4.2 Que faites-vous pour limiter le effets ?
4.5. Vous est-il arrivé de tuer les poules d’eau ?
Oui Non
4.5.1 Si oui, quelles espèces ?
4.5.2. Avec quelles fréquences ?
Rarement Fréquemment
4.6.
Connaissez-vous des chasseurs de poules d’eau ?
Oui Non
4.6.1 Si oui, ne chassent-ils que les poules d’eau ?
4.6.2 A quelles fins font-ils la chasse ?
Alimentation Loisir Commerciale Autres……………
4.6.3 Quels sont les instruments de chasse aux poules d’eau ?
4.6.4 Ces instruments sont-ils sélectifs ?
Oui Non
Si oui comment ?
4.6.5. A quels moments a lieu cette chasse ?

I




Mois
Période de la journée













4.6.6 De combien de personnes est composé le groupe de chasseurs ?
4.7
Etes-vous informés ici qu’on ne doit pas tuer à volonté les animaux ?
Oui Non
4.7.1 Si oui, par qui ?
4.7.2 A quelles occasions ?
4.8. Y-a-t-il des tabous, interdits relatifs à ces oiseaux dans vote région ?
4.9 Y-a-t-il des chants, des proverbes relatifs aux poules d’eau ?
5. Caractéristiques démographiques des poules d’eau
5.1. Avez-vous beaucoup de poules d’eau dans votre région ?
Oui
Non
5.1.1 Si non, pourquoi ?
5.1.2 Si oui, à quoi est lié le nombre ?
A la végétation

A la nourriture
A la quiétude
Autres………
5.2. Combien d’espèces de poules d’eau avez-vous ici ?
5.3. Leur abondance est-elle la même ? Pourquoi ?
5.4. Arrivez-vous à distinguer les mâles des femelles des jeunes ?

I



Oui
Non
5.4.1. Si oui, comment ?
5.4.2. Une catégorie domine-t-elle les autres ?


Oui
Non
Pourquoi ?
5.5. Avez-vous jamais vu ces oiseaux s’accoupler ?


Oui
Non
5.5.1.
Si oui, comment se passe cet accouplement ? (Décrire le parade)
5.5.2. Où se passe-t-il ?
5.5.3. Quand se passe-t-il ? (Période de l’année, de la journée)
5.6. Avez-vous jamais vu ses œufs ?


Oui
Non
5.6.1. Si oui, à quelles occasions ?
5.6.2. A quelles saisons ?
5.6.3. Combien d’œufs pondent-elles à la fois ?
5.6.4. Combien de fois pondent-elles par an ?
5.6.5. Où pondent-elles ?
Dans des trous
à des endroits aménagés
Autres …………………
5.7. Combien de jours dure la couvée ?
5.8. Comment les parents gèrent-ils le nid ? la Couvée ?
5.9. Tous les œufs sont-ils souvent éclos ?

Oui
Non
Si non, donnez le pourcentage d’œufs éclos ?
5.10. Qui élève les poussins ?
Mâle
femelle
les deux

I

5.11. Jusqu’à quand les élèvent-elles ?
5.12. De quoi se nourrissent les petits ?

Insectes

Grains

Feuilles

Autres…..…….
5.13. Comment repérez-vous les nids ?
6. Caractéristiques alimentaires des poules d’eau
6.1. Que consomment les poules d’eau (par espèces) ?
Grains
Invertébrés
Feuilles
Fruit

Tout
6.2. A quels moments de la journée se nourrissent-elles ?
Matin
Après midi
Nuit

A tout moment
6.3. Leur aire de nourriture diffère-t-elle de leur aire de repos ?
Oui

Non

Autres
……………………
6.3.1. Si oui, expliquez.
6.3.2. Si non, pourquoi selon vous ?
6.4. Comment détectent-elles la nourriture ?
Par exploration avec les pattes
Par coups de becs
Autres ………
6.5. Où boivent-elles ?
Dans la rivière

Sur les végétaux
Autres ……………..……



(Rosée)




I